@book {413,
	title = {La bulle d{\textquoteright}encre. Essai},
	year = {1997},
	pages = {128},
	publisher = {{\'E}ditions du Bor{\'e}al / Presses de l{\textquoteright}Universit{\'e} de Montr{\'e}al},
	organization = {{\'E}ditions du Bor{\'e}al / Presses de l{\textquoteright}Universit{\'e} de Montr{\'e}al},
	address = {Montr{\'e}al},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>Dans La bulle d\&rsquo;encre, un essai qui a re{\c c}u le Prix de la revue {\'E}tudes fran{\c c}aises en 1997, la romanci{\`e}re, nouvelliste et po{\`e}te Suzanne Jacob amorce un questionnement dont l\&rsquo;enjeu est le discernement du cr{\'e}ateur. Ainsi, cet essai se divise en quatre parties qui, par le biais de courts chapitres traitant aussi bien de la physiologie de l\&rsquo;appareil auditif que d\&rsquo;une visite au peintre Romus ou d\&rsquo;une m{\'e}ditation sur la Gen{\`e}se, en appellent {\`a} la n{\'e}cessit{\'e} \&mdash;et au risque\&mdash; d\&rsquo;un discernement critique dont l\&rsquo;{\'e}criture r{\'e}it{\`e}rerait sans cesse l\&rsquo;engagement esth{\'e}tique et {\'e}thique.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Ponctu{\'e}e d\&rsquo;anecdotes, d\&rsquo;all{\'e}gories et de faits divers, la r{\'e}flexion de Jacob, qui ne se limite pas au champ litt{\'e}raire, plonge dans les mouvances du monde et de la lecture, non sans un regard qui porte les traces d\&rsquo;une vive indignation, surtout lorsque l\&rsquo;auteure rend compte des pr{\'e}occupations sociales qui l\&rsquo;habitent et travaillent son {\'e}criture. Aussi, l\&rsquo;un des chapitres, \&laquo;L\&rsquo;entendu\&raquo; (p. 31-48), aborde la question du r{\^o}le et de la responsabilit{\'e} de l\&rsquo;individu cr{\'e}ateur devant ce que Jacob appelle le pillage de la plan{\`e}te.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Toujours \&laquo;{\`a} la recherche de ce mouvement qui cr{\'e}e\&raquo; (p. 12), l\&rsquo;auteure r{\'e}serve deux chapitres de son essai {\`a} la lecture des {\oe}uvres que Victor-L{\'e}vy Beaulieu et Hermann Broch ont consacr{\'e}es {\`a} Herman Melville et {\`a} Virgile. Avec eux, elle dit qu\&rsquo;{\'e}crire, \&laquo;c\&rsquo;est fixer des limites {\`a} un gouffre par un r{\'e}cit, dans un r{\'e}cit\&raquo; (p. 104), que c\&rsquo;est aussi s\&rsquo;{\'e}loigner de \&laquo;l\&rsquo;illisibilit{\'e}\&raquo;, du \&laquo;chaos de l\&rsquo;indicible, l{\`a} o{\`u} le regard est rendu aveugle\&raquo; (p. 104). {\`A} la lumi{\`e}re de ces rencontres, elle revient au d{\'e}part de sa r{\'e}flexion et conclut que \&laquo;la seule conviction que peut avoir un {\'e}crivain, c\&rsquo;est d\&rsquo;avoir {\'e}crit un livre {\`a} sa d{\'e}mesure ; {\`a} la d{\'e}mesure de ses capacit{\'e}s\&raquo;(p. 121).</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>Pr{\'e}sent{\'e} comme une r{\'e}flexion sur le discernement {\`a} l\&rsquo;{\oe}uvre dans le travail cr{\'e}ateur, l\&rsquo;essai de Suzanne Jacob navigue entre deux ab{\^\i}mes, celui de la naissance et celui de la mort. Elle retient comme pr{\'e}misse que la lecture est la forme originelle de l\&rsquo;{\'e}criture et que nous habitons le monde par la lecture que nous en faisons. Ainsi Jacob nous convie {\`a} la source de toute lecture-{\'e}criture et de ce qu\&rsquo;elle nomme la \&laquo;langue du lait\&raquo; (p. 17). Par cette premi{\`e}re exp{\'e}rience de communication entre le nouveau-n{\'e} et sa m{\`e}re, l\&rsquo;enfant apprend {\`a} s\&rsquo;exprimer, {\`a} crier, {\`a} faire venir le visage du lait pour {\'e}loigner la faim et la mort. Il entre de cette fa{\c c}on dans le monde, par son apprentissage \&mdash;sa lecture\&mdash; des visages qui se pr{\'e}sentent {\`a} lui et, en les distinguant les uns des autres, pour rendre le monde habitable, il se fait une image-synth{\`e}se de tous ces visages.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Chaque individu {\'e}labore ainsi au fil du temps un r{\'e}cit de lui-m{\^e}me qui s\&rsquo;inscrit, m{\^e}me malgr{\'e} lui, comme une contribution {\`a} la fiction dominante. Mais vivre, dit Jacob, \&laquo;c\&rsquo;est [...] red{\'e}cider son r{\'e}cit jour apr{\`e}s jour en y int{\'e}grant aussi bien ses exp{\'e}riences r{\'e}centes que diff{\'e}rents modes de les percevoir\&raquo; (p. 36), et cette r{\'e}{\'e}criture constante menace la coh{\'e}sion de la fiction dominante par le \&laquo;mouvement vertigineux\&raquo; (p. 74) que provoquent les exp{\'e}riences de lectures essentielles. Se tenant ainsi aux fronti{\`e}res du possible et de ce qui est \&laquo;entendu\&raquo;, flairant les vertiges de l\&rsquo;impossible, l\&rsquo;exp{\'e}rience id{\'e}ale du livre am{\`e}ne le lecteur et l\&rsquo;{\'e}crivain {\`a} transgresser les marges de leur libert{\'e} par \&laquo;ce livre qui devient tout, qui lance les garde-fous dans l\&rsquo;ab{\^\i}me, qui illumine d\&rsquo;un {\'e}clat de foudre toutes les synth{\`e}ses qu\&rsquo;on avait r{\'e}ussi {\`a} faire pour se maintenir dans la coh{\'e}rence et la lisibilit{\'e}\&raquo; (p. 72).\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Alors que les soci{\'e}t{\'e}s r{\'e}sistent au changement en imposant leurs fictions dominantes comme des r{\'e}alit{\'e}s absolues, le travail du cr{\'e}ateur sur la langue nous permet de prendre conscience de ce qui pourrait {\^e}tre autrement, car \&laquo;nous sommes pr{\^e}t{\'e}s au monde pour en actualiser la suite, cette suite qui est notre pr{\'e}sent\&raquo; (p. 28). L\&rsquo;{\oe}uvre d\&rsquo;art nous laisse entendre qu\&rsquo;\&laquo;{\^e}tre est une activit{\'e} de fiction\&raquo; (p. 37) et que la convention de r{\'e}alit{\'e} d\&rsquo;une soci{\'e}t{\'e} n\&rsquo;est qu\&rsquo;une version possible de la r{\'e}alit{\'e} elle-m{\^e}me. C\&rsquo;est donc en regard de cette ouverture sur les diff{\'e}rentes versions de sa r{\'e}alit{\'e} que la responsabilit{\'e} fondamentale du cr{\'e}ateur prend toute son importance, {\`a} la fois comme exigence de lucidit{\'e} et comme conscience de la nature de la libert{\'e} qui lui est octroy{\'e}e. Cette responsabilit{\'e}, loin de toute pens{\'e}e pseudo-humanitaire, s\&rsquo;articule autour de deux notions : l\&rsquo;habitabilit{\'e} et le d{\'e}passement. La premi{\`e}re am{\'e}nage un espace propice {\`a} la cr{\'e}ation tandis que la seconde propose de sortir de soi, de se transcender.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>L\&rsquo;{\'e}crivain doit donc s\&rsquo;engager dans son texte {\`a} pleine vie, jusqu\&rsquo;{\`a} la d{\'e}mesure. Comme le h{\'e}ros de La mort de Virgile d\&rsquo;Hermann Broch, il doit accepter ses limites, son non-discernement, pour d{\'e}couvrir que c\&rsquo;est au fil de ses t{\^a}tonnements qu\&rsquo;il arrive {\`a} vivre, {\`a} comprendre, {\`a} {\'e}crire. {\'E}criture et lecture sont ainsi per{\c c}ues comme des arts de libert{\'e} qui permettent {\`a} l\&rsquo;individu d\&rsquo;acc{\'e}der, au prix d\&rsquo;un sacrifice de soi, aux chants possibles de l\&rsquo;humanit{\'e}.</div></div><p>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</p>},
	author = {Suzanne Jacob}
}
