@book {390,
	title = {L{\textquoteright}{\'E}criture du d{\'e}sastre},
	year = {1980},
	pages = {224},
	publisher = {Gallimard},
	organization = {Gallimard},
	address = {Paris},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>{\'E}labor{\'e} sous forme de fragments, L\&rsquo;{\'e}criture du d{\'e}sastre donne {\`a} lire une r{\'e}flexion qui, non seulement {\'e}prouve le fragment {\`a} travers l\&rsquo;acte m{\^e}me d\&rsquo;{\'e}crire, mais rend {\'e}galement compte des th{\'e}ories du fragmentaire. Aussi, c\&rsquo;est en r{\'e}action {\`a} toutes ces formes d\&rsquo;{\'e}criture qui ne laissent aucune place {\`a} l\&rsquo;inachev{\'e} que \&laquo;le fragment, en tant que fragments, tend {\`a} dissoudre la totalit{\'e} qu\&rsquo;il suppose et qu\&rsquo;il emporte vers la dissolution d\&rsquo;o{\`u} il ne se forme pas\&raquo; (p. 99). C\&rsquo;est dire que le fragment rel{\`e}ve, pour Blanchot, d\&rsquo;une {\'e}thique de la s{\'e}paration qu\&rsquo;il nomme d{\'e}sastre, dans la mesure o{\`u} le fragment et le d{\'e}sastre participent du discontinu. Tout en mettant l\&rsquo;accent sur la ressemblance entre les mots astre et d{\'e}sastre, Blanchot con{\c c}oit le d{\'e}sastre comme quelque chose qui serait en \&laquo;rupture avec l\&rsquo;astre, rupture avec toute forme de totalit{\'e}, sans cependant d{\'e}nier la n{\'e}cessit{\'e} dialectique d\&rsquo;un accomplissement\&raquo; (p. 121).\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>C\&rsquo;est donc {\`a} travers une vision de l\&rsquo;{\'e}criture qui s\&rsquo;interroge sur sa propre n{\'e}cessit{\'e} que Maurice Blanchot questionne le d{\'e}sastre principalement en regard de la passivit{\'e}, de l\&rsquo;alt{\'e}rit{\'e}, de la mort, de l\&rsquo;oubli et de l\&rsquo;{\'e}criture, mais {\'e}galement en regard de th{\`e}mes parall{\`e}les tels le suicide, le silence, la solitude et l\&rsquo;imm{\'e}morial. Autant de pr{\'e}occupations qui rendent compte d\&rsquo;un rapport au monde ou {\`a} soi-m{\^e}me, rapport {\'e}tabli sur des propositions contradictoires et retirant au sujet tous ses points de rep{\`e}res. Ainsi, quand la question, comme la r{\'e}ponse, \&laquo;devient absence de question\&raquo; (p. 54), il ne reste plus que le dialogue pour r{\'e}tablir l\&rsquo;unit{\'e} de la parole et de la pens{\'e}e. De sorte que c\&rsquo;est par l\&rsquo;intervention de philosophes comme Heidegger, Hegel, L{\'e}vinas et Platon, de psychanalystes comme Freud, Pontalis et Leclaire, d\&rsquo;{\'e}crivains et de po{\`e}tes tels Kafka, Bataille, H{\"o}lderlin, Baudelaire, Val{\'e}ry et Mallarm{\'e} que Blanchot tente de d{\'e}finir l\&rsquo;essence de l\&rsquo;exp{\'e}rience humaine.</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>V{\'e}ritable mise {\`a} l\&rsquo;{\'e}preuve du fragment par le fragment, L\&rsquo;{\'e}criture du d{\'e}sastre de Maurice Blanchot donne non seulement {\`a} entendre un langage qui se veut \&laquo;celui de l\&rsquo;{\'e}clatement, de la dispersion infinie\&raquo; (p. 36), mais rend {\'e}galement compte d\&rsquo;une r{\'e}flexion qui rel{\`e}ve d\&rsquo;une {\'e}thique du discontinu. Plus encore, l\&rsquo;exigence du fragmentaire pr{\'e}figure l\&rsquo;inach{\`e}vement et s\&rsquo;oppose du m{\^e}me coup {\`a} toute forme de totalit{\'e} dont le fragment ne serait qu\&rsquo;une partie. La mise en {\oe}uvre de la contradiction et de la r{\'e}p{\'e}tition, cong{\'e}diant le \&laquo;Syst{\`e}me\&raquo; (p. 100), fait valoir un type d\&rsquo;{\'e}criture o{\`u} la circularit{\'e} l\&rsquo;emporte sur la lin{\'e}arit{\'e}. Mais c\&rsquo;est avant tout dans la mesure o{\`u} ils demeurent sans cesse inaccomplis, inachev{\'e}s, que les fragments questionnent l\&rsquo;Unit{\'e} de l\&rsquo;{\^e}tre dans ses rapports au monde et {\`a} l\&rsquo;{\'e}criture, qu\&rsquo;ils participent de ce que Blanchot nomme le d{\'e}sastre.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Ainsi, c\&rsquo;est en permettant une forme de d{\'e}rive, {\`a} partir de ce qu\&rsquo;ils ont d\&rsquo;incomplet et d\&rsquo;insuffisant, que les fragments mettent en jeu leur propre n{\'e}cessit{\'e} {\`a} participer du d{\'e}sastre. D{\'e}rive qui donne {\`a} lire en quoi \&laquo;le d{\'e}sastre force le fragmentaire\&raquo; (p. 36) et qui rend compte, {\`a} travers la vision du monde et de l\&rsquo;{\'e}criture de Blanchot, de ce qui constitue l\&rsquo;essence m{\^e}me du d{\'e}sastre : la passivit{\'e}, l\&rsquo;Autre, la mort, l\&rsquo;oubli et l\&rsquo;{\'e}criture. Autant de pr{\'e}occupations qui rendent compte de \&laquo;la rupture silencieuse du fragmentaire\&raquo; (p. 30), qui marquent le rapport du sujet au monde et {\`a} soi-m{\^e}me : soumis {\`a} la passivit{\'e}, il se dessaisit, perd son emprise sur le r{\'e}el, ramen{\'e}, par le glissement du M{\^e}me vers l\&rsquo;Autre, {\`a} se percevoir comme \&laquo;un moi sans moi\&raquo; (p. 37), inscrit dans l\&rsquo;ultime et l\&rsquo;illimit{\'e} {\`a} travers la mort et l\&rsquo;oubli. Alors le rapport du sujet {\`a} l\&rsquo;{\'e}criture se modifie : \&laquo;Quand {\'e}crire, ne pas {\'e}crire, c\&rsquo;est sans importance, alors l\&rsquo;{\'e}criture change \&mdash;qu\&rsquo;elle ait lieu ou non ; c\&rsquo;est l\&rsquo;{\'e}criture du d{\'e}sastre.\&raquo; (p. 25)</div><div>\&nbsp;</div><div>De fait, c\&rsquo;est parce que l\&rsquo;{\'e}criture du fragment tente de faire \&laquo;{\'e}chec {\`a} l\&rsquo;Un\&raquo; (p. 212) sans ruiner l\&rsquo;unit{\'e}, parce qu\&rsquo;elle use d\&rsquo;un langage toujours en retard sur lui-m{\^e}me, comme s\&rsquo;il {\'e}tait {\`a} \&laquo;contretemps\&raquo; (p. 27) de toute parole et de tout discours, qu\&rsquo;elle est cette part du d{\'e}sastre \&laquo;o{\`u} sombre, sauve et intacte, toute r{\'e}alit{\'e}\&raquo; (p. 65). {\'E}crire consiste donc {\`a} vivre \&laquo;sous la surveillance du d{\'e}sastre : expos{\'e} {\`a} la passivit{\'e} sans passion\&raquo; (p. 12), {\`a} une forme d\&rsquo;exigence qui {\'e}carte le sujet de l\&rsquo;unit{\'e} tout en l\&rsquo;y ramenant. En ce sens, le rapport entre {\'e}criture et passivit{\'e} r{\'e}side dans le fait que \&laquo;l\&rsquo;une et l\&rsquo;autre supposent l\&rsquo;effacement, l\&rsquo;ext{\'e}nuation du sujet : supposent un changement de temps\&raquo; (p. 29), une sorte de \&laquo;veille\&raquo; o{\`u} l\&rsquo;{\^e}tre serait, pour un temps, r{\'e}concili{\'e} avec lui-m{\^e}me.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Expos{\'e}e \&laquo;{\`a} ce qui se d{\'e}robe dans une fuite immobile, {\`a} l\&rsquo;{\'e}cart du vivant et du mourant ; hors exp{\'e}rience, hors ph{\'e}nom{\`e}ne\&raquo; (p. 92), l\&rsquo;{\'e}criture du d{\'e}sastre d{\'e}signe ce qui est l{\`a} comme ce qui n\&rsquo;a jamais eu lieu, renvoie {\`a} un temps qui n\&rsquo;en est pas un, pr{\'e}sence et absence de soi-m{\^e}me comme la marque d\&rsquo;une proximit{\'e} {\`a} travers l\&rsquo;infini de la rupture. De l{\`a}, la possibilit{\'e} m{\^e}me du d{\'e}sastre {\`a} travers son impossibilit{\'e} : \&laquo;Il y a d{\'e}sastre parce que le d{\'e}sastre incessamment se manque\&raquo; (p. 70). Mani{\`e}re d\&rsquo;{\'e}crire l\&rsquo;indicible, de dire l\&rsquo;illimit{\'e}. Le langage du d{\'e}sastre est en cela arrachement {\`a} ce qui abrite : il faut, all{\`e}gue Blanchot, \&laquo;s\&rsquo;en d{\'e}tourner, se d{\'e}sabriter\&raquo; (p. 149), s\&rsquo;en m{\'e}fier tout en s\&rsquo;y confiant sans r{\'e}serve. \&laquo;Quand tout est dit, ce qui reste est le d{\'e}sastre, ruine de parole, d{\'e}faillance par l\&rsquo;{\'e}criture, rumeur qui murmure : ce qui reste sans reste (le fragmentaire).\&raquo; (p. 58)</div></div><p>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</p>},
	issn = {9782070222483},
	author = {Maurice Blanchot}
}
