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 <title>Observatoire de l&#039;imaginaire contemporain - nomadisme</title>
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 <title>De la possibilité de nos cohabitations</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-institution field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; style=&quot;color: #0462c3;&quot;&gt;Université du Québec à Montréal&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Notebook&amp;#039;s Director(s): &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Cyr, Catherine&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Hope, Jonathan&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item clearfix even&quot;&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73539&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Ce cahier résulte d’un maillage qui s’est déployé au fil du trimestre d’hiver 2021, lors duquel Catherine Cyr dirigeait un groupe de recherche, &lt;em&gt;Approches écopoétiques des dramaturgies contemporaines&lt;/em&gt;, et Jonathan Hope animait un séminaire, &lt;em&gt;Littératures animales, minérales et végétales au Québec&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le groupe de recherche invitait les étudiantes et étudiants à examiner, dans le paysage théâtral contemporain, les préoccupations écologiques et environnementales qui déplacent ou réinventent les rapports entre l’humain, la matière et différentes formes de vie. Ces nouvelles dramaturgies textuelles et scéniques proposent des agencements narratifs et sensibles qui désanthropologisent l’imaginaire (Sermon). Ce décentrement, qui peut se lire comme une remise en cause de l’anthropo(s)cène (Barbéris et Dubor), fait éclore des formes d’écriture singulières que nous nous sommes attachés, au sein de ce groupe, à explorer. Le séminaire, quant à lui, assumait une posture interdisciplinaire dans le but de développer une reconnaissance littéraire et sémiotique de l’autre-qu’humain au Québec, à savoir ces entités autopoïétiques (Maturana et Varela) et sympoïétiques (Haraway) comme des animaux, des minéraux, des végétaux, des insectes, des formations géologiques, des conditions météorologiques, ou des écosystèmes. Concrètement, cela impliquait de conjuguer une pluralité d’expressions, autant biosémiotiques que langagières, et de porter attention aux discours artistiques, doxiques, scientifiques, politiques et théoriques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Devant la convergence thématique et théorique de ces activités, et animés par une volonté de collaboration, à plusieurs moments nos étudiantes et étudiants ont travaillé ensemble. Nous avons notamment créé un carnet de recherche sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain: &lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/carnets/ecoecritures-etudes-collaboratives-et-decentrees&quot;&gt;&lt;em&gt;Écoécritures – études collaboratives et décentrées&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. Les étudiantes et étudiants y déposaient des comptes rendus de lectures de même que leurs projets de recherche pour le trimestre; suivait une activité de co-évaluation où chacune, chacun formulait des commentaires dont l’objectif était de dialoguer, de manière réfléchie et constructive, avec les propositions des autres. Deux conférences-discussions communes au groupe de recherche et au séminaire, l’une avec la cinéaste Kim O’Bomsawin, l’autre avec l’artiste interdisciplinaire Maryse Goudreau (&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/conferences/josephine-bacon-dans-loeil-de-kim-obomsawin-ces-mots-qui-appartiennent-a-nutshimit&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://oic.uqam.ca/fr/conferences/conference-discussion-avec-maryse-goudreau-habiter-en-beluga&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), ont également été l’occasion pour nos étudiantes et étudiants de se retrouver et de continuer les échanges.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À la fin du trimestre, nous avons invité nos groupes à poursuivre leur démarche réflexive avec un appel de textes pour le présent Cahier ReMix. Le travail et les rôles se transformaient: les étudiantes et étudiants devenaient autrices et auteurs; la professeure et le professeur s’engageaient dans un travail d’édition; les textes n’étaient plus des travaux produits dans le cadre d’une activité créditée et évaluée, mais des articles d’un numéro thématique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le titre de ce Cahier ReMix est emprunté à un passage de l’ouvrage &lt;em&gt;La peau fragile du monde&lt;/em&gt; de Jean-Luc Nancy où celui-ci réfléchit à notre rapport au temps et à l’altérité en posant le monde comme un tissu cohabitationnel: une surface frêle et mouvante faite de rencontres, de frottements et de coappartenances. En résonance avec cette perspective et avec l’imaginaire des potentialités et pluralités de la cohabitation que celle-ci sous-tend, ce numéro présente deux axes réflexifs. Ceux-ci recouvrent des questions, des perspectives ou des approches qui ont fait saillie et se sont révélées structurantes au fil des échanges entre les groupes. Le premier axe s’attache à la question de &lt;strong&gt;l’habitat&lt;/strong&gt;, entendue de façon élargie. Puisque, comme l’écrit la philosophe Vinciane Despret dans son ouvrage &lt;em&gt;Habiter en oiseau&lt;/em&gt;, «il n’y a aucune manière d’habiter qui ne soit d’abord et avant tout “cohabiter”» (41), les textes réunis sous ce volet proposent des réflexions qui pensent les interrelations avec l’environnement et les présences –animales, végétales, minérales– qui le composent. Chaque contribution présente un cadre conceptuel particulier, souvent érigé au croisement de deux ou de trois approches théoriques distinctes, ce nouage offrant une saisie composite de l’œuvre, de la démarche ou du phénomène observé. D’un texte à l’autre, cependant, reviennent et se font écho certains champs et perspectives théoriques, notamment la philosophie environnementale, l’écocritique, l’écopoétique et les écoféminismes. Diverses idées phares, liées par exemple à la sympoïèse (Haraway), aux poétiques et politiques attentionnelles (Després) ou à nos modalités cohabitationnelles, entre réciprocité et empathies circulantes et croisées (Morizot), sont aussi investies dans plusieurs textes. Semblablement, certaines thématiques, particulièrement celles qui touchent aux frictions entre saccage, soin et réparation du territoire, sont privilégiées dans plus d’une réflexion. À l’image de la pluralité des entretissages du vivant qui se rencontrent dans toute forme d’habitat, les contributions réunies sous cet axe, avec leurs résonances et leurs idées et notions migratrices, composent un paysage réflexif aux multiples maillages, un «jeu de ficelles» (Haraway) où la cohabitation textuelle relève de la complémentarité, du croisement et de l’enchevêtrement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En interrelation avec ce premier axe, un second volet s’attache aux manifestations d’une &lt;strong&gt;perspective désanthropologisante&lt;/strong&gt; dans les arts, les lettres et les conduites interprétatives. Alors que l’article qui clôt ce numéro s’inscrit pleinement sous cet axe, en abordant la possibilité d’un décentrement, voire d’un renversement des points de vue humain et animal, les autres contributions l’investissent de façon transversale ou en filigrane de la réflexion proposée. Ainsi, sans se limiter à porter un regard sur autre chose que de l’humain –et considérer cet autre comme le simple objet d’une représentation– plusieurs des textes mettent de l’avant les propriétés agentives de l’autre-qu’humain, soit leur capacité à produire des effets et des affects (Wyonarski), lesquels sont aussi porteurs et vecteurs de significations multiples. Diversement engagés dans le monde réel ou dans la fiction, le castor, les oiseaux et les orques rencontrés dans les pages qui suivent invitent à un déplacement du regard et à une modulation de nos habitudes attentionnelles et interprétatives. Cette délocalisation engage une prise en compte de l’autre-qu’humain dans l’élaboration de nos réflexions et font des textes, résolument, des espaces de cohabitation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les six contributions réunies ici présentent des formes variées relevant de l’essai, de l’analyse littéraire, de l’analyse théâtrale ou encore de la recherche-création. Elles portent sur des phénomènes, des pratiques, des œuvres littéraires, scéniques et audiographiques. Ce compagnonnage méthodologique et disciplinaire offre des entrées différentes et complémentaires à notre dossier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le numéro s’ouvre avec l’article de Brigitte Léveillé intitulé «Habiter autrement». Cette contribution met de l’avant la dimension utopique de l’habitation, à partir d’une expérience personnelle de l’autrice à la recherche d’un terrain où elle pourra s’établir avec des amies et amis dans une communauté intentionnelle. Ce plan d’habitation alternative et de construction collective est pourtant systématiquement entravé par une série de règlementations issues du Code du bâtiment, de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, d’articles de zonage ou de pratiques et règlements bancaires. Mais inspirée par la téléologie optimiste du marxiste Ernst Bloch, l’autrice nous rappelle que le futur est &lt;em&gt;inventé&lt;/em&gt; au fil de nos expériences. En prenant soin de nos imaginaires, nous pouvons créer les manières d’habiter.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le second article est signé par Jessee Chouinard et titré «Les failles de l’exploitation minière dans &lt;em&gt;117 nord&lt;/em&gt; de Virginie Blanchette-Doucet et &lt;em&gt;Les héritiers de la mine&lt;/em&gt; de Jocelyne Saucier». En conjuguant son analyse de deux romans québécois contemporains avec des informations sur la réalité de l’exploitation minière au Québec aujourd’hui, la chercheuse adopte une perspective écoféministe qui lui permet de détailler les conséquences sociales et environnementales des opérations minières. Les vicissitudes de Maude, la narratrice de &lt;em&gt;117 nord&lt;/em&gt;, et celles de la famille Cardinal, au cœur des &lt;em&gt;Héritiers de la mine&lt;/em&gt;, sont donc intimement liées aux mythes, désirs et angoisses qui informent l’imaginaire minier. La transformation, voire la destruction du territoire dans des opérations minières en Abitibi sont révélatrices, à leurs façons, de nos modes de vie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’atteinte au territoire se trouve également au cœur de l’œuvre théâtrale sur laquelle se penche Geneviève Bélisle dans le troisième texte du cahier: «&lt;em&gt;L’herbe de l’oubli&lt;/em&gt; de Jean-Michel d’Hoop: le théâtre pour repenser les rapports entre l’humain et le monde». La pièce abordée se situe dans l’après-catastrophe de Tchernobyl liée à l’explosion d’un réacteur nucléaire en ex-URSS en 1986. Mobilisant notamment la notion de frontière comme ce qui, à la fois, sépare et unit (Lotman), la chercheuse aborde ici les différentes modalités de cohabitation à l’œuvre dans la pièce: coexistence du passé et du présent, du rêve et du réel, des morts et des vivants, de l’humain et de la marionnette. Dans cet imaginaire de paysage dévasté, elle relève, en réponse à la «crise de la sensibilité» observée par Zhong Mengual et Morizot, les dispositifs théâtraux qui mettent en lumière une cohabitation fondée sur la résilience et sur le partage d’une sensibilité renouvelée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les trois contributions suivantes ménagent une place importante à la présence animale. Dans son article intitulé «Femmes, animaux, forêt et prédation: une lecture écopoétique et écoféministe de &lt;em&gt;If We Were Birds&lt;/em&gt; d’Erin Shields», Esther Laforce analyse la réécriture dramatique du mythe de Philomèle et Procné développée dans sa pièce par la dramaturge canadienne. La figure de l’oiseau, centrale dans l’œuvre, de même que l’imaginaire de la prédation sont convoqués pour déplier un regard écoféministe décliné en diverses ramifications, tant culturelles –critique de la séparation nature/culture, de l’emprise masculine sur les corps féminins et animaux (Adams)– que spécifiquement dramaturgiques. La métamorphose finale des jeunes femmes en oiseau est abordée ici à l’aune de la violence genrée et de la possibilité d’y échapper à travers de nouvelles alliances du vivant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Signé par Erika Leblanc-Belval, le cinquième article du dossier s’intitule «Marcher avec &lt;em&gt;Okinum&lt;/em&gt;». L’autrice privilégie dans ce texte l’analyse créative et la perspective somaesthétique pour rendre compte de son expérience de réception d’un balado élaborée par l’artiste interdisciplinaire Émilie Monnet. Guidée, voire habitée par la présence sonore et textuelle du castor qui imprègne toute l’œuvre audiographique, la chercheuse s’intéresse aux modalités de «l’écoute mobile» (Esclapez) et à ce que cette forme de réception, avec ses diverses strates, engage comme manières d’habiter –de marcher– l’espace. En entrelaçant des fragments tirés de son journal d’écoute avec des réflexions dramaturgiques, Erika Leblanc-Belval compose un essai où se dissolvent les frontières entre l’analytique et le sensible. Ce faisant, à pas mesurés, elle entre en dialogue avec l’imaginaire anishnaabe de même qu’avec les sons, les textures, les voix humaine et animale qui, dans la pièce, s’entretissent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La contribution de Marion Velain est double. En écho avec la contribution précédente, la pièce maîtresse est un balado: «Mer contre terre, son contre vision». Celui-ci est accompagné d’un texte réflexif sur les raisons et les questionnements qui ont motivé l’autrice à explorer sa relation avec l’orque, ce mammifère marin connu pour sa sociabilité et ses compétences de chasse collective. Appuyée sur sa lecture d’Alexandra Morton et de Margaret Grebowicz, la chercheuse interroge son expérience de visiteuse d’oceanariums où des animaux sont tenus en captivité et présentés au public. Forcer l’animal à vivre dans un habitat illusoire en dit long sur nos propres capacités à habiter le monde et sur la considération que nous portons à l’égard de cet art. Par le biais du balado, qui est forcément une expérience auditive, nous sommes conviés à l’écoute de l’animal, et au développement de nos régimes d’attention.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les pratiques et les discours issus des lettres et des sciences humaines à l’égard d’enjeux environnementaux n’ont plus à faire la preuve de leur pertinence. Les enquêtes qui composent ce cahier participent en ce sens à une discussion plus large sur nos modes habitationnels, autant ceux qui existent que ceux qui restent à être inventés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous remercions les participantes et participants aux activités du groupe de recherche et du séminaire qui ont substantiellement contribué à la réflexion, mais qui n’apparaissent pas dans ce cahier: Mélina Cornejo, Syrielle Deplanque, Nathalie Dion, Andréanne Dufour, Camille Garant-Aubry, Pierre-Olivier Gaumond, Diane Gauthier, Olivier Gauvin, Gabriel Lagacé-Courteau, Katherine Marin, Pénélope Ouellet, Yannick Ouellette-Courtemanche, Viviane Payette, Lucie Quévillon, Sabrina Rinfret-Viger, Youssef Sawan, Constance Walton et Élise Warren.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;ADAMS, Carol. J. 2016 [1990]. &lt;em&gt;La politique sexuelle de la viande. Une théorie critique féministe végétarienne&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/em&gt; Trad. de l’anglais par Danielle Petitclerc. Lausanne: L’Âge d’Homme, 357p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BARBÉRIS, Isabelle et Françoise Dubor. 2016. «Après l’anthropo(s)cène: la création à l’ère du post-humain.» &lt;em&gt;&lt;em&gt;Degrés. Revue de synthèse à orientation sémiologique&lt;/em&gt;, &lt;/em&gt;no. 163-164.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BLOCH, Ernst. 1976. &lt;em&gt;&lt;em&gt;Le principe espérance, tome I.&lt;/em&gt; &lt;/em&gt;Trad. de l’allemand par Françoise Wuilmart. Paris, Gallimard, coll. «Bibliothèque de Philosophie», 544p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DESPRET, Vinciane. 2019. &lt;em&gt;&lt;em&gt;Habiter en oiseau&lt;/em&gt;. &lt;/em&gt;Paris: Actes-Sud, coll. «Mondes sauvages», 224p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ESCLAPEZ, Christine. 2014. «La baladodiffusion ou l’écoute comme surgissement du présent.» &lt;em&gt;&lt;em&gt;Intersections.&lt;/em&gt; &lt;/em&gt;Vol. 34, no 1, p.91-111.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GREBOWICZ, Margret. 2017. &lt;em&gt;&lt;em&gt;Whale Song.&lt;/em&gt; &lt;/em&gt;New York: Bloomsbury Publishing, coll. «Object lessons», 152p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HARAWAY, Donna. 2016. &lt;em&gt;&lt;em&gt;Staying with the Trouble: Making Kin in the Chthulucene&lt;/em&gt;. &lt;/em&gt;Durham: Duke University Press, 312p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LOTMAN, Juri. 2005. «On the semiosphere.» Traduit du russe par Wilma Clark. &lt;em&gt;&lt;em&gt;Sign Systems Studies&lt;/em&gt;, &lt;/em&gt;Vol. 33, no. 1, p.205-229.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MATURANA, Humberto, et Francisco Varela. 1980. &lt;em&gt;&lt;em&gt;Autopoiesis and Cognition. The Realization of the Living&lt;/em&gt;. &lt;/em&gt;Dordrecht: Reidel, 141p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MORIZOT, Baptiste. 2019. &lt;em&gt;&lt;em&gt;Manières d’être vivant&lt;/em&gt;. &lt;/em&gt;Paris: Actes-Sud, coll. «Mondes sauvages», 336p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MORTON, Alexandra. 2020. &lt;em&gt;&lt;em&gt;À l’écoute des orques: Ma vie avec les géants de la mer&lt;/em&gt;. &lt;/em&gt;Paris: Hachette Marabout, 375p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;NANCY, Jean-Luc. 2020.&lt;em&gt; &lt;em&gt;La peau fragile du monde. Avec un poème de Jean-Christophe Bailly et une étude de Juan Manuel Garrido.&lt;/em&gt; &lt;/em&gt;Paris: Éditions Galilée, 176p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SERMON, J. (2018). « Les imaginaires écologiques de la scène actuelle. Récits, formes, affects », &lt;em&gt;&lt;em&gt;Théâtre/Public, «États de la scène actuelle: 2016–2017»&lt;/em&gt;, &lt;/em&gt;no 229, p.4-11.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WYONARSKI, Lisa. 2020. &lt;em&gt;&lt;em&gt;Ecodramaturgies: Theatre, Performance and Climate Change&lt;/em&gt;. &lt;/em&gt;London: Palgrave Macmillan, 253p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ZHONG MENGUAL, Estelle et Baptiste Morizot. 2018. «L’illisibilité du paysage: enquête sur la crise écologique comme crise de la sensibilité.» &lt;em&gt;&lt;em&gt;Nouvelle revue d’esthétique&lt;/em&gt;. &lt;/em&gt;Vol. 22, no 2, p.87-96.&lt;/p&gt;

&lt;/div&gt;
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          &lt;a href=&quot;/en/remix/de-la-possibilite-de-nos-cohabitations&quot; title=&quot;De la possibilité de nos cohabitations&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://oic.uqam.ca/sites/oic.uqam.ca/files/styles/carroussel_cahier/public/images/image_page_titre.jpg?itok=56akn3ik&quot; width=&quot;190&quot; height=&quot;105&quot; alt=&quot;Godbout, Gaétane. 2021. Grande muraille.&quot; /&gt;&lt;/a&gt;    &lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Thanks: &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;p&gt;Nous remercions les participantes et participants aux activités du groupe de recherche et du séminaire qui ont substantiellement contribué à la réflexion, mais qui n’apparaissent pas dans ce cahier: Mélina Cornejo, Syrielle Deplanque, Nathalie Dion, Andréanne Dufour, Camille Garant-Aubry, Pierre-Olivier Gaumond, Diane Gauthier, Olivier Gauvin, Gabriel Lagacé-Courteau, Katherine Marin, Pénélope Ouellet, Yannick Ouellette-Courtemanche, Viviane Payette, Lucie Quévillon, Sabrina Rinfret-Viger, Youssef Sawan, Constance Walton et Élise Warren.&lt;/p&gt;

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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Scientific Committee: &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/profils/cyr-catherine&quot;&gt;Cyr, Catherine&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Revision of content: &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Cyr, Catherine&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Content Integration: &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Boilard-Lefebvre, Alexandra&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=4040&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Cyr, Catherine&lt;/a&gt; and &lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=3824&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Jonathan  Hope&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; (ed.). 2022. &lt;a href=&quot;/en/biblio/de-la-possibilite-de-nos-cohabitations&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;De la possibilité de nos cohabitations&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Cahier ReMix, no. 17 (07/2022). Montréal, Université du Québec à Montréal: Figura, le Centre de recherche sur le texte et l&#039;imaginaire. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/remix/de-la-possibilite-de-nos-cohabitations&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/remix/de-la-possibilite-de-nos-cohabitations&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023.&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=De+la+possibilit%C3%A9+de+nos+cohabitations&amp;amp;rft.date=2022&amp;amp;rft.aulast=Cyr&amp;amp;rft.aufirst=Catherine&amp;amp;rft.au=Hope%2C+Jonathan&amp;amp;rft.au=Hope%2C+Jonathan&amp;amp;rft.au=Hope%2C+Jonathan&amp;amp;rft.pub=Figura%2C+le+Centre+de+recherche+sur+le+texte+et+l%26%23039%3Bimaginaire&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al%2C+Universit%C3%A9+du+Qu%C3%A9bec+%C3%A0+Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 14 Jun 2022 14:03:23 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>S&#039;archiver au quotidien</title>
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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Invitée dans le cadre du groupe de recherche Archiver le présent le 16 mars 2017, Sophie Marcotte, professeure titulaire au Département d&amp;#039;études françaises de l&amp;#039;Université Concordia, a donné une conférence intitulée «S&amp;#039;archiver au quotidien».&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Mon, 01 May 2017 13:57:57 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Fictions de la communauté et communautés de la fiction: Antoine Volodine</title>
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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;«Nous sommes dans une société où le discours littéraire ne va plus tout à fait de soi. [...] Les écrivains sont en quelque sorte sommés de se repositionner ou de trouver de nouveaux moyens de légitimation de leur discours [...] à travers, notamment, le genre discursif des entretiens, mais aussi à travers d&amp;#039;autres manifestations. Je m&amp;#039;intéresse plus particulièrement aux rapports de porosité qui existent entre la fiction et la réalité, entre les livres et les médias.»&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Mon, 22 Sep 2014 16:31:43 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Introduction à la géopoétique</title>
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;«Qu&amp;#039;est-ce que la géopoétique? La géopoétique vise à développer un rapport sensible et intelligent à la terre sur laquelle nous vivons, en élaborant une nouvelle manière d&amp;#039;envisager les rapports entre les disciplines artistiques et scientifiques.»&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Mon, 15 Sep 2014 18:53:48 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alice van der Klei</dc:creator>
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 <title>Habiter autrement. Pour nous permettre de rêver –et de tenter– une habitation écologique, solidaire et collective</title>
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;ReMix Notebook: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;De la possibilité de nos cohabitations&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; style=&quot;color: #0462c3;&quot;&gt;Université du Québec à Montréal&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/profils/leveille-brigitte&quot;&gt;Léveillé, Brigitte&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item clearfix even&quot;&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73542&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;on a débâti ce qu’il y avait&lt;br&gt;les clous ont été décrochis donc réutilisés&lt;br&gt;ça a été refait par&lt;br&gt;la gang d’avant&lt;br&gt;qui avait aussi&lt;br&gt;enlevé les clous&lt;br&gt;décrochi les clous&lt;br&gt;remis les clous&lt;br&gt;pis là on espère qu’y vont être là pour un boutte&lt;br&gt;on a réenlevé les clous&lt;br&gt;redécrochi les clous&lt;br&gt;dans des murs qu’on espère solides et durables&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;on y croit&lt;br&gt;on s’est pratiqués&lt;br&gt;on a fait des murs qui tenaient moins bien avant&lt;br&gt;on a appris&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;MAUDE PRUD’HOMME&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_ubbgt03&quot; title=&quot;Tiré d’un documentaire de Moïse Marcoux-Chabot, qui donnait la parole aux membres de la communauté intentionnelle «Le Manoir», située à Saint-Louis, dans la Baie-des-Chaleurs. Cette vidéo a été réalisée dans le cadre d’une levée de fonds de la communauté pour la rénovation d’un bâtiment multifonction. (Marcoux-Chabot, 2014).&quot; href=&quot;#footnote1_ubbgt03&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce texte traitera de l’utopie d’une habitation écologique, solidaire et collective du territoire: pour la réhabiliter, défendre sa nécessité, pour nous convaincre d’en avoir l’audace. Juste avant, un détour par une expérience toute personnelle pour présenter d’où je viens et d’où je parle –à partir de quelle colère, de quelles déceptions, de quels espoirs également. Mon existence est peuplée d’êtres lumineux. Joseph habite dans une roulotte isolée pour l’hiver et réaménagée avec un poêle à bois. Il répète en riant avoir pris sa retraite préventive à l’âge de vingt-quatre ans et est désormais maraîcher dans une communauté intentionnelle&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_z8gpz6w&quot; title=&quot;«Communauté intentionnelle» est à entendre ici selon la définition que lui donne Lyman Tower Sargent: «groups who come together from more than one nuclear family, who choose to live together to enhance shared values or enact a mutually agreed upon purpose.» (Sargent: 15) Ainsi dit, les communautés intentionnelles seraient «des groupes d’individus provenant de plus d’une famille nucléaire, ayant choisi de vivre ensemble pour renforcer des valeurs partagées ou œuvrer vers un objectif duquel ils ont mutuellement convenu.» Je traduis.&quot; href=&quot;#footnote2_z8gpz6w&quot;&gt;2&lt;/a&gt; située en Gaspésie. Marie-Hélène, agricultrice dans une coopérative produisant des paniers bios, construit tranquillement sa mini-maison. Sarah-Jeanne s’est bâti une chambre sur roues, déplaçable à bras comme une brouette. Elle l’a recouverte de plastique transparent pour réaliser son rêve d’enfant de vivre dans une serre; elle en fait une performance artistique. Jeremy habite l’hiver dans un abri forestier sans eau ni électricité, un abri qu’il a lui-même bâti et qu’on appelle affectueusement «&lt;em&gt;le shack&lt;/em&gt;». Il travaille l’été à construire des maisons luxueuses en &lt;em&gt;timber frame&lt;/em&gt; ou en bois rond et dort dans sa boîte de pick-up. Je m’insère dans cette joyeuse troupe de grands enfants, de tendres amis, réfléchissant à rendre habitable une cabane à pêche une fois ma maîtrise terminée. Notre projet est somme toute assez simple: dans sa forme la plus terre-à-terre et immédiate, c’est le désir simple d’avoir un terrain où poser nos habitations mobiles, creuser une toilette sèche et commencer un jardin communautaire. Dans sa forme fantasmée, et de manière non-exhaustive, c’est un grand bâtiment collectif, une cuisine d’été, quelques poules, une coopérative maraîchère pour les intéressé.e.s et une multitude de maisons toutes près les unes des autres, car après tant d’années de colocation nous anticipons avoir besoin d’espaces distincts pour nos noyaux respectifs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce qui est au centre de ce projet, c’est la révolution minuscule et pourtant immense, totale, qui est celle de nos modes de vie, de nos manières concrètes et quotidiennes d’être au monde, au territoire et aux autres formes de vie qui l’habitent. Le projet est de &lt;em&gt;faire communauté&lt;/em&gt;, et cette communauté est à entendre dans ses élargissements, dans une conception du commun qui inclut le végétal, l’animal et le minéral –et favorise en tout le vivant&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_s2bete6&quot; title=&quot;Lorsque je dis favoriser le vivant, j’ai en tête cette nuance apportée par les auteures de «A manifesto for abundant futures»: «The concept of promoting life differs considerably from a core aspect of sustainability and earth systems science, which focuses on figuring out the limits to development or the extent to which ecosystems may be degraded before ecological function is impaired or beyond repair.» (Collard et al.: 327) En français: «Le concept de promotion de la vie diffère considérablement d&#039;un aspect fondamental de la durabilité et de la science des systèmes terrestres, qui se concentre sur la détermination des limites du développement ou de la mesure dans laquelle les écosystèmes peuvent être dégradés avant que la fonction écologique ne soit altérée ou irréparable.» Je traduis.&quot; href=&quot;#footnote3_s2bete6&quot;&gt;3&lt;/a&gt;. L’objectif n’est pas, comme l’agriculturisme le fait, de reconduire une vision mythifiée de cette vie à la campagne, de la présenter comme un retour aux racines et à une tradition perdue. L’objectif est simplement de tendre vers une habitation communautaire, solidaire, éthique et responsable du territoire. La question est: comment concevoir cet acte de création qu’est celui d’une redéfinition de nos manières d’habiter? Je dis acte de création, car si ces modes de vie existent déjà –nous ne sommes assurément pas les seuls ni les premiers à rêver d’une conception du commun plus grande, ces configurations alternatives ont fait état de leurs réussites nombreuses comme de leurs échecs–, il s’agit tout de même d’inventer, à notre échelle une réalité quotidienne qui n’existe pas encore à nos yeux et pour nos corps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, les règlementations de zonage et de construction, initialement mises en place de manière bienveillante, pour permettre aux résidents de vivre dans des habitations salubres et sécuritaires –réduire leur précarité, en somme– sont extrêmement rigides et rendent toute entreprise d’auto-construction ou d’habitation alternative du territoire (roulotte, mini-maison) complexe, voire illégale. La &lt;em&gt;Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles&lt;/em&gt;, sous couvert de la noble et nécessaire mission de protéger nos terres agricoles de la spéculation, restreint les possibilités. Le marché immobilier est féroce; nos offres d’achat sont systématiquement surclassées. Dans la plupart des municipalités, il est absolument interdit de poser plus d’une roulotte sur un terrain et encore, c’est à condition de ne pas y habiter à l’année et d’avoir construit, sur le même terrain, une maison entendue dans son sens le plus traditionnel. C’est sans parler des restrictions sur le nombre et la taille d’abris forestiers permis sur un terrain boisé. Et que ferons-nous si nous souhaitons être cinq, être six, être nombreux et surtout très près les uns des autres? Bref, j’écris à partir de la difficulté éprouvée à mettre en place des formes de vie collectives dans cette multitude de «grande maison unifamiliale à vendre dans un décor champêtre&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_mzeeuem&quot; title=&quot;Tiré indistinctement de Centris, Du Proprio, Proprio Direct, La Capitale: tous du pareil au même.&quot; href=&quot;#footnote4_mzeeuem&quot;&gt;4&lt;/a&gt;» que les gens s’arrachent et qui sont, de toute manière, bien trop petites pour accueillir nos familles élargies.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’une manière paradoxale, ces mêmes règlementations mises en place pour restreindre la précarité nous y contraignent: je pense au fait que la propriété devient peu à peu inaccessible, je pense à la vulnérabilité des locataires, à la crise du logement, aux évictions, aux campements de fortune, à un ami qui avait reçu la permission d’installer sa roulotte dans le stationnement privé d’une station de ski, mais qui, suite à des appels répétés de résidents des condos avoisinants, s’est vu obligé de se déplacer dans un dépotoir. Je pense à &lt;em&gt;Nomadland&lt;/em&gt;, cette enquête journalistique menée par Jessica Bruder sur les &lt;em&gt;vandwellers&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_jz2624c&quot; title=&quot;Mode de vie qui consiste à vivre, à temps partiel ou à temps plein, dans un véhicule ayant été, la plupart du temps, modifié (lit et cuisinette aménagés, toilettes rudimentaires, batteries, panneaux solaires, etc.)&quot; href=&quot;#footnote5_jz2624c&quot;&gt;5&lt;/a&gt; aux États-Unis qui, par nécessité plus souvent que par choix, se sont lancés sur la route suite à la crise financière de 2008. Sans adresse fixe et sans aucune sécurité d’emploi, ces nouveaux nomades habitent dans un véhicule qui leur permet de se déplacer d’un contrat à un autre: vans, camping-cars d’occasion, bus, campeurs, berlines. Je pense finalement à cette forme de précarité particulière et toute personnelle qui est celle d’être toujours entre deux déménagements, de n’être nulle part chez soi, constamment ballotée, déracinée&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_k3501ao&quot; title=&quot;Je dis que cette forme de précarité est toute personnelle, certes, mais il convient de reconnaître que cette manière d’habiter le territoire, inscrite sous le signe de la mobilité, est somme toute répandue. Dans son ouvrage «Les néo-nomades», Yasmine Abbas pose la mobilité (Zygmunt Bauman dirait, la «liquidité») comme une caractéristique indissociable de notre modernité. Elle regroupe sous le terme «néo-nomades» les roadwarriors (expression désignant les travailleurs obligés d’être fréquemment sur la route, les représentants du commerce par exemple), les migrants, les nomades numériques, les réfugiés et les touristes, tous ces gens qui, de manière délibérée ou non, sont constamment en transition. Cette mobilité comporte de nombreux avantages, certes. Mais il faut reconnaître qu’il s’y joue également des déracinements à répétition et un gaspillage monstre des ressources: multiplication des moyens de transports, location d’entrepôts de stockage, utilisation compulsive des technologies et de denrées à usage unique, etc. Suivant le chemin de pensée de Yasmine Abbas, ajoutons à cette liste non-exhaustive tout le stress généré par l’instabilité que ces modes de vie supposent et il apparaît rapidement qu’«aller d’un lieu à un autre n’est pas aussi simple» (14), que «la mobilité nous coûte.» (14) Pour la chercheure, «la question de l’attachement et de l’adhérence aux espaces […] est au cœur de la problématique actuelle du néo-nomadisme.» (32), l’intensification de la mobilité ayant radicalement transformé le rapport de l’individu au territoire. Dans ce contexte de mobilité sans précédent et de précarité accrue se joue donc quelque chose qui pourrait s’apparenter à une problématique de l’habitation ou, à tout le moins, une invitation à nous reposer cette question fondamentale qui est celle de notre rapport à l’espace. Comment habiter alors que nous sommes constamment en mouvement, et de passage?&quot; href=&quot;#footnote6_k3501ao&quot;&gt;6&lt;/a&gt;. Quoi qu’il en soit, je ne veux pas parler de la précarité de ces modes de vie avec apitoiement et misérabilisme. Je suis simplement en colère qu’il existe si peu d’espaces pour vivre collectivement, si peu d’ouvertures.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette réalité, toute faite de règlementations dissuasives et d’embûches institutionnelles, nous astreint, les membres de ma communauté et moi, à une forme de solitude. Elle nous tient à distance d’un territoire à aimer, nous tient à distance de tous ceux (végétaux, animaux) qui l’habiteraient avec nous. Elle nous empêche de créer des relations significatives avec des arbres que nous verrions grandir, avec des légumes que nous ferions pousser, des poules que nous aurions dans nos cours, des relations qui, comme le précise Maria Puig de la Bellacasa, ne seraient pas réductibles à une fonction utilitaire, «mais viendraient graduellement transformer la manière dont nous ressentons, pensons et nous engageons avec nos principes et nos idées.» (146) Cette précarité donc nous coupe de ces liens et de ces gestes qui généreraient du commun, car générer du commun est bel et bien une action, un processus. Dans leur livre &lt;em&gt;Commun&lt;/em&gt;, Pierre Dardot et Christian Laval nous le rappellent: il s’agit d’une forme de l’agir, «c’est &lt;em&gt;seulement&lt;/em&gt; l’activité pratique des hommes qui peut rendre les choses communes.» (49) Dire «tous peuvent faire usage de cette terre, cette maison, ce jardin» ne suffit pas; encore faut-il jardiner ensemble, manger ensemble, encore faut-il réellement habiter et partager ce vaste territoire avec nos amies et nos amis, nos familles, avec les marmottes, castors, lièvres, voisins inattendus et partenaires de nos expériences agricoles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est à partir de cette situation que j’écris. J’écris à partir de la déception de voir nos projets d’habitation écologique et collective se buter sans cesse à des obstacles absurdes; j’écris habitée d’une saine colère face à ces incongruités, ces incohérences, et c’est d’un refus de me résigner que naît le présent projet, d’un besoin de revendiquer ma posture et mes désirs comme valides alors même qu’ils ne cessent d’être déçus. Pour ce faire, et aussi pour ne pas me laisser décourager par ceux qui disent que de tels projets sont naïfs, je souhaite défendre ici la pertinence des visions utopiques. Je souhaite avancer que les visions utopiques sont d’une nécessité fondamentale pour &lt;em&gt;mettre en mouvement&lt;/em&gt;, pour engager les esprits et les corps, les mains, dans la poursuite d’une aventure de laquelle nous ressortirons, il est vrai, peut-être écorchés et ternis, mais nous le sommes déjà si nous ne tentons rien. Peut-on imaginer d’autres rapports à la propriété? Quelles habitudes habitationnelles avons-nous prises, habitudes que nous devrions pourtant interroger et déconstruire? Desquelles devrions-nous nous offusquer? Dans l’optique de passer d’une politique de contestation à une réflexion constructive, je souhaite défendre une lecture de nos modes d’habiter qui soit non pas rétrospective (s’interroger sur nos modes d’habiter passés, ou même présents) mais prospective, c’est-à-dire à partir de ce qu’on aimerait voir se réaliser, à ce qu’on projette comme possibles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;L’utopie concrète&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;L’utopie, dans son sens premier donné par Thomas More en 1516, provient du grec &lt;em&gt;u-topos&lt;/em&gt;: un lieu qui n’est d’aucun lieu; un ailleurs qui est aussi un nulle part. Avec More, l’utopie reste un exercice d’imagination, voué à ne pas se concrétiser: une sorte de refuge fictionnel, un monde idyllique qui se trouve forcément hors du réel. Définir quelque chose comme utopique, c’est souligner son côté vain. Est utopiste ce qui est irréaliste, ce qui est irréalisable. Les discours radicaux de transformation sociale sont régulièrement discrédités sous ce couvert: on reproche à la pensée utopique de n’être que des rêveries chimériques, sans possibilité de réalisation. En ce sens, l’utopie a le terne d’un échec autoprogrammé, d’une déception inévitable. Face à ce constat, certains penseurs (E.O. Wright, Ernst Bloch, Paul Ricoeur et d’autres) ont tenté de réhabiliter l’utopie, offrant des pistes de réponses à ces questions centrales: comment théoriser un projet qui nous tient à cœur sans utiliser un mot qui le mette d’emblée en échec? Pouvons-nous tenir le pari que l’utopie ne soit pas un projet voué à s’écrouler, mais quelque chose qui tienne au long cours?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La notion d’«utopie concrète» avancée par Ernst Bloch dans &lt;em&gt;Le Principe espérance&lt;/em&gt; matérialise cette tension entre rêves et pratiques. Bien qu’elle ait l’apparence d’oxymore, l’utopie concrète est la revendication de la réalisation, concrète et immédiate, de tous ces rêves que l’imagination a fait naître. Ernst Bloch dépasse ainsi l’acception traditionnelle de l’utopie donnée par More&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_p7b9xdd&quot; title=&quot;Ernst Bloch écrit: «[…] réduire l’utopie à la définition qu’en a donné Thomas More, ou simplement l’orienter dans cette seule direction, équivaut à ramener tout le phénomène de l’électricité à l’ambre jaune qui lui donna son nom, d’origine grecque, et en révéla l’existence.» (Bloch, 1976: 25)&quot; href=&quot;#footnote7_p7b9xdd&quot;&gt;7&lt;/a&gt; et affirme: «la catégorie de l’Utopique possède donc, à côté de son sens habituel et justement dépréciatif, cet autre sens qui, &lt;em&gt;loin d’être nécessairement abstrait et détourné du monde&lt;/em&gt;, est au contraire centralement préoccupé du monde: celui du dépassement de la marche naturelle des événements.» (Bloch, 1976: 20. Je souligne.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour Bloch, la fonction de l’utopie est de nous révéler que d’autres choix sont toujours possibles, et ce, même si nous sommes dans un monde marqué par la reconduction du même. Bloch reconnaît la fonction et la puissance de nos imaginaires qui peuvent nous révéler des potentialités encore inexplorées. Il avance: «L’existence meilleure, c’est d’abord en pensée qu’on la mène. […] Que l’on puisse ainsi voguer en rêve, que les rêves éveillés, généralement non dissimulés, soient possibles, révèle le grand espace réservé, dans l’homme, à une vie ouverte, encore indéterminée.» (1976: 236) Or, pour Bloch, ces rêves éveillés ne sont pas qu’une fuite hors du monde: en eux se trouve autre chose, «autre chose, qui stimule, qui empêche que l’on s’accommode à l’existant néfaste et que l’on renonce.» (1976: 10). Ainsi, si l’utopie concrète se projette dans un futur rêvé, elle s’adresse avant tout au présent. L’insatisfaction face à l’existant et le sentiment que quelque chose manque (&lt;em&gt;etwas fehlt&lt;/em&gt;), que Bloch a identifié comme le terreau d’où émerge la conscience utopique, pourraient donc permettre d’élaborer non seulement des idées fantasques, mais un possible en faveur duquel il s’agit d’œuvrer. Cette pensée qui «a l’espoir pour noyau» (1970: 10) nous amène à tenter de nouveaux gestes et à renouveler nos répertoires d’actions. Sébastien Broca, commentateur de Bloch, résume ainsi sa pensée:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;La véritable conscience utopique ne se contente pas de rêver le dépassement du déchirement relatif à son être-au-monde. Elle n’en reste pas à des «images de consolation» (&lt;em&gt;Trostbilder&lt;/em&gt;), mais cherche bientôt à donner à ce dépassement une forme concrète, c’est-à-dire à l’inscrire dans la matérialité du monde. (Broca: 13)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour reprendre les mots de ce commentateur, c’est donc en réfléchissant l’espérance et l’imagination comme étant à même de «constituer une force de transformation effective du monde» (Broca: 16) que Bloch inscrit sa pensée en nette rupture avec l’abstraction propre aux utopies classiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sous l’œil de Bloch, en effet, l’utopie concrète n’est plus un souhait niais lancé à l’univers, mais un désir «instruit» (Bloch, 1976: 10) et prêt à l’action. L’utopie concrète porte une attention particulière aux conditions de son insertion dans la situation actuelle et reste «lié[e] aux formes et aux contenus qui se sont déjà développés au sein de la société actuelle.» (1982: 215) C’est à cette condition que les espoirs d’une société meilleure pourraient permettre de rendre possible d’autres trajectoires que celles déjà tracées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette acception renouvelée de l’utopie nous permet de la réfléchir non pas comme une promesse sans cesse repoussée à plus tard, nécessairement déçue ou trahie, mais plutôt comme un élan vers un avenir espéré radieux. Elle s’ouvre à la créativité individuelle et collective, se ménage la possibilité de se positionner en rupture avec ce qui est connu. Je me plais à concevoir l’utopie concrète comme une forme d’agitation de ce qui, en nous, cherche à tout prix à rester vivant. L’activité projective permet de comprendre que l’avenue qui se déroule devant nous –s’affichant faussement comme la seule possible– est mortifère. Elle permet de comprendre qu’en nous y engageant, nous risquons de perdre notre joie; qu’il faut alors la fuir, entrevoir d’autres trajectoires. J’aime dire qu’elle nous enjoint à être habités d’un &lt;em&gt;fier sentiment du possible&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;Un geste de soin envers nos imaginaires&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Sachant que ces visions utopiques peuvent (et doivent) nous inciter à l’action, sachant également que la pensée est déjà une forme d’action, il me semble nécessaire de laisser l’univers des possibles exister –ne serait-ce que dans notre imagination et l’espace d’un moment, de manière fugace et irraisonnée– pour nous permettre de saisir au passage une forme de vie qui nous convienne davantage que les modèles restreints et décevants, voire anxiogènes, qui nous sont proposés. Dans «A Manifesto for Abundant Futures», un texte dont les désirs annoncés entrent en grande résonnance avec la manière dont j’envisage cet habiter collectif et écologique encore à bâtir, les autrices affirment: «[T]he Anthropocene is a spark that will light a fire in our imaginaries. This is a time to think big, to dream. We dream about abundant futures&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_hi0u8d1&quot; title=&quot;«[L]’Anthropocène est une étincelle qui allumera un feu dans nos imaginaires. C&#039;est le moment de voir grand, de rêver. Nous rêvons de futurs abondants.» (Collard et al.: 326) Je traduis.&quot; href=&quot;#footnote8_hi0u8d1&quot;&gt;8&lt;/a&gt;.» (326) Elles rêvent, et n’en ont pas honte. Elles énoncent clairement leurs objectifs: «In what follows, we offer this dream in the form of a manifesto, a declaration of strategies to create the conditions for supporting diverse forms of life and ways of living&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_sic495z&quot; title=&quot;Leur manifeste se lit comme une «déclaration de stratégies pour créer les conditions propres à supporter différentes formes de vies et modes de vie.» (326) Je traduis.&quot; href=&quot;#footnote9_sic495z&quot;&gt;9&lt;/a&gt;.» (326) Il nous faudra bien créer ces conditions: les créer et les maintenir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans son article «Hopepunk and Solarpunk: On Climate Narratives That Go Beyond the Apocalypse», Alyssa Hull aborde la question des fictions climatiques et exemplifie en quoi les récits &lt;em&gt;peuvent&lt;/em&gt; véritablement quelque chose; en quoi ils peuvent apaiser, secourir, élargir. L’autrice relève que les discours apocalyptiques, scénarios catastrophes relayés par les médias, nous laissent paralysés par l’angoisse. Notre pouvoir d’action individuel est à ce point limité que, face à un tel discours, nous ne pouvons rien faire d’autre que d’attendre la fin, impuissants. Comme le mentionne Hull, «looking at the climate crisis as an apocalypse can only inspire a helpless waiting for the post-apocalypse to arrive, suddenly, to cleave the past from the future&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_zx20pw9&quot; title=&quot;«Envisager la crise climatique comme une apocalypse ne peut qu’inspirer l’attente impuissante que la post-apocalypse arrive, soudainement, et sépare le passé du futur.» (Hull, 2019) Je traduis.&quot; href=&quot;#footnote10_zx20pw9&quot;&gt;10&lt;/a&gt;.» Quand l’univers des possibles semble clos, comme refermé sur lui-même, il devient impératif d’élargir les discours et les fictions possibles. «[W]e need stories that showcase a variety of possible futures, from the bleak to the hopeful&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_fxnuspt&quot; title=&quot;«Nous avons besoin de fictions qui nous montrent une variété de futurs possibles, du plus sombre au plus optimiste.» (Hull, 2019) Je traduis.&quot; href=&quot;#footnote11_fxnuspt&quot;&gt;11&lt;/a&gt;» (Hull, 2019). Nous avons besoin de récits qui, bien qu’ils reconnaissent les tragédies annoncées et celles déjà advenues, sachent nous tirer hors des réactions passives ou résignées dans lesquelles il est si facile de se trouver englués. Nous avons besoin de pratiques imaginantes qui nous permettent d’appréhender d’autres futurs possibles et le présent encore à inventer pour y parvenir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Reprenant les idées de Marielle Macé dans &lt;em&gt;Nos cabanes&lt;/em&gt;, j’ai le désir de traiter ces modes d’habitation imaginés, naissants, et donc nécessairement balbutiants, avec considération et respect. Je souhaite entrevoir l’utopie concrète qu’est l’habiter écologique et communautaire comme un geste de soin envers le vivant, certes, mais également comme un geste de soin envers nos imaginaires que les narrativités journalistiques, environnementales, économiques ont meurtris, nos imaginaires conditionnés à entrevoir la fin du monde, mais si peu habitués à imaginer un avenir joyeux et les gestes à poser pour y parvenir. Il nous faut défendre les formes de vie variées et inventives qui tentent d’émerger, mais qu’on fait taire coup sur coup. Dans cette optique, il est possible de considérer les rêveries utopiques comme une marque de sollicitude portée aux élans de vie et de fuite qui nous habitent collectivement; un geste d’amitié envers nos désirs et nos espoirs trop souvent mis de côté. Marielle Macé parle d’«une certaine façon de guetter ce qui veut apparaître là où des vies et des formes de vie s’essaient […], [de] prendre soin des idées de vie qui se phrasent, parfois de façon très ténue, comme autant de petites utopies quotidiennes: oui, on pourrait vivre aussi comme ça.» (20-21) Il s’agit d’avoir le souci de nommer et de célébrer ces désirs. De les laisser advenir dans ce lieu déjà considérable qu’est le langage. De dire: laissons-leur au moins un espace où se reposer, un lieu sûr à partir duquel tenter quelque chose. Puis, il s’agit d’avoir l’audace de «retenter des habitudes» (Macé: 17), l’audace de s’engager résolument auprès de ses idées en prenant la ferme résolution de vivre enfin autrement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;De l’importance de la naïveté&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;De l’utopie, il me semble qu’il ne faille surtout pas gommer la naïveté. Au contraire: la retenir, l’élire comme principe, comme posture, lui rendre sa légitimité. Une certaine naïveté –informée, consciente des obstacles à venir, mais espérant tout de même y parvenir– s’avère nécessaire pour mettre en action ce qui est tétanisé par la peur, le convenu et la répétition. On peut choisir la naïveté pour ne pas choisir le repli; on peut adopter l’optimisme radical comme un acte de préservation. Car il faut bien protéger l’élan qui nous permettra d’opérer ce basculement, de quitter le monde des idées (de l’anticipation, de la projection) pour les faire advenir dans le réel, pour engager les corps dans ces gestes peut-être encore étrangers du «faire soi-même». Pour ce faire, et en premier lieu: rassembler une bibliothèque débordant de guides d’identifications et de savoirs pratiques, de livres que nous consulterons non pour &lt;em&gt;nommer&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;classer&lt;/em&gt;, mais bien pour &lt;em&gt;reconnaître&lt;/em&gt; les oiseaux, les arbres et les pierres. Pour savoir comment s’y prendre, quels gestes poser pour bâtir, pour cueillir, pour habiter. Je souhaite développer une certaine sensibilité, une certaine ouverture, à ce que ces savoirs et ces gestes ont de touchants –dans leur caractère à la fois minuscule et grandiose, dans ce qu’ils renversent et ce qu’ils peinent à renverser. Être sensible à ce qu’ils tentent comme aventure, aux possibles dans lesquels ils s’inscrivent, aux idéaux et aux espoirs naissants qu’ils laissent entrevoir. Le naïf pose la question: qu’avons-nous de mieux à faire que de réfléchir à nos modes d’habitation? De plus important, de plus fondamental? De plus vibrant, de plus nécessaire? Le naïf dit: si nous perdons espoir, nous ne ferons rien, et ne rien faire sera toujours pire qu’une tentative, même ratée. Il reconnaît l’importance de nous laisser, en tant que groupe, communauté, rêver à de nouveaux lieux, de nouveaux types d’habitation et de vivre-ensemble. Parce qu’«à la gang, on peut dégager du temps pour rêver pis avoir d’autres idées» (Marcoux-Chabot, 2020), et que selon Bilbo Cyr, fervent optimiste&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref12_gsxo2xa&quot; title=&quot;Je le dis optimiste, car il l’est, et de manière résolue. Ses mots, dans le court documentaire L’espouère: «C’est beau l’espoir, hen? Ça en prend, de l’espoir. Y en a qui appellent ça de la naïveté, l’espoir. Mais je vais planter mes érables sur le bord de la trail des chevreuils quand même. Parce que peut-être qu’y vont m’en laisser un de temps en temps. (pause). Pis je vais m’opposer au développement sauvage quand même, même si on est en train de crever de faim en Gaspésie. Parce que c’est pas parce qu’on est pauvre qu’on doit accepter n’importe quoi. […] (pointant un érable fraîchement planté). Il est discret quand même à travers les framboisiers! Ils le trouveront jamais!» (Marcoux-Chabot, 2013)&quot; href=&quot;#footnote12_gsxo2xa&quot;&gt;12&lt;/a&gt;, «[c]’est comme ça qu’on bâti du nouveau. C’est ce qui fait qu’on s’en va faire des corvées les uns chez les autres pis que c’est pas une corvée au sens propre du terme, qui est comme quelque chose de plus ou moins désagréable. À toutes les fois, c’est un peu comme une fête.» (Marcoux-Chabot, 2020) Le naïf reconnaît l’importance de se laisser rêver, puis de prendre le risque de vivre ces rêves, sinon quoi? avons-nous réellement quelque chose à y perdre sinon du temps et notre capacité d’espérer? Le naïf dit: on nous la reproche déjà.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;Faire communauté&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Le collectif anonyme ayant rédigé &lt;em&gt;Habiter: instructions pour l’autonomie&lt;/em&gt; l’a dit avant moi: «Le temps est derrière nous où nos vies étaient vécues dans l’isolement. Nous avons tous et toutes reçu la catastrophe en partage –avec les défis légués par l’époque.» (44) Qu’allons-nous faire de cette &lt;em&gt;catastrophe reçue en partage&lt;/em&gt;, sinon l’aborder de front, et ensemble? C’est pourquoi je vois dans cet habiter écologique un appel à créer des liens, «à se ramailler une collectivité», comme le dirait Moïse Marcoux-Chabot, dont la série documentaire &lt;em&gt;Ramaillages&lt;/em&gt; porte sur les communautés intentionnelles engagées dans des projets communautaires et d’autonomie alimentaire en Gaspésie. Réitérons: il ne s’agit pas de se faire une cabane d’ermitage, un retrait du monde comme le voudraient certains lecteurs de Thoreau, mais d’en faire plutôt un lieu de contact et de partage, la base d’«un réseau où les projets entrent en résonance et s’amplifient les uns les autres; un réseau qui déploie les destins et relie les territoires.» (Habiter: 52) Je convoque ici la Déclaration d’interdépendance écrite en 1992, dans le cadre du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Nous partageons l’histoire de cette famille des vivants, inscrite dans nos gènes. Nous partageons le présent, qui mine l’incertitude. Nous partageons l’avenir, qui reste à inventer. […] À ce point tournant de notre relation avec la Terre, il nous faut évoluer de la domination vers le partenariat, de la fragmentation vers la connexion, de l’insécurité vers l’interdépendance. (Suzuki et al., 1992)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans cette optique, l’habitation écologique devient une manière d’élargir nos familles construites, aux frontières poreuses et ouvertes, et qui devront inclure les plantes, les arbres, les animaux, le territoire, un appel à considérer leurs intentionnalités propres. Il convient de créer des nouages, des rassemblements, des formes d’interdépendances délibérément choisies. J’emprunte au collectif Dispositions et à leur article «Rattachements: pour une écologie de la présence» cette idée que «[c]e qu’il faut rétablir n’est pas le climat, mais notre attachement au monde. Ce qui rend possible la catastrophe autant que ce qui nous laisse indifférent-es à elle est notre inattention, notre arrachement d’avec l’ensemble que nous constituons et qui nous constitue.» (23) Ayant ce texte en tête, j’en viens à considérer l’habitation écologique comme un appel à «nouer des alliances avec les formes de vie déjà en présence, [à] y élaborer des écosystèmes fleurissants et contagieux.» (22) Cette importance centrale accordée à la question de l’attachement avec l’autre-qu’humain –du &lt;em&gt;rattachement&lt;/em&gt;– n’est pas étrangère à la vision de Marielle Macé.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;L’écologie aujourd’hui ne saurait être seulement une affaire d’accroissement des connaissances et des maîtrises; ni même de préservation ou de réparation. Il doit y entrer quelque chose d’une philia: une amitié pour la vie elle-même et pour la multitude de ses phrasés, un concernement, un souci, un attachement à l’existence d’autres formes de vie et un désir de s’y relier vraiment. (36)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et je garde néanmoins en tête l’avertissement de Collard, Dempsey et Sundberg qui, dans «A Manifesto for Abundant Futures», se disent préoccupés par les appels récurrents à l’enchevêtrement et à l’intimité avec l’autre-qu’humain: «Recognizing multispecies entanglement is not a license to intensify human control over other-than-human life&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref13_z11i03c&quot; title=&quot;«Reconnaître l’interdépendance entre les espèces n’est pas une excuse pour intensifier le contrôle humain sur la vie autre qu’humaine.» (Collard et al., 327) Je traduis.&quot; href=&quot;#footnote13_z11i03c&quot;&gt;13&lt;/a&gt;.» (Collard et al.: 327) Elles rappellent que l’attachement n’est pas étranger à la domination. Se dire liés ne suffira pas à démanteler les structures violentes dont nous avons héritées et qui conditionnent nos rapports avec l’autre-qu’humain. Les utopies liées à l’habitation mettent en crise les modes relationnels que nous connaissons; la décolonisation est le mot d’ordre: «Orienting toward abundant futures requires walking with multiple forms of resistance to colonial and capitalist logics and practices of extraction and assimilation&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref14_8x2wjsw&quot; title=&quot;«S’orienter vers des futurs abondants nécessite de travailler avec de multiples formes de résistance aux logiques et pratiques coloniales et capitalistes d&#039;extraction et d&#039;assimilation.» (Collard et al.: 329) Je traduis.&quot; href=&quot;#footnote14_8x2wjsw&quot;&gt;14&lt;/a&gt;.» (Collard et al.: 329)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si nous souhaitons que ces futurs soient véritablement abondants pour toutes et tous, humains et autre-qu’humains, ces modes d’habitation à mettre en place devront impérativement être reconsidérés sous le mode de la &lt;em&gt;cohabitation&lt;/em&gt;. Il me semble voir, dans ce changement de vocabulaire, une avenue de réflexion possible, une manière de reconnaître que la terre et ses habitants variés (plantes, animaux) ont leurs intentionnalités propres, non-subordonnées aux nôtres, et qu’il convient de les considérer également. Collard, Dempsey et Sundberg tracent, bien avant moi, ce chemin de pensée. Pour argumenter leur pensée, elles se réfèrent aux écrits écoféministes de Plumwood, que je reprends à mon tour ici.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Abundant futures include nonhuman animals, not as resources or banks of natural capital that service humans but as beings with their own familial, social, and ecological networks, their own lookouts, agendas, and needs. An abundant future is one in which other-than-humans have wild lives and live as “uncolonized others” (Plumwood, 1993).&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref15_zeu629p&quot; title=&quot;«Les futurs abondants incluent les animaux non humains, non pas en tant que ressources ou banques de capital naturel au service des humains, mais en tant qu&#039;êtres avec leurs propres réseaux familiaux, sociaux et écologiques, leurs propres objectifs, devenirs et besoins. Un avenir abondant est celui dans lequel les autres que les humains mènent une vie sauvage et vivent comme des ‘autres non-colonisés’.» (Plumwood, 1993). Cité dans Collard et al.: 328.&quot; href=&quot;#footnote15_zeu629p&quot;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est avec conviction et confiance que je me range derrière leur opinion. J’y adhère par souci de justesse, pour me «patenter» une vision du collectif qui soit inclusive et décoloniale. Ce n’est qu’une fois ce fait reconnu que les liens alors tissés pourront se déployer dans une réelle logique de solidarité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;Quelles cabanes pour nos familles élargies?&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Mais avec quoi, avec qui pouvons-nous créer des liens lorsque nous sommes en mouvement, et constamment de passage? Je souhaite planter un argousier en ayant devant moi la stabilité des sept années de patience avant l’apparition de ses baies orangées; je ne veux pas habiter qu’en passante. J’ai parlé de terrains, certes, j’ai parlé de bâtiments, et il ne faut pas se méprendre: l’enjeu premier ici n’est pas la propriété, d’emblée collective et donc déjà un brin tordue dans son concept-même. L’enjeu se situe ailleurs, et c’en est un de pérennité, de sécurité. Citons à cet effet l’article «Entraide en contexte de pandémie, ou le vieux rêve du monde ébréché», paru sur la plateforme web collaborative &lt;em&gt;Contrepoints&lt;/em&gt; et dont la pensée s’inscrit directement dans la lignée des remarques de Pierre Dardot et Christian Laval sur le commun citées plus tôt: «Les communs impliquent que la propriété n’est pas conçue comme une appropriation ou une privatisation mais comme un usage.» Hors de la propriété publique et de la propriété privée, les communs supposent une forme de gestion collective des ressources, axée autour d’un régime de partage. Les avenues sont vastes; les exemples, multiples. Prenons-en un seul, le Hameau 18, une communauté intentionnelle située en Gaspésie qui décrète que leur terre collective ne doit en aucun cas être une marchandise. Les membres de la coopérative renoncent alors à toute forme de propriété individuelle en décidant qu’ils ne seront désormais que des usufruitiers&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref16_koar8y8&quot; title=&quot;Ce qu’une telle affirmation suppose, c’est la fragmentation du concept de propriété. Au sens donné par la loi, la propriété est composée de trois choses: le droit de faire l’usage d’un bien, le droit de jouir d’un bien (le fruit issu de la propriété, le loyer d’un locataire, par exemple) et le droit de se séparer d’un bien (en le vendant, en le donnant). Les membres de la coopérative signent alors un contrat qui permet d’appliquer la propriété composante par composante, ne gardant pour ses habitants que les deux premières: l’usage et la jouissance.&quot; href=&quot;#footnote16_koar8y8&quot;&gt;16&lt;/a&gt;. Pour la suite des choses et aux yeux de la loi, les membres habiteront la terre, en feront usage à la mesure de leurs besoins, mais ne pourront en aucun cas créer de la valeur monétaire à partir de celle-ci en la revendant ou en la marchandisant. Qu’importe ensuite la valeur du terrain ou la spéculation foncière: l’accès à un lopin de terre au Hameau 18 ne dépendra pas de la valeur courante des terrains en Haute-Gaspésie ou de l’attrait général pour leur municipalité, mais de la volonté des futurs membres à s’investir dans le projet collectif.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est le concept même de propriété qui se retrouve démantelé, inopérant. Il me semble que c’est toute la relation au vivant qui se retrouve transformée lorsqu’elle s’inscrit hors de ces rapports de possession, lorsque le vivant n’est plus un objet que nous pouvons nous approprier ni une &lt;em&gt;ressource exploitable&lt;/em&gt; telle que l’entrevoient nos systèmes extractivistes, coloniaux et capitalistes. Je le répète, l’enjeu premier n’est pas la propriété, mais la pérennité, la sécurité. Il s’agit d’avoir la certitude d’avoir un lieu habitable et habité, un ancrage, un refuge qui a la certitude de connaître le temps long. Tout comme le souhaitent les auteurs et les autrices du texte &lt;em&gt;Habiter: instructions pour l’autonomie&lt;/em&gt;, nous espérons «&lt;em&gt;donn[er] lieu&lt;/em&gt;» (28) à ce désir de vie en commun, parce qu’«avec un port d’attache, les projets trouvent plus facilement ancrage» (36). Ces lieux, qui peuvent dans un premier temps être des territoires de pensées, devront un jour se matérialiser en un lieu physique, qui jouera le rôle de point de convergence, de «maillage» (36) –encore ici, cette image.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;À la fois points de départ et points de chute, [les points de maillage] sont les lieux physiques et névralgiques, les carrefours où les connexions se tissent et se nouent. Après s’être trouvé.es, il faut pouvoir se retrouver ensemble, à quelque part, comme bon nous semble. Il faut des lieux désignés pour l’organisation, des &lt;em&gt;bases&lt;/em&gt;, des locaux où &lt;em&gt;débarquer&lt;/em&gt;, des places où &lt;em&gt;passer&lt;/em&gt;. Les points de maillage font converger les idées, les ressources et les amitiés nécessaires à l’élaboration d’une vie en commun. (Habiter: 36)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Est précaire ce dont l’avenir et la durée peuvent en tout temps être révoqués, ce qui est sans assurance de reconduction. Sont précaires la travailleuse saisonnière qui ne verra pas son contrat renouvelé, celui qui se fera évincer et devra quitter son logement, ceux qui devront perpétuellement se mettre en mouvement. Sont précaires les forêts menacées d’être transformées en complexes immobiliers, les cours d’eau à proximité des forages pétroliers, les écosystèmes qui s’y déploient. J’aimerais citer une dernière fois ici Marielle Macé, dans toute sa justesse: «C’est la précarité […] qui se retrouve bravée dans ces pratiques imaginantes. Bravée, avec ce que cela suppose de soulèvement» (14), avec ce que cela suppose d’émerveillement. Et pour y parvenir, il faut d’abord se faire la promesse du plus grand respect, de la plus grande protection. Investir un lieu. Y construire une cabane.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Faire des cabanes: imaginer des façons de vivre dans un monde abîmé. Pas pour se faire une petite tanière […], mais pour leur faire face autrement, à ce monde-ci et à ce présent-là […] Faire des cabanes en tout genre –inventer, jardiner les possibles; sans craindre d’appeler «cabanes» des huttes de phrases, de papier, de pensées, d’amitiés, des nouvelles façons de se représenter l’espace, le temps, l’action, les liens, les pratiques. Faire des cabanes pour occuper autrement le terrain; c’est-à-dire toujours, aujourd’hui, pour se mettre à plusieurs. […] Élargir les formes de vie à considérer, retenter avec elles des liens. […] Faire des cabanes donc pour habiter cet élargissement même. (Macé, 13-14)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cabanes et utopies concrètes de l’habitation: réfléchir aux unes nous permet nécessairement de réfléchir aux autres, puisque toutes deux reconnaissent l’étroite interrelation entre nos pratiques d’habitation et notre capacité à rêver. Les cabanes nous font découvrir l’auto-construction, ce passage du domaine de l’imaginé au domaine du bâti. Elles ont nécessairement quelque chose d’enfantin, de naïf; elles sont bricolées avec les moyens du bord. Et une fois debout, elles ont à la fois un pied dans la réalité –elles sont un lieu concret où se réfugier– et appartiennent au domaine de l’imaginaire. Pensons à l’usage qu’en font les enfants: une foule de vies inventées y sont possibles; leur force symbolique est immense. Il me semble que les cabanes, tout comme les utopies concrètes, restaurent avec patience et ténacité une résistance à l’imposition (d’un modèle, d’un système). Elles restaurent un intervalle de liberté, un &lt;em&gt;espace de jeu&lt;/em&gt; pouvant être entendu comme un espace ludique, une possibilité d’inventer réellement, de jouer, avec ce que cela suppose d’enthousiasme, de ravissement. Pour Dominique Bachelart, il apparaît clairement que «si précaire soit-il, le refuge donne tous les rêves de sécurité» (12), et c’est peut-être là un autre nouage fondamental des cabanes et des utopies concrètes: dans ce qu’elles offrent toutes deux de &lt;em&gt;rassurance&lt;/em&gt;, d’espoir de connaître l’apaisement tout en étant si incertaines, si chambranlantes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;ABBAS, Yasmine. 2011. &lt;em&gt;Le néo-nomadisme: mobilités, partage, transformations identitaires et urbaines&lt;/em&gt;. Limoges: éditions FYP, 141p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BACHELART, Dominique. 2012. «“S’encabaner”, art constructeur et fonctions de la cabane selon les âges.» &lt;em&gt;Éducation relative à l&#039;environnement&lt;/em&gt;. No 10. En ligne. &lt;a href=&quot;http://journals.openedition.org/ere/1029&quot;&gt;http://journals.openedition.org/ere/1029&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BLOCH, Ernst. 1976. &lt;em&gt;Le principe espérance, tome I&lt;/em&gt;, trad. de l’allemand par Françoise Wuilmart, Paris, Gallimard, coll. «Bibliothèque de Philosophie», 544p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BLOCH, Ernst. 1982. &lt;em&gt;Le principe espérance, tome II&lt;/em&gt;, trad. de l’allemand par Françoise Wuilmart, Paris, Gallimard, coll. «Bibliothèque de Philosophie», 584p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BROCA, Sébastien. 2012. «Comment réhabiliter l’utopie? Une lecture critique d’Ernst Bloch.» &lt;em&gt;Philonsorbonne&lt;/em&gt;. No 6, p.9-21.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BRUDER, Jessica. 2019 [2017]. &lt;em&gt;Nomadland&lt;/em&gt;. Trad. Nathalie Peronny, Paris: éditions Globe, 320p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;COLLARD, Rosemary-Claire, Jessica DEMPSEY et Juanita SUNDBERG. 2015. «A Manifesto for Abundant Futures.» &lt;em&gt;Annals of the Association of American geographers&lt;/em&gt;. Vol. 105, no 2, p.322-330. En ligne. &lt;a href=&quot;https://doi.org/10.1080/00045608.2014.973007&quot;&gt;https://doi.org/10.1080/00045608.2014.973007&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;COLLECTIF DISPOSITIONS. 2020. «Rattachements: pour une écologie de la présence.» &lt;em&gt;Contrepoints&lt;/em&gt;. En ligne. &lt;a href=&quot;https://contrepoints.media/posts/rattachements-pour-une-ecologie-de-la-presence&quot;&gt;https://contrepoints.media/posts/rattachements-pour-une-ecologie-de-la-presence&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;COSSARD, Paula. 2017. «Le communalisme comme forme d’utopie réelle.» &lt;em&gt;Participations&lt;/em&gt;. Vol. III, n° 19, p.245-268.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DARDOT Pierre et Christian LAVAL. 2014. &lt;em&gt;Commun: essai sur la révolution au XXIe siècle&lt;/em&gt;, Paris: La Découverte. 593p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DE LA BELLACASA, María Puig. 2017. «Alterbiopolitics.» &lt;em&gt;Matters of Care: Speculative Ethics in More Than Human Worlds&lt;/em&gt;. Minneapolis: University of Minnesota Press, p.125-168.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HAMEAU 18. «L’usage plutôt que la propriété.» &lt;em&gt;Hameau 18: coopérative d’habitation&lt;/em&gt;. En ligne. &lt;a href=&quot;https://www.hameau18.org/&quot;&gt;https://www.hameau18.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HULL, Alyssa. 2019. «Hopepunk and Solarpunk: On Climate Narratives That Go Beyond the Apocalypse.» &lt;em&gt;Literary Hub&lt;/em&gt;. En ligne. &lt;a href=&quot;https://lithub.com/hopepunk-and-solarpunk-on-climate-narratives-that-go-beyond-the-apocalypse/&quot;&gt;https://lithub.com/hopepunk-and-solarpunk-on-climate-narratives-that-go-beyond-the-apocalypse/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MACÉ, Marielle. 2019. &lt;em&gt;Nos cabanes&lt;/em&gt;. Paris: Verdier, coll. «La petite jaune», 80p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MARCOUX-CHABOT, Moïse. 2013. &lt;em&gt;L’espouère&lt;/em&gt;. [court-métrage]. 20 minutes. En ligne. &lt;a href=&quot;http://moisemarcouxchabot.com/lespouere/&quot;&gt;http://moisemarcouxchabot.com/lespouere/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MARCOUX-CHABOT, Moïse. 2014. &lt;em&gt;Le Germoir – un projet gaspésien de résilience collective&lt;/em&gt;. [court-métrage]. 5 minutes. En ligne. &lt;a href=&quot;http://moisemarcouxchabot.com/le-germoir/&quot;&gt;http://moisemarcouxchabot.com/le-germoir/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MARCOUX-CHABOT, Moïse. 2020. &lt;em&gt;Ramaillages&lt;/em&gt;. [série Web]. 3h15. En ligne. &lt;a href=&quot;https://www.onf.ca/series/ramaillages/&quot;&gt;https://www.onf.ca/series/ramaillages/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SARGENT, Lyman Tower, «The Three Faces of Utopianism Revisited.» &lt;em&gt;Utopian Studies&lt;/em&gt;. Vol.5, no 1, 1994, p.1-37.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SUZUKI, David et al.1992. «Déclaration d’interdépendance.» &lt;em&gt;Fondation David Suzuki&lt;/em&gt;. En ligne. &lt;a href=&quot;https://fr.davidsuzuki.org/la-fondation/declaration-dinterdependance/&quot;&gt;https://fr.davidsuzuki.org/la-fondation/declaration-dinterdependance/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«Entraide en contexte de pandémie, ou le vieux rêve du monde ébréché.» 2020. &lt;em&gt;Contrepoints&lt;/em&gt;. Auteur inconnu. En ligne. &lt;a href=&quot;https://contrepoints.media/fr/posts/entraide-en-contexte-de-pandemie-ou-le-vieux-reve-du-monde-ebreche-1#sdfootnote1anc&quot;&gt;https://contrepoints.media/fr/posts/entraide-en-contexte-de-pandemie-ou-le-vieux-reve-du-monde-ebreche-1#sdfootnote1anc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Habiter: instructions pour l’autonomie&lt;/em&gt;. Trad. de l’américain. Auteurs, lieu, date et maison de publication inconnus.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_ubbgt03&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_ubbgt03&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Tiré d’un documentaire de Moïse Marcoux-Chabot, qui donnait la parole aux membres de la communauté intentionnelle «Le Manoir», située à Saint-Louis, dans la Baie-des-Chaleurs. Cette vidéo a été réalisée dans le cadre d’une levée de fonds de la communauté pour la rénovation d’un bâtiment multifonction. (Marcoux-Chabot, 2014).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_z8gpz6w&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_z8gpz6w&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; «Communauté intentionnelle» est à entendre ici selon la définition que lui donne Lyman Tower Sargent: «groups who come together from more than one nuclear family, who choose to live together to enhance shared values or enact a mutually agreed upon purpose.» (Sargent: 15) Ainsi dit, les communautés intentionnelles seraient «des groupes d’individus provenant de plus d’une famille nucléaire, ayant choisi de vivre ensemble pour renforcer des valeurs partagées ou œuvrer vers un objectif duquel ils ont mutuellement convenu.» Je traduis.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_s2bete6&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_s2bete6&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Lorsque je dis &lt;em&gt;favoriser le vivant&lt;/em&gt;, j’ai en tête cette nuance apportée par les auteures de «A manifesto for abundant futures»: «The concept of promoting life differs considerably from a core aspect of sustainability and earth systems science, which focuses on figuring out the limits to development or the extent to which ecosystems may be degraded before ecological function is impaired or beyond repair.» (Collard et al.: 327) En français: «Le concept de promotion de la vie diffère considérablement d&#039;un aspect fondamental de la durabilité et de la science des systèmes terrestres, qui se concentre sur la détermination des limites du développement ou de la mesure dans laquelle les écosystèmes peuvent être dégradés avant que la fonction écologique ne soit altérée ou irréparable.» Je traduis.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_mzeeuem&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_mzeeuem&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Tiré indistinctement de &lt;em&gt;Centris, Du Proprio, Proprio Direct, La Capitale&lt;/em&gt;: tous du pareil au même.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_jz2624c&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_jz2624c&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Mode de vie qui consiste à vivre, à temps partiel ou à temps plein, dans un véhicule ayant été, la plupart du temps, modifié (lit et cuisinette aménagés, toilettes rudimentaires, batteries, panneaux solaires, etc.)&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_k3501ao&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_k3501ao&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Je dis que cette forme de précarité est toute personnelle, certes, mais il convient de reconnaître que cette manière d’habiter le territoire, inscrite sous le signe de la mobilité, est somme toute répandue. Dans son ouvrage «Les néo-nomades», Yasmine Abbas pose la mobilité (Zygmunt Bauman dirait, la «liquidité») comme une caractéristique indissociable de notre modernité. Elle regroupe sous le terme «néo-nomades» les &lt;em&gt;roadwarriors&lt;/em&gt; (expression désignant les travailleurs obligés d’être fréquemment sur la route, les représentants du commerce par exemple), les migrants, les nomades numériques, les réfugiés et les touristes, tous ces gens qui, de manière délibérée ou non, sont constamment en transition. Cette mobilité comporte de nombreux avantages, certes. Mais il faut reconnaître qu’il s’y joue également des déracinements à répétition et un gaspillage monstre des ressources: multiplication des moyens de transports, location d’entrepôts de stockage, utilisation compulsive des technologies et de denrées à usage unique, etc. Suivant le chemin de pensée de Yasmine Abbas, ajoutons à cette liste non-exhaustive tout le stress généré par l’instabilité que ces modes de vie supposent et il apparaît rapidement qu’«aller d’un lieu à un autre n’est pas aussi simple» (14), que «la mobilité nous coûte.» (14) Pour la chercheure, «la question de l’attachement et de l’adhérence aux espaces […] est au cœur de la problématique actuelle du néo-nomadisme.» (32), l’intensification de la mobilité ayant radicalement transformé le rapport de l’individu au territoire. Dans ce contexte de mobilité sans précédent et de précarité accrue se joue donc quelque chose qui pourrait s’apparenter à une problématique de l’habitation ou, à tout le moins, une invitation à nous reposer cette question fondamentale qui est celle de notre rapport à l’espace. Comment habiter alors que nous sommes constamment en mouvement, et de passage?&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_p7b9xdd&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_p7b9xdd&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; Ernst Bloch écrit: «[…] réduire l’utopie à la définition qu’en a donné Thomas More, ou simplement l’orienter dans cette seule direction, équivaut à ramener tout le phénomène de l’électricité à l’ambre jaune qui lui donna son nom, d’origine grecque, et en révéla l’existence.» (Bloch, 1976: 25)&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_hi0u8d1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_hi0u8d1&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; «[L]’Anthropocène est une étincelle qui allumera un feu dans nos imaginaires. C&#039;est le moment de voir grand, de rêver. Nous rêvons de futurs abondants.» (Collard et al.: 326) Je traduis.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_sic495z&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_sic495z&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; Leur manifeste se lit comme une «déclaration de stratégies pour créer les conditions propres à supporter différentes formes de vies et modes de vie.» (326) Je traduis.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_zx20pw9&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_zx20pw9&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; «Envisager la crise climatique comme une apocalypse ne peut qu’inspirer l’attente impuissante que la post-apocalypse arrive, soudainement, et sépare le passé du futur.» (Hull, 2019) Je traduis.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_fxnuspt&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_fxnuspt&quot;&gt;11.&lt;/a&gt; «Nous avons besoin de fictions qui nous montrent une variété de futurs possibles, du plus sombre au plus optimiste.» (Hull, 2019) Je traduis.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote12_gsxo2xa&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref12_gsxo2xa&quot;&gt;12.&lt;/a&gt; Je le dis optimiste, car il l’est, et de manière résolue. Ses mots, dans le court documentaire &lt;em&gt;L’espouère&lt;/em&gt;: «C’est beau l’espoir, hen? Ça en prend, de l’espoir. Y en a qui appellent ça de la naïveté, l’espoir. Mais je vais planter mes érables sur le bord de la trail des chevreuils quand même. Parce que peut-être qu’y vont m’en laisser un de temps en temps. (pause). Pis je vais m’opposer au développement sauvage quand même, même si on est en train de crever de faim en Gaspésie. Parce que c’est pas parce qu’on est pauvre qu’on doit accepter n’importe quoi. […] (pointant un érable fraîchement planté). Il est discret quand même à travers les framboisiers! Ils le trouveront jamais!» (Marcoux-Chabot, 2013)&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote13_z11i03c&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref13_z11i03c&quot;&gt;13.&lt;/a&gt; «Reconnaître l’interdépendance entre les espèces n’est pas une excuse pour intensifier le contrôle humain sur la vie autre qu’humaine.» (Collard et al., 327) Je traduis.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote14_8x2wjsw&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref14_8x2wjsw&quot;&gt;14.&lt;/a&gt; «S’orienter vers des futurs abondants nécessite de travailler avec de multiples formes de résistance aux logiques et pratiques coloniales et capitalistes d&#039;extraction et d&#039;assimilation.» (Collard et al.: 329) Je traduis.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote15_zeu629p&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref15_zeu629p&quot;&gt;15.&lt;/a&gt; «Les futurs abondants incluent les animaux non humains, non pas en tant que ressources ou banques de capital naturel au service des humains, mais en tant qu&#039;êtres avec leurs propres réseaux familiaux, sociaux et écologiques, leurs propres objectifs, devenirs et besoins. Un avenir abondant est celui dans lequel les autres que les humains mènent une vie sauvage et vivent comme des ‘autres non-colonisés’.» (Plumwood, 1993). Cité dans Collard et al.: 328.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote16_koar8y8&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref16_koar8y8&quot;&gt;16.&lt;/a&gt; Ce qu’une telle affirmation suppose, c’est la fragmentation du concept de propriété. Au sens donné par la loi, la propriété est composée de trois choses: le droit de faire l’usage d’un bien, le droit de jouir d’un bien (le fruit issu de la propriété, le loyer d’un locataire, par exemple) et le droit de se séparer d’un bien (en le vendant, en le donnant). Les membres de la coopérative signent alors un contrat qui permet d’appliquer la propriété composante par composante, ne gardant pour ses habitants que les deux premières: l’usage et la jouissance.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=7055&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Léveillé, Brigitte&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2022. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/habiter-autrement-pour-nous-permettre-de-rever-et-de-tenter-une-habitation-ecologique&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Habiter autrement. Pour nous permettre de rêver –et de tenter– une habitation écologique, solidaire et collective&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. In &lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;De la possibilité de nos cohabitations&lt;/span&gt;. Cahier ReMix, no. 17 (07/2022). Montréal, Université du Québec à Montréal: Figura, le Centre de recherche sur le texte et l&#039;imaginaire. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/remix/habiter-autrement-pour-nous-permettre-de-rever-et-de-tenter-une-habitation-ecologique&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/remix/habiter-autrement-pour-nous-permettre-de-rever-et-de-tenter-une-habitation-ecologique&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023.&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Habiter+autrement.+Pour+nous+permettre+de+r%C3%AAver+%E2%80%93et+de+tenter%E2%80%93+une+habitation+%C3%A9cologique%2C+solidaire+et+collective&amp;amp;rft.date=2022&amp;amp;rft.aulast=L%C3%A9veill%C3%A9&amp;amp;rft.aufirst=Brigitte&amp;amp;rft.pub=Figura%2C+le+Centre+de+recherche+sur+le+texte+et+l%26%23039%3Bimaginaire&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al%2C+Universit%C3%A9+du+Qu%C3%A9bec+%C3%A0+Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 14 Jun 2022 17:42:07 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Le traitement des paysages dans «Into the wild» de Sean Penn</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-intro field-type-text-long field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item clearfix even&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;« Il parcourt les routes de l’Ouest, envoûté par les dimensions et la puissance du paysage, excité par de petites infractions à la loi, goûtant la compagnie d’autres vagabonds rencontrés en chemin et laissant les circonstances décider de sa vie »&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;- Jon Krakauer&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;J’ai découvert le film &lt;/em&gt;Into The Wild &lt;em&gt;grâce à une discussion avec mon père qui, pourtant cinéphile, m’avait fortement déconseillé de le regarder. Il m’avait confié sa déception en me résumant le scénario de cette manière&amp;nbsp;: « il y est question d’un jeune idéaliste qui après avoir traversé les États-Unis va se perdre au fin fond de l’Alaska et meurt stupidement. Aucun intérêt.&amp;nbsp;» L’adolescence et l’esprit de contradiction aidant, j’ai eu soudainement très envie de voir ce film, récit d’un voyage tragique.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Thu, 11 Apr 2019 14:54:04 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Noémie Dubé</dc:creator>
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 <title>L&#039;ennui en raison du monde virtuel limité dans le jeu vidéo «Skyrim»</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-intro field-type-text-long field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item clearfix even&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;En 2011, la compagnie Bethesda Softwork développe et publie le jeu vidéo &lt;/em&gt;The Elder Scrolls V : Skyrim&lt;em&gt;,&amp;nbsp; réalisé par Todd Howard, un vétéran de l’industrie qui a travaillé sur plusieurs titres de la franchise. Il s’agit d’un jeu de rôle où l’exploration est au centre de la jouabilité. Le joueur est appelé à vaincre un dragon ancien, nommé &lt;/em&gt;Alduin (fig. 1)&lt;em&gt; le dévoreur des mondes. Pour ce faire, le joueur doit amasser des artefacts de puissance et fortifier ses aptitudes guerrières ou magiques en découvrant la province du nord du monde de &lt;/em&gt;Tamriel&lt;em&gt;&amp;nbsp;: &lt;/em&gt;Skyrim&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Sat, 06 Apr 2019 17:06:16 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Noémie Dubé</dc:creator>
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 <title>Du parcours nomade à l&#039;errance: une figure de l&#039;entre-deux</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Parcours… le terme suscite d’emblée une image de mouvement, une trace, un chemin, déjà balisé ou dessiné en cours de route, une marche, un voyage ou une traversée.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Mon, 31 Oct 2016 14:06:56 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Trois variantes de la figuration du désert: le nomade, l&#039;anachorète, le vide</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/publications/trois-variantes-de-la-figuration-du-desert-le-nomade-lanachorete-le-vide</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Espaces hostiles à l’être humain, présentant des conditions de vie extrêmement difficiles, les déserts demeurent pour beaucoup d’entre nous des espaces blancs sur la carte du monde. &lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Wed, 26 Oct 2016 17:11:11 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Lecture et imaginaire au prisme de la géopoétique</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/communications/lecture-et-imaginaire-au-prisme-de-la-geopoetique</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;u&gt;Présentation de la communication&lt;/u&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;«L&#039;imaginaire du lecteur est lié à un ancrage géographique, à une manière singulière de se situer dans le monde pour établir des liens entre les lieux et les cultures.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C&#039;est pourquoi, au lieu d&#039;envisager l&#039;acte de lecture à l&#039;aune du littéraire uniquement, à l&#039;intérieur des limites habituelles de l&#039;interaction entre un sujet et un texte particuliers, je proposerai de le considérer en concomitance avec des pratiques sémiotiques de l&#039;espace réel telles que le paysage, le parcours, la carte, etc.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L&#039;acte de paysage avec les sensations corporelles et les émotions qu&#039;il procure&amp;nbsp;met à l&#039;épreuve les signes qui façonnent notre rapport au monde. S&#039;il est impossible d&#039;avoir accès directement au réel, étant donné que les filtres esthétiques et langagiers s&#039;interposent constamment dans la saisie des objets du monde, les expériences menées au-dehors ont pour effet de modifier sensiblement l&#039;imaginaire, conçu ici comme interface entre le sujet et le monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La géopolitique cherche à décupler cette tension, ce jeu de forces, dans le but de favoriser l&#039;ouverture au monde.»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;u&gt;Archive audio de la communication&lt;/u&gt;&lt;/h4&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;60437&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;

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      &lt;/div&gt;
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      &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Gervais, Bertrand &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Macé, Marielle&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=570&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Chassay, Jean-François&lt;/a&gt; and &lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=96&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Bertrand  Gervais&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2008. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/limaginaire-entre-les-disciplines&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;L&#039;imaginaire, entre les disciplines&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. In &lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Paroles, textes et images : Formes et pouvoirs de l&#039;imaginaire&lt;/span&gt;. Article d’un cahier Figura. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/communications/lecture-et-imaginaire-au-prisme-de-la-geopoetique&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/communications/lecture-et-imaginaire-au-prisme-de-la-geopoetique&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=570&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Chassay, Jean-François&lt;/a&gt; and &lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=96&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Bertrand  Gervais&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; (ed.). 2008. Montréal: Figura, Centre de recherche sur le texte et l&#039;imaginaire. coll. Figura, vol. 19:1).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=L%26%23039%3Bimaginaire%2C+entre+les+disciplines&amp;amp;rft.date=2008&amp;amp;rft.volume=19%3A1&amp;amp;rft.aulast=Chassay&amp;amp;rft.aufirst=Jean-Fran%C3%A7ois&amp;amp;rft.au=Gervais%2C+Bertrand&amp;amp;rft.pub=Figura%2C+Centre+de+recherche+sur+le+texte+et+l%26%23039%3Bimaginaire&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=539&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Hamel, Jean-François&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2015. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/emanciper-la-lecture-formes-de-vie-et-gestes-critiques-dapres-marielle-mace-et-yves-citton&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Émanciper la lecture. Formes de vie et gestes critiques d&#039;après Marielle Macé et Yves Citton&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/communications/lecture-et-imaginaire-au-prisme-de-la-geopoetique&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/communications/lecture-et-imaginaire-au-prisme-de-la-geopoetique&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Tangence&lt;/span&gt;. 2015. vol. 107, pp. 89-107).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=%C3%89manciper+la+lecture.+Formes+de+vie+et+gestes+critiques+d%26%23039%3Bapr%C3%A8s+Marielle+Mac%C3%A9+et+Yves+Citton&amp;amp;rft.date=2015&amp;amp;rft.volume=107&amp;amp;rft.issue=Tangence&amp;amp;rft.spage=89&amp;amp;rft.epage=107&amp;amp;rft.aulast=Hamel&amp;amp;rft.aufirst=Jean-Fran%C3%A7ois&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;div style=&quot;  text-indent: -25px; padding-left: 25px;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=3490&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-variant: small-caps;&quot;&gt;Julien&lt;/span&gt;, François&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2014 [2014]. &lt;a href=&quot;/en/biblio/vivre-de-paysage-ou-limpense-de-la-raison&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Vivre de paysage ou L&#039;impensé de la Raison&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.  Paris : Gallimard. &lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/communications/lecture-et-imaginaire-au-prisme-de-la-geopoetique&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/communications/lecture-et-imaginaire-au-prisme-de-la-geopoetique&lt;/a&gt;&gt;. Consultée le 1 May 2023.&lt;/div&gt;&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Abook&amp;amp;rft.title=Vivre+de+paysage+ou+L%26%23039%3Bimpens%C3%A9+de+la+Raison&amp;amp;rft.date=2014&amp;amp;rft.aulast=Julien&amp;amp;rft.aufirst=Fran%C3%A7ois&amp;amp;rft.pub=Gallimard&amp;amp;rft.place=Paris&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;div style=&quot;  text-indent: -25px; padding-left: 25px;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=988&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-variant: small-caps;&quot;&gt;Macé&lt;/span&gt;, Marielle&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2011 [2011]. &lt;a href=&quot;/en/biblio/facons-de-lire-manieres-detre&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Façons de lire, manières d&#039;être&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.  Paris : Gallimard, “nrf”, 304 p. &lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/communications/lecture-et-imaginaire-au-prisme-de-la-geopoetique&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/communications/lecture-et-imaginaire-au-prisme-de-la-geopoetique&lt;/a&gt;&gt;. Consultée le 1 May 2023.&lt;/div&gt;&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Abook&amp;amp;rft.title=Fa%C3%A7ons+de+lire%2C+mani%C3%A8res+d%26%23039%3B%C3%AAtre&amp;amp;rft.date=2011&amp;amp;rft.tpages=304&amp;amp;rft.aulast=Mac%C3%A9&amp;amp;rft.aufirst=Marielle&amp;amp;rft.pub=Gallimard&amp;amp;rft.place=Paris&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;div style=&quot;  text-indent: -25px; padding-left: 25px;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=142&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-variant: small-caps;&quot;&gt;Segalen&lt;/span&gt;, Victor&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 1916 [1916]. &lt;a href=&quot;/en/biblio/peintures&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Peintures&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.  Paris : Robert Laffont, t. 2. &lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/communications/lecture-et-imaginaire-au-prisme-de-la-geopoetique&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/communications/lecture-et-imaginaire-au-prisme-de-la-geopoetique&lt;/a&gt;&gt;. Consultée le 1 May 2023.&lt;/div&gt;&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Abook&amp;amp;rft.title=Peintures&amp;amp;rft.btitle=Oeuvres+compl%C3%A8tes&amp;amp;rft.date=1916&amp;amp;rft.volume=2&amp;amp;rft.issue=1995&amp;amp;rft.aulast=Segalen&amp;amp;rft.aufirst=Victor&amp;amp;rft.pub=Robert+Laffont&amp;amp;rft.place=Paris&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;p&gt;L&#039;imaginaire du lecteur est lié à un ancrage géographique, à une manière singulière de se situer dans le monde pour établir des liens entre les lieux et les cultures.&lt;/p&gt;

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 <pubDate>Thu, 25 Aug 2016 19:17:22 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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