@book {424,
	title = {Le p{\'e}ch{\'e} d{\textquoteright}{\'e}criture},
	year = {1990},
	pages = {130},
	publisher = {Librairie Jos{\'e} Corti},
	organization = {Librairie Jos{\'e} Corti},
	edition = {En lisant en {\'e}crivant},
	address = {Paris},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>Partant d\&rsquo;une r{\'e}flexion sur l\&rsquo;{\'e}criture et la pri{\`e}re en regard de la question des origines, et sur sa propre n{\'e}cessit{\'e}, le romancier Claude Louis-Combet donne {\`a} lire, dans Le p{\'e}ch{\'e} d\&rsquo;{\'e}criture, une v{\'e}ritable po{\'e}tique du \&laquo;renoncement\&raquo; (p. 35) {\`a} travers une vision du monde empreinte de mysticisme. Les cinq textes de cet ouvrage, {\'e}crits entre 1981 et 1988, participent d\&rsquo;une m{\^e}me {\'e}coute, \&laquo;de ce tremblement de la main qui perp{\'e}tue les origines\&raquo; (p. 9) et qui s\&rsquo;enfante au \&laquo;seuil de l\&rsquo;absence\&raquo; (p. 30). En cela, l\&rsquo;{\'e}criture se donne {\`a} entendre {\`a} travers la question de la n{\'e}gativit{\'e}, elle est le lieu d\&rsquo;une qu{\^e}te o{\`u} il s\&rsquo;agit de faire retour sur ce qui est enfoui, sur \&laquo;ce qui s\&rsquo;enfonce et se dissimule, [sur] ce qui hante le dedans\&raquo; (p. 11). Mais plus encore, l\&rsquo;{\'e}criture est, pour Louis-Combet, ce \&laquo;buissonnement d\&rsquo;affinit{\'e}s qui associent l\&rsquo;enfance au p{\'e}ch{\'e} et le p{\'e}ch{\'e} {\`a} l\&rsquo;impossibilit{\'e} de l\&rsquo;expression en m{\^e}me temps qu\&rsquo;{\`a} sa n{\'e}cessit{\'e}\&raquo; (p. 92).</div><div>\&nbsp;</div><div>De l{\`a}, l\&rsquo;{\'e}crivain, que l\&rsquo;auteur ne nomme jamais en tant que tel, pr{\'e}f{\'e}rant des expressions comme le \&laquo;ma{\^\i}tre des mots\&raquo; (p. 72) ou encore \&laquo;l\&rsquo;homme-au-texte\&raquo; (p. 102), est condamn{\'e} {\`a} utiliser la formule du comme si pour s\&rsquo;approcher le plus pr{\`e}s possible de ce qu\&rsquo;il veut dire. Or, c\&rsquo;est dans le cinqui{\`e}me texte, \&laquo;Le sens du comme si\&raquo;, qui r{\'e}sume en quelque sorte tout le propos de l\&rsquo;ouvrage, que Louis-Combet explore {\`a} travers les th{\`e}mes du cri et du silence, de l\&rsquo;absence et de la pr{\'e}sence, de la distance et de la proximit{\'e}, cette tension entre l\&rsquo;impossibilit{\'e} et la n{\'e}cessit{\'e} de dire. Dans ce texte, il affirme : \&laquo;il y a quelque chose qui ne peut {\^e}tre dit et c\&rsquo;est la seule chose qui soit {\`a} dire\&raquo; (p. 104). En somme, {\'e}crire pose la question du destinateur {\`a} travers le comme si puisque, pour l\&rsquo;auteur, le p{\'e}ch{\'e} d\&rsquo;{\'e}criture consiste pr{\'e}cis{\'e}ment {\`a} s\&rsquo;adresser {\`a} quelqu\&rsquo;un alors qu\&rsquo;il n\&rsquo;y a personne derri{\`e}re le texte, sinon l\&rsquo;absence de quelque chose.</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>Pour Claude Louis-Combet, \&laquo;d{\`e}s lors que l\&rsquo;{\'e}criture interroge ce qui la fonde, il y a tout lieu de croire qu\&rsquo;elle n\&rsquo;en finira jamais de scruter le point de vacance d\&rsquo;o{\`u} elle surgit et qui constitue, depuis le commencement, son seul objet et sa seule raison\&raquo; (p. 53). Ainsi, c\&rsquo;est {\`a} travers une vision de l\&rsquo;{\'e}criture qui s\&rsquo;{\'e}prouve dans et par l\&rsquo;acte m{\^e}me d\&rsquo;{\'e}crire qu\&rsquo;il questionne, dans Le p{\'e}ch{\'e} d\&rsquo;{\'e}criture, les origines du texte en regard de paradoxes qui consistent {\`a} vouloir parler du silence, {\`a} {\'e}crire l\&rsquo;absence et, en somme, {\`a} vouloir \&laquo;{\'e}difier une {\oe}uvre sur ce qui la nie et la d{\'e}vore\&raquo; (p. 54). En ce sens, contrairement {\`a} la pri{\`e}re qui r{\'e}concilie, si l\&rsquo;{\'e}criture \&laquo;se peut, c\&rsquo;est pour souligner la division, la distance, la diff{\'e}rence, le d{\'e}saccord, l\&rsquo;incompatibilit{\'e}, l\&rsquo;impuissance et la dysharmonie\&raquo; (p. 34). En quelque sorte, c\&rsquo;est dire que l\&rsquo;{\'e}crit \&laquo;exprime non seulement ce qui n\&rsquo;est plus mais ce qui n\&rsquo;a jamais pu {\^e}tre\&raquo; (p. 22), {\'e}chouant sans cesse {\`a} dire autre chose que le vide et l\&rsquo;absence.</div><div>\&nbsp;</div><div>De fait, l\&rsquo;{\'e}criture est non seulement, pour Louis-Combet, le lieu de cette impossibilit{\'e} de dire \&laquo;qui ne dit rien de plus que l\&rsquo;incapacit{\'e} de vivre\&raquo; (p. 107), mais elle est {\'e}galement le lieu de cette n{\'e}cessit{\'e} d\&rsquo;expression qui, malgr{\'e} tout, assure un fondement {\`a} l\&rsquo;{\^e}tre humain, au lecteur comme au scripteur. Renvoyant sans cesse {\`a} la question des origines \&laquo;d\&rsquo;o{\`u} proc{\'e}derait toute la phrase, en son rythme comme en la suite des mots dont elle est faite comme en la suite des textes o{\`u} elle s\&rsquo;accomplit\&raquo; (p. 87), l\&rsquo;{\'e}criture s\&rsquo;inscrit au c{\oe}ur de ce mouvement qui fait sans cesse retour sur lui-m{\^e}me et sur ce qui l\&rsquo;{\'e}veille {\`a} sa propre sensibilit{\'e}. Mais surtout, ce que l\&rsquo;{\'e}criture r{\'e}v{\`e}le, dans \&laquo;ce mouvement de spirale\&raquo; (p. 86) qui attire l\&rsquo;{\'e}crivain vers son propre c{\oe}ur, est cette rupture d\&rsquo;o{\`u} le d{\'e}sir ne peut jaillir que du mot absent et de l\&rsquo;impossibilit{\'e} \&laquo;m{\^e}me de prononcer son propre nom\&raquo; (p. 62).</div><div>\&nbsp;</div><div>Pour Louis-Combet, \&laquo;un mot ou un nom fut jadis ratur{\'e}\&raquo; (p. 19), quelque part au cours de l\&rsquo;enfance, et c\&rsquo;est l\&rsquo;absence de ce mot ou de ce nom que l\&rsquo;{\'e}crivain interroge dans l\&rsquo;{\'e}crit et plus particuli{\`e}rement dans la phrase. Ainsi, la phrase tourne pour l\&rsquo;{\'e}crivain \&laquo;autour d\&rsquo;un point aveugle, d\&rsquo;un mot d\&rsquo;absence entre tous les mots, comme d\&rsquo;un lieu d\&rsquo;origine, proprement innommable et improf{\'e}rable, d\&rsquo;o{\`u} tous les autres mots proc{\'e}deraient\&raquo; (p. 58). Du reste, d{\`e}s lors que les mots n\&rsquo;{\'e}noncent plus que l\&rsquo;absence et le vide, toute approche frontale du texte demeure sans {\'e}cho, d{\'e}risoire. Pour l\&rsquo;{\'e}crivain, il ne reste alors qu\&rsquo;un recours, le comme si. Et cette locution introduit, pour l\&rsquo;auteur, \&laquo;le mouvement de contour et d\&rsquo;approximation qui rend sensible le vide qu\&rsquo;elle se porte {\`a} combler\&raquo; (p. 94), dans le corps du texte, en \&laquo;multipliant les hypoth{\`e}ses, les analogies et les approximations\&raquo; (p. 118).</div><div>\&nbsp;</div><div>En ce sens, le comme si indique un chemin {\`a} suivre, non pas directement, mais par une voie de contournement, et ne peut s\&rsquo;approcher du mot absent \&laquo;qu\&rsquo;{\`a} la condition de pr{\'e}server la distance\&raquo; (p. 121). Or, c\&rsquo;est pr{\'e}cis{\'e}ment {\`a} travers cette distance que Louis-Combet en vient {\`a} rendre compte d\&rsquo;une v{\'e}ritable {\'e}thique du \&laquo;renoncement\&raquo; (p. 35), qui repose {\`a} la fois sur un travail de d{\'e}racinement et de d{\'e}sappropriation. L\&rsquo;{\'e}crivain est celui qui renonce {\`a} lancer, par-dessus l\&rsquo;ab{\^\i}me, \&laquo;des passerelles de mots qui jamais n\&rsquo;attein[dront] l\&rsquo;autre c{\^o}t{\'e} du vide\&raquo; (p. 107). De fait, ce travail de renoncement rel{\`e}ve, chez Louis-Combet, tant d\&rsquo;une posture esth{\'e}tique de l\&rsquo;ordre de la \&laquo;censure subjective\&raquo; (p. 112) que d\&rsquo;une attitude envers l\&rsquo;{\'e}criture. Car, pour reprendre ses mots, peut-{\^e}tre faut-il \&laquo;avoir le courage de renoncer {\`a} l\&rsquo;{\'e}criture pour commencer {\`a} vivre autrement ?\&raquo; (p. 124)</div><div>\&nbsp;</div></div><p>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</p>},
	author = {Claude Louis-Combet}
}
