<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" xml:base="https://oic.uqam.ca"  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">
<channel>
 <title>Observatoire de l&#039;imaginaire contemporain - discours dominant</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/taxonomy/term/54510</link>
 <description>

</description>
 <language>en</language>
<item>
 <title>Les représentations des femmes, des féministes, du féminisme:  échos d’un récit de pratique de formation</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/articles/les-representations-des-femmes-des-feministes-du-feminisme-echos-dun-recit-de-pratique-de</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 360px;&quot;&gt;[L’]introduction du féminisme sous sa forme la plus nocive: la femme électeur […] engendrera bientôt la femme-&lt;em&gt;cabaleur&lt;/em&gt;, la femme-&lt;em&gt;télégraphe&lt;/em&gt;, la femme-&lt;em&gt;souteneur&lt;/em&gt; d’élections, puis la femme-député, la femme-sénateur, la femme avocat, enfin pour tout dire en un mot, la femme-homme, le monstre hybride et répugnant qui tuera la femme-mère et la femme-&lt;em&gt;femme&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_aq7iwg9&quot; title=&quot;Cet extrait est tiré de l’ouvrage: Femmes-hommes ou hommes et femmes? Études à bâtons rompus sur le féminisme (Bourassa, 1925: 36-37). Les italiques sont de l’auteur.&quot; href=&quot;#footnote1_aq7iwg9&quot;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien que cet extrait, prononcé en 1925 par Henri Bourassa, peut faire sourire ou étonner, en ce début de XXIe siècle, il laisse quand même entrevoir ce que pouvait être la vie des femmes d’hier et permet de prendre déjà la mesure de toute la route parcourue depuis ce temps. Mais justement, que laisse entrevoir ce chemin, cette traversée du dernier siècle? Sous quelles formes et de quelles manières les femmes d’aujourd’hui sont-elles représentées et sont-elles perçues? Quelles sont les caractéristiques qui les définissent? Et si je vous demandais de choisir trois mots qui les caractérisent, que diriez-vous? Voici l’exercice que j’ai proposé d’emblée à un groupe d’étudiantes et d’étudiants en travail social de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), inscrits à un cours portant sur les rapports de genre et les rapports de sexe à l’automne 2010.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La thématique proposée par le colloque à l’origine de ce texte invitait à saisir le terme de représentation(s) sous une double signification, soit celle de la place et de l’image des femmes. Pour ma part, je propose d’entrecroiser les visions que m’ont fournies les étudiantes et les étudiants qui ont pu, par le biais de ce cours, s’interroger sur les places qu’occupent les femmes et les hommes dans cette société hypermoderne et partager certaines de leurs représentations des femmes, des hommes, des féministes et du féminisme qu’elles et ils se faisaient au départ et au terme de cette démarche pédagogique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sous la forme d’un récit de pratique de formation, je compte, dans le cadre de ce texte, présenter et interroger ces diverses représentations et fournir un éclairage permettant de jauger la permanence et la diversité à l’œuvre dans les représentations sociales contemporaines du féminin et du masculin au sein d’un groupe inscrit au baccalauréat en travail social en 2010.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À travers ce récit de pratique de formation, je vais donc raconter une partie de l’expérience pédagogique vécue dans le cadre de mon enseignement en travail social et présenter des fragments, des échos livrés tout au long et à la sortie de ce cours, me donnant l’occasion de porter un regard analytique sur ces éléments de contenu et sur la démarche expérimentée avec ce groupe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mise en contexte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«Travail social: rapports de sexe, rapports de genre» est un cours obligatoire&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_y97mwop&quot; title=&quot;On peut s’interroger: si les étudiantes et les étudiants pouvaient choisir ce cours, à titre de cours optionnel, s’y inscriraient-ils?&quot; href=&quot;#footnote2_y97mwop&quot;&gt;2&lt;/a&gt; dans le programme au baccalauréat en Travail social à l’UQAC et il est planifié pour être suivi à la deuxième année du programme. Il comporte 45 heures, réparties sur quinze semaines. Il est le seul cours dans la formation en travail social à aborder de manière frontale et explicite les questions relatives aux rapports de sexe et de genre. Les objectifs visés sont:&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Sensibiliser à l’évolution des rôles et des places occupées par les femmes dans la sphère privée et dans l’espace public;&amp;nbsp;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Faire connaître les conséquences de l’inégalité dans les rapports hommes/femmes tant sur le plan individuel que collectif et les faire voir sous l’angle social, politique, économique et culturel;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Développer une réflexion sociale d’actualité sur différentes problématiques liées aux conditions de vie des femmes et des hommes, et aux rôles qui leur ont été dévolus d’hier à aujourd’hui;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Prendre conscience des préjugés que l’on véhicule (personnellement et professionnellement) à l’égard des femmes, des hommes et des comportements qui ne cadrent pas dans la norme reconnue socialement.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;J’ai donné pour la première fois ce cours à l’automne 2010. J’avais un groupe de 50 personnes inscrites&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_eeknin4&quot; title=&quot;À noter que ce groupe était formé de 6 garçons et de 44 filles.&quot; href=&quot;#footnote3_eeknin4&quot;&gt;3&lt;/a&gt;, avec lequel j’ai cheminé durant cette session. J’en étais donc à une première expérimentation de la démarche pédagogique que j’avais conçue au préalable.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour les fins de cet article, seules quelques-unes des activités prévues dans le déroulement de ce cours ont été sélectionnées, de manière à donner accès au contenu relatif à la question des représentations des femmes, des hommes, des féministes et du féminisme. Au nombre de quatre, ces activités se situent toutes à des moments spécifiques de la démarche pédagogique: il s’agit du feuillet informatif, du commentaire photographique, de la 6e séance de cours et de la tenue du journal hebdomadaire dans lequel est réalisée sa synthèse critique. Les informations recueillies dans le feuillet informatif et le commentaire photographique l’ont été dès les deux premières séances de cours, celles reliées à la 6e séance se situaient à mi-parcours; finalement, celles qui concernent le journal hebdomadaire et sa synthèse critique étaient rédigées à chaque semaine et remises à la fin de la session. Voyons maintenant ce que chacune de ces étapes nous fournit en matière de représentations.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le feuillet informatif&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au début de chacune des sessions, lors du premier cours, je demande toujours aux étudiantes et étudiants de compléter un feuillet informatif dans lequel un certain nombre de questions leur sont posées concernant leur cheminement au baccalauréat, leurs intérêts pour la thématique abordée et le contenu du cours qui sera donné. Ainsi pour ce cours, «Travail social: rapports de sexe, rapports de genre», voici les quatre questions thématiques qui leur ont été proposées:&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Trois mots qui caractérisent une femme, un homme.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Sous quels aspects les plus marquants, les conditions de vie des femmes se sont-elles modifiées dans les 30 dernières années?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;En quoi la condition masculine a-t-elle changé au cours des dernières années?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Y a-t-il des aspects sur lesquels il y aurait encore des luttes à faire pour améliorer les conditions de vie des femmes?&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Examinons ce qu’elles et ils ont répondu à chacune de ces questions.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;1ère question: Trois mots qui définissent une femme, un homme&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Les caractéristiques qui ont été le plus fréquemment&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_0kyxtif&quot; title=&quot;Les caractéristiques retenues pour constituer ce tableau sont celles qui ont été nommées plus d’une fois. Le chiffre entre parenthèse indique le nombre de fois où cette caractéristique a été répertoriée.&quot; href=&quot;#footnote4_0kyxtif&quot;&gt;4&lt;/a&gt; nommées pour définir une femme et un homme sont les suivantes:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73466&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;À la lumière des caractéristiques nommées et listées dans ce tableau, il est frappant de voir que celles qui sont les plus populaires correspondent encore à certains traits stéréotypés qui ont défini pendant longtemps les hommes et les femmes dans nos sociétés et que certaines caractéristiques nouvelles sont mentionnées plutôt en bas de liste et de façon moins fréquente. Bref, pas de surprise en parcourant cette liste où rien de non convenu et de nouveau semble émerger au démarrage de la session. Ce premier exercice pourrait même donner à penser que le travail de transformations et de remises en question des stéréotypes qui a été opéré par les féministes et leur mouvement n’a pas réussi à modifier les structures internes qui auraient permis un changement durable des mentalités.&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;2e question: Sous quels aspects les plus marquants, les conditions de vie des femmes se sont-elles modifiées dans les 30 dernières années?&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Pour la présentation des réponses à cette deuxième question, j’ai choisi, pour une raison que nous verrons plus tard, de distinguer les réponses données par les filles de celles données par les garçons. Donc voici les éléments qu’ils et elles ont ciblés:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73467&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;Bien que plusieurs des éléments nommés soient communs et présents tant dans la liste des garçons que dans celle des filles, on remarque tout de même que les filles se distinguent en parlant des transformations qui ont trait au corps et au couple, alors que les garçons eux soulignent celles qui ont trait à l’éducation et à la politique. Que penser de ces différences? Sommes-nous, là aussi, devant une démarcation stéréotypée du regard posé sur les transformations vécues?&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;3e question: En quoi la condition masculine a-t-elle changé au cours des dernières années?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Voyons maintenant sous quels aspects, selon eux et elles, la condition masculine a changé au cours des dernières années.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73468&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Qu’est-ce qui se dégage des changements ciblés? On remarque que les commentaires des jeunes femmes sont davantage positifs, alors que les changements ciblés par les jeunes hommes semblent insister davantage sur une perte, un manque, un malaise. Ces derniers mentionnent entre autres que la place que prennent les hommes dans l’espace public s’est grandement modifiée du fait que maintenant, les femmes occupent cet espace avec eux. Du côté des filles, la modification de la place que les hommes assument dans la sphère domestique représente une préoccupation plus grande pour elles. Elles remarquent davantage cet investissement et demandent que les hommes soient encore plus actifs et assument plus de responsabilités dans cet univers.&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;4e question: Y a-t-il des aspects sur lesquels il y aurait encore des luttes à faire pour améliorer les conditions de vie des femmes?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;À cette quatrième question, la majorité des filles et des garçons ont répondu oui d’emblée. Cependant, deux filles ont dit non pour les femmes d’ici tout en précisant que ces luttes étaient valides pour les femmes d’ailleurs, et un garçon a exprimé son ambivalence. Quelles sont donc les situations ciblées par les étudiantes et les étudiants qui demandent encore à être résolues?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73469&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Fait marquant, la majorité des étudiantes et des étudiants étaient d’accord pour souligner qu’il y a encore des luttes à mener pour améliorer les conditions de vie des femmes, et les thématiques soulevées, autour desquelles ces luttes pourraient se faire, sont sensiblement les mêmes, qu’il s’agisse des garçons ou des filles. La conscience des écarts existant et persistant en regard de certaines des sphères de la vie des femmes ou des réalités qu’elles vivent est bien présente dans le groupe et contrairement à l’idée qui dit que les jeunes générations souscrivent au fait que «l’égalité entre les hommes et les femmes est déjà là», on voit ici plutôt l’expression d’une sensibilité aux différences et au travail qu’il reste à faire pour diminuer l’ensemble des iniquités et des inégalités toujours présentes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le commentaire photographique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de ce deuxième travail, les étudiantes et les étudiants étaient invités, dès la première semaine de la session, à se rendre sur le site Internet du cours et à parcourir une banque de photographies mise à leur disposition. Dans l’ensemble des photos proposées, ils devaient choisir celle qui les interpellait davantage et leur permettait de faire un lien avec la thématique du cours. Ils sélectionnaient une photo, l’imprimaient et y joignaient un commentaire écrit qui expliquait les raisons de leur choix, comment ou en quoi cette photo évoquait pour eux les grands thèmes que nous allions aborder dans ce cours ou encore les questions qu’elle leur posait.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voici la sélection des photos&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_i4bjj9r&quot; title=&quot;Ces photos sont extraites de Koch, 2009 et de Masquetiau de Abeels, 2006.&quot; href=&quot;#footnote5_i4bjj9r&quot;&gt;5&lt;/a&gt; choisies plus d’une fois, à l’exception des trois dernières qui ne l’ont été qu’une seule fois.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73470&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;On remarque qu’à travers les choix qui sont faits ici, plusieurs thèmes sont repérables, tels que le rapport des femmes à leur corps, l’emprise des hommes sur ce corps, le couple, la famille, le rôle de mère, les rôles nouveaux qu’occupent des hommes et des femmes dans la sphère domestique et dans l’espace du travail salarié, l’éducation et les regroupements de femmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Là aussi, plusieurs des photos sélectionnées font écho aux éléments de réponses données dans les quatre questions posées dans le questionnaire. Elles font état de réalités qui touchaient traditionnellement et qui touchent encore les femmes au quotidien, ou alors elles témoignent d’un idéal auquel les hommes et les femmes d’aujourd’hui aspirent en matière de rôles et d’égalité.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La 6e séance de cours: «Des luttes et des rires de femmes»&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette sixième séance de cours abordait de manière explicite l’engagement dans le mouvement des femmes et forcément la question du féminisme. Depuis le début de la session, il était évident que ces thèmes suscitaient certaines réticences chez quelques étudiantes et étudiants, voire un certain malaise. La préparation à cette séance de cours les invitait, comme pour toutes les semaines précédentes, à lire quelques textes au préalable. Parmi ces textes, l’un a gagné la faveur de plusieurs. Il s’agit du texte intitulé «Moi féministe? Jamais de la vie…» de Jean-François Landry (2003). Puis, au moment de la séance de cours, deux activités étaient planifiées: la projection d’un documentaire réalisé par des féministes et intitulé «On n’a pas dit notre dernier mot» (Simard et Trépanier, 2006)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_6eptcm7&quot; title=&quot;Ce documentaire porte sur la réalisation du numéro spécial à l’occasion des célébrations des 25 ans de fondation du magazine La Vie en rose.&quot; href=&quot;#footnote6_6eptcm7&quot;&gt;6&lt;/a&gt;, et la rencontre avec deux jeunes féministes engagées dans le groupe Rebelles 02. Voici quelques-uns des commentaires formulés relativement à cette séance de cours&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_y3m38xf&quot; title=&quot;Ces commentaires ont été formulés dans les journaux hebdomadaires des étudiantes et des étudiants.&quot; href=&quot;#footnote7_y3m38xf&quot;&gt;7&lt;/a&gt;:&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Concernant le texte de Jean-François Landry, on peut dire que sa lecture a eu plusieurs effets puisqu’il a été en quelque sorte libérateur et a autorisé une parole autour du féminisme. Il a rejoint les perspectives de plusieurs, dont celle selon laquelle «les jeunes d’aujourd’hui pensent que le féminisme n’a plus sa raison d’être» ; il a ébranlé certaines idées, notamment celle selon laquelle «un garçon pouvait se dire féministe», et il a permis certaines prises de conscience, dont celle «de vivre dans un monde masculin». Des filles ont également été interpellées quant au fait de se dire féministe ou non. D’ailleurs, voici un extrait qui illustre ce type de réflexion:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Suite à la lecture de ce texte, je me suis posée la question: «Suis-je féministe?». Et la réponse fut oui j’en suis une mais pas jusqu’au bout des ongles. […] Je ne ressens pas encore (et peut-être jamais) le besoin de me rallier à un groupe de féministes, je suis comme… une féministe non pratiquante! Je suis pour l’égalité, la justice et la liberté et je suis sensibilisée à toutes les causes pour les femmes mais je ne fais pas partie de la bande qui lutte pour ces causes. C’est peut-être égoïste et individualiste de ma part, j’y consens… mais je suis une féministe dans l’âme et non dans la pratique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quant aux propos recueillis autour du féminisme, ils se regroupent sous deux grands thèmes, soit, d’une part, le sens donné au féminisme et, d’autre part, la perception qu’on a des féministes. Voyons les idées principales qui se dégagent sous chacun de ces thèmes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autour du féminisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien qu’au début de ce cours, plusieurs étudiantes et étudiants croyaient que «le féminisme n’avait plus sa raison d’être», un grand nombre réalise, au moment de cette séance, qu’ils et elles ont «une vision erronée et stéréotypée du féminisme» et n’en retiennent «que le côté gris». Ainsi, il serait nécessaire de «redorer l’image du mouvement des femmes» et même de «redéfinir le terme féminisme».&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bref, on constate que «le féminisme et les actions de ce mouvement sont pour l’ensemble de la société et non contre les hommes» et que «l’avancement de la cause des femmes fait également avancer la cause des hommes».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autour des féministes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au départ, on entretient ici aussi une idée plutôt négative ou stéréotypée des féministes, mentionnant que «si la vision du féminisme est celle de la femme frustrée et extrémiste, on ne veut pas être associé à cette image-là», tout en constatant qu’«il y a un manque de modèles féministes autres que celui de la féministe radicale». À ce sujet, la vidéo projetée a donné l’occasion de voir s’exprimer une variété de féministes qui ne sont pas toutes extrémistes. En somme, comme plusieurs étudiantes l’indiquent, «si être féministe c’est mettre de l’avant les valeurs de liberté, de solidarité, d’équité et de justice», alors elles se revendiquent d’être féministes. Voyons ce que l’une d’entre elles a formulé à ce sujet:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Pour moi le féminisme est un mouvement social et une philosophie. Nous vivons le féminisme de façon collective mais également de façon individuelle. Le documentaire est venu me rejoindre car il présentait des femmes différentes qui vivaient leur féminisme à leur façon. Il est important de laisser place aux nuances. Je trouve que c’est primordial de respecter le degré et l’intensité de féminisme de chaque femme car même si nous le vivons et l’exprimons différemment, nous poursuivons toutes le même objectif soit que les femmes et les hommes soient égaux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’ensemble de ces propos permet de saisir la prégnance des représentations stéréotypées qui perdurent, sur le plan social, relativement à l’identité des féministes ainsi qu’à celle du mouvement où plusieurs d’entre elles militent. Autre aspect intéressant à signaler: c’est un texte signé par un jeune homme (celui de Jean-François Landry) qui permet une expression plus ouverte, une parole plus libre autour de ces questions pour un ensemble important d’étudiantes et d’étudiants du cours. Est-ce dû au fait que cette parole est celle d’un jeune, comme eux et elles, et qu’elle résume en partie leur vision du féminisme ? Est-ce dû au titre accrocheur et évocateur du texte? Finalement, la multiplicité des expressions et des formes du féminisme sont à promouvoir et à mettre de l’avant, de manière à donner l’occasion de déconstruire les représentations figées ou dépassées qui persistent et faire valoir la place qu’occupe la diversité au sein du mouvement des femmes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le journal hebdomadaire et sa synthèse critique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce travail de session demandait à chaque étudiante ou étudiant de rédiger à toutes les semaines un commentaire portant sur les lectures, les documentaires projetés et les discussions poursuivies en classe. Ainsi, au fil des semaines, ce journal prenait forme et se constituait. Puis s’ajoutait une synthèse critique qui permettait à chacun et chacune de faire le bilan de l’impact qu’avaient eu à la fois la démarche réalisée et la réception des contenus livrés dans le cours. Voici quelques-unes des idées principales qui ressortent des journaux et des synthèses présentés:&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au début de la session, un certain nombre d’étudiantes et d’étudiants pensaient que «la cause des femmes était un peu dépassée». En fait, d’autres ont avoué «ne jamais s’être questionné sur la vie des femmes d’autrefois et être étonné du travail fait par les féministes dans le passé». Ainsi on reconnaissait avoir une «méconnaissance du féminisme» ou encore le définir «par ses seuls côtés extrémistes», ce qui continuait à donner une mauvaise réputation aux féministes, et ce malgré tout le travail qu’elles ont accompli. À la sortie de ces 45 heures de cours, certains et certaines disaient même «s’être réconcilié avec le féminisme».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puis, comme la majorité du groupe était composé de femmes, il va s’en dire que plusieurs d’entre elles se sont interrogées quant à leur identité féministe. Voici un commentaire qui résume la perspective de plusieurs: «Avant ce cours, je ne m’étais pas posé la question suis-je féministe ?» De même, compte tenu de la vision attribuée au féminisme, «il est vrai que c’est presque gênant de se dire féministe aujourd’hui: il faut ajouter qu’on n’est pas trop agressive». D’autres soulignent qu’«en prenant conscience de ce qu’est le féminisme, elles voient que plusieurs le sont sans le savoir», ou encore que «certaines ont des façons d’être féministes sans employer le mot». Finalement, quelques-unes affirment que ce cours, la démarche, les lectures «leur confirment qu’elles sont féministes et qu’elles n’auront plus honte de le dire».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À titre d’exemple, et pour terminer, voyons ce qu’une étudiante et un étudiant ont souligné à la fin de leur parcours:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Au terme de cette démarche je peux franchement dire que ma conception du féminisme a totalement changé avec les notions abordées dans ce cours. Dorénavant je n’aurai plus peur de me dire féministe et serai à l’aise d’expliquer ce concept et ce qui reste à faire pour améliorer la vie des femmes d’aujourd’hui et les acquis à ne pas perdre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Ce cours m’a permis de faire cette réflexion profonde sur la différenciation des sexes et ses répercussions sociétales. […] Pour une fois, on m’a proposé de dépasser l’aspect théorique pour me permettre de me positionner à travers une approche réflexive sur le féminisme. […] Les sujets abordés ne m’ont toutefois pas laissé indifférent et m’ont même quelques fois fâché, déstabilisé et fait sortir intérieurement de mes gonds. […] Chose certaine, vous m’avez offert l’opportunité de réfléchir sur cette thématique. Ce cours ne fera pas de moi un militant féministe mais je suis maintenant conscient de cette réalité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les effets de la démarche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Que se dégage-t-il au terme de cette démarche? Quels constats peut-on en tirer? À travers l’ensemble des réponses données aux activités pédagogiques relatées pour les fins de cet article, voici quelques pistes de réflexion qui méritent d’être soulignées.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Des visions et des opinions qui se sont transformées&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si, de prime abord, la majorité des étudiants et étudiantes inscrites à ce cours avaient une vision plutôt négative du féminisme et des féministes, il est évident qu’à l’issue de ces 45 heures de cours, la plupart portent un autre regard sur ces réalités. Plusieurs témoignent du chemin parcouru, de leur vision qui a changé, et d’une opinion qui est maintenant plus nuancée, comme le révèlent les deux témoignages reproduits ci-après:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Au début de la session je me croyais bien informée et sensibilisée sur les effets des rapports de genre dans notre société. J’avais une opinion assez tranchée sur la question et étais persuadée de ne pas changer de point de vue de sitôt. Quelle ne fut pas ma surprise en relisant mon premier commentaire, de constater que mon opinion avait vraiment changé ! En effet ma vision a beaucoup évolué.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Votre cours m’a permis de me réconcilier avec l’approche féministe et de me rendre compte que j’adhérais parfaitement à ces valeurs, et ce, sans le savoir. J’avais certains préjugés et une image un peu péjorative de ce qu’était le féminisme. Je termine la session mieux informée, plus nuancée et davantage affirmée ainsi que préoccupée par la situation des femmes d’ici et dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien que les stéréotypes sur les femmes et les hommes aient été suffisamment remis en question par le mouvement des femmes, on remarque qu’ils sont finalement toujours actifs au sein de nos sociétés, ce qui ouvre pour les jeunes la possibilité de les examiner, de les débusquer et de les contrer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Un cours et des contenus pertinents pour le travail social dans l’avenir&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si au départ on pouvait s’étonner et même questionner la pertinence d’un pareil cours dans le cursus de la formation des futures travailleurs et travailleuses sociales, au fil de la démarche, plusieurs ont pris conscience de son importance au regard des connaissances apprises, des sensibilités développées et des prises de conscience réalisées, qui pourront sans doute donner une couleur particulière à leurs futures interventions.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plusieurs ont souligné comment les «lectures faites dans ce cours leur ont ouvert les yeux», et dans certains cas se sont étonnés d’avoir soi-même été porteur d’attitudes discriminatoires. D’autres ont mentionné comment ce cours, en leur faisant comprendre «les modes de socialisation» et voir comment ceux-ci s’incarnent dans une «culture teintée du legs que nous a laissé la société patriarcale», leur sera utile dans l’exercice de leur future profession. Ainsi, devenir «conscient des construits transmis par notre mode de socialisation» permettra «d’intervenir de façon juste et équitable, que ce soit avec les hommes et avec les femmes», et d’«effectuer les changements sociaux qui s’imposent» en vue d’une société plus juste et égalitaire.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Une connaissance plus approfondie des conditions de vie des femmes d’ici et d’ailleurs&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Finalement, plusieurs étudiantes et étudiants reconnaissent avoir acquis un certain nombre de connaissances en lien avec les conditions de vie des femmes. Ces apprentissages leur ont permis, selon leurs propres termes, de mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre au cœur des rapports de genre et de sexe et de saisir leur spécificité ici comme ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«Acquérir une vision plus globale», «agrandir ses connaissances», «réfléchir plus en profondeur», bref se saisir des conditions de vie vécues par les femmes d’ici et d’ailleurs dans le monde et déceler comment les rapports de sexe et de genre se sont construits, voilà ce que la majorité en retire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Se « réconcilier » avec le féminisme : le découvrir, le voir et le penser autrement…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En somme, on peut dire qu’au sortir de cette démarche, plusieurs étudiants et étudiantes se montrent plus ouverts au féminisme et à ses enjeux; ils et elles les conçoivent et les énoncent d’une manière qui ne correspond plus à leur représentation initiale. Plusieurs ont pris conscience de certains enjeux et réalisé l’ampleur et l’importance du chemin parcouru tout au long du trimestre. Histoire, inégalités structurelles, rôles et stéréotypes attitrés explicitement ou de manière plus sournoise sont quelques-uns des éléments qui leur auront permis de saisir les réalités vécues par les hommes et les femmes d’hier et d’aujourd’hui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sans conclure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si les individus sont «produits» par la société (Élias, 1991), on ne doit pas oublier qu’à leur tour, ils deviennent producteurs et productrices du social (Ferrand, 2004). Mailler rapports sociaux de sexe, rapports de genre, féminisme et travail social sous le mode de l’interrogation et du questionnement devient alors une nécessité pour saisir les enjeux qui animent nos sociétés hypermodernes. De plus, à questionner le féminin et le masculin, on invite à penser l’humanité de façon plus souple et plus ouverte. Voilà le défi que proposait ce cours à de futures travailleuses et travailleurs sociaux qui se voyaient déjà, au moment de leur formation, comme des agents de changement social.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment travailler à multiplier les représentations autour des femmes, des hommes, du féminisme et du mouvement des femmes? Un immense chantier est ouvert pour œuvrer à promouvoir et à rendre visible la multiplicité des formes et des expressions féministes d’hier, d’aujourd’hui et de demain. C’était l’un des défis que ce cours cherchait à relever. De là, et en écho aux propos formulés par les étudiants et étudiantes dans le cadre de cette expérience vécue au trimestre d’automne 2010, la pertinence de maintenir ce type de cours au programme dans la formation en travail social.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si pour Joan W. Scott les identités n’existent pas au préalable, mais se constituent rétrospectivement aux racines où elles s’inscrivent (dans le corps en parlant du genre ou de la race et dans l’héritage culturel en parlant de l’origine ethnique et de la religion), la «similarité illusoire» serait alors reliée à une catégorie de personne considérée comme immuable. On pense ici aux catégories suivantes: femmes, ouvriers, Noirs, homosexuels. À cette idée d’immuabilité, se greffe aussi celle que seules les circonstances historiques, dans lesquelles ces catégories évoluent, varieraient. Pour illustrer ce phénomène, Scott rappelle les multiples fois où les spécialistes de l’histoire des femmes se sont demandés «comment les changements de statut juridique, social, économique, médical des femmes conditionnaient leurs possibilités d’émancipation et leurs chances d’égalité», alors qu’ils ont interrogé beaucoup moins fréquemment «comment ces changements modifiaient le sens (d’un point de vue social et subjectif) du terme “femme” lui-même» (Scott, 2009: 129-130).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À titre de futures intervenantes et intervenants sociaux, il est donc important que les étudiantes et les étudiants soient amenés à comprendre comment, historiquement, les rapports sociaux et les rapports de genre ont pris racine dans diverses institutions (société, famille, école, travail, etc.), quelles sont les luttes qu’ils ont générées et quelles transformations majeures en ont découlé, les aidant ainsi à débusquer les tensions qui perdurent ou sont re/générées par ces rapports dans la société qui se profile et où nous vivons en ce début de XXIe siècle. Voilà la contribution que j’ai cherché à apporter en expérimentant cette formation à l’automne 2010.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BOURASSA, Henri. 1925. &lt;em&gt;Femmes-hommes ou hommes et femmes? Études à bâtons rompus sur le féminisme&lt;/em&gt;, Montréal: Imprimerie du Devoir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ÉLIAS, Norbert. 1991. &lt;em&gt;La société des individus&lt;/em&gt;, Paris: Fayard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FERRAND, Michèle. 2004.&lt;em&gt; Féminin Masculin&lt;/em&gt;, Paris: La Découverte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KOCH, Roberto (dir.). 2009. &lt;em&gt;Photo Box&lt;/em&gt;, New York: Thames &amp;amp; Hudson Ltd; London: Abrams.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LANDRY, Jean-François. 2003. «Moi féministe? Jamais de la vie… », &lt;em&gt;FéminÉtudes&lt;/em&gt;, vol. 8, no 1, p. 23-24.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MASQUESTIAU, Pascale et Patrick ABEELS. 2006. &lt;em&gt;Le Photo langage&lt;/em&gt;, Bruxelles: Le Monde selon les femmes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SCOTT, Joan W. 2009. &lt;em&gt;Théorie critique de l’histoire. Identités, expériences, politiques&lt;/em&gt;, Paris: Fayard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SIMARD. Monique et Nathalie TRÉPANNIER. 2006. &lt;em&gt;On n’a pas dit notre dernier mot,&lt;/em&gt; Montréal: Productions Virage, DVD-(vidéo): 47 min, son, coul. ; 12 cm.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_aq7iwg9&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_aq7iwg9&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Cet extrait est tiré de l’ouvrage: &lt;em&gt;Femmes-hommes ou hommes et femmes? Études à bâtons rompus sur le féminisme&lt;/em&gt; (Bourassa, 1925: 36-37). Les italiques sont de l’auteur.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_y97mwop&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_y97mwop&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; On peut s’interroger: si les étudiantes et les étudiants pouvaient choisir ce cours, à titre de cours optionnel, s’y inscriraient-ils?&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_eeknin4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_eeknin4&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; À noter que ce groupe était formé de 6 garçons et de 44 filles.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_0kyxtif&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_0kyxtif&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Les caractéristiques retenues pour constituer ce tableau sont celles qui ont été nommées plus d’une fois. Le chiffre entre parenthèse indique le nombre de fois où cette caractéristique a été répertoriée.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_i4bjj9r&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_i4bjj9r&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Ces photos sont extraites de Koch, 2009 et de Masquetiau de Abeels, 2006.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_6eptcm7&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_6eptcm7&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Ce documentaire porte sur la réalisation du numéro spécial à l’occasion des célébrations des 25 ans de fondation du magazine &lt;em&gt;La Vie en rose&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_y3m38xf&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_y3m38xf&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; Ces commentaires ont été formulés dans les journaux hebdomadaires des étudiantes et des étudiants.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-numero-publication field-type-text field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Volume: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;5&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-date field-type-datetime field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Year: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;date-display-single&quot; property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2013-01-01T00:00:00-05:00&quot;&gt;2013&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Research Areas: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imagining theoretical practices&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53405&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Thoughts on the contemporary&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53400&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Archaeology of contemporary knowledge and pratices&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-epoque field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Historical Periodization: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/1336&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;21st century&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-fig-imag field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Figures and Imaginary: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/167&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;woman&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54533&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;filiation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54534&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;heritage&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/170&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;man&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54538&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;battles&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/376&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;progress&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54563&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;priviledges&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54565&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;resistances&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/119&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;stereotype&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-genre field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Objects and Cultural Pratices: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/984&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;news&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54558&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;testimony&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-problematiques field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Problematics: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/246&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;feminism&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/919&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;discourse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54510&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;dominant discourse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/1004&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;culture&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54513&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;equality&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54514&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;emancipation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54515&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;empowerment&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/293&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;enunciation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-provenance field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Geographical Context: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/24&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Canada&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/26&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Quebec&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-savoirs field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Fields of Discipline: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54561&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;social work&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/802&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;social sciences&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53798&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;women&amp;#039;s studies&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-type-publication field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Publication Type: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54481&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Cahiers de l&amp;#039;IREF&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Pour ma part, je propose d’entrecroiser les visions que m’ont fournies les étudiantes et les étudiants qui ont pu, par le biais de ce cours, s’interroger sur les places qu’occupent les femmes et les hommes dans cette société hypermoderne et partager certaines de leurs représentations des femmes, des hommes, des féministes et du féminisme qu’elles et ils se faisaient au départ et au terme de cette démarche pédagogique.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;To cite this document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=7046&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Dubé, Marcelle&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2013. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/les-representations-des-femmes-des-feministes-du-feminisme-echos-dun-recit-de-pratique-de&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Les représentations des femmes, des féministes, du féminisme:  échos d’un récit de pratique de formation&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/les-representations-des-femmes-des-feministes-du-feminisme-echos-dun-recit-de-pratique-de&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/les-representations-des-femmes-des-feministes-du-feminisme-echos-dun-recit-de-pratique-de&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;De l&#039;assignation à l&#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&lt;/span&gt;. 2013. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Les+repr%C3%A9sentations+des+femmes%2C+des+f%C3%A9ministes%2C+du+f%C3%A9minisme%3A++%C3%A9chos+d%E2%80%99un+r%C3%A9cit+de+pratique+de+formation&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Dub%C3%A9&amp;amp;rft.aufirst=Marcelle&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-node-id field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Node ID: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;73471&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Dubé, Marcelle&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;Les représentations des femmes, des féministes, du féminisme:  échos d’un récit de pratique de formation&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/les-representations-des-femmes-des-feministes-du-feminisme-echos-dun-recit-de-pratique-de&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;De l&amp;#039;assignation à l&amp;#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=Les+repr%C3%A9sentations+des+femmes%2C+des+f%C3%A9ministes%2C+du+f%C3%A9minisme%3A++%C3%A9chos+d%E2%80%99un+r%C3%A9cit+de+pratique+de+formation&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Dub%C3%A9&amp;amp;amp;rft.aufirst=Marcelle&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Tue, 03 May 2022 13:30:30 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73471 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/en/articles/les-representations-des-femmes-des-feministes-du-feminisme-echos-dun-recit-de-pratique-de#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Répercussions du discours antiféministe dans les médias sur le mouvement des femmes québécois</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/articles/repercussions-du-discours-antifeministe-dans-les-medias-sur-le-mouvement-des-femmes</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Au cours des dernières décennies, le mouvement des femmes québécois a connu des transformations importantes et celles-ci ont été expliquées par des causes internes (dynamiques entre les groupes de femmes, changements de &lt;em&gt;leaders&lt;/em&gt; politiques, etc.) ainsi que par des causes externes (mondialisation, néolibéralisme et montée des conservatismes, médias). Toutefois, nous croyons qu’il est aussi essentiel d’étudier la relation entre un mouvement social et le contre-mouvement qui y est associé, dans le cas présent le mouvement des femmes et l’antiféminisme.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’approche des contre-mouvements dans la théorie de la mobilisation des ressources permet en effet une compréhension dynamique du phénomène, en tenant compte des interactions entre le mouvement initial et le contre-mouvement, du rôle des élites, de la capacité d’adopter de nouvelles stratégies et de nouvelles actions ainsi que du processus d’influence entre ceux-ci (Sommier, 2009: 159). Cette approche repose sur l’idée que tout mouvement social qui a une certaine visibilité et qui connaît du succès créera les conditions nécessaires à l’émergence et à la mobilisation d’un contre-mouvement (Zald et Useem, 1986: 247-248; Meyer et Staggenborg, 1996: 1630). Ces dernières sont au nombre de trois: le succès du mouvement social initial, la menace des privilèges d’une partie de la population et la disponibilité d’alliés du contre-mouvement, tels que des acteurs politiques, des personnes du domaine des affaires, etc. (Meyer et Staggenborg, 1996: 1635). Un contre-mouvement «se place donc à la fois en réaction à un mouvement initial et en dépendance à son égard. Deux perspectives d’analyse sont ainsi tracées: les conditions d’émergence et les interactions qu’il noue avec son mentor» (Sommier, 2009: 155). Par conséquent, les interactions entre le contre-mouvement et le mouvement initial influencent les valeurs, les objectifs, les tactiques et les modes d’action des deux mouvements. (Sommier, 2009: 157). Un contre-mouvement grandit et améliore sa situation lorsqu’il parvient à montrer les effets dangereux et nuisibles du mouvement initial (Zald et Useem 1986: 248). Le mouvement initial tente de neutraliser, confronter et discréditer le contre-mouvement qui s’oppose à lui, car lorsque ce dernier connaît du succès, le mouvement initial est obligé d’être en mode défensif pour tenter de maintenir le&lt;em&gt; statu quo&lt;/em&gt; (Sommier, 2009: 159). Comme l’opposition entre ces deux mouvements se développe continuellement, la nature des interactions entre ceux-ci évolue également (Meyer et Staggenborg 1996: 1645).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce texte présente les résultats d’une recherche menée dans le cadre de notre mémoire de maîtrise&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_akpddq5&quot; title=&quot;Comment comprendre les transformations du mouvement des femmes? Analyse des répercussions de l’antiféminisme au Québec, mémoire de maîtrise (science politique), Université de Montréal, 2011.&quot; href=&quot;#footnote1_akpddq5&quot;&gt;1&lt;/a&gt;, qui portait sur les transformations du mouvement des femmes et les répercussions du discours antiféministe sur lui. L’objectif du présent texte&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_w6kfxur&quot; title=&quot;Je tiens à remercier Krystelle Chrétien et Julie Robillard pour la relecture de ce texte et leurs commentaires.&quot; href=&quot;#footnote2_w6kfxur&quot;&gt;2&lt;/a&gt; est d’analyser les interactions entre le mouvement des femmes québécois et le contre-mouvement masculiniste telles qu’elles sont révélées par l’analyse d’articles de la presse écrite. Ainsi, après une brève présentation de nos résultats sur la présence des discours antiféministes dans les médias, nous traiterons de l’argumentaire masculiniste qui est présent dans les deux journaux retenus, pour enfin aborder la question des répercussions de ces discours sur le mouvement des femmes québécois.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour mieux situer le cadre de notre analyse, précisions que nous étudions les articles portant sur les thématiques masculinistes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_3c4wu7b&quot; title=&quot;Au Québec, l’antiféminisme prend une forme masculiniste; c’est donc pour cette raison que nous parlons de thématiques masculinistes. Pour plus de détails, voir Blais et Dupuis-Déri, 2008.&quot; href=&quot;#footnote3_3c4wu7b&quot;&gt;3&lt;/a&gt; qui sont parus dans &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Le Soleil &lt;/em&gt;entre 1985 et 2009. Si nous avons fait débuter la période couverte par notre analyse en 1985, c’est afin de vérifier l’hypothèse selon laquelle la tuerie de Polytechnique a réellement eu des répercussions sur l’émergence (ou la résurgence) de l’antiféminisme au Québec. Elle se termine en 2009 pour inclure les actions du groupe Fathers-4-Justice, qui ont débuté vers 2005 au Québec. Les thématiques retenues pour colliger les articles sont: condition et identité masculine; suicide des hommes; droits des pères divorcés; difficultés scolaires des garçons; violence conjugale et dérives du féminisme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour repérer et analyser les réactions du mouvement des femmes à ces discours antiféministes, nous avons analysé diverses publications diffusées par la Fédération des femmes du Québec (rapports d’activités, la &lt;em&gt;Petite Presse&lt;/em&gt; et le &lt;em&gt;Féminisme en bref&lt;/em&gt;) au cours de cette même période.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Discours antiféministes dans les médias au Québec&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous avons trouvé 219 articles (voir Graphique 1) portant sur des thématiques masculinistes dans &lt;em&gt;Le Soleil &lt;/em&gt;et 283 dans &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt;, ce qui représente un total de 502 articles parus entre 1985 et 2009.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73453&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Le premier constat pouvant être fait est que très peu, voire aucun article portant sur des thématiques masculinistes n’a été publié dans les deux quotidiens avant les années 1990. Les premiers articles recensés dans&lt;em&gt; La Presse &lt;/em&gt;ont été publiés en 1988 et ceux retrouvés dans &lt;em&gt;Le Soleil&lt;/em&gt;, en 1992. Nous observons toutefois qu’à partir des années 1990, le nombre d’articles augmente graduellement et que celui-ci atteint des sommets beaucoup plus importants au cours des années 2000. Plusieurs auteures ont affirmé que la tuerie de l’École Polytechnique du 6 décembre 1989 avait été déterminante dans la montée des discours antiféministes. Diane Lamoureux (2008: 16) estime qu’il y a une «montée de l’antiféminisme dans le discours public à partir des événements de Polytechnique» et Micheline Dumont (2008: 198) affirme que «cet événement a marqué le début d’un antiféminisme ouvert et tonitruant». Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri (2008: 24) considèrent, pour leur part, que Polytechnique «agira, au final, comme catalyseur de la mouvance masculiniste qui se constituera en véritable mouvement social dans les années 1990».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nos données ne nous permettent toutefois pas de confirmer que la tragédie de Polytechnique a réellement joué un rôle catalyseur dans la diffusion des discours antiféministes par les médias, du moins pas à partir de ce que nous révèle l’analyse de la presse écrite, puisque c’est beaucoup plus tardivement que le nombre d’articles sur les thématiques masculinistes connaîtra une croissance importante. C’est effectivement durant les années 2000, avec des sommets entre 2002 et 2005, que se publie le plus grand nombre d’articles portant sur des thématiques masculinistes; il faut donc trouver d’autres facteurs pour expliquer cette croissance.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les graphiques 2 et 3&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_3doas6y&quot; title=&quot;Il faut prendre en considération qu’un article peut contenir plusieurs thématiques, ce qui explique que ces données ne correspondent pas au nombre total d’articles qui composent le corpus.&quot; href=&quot;#footnote4_3doas6y&quot;&gt;4&lt;/a&gt;montrent que les thématiques masculinistes, comme l’importance qui leur est accordée, n’évoluent pas de façon similaire et que des variations importantes s’observent d’une année à l’autre.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73454&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73455&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Comme l’évolution des thématiques n’est pas constante ou progressive, il est possible d’envisager qu’elle est généralement liée à des événements ou à des actions spécifiques. Ceci se vérifie plus spécialement pour les sujets portant sur la condition masculine, les droits des pères et la réussite scolaire des garçons. Par exemple, dans les deux journaux analysés, la thématique des droits des pères occupe un espace particulièrement important en 1997-1998, comme en 2005-2006. Or, les années 1997 et 1998 sont marquées par un projet de loi sur les pensions alimentaires, par un rapport sur la refonte de la Loi sur le divorce et par la mise sur pied d’un comité sur la garde des enfants. À partir de 2005 et dans les années qui suivent, la thématique des droits des pères est beaucoup plus présente dans les médias, vraisemblablement en raison des différentes actions d’éclat du groupe Fathers-4-Justice et des démêlés avec la justice de certains membres de cette organisation. La présence du discours antiféministe dans les médias peut donc être interprétée comme intimement liée aux actions menées par les groupes masculinistes et à leur capacité de faire parler de ces thématiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Orientation du contenu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans les deux quotidiens, nous notons que la thématique de la condition masculine est celle qui revient le plus souvent. En effet, elle se retrouve dans 51,6 % des articles relevés dans &lt;em&gt;La Presse &lt;/em&gt;et dans 44,3 % de ceux du &lt;em&gt;Soleil&lt;/em&gt;. Les thématiques de la réussite scolaire des garçons et des droits des pères arrivent respectivement en 2e et 3e positions. Les deux thématiques les moins présentes sont celles du suicide des hommes et de la violence conjugale. Enfin, l’idée que le féminisme est allé trop loin se retrouve dans 30 % des articles de &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt; et dans 20,5 % des articles du &lt;em&gt;Soleil&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chacun des articles recensés pour notre étude est classé selon l’orientation globale de son contenu et de l’argumentaire qui y était utilisé. Ainsi, l’orientation d’un article est établie comme étant neutre, masculiniste, féministe ou bien à la fois féministe et masculiniste. Dans &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt;, 47,4 % des articles relevés ont un contenu masculiniste, 10,9 % ont un contenu féministe, 32,9 % sont neutres et 8,8 % ont un contenu qui est à la fois masculiniste et féministe. En ce qui concerne &lt;em&gt;Le Soleil&lt;/em&gt;, 39,3 % des articles relevés ont un contenu masculiniste et 10 % un contenu féministe, 43,8 % sont neutres, et 6,9 % ont un contenu à la fois masculiniste et féministe. L’une des raisons qui peuvent expliquer la différence de l’orientation de contenu entre les deux journaux est qu’un plus grand nombre d’articles provenant de la &lt;em&gt;Presse canadienne&lt;/em&gt; est présent dans &lt;em&gt;Le Soleil&lt;/em&gt;. Dans&lt;em&gt; La Presse&lt;/em&gt;, une très grande majorité des articles sont écrits par des journalistes, chroniqueurs ou éditorialistes engagés par le journal ou sont des articles d’opinion, ce qui a pour conséquence que nous y retrouvons moins d’articles de la &lt;em&gt;Presse canadienne&lt;/em&gt;. Les textes provenant de&lt;em&gt; La Presse canadienne&lt;/em&gt; ont généralement un contenu plus neutre. Dans l’ensemble, nous constatons que l’orientation des articles est rarement féministe et que c’est l’argumentaire masculiniste qui est le plus utilisé. Aussi, même si beaucoup de textes sont neutres, les thématiques masculinistes sont tout de même présentes dans les médias, que ce soit à cause d’actions de la part de groupes (membre de Fathers-4-Justice sur le pont Jacques-Cartier) qui sont rapportées dans l’actualité ou à cause d’événements (un colloque sur la condition masculine).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argumentaire masculiniste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le discours masculiniste ne remet pas systématiquement en question les avancées du mouvement des femmes; il dénonce toutefois le «pouvoir excessif» des femmes. Selon cette perspective, ou l’égalité entre les femmes et les hommes serait déjà atteinte, ou les inégalités se seraient maintenant inversées; le masculinisme se présente en l’occurrence comme une forme de rééquilibrage de la société après les bouleversements engendrés par le féminisme (Blais et Dupuis-Déri, 2008: 11-12; Lamoureux, 2006: 42-45; Trat, Lamoureux et Pfefferkorn, 2006: 22). Il s’agit donc généralement d’un discours sur la situation des hommes qui est alarmiste et qui fait référence à plusieurs problématiques pour appuyer la thèse de leur désarroi: le suicide des hommes, la réussite scolaire des garçons, la violence conjugale et les droits des pères (Blais et Dupuis-Déri, 2008: 11-13, 30).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme nous l’avons déjà mentionné, nos données montrent que le thème de la condition masculine est celui qui est le plus présent dans les articles et qu’il s’agit du thème central du discours masculiniste. En effet, il existe plusieurs liens entre cette thématique et les autres. L’accent est surtout mis sur le malheur, la souffrance, le désarroi et les questionnements des hommes. Cet extrait d’une chronique d’Yves Boisvert (2004: A5) dans &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt; présente bien l’argumentaire masculiniste sur la condition masculine:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;L’homme ne sait plus qui il est. Il ne sait plus où est sa place. Il est silencieux, mais il n’en pense pas moins. Les enquêtes le disent. Jusque dans les replis de sa vie quotidienne, l’homme fait face au désarroi.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Il a été domestiqué par la révolution féministe. Mais on lui demande en même temps de conserver cette aptitude ancestrale pour bûcher une corde de bois et reclouer la patte du lit du petit dernier.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;L’homme est à un tournant de son histoire. Il le sent. Il souffre. Il se demande ce qu’il y a dans ce rapport sur la condition masculine, remis récemment au ministre de la Santé.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Des liens explicites sont ainsi établis entre la condition des hommes et le féminisme. Dans certains articles, il est parfois question de la perte de pouvoir et de privilèges subie par les hommes à la suite de changements engendrés par le féminisme. Selon certains, les hommes n’avaient pas choisi cette position de pouvoir ni ces privilèges et sont par conséquent des victimes de tous ces bouleversements. Un autre aspect central de l’argumentaire masculiniste sur la condition masculine est le manque de représentations positives des hommes. Que ce soit dans les publicités ou dans la société en général, leur image serait toujours négative (pauvre type maladroit et incapable de faire quoi que ce soit, père absent, pédophile, violeur, violent, etc.), alors que celle des femmes serait positive et liée à la réussite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En ce qui a trait au suicide, même si un grand nombre d’articles sur le sujet peuvent être considérés comme neutres, il existe un argumentaire masculiniste sur la question. L’idée du manque de représentations positives des hommes revient aussi dans cette thématique, puisque cette absence ferait en sorte que leur souffrance ne serait pas prise au sérieux. De même, un lien est établi entre le suicide et la situation des hommes divorcés: quelques articles affirment qu’une majorité des suicides masculins au Québec seraient commis par des pères divorcés ou séparés, bien que cette affirmation ne soit pas appuyée ni par des statistiques ni par des études. On allègue également que le féminisme aurait fait perdre aux hommes leur place au sein de la famille et que les changements observés dans les rapports entre femmes et hommes auraient entraîné des problèmes identitaires chez ces derniers, ce qui expliquerait en partie le suicide des hommes. Or, le suicide est un phénomène complexe avec de multiples causes. Plusieurs études et données contredisent clairement les affirmations faites par les masculinistes au sujet du suicide des hommes (Dupuis-Déri, 2008).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La thématique des droits des pères divorcés ou séparés est celle où l’argumentaire masculiniste s’avère le plus important. Le point de départ de celui-ci est que les hommes n’auraient pas les mêmes droits que les mères et que ces dernières seraient favorisées par le système juridique et par le gouvernement en ce qui concerne la garde des enfants. Suite à l’émancipation des femmes, aux gains du mouvement des femmes et aux transformations des rôles familiaux qui en découlent, les masculinistes affirment que plusieurs hommes seraient exclus de la famille, surtout après un divorce. Cet extrait de &lt;em&gt;La Presse &lt;/em&gt;montre bien le fil conducteur de l’argumentaire utilisé:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Pour être bref, autant pour le père marié que pour le père divorcé, l’équité parentale, ce n’est pas pour demain. Le père divorcé, lui, ne fait carrément pas partie de la famille dans notre société prétendant vouloir abolir les iniquités entre hommes et femmes. La fête des Pères devra peut-être bientôt changer de nom pour la fête du Guichet automatique. (Ménard, 1997: B3)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un autre élément de cet argumentaire est que plusieurs hommes seraient victimes de fausses accusations de la part de leur conjointe ou de leur ex-conjointe dans le but de les empêcher d’obtenir la garde de leurs enfants.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le thème de la réussite scolaire revient de façon récurrente dans l’argumentaire masculiniste, reposant sur l’idée qu’il existerait une différence entre les garçons et les filles sur le plan de l’apprentissage et du comportement. D’autres causes sont aussi mises de l’avant pour expliquer les difficultés scolaires des garçons, comme le manque de modèles masculins (à l’école et dans la société) ainsi qu’une trop grande féminisation de l’école. Selon certains, le féminisme serait responsable de ces problèmes, notamment du mépris des valeurs masculines:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Qu’est-ce donc qui a changé? Le nouveau facteur, dont le Conseil ne parle pas, est peut-être le féminisme, ou plus précisément un certain féminisme primaire et radical qui a engendré le mépris des valeurs masculines. Toute la société, l’école au premier chef, est imprégnée de cette mentalité qui voit la masculinité comme une tare et tourne en ridicule les comportements masculins traditionnels. (Gagnon, 1999: B3)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Des solutions sont parfois proposées pour régler ce problème, comme l’augmentation du nombre d’enseignants masculins, un temps de récréation plus long et plus d’activités physiques, ainsi que la non-mixité des classes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lorsqu’il est question de la thématique de la violence conjugale, nous retrouvons plusieurs des arguments qui sont utilisés dans les autres thématiques. L’image négative des hommes que l’on dit véhiculée dans la société est encore une fois dénoncée. L’argument utilisé est que ceux-ci seraient toujours présentés comme des agresseurs et les femmes, comme des victimes ou comme des personnes qui se défendent. Le discours masculiniste insiste sur l’idée qu’il y aurait plutôt une symétrie de la violence, c’est-à-dire que les femmes seraient aussi violentes que les hommes, sinon plus. Les statistiques sur le sujet seraient, selon eux, faussées, car les hommes seraient victimes de fausses accusations de violence conjugale et défavorisés par un système qui privilégie les femmes. Encore une fois, aucune étude n’indique que c’est le cas. Ainsi, selon des masculinistes, seules les femmes « profitent » des fonds consacrés à la violence conjugale; les féministes auraient instrumentalisé le discours sur la violence conjugale et développé, aux dires de certains, une industrie qui «profite» aux femmes et aux féministes. Un texte d’Yves Pageau (2003 : A23) publié dans &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt; illustre bien ces arguments:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;L’idée que des hommes soient parfois la victime de leur conjointe bouscule, en effet, les bases d’une industrie importante. Il faut bien le reconnaître que l’objectif du féminisme consiste à broyer les hommes présumés toujours coupables et à accorder aux femmes, présumées toujours victimes, les moyens de se soustraire à la justice en portant de fausses allégations à l’endroit de leur conjoint.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Finalement, la dernière thématique que nous avons étudiée est cette idée que le féminisme serait allé trop loin (les «dérives du féminisme»). Cette thématique est généralement présente dans l’argumentaire développé à propos des autres sujets: les hommes seraient dorénavant victimes de sexisme. De plus, le féminisme est fréquemment présenté comme un mouvement qui était nécessaire dans le passé, mais qui est maintenant néfaste autant pour les hommes que pour les femmes. Il serait passé d’un mouvement nécessaire à un mouvement anti-hommes dont l’objectif est de détruire ces derniers.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce bref survol de l’argumentaire masculiniste illustre que les mêmes arguments sont souvent utilisés afin d’appuyer les idées et les valeurs véhiculées par ce contre-mouvement. En effet, le suicide des hommes, les difficultés scolaires des garçons, la problématique des droits des pères et la violence conjugale sont souvent expliqués par des arguments qui invoquent l’utilisation d’images négatives des hommes et de la masculinité, les problèmes liés à une identité masculine bousculée par le féminisme et ses avancées de même que l’implantation de mesures et politiques gouvernementales qui seraient plus favorables aux femmes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Répercussions sur le mouvement des femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Afin de bien comprendre les interactions entre le mouvement des femmes et le mouvement masculiniste, il est nécessaire d’analyser les réactions de ce premier face aux discours du second. Comme nous l’avons mentionné plus tôt, nous avons analysé diverses publications de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) de 1985 à 2009. La période de 1985 à 1989 est surtout marquée par des consultations gouvernementales, par le débat sur la souveraineté du Québec et par l’Accord du Lac Meech, en plus de plusieurs dossiers liés à la condition féminine. De 1990 à 2000, d’autres dossiers et sujets font leur apparition à l’ordre du jour de la FFQ. Il est notamment question des difficultés internes au sein de l’organisation, de la Marche du pain et des roses ainsi que de la Marche mondiale des femmes. À partir de 1996, la priorité de la FFQ devient la lutte contre la pauvreté, et le sujet «femmes du monde» et celui d’un «Québec féminin pluriel» sont plus présents. C’est aussi à partir du milieu des années 1990 que le néolibéralisme et la montée de la droite et des intégrismes commencent à être une préoccupation majeure pour l’organisation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Durant les années 2000, la Marche mondiale des femmes continue d’occuper une place importante, ainsi que les dossiers de la lutte contre la pauvreté et la violence. Toutefois, c’est dans les années 2000 que la FFQ réagit pour la première fois dans ses publications à la montée de l’antiféminisme et des discours masculinistes. Même si nous observons une augmentation des discours antiféministes dans les quotidiens retenus durant les années 1990, celle-ci ne donne lieu à aucune déclaration de la FFQ avant 2003. La première mention du masculinisme est faite dans le rapport annuel de 2002-2003, alors que le comité Communications indique que les journalistes ont posé des questions sur le masculinisme à plusieurs reprises au cours de l’année (Fédération des femmes du Québec, 2003a: 11). C’est aussi à partir de 2003 que la FFQ parle de la montée de l’antiféminisme et l’associe régulièrement à la progression de la droite (Fédération des femmes du Québec, 2003b: 30). Il est difficile d’expliquer pourquoi la FFQ a attendu jusqu’à ce moment pour réagir dans ses publications à la montée de l’antiféminisme. Il est possible que la Marche mondiale des femmes ait exigé beaucoup de temps et de ressources pour l’organisation avant et après l’événement, ce qui a laissé peu de place pour réagir à cette montée de l’antiféminisme et pour élaborer des stratégies destinées à la bloquer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’année 2004 marque un tournant; la mouvance antiféministe devient alors une préoccupation considérable pour les membres de la FFQ. Dans le Rapport d’activités 2003-2004, il est stipulé que les membres sont préoccupées par la montée de l’antiféminisme et que la FFQ devrait en tenir compte (Fédération des femmes du Québec, 2004: 35-36). Ce contexte influence donc directement les stratégies et les actions de la FFQ pour les années suivantes. À la suite de l’adoption de cette proposition au congrès, la FFQ commence à s’impliquer en participant à des journées de réflexions sur les revendications féministes et les médias au cours desquelles il est notamment question du discours antiféministe dans les médias québécois (Fédération des femmes du Québec, 2004: 36). Ce contexte influence aussi les revendications québécoises de la Marche mondiale des femmes de 2005, qui sont adaptées à cette nouvelle réalité, c’est-à-dire à une montée de la droite politique et à une progression de l’antiféminisme (Fédération des femmes du Québec, 2005: 13). C’est également en 2005, dans le prolongement des journées de réflexion, que la FFQ s’engage avec d’autres groupes de femmes pour contrer cette montée de l’antiféminisme (Fédération des femmes du Québec, 2005: 49). Finalement, nous observons qu’en 2006 et dans les années qui suivent, la FFQ entreprend diverses actions qui ont comme objectifs de réagir à la montée de l’antiféminisme et de la bloquer. Mentionnons notamment, la création de la liste de discussion RebELLEs, qui vise à «contribuer à briser l’isolement des jeunes qui s’identifient comme féministes dans un contexte de ressac antiféministe, particulièrement celles vivant hors des grands centres urbains et qui ont moins d’espace de collectivisation» (Fédération des femmes du Québec, 2006: 7). Un autre exemple est le Groupe des 13&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_njxntcr&quot; title=&quot;Il s’agit d’un lieu de concertation réunissant les groupes de femmes nationaux et le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes (Fédération des femmes du Québec 2006 : 50).&quot; href=&quot;#footnote5_njxntcr&quot;&gt;5&lt;/a&gt;, dont la FFQ fait partie, qui a mis en place un comité sur la montée de l’antiféminisme (Fédération des femmes du Québec, 2006: 50). À partir de 2006, nous constatons donc que plusieurs actions sont menées par la FFQ en réaction à cette montée de l’antiféminisme, tandis que des stratégies sont développées pour tenir compte de cette situation.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En analysant les publications de la FFQ, nous observons que durant les années 2000, la montée de l’antiféminisme occupe une place de plus en plus importante au sein de ses préoccupations. Au début, le sujet est mentionné seulement lorsqu’il est question de la montée de la droite, afin d’expliquer un changement du contexte social, politique et économique au Québec. Le milieu des années 2000 marque un tournant important dans la manière dont est traitée la montée de l’antiféminisme. Ce phénomène occupe dès lors une place centrale dans les analyses de la FFQ et les conséquences précises de cette montée sur le mouvement des femmes sont prises en considération.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’objectif de ce texte était de comprendre les interactions entre le mouvement des femmes québécois et le contre-mouvement masculiniste. Selon l’approche des contre-mouvements, l’émergence d’un contre-mouvement a, nous l’avons mentionné en introduction, une influence qui ne peut être négligée sur les valeurs, les objectifs, les stratégies et les actions de chacun (Sommier, 2009: 157). Le contre-mouvement cherche constamment à améliorer sa situation en critiquant les effets nuisibles et pervers du mouvement auquel il s’oppose, tandis que celui-ci est forcé à prendre une position défensive afin de neutraliser, de confronter et de discréditer les prétentions du premier tout en défendant et en préservant ses propres acquis (Zald et Useem 1986: 148; Sommier, 2009: 159). C’est ce que confirment clairement les résultats de notre analyse des discours masculinistes recensés dans &lt;em&gt;Le Soleil&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La Presse.&lt;/em&gt; Il est manifeste que le contre-mouvement masculiniste essaie effectivement de discréditer le mouvement des femmes en montrant ses effets «négatifs» et «nuisibles» pour les hommes et qu’il intensifie sa présence médiatique au fil des ans. Quant à la FFQ, si elle tarde à prendre explicitement acte de la présence de l’antiféminisme, elle lui accorde néanmoins de plus en plus d’importance à partir du milieu des années 2000. Cela concorde avec l’augmentation considérable de la diffusion du discours masculiniste dans les médias, augmentation qui force vraisemblablement la FFQ à réagir et à cibler nombre de ses interventions contre le mouvement masculiniste. Cette situation force le mouvement des femmes à se replier sur une position défensive depuis les années 2000.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Notre étude confirme donc la montée d’un discours antiféministe dans la presse écrite au Québec. Certes, le sujet de l’antiféminisme au Québec avait déjà été étudié, mais il était plutôt question de l’émergence du masculinisme, de son argumentaire, de ses stratégies ou de l’importance des médias dans la diffusion de ses idées. Toutefois, la plupart de ces analyses ne se basaient pas sur des données empiriques et il était donc difficile de mesurer l’ampleur de la présence du discours masculiniste dans les médias. Or, notre recherche permet de démontrer empiriquement la présence de thématiques masculinistes dans deux importants journaux de la presse écrite québécoise. Nos résultats montrent également que c’est seulement à partir du milieu des années 1990 qu’il y a une augmentation significative, mais graduelle, du nombre d’articles portant sur des thématiques masculinistes et que c’est véritablement dans les années 2000 que ce discours occupe une place importante dans les journaux analysés. Ainsi, si nos données ne nous permettent pas de confirmer, comme certains auteurs l’ont affirmé, le rôle joué par la tragédie de Polytechnique dans la diffusion du discours antiféministe dans la presse écrite, nos résultats confirment toutefois ce que Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri (2008: 27) ont avancé, à savoir que «le mouvement masculiniste est particulièrement actif et dynamique surtout depuis le début des années 2000». Finalement, l’approche des contre-mouvements nous aura permis d’étudier les interactions entre le mouvement des femmes et le masculinisme, ainsi que les répercussions du dernier sur le premier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans leur analyse du mouvement masculiniste, Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri (2008: 252) constatent que «plusieurs considèrent qu’il s’agit là d’un phénomène marginal, porté par quelques individus plus ou moins sains d’esprit, qui ont recours à l’activisme politique pour métaboliser leur crise personnelle et leur dérive psychologique». Cependant, malgré le nombre peu élevé de militants connus du public, leur discours et leurs arguments sont largement diffusés dans les médias, parfois même par des journalistes qui ne se considèrent pas comme étant masculinistes. Par conséquent, le mythe selon lequel l’égalité entre les hommes et les femmes serait atteinte, ou pire, celui affirmant que le mouvement des femmes serait allé trop loin, apparaît de plus en plus présent depuis les années 2000 dans les médias examinés. Cela est inquiétant dans la mesure où plusieurs recherches montrent que les femmes, particulièrement les jeunes, refusent de s’affirmer féministes, même si beaucoup d’entre elles sont conscientes des inégalités qui persistent et sont favorables aux valeurs féministes (Aronson, 2003; Baker Beck, 1998; Roy, Weibust et Miller, 2007). Il serait intéressant d’étudier à quel point cette image négative du mouvement des femmes et des féministes véhiculée par le discours antiféministe participe à ce rejet du féminisme et à l’acceptation du mythe de «l’égalité déjà-là».&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aussi, nous croyons qu’il est essentiel d’étudier plus en détail l’antiféminisme au Québec et d’y réagir. Dans un contexte politique et économique défavorable aux femmes et au mouvement des femmes, il est crucial de produire un contre-discours qui montre que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas atteinte et que des inégalités importantes persistent. Malgré un nombre grandissant de recherches sur le sujet, il reste encore du chemin à faire afin de mieux comprendre les conséquences du contre-mouvement masculiniste sur la société et sur le mouvement des femmes. Une meilleure compréhension de la situation actuelle permettrait pour le moins à ce dernier d’être davantage proactif pour ne pas être &lt;em&gt;acculé &lt;/em&gt;à des &lt;em&gt;positions défensives &lt;/em&gt;limitant ses capacités d’initiatives et d’intervention.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ARONSON, Pamela. 2003. «Feminists or “Postfeminists”»?: Young Women’s Attitudes toward Feminism and Gender Relations», &lt;em&gt;Gender and Society&lt;/em&gt;, vol. 17, no 6, p. 903-922.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BAKER BECK, Debra. 1998. «The “F” Word: How the Media Frame Feminism», &lt;em&gt;NWSA Journal&lt;/em&gt;, vol. 10, no 1, p. 139-153.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BLAIS, Mélissa et Francis DUPUIS-DÉRI (dir.). 2008. &lt;em&gt;Le mouvement masculiniste au Québec. L’antiféminisme démasqué&lt;/em&gt;, Montréal: Éditions du remue-ménage.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BOISVERT, Yves. 2004. «La condition masculine», &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt; (Montréal), 14 avril, p. A5.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DUMONT, Micheline. 2008. &lt;em&gt;Le féminisme québécois raconté à Camille&lt;/em&gt;, Montréal: Éditions du remue-ménage.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DUPUIS-DÉRI, Francis. 2008. «Le chant des vautours : de la récupération du suicide des hommes par les antiféministes», dans Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri, dir., &lt;em&gt;Le mouvement masculiniste au Québec. L’antiféminisme démasqué&lt;/em&gt;, Montréal: Éditions du remue-ménage, p. 145-177.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FÉDÉRATION DES FEMMES DU QUÉBEC. 2003a. &lt;em&gt;Rapport d’activités 2002-2003&lt;/em&gt;, 1er juin 2003.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2003b. «Plateforme féministe». &lt;em&gt;Le Féminisme en bref&lt;/em&gt;, vol. 13, no 1, p. 1-52.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2004. &lt;em&gt;Rapport d’activités 2003-2004&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2005. &lt;em&gt;Rapport d’activités 2004-2005&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2006. &lt;em&gt;Rapport d’activités 2005-2006&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GAGNON, Lysianne. 1999. «La misère scolaire des garçons», &lt;em&gt;La Presse (&lt;/em&gt;Montréal), 16 octobre, p. B3.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LAMOUREUX, Diane. 2006. «Les nouveaux visages de l’antiféminisme en Amérique du Nord», dans &lt;em&gt;L’autonomie des femmes en question: antiféminismes et résistances en Amérique et en Europe&lt;/em&gt;, sous la dir. de Josette Trat, Diane Lamoureux et Roland Pfefferkorn, Paris: L’Harmattan, p. 31-50.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2008. «Québec 2001: un tournant pour les mouvements sociaux québécois?», dans Francis Dupuis-Déri, dir., &lt;em&gt;Québec en mouvements: idées et pratiques militantes contemporaines&lt;/em&gt;. Montréal: Lux éditeur, p. 11-34.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MÉNARD, Serge. 1997. «Le père divorcé fait-il toujours partie de la famille?», &lt;em&gt;La Presse &lt;/em&gt;(Montréal), 14 juin, p. B3.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MEYER, David S. et Suzanne STAGGENBORG. 1996. «Movements, Countermovements, and the Structure of Political Opportunity»,&lt;em&gt; The American Journal of Sociology&lt;/em&gt;, vol. 101, no 6, p. 1628-1660.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PAGEAU, Yves. 2003. «Le crime au féminin —La criminalité n’a pas vraiment de sexe»,&lt;em&gt; La Presse&lt;/em&gt; (Montréal), 12 novembre, p. A23.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ROY, Robin E., Kristin S. WEIBUST et Carol T. MILLER. 2007. «Effects of Stereotypes about Feminists on Feminist Self-identification , &lt;em&gt;Psychology of Women Quarterly&lt;/em&gt;, vol. 31, no 2, p. 146-156.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SOMMIER, Isabelle. 2009. «Contre-mouvement», dans &lt;em&gt;Dictionnaire des mouvements sociaux&lt;/em&gt;, sous la dir. d’Olivier Fillieule, Lilian Mathieu et Cécile Péchu, Paris: Presses de SciencePo, p. 154-159.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;TRAT, Josette, Diane LAMOUREUX et Roland PFEFFERKORN (dir.). 2006. &lt;em&gt;L’autonomie des femmes en question: antiféminismes et résistances en Amérique et en Europe&lt;/em&gt;, Paris: L’Harmattan.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ZALD, Mayer N. et Bert USEEM. 1986. «Movement and Countermovement Interaction: Mobilization, Tactics, and State Involvement», dans &lt;em&gt;Social Movements in an Organizational Society&lt;/em&gt;, sous la dir. de Mayer N. Zald et John D. McCarty, New Brunswick, NJ: Transaction Books, p. 247-271.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_akpddq5&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_akpddq5&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Comment comprendre les transformations du mouvement des femmes? Analyse des répercussions de l’antiféminisme au Québec&lt;/em&gt;, mémoire de maîtrise (science politique), Université de Montréal, 2011.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_w6kfxur&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_w6kfxur&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Je tiens à remercier Krystelle Chrétien et Julie Robillard pour la relecture de ce texte et leurs commentaires.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_3c4wu7b&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_3c4wu7b&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Au Québec, l’antiféminisme prend une forme masculiniste; c’est donc pour cette raison que nous parlons de thématiques masculinistes. Pour plus de détails, voir Blais et Dupuis-Déri, 2008.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_3doas6y&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_3doas6y&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Il faut prendre en considération qu’un article peut contenir plusieurs thématiques, ce qui explique que ces données ne correspondent pas au nombre total d’articles qui composent le corpus.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_njxntcr&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_njxntcr&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Il s’agit d’un lieu de concertation réunissant les groupes de femmes nationaux et le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes (Fédération des femmes du Québec 2006 : 50).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-numero-publication field-type-text field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Volume: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;5&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-date field-type-datetime field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Year: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;date-display-single&quot; property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2013-01-01T00:00:00-05:00&quot;&gt;2013&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Research Areas: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imagining theoretical practices&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53405&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Thoughts on the contemporary&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53400&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Archaeology of contemporary knowledge and pratices&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-epoque field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Historical Periodization: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/97&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;20th century&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/1336&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;21st century&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-fig-imag field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Figures and Imaginary: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/167&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;woman&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/104&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;body&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54525&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;conflict&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/971&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;wrath&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-genre field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Objects and Cultural Pratices: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/982&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;medias&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-problematiques field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Problematics: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54503&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;antifeminism&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54510&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;dominant discourse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54546&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;representations&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-provenance field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Geographical Context: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/24&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Canada&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/26&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Quebec&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-savoirs field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Fields of Discipline: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/350&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;politics&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/802&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;social sciences&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53798&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;women&amp;#039;s studies&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-type-publication field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Publication Type: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54481&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Cahiers de l&amp;#039;IREF&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Ce texte présente les résultats d’une recherche menée dans le cadre de notre mémoire de maîtrise, qui portait sur les transformations du mouvement des femmes et les répercussions du discours antiféministe sur lui. L’objectif du présent texte est d’analyser les interactions entre le mouvement des femmes québécois et le contre-mouvement masculiniste telles qu’elles sont révélées par l’analyse d’articles de la presse écrite.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;To cite this document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=7041&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Goulet, Émilie&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2013. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/repercussions-du-discours-antifeministe-dans-les-medias-sur-le-mouvement-des-femmes-quebecois&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Répercussions du discours antiféministe dans les médias sur le mouvement des femmes québécois&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/repercussions-du-discours-antifeministe-dans-les-medias-sur-le-mouvement-des-femmes&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/repercussions-du-discours-antifeministe-dans-les-medias-sur-le-mouvement-des-femmes&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;De l&#039;assignation à l&#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&lt;/span&gt;. 2013. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministest de recherches et d&#039;études féministes (IREF)t. coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=R%C3%A9percussions+du+discours+antif%C3%A9ministe+dans+les+m%C3%A9dias+sur+le+mouvement+des+femmes+qu%C3%A9b%C3%A9cois&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Goulet&amp;amp;rft.aufirst=%C3%89milie&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministest+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29t&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-node-id field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Node ID: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;73452&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Goulet, Émilie&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;Répercussions du discours antiféministe dans les médias sur le mouvement des femmes québécois&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/repercussions-du-discours-antifeministe-dans-les-medias-sur-le-mouvement-des-femmes&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;De l&amp;#039;assignation à l&amp;#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministest de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF)t. coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=R%C3%A9percussions+du+discours+antif%C3%A9ministe+dans+les+m%C3%A9dias+sur+le+mouvement+des+femmes+qu%C3%A9b%C3%A9cois&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Goulet&amp;amp;amp;rft.aufirst=%C3%89milie&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministest+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29t&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Mon, 02 May 2022 19:06:40 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73452 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/en/articles/repercussions-du-discours-antifeministe-dans-les-medias-sur-le-mouvement-des-femmes#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Politiques fascistes du corps féminin: santé, beauté, maternité</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/articles/politiques-fascistes-du-corps-feminin-sante-beaute-maternite</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 360px;&quot;&gt;En histoire, les femmes sont invisibles&amp;nbsp;&lt;br&gt;à moins de les regarder bien en face.&amp;nbsp;&lt;br&gt;Eve Rosenhaft&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_1gx96li&quot; title=&quot; Citée par Jill Stephenson, 2000: 5 —ma traduction. Mes remerciements à Isabelle Courcy et aux lectrices du comité scientifique pour la lecture attentive de ce texte.&quot; href=&quot;#footnote1_1gx96li&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’énormes difficultés surgissent dès que l’on s’engage à définir le fascisme: ses frontières sont floues et d’illustres historiens refusent d’admettre que le fascisme italien et le nazisme allemand relèvent du même phénomène&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_3zqasgf&quot; title=&quot;On pense par exemple à Renzo De Felice. Il existe à notre sens une «famille politique des fascismes, une famille européenne qui a connu différentes variantes, qui n’exclut certes pas la spécificité de chaque régime, mais qui constitue néanmoins leur matrice commune» (Traverso, 2008). Notons que les polémiques provoquées par la médiatisation de certaines thèses de De Felice, que ce soit celle du «consensus» suscité par le fascisme ou de sa singularité « absolue », sont toujours aussi intenses (voir Matard-Bonucci, 2008).&quot; href=&quot;#footnote2_3zqasgf&quot;&gt;2&lt;/a&gt;. De même, des régimes pas vraiment fascistes ont emprunté dans les années trente quelques éléments «de décor» pour se donner des signes extérieurs de puissance. Mais il existe un phénomène général qu’on peut qualifier de «Fascisme», quitte à le mettre au pluriel pour tenir compte des différences nationales. Ainsi, le régime de Vichy&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_ustg88n&quot; title=&quot;Le Régime de Vichy assure le gouvernement français de juillet 1940 à août 1944, sous la gouverne du maréchal Philippe Pétain, durant l’occupation allemande de la France. Ce régime, qui met fin à la République, tire son nom de la ville de Vichy où se situe son siège (on le désigne parfois aussi par l’appellation «Gouvernement de Vichy», voire simplement «Vichy»). Cette parenthèse dans la démocratie républicaine a une place particulière dans l’histoire française et son caractère fasciste ou fascisant fait l’objet de débats. La base de l’argumentation est la loi constitutionnelle votée le 10 juillet 1940 constituée d’un article unique ayant pour objet d’attribuer les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.&quot; href=&quot;#footnote3_ustg88n&quot;&gt;3&lt;/a&gt; ne semble pas fasciste à ses débuts, mais il le devient lorsqu’il se transforme en État policier (Paxton, 1994)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_zi7eyz6&quot; title=&quot;Malgré la thèse française classique à l’effet que «le fascisme français n’a pas existé», on ne peut nier «l’imprégnation fasciste» ni son déploiement dans le régime de Vichy, peu importe s’il se met en place uniquement grâce à l’occupation allemande ou en conjonction avec un état d’esprit propre à la droite française. Nous laissons ce débat aux historiens et historiennes.&quot; href=&quot;#footnote4_zi7eyz6&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. On peut aussi inclure dans le groupe l’Espagne de Franco et le Portugal de Salazar, qui ne seront pas abordés ici faute d’espace. Ce texte traite du fascisme historique de la période 1922-1945: il s’attarde aux politiques fascistes qui touchent le corps féminin et qui viennent appuyer la domination traditionnelle des femmes et ce, malgré les projets révolutionnaires à l’origine de ces régimes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les historiens qui ont renouvelé l’interprétation du fascisme au cours des vingt dernières années en adoptant une perspective comparative affirment:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Le fascisme fut à la fois une révolution, une idéologie, une vision du monde et une culture. Une révolution, car il ne regardait pas vers le passé, mais voulait bâtir une société nouvelle. Une idéologie, car il concevait le nationalisme comme une alternative moderne aussi bien au socialisme qu’au libéralisme. Une vision du monde, puisqu’il inscrivait son projet politique dans une philosophie de l’histoire. Et une culture, puisqu’il voulait transformer l’imaginaire collectif, modifier les styles de vie, supprimer tout clivage entre vie privée et vie publique. (Traverso, 2008)&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon l’historien George Mosse, qui considère l’histoire culturelle comme un domaine bien plus vaste que l’histoire des idées, il faut, pour comprendre le fascisme, prendre en compte ses représentations, ses pratiques et sa capacité de donner forme aux sentiments populaires, bref ses implications dans l’imaginaire collectif (Mosse, 1996; 2003). Mon ambition n’est toutefois pas de proposer un modèle du fascisme, mais de cerner certaines modalités de circulation de la culture politique d’un régime à l’autre, des emprunts, des contradictions et des singularités nationales au-delà de l’appartenance à une culture politique commune (Matard-Bonucci, 2008 : 10) ou à un imaginaire politique commun (Burrin, 2000: 49-71). Ces moments historiques qu’ont été les fascismes fournissent l’occasion d’étudier de façon privilégiée des processus de répression qui imposent des idées et des visions de ce que doivent être les différences entre les sexes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;La virilité et son altérité&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La pierre angulaire de cette vision repose sur la construction du culte de la virilité (Mosse, 1997): en Italie par exemple, le fascisme véhicule un culte de la virilité et le Duce est son «athlète politique» (Gori, 2004: 9)! Cette esthétique de la virilité, du corps et du sport, a sa contrepartie féminine&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_mo9dwub&quot; title=&quot;D’autres l’ont exprimé avant lui (dont nombre de féministes), mais c’est Pierre Bourdieu qui souligne que la masculinité et la féminité ne peuvent pas être pensés de manière séparée : c’est avant tout dans l’opposition avec le féminin que le masculin peut se construire et s’exprimer: «La virilité […], est une notion éminemment relationnelle, construite devant et pour les autres hommes contre la féminité, dans une sorte de peur du féminin, et d’abord en soi-même» (Bourdieu, 1998 : 59).&quot; href=&quot;#footnote5_mo9dwub&quot;&gt;5&lt;/a&gt;:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;La culture fasciste exalte l’action, la virilité, la jeunesse, le combat, en les traduisant dans une certaine image du corps, dans des gestes, des emblèmes, des symboles qui devraient redéfinir l’identité nationale. Toutes ces valeurs exigent leur antithèse, qui se décline en une multiplicité de figures négatives de l’altérité : l’altérité de genre des homosexuels et des femmes n’acceptant pas une position subalterne; l’altérité sociale des criminels; l’altérité politique des anarchistes, communistes et subversifs; l’altérité raciale des Juifs et des peuples colonisés. … Judéité, homosexualité et féminité sont les figures négatives par excellence permettant à l’esthétique fasciste d’élaborer ses mythes positifs de la virilité, de la santé, de l’hygiène physique et morale. (Traverso, 2008)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le culte de la virilité, dans lequel les hommes étaient invités à suivre l’exemple du Duce, dont le corps athlétique incarnait l’idéal de la virilité latine (Gori, 2004; 2006), construit en miroir une féminité idéalisée où les femmes doivent «donner pour fins à leurs vies les sublimes valeurs de la maternité et de la famille, jusqu’au sacrifice», en suivant l’exemple des vertueuses matrones de l’époque romaine. Mais les interventions des régimes fascistes en matière de différence sexuelle ne se limitent pas à un seul espace, c’est pourquoi la trilogie «Santé, beauté, maternité», que je propose d’adopter, guidera cet aperçu des différentes sphères d’influence des politiques fascistes du corps féminin.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1. Santé&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 0.8125rem;&quot;&gt;La question de la santé concerne l’hygiène publique, l’école et les organisations de jeunesse. Dans les organisations de jeunesse, en Italie comme en Allemagne, les jeunes apprennent la vie en collectivité: on leur inculque le culte du régime et du chef, tout en leur donnant une éducation physique et paramilitaire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela s’inscrit dans un contexte de réformes de l’hygiène publique et de propagande sur la santé visant, entre autres, à diminuer la mortalité infantile. C’est ainsi que sont mises en place des normes concernant la pasteurisation du lait et, en Italie, des centres de conseils pour garder les enfants en bonne santé, des cours de santé et d’hygiène dans les écoles primaires. De façon générale, dans l’Europe des années 1920 et 1930, la propagande sur la santé a pour objectif de «sensibiliser le public à porter une attention plus soutenue aux règlementations sur la santé et l’inciter à respecter les règles établies en la matière» (Pinnelli et Mancini, 1998: 347).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Éducation physique&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un État fasciste touche directement tous les jeunes d’une Nation par l’école, les organisations de jeunesse et le service militaire qui modèlent les comportements hors de toute influence familiale et sociale contraire (Cointet-Labrousse, 1999: 120-121). Les organisations de jeunesse font la part belle aux exercices de gymnastique ou d’athlétisme. En Italie, on forme des profs d’éducation physique à toute allure et on programme des cours de natation pour améliorer l’hygiène du même coup. L’embrigadement des jeunes débute dès la maternelle, avec les &lt;em&gt;Balilla&lt;/em&gt; (ou Fils de la louve) qui défilent en uniforme noir, saluent à la romaine, assistent aux manifestations du régime, s’entraînent avec des fusils de bois. En France, dès 1934 est créée au sein des Croix de feu la SPES (Société de préparation et d’éducation sportive), qui avait pour but de «rendre aux enfants le goût de l’éducation physique liée aux valeurs morales et le développer ensuite vers la compétition» (Dietschy, 2008: 78).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En Italie, ce sont les institutions scolaires qui, dans un premier temps, vont instaurer la gymnastique à l’école pour les filles, en dépit des préjugés du temps : le sport féminin est choquant, car synonyme d’exhibition publique du corps. Les rencontres de gymnastique féminine —comme celle de Turin en 1902 —«sont considérées par les bien-pensants comme des spectacles indécents qu’il faudrait abolir». Cela n’empêche pas certaines aristocrates de développer une passion pour la bicyclette, «suivant en cela l’exemple de la reine Marguerite de Savoie qui pratiquait le vélo, l’athlétisme et l’alpinisme», comme le fait remarquer Gigliola Gori, citant encore le cas de Luigiana Serponi qui, en 1914, «court le 100 mètres en 16 secondes, ce qui est un bon temps si l’on pense à l’habit long et encombrant qu’elle revêtait au nom de la décence» (2006: 2). Ces exemples restent toutefois anecdotiques et montrent que le sport féminin a un caractère exceptionnel au début du XXe siècle.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’embrigadement des jeunes concerne aussi les fillettes et les jeunes filles allemandes enrôlées dans des formations parallèles à celles des garçons. À dix ans, elles entrent dans le &lt;em&gt;Jungmädel &lt;/em&gt;(«Jeunes vierges »); de quatorze à dix-huit ans, elles sont membres du &lt;em&gt;Bund deutscher Mädel&lt;/em&gt;, c’est-à-dire de la «Ligue des jeunes filles allemandes», puis, jusqu’à vingt-et-un ans, elles prolongent leur formation dans la section &lt;em&gt;Glaube und Schönheit&lt;/em&gt; («Foi et Beauté»). En uniforme dessiné par Hitler (chemisier blanc et jupette bleue), elles font des exercices en plein air afin de se préparer elles aussi aux combats à venir par des cours de secourisme et de défense passive&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_r8kjx2j&quot; title=&quot;Ce terme englobe un ensemble de mesures de protection des populations en cas de guerre telles l’information et la sensibilisation, la mise en place d’un réseau de surveillance et d’alerte ou la construction d’abris souterrains.&quot; href=&quot;#footnote6_r8kjx2j&quot;&gt;6&lt;/a&gt; (León et Scot, 1997: 170).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La santé mentale et physique des jeunes filles est l’un des critères fondamentaux de la Ligue des jeunes filles allemandes (Reese, 2006: 44). Les témoignages recueillis par l’historienne Dagmar Reese insistent très peu sur l’éducation idéologique au programme des BDM et beaucoup sur les activités culturelles et sportives, les jeux et les compétitions (2006: 60-61). Les jeunes filles avaient l’impression de former un type distinctif de filles ou de femmes actives par rapport à leurs grandes sœurs ou aux «dames».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le sport au féminin&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les organisations de jeunesse italiennes, qui faisaient le pont entre l’appareil scolaire et l’appareil de loisirs, étaient orientées «vers une sorte de scoutisme permettant d’inculquer aux enfants et aux adolescentes les vertus domestiques, les exercices corporels consistant essentiellement en gymnastique et danse rythmique et un peu d’athlétisme […]. De fait, la femme idéale que cherchait à produire le fascisme n’était pas à proprement parler sportive» (Dietschy, 2008: 72). Les politiques du corps féminin adoptées par les régimes insistent d’abord avant tout sur la beauté et la maternité, mais laissent une place, certes limitée, au modèle sportif.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Celui-ci constitue d’ailleurs un bon indicateur de la contradiction de la politique du genre des régimes fascistes. En effet, comme le souligne Gigliola Gori (2004) à propos du modèle italien, après le féminisme initial des premières années du régime, celui-ci insista sur la maternité et, dans le même temps, exigea l’engagement des femmes dans la société; or, cette contradiction se retrouva dans le domaine du sport:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;En 1936, le régime pouvait se flatter de compter 5 000 athlètes féminines pratiquant essentiellement l’athlétisme, le basket-ball, la gymnastique et le roller-skating et se glorifier de la médaille d’or d’Ondina Valla au 80 mètres haies des Jeux de Berlin mais ces chiffres étaient en baisse par rapport à la fin des années 1920. De fait, l’activité des jeunes filles fut volontairement contrôlée: il fallait éviter qu’elles fussent gagnées par l’esprit de compétition et la masculinité propres au sport. (Dietschy, 2008: 72)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Reflets de ces tensions, les compétitions réunissant dans des concours sportifs l’élite des Groupes Universitaires Fascistes (GUF) leur furent interdits de 1934 à 1938, alors que des footballeuses milanaises reçurent l’autorisation de jouer à condition de ne jamais se produire en public (De Grazia, 1993).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De plus, des débats qui n’étaient pas le seul apanage de l’Italie mobilisaient les médecins réunis dans la Federazione Italiana Medici dello Sport pour déterminer si la pratique sportive ne menaçait pas la fertilité des femmes (Gori, 2004). C’est à se demander si les performances sportives des femmes n’étaient pas une menace, non pas à la fertilité, mais à l’ordre établi de la domination masculine reposant sur la supériorité physique. C’est ainsi que l’Académie d’Orvieto, en formant des jeunes filles au métier d’enseignantes en éducation physique, favorise une certaine forme d’émancipation. L’Académie féminine nationale d’éducation physique, fondée en 1932 à Orvieto, «formait en trois ans au métier d’enseignante en éducation physique des jeunes filles ayant terminé leurs études secondaires, munies d’un certificat de bonne santé (les lunettes étaient interdites, les trop maigres et les trop grasses exclues) et admises sur concours» (Valici, 2000). L’Académie formait:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[…] des sportives capables d’auto-discipline, oui, mais des championnes, non. Grâce et légèreté, oui. Biceps et esprit de compétition, non. Le corps doit se renforcer et s’assouplir afin de mieux servir la reproduction. L’esprit aussi doit se muscler —sans excès— afin de mieux accepter la hiérarchie, la coopération, le sens du devoir. Reste qu’une formation qui permet aux jeunes filles d’échapper à la culture locale et familiale, de pratiquer une discipline moderne comme le sport, de s’auto-organiser hors de l’autorité parentale, de prendre conscience de leurs propres capacités et d’être sûres d’entrer dans le marché du travail, bref de s’émanciper, va en sens contraire des buts recherchés par le régime. (Valici, 2000)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avec l’arrivée au pouvoir du fascisme en Italie, la culture du corps s’affirme de façon significative. Bien que l’activité physique féminine ait suscité moins d’études que sa contrepartie masculine, Gori (2006) a bien montré les principes esthétiques contradictoires imposés par le fascisme au corps des femmes, tantôt agile et mince, tantôt grassouillet et doux, tantôt fort et musclé, selon les temps et les événements. L’analyse dévoile aussi une indéniable tension entre maternité et femme idéale ou idéalisée, tandis que le discours est parcouru d’apparentes contradictions:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;La bonne épouse et bonne mère qui n’a d’autre préoccupation que de donner de beaux enfants au pays est la face d’une médaille dont le revers est tout aussi important: former une jeunesse —féminine comme masculine— volontaire et énergique, porteuse de l’ordre révolutionnaire et capable d’en être les rouages militants. La contradiction n’est qu’apparente: pilier familial, productrice d’enfants ou porte-parole des valeurs du fascisme, la femme ne doit pas être passive, mais agir pour le bien commun, participer à la réussite du régime. (Valici, 2000)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2. Beauté&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le fascisme réserve l’activité politique aux hommes et le rôle de la femme est exclusivement déterminé par sa fonction d’épouse, de mère et d’éducatrice. L’éloignement des femmes de la «chose politique» n’empêche toutefois pas l’existence de débats extrêmement animés sur les formes corporelles les plus adaptées aux femmes fascistes:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;À côté du modèle plus traditionnel de la femme soumise, modeste et naïve, émerge, dans les années 1920, un autre modèle de féminité, celui de la femme saine et forte, représentée par les sportives professionnelles. Les organisations fascistes aussi bien que les magazines féminins invitent alors les filles à abandonner leur vie paresseuse et fragile et à se lancer dans des activités plus dynamiques. (Marzano, 2009: 106)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les modèles fascistes de féminité connaissent des changements selon les époques. Il y a donc différents modèles moraux et esthétiques, étant données les ambiguïtés des politiques fascistes. Gori (2004: 54-74) identifie trois modèles italiens: la femme révolutionnaire du fascisme des débuts 1919-1924; la nouvelle femme, épouse et mère 1925-1935, dont on peut se faire une image avec le rôle incarné par Sophia Loren dans le film &lt;em&gt;Une journée particulière&lt;/em&gt;, mère épuisée de six enfants; la femme militarisée des années de guerre 1936-1945. En même temps, la culture ambiante véhicule aussi d’autres modèles, plus «hollywoodiens». Ces modèles coexistent et dominent tour à tour les discours, surtout en Italie. Il y a là aussi des particularités nationales où la femme de Vichy est fort différente de la jeune Allemande, mais où elles se rejoignent dans la béatitude de la maternité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Relativement à l’aspect physique, le Troisième Reich promeut des canons de beauté dits «aryens»: des femmes blondes, belles, grandes, sveltes et robustes à la fois. Cette image est diffusée à travers la publicité autant que l’art officiel, puisant dans l’art antique, et plus spécifiquement dans les statues gréco-romaines. Monique Moser-Verrey note qu’«on ravive, au cours des années trente, des thèmes mythologiques tels le jugement de Paris, le rapt d’Europe et les amours de Léda». Elle écrit encore que, peu importe qu’on les nomme «Femmes nouvelles» vulnérables, «mères de la race» assujetties ou athlètes de seconde zone, «les Allemandes de l’entre-deux-guerres ne jouissent au fond d’aucune considération véritable et surtout elles sont ballottées entre des images et des rôles contradictoires» (Moser-Verrey, 1991: 26-28).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quant aux Françaises, elles sont aussi tiraillées par des modèles esthétiques mis au service du (de la) politique. Les modèles de féminité changent au fil du temps et des régimes qu’ils servent. Ainsi, la France des années 1920 voit émerger le style de la garçonne&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_f9p1ra8&quot; title=&quot;En référence au roman La Garçonne, de Victor Margueritte. Énorme best-seller qui fit couler beaucoup d’encre et fit scandale: un an après sa parution, plus de 150 articles avaient été publiés à son sujet. Le personnage principal du récit, Monique, s’habille comme un garçon, a les cheveux courts coupés au carré, fume la cigarette, se drogue et a des maîtresses. Ce livre fut qualifié de pornographique et sa portée sociale et politique, l’égalité de l’homme et de la femme, ne fut pas non plus appréciée. L’émoi fut tel que l’on retira à Victor Margueritte la Légion d’honneur: il fut déchu de son titre de chevalier. (Source: http://www.kb.nl/bc/koopman/1919-1925/c17-fr.html — consulté le 19 mai 2011)&quot; href=&quot;#footnote7_f9p1ra8&quot;&gt;7&lt;/a&gt;, mais cette représentation est reléguée dans l’ombre des déesses de la fécondité en 1940. Les textes et les images de la propagande de Vichy le montrent jusqu’à la saturation:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Une femme sans enfants n’existe pas, excepté sous le visage de la religieuse ou de son double laïc, l’assistante sociale; les petites filles s’entraînent avec leurs poupées à répéter le seul rôle qu’elles auront à jouer —«Maintenant un jeu, plus tard une mission», dit la légende d’une affiche du Commissariat général à la famille—, et les déesses de la fécondité de Maillol&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_o9kehhi&quot; title=&quot;Aristide Maillol (1861-1944), sculpteur et peintre français d’origine catalane connu pour ses représentations de femmes aux formes voluptueuses.&quot; href=&quot;#footnote8_o9kehhi&quot;&gt;8&lt;/a&gt; dominent la représentation plastique du corps féminin reléguant dans l’ombre la silhouette mince de la garçonne. (Gervereau, 1990, cité dans Muel-Dreyfus, 1996: 128)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Italiennes, Allemandes et Françaises sont ramenées au rôle traditionnel de matrices de la nation et confinées à l’espace domestique, notamment par les politiques natalistes et celles concernant le travail des femmes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3. Maternité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;L’interdiction du travail des femmes et le discours sur la maternité&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La question du travail des femmes est intimement liée à celle de la maternité et, plus largement, à la place des femmes dans la société: «Le discours idéologique sur la maternité est souvent d’abord un plaidoyer contre le travail des femmes. Le natalisme n’est pas seulement un parti pris démographique, c’est aussi une idéologie de la domination» (Maruani citée dans Muel-Dreyfus, 1996: 126). En France, sous le régime de Vichy, la maternité est présentée comme un devoir civique «qui ne laisse aucune place au désir individuel: les femmes sont réquisitionnées pour procréer» (Ferrand, 2004: 33) et l’avortement est non plus seulement réprimé, mais considéré comme un «crime de haute trahison, puni de la peine de mort» (Muel-Dreyfus, 1996; Ferrand, 2004: 33).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En effet, comme l’écrit encore Muel-Dreyfus: «la défense et promotion du, “métier de mère” et du retour de la mère au foyer —c’est-à-dire l’imposition des équivalences femme = mère, espace féminin = espace domestique— ne se déploie pas seulement au plan symbolique … mais s’incarne dans un vaste arsenal juridique aux effets potentiels bien réels» (1996: 123). Ces lois concernent la famille, l’éducation, le travail ou la santé avec, dans ses premières lois d’exclusion, l’acte relatif au travail féminin (octobre 1940): «Le gouvernement interdit l’embauche des femmes mariées dans la fonction publique et parapublique, met en congé sans solde les mères de trois enfants dont le mari travaille, et à la retraite les femmes de plus de cinquante ans» (Battagliola, 2008: 75). De telles lois ont caractérisé également la politique nazie du travail féminin (loi qui fut infléchie en raison des besoins de main-d’œuvre de l’économie de guerre), et ce dès 1933, où seront émis les premiers interdits concernant le travail des femmes. Les spécialistes insistent sur «la fonction centrale de la politique de l’emploi féminin dans le renforcement de la domination masculine et sur l’articulation permanente des discours et pratiques portant sur la production et sur la reproduction» (Muel-Dreyfus, 1996: 126). À ces mesures juridiques et répressives s’ajoutent une propagande intense «ainsi que la célébration de fêtes investies d’une forte charge symbolique, comme la fête des Mères», proclamée fête nationale en France à partir de 1941 (Battagliola, 2008: 76).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sous le régime de Vichy, «souci nataliste, défense et glorification du métier de mère et politiques de l’emploi féminin ne sont pas contradictoires; le travail des femmes est placé sous le signe du “salaire d’appoint” et, […]&amp;nbsp;il obéit à la logique de l’&lt;em&gt;armée de réserve&lt;/em&gt;» (Muel-Dreyfus, 1996: 126 —en italique dans le texte). En 1934, Mussolini avait déclaré que «le travail féminin, pourvu qu’il ne soit pas un obstacle direct, distrait de l’enfantement». Quelques années plus tard, le régime décrétait que le travail virilisait les femmes, les rendait stériles et dégradait la morale et la race. Avec l’entrée en guerre de l’Italie, cependant, les femmes firent leur entrée en masse dans le monde du travail, même dans les usines où elles prirent la place des ouvriers mobilisés (Tacchi, 2004: 148). On voit bien comment ce discours sur le travail des femmes est modulé selon les besoins du régime, peu importe la nation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les politiques natalistes&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La révolution envisagée par Mussolini concerne uniquement les hommes:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Les femmes, elles, doivent se contenter d’incarner le rôle de l’épouse fidèle et de la mère exemplaire. Leur tâche principale consiste d’ailleurs à mettre au monde des enfants et à les éduquer selon les valeurs promues par le fascisme afin non seulement de pallier la «crise démographique» que traverse la nation, mais aussi de contribuer à la régénérescence du pays. (Marzano, 2009: 106)&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela n’est pas sans rappeler la propagande nataliste vichyste dont l’objectif n’est «pas seulement le repeuplement, mais aussi l’éradication de la lutte des classes, par la substitution d’une mystique familiale et corporatiste»; ainsi jumelés, corporatisme et natalisme sont enrôlés «comme de puissants agents de contrôle social, destinés à assurer une paix sociale restée jusque-là illusoire» (Jennings, 2002: 102). Vichy, on l’aura compris, «aime mieux les femmes, enceintes de préférence, en chaussons dans leur cuisine» (Paxton, 1997: 166).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le régime de Vichy fonde le ministère ou commissariat d’État de la Famille en 1940 (or, pour Vichy, famille rime avec natalité). Quoique l’avortement ait été proscrit depuis longtemps, une loi du 15 février 1942 le transforme en crime d’État&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_77eilcm&quot; title=&quot;L’avortement représentait la trahison: «Ces femmes […]&amp;nbsp;étaient les saboteurs symboliques de la France. Par leurs crimes, elles s’attaquaient au corps maternel et reproducteur de la France» (Pollard, 2004: 215).&quot; href=&quot;#footnote9_77eilcm&quot;&gt;9&lt;/a&gt; (voir Muel-Dreyfuss, 1996: 324):&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Le 30 juillet 1943, cette réforme amena à la guillotine une femme accusée d’avoir effectué des avortements, événement porté à l’écran par Claude Chabrol dans &lt;em&gt;Une Affaire de femmes&lt;/em&gt;. Et c’est bien Vichy qui normalisa l’idéal nataliste catholique en 1943, en donnant l’ordre aux tribunaux de punir l’adultère. Vichy accorda en outre une panoplie de bénéfices fiscaux aux familles nombreuses et aux femmes restant au foyer. (Jennings, 2002: 106-107)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La loi, par un ensemble d’avantages réels et de mesures efficaces, «favorise le mariage, facilite la fondation des foyers, soutient la maternité, assiste les familles nombreuses, retient la mère au foyer, protège l’enfance» (Cointet-Labrousse, 1999: 180). Le ravitaillement accorde, par exemple, des avantages réels aux femmes enceintes. Les outils de propagande qui accompagnent ces mesures sont parfois assez lourds et on peut interroger leur efficacité:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Un tract destiné aux femmes, intitulé «Maman», décrivant les joies de la maternité, présenta par exemple une série d’illustrations sur la mère de Jésus, et une autre sur «la Maman des bêtes», où l’on voit une énorme truie allaitant ses porcelets —image&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_8yopwzz&quot; title=&quot;Cette image animalière sera toutefois reprise pour dénoncer cette «maternité obligatoire, comme pour les vaches et les lapines» (Macciocchi, 1976: 131).&quot; href=&quot;#footnote10_8yopwzz&quot;&gt;10&lt;/a&gt; dont on pourra questionner l’efficacité comme exaltation de la maternité. (Jennings, 2002: 111)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Outre les brochures et les réseaux de propagande, la fête des Mères permet en France de relever un ton natalo-corporatiste très net:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Tout comme l’obsession démographique, la fête des Mères ne fut nullement une invention de Vichy. Mais elle aussi allait être sujette à une transformation et à une codification de 1940 à 1944. Pour la première fois, elle devint véritablement une fête nationale, célébrée dans toutes les écoles, et accompagnée de compétitions où les mères les plus prolifiques furent récompensées par des médailles d’or, de bronze et d’argent. (Jennings, 2002: 104-105)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En ce qui concerne les femmes allemandes, on a dit que la politique nazie se résumait aux 3 K (&lt;em&gt;Kindern, Küche, Kirche&lt;/em&gt; / Enfants, Cuisine, Église). Bien que simpliste, cette formule semble coïncider avec les analyses historiques. En 1935, Hitler déclare que «la femme aussi a son champ de bataille : avec chaque enfant qu’elle met au monde, elle combat pour la nation allemande» (Muel-Dreyfuss, 1996: 320). Ainsi, les trois K symbolisent la place que les régimes fascistes attribuent aux femmes et forment la base d’un système d’exploitation sexué. C’est un discours conservateur qui justifie des mesures contre les femmes, à la façon des régimes qui, encouragés par l’encyclique &lt;em&gt;Quadragesimo Anno&lt;/em&gt; (1931), ont autorisé dans les années trente le licenciement des femmes mariées, «dans les familles où l’homme pouvait garantir le revenu» (De Leeuw, 1995: 131).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les discours et représentations sur la normativité de genre se sont construits historiquement jusqu’à devenir des stéréotypes (Mosse, 1997). Ainsi, les idées évoquées ici sur le corps féminin nous paraissent aujourd’hui d’une grande banalité. C’est oublier qu’en dehors des milieux progressistes et académiques qui nous protègent d’une certaine forme de bêtise, dans les conversations de brasserie comme chez certains chroniqueurs, la même rhétorique, les mêmes arguments, les mêmes contraintes sont imposées aux femmes sous le déguisement du choix. En effet, et pour ne prendre que cet exemple, la maternité n’est pas qu’un choix (et tant mieux lorsqu’elle résulte d’un choix), elle est aussi une contrainte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Concernant le travail des femmes, rappelons cette idée que l’on entend proposée, notamment en temps de chômage, d’un «retour au foyer» des femmes:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[…]&amp;nbsp;de façon épisodique et récurrente, technocrates et gouvernants de tous bords imaginent qu’«elles» pourraient bien, à la faveur de quelque allocation ou salaire maternel déguisé, se retirer du marché du travail et laisser la place aux hommes. Mais de quelle(s) place(s) s’agit-il, au juste? Les hommes au chômage viendraient-ils «remplacer» les femmes dans les emplois qui leur sont traditionnellement dévolus: infirmières, secrétaires, caissières, femmes de ménage? […]&amp;nbsp;Les discours récurrents sur le «retour au foyer» ont une fonction symbolique forte: celle de légitimer des inégalités en tous genres. Suggérer l’idée que les femmes puissent se retirer silencieusement du marché de l’emploi, pour se réfugier dans l’inactivité, signifie bien que leur droit en la matière est toujours contingent —toujours soumis aux contingences du moment. Et que leur chômage à elles est moins grave que leur chômage à eux. (Maruani, 1997: 20)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quoi de plus normal que les femmes et les hommes, renvoyés à une différence naturelle, remplissent des fonctions différentes dans la société? Il est troublant de constater que les femmes n’ont pas été que des victimes des fascismes, mais des sujets agissants et complices de leur propre domination, même s’il est difficile de le dire&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_iq0nppe&quot; title=&quot;37 ans après l’analyse de Maria-Antonietta Macciocchi. Voir Macciocchi, 1976.&quot; href=&quot;#footnote11_iq0nppe&quot;&gt;11&lt;/a&gt;. Mais n’est-il pas aussi troublant de constater que des pans de l’idéologie fasciste s’accrochent aux valeurs traditionnelles sécurisantes, se fixent au langage (De Leeuw, 1995: 148) et se transportent jusqu’à nous, ici, plus de 90 ans après l’installation d’un premier régime fasciste?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ASSOULINE, Pierre. 2006. «Le fascisme français n’a pas existé», &lt;em&gt;La République des livres&lt;/em&gt;, 26 mai 2006. En ligne: &lt;a href=&quot;http://passouline.blog.lemonde.fr/2006/05/27/2006_05_le_fascisme_fra/&quot;&gt;http://passouline.blog.lemonde.fr/2006/05/27/2006_05_le_fascisme_fra/&lt;/a&gt; (consulté le 2 juin 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BATTAGLIOLA, Françoise. 2008. &lt;em&gt;Histoire du travail des femmes&lt;/em&gt;, 3e édition, Paris: La Découverte, coll. Repères.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BOURDIEU, Pierre. 1998. &lt;em&gt;La domination masculine&lt;/em&gt;, Paris: Seuil.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BURRIN, Philippe. 2000. &lt;em&gt;Fascisme, nazisme, autoritarisme&lt;/em&gt;, Paris: Seuil, coll. Points Histoire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;COINTET-LABROUSSE, Michèle. 1999. &lt;em&gt;Vichy et le fascisme&lt;/em&gt;, Bruxelles: éditions Complexe, coll. Questions au XXe siècle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DE FELICE, Renzo. 2002. &lt;em&gt;Brève histoire du fascisme&lt;/em&gt;, trad. de Jérôme Nicolas, préface de Pierre Milza, Paris: Audibert.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DE GRAZIA, Victoria. 1993. &lt;em&gt;How Fascism Ruled Women: Italy, 1922-1945&lt;/em&gt;, Berkeley / Los Angeles: University of California Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DE LEEUW, Jo. 1995. «De la famille à la communauté du peuple: le rôle des femmes dans l’idéologie fasciste, hier et aujourd’hui», dans &lt;em&gt;L’extrême droite contre les femmes&lt;/em&gt;, sous la dir. de Jo De Leeuw et Hedwige Peemans-Poullet, Bruxelles: Éditions Luc Pire, p. 115-152.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DIETSCHY, Paul. 2008. «Sport, éducation physique et fascisme sous le regard de l’historien», &lt;em&gt;Revue d’histoire moderne et contemporaine&lt;/em&gt;, 2008/3 n° 55-3, p. 61-84.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FERRAND, Michèle. 2004. &lt;em&gt;Féminin Masculin&lt;/em&gt;, Paris: Éditions la Découverte, coll. Repères.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GENTILE, Emilio. 2006. «Fascisme, totalitarisme et religion politique: Définitions et réflexions critiques sur les critiques d’une interprétation», &lt;em&gt;Raisons politiques&lt;/em&gt;, no 22, mai, p. 119-173.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GERVEREAU, Laurent. 1990. «Y a-t-il un style de Vichy ?», dans L. Gervereau et D. Peschanski, &lt;em&gt;La Propagande sous Vichy, 1940-1944&lt;/em&gt;, Paris: Publications de la BDIC, p. 110-147.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GORI, Gigliola. 2006. «Féminité et esthétique sportive dans l’Italie fasciste», &lt;em&gt;CLIO. Histoire, femmes et sociétés&lt;/em&gt;, no 23, p. 93-118. En ligne: &lt;a href=&quot;http://clio.revues.org/index1869.html&quot;&gt;http://clio.revues.org/index1869.html&lt;/a&gt; (consulté le 5 octobre 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2004. &lt;em&gt;Italian Fascism and the Female Body: Sport, Submissive Women and Strong Mothers&lt;/em&gt;, New York: Routledge.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GUILLAUMIN, Colette. 1995. «Le naturalisme, les orientations politiques et les femmes», dans &lt;em&gt;L’extrême droite contre les femmes&lt;/em&gt;, sous la dir. de Jo De Leeuw et Hedwige Peemans-Poullet, Bruxelles : Éditions Luc Pire, p. 153-162.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;JENNINGS, Éric. 2002. «Discours corporatiste, propagande nataliste, et contrôle social sous Vichy», &lt;em&gt;Revue d’histoire moderne et contemporaine&lt;/em&gt;, no 49-4, p. 101-131.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KOONZ, Claudia. 1989. &lt;em&gt;Les mères-patrie du IIIe Reich, les femmes et le nazisme&lt;/em&gt;, Paris: Lieu commun.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LEÓN, Enrique et Jean-Paul SCOT. 1997. &lt;em&gt;Le nazisme des origines à 1945&lt;/em&gt;, Armand Colin, coll. Cursus.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LYTTELTON, Adrian. 1976. «Italian Fascism», dans Walter Laqueur, ed., &lt;em&gt;Fascism, a Reader’s Guide. Analyses, Interpretations, Bibliography&lt;/em&gt;, Berkeley / Los Angeles: University of California Press, p. 125-150.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MACCIOCCHI, Maria-Antonietta. 1976. «Les femmes et la traversée du fascisme», dans &lt;em&gt;Éléments pour une analyse du fascisme, tome I&lt;/em&gt;, Paris: Union générale d’édition (10/18), p. 128-278.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MARUANI, Margaret. 1997. «Les temps modernes de l’emploi féminin», &lt;em&gt;Le monde diplomatique&lt;/em&gt;, septembre, p. 20.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MARZANO, Michela. 2009. &lt;em&gt;Le fascisme. Un encombrant retour&lt;/em&gt;, Paris : Larousse, coll. essais et documents.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MATARD-BONUCCI, Marie-Anne. 2008. «Lectures et relectures du fascisme italien», &lt;em&gt;Revue d’histoire moderne et contemporaine&lt;/em&gt;, vol. 3, n° 55-3, p. 5-10.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MOSER-VERREY, Monique. 1991. «Les femmes du troisième Reich», &lt;em&gt;Recherches féministes&lt;/em&gt;, vol. 4, n° 2, p. 25-44.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MOSSE, George L. 1997. &lt;em&gt;L’image de l’homme. L’invention de la virilité moderne&lt;/em&gt;, Paris Abbeville: Tempo. Traduction de &lt;em&gt;The Image of Man: the Creation of Modern Masculinity&lt;/em&gt;, New York: Oxford University Press, 1996.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1996. «Fascist Aesthetics and Society: Some Considerations», &lt;em&gt;Journal of Contemporary History&lt;/em&gt;, vol. 31, no 2, p. 245-252.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MUEL-DREYFUS, Francine. 1996. &lt;em&gt;Vichy et l’éternel féminin. Contribution à une sociologie politique de l’ordre des corps&lt;/em&gt;, Paris: Seuil, coll. XXe siècle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;NOLTE, Ernst. 1966. &lt;em&gt;Three Faces of Fascism: Action Française, Italian Fascism, National Socialism&lt;/em&gt;, New York: Henry Holt &amp;amp; Company.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PASSMORE, Kevin, ed. 2003. &lt;em&gt;Women, Gender and Fascism in Europe, 1919-1945&lt;/em&gt;, New Brunswick, NJ: Rutgers University Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PAXTON, Robert O. 1997. &lt;em&gt;La France de Vichy 1940-1944&lt;/em&gt;, Paris: Seuil, coll. L’Univers historique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1994. «Les fascismes», &lt;em&gt;Conférences Marc Bloch&lt;/em&gt;, XVIe Conférence Marc-Bloch, 13 juin. En ligne: &lt;a href=&quot;http://cmb.ehess.fr/document51.html&quot;&gt;http://cmb.ehess.fr/document51.html&lt;/a&gt; (consulté le 11 février 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PIE XI. 1931. &lt;em&gt;Lettre encyclique Quadragesimo Anno&lt;/em&gt;, Montréal, École sociale populaire: Secrétariat de l’É.S.P. / Montréal: L’Action paroissiale. En ligne:&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://lesbonstextes.ifastnet.com/pxiquadragesimoanno.htm&quot;&gt;http://lesbonstextes.ifastnet.com/pxiquadragesimoanno.htm&lt;/a&gt; (consulté le 8 juin 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PINNELLI, Antonella et Paola MANCINI. 1998. «Mortalité par cause de décès en Italie de 1887 à 1940». Actes du colloque &lt;em&gt;Morbidité, Mortalité: problèmes de mesure, facteurs d’évolution, essai de prospective&lt;/em&gt;, Association internationale des démographes de langue française, no 8, p. 337-349.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;POLLARD, Miranda. 2004. «Vichy et l’avortement : le contrôle du corps et le nouvel ordre moral dans la vie quotidienne», dans &lt;em&gt;La France sous Vichy : autour de Robert O. Paxton&lt;/em&gt;, sous la dir. de S. Fishman, J.-P. Azéma et Robert O. Paxton, Bruxelles: Éditions Complexe, coll. Histoire du temps présent, p. 205-219.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;REESE, Dagmar. 2006. &lt;em&gt;Growing Up Female in Nazi Germany&lt;/em&gt;, transl. by William Templer, Ann Arbor, MI: University of Michigan Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SENNEBOGEN, Waltraud. 2009. «Publicité et propagande dans l’Allemagne national-socialiste et l’Italie fasciste», &lt;em&gt;Vingtième Siècle. Revue d’histoire&lt;/em&gt;, 2009/1, n° 101, p. 49-60.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;STEPHENSON, Jill. 2000. &lt;em&gt;Women in Nazi Germany&lt;/em&gt;, Don Mills, Ont.: Longman.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;STERNHELL, Zeev. 1987. &lt;em&gt;Ni droite, ni gauche. L’idéologie fasciste en France. Nouvelle édition refondue et augmentée&lt;/em&gt;, Bruxelles: Éditions Complexe, coll. Historiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;TACCHI, Francesca. 2004. &lt;em&gt;Histoire illustrée du fascisme&lt;/em&gt;, préf. de P. Milza, trad. de Étienne Schelstraete, Paris: Éditions Place des Victoires.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;THALMANN, Rita. 1982. &lt;em&gt;Etre femme sous le IIIe Reich&lt;/em&gt;, Paris: Laffont.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;THÉBAUD, Françoise. 1986. «Maternité et famille entre les deux guerres : Idéologies et politique familiale», dans Femmes et fascismes, sous la dir. de Rita Thalmann, Paris: Tierce, p. 85-97.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;TRAVERSO, Enzo. 2008. «Interpréter le fascisme», &lt;em&gt;La Revue Internationale des Livres et des Idées&lt;/em&gt;, no 3, janvier-février 2008. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=99&quot;&gt;http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=99&lt;/a&gt; (consulté le 2 juin 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;TREVES, Anna. 2007. «L’Italie, de la surnatalité aux &amp;nbsp;&#039;&#039;berceaux vides&#039;&#039;. Réalités, représentations et politiques démographiques (1945-2005)», &lt;em&gt;Vingtième Siècle. Revue d’histoire&lt;/em&gt;, 2007/3, n° 95, p. 45-61.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;VALICI, Sabine. 2000. Recension de «Lucia MOTTI e Marilena ROSSI CAPONERI (dir.), &lt;em&gt;Accademiste a orvieto. Donne ed educazione fisica nell’Italia fascista 1932-1943&lt;/em&gt;, Ministero per i beni culturali e ambientali, Archivio di Stato di Terni, Sezione di Orvieto, Fondazione Istituto Gramsci, Archivio storico delle donne, ed. Quattroemme, 1996, 253 p.», &lt;em&gt;CLIO. Histoire, femmes et sociétés&lt;/em&gt;, no 11. En ligne: &lt;a href=&quot;http://clio.revues.org/236&quot;&gt;http://clio.revues.org/236&lt;/a&gt; (consulté le 28 février 2012)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;VANDROMME, Pol. 2002. &lt;em&gt;L’Europe en chemise: l’extrême-droite dans l’entre-deux guerres&lt;/em&gt;, Puiseaux (France): Pardès.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;VENNER, Dominique. 2003. «Qu’est-ce que le fascisme ? Entretien avec Emilio Gentile», &lt;em&gt;Nouvelle Revue d’Histoire&lt;/em&gt;, no 6, mai-juin, p. 28- 31.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WINOCK, Michel. 2006. «Retour sur le fascisme français», &lt;em&gt;Vingtième Siècle. Revue d’histoire&lt;/em&gt; 2/2006 no 90, p. 3-27. En ligne : &lt;a href=&quot;http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2006-2-page-3.htm&quot;&gt;www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2006-2-page-3.htm&lt;/a&gt;. (consulté le 2 juin 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1999, «Le fascisme, c’est la guerre»,&lt;em&gt; L’Histoire&lt;/em&gt;, no 235, septembre, p. 50-57.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;&lt;strong&gt;Filmographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CHABROL, Claude. 1988. &lt;em&gt;Une affaire de femmes&lt;/em&gt;. DVD, coul., son, 108 min. Chicago, Ill.: Home Vision Entertainment.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SCOLA, Ettore. 1977. &lt;em&gt;Une journée particulière&lt;/em&gt;, v.f. de &lt;em&gt;Una Giornata particolar&lt;/em&gt;. VHS, coul. et n&amp;amp;b, 105 min. Rome: Champion; Montréal: Canafox Films.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_1gx96li&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_1gx96li&quot;&gt;1.&lt;/a&gt;  Citée par Jill Stephenson, 2000: 5 —ma traduction. Mes remerciements à Isabelle Courcy et aux lectrices du comité scientifique pour la lecture attentive de ce texte.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_3zqasgf&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_3zqasgf&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; On pense par exemple à Renzo De Felice. Il existe à notre sens une «famille politique des fascismes, une famille européenne qui a connu différentes variantes, qui n’exclut certes pas la spécificité de chaque régime, mais qui constitue néanmoins leur matrice commune» (Traverso, 2008). Notons que les polémiques provoquées par la médiatisation de certaines thèses de De Felice, que ce soit celle du «consensus» suscité par le fascisme ou de sa singularité « absolue », sont toujours aussi intenses (voir Matard-Bonucci, 2008).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_ustg88n&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_ustg88n&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Le Régime de Vichy assure le gouvernement français de juillet 1940 à août 1944, sous la gouverne du maréchal Philippe Pétain, durant l’occupation allemande de la France. Ce régime, qui met fin à la République, tire son nom de la ville de Vichy où se situe son siège (on le désigne parfois aussi par l’appellation «Gouvernement de Vichy», voire simplement «Vichy»). Cette parenthèse dans la démocratie républicaine a une place particulière dans l’histoire française et son caractère fasciste ou &lt;em&gt;fascisant&lt;/em&gt; fait l’objet de débats. La base de l’argumentation est la loi constitutionnelle votée le 10 juillet 1940 constituée d’un article unique ayant pour objet d’attribuer les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_zi7eyz6&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_zi7eyz6&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Malgré la thèse française classique à l’effet que «le fascisme français n’a pas existé», on ne peut nier «l’imprégnation fasciste» ni son déploiement dans le régime de Vichy, peu importe s’il se met en place uniquement grâce à l’occupation allemande ou en conjonction avec un état d’esprit propre à la droite française. Nous laissons ce débat aux historiens et historiennes.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_mo9dwub&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_mo9dwub&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; D’autres l’ont exprimé avant lui (dont nombre de féministes), mais c’est Pierre Bourdieu qui souligne que la masculinité et la féminité ne peuvent pas être pensés de manière séparée : c’est avant tout dans l’opposition avec le féminin que le masculin peut se construire et s’exprimer: «La virilité […], est une notion éminemment relationnelle, construite devant et pour les autres hommes contre la féminité, dans une sorte de peur du féminin, et d’abord en soi-même» (Bourdieu, 1998 : 59).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_r8kjx2j&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_r8kjx2j&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Ce terme englobe un ensemble de mesures de protection des populations en cas de guerre telles l’information et la sensibilisation, la mise en place d’un réseau de surveillance et d’alerte ou la construction d’abris souterrains.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_f9p1ra8&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_f9p1ra8&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; En référence au roman &lt;em&gt;La Garçonne&lt;/em&gt;, de Victor Margueritte. Énorme best-seller qui fit couler beaucoup d’encre et fit scandale: un an après sa parution, plus de 150 articles avaient été publiés à son sujet. Le personnage principal du récit, Monique, s’habille comme un garçon, a les cheveux courts coupés au carré, fume la cigarette, se drogue et a des maîtresses. Ce livre fut qualifié de pornographique et sa portée sociale et politique, l’égalité de l’homme et de la femme, ne fut pas non plus appréciée. L’émoi fut tel que l’on retira à Victor Margueritte la Légion d’honneur: il fut déchu de son titre de chevalier. (Source: &lt;a href=&quot;http://www.kb.nl/bc/koopman/1919-1925/c17-fr.html&quot;&gt;http://www.kb.nl/bc/koopman/1919-1925/c17-fr.html&lt;/a&gt; — consulté le 19 mai 2011)&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_o9kehhi&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_o9kehhi&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; Aristide Maillol (1861-1944), sculpteur et peintre français d’origine catalane connu pour ses représentations de femmes aux formes voluptueuses.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_77eilcm&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_77eilcm&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; L’avortement représentait la trahison: «Ces femmes […]&amp;nbsp;étaient les saboteurs symboliques de la France. Par leurs crimes, elles s’attaquaient au corps maternel et reproducteur de la France» (Pollard, 2004: 215).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_8yopwzz&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_8yopwzz&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; Cette image animalière sera toutefois reprise pour dénoncer cette «maternité obligatoire, comme pour les vaches et les lapines» (Macciocchi, 1976: 131).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_iq0nppe&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_iq0nppe&quot;&gt;11.&lt;/a&gt; 37 ans après l’analyse de Maria-Antonietta Macciocchi. Voir Macciocchi, 1976.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-numero-publication field-type-text field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Volume: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;5&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-date field-type-datetime field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Year: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;date-display-single&quot; property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2013-01-01T00:00:00-05:00&quot;&gt;2013&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Research Areas: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imagining theoretical practices&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53400&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Archaeology of contemporary knowledge and pratices&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53405&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Thoughts on the contemporary&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-epoque field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Historical Periodization: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/97&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;20th century&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/101&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;1940-1960&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/100&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;1920-1940&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-fig-imag field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Figures and Imaginary: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/1212&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;beauty&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54532&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;maternity&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/104&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;body&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/313&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;World War II&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-problematiques field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Problematics: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54546&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;representations&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/990&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;dictatorship&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/919&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;discourse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54510&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;dominant discourse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/335&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;aesthetic&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-provenance field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Geographical Context: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/30&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Germany&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-savoirs field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Fields of Discipline: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/802&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;social sciences&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53798&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;women&amp;#039;s studies&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/309&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;history&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-type-publication field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Publication Type: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54481&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Cahiers de l&amp;#039;IREF&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Ce texte traite du fascisme historique de la période 1922-1945: il s’attarde aux politiques fascistes qui touchent le corps féminin et qui viennent appuyer la domination traditionnelle des femmes et ce, malgré les projets révolutionnaires à l’origine de ces régimes.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;To cite this document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=6991&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Désy, Caroline&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2013. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/politiques-fascistes-du-corps-feminin-sante-beaute-maternite&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Politiques fascistes du corps féminin: santé, beauté, maternité&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/politiques-fascistes-du-corps-feminin-sante-beaute-maternite&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/politiques-fascistes-du-corps-feminin-sante-beaute-maternite&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;De l&#039;assignation à l&#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&lt;/span&gt;. 2013. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Politiques+fascistes+du+corps+f%C3%A9minin%3A+sant%C3%A9%2C+beaut%C3%A9%2C+maternit%C3%A9&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=D%C3%A9sy&amp;amp;rft.aufirst=Caroline&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-node-id field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Node ID: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;73438&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Désy, Caroline&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;Politiques fascistes du corps féminin: santé, beauté, maternité&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/politiques-fascistes-du-corps-feminin-sante-beaute-maternite&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;De l&amp;#039;assignation à l&amp;#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=Politiques+fascistes+du+corps+f%C3%A9minin%3A+sant%C3%A9%2C+beaut%C3%A9%2C+maternit%C3%A9&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=D%C3%A9sy&amp;amp;amp;rft.aufirst=Caroline&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Mon, 02 May 2022 15:08:46 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73438 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/en/articles/politiques-fascistes-du-corps-feminin-sante-beaute-maternite#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Féminismes, sexualités, libertés</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/publications/feminismes-sexualites-libertes</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Le colloque organisé par l’IREF et tenu le 11 mai 2016 a abordé les liens entre les féminismes (pensés au pluriel et impliquant convergences, dissensions et débats), la sexualité et la liberté. Autant l’appel de communications que la liste non exhaustive d’axes de réflexion proposés découlaient de notre souci d’ouverture à toutes les disciplines et à tous les types de réflexions. &lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Tue, 29 Mar 2022 20:11:58 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73201 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/en/publications/feminismes-sexualites-libertes#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Pour une approche matérialiste de l&#039;identité sexuelle: la formation identitaire des adolescentes lesbiennes québécoises</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/articles/pour-une-approche-materialiste-de-lidentite-sexuelle-la-formation-identitaire-des</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Rares sont les études qualitatives menées dans une perspective féministe matérialiste qui portent sur la question complexe de la sexualité des adolescentes. Peu de travaux scientifiques, y compris dans le champ des études féministes, ont été consacrés aux jeunes lesbiennes, à l’environnement socioculturel dans lequel elles évoluent ou aux possibilités qui leur sont offertes relativement à la sexualité et aux intérêts amoureux. Les nombreux travaux féministes sur la socialisation différentielle des sexes, notamment à l’adolescence, montrent pourtant que cette période est déterminante sur le plan de l’apprentissage des exigences normatives de la féminité et de la masculinité. Comme l’apprentissage de la sexualité s’inscrit dans ce processus de socialisation, ces études permettent de saisir comment les jeunes filles sont amenées à s’engager dans la sexualité hétérosexuelle et à développer une identité de sexe/genre féminine et hétérosexuelle. L’existence des lesbiennes démontre cependant que certaines jeunes filles échappent à l’effet de la socialisation différentielle des sexes sur le «choix sexuel».&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai donc cherché à découvrir comment l’environnement social et culturel des adolescentes lesbiennes facilite ou complexifie la formation de leur identité sexuelle. Les jeunes filles non hétérosexuelles disposent de peu de modèles d’identification et de référence susceptibles d’informer leur trajectoire en matière de sexualité. Le présent article est consacré au milieu scolaire, qui constitue un espace de socialisation significatif dans la formation identitaire des jeunes. La plus grande partie de l’adolescence coïncide avec les années d’éducation de niveau secondaire. Le contenu scolaire et, plus fondamentalement, les relations entre pairs sont autant d’occasions d’actualiser les attentes normatives reliées au genre et à la sexualité. Mes analyses rompent avec le modèle psychosocial de développement identitaire, généralement mobilisé pour rendre compte de la formation de l’identité homosexuelle. L’émergence de l’identité sexuelle lesbienne est examinée à partir d’une perspective théorique matérialiste, démontrant que celle-ci n’a rien perdu de sa capacité à saisir la complexité de l’expérience sociale. J’ai privilégié une interprétation interactionniste des concepts d’identité, de formation ou développement identitaire, interprétation qui ne suppose pas d’identité «naturelle» ou «essentielle» et qui, sans faire abstraction de la puissance des déterminismes sociaux, reconnaît aux individus une certaine latitude face à ces déterminismes. Le concept d’identité de sexe/genre se réfère ici à la conscience de soi relativement aux catégories de sexe et de genre, au fait de dire «je suis une femme», affirmation qui, dans les représentations sociales dominantes, équivaut à dire «je suis une femme hétérosexuelle». Le concept d’identité sexuelle renvoie à la conscience de soi relativement à la sexualité, c’est-à-dire l’orientation sexuelle.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après une brève description du cadre méthodologique de la recherche dont sont issus les résultats exposés ici, je présente les grandes lignes du cadre théorique retenu. La section suivante est consacrée aux résultats, analysés sous trois aspects: 1) l’invisibilité de l’homosexualité dans l’environnement des répondantes; 2) le rôle clé joué par les relations entre pairs au secondaire; et 3) le lien entre l’adhésion à la culture de la féminité et l’engagement dans la romance hétérosexuelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Méthodologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les analyses présentées dans le présent article sont le fruit d’une recherche qualitative dont l’objectif principal était de documenter et d’analyser le vécu des jeunes lesbiennes à l’adolescence pour découvrir les éléments qui participent à la formation de l’identité sexuelle lesbienne, soit en favorisant cette formation, soit en l’entravant. Les données analysées sont issues d’entretiens menés en 2011 et 2012 auprès de 20 jeunes lesbiennes québécoises âgées de 18 à 26 ans. L’échantillon est composé de jeunes lesbiennes appartenant au même milieu socioéconomique (classe moyenne faible à aisée), qui sont principalement de langue maternelle française (une répondante a été élevée en français et en anglais), majoritairement caucasiennes (une répondante est originaire de Chine et a été adoptée par un couple québécois en très bas âge). Le recrutement s’est déroulé sur une période de dix-huit mois. J’ai eu recours à plusieurs stratégies, la plus efficace étant la diffusion d’une invitation à témoigner dans les milieux communautaires, notamment les groupes de femmes, dans le milieu universitaire, ainsi que dans l’unique revue québécoise s’adressant spécifiquement aux lesbiennes, «Entre elles», qui a publié l’appel sur sa page Facebook. J’ai également eu recours à la méthode «boule de neige», qui consiste à solliciter les répondantes rencontrées afin qu’elles fassent circuler l’appel dans leur réseau. Le recrutement par le biais des organismes LGBT n’a donné aucun résultat. Cela peut s’expliquer en partie par le fait que les filles fréquentent moins ce type d’organismes que les garçons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les entretiens semi-directifs ont été conduits selon une approche compréhensive (Kaufmann, 1996). Cette approche offre beaucoup de liberté aux répondantes quant à la manière dont elles veulent aborder leur sexualité et leurs intérêts amoureux, et beaucoup de latitude également à la chercheure quant au rythme de l’entrevue et à l’opportunité ou non de creuser certains aspects spécifiques. Le déroulement des entrevues était soutenu par un guide dans lequel des questions de relance étaient formulées autour de trois thèmes principaux: l’environnement socioculturel, les expériences amoureuses —lesbiennes et hétérosexuelles—, les expériences sexuelles –lesbiennes et hétérosexuelles—, ainsi que la connaissance et la recherche éventuelle de modèles identitaires et le rapport à l’identité sexuelle (voir le schéma d’entrevue en annexe). Le guide d’entrevue a été développé avec le souci de reproduire les conditions nécessaires à la production d’un discours sur une expérience passée. Les questions étaient formulées de manière à favoriser «le processus de localisation d’un souvenir dans le passé», par le recours à des éléments qui jouent le rôle de points de repère, c’est-à-dire «des états de conscience qui, par leur intensité, luttent mieux que les autres contre l’oubli, ou par leur complexité, sont de nature à susciter beaucoup de rapports, à augmenter les chances de reviviscence» (Halbwachs, 1994: 37).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les entrevues ont été intégralement retranscrites, puis expurgées des éléments susceptibles de mener à l’identification des répondantes, auxquelles des prénoms fictifs ont été attribués. Les éléments de contenu de chaque entrevue ont été codés au moyen du logiciel Nvivo pour soutenir une analyse thématique. Par la suite, une analyse transversale des entrevues a permis de consolider les catégories thématiques et d’assurer la cohérence des catégories thématiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cadre théorique: contrainte à l’hétérosexualité et socialisation différentielle des sexes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Des auteures telles que Rich (1981) et Wittig (1980) ont montré que l’existence de l’homosexualité révèle que l’hétérosexualité est à la fois construite et constitutive des rapports sociaux de sexe. Rich conceptualise l’hétérosexualité en tant qu’institution au fondement des rapports de pouvoir entre les femmes et les hommes. Son concept central, «la contrainte à l’hétérosexualité», illustre que l’imposition de l’hétérosexualité aux femmes permet l’appropriation de leur corps et de leur travail par les hommes. Ce concept conduit Rich à invalider la «naturalité» de l’hétérosexualité. En effet, elle identifie les nombreux «moyens par lesquels le pouvoir masculin se manifeste et se maintient» (Rich, 1981: 23), chacun d’entre eux contribuant «au réseau des contraintes aboutissant à la conviction chez les femmes que le mariage et l’orientation sexuelle vers les hommes sont des composantes inévitables de leur existence» (1981: 23). Wittig voit dans l’hétérosexualité le contrat social qui organise les rapports sociaux de sexe, contrat qui représente une forme d’esclavage, conformément à la théorie du sexage de Guillaumin (1978).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour saisir comment s’opérationnalise la contrainte à l’hétérosexualité dans les trajectoires individuelles, je l’ai articulée au concept de socialisation différentielle des sexes. Ce concept rend compte de la production/reproduction sociale des différences entre hommes et femmes, nécessaire à la reproduction des rapports sociaux de sexe. Pour plusieurs auteures, ces théories s’inscrivent en contrepoids des discours courants, mais également scientifiques, qui prétendent que ces différences relèvent de la nature même des femmes et des hommes, c’est-à-dire qu’elles sont d’origine purement biologique (Descarries, 2006). La socialisation différentielle des sexes consiste en «le modelage d’une différence des sexes hiérarchisée par l’éducation et notamment le processus de production sociale des corps sexués dès la petite enfance» (Zaidman, 2000: 51-52). La socialisation consiste à faire coïncider le genre assigné socialement aux individus, qui sont catégorisés soit en tant qu’homme, soit en tant que femme, sur la base du sexe anatomique. Il s’agit d’un arbitraire culturel auquel le processus de socialisation contribue à donner forme, de manière à ce que les catégories femmes et hommes soient actualisées par les individus à travers le genre:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;La socialisation est le processus de transmission de l’arbitraire sexiste à travers lequel les femmes sont amenées à « choisir » comme allant de soi et logique le conformisme aux modèles culturels des sexes et leurs contraintes structurelles, alors même qu’elles sont forcées de le faire et amenées à concevoir comme différences individuelles ou essentielles des différences sociales et institutionnelles induites qui confortent une hiérarchie entre les sexes. (Descarries, 2006: 4)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le processus de socialisation se comprend ici comme mode de transmission de l’ensemble des représentations sociales dominantes, lesquelles font intervenir les stéréotypes sexuels et les pratiques sexuées, en tant que modèles d’identification pour chacun des deux sexes. L’identité de garçon ou de fille dépend par conséquent des rapports sociaux, à l’intérieur desquels elle se réactualise en permanence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La socialisation constitue aussi un processus de contrainte des conduites et d’imposition des représentations sociales dominantes. La socialisation est donc un processus à la fois positif et négatif, puisqu’elle exige dans le même mouvement reconnaissance et acceptation de certaines attentes normatives (celles correspondant à la catégorie de sexe de l’individu), et refus et mise à distance à l’égard d’autres attentes normatives (celles correspondant à l’autre catégorie de sexe). Construire une identité de femme, ce n’est donc pas seulement répondre positivement aux attentes normatives assignées au genre féminin, c’est aussi renoncer simultanément à y déroger en adoptant des comportements ou des attitudes qui font partie des attentes normatives assignées au genre masculin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai élargi la compréhension du processus de socialisation, pour le saisir comme processus coercitif, à l’instar de Descarries (2006). En restreignant les représentations sociales à celles qui ne remettent pas en cause les structures d’organisation du social, la socialisation en tant que processus d’imposition de ces représentations sociales adopte des formes parfois discrètes, mais également des formes dont la violence symbolique est grande et susceptible de se matérialiser dans les pratiques sociales, en violence psychologique et physique notamment. Dans cette perspective, les diverses formes de victimisation, dont la victimisation sexuelle (l’objectification sexuelle, l’usage d’insultes, la mise à l’écart, les rumeurs visant à nuire à la réputation sexuelle, le harcèlement psychologique et sexuel, les agressions physiques, etc.), constituent des mécanismes de socialisation. Ces dernières ne sont pas des dérives ou des ratés, mais bien des formes de contrainte à l’hétérosexualité. Par conséquent, les discriminations et le dénigrement des lesbiennes sont lus comme participant du processus de socialisation des filles en général, à la fois en tant que moyens de reproduction des représentations sociales dominantes des rapports sociaux de sexe et de la sexualité, et en tant que pratiques de socialisation coercitives. Ce cadre théorique permet la prise en compte et l’articulation des normes et des pratiques normatives (soit le social, ou le rapport à l’autre) et de la représentation de soi des individus socialisés, c’est-à-dire leur identité de sexe/genre et sexuelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Résultats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’invisibilité de l’homosexualité et du lesbianisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le silence prédomine autour de l’homosexualité et des réalités gaies et lesbiennes dans le cursus scolaire, qu’il s’agisse des manuels ou des interventions en classe. Seule une répondante sur vingt a mentionné les efforts faits par une enseignante afin de sensibiliser les élèves aux réalités gaies et lesbiennes. Elle fait partie des quatre répondantes ayant assisté à des interventions du GRIS-Montréal&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_1655zjp&quot; title=&quot;Organisme qui propose des interventions sous forme d’ateliers permettant de démystifier l’homosexualité en milieu scolaire au Québec.&quot; href=&quot;#footnote1_1655zjp&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Les seize autres rapportent que l’homosexualité n’a jamais été abordée dans le cadre des cours du secondaire. Les répondantes les plus âgées ayant assisté à des cours de FPS&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_3cgh3cx&quot; title=&quot;Cours de Formation personnelle et sociale, dans lequel était abordée l’éducation sexuelle.&quot; href=&quot;#footnote2_3cgh3cx&quot;&gt;2&lt;/a&gt; avant leur abolition soulignent que l’homosexualité n’y était pas traitée. La visibilité de personnes homosexuelles parmi le personnel scolaire apparaît marginale et est plus souvent le fait de doutes ou de rumeurs de la part des élèves que d’une divulgation volontaire. Du côté des élèves, les répondantes mentionnent deux types de situations : soit certains élèves sont étiquetés ou soupçonnés par des pairs d’être homosexuels, soit il s’agit de leurs propres amis-es, dont elles présument l’homosexualité. Seules deux répondantes rapportent avoir été à l’étape d’accepter leur identité lesbienne durant leurs études secondaires. Pour la majorité d’entre elles, donc, la question de la visibilité de leur orientation sexuelle ne se posait pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans la famille, l’invisibilité des personnes homosexuelles est la situation la plus fréquente exposée par les répondantes. La présence connue de personnes gaies ou lesbiennes dans l’entourage familial ou dans le réseau social des parents est marginale : seules quatre répondantes en ont signalé une, deux sont témoin de l’ouverture de leurs parents, mais deux autres au contraire de leur fermeture. Si cinq répondantes témoignent d’une ouverture plus grande de leur milieu familial, leur trajectoire n’en a pourtant pas été affectée positivement. Plusieurs répondantes indiquent que les parents tiennent des propos dénigrants à l’égard de l’homosexualité masculine, mais occultent le lesbianisme :&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Mes parents, tu sais maintenant, je sais qu’elle était lesbienne, mais mes parents ne me l’avaient pas dit. C’était juste: «ah! elle vit avec une femme, ah! c’est son amie, ce n’est pas un vrai couple». (Pauline, 22 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Homosexualité masculine et féminine font ainsi l’objet d’un traitement différencié qui aboutit cependant à un résultat similaire: la disqualification sociale. La différence significative qui apparaît ici dans le traitement respectif de l’homosexualité masculine et féminine est que seule la sexualité des hommes n’est pas niée. Or pour Rich, l’occultation de la possibilité lesbienne est un des moyens de contrainte utilisés pour reproduire le pouvoir masculin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’invisibilisation institutionnelle de l’homosexualité qui prévaut dans les écoles secondaires du Québec participe à renforcer la position dominante de l’hétérosexualité. Cette invisibilisation concourt au réseau des contraintes à l’hétérosexualité qui ont marqué la trajectoire des répondantes. Le statut accordé à l’homosexualité dans l’environnement scolaire constitue un obstacle à la formation de l’identité sexuelle lesbienne. Celle-ci n’est généralement pas nommée et ne bénéficie pas d’un traitement équivalent à l’hétérosexualité dans l’environnement social évoqué par les répondantes. Le statut de l’homosexualité y apparaît conforme à la logique hétérosexiste, soit une sexualité inférieure à l’hétérosexualité, et qui ne va toujours pas de soi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les relations entre pairs: espace clé de la socialisation à l’hétérosexualité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien qu’une des prémisses de base des études sur les adolescents-es soit que l’école constitue un lieu d’apprentissage essentiel de l’autonomie sociale, les analyses montrent que les réseaux sociaux y sont particulièrement opprimants au sens où les individus voient presque toutes les dimensions de leur existence et de leur personnalité soumises au jugement de leurs pairs. Certaines études appuient l’hypothèse selon laquelle l’école est le lieu par excellence où les filles apprennent à céder aux normes et aux rapports de pouvoir propres à l’ordre (hétéro)patriarcal. Selon Youdell (2005), les recherches portant sur les filles et l’école ont véritablement commencé à se développer dans les années 1980, se penchant pour la plupart sur la reproduction des rôles de sexe, qui assure la reproduction des inégalités entre les sexes. Ces travaux ont notamment montré non seulement que le système scolaire renforce les rôles sociaux de sexe, mais également que ces rôles y sont plus rigides qu’ils ne le sont de manière générale dans la société (Delamont, 1989).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’organisation des relations dans un établissement scolaire secondaire présente des conditions qui offrent à un groupe d’élèves spécifique la possibilité d’exercer un contrôle sur les comportements de l’ensemble des élèves. En effet, les groupes d’adolescentes et d’adolescents sont positionnés selon une hiérarchie propre aux écoles secondaires. Les données montrent que la logique qui préside au classement des différents groupes d’élèves est la suivante : les groupes d’élèves dits «populaires» occupent une position privilégiée, parfois enviée ou contestée par celles et ceux qui en sont exclus-es. Cependant, c’est essentiellement le fait de faire partie ou d’être exclu des groupes d’élèves populaires qui semble constituer le marqueur du statut social des élèves.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’organisation de ces groupes obéit également à une logique sexuée, les filles formant des groupes de leur côté, les garçons du leur. Seules deux répondantes mentionnent avoir fait partie des groupes de filles populaires. Au sein de ces groupes, la culture de la féminité est omniprésente. Cette culture exclut par définition toute sexualité autre que l’hétérosexualité. En concentrant les intérêts des femmes et des filles autour de la romance hétérosexuelle, elle joue un rôle majeur dans la reproduction du contrôle social de la sexualité des femmes (Lebreton, 2008). Les filles populaires apparaissent comme des modèles à suivre, et semblent représenter un idéal à atteindre, conforme au modèle véhiculé par la culture de la féminité. À ce titre, elles sont enviées par beaucoup d’adolescentes: «C’était des filles que tout le monde voulait être, qu’on disait vouloir être, c’était celles-là.» &amp;nbsp;(Jennifer, 23 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour décrire les filles populaires, les propos des répondantes articulent deux thèmes : l’adhésion à la féminité et l’investissement dans la séduction et la romance hétérosexuelle. L’expression d’une maturité et d’une disponibilité sexuelles orientées vers les garçons leur apparaît centrale dans le statut de fille populaire:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;C’était toutes les plus poupounes, les filles qui se montraient le plus aussi, qui étaient plus hypersexualisées, je dirais, dans leur manière de le montrer, pas nécessairement dans leurs… Bien dans les vêtements, dans le style, pas nécessairement dans la vraie vie, pas nécessairement les filles qui ont fait le plus d’expériences le plus jeunes, mais celles qui avaient l’air. Celles qui s’habillaient un peu plus «&lt;em&gt;slut&lt;/em&gt;» qu’on peut dire. Tu sais, qui avaient les jupes les plus courtes, qui avaient le style, tu sais, qui en montraient plus, qui se donnaient un air… (Deborah, 20 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les filles populaires semblent correspondre aux différentes caractéristiques qui déterminent l’idéal de la féminité, idéal blanc et de classe moyenne: beauté physique, vêtements féminins à la mode, mais pas trop provocants, apparence et comportements jugés séduisants par les garçons. L’intelligence pourrait même, selon quelques-unes des répondantes, constituer un désavantage pour une fille souhaitant accéder au statut de fille populaire. Selon ces répondantes, les filles populaires sont attentives à ne pas faire d’ombre aux garçons populaires, mais plutôt à leur plaire, quitte à rire de plaisanteries dénuées d’humour. Même si les perceptions des jeunes lesbiennes peuvent être influencées par leur position extérieure aux groupes d’élèves populaires, l’intégration sociale des filles semble toujours facilitée par leur adhésion aux exigences normatives de la féminité. Les filles populaires constituent l’idéal normatif auquel les jeunes femmes interrogées se réfèrent, sur des modes qui peuvent inclure l’admiration et l’envie sans exclure la distance critique, voire une certaine forme de rejet.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le terme «populaire» est révélateur des dynamiques reliées au pouvoir dans le milieu scolaire. La popularité fonctionne comme marqueur du statut social des adolescents-es. Une forte popularité dote ceux et celles qui en bénéficient du statut social le plus élevé dans la hiérarchie des individus. La popularité est fonction de plusieurs caractéristiques. En ce qui concerne les filles, la capacité de séduire des garçons est au fondement du statut de fille populaire. Cette capacité de séduction se traduit par le fait d’être à la mode, belle, d’apparence soignée et féminine. La popularité est accessible aux filles qui font la preuve d’une facilité de contact avec les garçons, sur le mode exclusif de la romance hétérosexuelle (flirt ou relation sérieuse):&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Il y en avait des miss populaires qu’on les appelait [rire]. Il y avait 4-5 filles qui étaient plus populaires, elles se tenaient toujours avec des gars, puis elles se tenaient avec les beaux gars de l’école. (Olivia, 22 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La culture de la féminité apparaît comme un moyen d’assurer le «contrôle des consciences» (Rich, 1981) des filles et des femmes, et de les conduire à oublier leurs propres besoins et intérêts pour détourner leurs préoccupations vers les hommes. Parvenir à obtenir l’intérêt de ces derniers constitue un marqueur important pour les adolescentes. Les aptitudes reliées à la séduction sont réputées attester de la maturité des filles, caractéristique importante pour qui souhaite accéder au statut de fille populaire. La maturité, telle que perçue par les adolescentes, est en effet étroitement liée à la démonstration de la capacité à entrer en relation avec les garçons sur le mode des relations sexuelles. La sexualité est donc non seulement centrale dans le développement identitaire des filles, mais elle est également au cœur de la distribution des statuts parmi les filles, dans la hiérarchie des écoles secondaires.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus généralement, la popularité, qu’elle concerne les filles ou les garçons, se révèle être une norme hétérosexiste et genrée, de telle sorte que les adolescentes ouvertement lesbiennes ne peuvent que se situer à la marge de la structure sociale des écoles secondaires (Payne, 2007). Les répondantes ont témoigné à la fois de l’invisibilité du lesbianisme et du dénigrement de l’homosexualité qui a cours dans les établissements scolaires secondaires. Plusieurs d’entre elles ont dit craindre que leurs pairs mettent en doute leur orientation sexuelle. En plus de participer à la mise en œuvre de stratégies de déni de la part des répondantes, ces inquiétudes traduisent également la conscience plus ou moins claire qu’être identifiée comme lesbienne entraîne le risque d’être exclue ou rejetée dans l’environnement scolaire. Ainsi, deux d’entre elles soulignent avoir préféré prendre leurs distances vis-à-vis d’une élève étiquetée comme lesbienne, afin de ne pas courir le risque de voir leur orientation sexuelle mise en doute par association.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ailleurs, les récits des jeunes femmes interrogées montrent que le statut de filles et de garçons populaires donne à ceux et celles qui le détiennent un pouvoir susceptible de s’exercer à l’encontre des autres filles. Les élèves populaires peuvent exercer un contrôle et des sanctions à l’égard des autres filles pour qu’elles se conforment à la féminité normative. C’est le plus souvent lors de la formulation d’une critique ou d’une anecdote que les répondantes ont abordé le rôle joué par les filles et garçons populaires dans l’imposition des attentes normatives reliées aux catégories de sexe. Quelques répondantes ont mentionné avoir subi le «rejet» de la part de leurs pairs, ou avoir connu des élèves qui l’avaient subi au cours de leurs études secondaires. Elles ont, pour la plupart, rapporté que les agressions étaient le plus souvent le fait d’élèves populaires, garçons ou filles, et que le rejet était fréquemment occasionné par une apparence physique dérogeant aux exigences normatives auxquelles les filles sont assignées:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Disons que je n’étais pas non plus dans les plus populaires en secondaire un et deux. Fait qu’ils me trouvaient toujours une insulte, tu sais, les plus hots entre guillemets, ceux qui sont les plus populaires. Tu vas passer dans les corridors, puis aujourd’hui ça lui tente de te lâcher un commentaire, il va te lâcher un commentaire, sur ce qui est physique souvent. (Ariane, 24 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les remarques désobligeantes peuvent concerner le corps, notamment le surpoids, et les choix vestimentaires. Ainsi, une répondante rapporte qu’elle a été amenée à modifier son style vestimentaire plutôt «masculin» (vêtements de type T-shirts, cotons ouatés, pantalons larges, absence de maquillage, etc.), afin de ne pas subir de nouveau des remarques dénigrantes ou recevoir l’étiquette de «lesbienne» de la part des filles populaires. En raison de la position privilégiée qu’ils occupent, les groupes d’élèves populaires peuvent exercer une régulation normative contraignante à l’endroit des autres élèves.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’adhésion à la culture de la féminité et l’engagement dans la romance hétérosexuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’idéal féminin personnifié par les filles populaires reflète la mise en valeur réussie du corps (beauté, vêtements, techniques d’embellissement physique) qui permet d’obtenir une reconnaissance de la part des garçons. L’embellissement physique et la romance hétérosexuelle sont par conséquent deux termes liés: pour les filles, le premier est nécessaire au second. Au sein des groupes de filles, les intérêts se concentrent alors principalement autour de ces deux termes. Tandis que l’embellissement physique est actualisé par le partage de rituels de féminité comme le magasinage ou les soirées de filles passées à se maquiller, la romance hétérosexuelle et les intérêts pour les garçons occupent pour leur part une place très importante dans les conversations entre filles. Les répondantes indiquent que ces conversations impliquent beaucoup de «potinage» autour des relations amoureuses se déroulant entre élèves plus ou moins proches de leur cercle d’amies, ou impliquant certaines d’entre elles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De façon générale, les répondantes adhèrent à ces exigences, selon des configurations variables cependant. Ainsi, il est possible d’apprécier les vêtements féminins, mais de ne pas avoir d’intérêt pour le maquillage ou les bijoux. Plus fondamentalement, les propos des répondantes illustrent que l’adoption de vêtements, comportements ou activités est rarement réfléchie en dehors des attentes normatives de genre. Les répondantes évoquent plusieurs motifs permettant d’expliquer leur adhésion: le plaisir qu’elles prennent dans les activités et rituels reliés à l’embellissement physique et dans des activités considérées comme féminines; l’approbation sociale, de la part des pairs et de la famille; le succès rencontré auprès des garçons, etc. Les propos des jeunes femmes interrogées indiquent de plus que ces éléments concourent à une intégration positive des adolescentes dans leur milieu scolaire, voire dans leur famille.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les groupes d’amies apparaissent jouer un rôle crucial dans le contrôle des filles sur les différents aspects reliés à la sexualité et, pour ce qui m’occupe, dans l’imposition de l’hétérosexualité normative. Ce contrôle s’exerce sur l’apparence et les comportements de manière à ce que ceux-ci soient en adéquation avec la féminité normative. Les groupes d’amies sont des lieux où se développe et s’actualise la culture de la féminité, qui concentre les intérêts des filles autour de la romance hétérosexuelle. De nombreuses conversations tournent autour de l’importance accordée au fait d’avoir un chum. La mise en couple apparaît être une exigence normative forte à l’adolescence, à laquelle les deux tiers des répondantes se sont conformées.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon analyse a permis de dégager deux éléments importants à l’œuvre dans ces engagements : leur initiation par les garçons et l’influence de la dynamique des rapports sociaux de sexe. Les analyses indiquent que les raisons qui ont motivé une réponse positive à des avances reçues d’un garçon relèvent de la pression à l’engagement hétérosexuel qui anime les groupes d’adolescentes. L’idéologie romantique et la poursuite d’un objectif de mise en couple sont très présentes dans ces groupes, à tel point qu’elles supplantent les intérêts et les désirs des filles. L’engagement de leurs amies dans des relations hétérosexuelles joue également un rôle. En effet, les amies en relation limitent leurs activités entre filles et ont tendance à avoir des activités sociales avec leur petit ami. Les filles qui n’ont pas de petit ami éprouvent alors un sentiment d’isolement, découlant du fait qu’elles ne prennent plus part à certaines activités. Plusieurs des jeunes femmes interrogées relatent s’être trouvées dans de telles situations et se sont engagées dans une relation hétérosexuelle de façon à mettre fin à ce sentiment d’isolement et être en mesure de partager des activités avec leurs amies.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Toutefois, quelques jeunes femmes parmi les interviewées rapportent avoir gardé une distance à l’égard de la romance hétérosexuelle. Les principales raisons avancées par les répondantes pour ne pas s’engager dans des relations «amoureuses» au secondaire relèvent de la dimension du développement personnel et social, souvent associé à l’investissement dans la réussite scolaire. Elles soulignent ainsi qu’elles étaient très occupées, participant à des activités parascolaires sportives, culturelles et, pour certaines, des activités d’engagement social par le biais du bénévolat. Ces répondantes n’expriment pas un désintérêt pour les relations amoureuses hétérosexuelles en soi, mais plutôt pour ces relations lorsqu’elles prennent place au secondaire, car elles ne les estiment pas suffisamment sérieuses:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;On voyait d’autres personnes obsédées par : se trouver un chum, se trouver une blonde, c’est important. Et puis les peines d’amour à plus finir avec des relations qui durent deux semaines. Tu sais, on en a vu autour de nous. Mais nous, je pense qu’on était un peu à l’extérieur de ça, on regardait ça et on trouvait ça très drôle. Je crois qu’on avait cette idée que c’était un peu trop tôt pour se lancer dans une relation sérieuse de toute façon, ça va mener à rien, donc ça sert à rien de perdre du temps avec ça pour le moment. (Emma, 21 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Leur non-engagement dans la romance hétérosexuelle ne peut donc pas être lu comme une absence d’intérêt à l’égard de celle-ci. Au contraire, l’idée d’engagement durable et de permanence des sentiments est un élément crucial de l’idéologie de la romance hétérosexuelle servie aux filles (Lebreton, 2008), et c’est cet élément qui, du fait de son absence, motive le non-engagement de ces répondantes dans les relations amoureuses hétérosexuelles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’engagement dans les relations hétérosexuelles semble accorder un certain prestige aux adolescentes. Ce résultat est cohérent avec l’analyse des facteurs qui favorisent l’accès à la popularité pour les filles. Parmi les caractéristiques centrales du statut populaire des filles figurent le succès rencontré auprès des garçons et la capacité à s’engager dans les relations hétérosexuelles. Ces aptitudes contribuent à la perception positive des filles par les pairs:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;C’est sûr que ça paraît bien dans le sens… tu sais, ça paraît bien, t’as un chum, tu sais, comme c’est plus les&lt;em&gt; cool &lt;/em&gt;qui avaient des chums. (Annie, 20 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le succès auprès des garçons se manifeste notamment par le fait d’être sollicitée par ceux-ci dans le contexte d’une relation «amoureuse». La plupart des jeunes femmes soulignent que le fait d’être choisie a joué dans leur décision de s’engager dans une relation hétérosexuelle. Dans quelques cas, le statut élevé du garçon, généralement plus âgé que la répondante, semble avoir placé les jeunes femmes dans l’impossibilité de refuser les avances:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;C’était dans une danse. C’était un garçon beaucoup plus âgé, il avait 18 ans et moi 14. C’était un gars très populaire et très beau, je me sentais obligée de sortir avec lui parce qu’aucune fille ne refuserait de sortir avec lui. Donc je me sentais un peu pognée, je me disais: «je n’ai pas le choix, sinon je pourrais passer pour une lesbienne». (Amélie, 24 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On voit plus précisément dans ce cas le rôle joué par l’hétérosexisme dans la décision de cette jeune femme de s’engager dans une relation hétérosexuelle. L’engagement des jeunes femmes de cette étude dans la romance hétérosexuelle et souvent dans la sexualité hétérosexuelle résulte de la contrainte à l’hétérosexualité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les résultats présentés montrent que le milieu socioculturel dans lequel les jeunes lesbiennes évoluent est hostile à la formation d’une identité sexuelle lesbienne: invisibilité et dénigrement du lesbianisme; prédominance d’une culture de la féminité centrée sur l’adhésion aux exigences normatives de la féminité et la romance hétérosexuelle; injonction à l’engagement dans la romance hétérosexuelle. Ces données illustrent le rapport que la construction sociale de l’identité des femmes, en tant que femmes, entretient avec la sexualité. Plutôt qu’un stade développemental, l’adolescence constitue un moment crucial de la construction identitaire des filles, un moment clé où la consolidation de l’identité de sexe/genre est étroitement reliée à la socialisation à l’hétérosexualité.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En effet, les relations entre pairs sont centrées sur la romance hétérosexuelle et constituent des espaces de construction des identités de sexe/genre. Autrement dit, la socialisation à l’hétérosexualité s’y trouve actualisée de façon importante. Ces résultats appuient la thèse de Rich, selon laquelle les contraintes à l’hétérosexualité «conduisent à la conviction chez les femmes que le mariage et l’orientation sexuelle vers les hommes sont des composantes inévitables de leur existence» (1981: 23). Cette thèse est tout aussi valable pour les adolescentes que pour les femmes adultes. Il faut toutefois souligner que la plupart des répondantes rapportent que cette conviction est déjà ancrée alors qu’elles entrent tout juste dans l’adolescence. La socialisation qui a lieu dans les relations entre pairs renforce l’obligation d’adhérer aux exigences normatives de la féminité, lesquelles sont liées à l’impératif de s’engager dans la romance hétérosexuelle.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il ressort des analyses que la contrainte à l’hétérosexualité agit simultanément en imposant et en interdisant. D’une part, au moyen de la socialisation, elle impose l’idée que l’hétérosexualité est le destin naturel des femmes afin que les filles se conforment aux exigences normatives de la féminité. D’autre part et dans le même mouvement, elle interdit l’exploration d’autres identités sexuelles en déclarant déviantes ou «anormales» les femmes qui expérimentent des sentiments ou des désirs invalidant l’idée de destin hétérosexuel naturel. Ce processus d’interdiction constitue à son tour un élément structurant des expériences relatées par les répondantes et permet d’expliquer les sentiments négatifs qui ont marqué la formation de leur identité sexuelle (Lebreton, 2014).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En examinant les modalités contemporaines de l’apprentissage de la sexualité par les adolescentes, dans une perspective critique à l’endroit des représentations et des pratiques dominantes, ces données illustrent le rôle structurant des rapports sociaux de sexe dans l’engagement des filles dans la romance hétérosexuelle. Il serait intéressant d’examiner la formation de l’identité sexuelle des filles hétérosexuelles à partir d’une perspective féministe matérialiste qui considère, comme dans cette recherche, que cette identité n’est pas donnée, mais construite et nécessaire à la reproduction des rapports sociaux de sexe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DELAMONT, Sara. 1989. &lt;em&gt;Knowledgeable Women: Structuralism and the Reproduction of Elites&lt;/em&gt;. Londres: Routledge.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DESCARRIES, Francine. 2006. &lt;em&gt;Vade-mecum pour mieux s’y comprendre dans l’univers des représentations sociales du féminin et du masculin et des stéréotypes sexuels&lt;/em&gt;. Document rédigé à l’occasion de la formation collective «Les stéréotypes sexuels et sexistes: hier et aujourd’hui». Québec: Conseil du statut de la femme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GUILLAUMIN, Colette. 1978. «Pratique du pouvoir et idée de Nature: 1. L’appropriation des femmes», &lt;em&gt;Questions féministes&lt;/em&gt;, 2, p. 5-30.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HALBWACHS, Maurice. 1994.&lt;em&gt; Les cadres sociaux de la mémoire&lt;/em&gt;. Paris: Albin Michel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KAUFMAN, Jean-Claude. 1996. &lt;em&gt;L’entretien compréhensif&lt;/em&gt;. Paris: Armand Colin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LEBRETON, Christelle. 2014. &lt;em&gt;Rapports sociaux de sexe et sexualité dans le québec contemporain: les trajectoires adolescentes lesbiennes&lt;/em&gt;, Thèse de doctorat. Montréal: Université du Québec à Montréal.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 2008. &lt;em&gt;Analyse sociologique de la presse québécoise pour adolescentes (2005/2006): entre hypersexualisation et consommation. &lt;/em&gt;Maîtrise en sociologie. Montréal: Université du Québec à Montréal.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PAYNE, Elizabeth C. 2007. «Heterosexism, Perfection, and Popularity: Young Lesbians&#039; Experiences of the High School Social Scene». &lt;em&gt;Educational Studies: Journal of the American Educational Studies Association&lt;/em&gt;, vol. 41, no 1, p. 60-79.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICH, Adrienne. 1981. «La contrainte à l’hétérosexualité et l’existence lesbienne». trad. de l’anglais par Christine Delphy et Emmanuèle de Lesseps, &lt;em&gt;Nouvelles Questions Féministes&lt;/em&gt;, 1, p. 15-43.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WITTIG, Monique. 1980. «La pensée straight», &lt;em&gt;Questions féministes&lt;/em&gt;, 7, p. 45-53.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;YOUDELL, Deborah 2005. «Sex-Gender-Sexuality: How Sex, Gender and Sexuality Constellations Are Constituted in Secondary Schools», &lt;em&gt;Gender and Education&lt;/em&gt;, vol. 17, no 3, p. 249-270.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ZAIDMAN, Claude. 2000. «Éducation et socialisation», in &lt;em&gt;Dictionnaire critique du féminisme&lt;/em&gt;, sous la dir. de Helena HIRATA, Françoise LABORIE, Hélène LE DOARÉ et Danièle SENOTIER, Paris, Presses Universitaires de France, p. 51-52.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_1655zjp&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_1655zjp&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Organisme qui propose des interventions sous forme d’ateliers permettant de démystifier l’homosexualité en milieu scolaire au Québec.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_3cgh3cx&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_3cgh3cx&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Cours de Formation personnelle et sociale, dans lequel était abordée l’éducation sexuelle.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-numero-publication field-type-text field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Volume: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;7&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-date field-type-datetime field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Year: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;date-display-single&quot; property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-01-01T00:00:00-05:00&quot;&gt;2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Research Areas: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53405&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Thoughts on the contemporary&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imagining theoretical practices&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-contenu field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Art Movements: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53821&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;contemporary&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-epoque field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Historical Periodization: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/1337&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;2010 +&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/1336&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;21st century&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-fig-imag field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Figures and Imaginary: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54531&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;lesbians&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/935&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;isolation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54563&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;priviledges&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54565&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;resistances&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/119&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;stereotype&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/925&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;transgression&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-genre field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Objects and Cultural Pratices: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54558&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;testimony&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-problematiques field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Problematics: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54501&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;agentivity&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/919&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;discourse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54510&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;dominant discourse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54513&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;equality&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54514&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;emancipation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/246&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;feminism&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54535&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;gender&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/256&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;identity&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54536&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;homophobia&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-provenance field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Geographical Context: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53490&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Montreal&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/24&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Canada&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/26&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Quebec&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-savoirs field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Fields of Discipline: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53798&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;women&amp;#039;s studies&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-type-publication field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Publication Type: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54481&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Cahiers de l&amp;#039;IREF&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Le présent article est consacré au milieu scolaire, qui constitue un espace de socialisation significatif dans la formation identitaire des jeunes. La plus grande partie de l’adolescence coïncide avec les années d’éducation de niveau secondaire. Le contenu scolaire et, plus fondamentalement, les relations entre pairs sont autant d’occasions d’actualiser les attentes normatives reliées au genre et à la sexualité. Mes analyses rompent avec le modèle psychosocial de développement identitaire, généralement mobilisé pour rendre compte de la formation de l’identité homosexuelle.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;To cite this document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=7004&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Lebreton, Christelle&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2016. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/pour-une-approche-materialiste-de-lidentite-sexuelle-la-formation-identitaire-des&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Pour une approche matérialiste de l&#039;identité sexuelle: la formation identitaire des adolescentes lesbiennes québécoises&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/pour-une-approche-materialiste-de-lidentite-sexuelle-la-formation-identitaire-des&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/pour-une-approche-materialiste-de-lidentite-sexuelle-la-formation-identitaire-des&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Féminismes et luttes contre l&#039;homophobie: de l&#039;apprentissage à la subversion des codes&lt;/span&gt;. 2016. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Pour+une+approche+mat%C3%A9rialiste+de+l%26%23039%3Bidentit%C3%A9+sexuelle%3A+la+formation+identitaire+des+adolescentes+lesbiennes+qu%C3%A9b%C3%A9coises&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-47-5&amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Lebreton&amp;amp;rft.aufirst=Christelle&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-node-id field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Node ID: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;73261&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Lebreton, Christelle&amp;lt;/span&amp;gt;. 2016. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;Pour une approche matérialiste de l&amp;#039;identité sexuelle: la formation identitaire des adolescentes lesbiennes québécoises&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/pour-une-approche-materialiste-de-lidentite-sexuelle-la-formation-identitaire-des&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;Féminismes et luttes contre l&amp;#039;homophobie: de l&amp;#039;apprentissage à la subversion des codes&amp;lt;/span&amp;gt;. 2016. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=Pour+une+approche+mat%C3%A9rialiste+de+l%26%23039%3Bidentit%C3%A9+sexuelle%3A+la+formation+identitaire+des+adolescentes+lesbiennes+qu%C3%A9b%C3%A9coises&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-47-5&amp;amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Lebreton&amp;amp;amp;rft.aufirst=Christelle&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Fri, 25 Mar 2022 14:44:21 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73261 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/en/articles/pour-une-approche-materialiste-de-lidentite-sexuelle-la-formation-identitaire-des#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>La portée de l&#039;épithète «gai»: sujets interpelés, sujets touchés</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/articles/la-portee-de-lepithete-gai-sujets-interpeles-sujets-touches</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que «gai» veut théoriquement dire&lt;/strong&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_y5kho9p&quot; title=&quot;Nous tenons à remercier la personne qui a corrigé ce texte pour ses commentaires judicieux.&quot; href=&quot;#footnote1_y5kho9p&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’étude de la construction identitaire masculine comme celle des rapports sociaux entre hommes hétérosexuels et non hétérosexuels mène souvent à celle de l’emploi de l’épithète «gai» ou de la gamme de termes qui lui sont apparentés&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_2rmtqtd&quot; title=&quot;Les termes apparentés, au Québec, sont «tapette», «fif» et «moumoune», pour ne nommer qu’eux. Ils varient ensuite selon les espaces géographiques et les sphères linguistiques. La France connait «pédé», «pédale», «homo» et «tantouze»; les États-Unis et le Canada anglais, «fag», «faggot», et «gay»; la Grande-Bretagne et l’Australie: «poof» et «poofter». Pour alléger le texte, nous n’allons employer que l’acception «épithète gai» ou «gai» pour référer à ce conglomérat de termes, tout en étant consciente que certaines nuances peuvent exister entre eux. Nous retenons «gai» car il représente le terme le plus usité au Québec. Puis nous privilégions l’appellation «épithète», puisqu’elle inclut à la fois l’offense (insulte) et le «jeu».&quot; href=&quot;#footnote2_2rmtqtd&quot;&gt;2&lt;/a&gt;. Cet aboutissement n’est pas étranger au constat de leur utilisation fréquente entre garçons adolescents ou entre hommes. Employés principalement par des garçons et des hommes et quelquefois par des filles et des femmes, ces termes s’adressent exclusivement à des garçons ou hommes –à quelques exceptions près (Burn, 2000; Martino, 1999; Martino et Pallotta-Chiarolli, 2003; Nayak et Kehily, 1996; Pascoe, 2005; Plummer, 1999, 2001)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_lp056n8&quot; title=&quot;Nous comprenons les distinctions corporelles « hommes » et «femmes» comme étant produites par la médecine. Celle-ci effectue également l’assignation initiale «garçon» et «fille», reprise ensuite par les multiples appareils sociaux régulateurs de la distinction. Nous nous joignons à la critique de cette vision dichotomique formulée par de nombreuses personnes féministes, transidentifiées ou intersex(ué)es, préférant une lecture approximative des corps qui soit réceptive à l’identification que privilégient les personnes elles-mêmes. Les études sur les pratiques de l’épithète —y compris la nôtre— ont toutefois présumé jusqu’ici l’absence de sujets transidentifiés et intersexués dans les interactions envisagées. Il a depuis été porté à notre connaissance lors d’échanges informels que des personnes ne s’identifiant pas comme hommes, mais étant perçues comme tels, peuvent être également ciblées.&quot; href=&quot;#footnote3_lp056n8&quot;&gt;3&lt;/a&gt;. Cette pratique s’étend de plus à une diversité de pays, tel qu’en témoignent les terrains des chercheurs-es y ayant consacré leur intérêt.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Même lorsqu’ils ne sont pas les destinataires explicites de ces épithètes (Burn, 2000; Nayak et Kehily, 1996; Pascoe, 2005), des jeunes hommes gais témoignent du fait qu’ils sont ou se sentent particulièrement ciblés par elles (Burn, Kadlec et Rexer, 2005). De leur côté, les garçons et les hommes qui les emploient se défendent généralement de les utiliser dans un sens faisant référence aux hommes gais ou dans l’optique de les diminuer (Bastien-Charlebois, 2009; Burn, 2000; Pascoe, 2005), ce que corroborent certains adultes étant en contact étroit avec des jeunes (Grenier, 2005; Richard, 2013). De leurs propres dires, «gai» et ses termes apparentés désigneraient davantage la «stupidité», la «faiblesse» ou les affinités et comportements «féminins». &amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette tension interprétative se transpose chez les chercheurs-es qui, bien que s’entendant sur sa fonction régulatrice, sont en désaccord à propos des sujets impliqués dans l’utilisation de «gai»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_yeu0wpx&quot; title=&quot;Nous centrons notre analyse sur les sujets plutôt que sur les pratiques. Même si ce sont ces dernières qui sont soulignées lors de l’emploi des épithètes, c’est un statut de sujet qu’elles forment et ce sont des sujets qui en sont d’abord affectés.&quot; href=&quot;#footnote4_yeu0wpx&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. Ce désaccord s’exprime d’abord sur le profil des personnes sujettes à être ciblées par cette épithète, puis sur la possibilité ou non qu’elle ait une incidence sur des personnes qui n’en sont pas les destinataires. Dans une vision plus minimaliste, défendue par Plummer (1999, 2001), les hommes gais ne sont pas particulièrement ciblés, les épithètes s’adressant davantage aux garçons dont les comportements sont en dehors de la masculinité, mais non forcément féminins. Leur emploi ne participerait que de la construction identitaire masculine et serait indépendant des rapports sociaux entre hommes hétérosexuels et non hétérosexuels, de même qu’entre hommes et femmes. Pascoe (2005, 2007) reprend l’idée que l’ensemble des garçons est susceptible d’être interpelé par ce qu’elle désigne comme le discours «fag» [&lt;em&gt;fag discourse&lt;/em&gt;], principalement sur la base de comportements de genre considérés comme non masculins. À la différence de Plummer cependant, elle ne le dissocie pas entièrement de l’orientation sexuelle ni n’exclut nommément la possibilité qu’il ait une portée sexiste. De plus, elle souligne l’importance de relever les modulations de son emploi selon le statut racisé des émetteurs et des destinataires en mettant en relief les différentes déclinaisons de la masculinité selon l’appartenance aux populations blanches ou afro-américaines. Si elle consacre une partie de son observation terrain à examiner les pratiques sexistes et hétéronormatives des jeunes garçons, elle les analyse en parallèle aux pratiques discursives «fag».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Martino (1999, 2000), Martino et Pallotta-Chiarolli (2003), ainsi que Nayak et Kehily (1996), ne centrent pas leurs analyses sur les sens et les usages de l’épithète «gai», mais en font une composante des rapports sociaux entre hommes dont ils étudient les divers codes. Relevant les associations persistantes entre l’ «efféminement» et l’homosexualité masculine, ils estiment que «gai» a une portée disciplinaire qui contribue non seulement à former les sujets hommes et hétérosexuels, mais également à reproduire la hiérarchie entre hommes au sein de laquelle les hommes gais et les hommes dits efféminés occupent des positions subalternes: «Nous pouvons voir que les hommes “faibles” sont définis comme “gais”&amp;nbsp;pour consolider le pouvoir et le statut des autres hommes» (Nayak et Kehily, 1996: 220).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Rares sont les auteurs-es qui vont au-delà des rapports sociaux entre hommes et affirment que les femmes font également partie des sujets indirectement impliqués par les emplois de «gai». Martino (1999, 2000) ainsi que Nayak et Kehily (1996) évoquent rapidement l’idée que les femmes constituent des sujets indirects de l’emploi de l’épithète en raison de sa dévalorisation du féminin, mais ils n’en font pas leur principal objet d’investigation. Dans des écrits antérieurs, nous avons fortement souligné les ressorts (hétéro)sexistes de «gai». Selon nous, bien qu’il cible particulièrement les hommes (soupçonnés d’être) gais et efféminés, il découle d’un découpage et d’une attribution des traits genrés en fonction d’une vision des sexes comme étant complémentaires, vision qui oriente les rapports hommes-femmes et cautionne la domination masculine (Bastien-Charlebois, 2009, 2011a).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Notre conclusion diffère de celles de Plummer et Pascoe. Comment en arrivons-nous à des résultats différents, ou comment peut-on mieux cerner les sujets interpelés et touchés par l’emploi de l’épithète «gai»? Le commun appui que chaque auteur-e prend sur l’empirie pour comprendre cet emploi nous incite à porter notre attention sur les procédés méthodologiques et analytiques de chacun-e. Si nous adoptons tous une approche qualitative composée d’entrevues individuelles et de groupes semi-directives menées auprès de garçons adolescents, mais n’arrivons pas aux mêmes conclusions, c’est qu’il doit y avoir des différences dans les thématiques abordées de même que dans l’interprétation du matériau. Mobilisées dans cette analyse, les assises théoriques et conceptuelles sont alors également d’importance. Que nous nous concentrions sur les analyses de Plummer et Pascoe est motivé par le fait que ce sont les seuls auteurs à avoir tenté de saisir la portée sémantique et sociale des épithètes dans le milieu de la recherche anglophone, et parce qu’ils sont tous deux abondamment cités&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_9hawbl5&quot; title=&quot;Autant cela puisse-t-il surprendre, les écrits savants se référant à la gamme d’épithètes se concentrent surtout sur les effets qu’elles entraînent sur la construction identitaire et l’estime de soi, de même que sur les pratiques pédagogiques. Rares sont celles qui s’attardent sur les dimensions sémantiques et la portée sociale des sens déployés.&quot; href=&quot;#footnote5_9hawbl5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;. Nous entamons notre examen avec un bref exposé de notre propre démarche afin de situer l’origine des critiques que nous formulons aux démarches respectives de Plummer et Pascoe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un déploiement de l’(hétéro)sexisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Notre propre recherche avait pour but de comprendre la diversité des attitudes des garçons adolescents à l’endroit des hommes gais, de même que les pratiques de l’épithète. Les emplois de «gai» y étaient un des thèmes abordés dans les entrevues semi-directives individuelles que nous avons menées auprès de garçons adolescents –toutes orientations sexuelles confondues (Bastien-Charlebois, 2009, 2010, 2011a).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Notre cadre théorique et conceptuel s’appuie principalement sur celui développé par Rubin (1998) dans «L’économie politique du sexe», où elle établit un lien obligé entre l’oppression des femmes et celle de l’homosexualité. Les conditions de cette oppression sont: la production et la naturalisation des genres «hommes» et «femmes» pourvus de traits et compétences distincts respectivement masculins et féminins, puis complémentaires; la prescription du mariage hétérosexuel; l’hétérosexualité obligatoire; ainsi que la répression des homosexuels hommes et femmes. Prolongeant les réflexions anthropologiques de Lévi-Strauss sur l’échange des femmes entre groupes d’hommes et développant un cadre d’analyse qu’elle nommera «système sexe-genre», elle affirme:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Les systèmes de parenté reposent sur le mariage [hétérosexuel]. Ils transforment donc des mâles et des femelles en «hommes» et «femmes», chaque catégorie étant une moitié incomplète qui ne peut trouver la plénitude que dans l’union avec l’autre [...]&amp;nbsp;Et ceci exige la répression: chez les hommes, de ce qui est la version locale (quelle qu’elle soit) des traits «féminins», chez les femmes, de ce qui est la définition locale (quelle qu’elle soit) des traits «masculins». (Rubin, 1998: 32)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après avoir mis en relief l’exigence d’une distinction des traits propres aux femmes et aux hommes pour justifier la division du travail sexué et l’impératif de complémentarité des sexes, Rubin présente les implications que ceci comporte pour l’(homo)sexualité:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Le genre n’est pas seulement l’identification à un sexe; il entraîne aussi que le désir sexuel soit orienté vers l’autre sexe. La division sexuelle du travail entre en jeu dans les deux aspects du genre –elle les crée homme et femme, et elle les crée hétérosexuels. Le refoulement de la composante homosexuelle de la sexualité humaine, avec son corollaire, l’oppression des homosexuels, est par conséquent un produit du même système qui, par ses règles et ses relations, opprime les femmes. (Rubin, 1998: 33)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien que les réseaux d’alliances entre hommes ne s’élaborent plus, dans notre société, à partir d’échanges de femmes entre groupes d’affinités, nous estimons que l’analyse de Rubin expose adéquatement les conditions et les ressorts de l’hétérosexisme&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_qkji3x3&quot; title=&quot;Pour une présentation détaillée de notre compréhension de l’hétérosexisme, voir Bastien-Charlebois (2011b).&quot; href=&quot;#footnote6_qkji3x3&quot;&gt;6&lt;/a&gt;. Au-delà des groupes familiaux, les hommes bénéficient toujours globalement de la division sexuelle du travail, et donc des principes de complémentarité et de naturalisation des sexes sur laquelle elle repose&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_ig6tw5o&quot; title=&quot;Problématiser la complémentarité des sexes ne signifie pas qu’on exclut d’office l’existence de hiérarchies intragenres. Tel que l’élaborent des auteurs comme Connell (1995) et Connell et Messerschmidt (2005), la hiérarchie intramasculine est un prolongement logique de la hiérarchie homme-femme. Loin de s’opposer, ces analyses peuvent s’arrimer.&quot; href=&quot;#footnote7_ig6tw5o&quot;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sur le plan méthodologique, nous avons découpé les entrevues que nous avons menées en thèmes permettant de faire ressortir les contrastes par le biais de la comparaison: les représentations des hommes «gais», les expériences interactives avec des hommes gais, les représentations des hommes et des femmes «normatifs», les sens et les usages de «gai». Nous avons de plus effectué les entrevues en étant sensible au possible biais de désirabilité. Sachant que la réprobation sociétale croissante des discriminations flagrantes pousse par moments l’expression de préjugés dans les retranchements de l&#039;équivoque, du démenti et du compte rendu (&lt;em&gt;account&lt;/em&gt;), à des déclinaisons de «je n’ai rien contre, mais …», (Brickell, 2001; Burridge, 2004; Hewitt et Stokes, 1975; Peel, 2001; van Dijk, 1992), nous estimions important d’effectuer des comparaisons intratextuelles au sein d’une même entrevue afin de relever les cohérences ou les contradictions internes. Et comme les participants s’exprimaient pendant environ une heure au sujet des hommes gais, il était possible de saisir avec nuance et précision les positions des jeunes participants au-delà de leurs premières affirmations de principe.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les jeunes que nous avons rencontrés ont certes accordé divers sens à «gai», mais l’associaient principalement à la faiblesse, aux comportements féminins, aux hommes gais, de même qu’à la stupidité. Étaient particulièrement décriés la faiblesse ainsi que les comportements «efféminés», considérés par moments comme artificiels et forcés. Or, au-delà des nuances initiales que plusieurs garçons avançaient en soulignant l’existence d’hommes homosexuels aux traits masculins, des affirmations subséquentes venaient les invalider. Ceux-là mêmes dissociaient force physique et hommes gais, qu’ils ne peuvent imaginer faire du sport de contact. L’efféminement devenait un signe pour reconnaître l’homosexualité, ou encore on le postulait comme nature profonde présente en chaque homme gai. Par ailleurs, les jeunes rencontrés pouvaient difficilement –sauf exception– s’imaginer cette force chez des femmes qui, même masculines, «se la jouent» ou deviennent sexuellement indésirables (Bastien-Charlebois, 2009, 2011a).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme l’affirmation et la démonstration d’une puissance exclusivement masculine/mâle soutiennent le rapport de domination des hommes sur les femmes, tout travail disciplinaire du genre chez les hommes le sert. Malgré le fait que ces pratiques disciplinaires de l’épithète indiquent l’instabilité d’une distinction nette des sexes et des genres (Butler, 2006), la force avec laquelle on l’emploie rend la puissance plus visible que la faiblesse «féminine» qu’on s’applique à chasser des hommes. Les hommes non hétérosexuels, comme les femmes, ne sont peut-être pas (toujours) des sujets directement interpelés par l’épithète, mais ils et elles sont certainement touchés de façon marquée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un procédé non homophobe de consolidation identitaire masculine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Muni d’une lunette foucaldienne et adoptant l’approche de la théorie ancrée, Plummer (1999, 2001) a mené une série d’entrevues individuelles semi-directives auprès de jeunes hommes sur le thème de leurs expériences d’enfance, d’adolescence et de jeune adulte, de même que sur celui des comportements de leurs pairs. Cet auteur estime que l’utilisation des épithètes «&lt;em&gt;gay&lt;/em&gt;», «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;» et «&lt;em&gt;poofter&lt;/em&gt;» participe d’un rite de passage de l’enfance à l’âge adulte chez les hommes, assuré par la construction et l’affirmation d’une masculinité normative. Il s’oppose aux analyses reliant l’homophobie à la misogynie et au sexisme, arguant que les significations de l’épithète ne se réfèrent pas systématiquement à ce qui est désigné comme «féminin» ou propre aux femmes. Empruntant une perspective développementale, il suit le parcours des sens de l’épithète selon l’âge des garçons qui l’utilisent. Il relève que pour qu’un garçon soit ciblé, il doit être associé aux critères suivants: agir comme un bébé, être doux, faible et timide, connaître une maturation lente, agir comme une fille, être studieux et intellectuel, être spécial, être artistique, avoir une apparence différente, ne pas être intégré dans la culture des pairs, être exclu ou solitaire, ne pas se conformer aux attentes des pairs, ne pas faire partie d’équipes sportives importantes, trop se conformer aux attentes des adultes aux dépens de la loyauté envers le groupe de pairs. Puis vient «l’orientation sexuelle?», qu’il ponctue lui-même d’un point d’interrogation pour souligner son doute quant à cette association.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme il estime que plusieurs de ces traits ne correspondent pas à ceux attribués aux filles et qu&#039;ils sont plutôt neutres et non masculins, il conclut que c’est d’abord la répudiation de «l’en-dehors» du masculin qui est à la source de l’«homophobie»: «homophobia has its early roots in boyhood otherness –specifically in being different from the collectively authorized expectations of male peers, in lacking stereotypically maculinity and/or in betraying peer group solidarity / &lt;em&gt;&amp;nbsp;L’homophobie plonge ses racines précoces dans ce qui est «autre» aux garçons– ou, précisément dans le fait de différer des attentes collectives autorisées par les pairs (garçons) ainsi que dans celui de manquer de traits masculins stéréotypés ou de trahir la solidarité de ce groups de pairs&lt;/em&gt;» (Plummer, 2001: 21). &amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plummer ajoute que l’homophobie n’est pas qu’un «simple» préjugé envers les hommes gais, puisqu’elle tend à s’estomper une fois l’âge adulte atteint. S’il était strictement question d’une crainte viscérale de l’homosexualité, celle-ci croitrait lors de l’entrée dans l’âge adulte alors que les sorties du placard se font plus nombreuses: «if homophobia were predominantly an individual prejudice against homosexuals, then it would make sense for the intensity of homophobia to continue increasing as more young men declared their sexual orientation. / &lt;em&gt;Si l’homophobie était principalement un préjugé individuel envers les homosexuels, il tomberait alors sous le sens que son intensité continue à s’accroître tandis que davantage de jeunes hommes déclarent leur orientation sexuelle&lt;/em&gt;» (22). Or, affirme-t-il, l’utilisation d’épithètes homophobes atteint des sommets lorsque la contestation de l’autorité scolaire par les groupes de pairs se fait la plus forte, c’est-à-dire à l’adolescence. L’homophobie appartiendrait donc d’abord à l’histoire développementale des garçons:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;However, rather than being constructed on an intergender boundary between masculine and feminine, homophobia marks an intragender boundary between masculine stereotypes and the male other […] Thus homophobia targets anything that signifies a lack of allegiance to the collective expectations of male peers –it is much more than heterosexism or a variant of misogyny or a simple prejudice against homosexuals.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;em&gt;Cependant, plutôt que d’être construite sur une frontière entre le masculin et le féminin, l’homophobie marque une limite intragenre entre les stéréotypes masculins et les hommes «autres» […] Ainsi l’homophobie cible-t-elle tout ce qui sous-tend un manque d’allégeance aux attentes collectives des hommes –c’est beaucoup plus que de l’hétérosexisme ou une variante de la misogynie ou un simple préjugé contre les homosexuels.&lt;/em&gt; (Plummer, 2001: 21)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En formulant un lien accessoire entre l’homophobie et les préjugés individuels envers les personnes (hommes?) homosexuelles, tout en conservant le concept pour l’ancrer sur la régulation de frontières intragenres entre les hommes normatifs et les hommes «autres», Plummer effectue un détournement de sens. Or, malgré les limites de ce concept, il a été produit dans le but exprès d’ouvrir une problématisation des attitudes négatives envers les personnes (hommes) homosexuelles (Bastien- Charlebois, 2011b; Borillo, 2000)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_qilfm8f&quot; title=&quot;Parmi les limites moins souvent nommées se trouve l’androcentrisme, tel qu’exposé par Chamberland et Lebreton (2012).&quot; href=&quot;#footnote8_qilfm8f&quot;&gt;8&lt;/a&gt;. Tout recadrage exige donc minimalement de les conserver comme sujets sociaux premiers et le traitement négatif qu’ils subissent comme objet d’investigation.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En fait, Plummer n’introduit que faiblement les différents concepts dont il désavoue plus tard la pertinence analytique. Constatant les désaccords autour de l’adéquation d’une étymologie d’«&lt;em&gt;homophobie&lt;/em&gt;» fondée sur un élan psychologique passionnel, il refuse autant de s’en départir que d’en proposer une définition opératoire. En ce qui concerne l’hétérosexisme, il l’invalide avant même d’en exposer la portée, sous le motif que les dynamiques intergenres (hommes-femmes) qu’il met en relief ne rendraient compte ni des dynamiques intragenres, ni de la passion du rejet de certains hommes efféminés et gais, et qu’il centrerait indûment l’analyse sur la sexualité (1999: 9). La misogynie et le sexisme sont de leur côté absents de son cadre théorique et conceptuel initial.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lorsqu’on fait l’économie d’une exposition des concepts d’homophobie et d’hétérosexisme, le risque est grand de réduire «l’intensité de l’homophobie» aux comportements régulateurs des garçons ainsi qu’à leur utilisation régulière des épithètes «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;» et «&lt;em&gt;poofter&lt;/em&gt;». On se dispense alors d’outils permettant de saisir l’étendue des comportements (hétéro)sexistes à l’adolescence et à l’âge adulte, puis d’y situer adéquatement les comportements spécifiques qu’on examine. Plummer fait d’ailleurs l’impasse sur le procédé par lequel il juge moins intenses certains comportements se manifestant à l’âge adulte alors que des hommes devenus citoyens de leur société peuvent soutenir tacitement ou proactivement des inégalités juridiques et sociales, rejeter des collègues de travail ou des proches, congédier des employés, inférioriser ponctuellement des personnes non hétérosexuelles devant leurs enfants, réguler le comportement de leurs enfants garçons afin qu’ils ne soient pas des «tapettes» ou rejeter ces enfants s’ils s’avèrent être non hétérosexuels-les. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sur le plan empirique, l’affirmation d’un lien accessoire entre les comportements régulateurs ayant cours chez les hommes et l’orientation non hétérosexuelle de certains d’entre eux s’opère sans examen préalable de ces deux dimensions. Plummer n’explore pas les représentations des hommes gais, et encore moins celles des femmes ou des comportements dits féminins. Pourtant, seule une démarche comparative aurait permis de statuer sur la présence ou l’absence de liens entre eux, sans compter la nécessité de réfléchir aux modes selon lesquels ils opèrent. De plus, on ne peut mettre à l’écart une portée (hétéro)sexiste à ces comportements régulateurs si on ne présente ni n’examine comment le sexisme agit sur les sujets femmes, si on ne présente pas les travaux et les réflexions de chercheures telles que Rubin (1998) établissant des liens entre les comportements régulateurs du genre et de la sexualité. &amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;S’il est juste que des comportements d’emblée non marqués comme féminins ou masculins sont désavoués à travers la régulation du genre chez les hommes, on ne peut s’abstenir d’en faire l’examen minutieux si l’on veut bien comprendre ce qu’ils signifient, ainsi que saisir leur portée. Certains des traits énumérés par Plummer sont évasifs: «agir comme un bébé», «avoir une apparence différente» et «ne pas se conformer aux attentes des pairs» ne signifient pas grand-chose. Qui plus est, ce qui déplaît en chacun d’eux demeure sans réponse. En quoi «être studieux et intellectuel» ou «connaître une maturation lente» ou «trop se conformer aux attentes des adultes aux dépens de la loyauté envers le groupe de pairs», pour ne nommer qu’eux, posent-ils problème? Martino (1999) et Nayak et Kehily (1996) offrent une réponse à certains de ces traits non approfondis à partir de leurs propres recherches empiriques auprès de garçons adolescents, nommément la conformité aux attentes des adultes, qui trahissent aux yeux des répondants une faiblesse et une soumission qui ne siéraient qu’aux femmes, les hommes devant plutôt affirmer force et contrôle. Avant de conclure à une absence de lien entre la tension intergenre où le féminin associé aux femmes est répudié et intragenre où l’orientation non hétérosexuelle est désavouée, il faut donc s’appliquer à comprendre ce que ces traits et comportements signifient pour les garçons les ayant nommés. Aller au bout de ces sens donne un portrait plus riche de la situation et offre de meilleures prises pour la théorisation.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une régulation du genre chez les garçons&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De son côté, Pascoe (2005, 2007) s’inspire de la pensée de Butler et de la théorie queer pour effectuer son analyse. Elle mobilise les concepts &amp;nbsp;de matrice hétérosexuelle de même que celui de position abjecte développés par Butler (2006, 2009), puis priorise l’hétéronormativité sur l’hétérosexisme et l’homophobie. Guidée également par l’approche de la théorie ancrée, elle a mené des observations en milieu scolaire, de même qu’une série d’entrevues individuelles semi-directives. Elle introduisait l’étude aux participants en affirmant «écrire un livre à propos des garçons», puis les questionnait sur «qu’est-ce qu’une tapette?» [«&lt;em&gt;what is a fag?&lt;/em&gt;»]. Le thème examiné n’était pas l’identité gaie, mais le «&lt;em&gt;fag-discourse&lt;/em&gt;» comme inscripteur de position abjecte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Elle souligne le fait que des jeunes garçons insistent sur la dissociation entre «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;» et homosexuel et s’y rallie elle-même: «“tapette [&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;]”’peut certes avoir plusieurs significations qui ne correspondent pas forcément à ses connotations d’insulte homophobe, mais existent plutôt à ses côtés. Certains garçons se sont appliqués à souligner que “tapette” n’avait pas de lien avec la sexualité / «“fag” &lt;em&gt;does have multiple meanings which do not necessarily replace its connotations as a homophobic slur, but rather exist alongside. Some boys took pains to say that ‘fag’ is not about sexuality&lt;/em&gt;» (2005: 336)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_0m38u4t&quot; title=&quot;L’objet de son étude est l’emploi du terme «fag», mais elle se réfère brièvement à celui de «gay». Le point commun principal entre les deux serait la référence aux pratiques de genre non masculines, mais l’auteure relève néanmoins des nuances: «gay» peut signifier stupide alors que ce ne serait pas le cas de «fag». De même, «gay» peut s’appliquer à des objets tandis que «fag» ne le peut pas.&quot; href=&quot;#footnote9_0m38u4t&quot;&gt;9&lt;/a&gt;. Selon elle, «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;» est une insulte générique châtiant l’incompétence, la faiblesse et tout autre trait considéré comme impropre aux hommes. Elle se fie à la distinction effectuée entre ces significations et l’orientation homosexuelle, car certains jeunes garçons qu’elle a rencontrés n’associeraient pas nécessairement les hommes gais avec l’efféminement et sauraient «that they are not supposed to call homosexual boys “fag” because that is mean» / «&lt;em&gt;qu’ils ne sont pas censés appeler les garçons homosexuels “tapette”, parce que c’est méchant&lt;/em&gt;» (2005: 342).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Son analyse des usages de «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;» l’amène à la conclusion qu’il n’est pas possible de confondre l’homophobie avec eux, bien qu’elle en soit une composante. Elle redoute les analyses superficielles qui, selon elle, seraient souvent faites de l’épithète, que l’on décrirait comme homophobe sans en étudier les éléments genrés: «homophobia is too facile a term with which to describe the deployment of «fag» as an epithet» /&lt;em&gt; l’homophobie est un terme trop simpliste pour décrire de déploiement de l’épithète «tapette»&lt;/em&gt; (2005: 330)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_xfndpym&quot; title=&quot;Pascoe (2005) redoute qu’en se contentant de désigner l’utilisation de l’épithète «gai» comme insulte &amp;nbsp;«homophobe», on évacue sa dimension genrée et naturalise par le fait même son emploi par les garçons.&quot; href=&quot;#footnote10_xfndpym&quot;&gt;10&lt;/a&gt;. Cela pour les raisons suivantes: le terme peut être appliqué aux hommes gais, mais pas aux lesbiennes; il est presque exclusivement employé par des garçons et non par des filles; il dépasse les hommes gais et circule «telle une patate chaude» dans les interactions quotidiennes des garçons adolescents indépendamment de leur orientation sexuelle; et parce que ses significations varient selon les cultures&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_ikeqr0b&quot; title=&quot;Chez les Blancs états-uniens, le soin apporté à la présentation de soi ainsi qu’un intérêt porté à la danse est susceptible de recueillir l’épithète «fag», mais ce n’est pas le cas chez les Noirs états-uniens pour qui le style, la propreté des vêtements et l’art de la danse sont finement cultivés.&quot; href=&quot;#footnote11_ikeqr0b&quot;&gt;11&lt;/a&gt;. L’épithète, affirme Pascoe, a une fonction disciplinaire s’appliquant aux comportements genrés des garçons: «“fag” may be used as a weapon with which to temporarily assert one’s masculinity by denying it to others» / &lt;em&gt;«“tapette” peut être utilise comme une arme par laquelle on peut temporairement affirmer sa masculinité en niant celle des autres»&lt;/em&gt; (2005: 342). Rejoignant la perspective de Butler sur la production de positions inintelligibles et abjectes servant à asseoir un référent normatif, Pascoe (2005) présente le «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;» comme un «spectre menaçant» qui se situe hors de la masculinité, mais qui est instrumental dans la construction de celle-ci. Tout garçon peut devenir «fag» et doit constamment performer une masculinité référentielle pour y échapper: «The fag is an “abject” position, a position outside of masculinity that actually constitutes masculinity. Thus, masculinity, in part becomes the daily interactional work of repudiating the “threatening specter” of the fag» / &lt;em&gt;«La tapette est une position “abjecte”, une position extérieure à la masculinité qui sert à la constituer. Par conséquent, la masculinité est en partie le travail interactif quotidien de répudiation du “spectre menaçant” de la tapette» &lt;/em&gt;(2005: 342).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le mérite de la démarche de Pascoe est de s’appuyer sur des analyses relevant déjà avec force les articulations du sexe, du genre et du désir. Au contraire de Plummer, elle ne porte pas avec elle un concept central laissé flou qu’elle déracinerait ensuite de sa visée heuristique. Cependant, elle ne précise pas ce qu’elle entend par homophobie, dont elle affirme à plusieurs reprises la déliaison d’avec le discours «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;». Tout au plus peut-on déduire de ses propos qu’elle l’associe aux attitudes négatives à l’endroit des personnes homosexuelles, autant femmes que hommes. En cette matière, la dimension principalement genrée de cette épithète occasionnellement destinée aux garçons non hétérosexuels est bien démontrée à travers le matériau que soumet Pascoe, soutenant ainsi la thèse de Butler selon laquelle le sexe, le genre et le désir ne peuvent être envisagés isolément, étant reliés à des réseaux d’intelligibilité ou d’inintelligibilité. Aussi ne peut-on effectivement pas réduire l’utilisation de cette épithète à la seule «homophobie» ou à des comportements négatifs à l’endroit d’une personne sur la base de son orientation sexuelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous remettons cependant en question la dissociation complète de l’orientation sexuelle de l’épithète lorsque les jeunes n’y font pas expressément allusion, car elle repose sur un raccourci méthodologique et interprétatif. Tout d’abord méthodologique, puisqu’on ne peut conclure que les comportements dits féminins ou efféminés chez les hommes sont dissociés de l’orientation sexuelle sans également examiner avec soin les représentations que se font les participants des hommes gais. L’absence de comparaison chez Plummer se répète chez Pascoe, qui n’a pas invité ses participants à développer leurs pensées sur ceux-ci. Par conséquent, elle n’a pour matériau sur les représentations que se font les garçons des hommes gais que ces quelques instances où ils les évoquent. Qui plus est, elle ne les examine pas avec la même rigueur critique qu’elle applique à d’autres dimensions de la recherche. C’est au pied de la lettre qu’elle prend les démentis de jeunes quant à la portée sémantique de l’épithète, leur assurance de savoir distinguer les hommes gais de l’efféminement, de même que leur défense de ne pas vouloir s’en prendre aux hommes gais car ils sauraient que «c’est méchant»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref12_d5puc31&quot; title=&quot;Le fait est d’autant plus étrange que Pascoe (2005) dépeint l’école qu’ils fréquentent comme étant particulièrement fermée à l’homosexualité, des élèves jusqu’aux administrateurs.&quot; href=&quot;#footnote12_d5puc31&quot;&gt;12&lt;/a&gt;. De la même manière, elle accepte sans réserve la profession d’une appréciation des lesbiennes chez ces garçons, écartant l’infériorisation que représente l’objectification qu’ils pratiquent à leur égard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous n’affirmons pas en retour que les jeunes désirent forcément et délibérément cacher certaines choses, mais les pratiques de démentis ont été suffisamment analysées pour soulever un doute critique. Notre propre démarche de cueillette de données a mis à jour de fréquentes contradictions chez des participants qui professaient initialement une ouverture à l’endroit des hommes gais ou soutenaient reconnaître que l’orientation sexuelle et le genre sont des dimensions distinctes, mais qui émettaient plus tard quelques caractérisations négatives ou associaient hommes gais et efféminement (Bastien- Charlebois, 2009, 2011a, 2011b). Que ceci soit le résultat d’un biais de désirabilité ou l’expression d’un biais inconscient importe peu, ce qui compte est la permanence et la force du lien. Supposer que les hommes authentiques ne sont pas efféminés, mais que les hommes gais le sont tous au moins un peu, signifie que l’association entre le genre et l’orientation sexuelle est toujours là, même si elle n’est pas présente à l’esprit de la personne qui engage l’épithète.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces sujets que «gai» interpelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une sensibilité aux discours de justification répandus chez les membres de groupes dominants devrait éveiller nos réflexes critiques et nous inciter à creuser les réponses offertes. Au minimum, nous devrions par pur pragmatisme examiner tous les référents impliqués –ici par exemple, les épithètes «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;», «tapette», «&lt;em&gt;poofter&lt;/em&gt;», «gai», d’une part, et les hommes gais de l’autre– avant de pouvoir établir des associations ou des dissociations entre eux. De la même manière, pouvoir conclure qu’une &lt;em&gt;pratique&lt;/em&gt; (encore une fois, l’utilisation de l’épithète) entraine un &lt;em&gt;effet &lt;/em&gt;quelconque (le développement identitaire des garçons, l’infériorisation des hommes gais, l’infériorisation des femmes), exige de définir clairement ces &lt;em&gt;deux&lt;/em&gt; parties. Nous ne pouvons statuer si la gamme des épithètes que nous étudions concourt à l’homophobie, l’hétérosexisme ou le sexisme si nous ne déterminons ni ne justifions notre définition opérationnelle de ces formes d’oppression.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Relever des liens «inavoués» entre une pratique et des effets infériorisants ne revient pas à présumer une malhonnêteté chez les sujets participants. Certains de ces liens ne sont simplement pas toujours présents à la conscience. De plus, qu’un sujet social ne soit pas nommé ni présent à la conscience ne signifie pas qu’il ne soit pas visé par certains propos que l’on tient. Nous pouvons le remarquer dans nombre d’autres situations, telles que ces occasions où des parents projettent sur de jeunes enfants de sexe différent un «petit couple» hétérosexuel, ou ces nombreuses fois où parents, proches et enseignants présumeront chez leurs élèves et étudiants une orientation hétérosexuelle. L’homosexualité pourrait ne jamais être interpelée directement dans chacune de ces instances, mais cela ne signifie pas qu’elle n’est pas impliquée. Attribuer des trajectoires exclusivement hétérosexuelles aux jeunes sous-tend une dévalorisation de la non-hétérosexualité, qu’on ne saurait envisager dans l’horizon des amours valides.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Outre l’absence à la conscience, il y a aussi les tensions cognitives. S’il est vrai que les hommes gais sont davantage reconnus dans leur diversité et que plusieurs jeunes affirmeront qu’ils peuvent envisager des hommes gais masculins, cette représentation entre en conflit avec l’idée largement répandue selon laquelle hommes et femmes sont différents et, par destinée, complémentaires.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un élément manque cependant à l’ensemble de ces recherches, y compris la nôtre. On n’examine nulle part la portée du sens de «stupidité» souvent associé avec l’épithète «gai». Il conviendrait de solliciter quelques cas de figure où un jugement de stupidité est considéré comme valide. Dans un second temps, nous pourrions examiner en quoi l’épithète «gai» est plus intéressante que «stupide», qui décrit plus clairement la situation. Nous suggérons un dernier filon d’investigation, qui prendrait la pratique &lt;em&gt;a contrario&lt;/em&gt;. Cela se traduirait par des interrogations sur l’attachement à l’épithète, notamment en explorant les raisons pour lesquelles le mot leur apparaît plus adéquat que les divers sens qu’il colporte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous disposons néanmoins de suffisamment de matériau et d’analyses antérieures exposant les liens entre sexisme et hétérosexisme –ou entre le corps sexué, les identités et pratiques de genre, puis les sexualités– pour confirmer l’effet qu’entraînent ces épithètes sur les hommes non hétérosexuels et non conformes dans le genre, de même que sur les femmes hétérosexuelles et non hétérosexuelles, ainsi que non conformes dans le genre. Tous-tes bénéficieraient donc d’actions visant à contrer cette pratique régulatoire. Si l’on peut se questionner sur la valeur explicative d’une conclusion où tous les sujets humains, au final, sont touchés par une pratique, il faut cependant se garder de présumer qu’on projette une situation de symétrie du pouvoir. L’impact de cette pratique varie selon les appartenances sociales, appuyant le privilège de certains et vulnérabilisant la position d’autres. Tous-tes subissent certes une contrainte plus ou moins marquée, mais tous-tes n’y remportent pas les mêmes gains matériels et symboliques. Reste maintenant à cerner les effets différentiels. Pour ce projet, nous invitons à un élargissement de la réflexion sur la portée et des effets de cette épithète sur les personnes transidentifiées et intersex(ué)es. Les personnes assignées femmes et conservant cette assignation ne sont pas les seuls sujets touchés par l&#039;hétérosexisme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BASTIEN-CHARLEBOIS, Janik. 2011a. &lt;em&gt;La virilité en jeu: perception de l’homosexualité masculine par les garçons adolescents&lt;/em&gt;, Québec: Septentrion.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 2011b. «Au-delà de la phobie de l’homo:&amp;nbsp;quand le concept d’homophobie porte ombrage à la lutte contre l’hétérosexisme et l’hétéronormativité», &lt;em&gt;Reflets : Revue d’intervention sociale et communautaire&lt;/em&gt;, vol. 17, no 1, p. 112-149.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 2010. «&quot;L’homophobie naturelle&quot; des garçons adolescents: essor et ressorts d’explications déterministes»,&lt;em&gt; Cahiers de recherche sociologique&lt;/em&gt;, no 49, p. 181-201.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 2009. «Insultes ou simples expressions? Les déclinaisons de «gai» dans le parler des garçons adolescents», dans &lt;em&gt;Diversité sexuelle et constructions de genre&lt;/em&gt;, sous la dir. de Line CHAMBERLAND, Bly W. FRANK et Janice RISTOCK, Québec: Presses de l’Université du Québec, p. 51-74.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BORILLO, Daniel. 2000. &lt;em&gt;L’homophobie&lt;/em&gt;, coll. «Que sais-je», Paris: Presses Universitaires de France.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BRICKELL, Chris. 2001. «Whose “Special Treatment”? Heterosexism and the Problems with Liberalism», Sexualities, vol. 4, p. 211-235.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BURN, Shawn Meghan. 2000. «Heterosexuals’ Use of “Fag” and “Queer” to Deride One Another: A Contributor to Heterosexism and Stigma», Journal of Homosexuality, vol. 40, p. 1-11.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BURN, Shawn Meghan, Kelly KADLEC et Ryan REXER. 2005. «Effects of Subtle Heterosexism on Gays, Lesbians, and Bisexuals», &lt;em&gt;Journal of Homosexuality&lt;/em&gt;, vol. 49, p. 23-38.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BURRIDGE, Joseph. 2004. «&quot;I&#039;m not Homophobic But...&quot;: Disclaiming in Discourse Resisting Repeal of Section 28», &lt;em&gt;Sexualities&lt;/em&gt;, vol. 7, p. 327-344.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BUTLER, Judith. 2009 [2005]. &lt;em&gt;Ces corps qui comptent: de la matérialité et des limites discursives du sexe&lt;/em&gt;, trad. de l&#039;anglais par Charlotte Nordmann Paris: Amsterdam.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 2006 [1990]. &lt;em&gt;Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité&lt;/em&gt;, trad. de l’anglais par Cynthia Kraus, Paris: La Découverte, coll. «Poche».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CHAMBERLAND, Line et Christelle LEBRETON. 2012. «Réflexions autour de la notion d’homophobie : succès politique, malaises conceptuels et application empirique», &lt;em&gt;Nouvelles Questions Féministes&lt;/em&gt;, vol. 31, no 1, p. 27-43.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CONNELL, Raewyn. 1995. &lt;em&gt;Masculinities&lt;/em&gt;, Berkeley: University of California Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CONNELL, Raewyn. W. et James W. MESSERSCHMIDT. 2005. «Hegemonic Masculinity: Rethinking the Concept», &lt;em&gt;Gender &amp;amp; Society&lt;/em&gt;, vol. 19, no 6, p. 829-859.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Van DIJK, Teun A. 1992. «Discourse and the Denial of Racism», &lt;em&gt;Discourse and Society&lt;/em&gt;, vol. 3, p. 97-118.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GRENIER, Alain. 2005. &lt;em&gt;Jeunes, homosexualité et école: rapport synthèse de l’enquête exploratoire sur l’homophobie dans les milieux jeunesse de Québec&lt;/em&gt;, Québec: GRIS-Québec.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HEWITT, John P. et Randall STOKES. 1975. «Disclaimers», &lt;em&gt;American Sociological Review&lt;/em&gt;, vol. 40, p. 1-11.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MARTINO, Wayne. 2000. «Policing Masculinities: Investigating the Role of Homophobia and Heteronormativity in the Lives of Adolescent School Boys», &lt;em&gt;The Journal of Men’s Studies&lt;/em&gt;, vol. 8, no 2, p. 213‑236.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 1999. «Cool Boys, “Party Animals”, “Squids” and “Poofters”: Interrogating the Dynamics and Politics of Adolescent Masculinities in School», &lt;em&gt;British Journal of Sociology of Education&lt;/em&gt;, vol. 20, p. 239-263.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MARTINO, Wayne et Maria PALLOTTA-CHIAROLLI. 2003. &lt;em&gt;So What’s a Boy? Adressing Issues of Masculinity and Schooling&lt;/em&gt;, Philadelphia: Open University Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;NAYAK, Anoop et Mary Jane KEHILY. 1996. «Playing it Straight: Masculinities, Homophobias and Schooling», &lt;em&gt;Journal of Gender Studies&lt;/em&gt;, vol. 5, p. 211-230.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PASCOE, C. J. 2007. &lt;em&gt;Dude, You’re a Fag: Masculinity and Sexuality in High Schoo&lt;/em&gt;l, Berkeley: University of California Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 2005. «“Dude, You&#039;re a Fag“: Adolescent Masculinity and the Fag Discourse», &lt;em&gt;Sexualities&lt;/em&gt;, vol. 8, p. 329-346.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PEEL, Elizabeth. 2001. «Mundane Heterosexism: Understanding Incidents of the Everyday», &lt;em&gt;Women’s Studies International Forum&lt;/em&gt;, vol. 24, p. 541-554.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PLUMMER, David C. 2001. «The Quest for Modern Manhood: Masculine Stereotypes, Peer Culture and the Social Significance of Homophobia», &lt;em&gt;Journal of Adolescence&lt;/em&gt;, vol. 24, no 1, p. 15-23.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 1999. &lt;em&gt;One of the Boys: Masculinity, Homophobia, and Modern Manhood&lt;/em&gt;, coll. «Haworth gay &amp;amp; lesbian studies», New York : Harrington Park Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICHARD, Gabrielle. 2013. «La délicatesse nécessaire à l’intervention en matière d’orientation sexuelle : récits de pratiques d’enseignantes et d’enseignants du secondaire», &lt;em&gt;Reflets, revue d’intervention sociale et communautaire&lt;/em&gt;, vol. 19, no 1, p. 119.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RUBIN, Gayle. 1998 [1975]. &lt;em&gt;L’économie politique du sexe. Transactions sur les femmes et systèmes de sexe/genre&lt;/em&gt;, trad. de l’anglais par Nicole-Claude Mathieu, Cahiers du Cedref, no&amp;nbsp;7.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_y5kho9p&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_y5kho9p&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Nous tenons à remercier la personne qui a corrigé ce texte pour ses commentaires judicieux.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_2rmtqtd&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_2rmtqtd&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Les termes apparentés, au Québec, sont «tapette», «fif» et «moumoune», pour ne nommer qu’eux. Ils varient ensuite selon les espaces géographiques et les sphères linguistiques. La France connait «pédé», «pédale», «homo» et «tantouze»; les États-Unis et le Canada anglais, «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;», «&lt;em&gt;faggot&lt;/em&gt;», et «&lt;em&gt;gay&lt;/em&gt;»; la Grande-Bretagne et l’Australie: «&lt;em&gt;poof&lt;/em&gt;» et «&lt;em&gt;poofter&lt;/em&gt;». Pour alléger le texte, nous n’allons employer que l’acception «épithète gai» ou «gai» pour référer à ce conglomérat de termes, tout en étant consciente que certaines nuances peuvent exister entre eux. Nous retenons «gai» car il représente le terme le plus usité au Québec. Puis nous privilégions l’appellation «épithète», puisqu’elle inclut à la fois l’offense (insulte) et le «jeu».&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_lp056n8&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_lp056n8&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Nous comprenons les &lt;em&gt;distinctions corporelles&lt;/em&gt; « hommes » et «femmes» comme étant produites par la médecine. Celle-ci effectue également l’assignation initiale «garçon» et «fille», reprise ensuite par les multiples appareils sociaux régulateurs de la distinction. Nous nous joignons à la critique de cette vision dichotomique formulée par de nombreuses personnes féministes, transidentifiées ou intersex(ué)es, préférant une lecture approximative des corps qui soit réceptive à l’identification que privilégient les personnes elles-mêmes. Les études sur les pratiques de l’épithète —y compris la nôtre— ont toutefois présumé jusqu’ici l’absence de sujets transidentifiés et intersexués dans les interactions envisagées. Il a depuis été porté à notre connaissance lors d’échanges informels que des personnes ne s’identifiant pas comme hommes, mais étant perçues comme tels, peuvent être également ciblées.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_yeu0wpx&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_yeu0wpx&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Nous centrons notre analyse sur les sujets plutôt que sur les pratiques. Même si ce sont ces dernières qui sont soulignées lors de l’emploi des épithètes, c’est un statut de sujet qu’elles forment et ce sont des sujets qui en sont d’abord affectés.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_9hawbl5&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_9hawbl5&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Autant cela puisse-t-il surprendre, les écrits savants se référant à la gamme d’épithètes se concentrent surtout sur les effets qu’elles entraînent sur la construction identitaire et l’estime de soi, de même que sur les pratiques pédagogiques. Rares sont celles qui s’attardent sur les dimensions sémantiques et la portée sociale des sens déployés.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_qkji3x3&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_qkji3x3&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Pour une présentation détaillée de notre compréhension de l’hétérosexisme, voir Bastien-Charlebois (2011b).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_ig6tw5o&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_ig6tw5o&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; Problématiser la complémentarité des sexes ne signifie pas qu’on exclut d’office l’existence de hiérarchies intragenres. Tel que l’élaborent des auteurs comme Connell (1995) et Connell et Messerschmidt (2005), la hiérarchie intramasculine est un prolongement logique de la hiérarchie homme-femme. Loin de s’opposer, ces analyses peuvent s’arrimer.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_qilfm8f&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_qilfm8f&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; Parmi les limites moins souvent nommées se trouve l’androcentrisme, tel qu’exposé par Chamberland et Lebreton (2012).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_0m38u4t&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_0m38u4t&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; L’objet de son étude est l’emploi du terme «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;», mais elle se réfère brièvement à celui de «&lt;em&gt;gay&lt;/em&gt;». Le point commun principal entre les deux serait la référence aux pratiques de genre non masculines, mais l’auteure relève néanmoins des nuances: «&lt;em&gt;gay&lt;/em&gt;» peut signifier stupide alors que ce ne serait pas le cas de «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;». De même, «&lt;em&gt;gay&lt;/em&gt;» peut s’appliquer à des objets tandis que «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;» ne le peut pas.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_xfndpym&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_xfndpym&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; Pascoe (2005) redoute qu’en se contentant de désigner l’utilisation de l’épithète «gai» comme insulte &amp;nbsp;«homophobe», on évacue sa dimension genrée et naturalise par le fait même son emploi par les garçons.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_ikeqr0b&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_ikeqr0b&quot;&gt;11.&lt;/a&gt; Chez les Blancs états-uniens, le soin apporté à la présentation de soi ainsi qu’un intérêt porté à la danse est susceptible de recueillir l’épithète «&lt;em&gt;fag&lt;/em&gt;», mais ce n’est pas le cas chez les Noirs états-uniens pour qui le style, la propreté des vêtements et l’art de la danse sont finement cultivés.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote12_d5puc31&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref12_d5puc31&quot;&gt;12.&lt;/a&gt; Le fait est d’autant plus étrange que Pascoe (2005) dépeint l’école qu’ils fréquentent comme étant particulièrement fermée à l’homosexualité, des élèves jusqu’aux administrateurs.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-numero-publication field-type-text field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Volume: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;7&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-date field-type-datetime field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Year: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;date-display-single&quot; property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-01-01T00:00:00-05:00&quot;&gt;2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Research Areas: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imagining theoretical practices&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53405&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Thoughts on the contemporary&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-contenu field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Art Movements: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53821&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;contemporary&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-epoque field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Historical Periodization: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/1336&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;21st century&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/98&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;2000-2010&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/1337&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;2010 +&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-fig-imag field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Figures and Imaginary: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/832&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;witness&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/1011&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;work&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-problematiques field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Problematics: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54536&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;homophobia&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54503&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;antifeminism&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54510&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;dominant discourse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/246&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;feminism&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-provenance field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Geographical Context: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/24&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Canada&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/26&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Quebec&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-savoirs field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Fields of Discipline: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/802&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;social sciences&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/390&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;sociology&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53798&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;women&amp;#039;s studies&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-type-publication field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Publication Type: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54481&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Cahiers de l&amp;#039;IREF&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Notre propre recherche avait pour but de comprendre la diversité des attitudes des garçons adolescents à l’endroit des hommes gais, de même que les pratiques de l’épithète. Les emplois de «gai» y étaient un des thèmes abordés dans les entrevues semi-directives individuelles que nous avons menées auprès de garçons adolescents –toutes orientations sexuelles confondues (Bastien-Charlebois, 2009, 2010, 2011a). &lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;To cite this document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=7001&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Bastien-Charlebois, Janik&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2016. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/la-portee-de-lepithete-gai-sujets-interpeles-sujets-touches&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;La portée de l&#039;épithète «gai»: sujets interpelés, sujets touchés&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/la-portee-de-lepithete-gai-sujets-interpeles-sujets-touches&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/la-portee-de-lepithete-gai-sujets-interpeles-sujets-touches&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Féminismes et luttes contre l&#039;homophobie: de l&#039;apprentissage à la subversion des codes&lt;/span&gt;. 2016. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=La+port%C3%A9e+de+l%26%23039%3B%C3%A9pith%C3%A8te+%C2%ABgai%C2%BB%3A+sujets+interpel%C3%A9s%2C+sujets+touch%C3%A9s&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-47-5&amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Bastien-Charlebois&amp;amp;rft.aufirst=Janik&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-node-id field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Node ID: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;73257&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Bastien-Charlebois, Janik&amp;lt;/span&amp;gt;. 2016. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;La portée de l&amp;#039;épithète «gai»: sujets interpelés, sujets touchés&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/la-portee-de-lepithete-gai-sujets-interpeles-sujets-touches&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;Féminismes et luttes contre l&amp;#039;homophobie: de l&amp;#039;apprentissage à la subversion des codes&amp;lt;/span&amp;gt;. 2016. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=La+port%C3%A9e+de+l%26%23039%3B%C3%A9pith%C3%A8te+%C2%ABgai%C2%BB%3A+sujets+interpel%C3%A9s%2C+sujets+touch%C3%A9s&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-47-5&amp;amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Bastien-Charlebois&amp;amp;amp;rft.aufirst=Janik&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Fri, 25 Mar 2022 13:42:45 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73257 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/en/articles/la-portee-de-lepithete-gai-sujets-interpeles-sujets-touches#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>De l&#039;assignation à l&#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/publications/de-lassignation-a-leclatement-continuites-et-ruptures-dans-les-representations-des</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Les auteures explorent, à partir de leurs disciplines et ancrages, diverses facettes de l’expérience des femmes, telle qu’elle nous est présentée dans: les discours de presse, les médias, les politiques, la fiction, les pratiques créatrices, les préconceptions et le passage du temps. &lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Tue, 15 Mar 2022 13:30:03 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73428 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/en/publications/de-lassignation-a-leclatement-continuites-et-ruptures-dans-les-representations-des#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>«L&#039;envie» de Sophie Fontanel: se soustraire au «schéma des hommes»</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/articles/lenvie-de-sophie-fontanel-se-soustraire-au-schema-des-hommes</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;«Pendant une longue période, qu’au fond je n’ai à cœur ni de situer dans le temps ni d’estimer ici en nombre d’années, j’ai vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l’absence de vie sexuelle» (7). Ainsi débute &lt;em&gt;L’envie&lt;/em&gt;, roman de Sophie Fontanel, publié en 2011. Dire que la «pire insubordination» réside dans le fait de se priver de vie sexuelle suggère que la sexualité est une injonction à laquelle il faut se soumettre, corroborant qu’elle est, ainsi que le formule Gayle Rubin, «un des principaux soucis de notre société» (2010: 172); une fabuleuse obsession, en somme. Et c’est bien cette insubordination qu’a retenue la critique jusqu’ici: l’abstinence comme un exploit. À la clôture du roman, la narratrice renoue avec le sexe: «il s’approcha, et dès que je le pus avec quelle hâte j’appliquai ma main où elle n’allait plus. Je touchai quelque chose qui me &lt;em&gt;rassura &lt;/em&gt;tellement» (161). Mais qu’est-ce qui rend donc la narratrice si &lt;em&gt;craintive&lt;/em&gt; envers la sexualité (puisque son retour à la sexualité est annoncé par le fait d’être rassurée), au point de s’y refuser?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Certes, la narratrice indique une piste: «il me semblait qu’il fallait […] sortir du schéma des hommes» (25-26). Mais à quoi renvoie ce schéma? Et que se passe-t-il lorsque quelqu’un-e se soustrait délibérément à ce schéma, geste qui est sans équivalence avec le fait d’être interdit de sexe, d’être exclu-e, relégué-e aux marges parce que jugé-e indésirable? Le roman esquisse-t-il ce que pourrait être un « schéma des femmes»? Si oui, qu’est-ce qui le distingue? En m’arrêtant aux figurations aussi bien des divers profils sexuels des personnages que de la sexualité elle-même, puis à la trajectoire de la narratrice, je tenterai de voir à quoi la narratrice veut échapper, ainsi qu’avec quoi elle se dit prête à renouer. Qu’est-ce qui la pousse à quitter la scène de la sexualité, et qu’est-ce qui l’y ramène?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Portraits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ancrée dans le présent, la narration de &lt;em&gt;L’envie&lt;/em&gt; nous fait plonger dans différents moments du passé, qui sont autant d’occasions de constituer une mosaïque de portraits caractéristiques en fonction des conduites sexuelles: le couple hétérosexuel usé dont l’un des membres trompe l’autre, une lesbienne toujours dans le placard, une autre qui tente de séduire la narratrice («Elle avait cru, puisque je n’allais pas avec les hommes, que j’irais avec les femmes» [72]), un couple d’échangistes, un homme se dépeignant en «affamé sexuel» (60), un autre couple dont la femme proclame «la mirifique activité sexuelle» (67)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_fgshxj1&quot; title=&quot;Si, à première vue, le roman peut sembler hétéronormatif, il faut bien voir qu’en les problématisant, le roman travaille précisément à spécifier les rapports hétérosexuels, et à discuter de la politique qui leur est inhérente, plutôt que de les situer sur un horizon hégémonique.&quot; href=&quot;#footnote1_fgshxj1&quot;&gt;1&lt;/a&gt; et qui fantasme sur la possibilité d’un &lt;em&gt;threesome&lt;/em&gt; avec la narratrice (fantasme qui se dégonfle lorsque la femme apprend que son mari, «n’ayant […apparemment pas absolument] besoin d’une ambiance de trio, [avait] fix[é] un rendez-vous» privé à cette dernière (157). Il y a aussi le voisin de palier de la narratrice, à qui l’épouse refuse aussi bien son corps qu’une séparation et qui, par dépit, fréquente des prostituées (75), et puis l’amie qui téléphone à la narratrice au beau milieu de la nuit pour lui raconter sa dernière aventure, alors que l’amant dort dans la chambre d’à côté, jurant toujours que c’était «mieux que le précédent» (81). Une galerie de portraits donc, au sein de laquelle chacun illustre une posture possible traduisant une sexualité volubile et obsédante.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais les portraits comprennent aussi des figures d’abstinents-es autres que celle de la narratrice, question de souligner qu’il y en a plus qu’on pense, même s’ils le sont parfois par défaut et qu’ils ne le crient pas sur les toits. Sans compter qu’ils ne se désignent pas nécessairement comme tels : ils sont plutôt ici des «spectateur[s] de la sexualité» (88). Il en est ainsi de la nounou, figurant «ces [innombrables] femmes » dévouées « [qui élèvent des] enfants qu’elles n’[ont] pas enfantés» (57). On rencontre aussi un aubergiste «sans présence féminine depuis trois ans» (13), puis l’épouse du voisin de palier déjà évoqué ci-haut, qui depuis cinq ans lui impose la « disette » (77). L’oncle Charles est un prêtre qui passe ses vacances au chalet familial, où il fait office de bête mystérieuse: «chaque soir, l’apéritif n’était qu’une progression hypocrite vers la question importante, celle qui définit un homme. Durant la dernière soirée, après avoir bien louvoyé, ils finissaient par la poser: est-ce que ça ne lui pesait pas, à Charles, l’absence de relations sexuelles?» (46). Mentionnons aussi Axel, grand ami de la narratrice, cet «homme infréquenté» (34) qui vit comme elle une «lassitude sexuelle» (14).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À côté de ces figures, comment la narratrice se décrit-elle elle-même? «Nous disons “chasteté”, mais ce n’est pas le bon mot. Nous disons “abstinence”, ce n’est pas le bon mot. “Asexualité” n’est pas le bon mot» (36). Car comment résumer en un mot «une multitude de dispositions intérieures, de circonstances extérieures»? (36). De fait, la narratrice attribue de multiples désignations à sa situation. De façon très littérale, elle parle de l’«absence de vie sexuelle» (7), de «renoncement» (108). Elle use tantôt d’euphémismes –elle évoque sa «particularité» (7), son «désintérêt» (14), «ce rien qui [lui] fut salutaire» (8)–, tantôt de métaphores– ici se profilent «les solitaires, [formant une] armée non violente sauf contre elle-même» (7-8), là une «inavouable peuplade» (8) –ou encore d’hyperboles– il est question de son «incurable pureté» (117) ou encore du «plus inouï des fantasmes» (142). Mais quelle que soit l’appellation, elle dit se «sentir honteuse de [s]a particularité, pire que différente» (7). C’est dire le stigmate qui pèse sur cette condition.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces figures de «solitaires» sont ici singularisées, constituées en phénomènes bizarroïdes, alors que d’innombrables personnes vivent des périodes de vie sans sexualité, tout en demeurant invisibilisées. À ne pas confondre avec les célibataires: célibat ne signifie pas désert sexuel («Il m’arrive des trucs par-ci, par-là» (51), précise un homme inquiet de sa réputation), tout comme le fait d’être en couple ne garantit en rien une activité sexuelle permanente. Tous autant qu’ils sont, ces abstinents traduisent un comportement problématique en regard des normes, comportement qui trahit l’injonction à la sexualité –rappelons que celle-ci est souvent présentée comme un « besoin », ce qui présuppose quelque chose de «vital». On ne meurt pourtant pas d’absence ou de privation de sexualité, pas plus que la sexualité ne garantit la sensualité, ou que celle-ci soit réductible à celle-là. «Une part colossale de sensualité a accompagné ces années, où seuls mes rêves ont comblé mes attentes – et quels rêves – et où ce que j’ai approché, ce n’était qu’en pensée – mais quelles pensées» (7), assure la narratrice. Ici, en plus du déplacement du sexuel au sensuel, c’est la quantité –«colossale»– et la qualité –«et quels rêves, et quelles pensées»– qui est soulevée. L’absence de sexualité fait l’objet d’un retournement: ce n’est pas un vide, mais plutôt un plein, et un plein de qualité. Dans le même ordre d’idées, tandis que le «a» privatif de «asexualité» renvoie à l’absence, la narratrice affirme que sa vie «n’était en rien négligeable. Au contraire, elle était riche, parfaitement ajustée à [sa] personne» (7).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La sexualité est elle aussi l’objet de multiples circonlocutions, la plupart du temps négatives, souvent assimilée à un danger («J’éprouvais une joie à être hors de tout danger» (32)), à un risque («pour le moment il n’y avait aucun risque » dit la narratrice, rapportant un fantasme (33)), quand elle n’est pas associée à la «Servitude» (14), rappelant par là à quel point elle est l’objet d’un discours normatif dictant fréquence et longueur des rapports, etc. Plus rarement est-elle connotée positivement, apparentée à des «délices» (22) ou vue comme un «trésor» (36), mais un trésor qu’il revient, insiste la narratrice, à chacun-e de définir.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels scénarios?&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qu’est-ce donc qui éloigne la narratrice de la sexualité? C’est alors qu’elle se trouve entre les bras d’un mauvais amant qu’elle prend la décision de déserter. Et c’est d’abord le corps qui se refuse:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Ce dont j’avais […] expérimenté la valeur […], ce rinçage inégalé apporté par le sexe, eh bien ne m’intéressait plus. Je n’en pouvais plus qu’on me prenne et qu’on me secoue. Je n’en pouvais plus de me laisser faire. J’avais trop dit oui. Je n’avais pas considéré la tranquillité demandée par mon corps. Comprenant que je n’entendais pas, ce corps avait haussé le ton. […] Une résistance s’était radicalisée en moi. Dans l’intimité, chaque parcelle de mon être se barricadait sans que j’y puisse quoi que ce soit. Je n’arrivais plus à desserrer les poings, il me fallait un effort pour ouvrir ma paume sur les draps, en plus elle se refermait aussitôt. (11)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, l’amant ne sait pas lire ces signes pourtant évidents, et se fait insistant: «Depuis des semaines, j’étais obligée de dire non du front à ce que proposait mon amant. Il s’impatientait. Je me forçais. Cet amant crut que je donnais alors que je concédais. […] Je n’étais devenue qu’une maigre possession pour celui qui estimait me tenir en son pouvoir» (11-12).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour cet amant, le sujet féminin a valeur de «butin» (12), nous dit la narratrice. Butin: « Ensemble des biens matériels et des esclaves ou prisonniers pris à l&#039;ennemi au cours d&#039;une guerre. Produit d&#039;un vol, d&#039;un pillage » (Usito). Dès lors, sa décision est prise: «On ne m’aurait plus» (13)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_binjyu9&quot; title=&quot;Aussi: «On n’allait pas me prendre» (32).&quot; href=&quot;#footnote2_binjyu9&quot;&gt;2&lt;/a&gt;. Il faut lire cet énoncé aussi bien au sens figuré, qui s’impose d’abord – ne plus se faire rouler – qu’au sens littéral: ce «on», qui anonymise la communauté des hommes, ne possèderait plus «m’». Aussi la narratrice rompt-elle avec cette «habitude d’obéir» (14) : «J’exigeais les pleins pouvoirs. Il me semblait qu’il fallait ça pour sortir du schéma des hommes» (26).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais deux histoires précèdent ce moment déclencheur. D’abord celle de la fameuse «première fois». Un touriste mexicain, dans la jeune trentaine, apprivoise la jeune fille de treize ans, qui paraît en avoir seize (16), et l’entraine à son hôtel. Devant la nudité de son nouvel ami, elle s’extasie, mais n’envisage pas qu’il puisse y avoir des suites:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[…] elle voulut en rester là. Se reposer sur cette idée quelques années. Elle ébaucha le geste de quitter le lit. Le garçon la retint par le poignet. Elle disait qu’elle voulait partir. […] “J’ai 13 ans en réalité”, elle lui opposa. Elle avait une candeur ridicule malgré son intelligence. Car, que croyait-elle? Qu’un homme qui désire au point où désirait celui-là […] va s’en tenir à la théorie? (18)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En racontant l’évènement à une amie, deux ans plus tard, elle réalise qu’il s’agissait d’un viol, tout en refusant l’idée. C’est donc la jeune fille qu’elle a été, que la narratrice adulte met à distance, qui l’incitait à «tout quitter» (16).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un autre épisode jalonne son parcours vers le retrait du sexe, alors que, dans la vingtaine, elle vit avec son petit ami (22-24). Celui-ci «aimait la façon dont […] on pouvait [la] réveiller la nuit» (22). On ne peut mieux euphémiser l’abus. Au final, il apparaît que ce qu’il aime par-dessus tout, c’est son propre pouvoir (22), selon les mots de la narratrice.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Trois histoires inaugurales, trois scénarios rebutants : un viol à treize ans, un ami de cœur égoïste et profiteur, puis un mauvais amant qui croit que tout lui est dû. Si ces trois-là résument le «schéma des hommes», ils suffisent en effet à vous en détourner. Ainsi, la «solution sans hommes» (70) de la narratrice met l’accent non pas sur le dédain de la sexualité, mais bien sur la mauvaise qualité des partenaires – et les rapports sociaux de sexe qui les produisent.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le «schéma des hommes»&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce «schéma des hommes» n’est pas sans liens avec certains aspects du dispositif de la sexualité tels que soulevés par divers théoriciens. Dans &lt;em&gt;Sémiologie de la sexualité&lt;/em&gt;, Pierre Guiraud soutient que c’est toujours «la même voix –celle des Dieux, des Rois et des Pères» qui, dans la littérature érotique, «proclame et érige la puissance, l’autorité et la domination du mâle» (Guiraud, 1978: 109). Il invite à considérer «que ce langage est d’origine entièrement masculine; que les femmes n’y ont sans doute eu aucune part –au moins jusqu’à une date très récente, et encore» (Guiraud, 1978: 109). Certes, les femmes se sont approprié l’écriture de la sexualité au cours des quatre dernières décennies, mais celle-ci reste culturellement marquée par la domination masculine: «sous sa forme la plus abstraite, poursuit Guiraud, l’acte sexuel est simplement une chose qu’un &lt;em&gt;homme &lt;/em&gt;fait à une &lt;em&gt;femme&lt;/em&gt; […] Plus spécifiquement, c’est une “pénétration” et une “agression”» (Guiraud, 1978: 118), soutient-il après avoir examiné les principaux champs sémantiques utilisés pour parler du sexe.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De son côté, John Gagnon, examinant de façon plus étroite les scripts&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_kkj4b9t&quot; title=&quot;Les scripts sexuels peuvent être vus comme des scénarios préétablis entourant les conduites sexuelles; ces scénarios circulent à travers les discours et les objets culturels, influant sur les rapports interpersonnels et les fantasmes, tout en étant influencés par ceux-ci en retour (Gagnon, 2008).&quot; href=&quot;#footnote3_kkj4b9t&quot;&gt;3&lt;/a&gt; de l’agression sexuelle et de la violence, souligne que les «variantes du scénario culturel de l’usage […] de la force [...] ont toutes un trait commun: l’homme dispose d’un droit légitime aux rapports sexuels […] et ce droit est contrecarré par le refus de la femme d’y accéder» (Gagnon, 2008: 118). Aussi bien dire que les femmes sont des dispositifs à prendre pour les hommes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_4poo5jp&quot; title=&quot;Ce qui prolonge la proposition de Goffman pour qui «[c]haque sexe [constitue] un dispositif de formation pour l&#039;autre sexe [...]» (Goffman, 2002: 77).&quot; href=&quot;#footnote4_4poo5jp&quot;&gt;4&lt;/a&gt;, ce que suggère la lecture croisée de Foucault sur le dispositif et de Guillaumin sur l’appropriation des femmes. Ainsi, les scripts sexuels en circulation dans la culture tout autant que le lexique de la sexualité tel que figé dans le langage correspondent à ce que la narratrice de Fontanel désigne comme le schéma des hommes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_38r9ebg&quot; title=&quot;Cela n’est pas sans résonance avec la théorie des scripts, lesquels, selon Gagnon, peuvent être vus comme «des schème[s] cognitif[s] organisé[s]» (Gagnon, 2008: 78), comme des dispositifs heuristiques (80).&quot; href=&quot;#footnote5_38r9ebg&quot;&gt;5&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus spécifiquement, le sexe du schéma des hommes est associé, dans le roman, au frénétique, au tapageur –«Si tout le monde faisait l’amour, on ne s’entendrait plus» (81)–, alors que la narratrice recherche le silence et le calme. Cela s’applique aussi au discours, jugé trop bavard, trop ostentatoire&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_3k84sld&quot; title=&quot;C’est bien ce que l’intertexte confirme: «L’envie», c’est aussi le titre d’une chanson de Johnny Hallyday (12). Celle-ci fait entendre une série d’antithèses, variations sur le thème de «trop tue l’envie»: «qu’on me donne le froid pour que j’aime la flamme / Pour que j’aime ma terre qu’on me donne l’exil / Et qu’on m’enferme un an pour rêver à des femmes / […] On m’a trop donné bien avant l’envie […] Qu’on me donne l’envie / l’envie d’avoir envie». «Qu’on m’enferme un an pour rêver à des femmes», dit le chanteur. On le constate, les genres ne sont pas égaux devant le désir: le locuteur exprime un souhait, la narratrice réalise le projet; un an suffit au locuteur; dix sont nécessaires à la narratrice…&quot; href=&quot;#footnote6_3k84sld&quot;&gt;6&lt;/a&gt;, tandis que selon elle, «toute sexualité devrait […] être un [secret]» (159). Les hommes sont jugés trop techniques, trop mécaniques: «au summum de leurs élans, ils se montr[ent] plus basiques que des manettes» (142). C’est aussi une conception utilitaire, économiste, qui est condamnée, telle qu’elle est véhiculée par ce médecin qui compare le corps au «métro de Taipei, à Taiwan» (35): il faut l’utiliser pour ne pas qu’il rouille; a fortiori «le corps sexuel. Si on en fai[t] pas usage, il se dégrad[e]» (35).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le roman ne propose ni ne précise ce que serait un schéma des femmes. Aussi sommes-nous appelés-es à le reconstituer en regard des propositions implicites du schéma des hommes. Deux passages en particulier donnent prise à la reconstitution. Le premier est un fantasme:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;La nuit, j’étreignais mon oreiller, exactement comme s’il se fût agi d’un être humain à ma portée. J’avais pour lui des égards qu’on a pour celui à qui on ne veut aucun mal. […] C’était me livrer au dos d’un homme imaginé par moi, poser mon front entre ses omoplates, je l’entourais. Et lui-là-bas devant, il me prenait les mains. Il bougeait &lt;em&gt;lentement&lt;/em&gt;, si peu que j’aurais pu jurer qu’il se contentait de respirer. J’en mettais, du temps à comprendre qu’il me berçait. Comment s’arrangeait-il de son désir? Je n’en savais rien. Mon désir à moi c’était d’attendre. (33)&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le second réside dans la finale. Après des années d’abstinence, la narratrice croise un homme sur sa route et annonce qu’elle «[veut] recommencer avec le corps» (159). Cet homme est «calme», il a «la stabilité d’un paysan» (160). Devant lui, elle dit n’avoir plus que «l’embarras des incapables» (160). Il s’approche d’elle, qui «appliqu[e]e [alors] sa main où elle n’allait plus», pour «touch[er] quelque chose qui [la] rassura tellement» (161). Le texte ne spécifie pas ce qu’elle touche, ni ce qui la rassure. Et si les sèmes de la lenteur, de la patience, de la bienveillance et de la tendresse peuvent renvoyer à un schéma féminin traditionnel, ils semblent davantage au service d’une récusation d’une sexualité bruyante, rapide, frénétique, consumériste : une sexualité-fétiche, une sexualité-injonction. Au sexe bavard, technique et bâclé (26), centré sur la génitalité, est ici opposée une sexualité qui échappe au spectacle. Fontanel suggère de renouer avec le &lt;em&gt;slow sex&lt;/em&gt;, pourrait-on dire, comme d’autres renouent avec le &lt;em&gt;slow food&lt;/em&gt;.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ailleurs, c’est notablement le sujet féminin qui amorce un geste vers le corps de l’autre à la clôture du roman. Vers le corps d’un homme qui attend, qui laisse le temps au désir féminin de s’exprimer plutôt que le devancer et lui imposer le sien. Le schéma des femmes inclurait donc dans le registre des scripts sexuels «une &lt;em&gt;chose&lt;/em&gt; qu’une &lt;em&gt;femme&lt;/em&gt; fait à un homme», renversant ainsi la description de l’acte sexuel tel que formulée par Guiraud (1978: 118) – et bien qu’elle ne soit pas à exclure, cette &lt;em&gt;chose&lt;/em&gt; ne se résume pas à la fellation, là où nous conduirait une lecture phallocentrée de cette proposition.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La disponibilité des femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un tel récit, celui d’une personne racontant comment, pendant plusieurs années, elle se serait volontairement refusée à toute sexualité, semble impensable au masculin. Non pas qu’un tel homme ne puisse pas exister, mais en l’occurrence, ce récit dirait tout autre chose –on pense à Mallarmé et autres figures du blasé, ou encore aux farces hollywoodiennes sur l’abstinence des hommes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_h7cshll&quot; title=&quot; Voir 40 jours et 40 nuits, de Michael Lehmann.&quot; href=&quot;#footnote7_h7cshll&quot;&gt;7&lt;/a&gt;. Chose certaine, on ne saurait imaginer l’histoire d’un homme racontant qu’il aurait renoncé à la sexualité précisément parce que ses expériences avec des femmes lui imposant leur désir lui auraient ôté toute faim –car n’est-ce pas, selon le sens commun, les hommes, tout comme les scouts, sont toujours prêts&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_jj7dzlr&quot; title=&quot;Selon Raewyn Connell, «la “véritable” masculinité» est pensée «comme inhérente au corps masculin» et ce corps est «conçu comme conduisant et dirigeant l’action (par exemple, les hommes seraient naturellement plus agressifs que les femmes, le viol résulterait d’un désir sexuel incontrôlable ou d’une pulsion violente innée)» (2014: 29). Et si les contours de la «masculinité hégémonique» (2014: 73) sont historiquement et culturellement variables, on pourrait soutenir que l’un des éléments l’attestant réside dans la manifestation d’un appétit sexuel inassouvissable, voire dans la consommation régulière de sexualité.&quot; href=&quot;#footnote8_jj7dzlr&quot;&gt;8&lt;/a&gt;. Cette impossible inversion révèle une autre dimension signifiante de l’œuvre: sous le récit d’une femme qui se prive de vie sexuelle se profile celui d’une femme qui refuse de se rendre disponible sur le «marché au sexe»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_tu8mspl&quot; title=&quot;Je fais référence au titre d’un entretien entre Judith Butler et Gayle Rubin (2001).&quot; href=&quot;#footnote9_tu8mspl&quot;&gt;9&lt;/a&gt;, et ce second récit nous rappelle que la disponibilité sexuelle est inhérente à la condition de femme dans nos sociétés (Guillaumin, Wittig).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jusqu’ici, les scripts sexuels ont été écrits par des hommes, les femmes étant «invitées» à y jouer le rôle d’adoratrices du phallus qui leur était dévolu. Ces patrons sont bel et bien le produit d’une «culture patriarcale et “patrisémique”» (Guiraud, 1978: 132). Certaines inventent de nouveaux scripts, octroyant de nouveaux rôles aux personnages féminins. Fontanel dessine une femme qui se retire de la scène de la sexualité, comme pour mieux la désapprendre, s’en désintoxiquer. Pour ce faire, elle observe, dissèque, analyse les scripts fondés sur les «schémas des hommes»; en creux se révèle ce que pourrait être une autre sexualité, moins bavarde, moins tapageuse, moins technique. Et pour trouver ce qui pourrait la remplacer, il faut d’abord effacer le tableau. Faire silence. C’est ce que fait le personnage de Fontanel, en cessant toute activité sexuelle, le temps que s’effacent de son corps et de sa mémoire les «schémas» que les hommes y ont imprimés. Ce n’est pas tant la sexualité qu’elle refuse, mais l’obligation sociale d’avoir à jouer dans de mauvais scénarios avec de mauvais candidats. C’est bien du «marché au sexe» que la narratrice se retire. Parce que ce marché est régi par une économie patriarcale. Et c’est à cette économie, où le viol d’une jeune fille de 13 ans est chose possible, où la femme est un dispositif à jouir pour les hommes, que Fontanel fait un procès. Économie violente, de laquelle la narratrice s’extrait pour signifier un refus radical à l’endroit des scripts dominants, élaborés sans la participation des femmes. Signifiant aussi par là qu’une autre sexualité est possible, comme on dit : un autre monde est possible.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon Rubin, «une théorie radicale du sexe doit identifier, décrire, expliquer et dénoncer l’injustice érotique et l’oppression sexuelle» (Rubin, 2010: 151). C’est bien l’entreprise de Fontanel. Et s’il y a oppression, s’y soustraire constitue un geste d’émancipation. Dans un tel contexte, s’extraire du marché sexuel est un affront à la communauté des hommes; c’est leur barrer l’accès à une ressource. Ce qui n’est pas sans rappeler les propositions théoriques de Monique Wittig, pour qui le lesbianisme est un moyen de sortir du rapport d’appropriation (2001). Mais voilà, il est des hétérosexuelles qui souhaitent aussi définir leur sexualité hors de ce rapport.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les filles l’apprennent toutes jeunes: les hommes ne «s’en tiennent pas à la théorie», ce que rappelle aussi Annie Ernaux dans &lt;em&gt;Mémoire de fille&lt;/em&gt;. Ce schéma des hommes semble donc s’imposer aux filles dès leur entrée dans la sexualité (Dussault Frenette). Il apparait ainsi que la première injonction du schéma des hommes, c’est bien de s’y soumettre. Et s’en soustraire revient à recouvrer sa liberté. Ce que le roman de Fontanel semble nous dire, c’est que le premier des scripts est probablement l’injonction à participer aux scripts. C’est, rappelons-le, à cette jeune fille qu’elle a été que la narratrice dédie son silence sexuel. Comme si elle lui devait ça : aller à rebours d’une entrée trop hâtive dans la sexualité, précipitée par un homme sans aucune considération pour son (non-)désir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«Pourquoi donner à la vie sexuelle une valeur en tant que telle?» (36), demande la narratrice. En effet, ne s’agit-il pas de trouver la valeur qu’elle a pour soi? Car elle est bel et bien chargée «d’un excès de signification» (Rubin, 2010: 156). C’est à l’autonomie qu’aspire la narratrice de Fontanel, la réitération du pronom personnel «mon», dans «mon corps et moi» (25); «mon désir à moi c’était d’attendre» (33), «entre ma peau et moi» (26), ainsi que la personnification du corps, dans «mon corps se révolta» (13), le traduit bien. S’émanciper des impératifs normatifs et trouver son propre chemin, exiger et reprendre «les pleins pouvoirs» (25), recouvrer son agentivité (Lang). Et si, en bout de ligne, l’abstinence est vue comme un exploit, cela trahit le fait que la participation aux jeux sexuels relève bien souvent, de nos jours, davantage d’une injonction sociale que de l’envie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BUTLER, Judith et Gayle S. RUBIN. 2001. &lt;em&gt;Marché au sexe&lt;/em&gt;, trad. de l’américain par Éliane Sokol et Flora Bolter, Paris: EPEL, coll. «Les grands classiques de l&#039;érotologie moderne».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DUSSAULT FRENETTE, Catherine. 2015. &lt;em&gt;L’expression du désir au féminin dans quatre romans québécois contemporains&lt;/em&gt;, Nota Bene.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ERNAUX, Annie. 2016. &lt;em&gt;Mémoire de fille&lt;/em&gt;, Paris: Gallimard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FONTANEL, Sophie. 2011. &lt;em&gt;L’envie&lt;/em&gt;, Paris: Robert Laffont.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FOUCAULT, Michel. 1976. &lt;em&gt;Histoire de la sexualité, tome I: La volonté de savoir,&lt;/em&gt; Paris: Gallimard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GAGNON, John. 2008. «L’utilisation explicite et implicite de la perspective des scripts dans les recherches sur la sexualité», in &lt;em&gt;Les scripts de la sexualité. Essais sur les origines culturelles du désir&lt;/em&gt;, trad. de l’anglais par Marie-Hélène/Sam Bourcier avec Alain Giami, Paris: Payot, 2008, p. 69 135.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GOFFMAN, Erving. 2002 (1977). &lt;em&gt;L’arrangement des sexes&lt;/em&gt;, trad. de l’anglais par Hervé Maury, Paris: La Dispute.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GUILLAUMIN, Colette. 1992. &lt;em&gt;Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature&lt;/em&gt;, Paris: Côté-femmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GUIRAUD, Pierre. 1978. «La rhétorique de l’érotisme», &lt;em&gt;Sémiologie de la sexualité&lt;/em&gt;, Paris: Payot, p. 107-133.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LANG, Marie-Ève. 2011. «L’“agentivité sexuelle” des adolescentes et des jeunes femmes : une définition», &lt;em&gt;Recherches féministes&lt;/em&gt;, vol. 24, n° 2, p. 189-209.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RUBIN, Gayle. 2010. «Penser le sexe. Pour une théorie radicale de la politique de la sexualité», in &lt;em&gt;Surveiller et jouir. Anthropologie politique du sexe,&lt;/em&gt; trad. de l’anglais par Nicole-Claude Mathieu, Epel, p. 135 224.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;__________. 1998 (1975). «L’économie politique du sexe: transactions sur les femmes et systèmes de sexe/genre», trad. de l’anglais par Nicole-Claude Mathieu et Gail Pheterson, &lt;em&gt;Les Cahiers du CEDREF&lt;/em&gt;, n° 7, p. 3-81, &lt;a href=&quot;http://cedref.revues.org/171&quot;&gt;http://cedref.revues.org/171&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WITTIG, Monique. 2001. &lt;em&gt;La pensée straight&lt;/em&gt;, trad. de l’anglais par Marie-Hélène/Sam Bourcier, Paris: Balland.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_fgshxj1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_fgshxj1&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Si, à première vue, le roman peut sembler hétéronormatif, il faut bien voir qu’en les problématisant, le roman travaille précisément à spécifier les rapports hétérosexuels, et à discuter de la politique qui leur est inhérente, plutôt que de les situer sur un horizon hégémonique.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_binjyu9&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_binjyu9&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Aussi: «On n’allait pas me prendre» (32).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_kkj4b9t&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_kkj4b9t&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Les scripts sexuels peuvent être vus comme des scénarios préétablis entourant les conduites sexuelles; ces scénarios circulent à travers les discours et les objets culturels, influant sur les rapports interpersonnels et les fantasmes, tout en étant influencés par ceux-ci en retour (Gagnon, 2008).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_4poo5jp&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_4poo5jp&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Ce qui prolonge la proposition de Goffman pour qui «[c]haque sexe [constitue] un dispositif de formation pour l&#039;autre sexe [...]» (Goffman, 2002: 77).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_38r9ebg&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_38r9ebg&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Cela n’est pas sans résonance avec la théorie des scripts, lesquels, selon Gagnon, peuvent être vus comme «des schème[s] cognitif[s] organisé[s]» (Gagnon, 2008: 78), comme des dispositifs heuristiques (80).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_3k84sld&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_3k84sld&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; C’est bien ce que l’intertexte confirme: «L’envie», c’est aussi le titre d’une chanson de Johnny Hallyday (12). Celle-ci fait entendre une série d’antithèses, variations sur le thème de «trop tue l’envie»: «qu’on me donne le froid pour que j’aime la flamme / Pour que j’aime ma terre qu’on me donne l’exil / Et qu’on m’enferme un an pour rêver à des femmes / […] On m’a trop donné bien avant l’envie […] Qu’on me donne l’envie / l’envie d’avoir envie». «Qu’on m’enferme un an pour rêver à des femmes», dit le chanteur. On le constate, les genres ne sont pas égaux devant le désir: le locuteur exprime un souhait, la narratrice réalise le projet; un an suffit au locuteur; dix sont nécessaires à la narratrice…&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_h7cshll&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_h7cshll&quot;&gt;7.&lt;/a&gt;  Voir &lt;em&gt;40 jours et 40 nuits&lt;/em&gt;, de Michael Lehmann.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_jj7dzlr&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_jj7dzlr&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; Selon Raewyn Connell, «la “véritable” masculinité» est pensée «comme inhérente au corps masculin» et ce corps est «conçu comme conduisant et dirigeant l’action (par exemple, les hommes seraient naturellement plus agressifs que les femmes, le viol résulterait d’un désir sexuel incontrôlable ou d’une pulsion violente innée)» (2014: 29). Et si les contours de la «masculinité hégémonique» (2014: 73) sont historiquement et culturellement variables, on pourrait soutenir que l’un des éléments l’attestant réside dans la manifestation d’un appétit sexuel inassouvissable, voire dans la consommation régulière de sexualité.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_tu8mspl&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_tu8mspl&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; Je fais référence au titre d’un entretien entre Judith Butler et Gayle Rubin (2001).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-numero-publication field-type-text field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Volume: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;8&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-date field-type-datetime field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Year: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;date-display-single&quot; property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2017-01-01T00:00:00-05:00&quot;&gt;2017&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Research Areas: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imagining theoretical practices&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53405&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Thoughts on the contemporary&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53404&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Contemporary literary questions&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-contenu field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Art Movements: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53821&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;contemporary&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-epoque field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Historical Periodization: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/1337&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;2010 +&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/98&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;2000-2010&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/1336&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;21st century&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/103&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;1980-2000&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/97&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;20th century&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-fig-imag field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Figures and Imaginary: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/925&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;transgression&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54565&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;resistances&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/250&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;revolution&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54563&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;priviledges&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-genre field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Objects and Cultural Pratices: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/183&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;book&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/75&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;novel&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-problematiques field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Problematics: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54501&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;agentivity&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54503&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;antifeminism&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54505&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;binarity&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/919&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;discourse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54510&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;dominant discourse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-provenance field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Geographical Context: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53490&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Montreal&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/24&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Canada&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/26&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Quebec&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-savoirs field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Fields of Discipline: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/78&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;literature&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53798&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;women&amp;#039;s studies&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-type-publication field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Publication Type: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/54481&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Cahiers de l&amp;#039;IREF&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;«Pendant une longue période, qu’au fond je n’ai à cœur ni de situer dans le temps ni d’estimer ici en nombre d’années, j’ai vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l’absence de vie sexuelle» (7). Ainsi débute L’envie, roman de Sophie Fontanel, publié en 2011.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;To cite this document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=1856&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Boisclair, Isabelle&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2017. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/lenvie-de-sophie-fontanel-se-soustraire-au-schema-des-hommes&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;«L&#039;envie» de Sophie Fontanel: se soustraire au «schéma des hommes»&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/lenvie-de-sophie-fontanel-se-soustraire-au-schema-des-hommes&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/lenvie-de-sophie-fontanel-se-soustraire-au-schema-des-hommes&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Féminismes, sexualités, libertés&lt;/span&gt;. 2017. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=%C2%ABL%26%23039%3Benvie%C2%BB+de+Sophie+Fontanel%3A+se+soustraire+au+%C2%ABsch%C3%A9ma+des+hommes%C2%BB&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-50-5&amp;amp;rft.date=2017&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Boisclair&amp;amp;rft.aufirst=Isabelle&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-node-id field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Node ID: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;73208&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Boisclair, Isabelle&amp;lt;/span&amp;gt;. 2017. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;«L&amp;#039;envie» de Sophie Fontanel: se soustraire au «schéma des hommes»&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/lenvie-de-sophie-fontanel-se-soustraire-au-schema-des-hommes&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;Féminismes, sexualités, libertés&amp;lt;/span&amp;gt;. 2017. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=%C2%ABL%26%23039%3Benvie%C2%BB+de+Sophie+Fontanel%3A+se+soustraire+au+%C2%ABsch%C3%A9ma+des+hommes%C2%BB&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-50-5&amp;amp;amp;rft.date=2017&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Boisclair&amp;amp;amp;rft.aufirst=Isabelle&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Tue, 22 Feb 2022 20:52:28 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73208 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/en/articles/lenvie-de-sophie-fontanel-se-soustraire-au-schema-des-hommes#comments</comments>
</item>
</channel>
</rss>
