@book {416,
	title = {Au commencement {\'e}tait l{\textquoteright}amour. Psychanalyse et foi},
	year = {1997},
	pages = {126},
	publisher = {Le Livre de Poche},
	organization = {Le Livre de Poche},
	edition = {Biblio/Essais},
	address = {Paris},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:\&nbsp;</p><div>Au commencement {\'e}tait l\&rsquo;amour tire son origine d\&rsquo;une conf{\'e}rence, prononc{\'e}e par Julia Kristeva en 1984, sur les rapports entre psychanalyse et foi. L\&rsquo;intention de l\&rsquo;auteure {\'e}tait alors d\&rsquo;{\'e}veiller \&laquo;un {\'e}cho au sein de [n]os angoisses personnelles et de [n]os interrogations philosophiques ou m{\'e}taphysiques\&raquo; (p. 89). Divis{\'e} en neuf chapitres, l\&rsquo;essai s\&rsquo;int{\'e}resse donc principalement {\`a} la \&laquo;signifiance\&raquo; chez le sujet en psychanalyse.</div><div>\&nbsp;</div><div>Le r{\^o}le de la psychanalyse {\'e}tant de faire acc{\'e}der {\`a} la conscience l\&rsquo;imaginaire de l\&rsquo;analysant, pour que celui-ci le confronte {\`a} sa r{\'e}alit{\'e} et le transforme en une expression plus acceptable, la parole de l\&rsquo;analyse tend {\`a} int{\'e}grer le \&laquo;s{\'e}miotique\&raquo;, langue d\&rsquo;avant la langue, pour permettre au patient d\&rsquo;acc{\'e}der {\`a} ses exp{\'e}riences infralinguistiques. Pour Kristeva, le processus analytique repr{\'e}sente ainsi \&laquo;[l\&rsquo;]exp{\'e}rience la plus radicale de lucidit{\'e} [de] l\&rsquo;{\^e}tre parlant\&raquo; (p. 87), parce qu\&rsquo;il conduit potentiellement l\&rsquo;{\^e}tre humain {\`a} rompre avec ses croyances archa{\"\i}ques, {\`a} renouer avec l\&rsquo;Autre en lui et en dehors de lui.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Dans un monde d{\'e}sormais \&laquo;technique\&raquo; o{\`u} l\&rsquo;humanit{\'e} \&laquo;vit de, et dans, la s{\'e}paration, [\&hellip;] \&laquo;[l\&rsquo;]analyse est un apprentissage de la s{\'e}paration {\`a} la fois comme d{\'e}doublement et comme perte\&raquo; (p. 85). Or, cet apprentissage, qui donne sens {\`a} la qu{\^e}te du sujet, ne peut advenir que par la reconnaissance du d{\'e}sir comme ouverture {\`a} l\&rsquo;Autre. C\&rsquo;est ce que Julia Kristeva nomme le substrat fantasmatique et qui appara{\^\i}t d\&rsquo;ailleurs dans le Cr{\'e}do catholique dont elle propose une r{\'e}interpr{\'e}tation.</div><div>\&nbsp;</div><div>{\'E}tayant sa r{\'e}flexion d\&rsquo;observations cliniques, l\&rsquo;auteure rapproche l\&rsquo;analyse de la cr{\'e}ation en soulignant que, comme la cure, la fiction narrative traduit \&laquo;un sujet d{\'e}stabilis{\'e} en qu{\^e}te de stabilisation perp{\'e}tuelle\&raquo; (p. 35). Par ces parall{\`e}les entre cr{\'e}ation, analyse et foi, l\&rsquo;essai illustre finalement l\&rsquo;id{\'e}e que, pour l\&rsquo;{\^e}tre humain, \&laquo;le langage n\&rsquo;est pas coup{\'e} du corps, le \&ldquo;Verbe\&rdquo; pouvant au contraire {\`a} tout instant toucher la chair\&raquo; (p. 17).</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>Dans Au commencement {\'e}tait l\&rsquo;amour, Julia Kristeva adopte un parcours \&laquo;volontiers h{\'e}t{\'e}roclite\&raquo; (p. 93) afin de traiter de psychanalyse et de foi par le biais de r{\'e}f{\'e}rences touchant, entre autres, la m{\'e}taphysique, la philosophie et la litt{\'e}rature. L\&rsquo;essai constitue une {\oe}uvre ouverte qui suscite la possibilit{\'e} de faire na{\^\i}tre de nouveaux discours, mieux adapt{\'e}s {\`a} l\&rsquo;{\^e}tre humain d\&rsquo;aujourd\&rsquo;hui en qu{\^e}te d\&rsquo;une parole qui lui appartienne en propre.</div><div>\&nbsp;</div><div>Pour Kristeva, l\&rsquo;homme, {\^e}tre sexu{\'e} et sexuel, cliv{\'e}, d{\'e}doubl{\'e}, soumis {\`a} la faille entre sa parole et son d{\'e}sir, entre le je et le moi, tente de combler le hiatus qui le conditionne, en \&laquo;une qu{\^e}te d\&rsquo;ad{\'e}quation jamais atteinte entre le \&ldquo;sens\&rdquo; et la \&ldquo;chose\&rdquo;\&raquo; (p. 96). Cette sexualisation du psychisme demeure, selon l\&rsquo;auteure, un outil important pour comprendre l\&rsquo;humanit{\'e} souffrante. Il s\&rsquo;agit en effet de \&laquo;voir\&raquo; le monde le plus lucidement possible {\`a} partir du d{\'e}sir, d\&rsquo;un d{\'e}sir sans fin dont le langage s\&rsquo;inscrit comme parole, sens et jouissance, en un \&laquo;tissu indissoluble d\&rsquo;excitabilit{\'e} et de signifiance\&raquo; (p. 73).\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>L\&rsquo;objet de la psychanalyse r{\'e}side pr{\'e}cis{\'e}ment dans cette parole {\'e}chang{\'e}e, dans ce transfert de mots porteurs des traces des \&laquo;fantasmes fondamentaux\&raquo; (p. 62) dont Kristeva estime que l\&rsquo;expression ultime se trouverait, pour les chr{\'e}tiens, dans le Credo : discours \&laquo;qui donne des images {\`a} la brisure m{\^e}me d\&rsquo;une logique qui nous traverse secr{\`e}tement et fondamentalement\&raquo; (p. 65). Selon l\&rsquo;auteure, le Cr{\'e}do est une \&laquo;solution de compromis\&raquo; (p. 27) {\`a} la souffrance, intervenant sur le psychisme du croyant comme une structuration du d{\'e}sir, de tout ce qui, dans l\&rsquo;imaginaire du fantasme, serait autrement insupportable. Par l\&rsquo;acceptation des dogmes et l\&rsquo;identification {\`a} J{\'e}sus, homme-dieu d{\'e}pouill{\'e} de d{\'e}sirs et, en m{\^e}me temps, soumis lui aussi {\`a} la douleur, le sujet sublime la souffrance abandonnique et peut acc{\'e}der {\`a} une \&laquo;autre dimension, celle de la symbolicit{\'e} o{\`u} se d{\'e}ploie, par-del{\`a} la frustration et l\&rsquo;absence, le langage\&raquo; (p. 63).</div><div>\&nbsp;</div><div>En envisageant de la sorte la religion chr{\'e}tienne pour passer du \&laquo;macrofantasme au microfantasme\&raquo; (p. 67), Kristeva met {\`a} jour le contenu pulsionnel des discours, en un mouvement vers le \&laquo;terrain de l\&rsquo;imaginaire, du jeu, de l\&rsquo;ouverture o{\`u} le calcul peut devenir renouvellement, Cr{\'e}ation\&raquo; (p. 96).\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>C\&rsquo;est encore sous l\&rsquo;angle du questionnement critique que Kristeva aborde son dernier chapitre, \&laquo;{\`A} propos de l\&rsquo;ath{\'e}isme de Sartre\&raquo;, ajout{\'e} en 1997 {\`a} l\&rsquo;{\'e}dition originale de son essai paru en 1985. Elle y compare la vision sartrienne de la n{\'e}antisation au n{\'e}ant heidegg{\'e}rien et {\`a} la n{\'e}gativit{\'e} chez Freud pour conclure qu\&rsquo;il n\&rsquo;y a pas d\&rsquo;aboutissement possible, en partie {\`a} cause du perp{\'e}tuel mouvement du discours, comme celui de la n{\'e}cessit{\'e} constante de l\&rsquo;interrogation et du \&laquo;besoin vital d\&rsquo;illusion, [...] vecteur sur lequel se b{\^a}tit notre capacit{\'e} d\&rsquo;halluciner-repr{\'e}senter-imaginer-penser\&raquo; (p. 125). L\&rsquo;existence reposerait finalement sur la libert{\'e} de poursuivre toute sa vie la transcendance subjective du pour-soi sartrien (ce que l\&rsquo;homme veut {\^e}tre), en une constante r{\'e}volte contre toute adh{\'e}sion consentie au d{\'e}triment de la lucidit{\'e} et de la conscience. Kristeva conclut que \&laquo;donner du travail {\`a} ce travail du sens [constitue] l\&rsquo;exp{\'e}rience m{\^e}me de la pens{\'e}e lorsqu\&rsquo;elle se pense\&raquo; (p. 102-103) et ne peut d{\`e}s lors que porter le nom d\&rsquo;ath{\'e}isme.</div><div>\&nbsp;</div><div>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</div></div><div>\&nbsp;</div>},
	author = {Julia Kristeva}
}
