@book {426,
	title = {Marcher {\`a} l{\textquoteright}{\'e}criture. Le{\c c}ons de Francfort},
	year = {1991},
	pages = {178},
	publisher = {Actes sud},
	organization = {Actes sud},
	edition = {Lettres allemandes},
	address = {Arles},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>Divis{\'e} en cinq chapitres, Marcher {\`a} l\&rsquo;{\'e}criture regroupe les textes des conf{\'e}rences que Paul Nizon a donn{\'e}es en 1984, alors qu\&rsquo;il {\'e}tait invit{\'e} par l\&rsquo;Universit{\'e} de Francfort {\`a} enseigner, pendant un an, la po{\'e}tique. Ce fut pour lui \&laquo;l\&rsquo;occasion de r{\'e}fl{\'e}chir {\`a} [s]on exp{\'e}rience d\&rsquo;{\'e}criture et de la filtrer, non pas pour en donner [...] une d{\'e}finition concluante, mais pour dresser un bilan provisoire\&raquo; (p. 11). Au centre de ses r{\'e}flexions se retrouve ainsi le th{\`e}me de \&laquo;l\&rsquo;interaction entre la vie et l\&rsquo;{\'e}criture, l\&rsquo;{\'e}criture et la vie\&raquo; (p. 11), th{\`e}me qui rejoint non seulement le titre de l\&rsquo;ouvrage, comme il le souligne, mais qui semble {\'e}galement organiser toute la r{\'e}flexion de Nizon autour de la notion de marche. Pr{\'e}sent{\'e}s comme autant de phases du processus cr{\'e}ateur, les cinq chapitres tracent le parcours de l\&rsquo;auteur, qui va des sources et des lectures marquantes {\`a} l\&rsquo;{\'e}nonciation d\&rsquo;une po{\'e}tique, en passant par \&laquo;l\&rsquo;incubation\&raquo; (p. 103) de l\&rsquo;{\oe}uvre et l\&rsquo;{\'e}criture proprement dire.</div><div>\&nbsp;</div><div>Ce que nous pr{\'e}sente Paul Nizon, dans cet ouvrage, c\&rsquo;est en quelque sorte son travail d\&rsquo;atelier, {\'e}laborant du m{\^e}me coup la gen{\`e}se de son propre parcours romanesque jusqu\&rsquo;{\`a} L\&rsquo;Ann{\'e}e de l\&rsquo;amour (1985), aboutissement de plus de dix ann{\'e}es d\&rsquo;{\'e}criture qui n\&rsquo;auraient constitu{\'e} qu\&rsquo;un travail pr{\'e}liminaire. C\&rsquo;est dire que les {\oe}uvres pr{\'e}c{\'e}dentes de Nizon, qu\&rsquo;il s\&rsquo;agisse de Stolz, de Chien, de Canto ou d\&rsquo;Immersion, pr{\'e}figurent L\&rsquo;ann{\'e}e de l\&rsquo;amour et portent en elles ce mouvement qu\&rsquo;est la marche de l\&rsquo;{\'e}criture. En ce sens, l\&rsquo;auteur pr{\'e}cise qu\&rsquo;{\`a} travers les livres, c\&rsquo;est sa vie qu\&rsquo;il {\'e}crit, qu\&rsquo;il se \&laquo;l\&rsquo;{\'e}cri[t] de livre en livre\&raquo; (p. 174) Bref, Marcher {\`a} l\&rsquo;{\'e}criture trace les grandes lignes d\&rsquo;une po{\'e}tique dont l\&rsquo;exigence et le but seraient pour l\&rsquo;{\'e}crivain de parvenir {\`a} construire sa r{\'e}alit{\'e} par une fiction et, avec des mots, \&laquo;de conf{\'e}rer de la vie {\`a} son propre r{\^e}ve. Le souffle de la vie\&raquo; (p. 178).</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>Parce que l\&rsquo;{\'e}criture est pour Paul Nizon un moyen de se conna{\^\i}tre et de comprendre le monde, d\&rsquo;avoir acc{\`e}s {\`a} ses zones obscures, il n\&rsquo;h{\'e}site pas {\`a} int{\'e}grer {\`a} ses Le{\c c}ons de Francfort diverses formes d\&rsquo;{\'e}criture. Ainsi, l\&rsquo;auteur r{\'e}fl{\'e}chit, {\`a} travers des {\'e}crits anciens et nouveaux, des passages de roman, des nouvelles publi{\'e}es ant{\'e}rieurement, des extraits de son carnet et m{\^e}me une demande de bourse et quelques photographies, {\`a} la n{\'e}cessit{\'e} et {\`a} l\&rsquo;exigence de l\&rsquo;{\'e}criture dans le d{\'e}veloppement de sa pens{\'e}e et l\&rsquo;{\'e}laboration de son {\oe}uvre. Nizon d{\'e}gage de cette r{\'e}flexion ce qui constitue en fait la vis{\'e}e des le{\c c}ons de Francfort ; les diff{\'e}rentes phases de son travail cr{\'e}ateur lui donnent la possibilit{\'e} d\&rsquo;exposer sa vision de l\&rsquo;art et de l\&rsquo;{\'e}criture et, en quelque sorte, son \&laquo;art po{\'e}tique\&raquo;.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>La premi{\`e}re phase consiste donc {\`a} prendre des notes, {\`a} \&laquo;[s]e d{\'e}gourdir la plume\&raquo; (p. 99). C\&rsquo;est ce qu\&rsquo;il nomme l\&rsquo;\&laquo;{\'e}criture d\&rsquo;{\'e}chauffement\&raquo; (p. 101) ou l\&rsquo;{\'e}criture \&laquo;{\`a} l\&rsquo;aveuglette\&raquo; (p. 119). Cette pratique rejoint celle de Robert Walser, l\&rsquo;une des deux figures marquantes pour le jeune Nizon, l\&rsquo;autre {\'e}tant Van Gogh, qui soutenait qu\&rsquo;il est possible d\&rsquo;{\'e}crire \&laquo;m{\^e}me sans id{\'e}es ni contenus, sans message, voire sans th{\'e}matique notable\&raquo; (p. 16). Apr{\`e}s l\&rsquo;accumulation des notes, la deuxi{\`e}me phase s\&rsquo;amorce. Il s\&rsquo;agit de la p{\'e}riode d\&rsquo;incubation durant laquelle la mati{\`e}re se raffine et o{\`u} le livre commence {\`a} {\'e}merger, {\`a} prendre forme. Passant du plan {\`a} la m{\'e}thode, Paul Nizon d{\'e}finit alors l\&rsquo;{\'e}criture comme la \&laquo;m{\'e}tamorphose en un organisme langagier autonome\&raquo; (p. 146), du mat{\'e}riau que l\&rsquo;auteur \&laquo;[a] en m{\'e}moire\&raquo; (p. 131) jusqu\&rsquo;{\`a} ce qu\&rsquo;il trouve sa forme. Tout le travail semble ainsi d{\'e}terminer la distance que doit prendre l\&rsquo;{\'e}crivain pour {\'e}crire, la posture qui lui permettrait de cr{\'e}er le \&laquo;sentiment de la vie condens{\'e} dans une langue musicale\&raquo; (p. 149-150).</div><div>\&nbsp;</div><div>Par ailleurs, la question des lieux est centrale dans la pratique de Nizon. En effet, son arriv{\'e}e {\`a} Paris, ville mythique et stimulante, marque un tournant dans son existence. L\&rsquo;{\'e}crivain y occupe une \&laquo;chambre-alv{\'e}ole\&raquo; (p. 137), un espace de travail, \&laquo;cellule d\&rsquo;un processus de cr{\'e}ation\&raquo; (p. 107). Or, la solitude de la chambre pourrait l\&rsquo;amener {\`a} se couper de la vie, mais chez Nizon, l\&rsquo;{\'e}criture et la vie interagissent, la vie influen{\c c}ant les livres autant que les livres influencent la vie. Incompatibles au d{\'e}part, vie et art finissent par se rejoindre pour cr{\'e}er une \&laquo;troisi{\`e}me dimension\&raquo; (p. 49) permettant de mieux comprendre l\&rsquo;une et l\&rsquo;autre.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>En somme, Paul Nizon effectue, dans cet ouvrage, un v{\'e}ritable travail de g{\'e}n{\'e}tique sur ses propres textes afin de comprendre comment ils se sont \&laquo;d{\'e}cid{\'e}s\&raquo; d\&rsquo;eux-m{\^e}mes pour aboutir lentement {\`a} L\&rsquo;Ann{\'e}e de l\&rsquo;amour. L\&rsquo;enjeu de sa r{\'e}flexion \&mdash;r{\'e}flexion qui suit d\&rsquo;ailleurs un parcours {\'e}volutif, une marche {\`a} l\&rsquo;{\'e}criture\&mdash; est de comprendre comment le mat{\'e}riau autobiographique devient fiction. Comment \&laquo;[u]n mat{\'e}riel de confession, autobiographique {\`a} tout point de vue, travers{\'e} de passages compliqu{\'e}s et r{\'e}flexifs, [peut] op{\'e}rer cette m{\'e}tamorphose, de sorte {\`a} se d{\'e}tacher d\&rsquo;un fond \&ldquo;sanglant\&rdquo; et, en tant que pure invention ou cr{\'e}ation, acc{\'e}der {\`a} une seconde vie\&raquo; (p. 145) ? Nizon soutient enfin \&mdash;et il n\&rsquo;est pas le seul\&mdash; que le moi serait le th{\`e}me unique de l\&rsquo;{\'e}crivain et de l\&rsquo;{\'e}criture. Malgr{\'e} le caract{\`e}re autobiographique de ses livres, il pr{\'e}cise que son travail rel{\`e}ve de la fiction et non du journal ou de l\&rsquo;autobiographie, mais le terme appropri{\'e} serait peut-{\^e}tre autofiction puisque, apr{\`e}s tout, Nizon se qualifie lui-m{\^e}me de \&laquo;fictionnaire autobiographique\&raquo; (p. 173).</div></div><p>\&nbsp;</p><p>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</p>},
	author = {Paul Nizon}
}
