@book {395,
	title = {Les feux. Essais, po{\`e}mes, nouvelles},
	year = {1991},
	pages = {288},
	publisher = {{\'E}ditions de l{\textquoteright}Olivier},
	organization = {{\'E}ditions de l{\textquoteright}Olivier},
	address = {Paris},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>Compos{\'e}s d\&rsquo;essais, de po{\`e}mes, de nouvelles et d\&rsquo;une interview, Les feux de Raymond Carver t{\'e}moignent non seulement du parcours de l\&rsquo;{\'e}crivain et de l\&rsquo;homme, mais {\'e}galement de sa pratique d\&rsquo;{\'e}criture {\`a} travers diff{\'e}rents genres litt{\'e}raires. Aussi, ce recueil qui rassemble plusieurs textes {\'e}crits sur une p{\'e}riode de dix-sept ans, collig{\'e} par Carver lui-m{\^e}me vers la fin de sa vie, tente de faire une synth{\`e}se de la carri{\`e}re litt{\'e}raire de l\&rsquo;auteur. Le r{\'e}sultat permet en quelque sorte, par l\&rsquo;h{\'e}t{\'e}rog{\'e}n{\'e}it{\'e} m{\^e}me des textes, une rencontre avec l\&rsquo;homme par le biais de l\&rsquo;{\'e}criture et une sorte de proximit{\'e} avec l\&rsquo;{\'e}crivain.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Ainsi, Carver explique d\&rsquo;entr{\'e}e de jeu comment son mode de vie, vou{\'e} {\`a} l\&rsquo;instabilit{\'e}, {\`a} la pr{\'e}carit{\'e} et {\`a} l\&rsquo;absence de facilit{\'e}s mat{\'e}rielles, l\&rsquo;a contraint aux formes br{\`e}ves. D\&rsquo;o{\`u}, peut-{\^e}tre, l\&rsquo;acharnement passionn{\'e} qu\&rsquo;il met {\`a} pratiquer de nombreuses r{\'e}{\'e}critures dont Les feux rendent compte {\`a} travers la question de la pers{\'e}v{\'e}rance. Par ailleurs, en c{\^o}toyant les \&laquo;laiss{\'e}s-pour-compte\&raquo; qu\&rsquo;il met en sc{\`e}ne dans ses {\'e}crits et en subsistant lui-m{\^e}me avec de maigres ressources financi{\`e}res, Carver repr{\'e}sente {\`a} sa mani{\`e}re, {\`a} travers son {\oe}uvre, l\&rsquo;{\'e}chec du r{\^e}ve am{\'e}ricain. Il d{\'e}clare en outre, dans ses essais, avoir donn{\'e} le maximum de rigueur {\`a} l\&rsquo;expression de sa vision du monde, ax{\'e}e sur la r{\'e}alit{\'e} ordinaire.</div><div>\&nbsp;</div><div>C\&rsquo;est dire enfin que l\&rsquo;{\'e}crivain, pour Carver, doit donner {\`a} sa vision du monde, celle qui se d{\'e}gage de sa vie et de ses {\'e}crits, une forme \&laquo;artistique\&raquo;, dont l\&rsquo;{\'e}l{\'e}ment principal est la pr{\'e}cision du langage. Pr{\'e}cision qu\&rsquo;il retrouve dans cette phrase de Tchekhov qui a profond{\'e}ment marqu{\'e} son rapport {\`a} l\&rsquo;{\'e}criture et qu\&rsquo;il avait fait sienne : \&laquo;et en un {\'e}clair il comprit tout\&raquo;. (p. 29)</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>Dans Les feux, Raymond Carver donne {\`a} lire une s{\'e}rie d\&rsquo;essais, de nouvelles, de po{\`e}mes, et m{\^e}me un entretien, qui interroge tout {\`a} la fois l\&rsquo;{\'e}criture et le propre parcours de l\&rsquo;{\'e}crivain {\`a} travers ses choix, son mode de vie et son rapport {\`a} la r{\'e}alit{\'e}. Aussi l\&rsquo;auteur poursuit-il {\`a} rebours une r{\'e}flexion {\`a} caract{\`e}re autobiographique qui porte un regard sur son existence et le sens de l\&rsquo;{\'e}criture dans sa vie. Pr{\'e}figurant en quelque sorte l\&rsquo;existence du fils {\`a} travers celle du p{\`e}re, l\&rsquo;essai intitul{\'e} \&laquo;Vie de mon p{\`e}re\&raquo;, m{\^e}me s\&rsquo;il ne traite pas sp{\'e}cifiquement d\&rsquo;{\'e}criture, met en place les diff{\'e}rents {\'e}l{\'e}ments qui influenceront la vie et l\&rsquo;{\oe}uvre de Carver. Or, c\&rsquo;est dans un autre essai, intitul{\'e} \&laquo;Les feux\&raquo;, que l\&rsquo;auteur s\&rsquo;attarde {\`a} d{\'e}finir ces diff{\'e}rents {\'e}l{\'e}ments qui l\&rsquo;ont confin{\'e}, de son propre aveu, {\`a} des formes br{\`e}ves, tels le po{\`e}me et la nouvelle : les emplois pr{\'e}caires, les maigres ressources financi{\`e}res, la fr{\'e}quence des d{\'e}m{\'e}nagements et la lourdeur de la vie de famille.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>En ce sens, c\&rsquo;est dans la nouvelle que Carver dit donner \&laquo;le plus de force {\`a} sa vision fugace\&raquo; (p. 36) de la r{\'e}alit{\'e}. Car, plus que toute autre contrainte, son {\'e}criture aura {\'e}t{\'e} marqu{\'e}e par le manque de temps et par l\&rsquo;absence de s{\'e}curit{\'e} mat{\'e}rielle. Ce qui, peu {\`a} peu, a men{\'e} Carver au d{\'e}couragement et a progressivement r{\'e}duit en miettes tout ce qu\&rsquo;il tenait \&laquo;pour sacr{\'e}, ou simplement digne de respect\&raquo; (p. 47), comme ses valeurs spirituelles. D{\'e}convenues qui ont donn{\'e} le ton {\`a} son {\oe}uvre, o{\`u} \&laquo;le labeur acharn{\'e} et les r{\^e}ves ne suffisent pas\&raquo; (p. 47).\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>De plus, c\&rsquo;est dans \&laquo;L\&rsquo;interview de la Paris Review\&raquo; que l\&rsquo;auteur se livre pleinement. Il y aborde entre autres des sujets plus personnels tels l\&rsquo;alcoolisme, qui l\&rsquo;a souvent inspir{\'e}, et la c{\'e}l{\'e}brit{\'e} tardive, qui lui a permis de se consacrer exclusivement {\`a} l\&rsquo;{\'e}criture, au fur et {\`a} mesure que ses conditions de vie s\&rsquo;am{\'e}lioraient. Les remarques les plus int{\'e}ressantes de l\&rsquo;entretien sont sans doute celles qu\&rsquo;il fait sur \&laquo;l\&rsquo;art comme forme sup{\'e}rieure de divertissement\&raquo; (p. 261), dans la mesure o{\`u} l\&rsquo;art lui a longtemps donn{\'e} le sentiment que sa vie allait changer. Mais, avoue-t-il, quelle ne fut pas sa d{\'e}ception quand il comprit que l\&rsquo;art ne changeait pas la vie, qu\&rsquo;il \&laquo;restait sans prise sur la r{\'e}alit{\'e}\&raquo; (p. 261).</div><div>\&nbsp;</div><div>Dans l\&rsquo;essai intitul{\'e} \&laquo;De l\&rsquo;{\'e}criture\&raquo;, Carver pr{\'e}cise les enjeux de sa pratique scripturale et s\&rsquo;attarde {\`a} d{\'e}finir une esth{\'e}tique de la justesse, ou du juste mot, sans quoi, pr{\'e}vient-il, \&laquo;les yeux du lecteur glisseront dessus [les mots] [et] resteront sans effet\&raquo; (p. 33). En cela, {\'e}crire pour Carver revient {\`a} poss{\'e}der une \&laquo;fa{\c c}on sp{\'e}ciale de voir les choses\&raquo; (p. 29) et {\`a} {\^e}tre capable de donner \&laquo;une forme artistique {\`a} cette mani{\`e}re de voir\&raquo; (p. 29). Il ajoute aussi que ce n\&rsquo;est pas une question de talent, mais de pers{\'e}v{\'e}rance : \&laquo;le talent est autre chose, le talent {\c c}a court les rues\&raquo; (p. 29).\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Enfin, si Raymond Carver se consid{\`e}re l\&rsquo;h{\'e}ritier direct d\&rsquo;{\'e}crivains comme Hemingway et Durrell, c\&rsquo;est {\`a} celui qui fut son professeur au coll{\`e}ge de Chico en Californie, en 1958, {\`a} qui il rend le plus grand hommage. Ainsi, dans l\&rsquo;essai \&laquo;Un ma{\^\i}tre {\'e}crivain : John Gardner\&raquo;, il redit la \&laquo;dette immense\&raquo; (p. 68) qu\&rsquo;il a envers l\&rsquo;homme qui l\&rsquo;a vraiment initi{\'e} au \&laquo;m{\'e}tier d\&rsquo;{\'e}crire, et {\`a} la morale de l\&rsquo;{\'e}criture\&raquo; (p. 66). Il reprend pour le lecteur les grandes le{\c c}ons qu\&rsquo;il a retenues de son ma{\^\i}tre : le besoin d\&rsquo;{\^e}tre encourag{\'e}, mais aussi l\&rsquo;importance d\&rsquo;avoir conscience de ses limites. En cela, la vie et l\&rsquo;{\oe}uvre de Carver illustrent bien ce trajet du n{\'e}cessaire au possible, surtout lorsqu\&rsquo;il affirme qu\&rsquo;il a {\'e}crit ce qu\&rsquo;il a pu, que tous les {\'e}crivains {\'e}crivent ce qu\&rsquo;ils peuvent.</div><div>\&nbsp;</div><div><span style="font-size: 13.008px;">Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</span></div></div>},
	author = {Raymond Carver}
}
