@book {433,
	title = {L{\textquoteright}{\'e}criture ou la vie},
	year = {1997},
	pages = {189},
	publisher = {Gallimard},
	organization = {Gallimard},
	edition = {Folio},
	address = {Paris},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>L\&rsquo;{\'e}criture ou la vie rend compte de la lutte d\&rsquo;un {\'e}crivain pour la vie, pour l\&rsquo;{\'e}criture ; vie et {\'e}criture r{\'e}unies par l\&rsquo;exp{\'e}rience de la mort qu\&rsquo;elles partagent depuis la lib{\'e}ration de Semprun du camp de concentration de Buchenwald, le 11 avril 1945, jusqu\&rsquo;{\`a} la publication de L\&rsquo;{\'e}criture ou la vie, pr{\`e}s d\&rsquo;un demi-si{\`e}cle plus tard. Le r{\'e}cit de Semprun se situe au-del{\`a} de l\&rsquo;autobiographie dans la mesure o{\`u}, pour l\&rsquo;auteur, la v{\'e}rit{\'e} essentielle du t{\'e}moignage ne peut passer que par l\&rsquo;{\'e}criture litt{\'e}raire, par la fiction, c\&rsquo;est-{\`a}-dire par \&laquo;l\&rsquo;artifice d\&rsquo;un r{\'e}cit ma{\^\i}tris{\'e}\&raquo; (p. 26).\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Mais l\&rsquo;{\'e}criture n\&rsquo;exorcise pas la mort, elle renvoie au contraire la m{\'e}moire au pass{\'e}. Aussi, Semprun, ancien {\'e}tudiant en philosophie du lyc{\'e}e Henri-IV {\`a} Paris, po{\`e}te d\&rsquo;origine espagnole et r{\'e}sistant communiste envoy{\'e} en d{\'e}tention, tente, par le biais de ce r{\'e}cit, de faire partager son exp{\'e}rience individuelle de la mort, qui n\&rsquo;a pas tant fait de lui un rescap{\'e} qu\&rsquo;un \&laquo;revenant\&raquo; (p. 27). Car, une fois libre, Semprun a d{\^u} choisir entre l\&rsquo;{\'e}criture ou la vie, entre la strat{\'e}gie de survie qu\&rsquo;offrait l\&rsquo;oubli et le douloureux voyage dans la m{\'e}moire qu\&rsquo;exigeait l\&rsquo;{\'e}criture. Il optera d\&rsquo;abord pour la vie, une cure de silence, abandonnant un projet d\&rsquo;{\'e}criture qui l\&rsquo;aurait replong{\'e} dans l\&rsquo;atmosph{\`e}re des camps. Cela lui a permis de m{\'e}taboliser l\&rsquo;horreur et d\&rsquo;engager un travail sur la m{\'e}moire qui se traduira dans l\&rsquo;{\oe}uvre {\`a} venir par une structure baroque faite d\&rsquo;ellipses, d\&rsquo;analepses et de prolepses. Dans un tissage de divers r{\'e}seaux de signifiance, L\&rsquo;{\'e}criture ou la vie interroge l\&rsquo;{\'e}criture et la vie au seuil de la mort, du d{\'e}sespoir et de l\&rsquo;angoisse.</div><p>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</p><div>Ce n\&rsquo;est que seize ans apr{\`e}s sa lib{\'e}ration du camp de concentration de Buchenwald que Jorge Semprun trouvera la force et le courage non seulement de plonger dans sa m{\'e}moire et de revivre le pass{\'e}, mais encore de r{\'e}affronter la mort {\`a} travers l\&rsquo;{\'e}criture. En ce sens, L\&rsquo;{\'e}criture ou la vie t{\'e}moigne de cette distance et de la corr{\'e}lation entre la volont{\'e} de dire la vie et la volont{\'e} de taire la mort \&mdash;que l\&rsquo;on retrouvera d\&rsquo;ailleurs dans les enjeux {\'e}thiques et esth{\'e}tiques de l\&rsquo;{\oe}uvre\&mdash; dont est impr{\'e}gn{\'e} celui qui a c{\^o}toy{\'e} de trop pr{\`e}s l\&rsquo;inimaginable. Car, comme l\&rsquo;{\'e}crit Semprun, \&laquo;ce n\&rsquo;{\'e}tait pas la r{\'e}alit{\'e} de la mort, soudain rappel{\'e}e, qui {\'e}tait angoissante. C\&rsquo;{\'e}tait le r{\^e}ve de la vie, m{\^e}me paisible, m{\^e}me rempli de petits bonheurs. C\&rsquo;{\'e}tait le fait d\&rsquo;{\^e}tre vivant, m{\^e}me en r{\^e}ve, qui {\'e}tait angoissant\&raquo; (p. 24). Aussi, pendant seize ans il pr{\'e}f{\'e}ra l\&rsquo;oubli, seule mani{\`e}re selon lui de survivre {\`a} l\&rsquo;enfer nazi.</div><div>\&nbsp;</div><div>Pour Semprun, la difficult{\'e} est de parvenir {\`a} rendre l\&rsquo;essentiel de l\&rsquo;exp{\'e}rience des camps de concentration sans faire du reportage, d\&rsquo;{\^e}tre entendu sans tomber dans le fait v{\'e}cu ou le t{\'e}moignage. Pour r{\'e}pondre {\`a} cette difficult{\'e}, qui forme en quelque sorte la trame du livre, Semprun articule toute sa r{\'e}flexion autour de deux approches distinctes : la premi{\`e}re, philosophique et la seconde, artistique. D\&rsquo;abord, {\`a} la suite de Kant, il r{\'e}fl{\'e}chit au concept de Mal radical (das radikal B{\"o}se) o{\`u}, pour reprendre les paroles de Malraux, il faut aller chercher au-del{\`a} de l\&rsquo;horreur \&laquo;la r{\'e}gion cruciale de l\&rsquo;{\^a}me o{\`u} le Mal absolu s\&rsquo;oppose {\`a} la fraternit{\'e}\&raquo; (p. 75). Dans cette entreprise de r{\'e}flexion sur la condition humaine et sur l\&rsquo;exp{\'e}rience de la mort, l\&rsquo;ancien {\'e}tudiant de philosophie s\&rsquo;inspire des lectures de plusieurs penseurs et hommes de lettres, tels Husserl, Heiddeger, Hegel, Nietzsche et Goethe.</div><div>\&nbsp;</div><div>Ensuite, Semprun tente de parvenir \&laquo;{\`a} cette substance, {\`a} cette densit{\'e} transparente que [poss{\`e}dent] ceux qui sauront faire de leur t{\'e}moignage un objet artistique, un espace de cr{\'e}ation\&raquo; (p. 25-26). Car si, selon lui, l\&rsquo;exp{\'e}rience des camps demeure invivable en elle-m{\^e}me et in{\'e}narrable en tant que telle, elle n\&rsquo;est pas pour autant indicible et c\&rsquo;est pr{\'e}cis{\'e}ment l{\`a} que cette exp{\'e}rience, dans l\&rsquo;{\'e}criture, pose les questions de la densit{\'e}, mais aussi de la substance o{\`u} \&laquo;[s]eul l\&rsquo;artifice d\&rsquo;un r{\'e}cit ma{\^\i}tris{\'e} parviendra {\`a} transmettre partiellement la v{\'e}rit{\'e} du t{\'e}moignage\&raquo; (p. 26). Une v{\'e}rit{\'e} qui, m{\^e}me partielle, passe in{\'e}vitablement par le travail esth{\'e}tique, par la cr{\'e}ation, par la mise en forme du r{\'e}cit, puisque \&laquo;[l]\&rsquo;autre genre de compr{\'e}hension, la v{\'e}rit{\'e} essentielle de l\&rsquo;exp{\'e}rience, n\&rsquo;est pas transmissible. Ou plut{\^o}t, elle ne l\&rsquo;est que par l\&rsquo;{\'e}criture litt{\'e}raire\&raquo; (p. 167).\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Ce choix litt{\'e}raire am{\`e}ne donc l\&rsquo;auteur {\`a} adopter des points de vue qui lui permettent de s\&rsquo;extraire du r{\'e}cit, de se voir {\`a} distance : \&laquo;[i]l me faut donc un \&ldquo;je\&rdquo; de la narration, nourri de mon exp{\'e}rience mais la d{\'e}passant, capable d\&rsquo;y ins{\'e}rer de l\&rsquo;imaginaire, de la fiction\&raquo; (p. 217). Partant de l{\`a}, Semprun effectue d\&rsquo;incessants allers et retours dans le temps, proc{\'e}d{\'e} qui lui permet de recr{\'e}er le fonctionnement non lin{\'e}aire de la m{\'e}moire, d\&rsquo;effectuer des digressions et de revenir ensuite creuser les {\'e}v{\'e}nements pr{\'e}alablement esquiss{\'e}s. Parce qu\&rsquo;il croit {\`a} la sup{\'e}riorit{\'e} de l\&rsquo;art et {\`a} la possibilit{\'e} de transcender l\&rsquo;exp{\'e}rience par le truchement des {\oe}uvres, Semprun parvient, dans son projet, {\`a} mettre en lumi{\`e}re les rapports entre la m{\'e}moire, la mort et l\&rsquo;{\'e}criture et {\`a} cr{\'e}er un v{\'e}ritable objet artistique.</div><p>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</p>},
	author = {Jorge Semprun}
}
