@book {396,
	title = {Lire et {\'e}crire},
	year = {1999},
	pages = {79},
	publisher = {Lem{\'e}ac},
	organization = {Lem{\'e}ac},
	edition = {L{\textquoteright}{\'e}critoire},
	address = {Montr{\'e}al},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>Pr{\'e}sent{\'e}s dans le cadre des conf{\'e}rences Tanner, les deux textes qui composent l\&rsquo;ouvrage de Robertson Davies, \&laquo;Lire\&raquo; et \&laquo;{\'E}crire\&raquo;, t{\'e}moignent non seulement d\&rsquo;une r{\'e}flexion sur la lecture et l\&rsquo;{\'e}criture, mais {\'e}galement des rapports qu\&rsquo;elles entretiennent l\&rsquo;une envers l\&rsquo;autre. Aussi, c\&rsquo;est afin \&laquo;de susciter un d{\'e}bat qui donne aux gens v{\'e}ritablement intelligents l\&rsquo;occasion de manifester leur force\&raquo; (p. 7) que Davies questionne la n{\'e}cessit{\'e} de la litt{\'e}rature {\`a} travers ces activit{\'e}s qui en sont {\`a} la fois la raison d\&rsquo;{\^e}tre et la pr{\'e}occupation premi{\`e}re.</div><div>\&nbsp;</div><div>Dans la premi{\`e}re partie, \&laquo;Lire\&raquo;, Davies insiste sur la n{\'e}cessit{\'e} du plaisir dans la lecture, car, selon lui, il n\&rsquo;est \&laquo;nul besoin d\&rsquo;{\'e}tendre les fronti{\`e}res de l\&rsquo;ennui\&raquo; (p. 25). En cela, la litt{\'e}rature ne devrait pas {\^e}tre per{\c c}ue comme une corv{\'e}e, mais comme une mani{\`e}re d\&rsquo;\&laquo;embrasser le vaste royaume de la pens{\'e}e et de la sensibilit{\'e}\&raquo; (p. 20), d\&rsquo;{\'e}veiller son intellect. Le plaisir participe ici de la lenteur, de la relecture et de l\&rsquo;intimit{\'e}, il encourage {\`a} lire, non pas en abondance, mais en \&laquo;profondeur et {\`a} inviter quelques grands chefs-d\&rsquo;{\oe}uvre dans sa vie\&raquo; (p. 42).\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>La deuxi{\`e}me partie, \&laquo;{\'E}crire\&raquo;, d{\'e}gage une vision de l\&rsquo;{\'e}criture qui repose sur les questions de langage, de style et de dramatisation. Pour lui, il ne suffit pas que l\&rsquo;{\'e}crivain sache manier la langue, il lui faut \&laquo;quelque chose de comparable au talent de l\&rsquo;araign{\'e}e qui file et tisse sa toile\&raquo; (p. 79), une fa{\c c}on de dire les choses qui lui est unique. Davies sugg{\`e}re donc de donner \&laquo;toute la pr{\'e}sence possible au d{\'e}cor\&raquo; (p. 67) de son histoire, d\&rsquo;en tracer les contours sans s\&rsquo;y attarder.</div><div>\&nbsp;</div><div>Ces conf{\'e}rences donnent {\`a} lire une vision de la litt{\'e}rature et de la cr{\'e}ation {\`a} travers l\&rsquo;exp{\'e}rience personnelle de lecteur et d\&rsquo;{\'e}crivain de Robertson Davies, et int{\'e}resseront sans doute les lecteurs pour qui la litt{\'e}rature a \&laquo;le pouvoir d\&rsquo;{\'e}largir et de raffiner notre compr{\'e}hension de la vie\&raquo; (p. 21).</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>Partant de son exp{\'e}rience de lecteur et d\&rsquo;{\'e}crivain, mais {\'e}galement de journaliste et d\&rsquo;enseignant, Robertson Davies interroge, dans Lire et {\'e}crire, la n{\'e}cessit{\'e} de la litt{\'e}rature en regard \&mdash;justement\&mdash; de la lecture et l\&rsquo;{\'e}criture. Indissociables l\&rsquo;un de l\&rsquo;autre, l\&rsquo;acte de lire et l\&rsquo;acte d\&rsquo;{\'e}crire participent selon lui d\&rsquo;une m{\^e}me {\'e}coute, d\&rsquo;un m{\^e}me mouvement : celui de la pens{\'e}e, de la sensibilit{\'e} et de la sympathie, en ce qu\&rsquo;elles \&laquo;augmente[nt] la compr{\'e}hension que nous avons de tous les aspects de notre vie\&raquo; (p. 21). Sur un ton qui invite tout autant {\`a} la d{\'e}tente qu\&rsquo;{\`a} la rigueur, Davies met en garde le lecteur contre les m{\'e}thodes de lecture rapide et les recettes d\&rsquo;{\'e}criture qui {\'e}loignent du plaisir de la lecture, de l\&rsquo;oralit{\'e}, et compensent, en lui superposant des canevas tout pr{\'e}par{\'e}s, le manque d\&rsquo;imagination. Pour lui, nul secret sinon que \&laquo;c\&rsquo;est des profondeurs qu\&rsquo;{\'e}merge l\&rsquo;inspiration\&raquo; (p. 61), le vrai talent d\&rsquo;invention de l\&rsquo;{\'e}crivain.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Davies r{\'e}fl{\'e}chit sur les risques qu\&rsquo;encourt tout {\'e}crivain de perdre contact avec le monde et d\&rsquo;accepter des commandes sociales. En cela, il insiste, dans un premier temps, \&laquo;sur l\&rsquo;importance de faire autre chose dans le monde qu\&rsquo;{\'e}crire\&raquo; (p. 52), de ne pas s\&rsquo;enfermer dans un cercle d\&rsquo;{\'e}crivains et \&laquo;dans la fr{\'e}quentation des gens de sa g{\'e}n{\'e}ration\&raquo; (p. 52). Dans un second temps, Davies questionne la port{\'e}e des bourses de cr{\'e}ation et du m{\'e}c{\'e}nat institutionnel sur le travail d\&rsquo;{\'e}criture. Fier de n\&rsquo;avoir jamais re{\c c}u de bourses de cr{\'e}ation, il appr{\'e}cie \&laquo;cette libert{\'e} au plus haut point\&raquo; (p. 49) et ne peut concevoir l\&rsquo;engagement et la libert{\'e} de l\&rsquo;{\'e}crivain que par son refus d\&rsquo;accepter des aum{\^o}nes \&laquo;pour accomplir ce qu\&rsquo;il a lui-m{\^e}me choisi comme l\&rsquo;{\oe}uvre de sa vie.\&raquo; (p. 50) Se r{\'e}f{\'e}rant {\`a} son exp{\'e}rience personnelle, il estime n{\'e}cessaire d\&rsquo;occuper un emploi, car \&laquo;le travail quotidien emp{\^e}che d\&rsquo;{\'e}crire trop\&raquo; (p. 52) et de s\&rsquo;isoler dans l\&rsquo;{\'e}criture.</div><div>\&nbsp;</div><div>Aussi, ce n\&rsquo;est pas parce que tout le monde peut {\'e}crire qu\&rsquo;il est donn{\'e} {\`a} tous de devenir {\'e}crivain et de pratiquer cet art avec \&laquo;s{\'e}rieux\&raquo; (p. 45). Au contraire, {\'e}crire est en \&laquo;partie affaire de corv{\'e}e, d\&rsquo;application quotidienne, d\&rsquo;accumulation des pages termin{\'e}es {\`a} la mani{\`e}re du castor qui b{\^a}tit sa digue\&raquo; (p. 53). Mais surtout, il faut {\`a} l\&rsquo;{\'e}crivain un talent comparable {\`a} celui que poss{\`e}de l\&rsquo;enchanteur. Ce talent, que Davies nomme shamanstvo, c\&rsquo;est le pouvoir de jouer avec les mots, de \&laquo;montrer ce qui arrive, et non [de] le d{\'e}crire avec d{\'e}tachement\&raquo; (p. 70), de susciter de \&laquo;merveilleuses r{\'e}v{\'e}lations sur la vie et sur nous-m{\^e}mes\&raquo; (p. 72). En ce sens, c\&rsquo;est par le langage que passe le shamanstvo puisqu\&rsquo;il ne saurait y avoir, pour Davies, \&laquo;d\&rsquo;enchantement sans mots\&raquo; (p. 78). Ce que l\&rsquo;{\'e}crivain doit alors trouver, c\&rsquo;est \&laquo;une fa{\c c}on d\&rsquo;employer les mots qui retienne l\&rsquo;attention, pas n{\'e}cessairement par la singularit{\'e}, mais par l\&rsquo;exactitude\&raquo; (p. 75) et qui rapprocherait l\&rsquo;{\'e}crivain du \&laquo;langage direct\&raquo; (p. 75) des gens simples.</div><div>\&nbsp;</div><div>Enfin, Davies en appelle {\`a} la formation d\&rsquo;une classe instruite de lecteurs, une clergie compos{\'e}, non pas de journalistes ou de critiques, mais de \&laquo;quiconque sait faire usage d\&rsquo;une biblioth{\`e}que publique et le fait avec z{\`e}le et d{\'e}votion\&raquo; (p. 42) et qui aurait pour \&laquo;charge d\&rsquo;exercer l\&rsquo;influence litt{\'e}raire en grande partie abandonn{\'e}e {\`a} la critique universitaire\&raquo; (p. 42). Pour Davies, les membres de la clergie lisent pour leur plaisir sans recevoir de r{\'e}mun{\'e}ration pour leur travail, ils lisent parce qu\&rsquo;ils ont leur mot {\`a} dire sur le monde litt{\'e}raire. En fait, \&laquo;ils veulent que le monde des livres, {\`a} travers eux, exerce une influence sur la vie politique et sociale de la nation\&raquo; (p. 44).</div></div><p>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</p>},
	author = {Robertson Davies}
}
