@book {419,
	title = {Petite r{\'e}flexion autour du culte moderne des dieux faitiches},
	year = {1996},
	pages = {103},
	publisher = {{\'E}ditions Synth{\'e}labo},
	organization = {{\'E}ditions Synth{\'e}labo},
	edition = {Les emp{\^e}cheurs de penser en rond },
	address = {Le Plessis-Robinson},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>Issue d\&rsquo;un stage de trois mois dans un centre multidisciplinaire d\&rsquo;ethnopsychiatrie, l\&rsquo;{\'e}tude de Bruno Latour cherche {\`a} comparer, selon les r{\`e}gles de l\&rsquo;anthropologie sym{\'e}trique, les valeurs et les croyances des civilisations dites primitives de celles que l\&rsquo;on dit modernes. Cet exercice conduit l\&rsquo;auteur {\`a} interroger la nature des \&laquo;rapports de force\&raquo; (p. 92) qui d{\'e}finissent la divinit{\'e} et l\&rsquo;anti-divinit{\'e} des idoles, ainsi que la construction des f{\'e}tiches et leur signification du point de vue de la pens{\'e}e occidentale. Les liens entre les \&laquo;objets f{\'e}es\&raquo; (les f{\'e}tiches, c\&rsquo;est-{\`a}-dire les objets dont le penseur moderne ne reconna{\^\i}t pas le bien-fond{\'e} du point de vue de la raison) et les \&laquo;objets faits\&raquo; (les objets ou connaissances auxquels il accorde une l{\'e}gitimit{\'e} objective) sont au centre de la r{\'e}flexion que propose l\&rsquo;ouvrage.</div><div>\&nbsp;</div><div>Pour l\&rsquo;antif{\'e}tichiste, construction subjective du monde et v{\'e}rit{\'e} objective sont inconciliables : la v{\'e}rit{\'e} objective ne peut {\^e}tre le produit d\&rsquo;une activit{\'e} du sujet humain. Pour le f{\'e}tichiste, cette distinction n\&rsquo;existe pas. La cr{\'e}ature peut produire le cr{\'e}ateur, fabriquer de ses mains des idoles ; de vrais dieux peuvent {\^e}tre construits.</div><div>\&nbsp;</div><div>Or, il se trouve que l\&rsquo;antif{\'e}tichiste, soutient Latour, emprunte les m{\^e}mes chemins que le f{\'e}tichiste dans la construction de la r{\'e}alit{\'e} et que la subjectivit{\'e} y joue un r{\^o}le structurant. Ce constat le conduit donc {\`a} {\'e}laborer le concept de \&laquo;faitiche\&raquo;, qu\&rsquo;il d{\'e}finit pr{\'e}cis{\'e}ment comme \&laquo;ce qui permet le passage de la fabrication {\`a} la r{\'e}alit{\'e} [...]\&raquo; (p. 67). Ce \&laquo;faitiche\&raquo; offre ainsi la possibilit{\'e} de r{\'e}soudre l\&rsquo;apparente contradiction entre les deux visions et de faire voir ce qu\&rsquo;elles ont en commun.</div><div>\&nbsp;</div><div>En somme, en acceptant comme synonymes la construction et la v{\'e}rit{\'e}, l\&rsquo;auteur fait redescendre les divinit{\'e}s dans le monde, et les \&laquo;install[e] dans l\&rsquo;existence\&raquo;. (p. 85).</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>{\`A} l\&rsquo;aide de mises en sc{\`e}ne imaginaires, citations de diff{\'e}rents philosophes et chercheurs, extraits de textes, sch{\'e}mas et nombreuses r{\'e}f{\'e}rences {\`a} des ouvrages actuels, Bruno Latour propose ici une r{\'e}flexion en deux parties (\&laquo;Objets F{\'e}es, objets faits\&raquo; et \&laquo;Trans-frayeurs\&raquo;), qui explore la question de la croyance. Cette r{\'e}flexion prend racine dans une anthropologie sym{\'e}trique des modernes et des civilisations dites primitives.</div><div>\&nbsp;</div><div>Partant du fait que les modernes rejettent le f{\'e}tiche, qu\&rsquo;ils consid{\`e}rent issu d\&rsquo;une croyance na{\"\i}ve {\`a} une force qui nous d{\'e}passe, Latour fait valoir que la raison moderne n\&rsquo;{\'e}chappe cependant pas au f{\'e}tichisme. En retirant {\`a} l\&rsquo;objet de culte son pouvoir transcendantal sur l\&rsquo;{\^e}tre humain, le moderne cherche {\`a} affirmer sa souverainet{\'e}.</div><div>\&nbsp;</div><div>Si nous comparons la cr{\'e}ation d\&rsquo;un f{\'e}tiche {\`a} la recherche scientifique, une continuit{\'e} appara{\^\i}t aussit{\^o}t entre le travail humain et l\&rsquo;objet autonome. Ce que le scientifique {\'e}labore dans son laboratoire acquiert de fait une r{\'e}alit{\'e} qui le d{\'e}passe : en cela, cet \&raquo;\&laquo;objet\&raquo; scientifique n\&rsquo;est donc pas fonci{\`e}rement si diff{\'e}rent du f{\'e}tiche. Pourtant, {\`a} cause des paradigmes qui le guident dans son travail, le scientifique persiste {\`a} croire le contraire et {\`a} maintenir une distinction entre r{\'e}alit{\'e} construite et r{\'e}alit{\'e} objective. Ce faisant, et c\&rsquo;est ce que Latour d{\'e}nonce, il cherche {\`a} briser des f{\'e}tiches, mais n\&rsquo;{\'e}gratigne m{\^e}me pas les siens.</div><div>\&nbsp;</div><div>C\&rsquo;est pr{\'e}cis{\'e}ment en interrogeant les moyens par lesquels la raison moderne parvient {\`a} construire la v{\'e}rit{\'e} scientifique que Latour r{\'e}tablit la n{\'e}cessit{\'e} du f{\'e}tiche par l\&rsquo;interm{\'e}diaire duquel construction et r{\'e}alit{\'e} deviennent synonymes. Puisque l\&rsquo;antif{\'e}tichiste ne peut pas vraiment vivre sans avoir recours {\`a} toutes sortes de r{\'e}parations et de rafistolages, Latour associe les concepts de fait et de f{\'e}tiche pour introduire l\&rsquo;id{\'e}e de \&laquo;faitiche\&raquo;, qu\&rsquo;il d{\'e}finit comme \&laquo;la robuste certitude qui permet {\`a} la pratique de passer {\`a} l\&rsquo;action sans jamais croire {\`a} la diff{\'e}rence entre construction et recueillement, immanence et transcendance\&raquo; (p. 44).</div><div>\&nbsp;</div><div>Quant {\`a} la cr{\'e}ation, elle est principalement sollicit{\'e}e ici par une th{\'e}orie de l\&rsquo;action dont Latour invite {\`a} se rapprocher, puisque, dira-t-il, celle-ci permet de \&laquo;recueillir exactement ce que les cr{\'e}ateurs font en propre, au moment m{\^e}me o{\`u} ils sont l{\'e}g{\`e}rement d{\'e}pass{\'e}s par leurs actions, parce qu\&rsquo;ils sont l{\'e}g{\`e}rement d{\'e}pass{\'e}s par leurs actions\&raquo; (p. 45).</div></div><p>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</p>},
	author = {Bruno Latour}
}
