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 <title>Observatoire de l&#039;imaginaire contemporain - actualités</title>
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 <title>Les représentations des femmes, des féministes, du féminisme:  échos d’un récit de pratique de formation</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 360px;&quot;&gt;[L’]introduction du féminisme sous sa forme la plus nocive: la femme électeur […] engendrera bientôt la femme-&lt;em&gt;cabaleur&lt;/em&gt;, la femme-&lt;em&gt;télégraphe&lt;/em&gt;, la femme-&lt;em&gt;souteneur&lt;/em&gt; d’élections, puis la femme-député, la femme-sénateur, la femme avocat, enfin pour tout dire en un mot, la femme-homme, le monstre hybride et répugnant qui tuera la femme-mère et la femme-&lt;em&gt;femme&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_aq7iwg9&quot; title=&quot;Cet extrait est tiré de l’ouvrage: Femmes-hommes ou hommes et femmes? Études à bâtons rompus sur le féminisme (Bourassa, 1925: 36-37). Les italiques sont de l’auteur.&quot; href=&quot;#footnote1_aq7iwg9&quot;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien que cet extrait, prononcé en 1925 par Henri Bourassa, peut faire sourire ou étonner, en ce début de XXIe siècle, il laisse quand même entrevoir ce que pouvait être la vie des femmes d’hier et permet de prendre déjà la mesure de toute la route parcourue depuis ce temps. Mais justement, que laisse entrevoir ce chemin, cette traversée du dernier siècle? Sous quelles formes et de quelles manières les femmes d’aujourd’hui sont-elles représentées et sont-elles perçues? Quelles sont les caractéristiques qui les définissent? Et si je vous demandais de choisir trois mots qui les caractérisent, que diriez-vous? Voici l’exercice que j’ai proposé d’emblée à un groupe d’étudiantes et d’étudiants en travail social de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), inscrits à un cours portant sur les rapports de genre et les rapports de sexe à l’automne 2010.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La thématique proposée par le colloque à l’origine de ce texte invitait à saisir le terme de représentation(s) sous une double signification, soit celle de la place et de l’image des femmes. Pour ma part, je propose d’entrecroiser les visions que m’ont fournies les étudiantes et les étudiants qui ont pu, par le biais de ce cours, s’interroger sur les places qu’occupent les femmes et les hommes dans cette société hypermoderne et partager certaines de leurs représentations des femmes, des hommes, des féministes et du féminisme qu’elles et ils se faisaient au départ et au terme de cette démarche pédagogique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sous la forme d’un récit de pratique de formation, je compte, dans le cadre de ce texte, présenter et interroger ces diverses représentations et fournir un éclairage permettant de jauger la permanence et la diversité à l’œuvre dans les représentations sociales contemporaines du féminin et du masculin au sein d’un groupe inscrit au baccalauréat en travail social en 2010.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À travers ce récit de pratique de formation, je vais donc raconter une partie de l’expérience pédagogique vécue dans le cadre de mon enseignement en travail social et présenter des fragments, des échos livrés tout au long et à la sortie de ce cours, me donnant l’occasion de porter un regard analytique sur ces éléments de contenu et sur la démarche expérimentée avec ce groupe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mise en contexte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«Travail social: rapports de sexe, rapports de genre» est un cours obligatoire&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_y97mwop&quot; title=&quot;On peut s’interroger: si les étudiantes et les étudiants pouvaient choisir ce cours, à titre de cours optionnel, s’y inscriraient-ils?&quot; href=&quot;#footnote2_y97mwop&quot;&gt;2&lt;/a&gt; dans le programme au baccalauréat en Travail social à l’UQAC et il est planifié pour être suivi à la deuxième année du programme. Il comporte 45 heures, réparties sur quinze semaines. Il est le seul cours dans la formation en travail social à aborder de manière frontale et explicite les questions relatives aux rapports de sexe et de genre. Les objectifs visés sont:&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Sensibiliser à l’évolution des rôles et des places occupées par les femmes dans la sphère privée et dans l’espace public;&amp;nbsp;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Faire connaître les conséquences de l’inégalité dans les rapports hommes/femmes tant sur le plan individuel que collectif et les faire voir sous l’angle social, politique, économique et culturel;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Développer une réflexion sociale d’actualité sur différentes problématiques liées aux conditions de vie des femmes et des hommes, et aux rôles qui leur ont été dévolus d’hier à aujourd’hui;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Prendre conscience des préjugés que l’on véhicule (personnellement et professionnellement) à l’égard des femmes, des hommes et des comportements qui ne cadrent pas dans la norme reconnue socialement.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;J’ai donné pour la première fois ce cours à l’automne 2010. J’avais un groupe de 50 personnes inscrites&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_eeknin4&quot; title=&quot;À noter que ce groupe était formé de 6 garçons et de 44 filles.&quot; href=&quot;#footnote3_eeknin4&quot;&gt;3&lt;/a&gt;, avec lequel j’ai cheminé durant cette session. J’en étais donc à une première expérimentation de la démarche pédagogique que j’avais conçue au préalable.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour les fins de cet article, seules quelques-unes des activités prévues dans le déroulement de ce cours ont été sélectionnées, de manière à donner accès au contenu relatif à la question des représentations des femmes, des hommes, des féministes et du féminisme. Au nombre de quatre, ces activités se situent toutes à des moments spécifiques de la démarche pédagogique: il s’agit du feuillet informatif, du commentaire photographique, de la 6e séance de cours et de la tenue du journal hebdomadaire dans lequel est réalisée sa synthèse critique. Les informations recueillies dans le feuillet informatif et le commentaire photographique l’ont été dès les deux premières séances de cours, celles reliées à la 6e séance se situaient à mi-parcours; finalement, celles qui concernent le journal hebdomadaire et sa synthèse critique étaient rédigées à chaque semaine et remises à la fin de la session. Voyons maintenant ce que chacune de ces étapes nous fournit en matière de représentations.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le feuillet informatif&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au début de chacune des sessions, lors du premier cours, je demande toujours aux étudiantes et étudiants de compléter un feuillet informatif dans lequel un certain nombre de questions leur sont posées concernant leur cheminement au baccalauréat, leurs intérêts pour la thématique abordée et le contenu du cours qui sera donné. Ainsi pour ce cours, «Travail social: rapports de sexe, rapports de genre», voici les quatre questions thématiques qui leur ont été proposées:&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Trois mots qui caractérisent une femme, un homme.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Sous quels aspects les plus marquants, les conditions de vie des femmes se sont-elles modifiées dans les 30 dernières années?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;En quoi la condition masculine a-t-elle changé au cours des dernières années?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Y a-t-il des aspects sur lesquels il y aurait encore des luttes à faire pour améliorer les conditions de vie des femmes?&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Examinons ce qu’elles et ils ont répondu à chacune de ces questions.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;1ère question: Trois mots qui définissent une femme, un homme&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Les caractéristiques qui ont été le plus fréquemment&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_0kyxtif&quot; title=&quot;Les caractéristiques retenues pour constituer ce tableau sont celles qui ont été nommées plus d’une fois. Le chiffre entre parenthèse indique le nombre de fois où cette caractéristique a été répertoriée.&quot; href=&quot;#footnote4_0kyxtif&quot;&gt;4&lt;/a&gt; nommées pour définir une femme et un homme sont les suivantes:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73466&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;À la lumière des caractéristiques nommées et listées dans ce tableau, il est frappant de voir que celles qui sont les plus populaires correspondent encore à certains traits stéréotypés qui ont défini pendant longtemps les hommes et les femmes dans nos sociétés et que certaines caractéristiques nouvelles sont mentionnées plutôt en bas de liste et de façon moins fréquente. Bref, pas de surprise en parcourant cette liste où rien de non convenu et de nouveau semble émerger au démarrage de la session. Ce premier exercice pourrait même donner à penser que le travail de transformations et de remises en question des stéréotypes qui a été opéré par les féministes et leur mouvement n’a pas réussi à modifier les structures internes qui auraient permis un changement durable des mentalités.&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;2e question: Sous quels aspects les plus marquants, les conditions de vie des femmes se sont-elles modifiées dans les 30 dernières années?&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Pour la présentation des réponses à cette deuxième question, j’ai choisi, pour une raison que nous verrons plus tard, de distinguer les réponses données par les filles de celles données par les garçons. Donc voici les éléments qu’ils et elles ont ciblés:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73467&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;Bien que plusieurs des éléments nommés soient communs et présents tant dans la liste des garçons que dans celle des filles, on remarque tout de même que les filles se distinguent en parlant des transformations qui ont trait au corps et au couple, alors que les garçons eux soulignent celles qui ont trait à l’éducation et à la politique. Que penser de ces différences? Sommes-nous, là aussi, devant une démarcation stéréotypée du regard posé sur les transformations vécues?&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;3e question: En quoi la condition masculine a-t-elle changé au cours des dernières années?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Voyons maintenant sous quels aspects, selon eux et elles, la condition masculine a changé au cours des dernières années.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73468&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Qu’est-ce qui se dégage des changements ciblés? On remarque que les commentaires des jeunes femmes sont davantage positifs, alors que les changements ciblés par les jeunes hommes semblent insister davantage sur une perte, un manque, un malaise. Ces derniers mentionnent entre autres que la place que prennent les hommes dans l’espace public s’est grandement modifiée du fait que maintenant, les femmes occupent cet espace avec eux. Du côté des filles, la modification de la place que les hommes assument dans la sphère domestique représente une préoccupation plus grande pour elles. Elles remarquent davantage cet investissement et demandent que les hommes soient encore plus actifs et assument plus de responsabilités dans cet univers.&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;4e question: Y a-t-il des aspects sur lesquels il y aurait encore des luttes à faire pour améliorer les conditions de vie des femmes?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;À cette quatrième question, la majorité des filles et des garçons ont répondu oui d’emblée. Cependant, deux filles ont dit non pour les femmes d’ici tout en précisant que ces luttes étaient valides pour les femmes d’ailleurs, et un garçon a exprimé son ambivalence. Quelles sont donc les situations ciblées par les étudiantes et les étudiants qui demandent encore à être résolues?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73469&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Fait marquant, la majorité des étudiantes et des étudiants étaient d’accord pour souligner qu’il y a encore des luttes à mener pour améliorer les conditions de vie des femmes, et les thématiques soulevées, autour desquelles ces luttes pourraient se faire, sont sensiblement les mêmes, qu’il s’agisse des garçons ou des filles. La conscience des écarts existant et persistant en regard de certaines des sphères de la vie des femmes ou des réalités qu’elles vivent est bien présente dans le groupe et contrairement à l’idée qui dit que les jeunes générations souscrivent au fait que «l’égalité entre les hommes et les femmes est déjà là», on voit ici plutôt l’expression d’une sensibilité aux différences et au travail qu’il reste à faire pour diminuer l’ensemble des iniquités et des inégalités toujours présentes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le commentaire photographique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de ce deuxième travail, les étudiantes et les étudiants étaient invités, dès la première semaine de la session, à se rendre sur le site Internet du cours et à parcourir une banque de photographies mise à leur disposition. Dans l’ensemble des photos proposées, ils devaient choisir celle qui les interpellait davantage et leur permettait de faire un lien avec la thématique du cours. Ils sélectionnaient une photo, l’imprimaient et y joignaient un commentaire écrit qui expliquait les raisons de leur choix, comment ou en quoi cette photo évoquait pour eux les grands thèmes que nous allions aborder dans ce cours ou encore les questions qu’elle leur posait.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voici la sélection des photos&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_i4bjj9r&quot; title=&quot;Ces photos sont extraites de Koch, 2009 et de Masquetiau de Abeels, 2006.&quot; href=&quot;#footnote5_i4bjj9r&quot;&gt;5&lt;/a&gt; choisies plus d’une fois, à l’exception des trois dernières qui ne l’ont été qu’une seule fois.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73470&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;On remarque qu’à travers les choix qui sont faits ici, plusieurs thèmes sont repérables, tels que le rapport des femmes à leur corps, l’emprise des hommes sur ce corps, le couple, la famille, le rôle de mère, les rôles nouveaux qu’occupent des hommes et des femmes dans la sphère domestique et dans l’espace du travail salarié, l’éducation et les regroupements de femmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Là aussi, plusieurs des photos sélectionnées font écho aux éléments de réponses données dans les quatre questions posées dans le questionnaire. Elles font état de réalités qui touchaient traditionnellement et qui touchent encore les femmes au quotidien, ou alors elles témoignent d’un idéal auquel les hommes et les femmes d’aujourd’hui aspirent en matière de rôles et d’égalité.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La 6e séance de cours: «Des luttes et des rires de femmes»&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette sixième séance de cours abordait de manière explicite l’engagement dans le mouvement des femmes et forcément la question du féminisme. Depuis le début de la session, il était évident que ces thèmes suscitaient certaines réticences chez quelques étudiantes et étudiants, voire un certain malaise. La préparation à cette séance de cours les invitait, comme pour toutes les semaines précédentes, à lire quelques textes au préalable. Parmi ces textes, l’un a gagné la faveur de plusieurs. Il s’agit du texte intitulé «Moi féministe? Jamais de la vie…» de Jean-François Landry (2003). Puis, au moment de la séance de cours, deux activités étaient planifiées: la projection d’un documentaire réalisé par des féministes et intitulé «On n’a pas dit notre dernier mot» (Simard et Trépanier, 2006)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_6eptcm7&quot; title=&quot;Ce documentaire porte sur la réalisation du numéro spécial à l’occasion des célébrations des 25 ans de fondation du magazine La Vie en rose.&quot; href=&quot;#footnote6_6eptcm7&quot;&gt;6&lt;/a&gt;, et la rencontre avec deux jeunes féministes engagées dans le groupe Rebelles 02. Voici quelques-uns des commentaires formulés relativement à cette séance de cours&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_y3m38xf&quot; title=&quot;Ces commentaires ont été formulés dans les journaux hebdomadaires des étudiantes et des étudiants.&quot; href=&quot;#footnote7_y3m38xf&quot;&gt;7&lt;/a&gt;:&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Concernant le texte de Jean-François Landry, on peut dire que sa lecture a eu plusieurs effets puisqu’il a été en quelque sorte libérateur et a autorisé une parole autour du féminisme. Il a rejoint les perspectives de plusieurs, dont celle selon laquelle «les jeunes d’aujourd’hui pensent que le féminisme n’a plus sa raison d’être» ; il a ébranlé certaines idées, notamment celle selon laquelle «un garçon pouvait se dire féministe», et il a permis certaines prises de conscience, dont celle «de vivre dans un monde masculin». Des filles ont également été interpellées quant au fait de se dire féministe ou non. D’ailleurs, voici un extrait qui illustre ce type de réflexion:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Suite à la lecture de ce texte, je me suis posée la question: «Suis-je féministe?». Et la réponse fut oui j’en suis une mais pas jusqu’au bout des ongles. […] Je ne ressens pas encore (et peut-être jamais) le besoin de me rallier à un groupe de féministes, je suis comme… une féministe non pratiquante! Je suis pour l’égalité, la justice et la liberté et je suis sensibilisée à toutes les causes pour les femmes mais je ne fais pas partie de la bande qui lutte pour ces causes. C’est peut-être égoïste et individualiste de ma part, j’y consens… mais je suis une féministe dans l’âme et non dans la pratique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quant aux propos recueillis autour du féminisme, ils se regroupent sous deux grands thèmes, soit, d’une part, le sens donné au féminisme et, d’autre part, la perception qu’on a des féministes. Voyons les idées principales qui se dégagent sous chacun de ces thèmes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autour du féminisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien qu’au début de ce cours, plusieurs étudiantes et étudiants croyaient que «le féminisme n’avait plus sa raison d’être», un grand nombre réalise, au moment de cette séance, qu’ils et elles ont «une vision erronée et stéréotypée du féminisme» et n’en retiennent «que le côté gris». Ainsi, il serait nécessaire de «redorer l’image du mouvement des femmes» et même de «redéfinir le terme féminisme».&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bref, on constate que «le féminisme et les actions de ce mouvement sont pour l’ensemble de la société et non contre les hommes» et que «l’avancement de la cause des femmes fait également avancer la cause des hommes».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autour des féministes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au départ, on entretient ici aussi une idée plutôt négative ou stéréotypée des féministes, mentionnant que «si la vision du féminisme est celle de la femme frustrée et extrémiste, on ne veut pas être associé à cette image-là», tout en constatant qu’«il y a un manque de modèles féministes autres que celui de la féministe radicale». À ce sujet, la vidéo projetée a donné l’occasion de voir s’exprimer une variété de féministes qui ne sont pas toutes extrémistes. En somme, comme plusieurs étudiantes l’indiquent, «si être féministe c’est mettre de l’avant les valeurs de liberté, de solidarité, d’équité et de justice», alors elles se revendiquent d’être féministes. Voyons ce que l’une d’entre elles a formulé à ce sujet:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Pour moi le féminisme est un mouvement social et une philosophie. Nous vivons le féminisme de façon collective mais également de façon individuelle. Le documentaire est venu me rejoindre car il présentait des femmes différentes qui vivaient leur féminisme à leur façon. Il est important de laisser place aux nuances. Je trouve que c’est primordial de respecter le degré et l’intensité de féminisme de chaque femme car même si nous le vivons et l’exprimons différemment, nous poursuivons toutes le même objectif soit que les femmes et les hommes soient égaux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’ensemble de ces propos permet de saisir la prégnance des représentations stéréotypées qui perdurent, sur le plan social, relativement à l’identité des féministes ainsi qu’à celle du mouvement où plusieurs d’entre elles militent. Autre aspect intéressant à signaler: c’est un texte signé par un jeune homme (celui de Jean-François Landry) qui permet une expression plus ouverte, une parole plus libre autour de ces questions pour un ensemble important d’étudiantes et d’étudiants du cours. Est-ce dû au fait que cette parole est celle d’un jeune, comme eux et elles, et qu’elle résume en partie leur vision du féminisme ? Est-ce dû au titre accrocheur et évocateur du texte? Finalement, la multiplicité des expressions et des formes du féminisme sont à promouvoir et à mettre de l’avant, de manière à donner l’occasion de déconstruire les représentations figées ou dépassées qui persistent et faire valoir la place qu’occupe la diversité au sein du mouvement des femmes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le journal hebdomadaire et sa synthèse critique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce travail de session demandait à chaque étudiante ou étudiant de rédiger à toutes les semaines un commentaire portant sur les lectures, les documentaires projetés et les discussions poursuivies en classe. Ainsi, au fil des semaines, ce journal prenait forme et se constituait. Puis s’ajoutait une synthèse critique qui permettait à chacun et chacune de faire le bilan de l’impact qu’avaient eu à la fois la démarche réalisée et la réception des contenus livrés dans le cours. Voici quelques-unes des idées principales qui ressortent des journaux et des synthèses présentés:&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au début de la session, un certain nombre d’étudiantes et d’étudiants pensaient que «la cause des femmes était un peu dépassée». En fait, d’autres ont avoué «ne jamais s’être questionné sur la vie des femmes d’autrefois et être étonné du travail fait par les féministes dans le passé». Ainsi on reconnaissait avoir une «méconnaissance du féminisme» ou encore le définir «par ses seuls côtés extrémistes», ce qui continuait à donner une mauvaise réputation aux féministes, et ce malgré tout le travail qu’elles ont accompli. À la sortie de ces 45 heures de cours, certains et certaines disaient même «s’être réconcilié avec le féminisme».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puis, comme la majorité du groupe était composé de femmes, il va s’en dire que plusieurs d’entre elles se sont interrogées quant à leur identité féministe. Voici un commentaire qui résume la perspective de plusieurs: «Avant ce cours, je ne m’étais pas posé la question suis-je féministe ?» De même, compte tenu de la vision attribuée au féminisme, «il est vrai que c’est presque gênant de se dire féministe aujourd’hui: il faut ajouter qu’on n’est pas trop agressive». D’autres soulignent qu’«en prenant conscience de ce qu’est le féminisme, elles voient que plusieurs le sont sans le savoir», ou encore que «certaines ont des façons d’être féministes sans employer le mot». Finalement, quelques-unes affirment que ce cours, la démarche, les lectures «leur confirment qu’elles sont féministes et qu’elles n’auront plus honte de le dire».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À titre d’exemple, et pour terminer, voyons ce qu’une étudiante et un étudiant ont souligné à la fin de leur parcours:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Au terme de cette démarche je peux franchement dire que ma conception du féminisme a totalement changé avec les notions abordées dans ce cours. Dorénavant je n’aurai plus peur de me dire féministe et serai à l’aise d’expliquer ce concept et ce qui reste à faire pour améliorer la vie des femmes d’aujourd’hui et les acquis à ne pas perdre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Ce cours m’a permis de faire cette réflexion profonde sur la différenciation des sexes et ses répercussions sociétales. […] Pour une fois, on m’a proposé de dépasser l’aspect théorique pour me permettre de me positionner à travers une approche réflexive sur le féminisme. […] Les sujets abordés ne m’ont toutefois pas laissé indifférent et m’ont même quelques fois fâché, déstabilisé et fait sortir intérieurement de mes gonds. […] Chose certaine, vous m’avez offert l’opportunité de réfléchir sur cette thématique. Ce cours ne fera pas de moi un militant féministe mais je suis maintenant conscient de cette réalité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les effets de la démarche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Que se dégage-t-il au terme de cette démarche? Quels constats peut-on en tirer? À travers l’ensemble des réponses données aux activités pédagogiques relatées pour les fins de cet article, voici quelques pistes de réflexion qui méritent d’être soulignées.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Des visions et des opinions qui se sont transformées&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si, de prime abord, la majorité des étudiants et étudiantes inscrites à ce cours avaient une vision plutôt négative du féminisme et des féministes, il est évident qu’à l’issue de ces 45 heures de cours, la plupart portent un autre regard sur ces réalités. Plusieurs témoignent du chemin parcouru, de leur vision qui a changé, et d’une opinion qui est maintenant plus nuancée, comme le révèlent les deux témoignages reproduits ci-après:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Au début de la session je me croyais bien informée et sensibilisée sur les effets des rapports de genre dans notre société. J’avais une opinion assez tranchée sur la question et étais persuadée de ne pas changer de point de vue de sitôt. Quelle ne fut pas ma surprise en relisant mon premier commentaire, de constater que mon opinion avait vraiment changé ! En effet ma vision a beaucoup évolué.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Votre cours m’a permis de me réconcilier avec l’approche féministe et de me rendre compte que j’adhérais parfaitement à ces valeurs, et ce, sans le savoir. J’avais certains préjugés et une image un peu péjorative de ce qu’était le féminisme. Je termine la session mieux informée, plus nuancée et davantage affirmée ainsi que préoccupée par la situation des femmes d’ici et dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien que les stéréotypes sur les femmes et les hommes aient été suffisamment remis en question par le mouvement des femmes, on remarque qu’ils sont finalement toujours actifs au sein de nos sociétés, ce qui ouvre pour les jeunes la possibilité de les examiner, de les débusquer et de les contrer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Un cours et des contenus pertinents pour le travail social dans l’avenir&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si au départ on pouvait s’étonner et même questionner la pertinence d’un pareil cours dans le cursus de la formation des futures travailleurs et travailleuses sociales, au fil de la démarche, plusieurs ont pris conscience de son importance au regard des connaissances apprises, des sensibilités développées et des prises de conscience réalisées, qui pourront sans doute donner une couleur particulière à leurs futures interventions.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plusieurs ont souligné comment les «lectures faites dans ce cours leur ont ouvert les yeux», et dans certains cas se sont étonnés d’avoir soi-même été porteur d’attitudes discriminatoires. D’autres ont mentionné comment ce cours, en leur faisant comprendre «les modes de socialisation» et voir comment ceux-ci s’incarnent dans une «culture teintée du legs que nous a laissé la société patriarcale», leur sera utile dans l’exercice de leur future profession. Ainsi, devenir «conscient des construits transmis par notre mode de socialisation» permettra «d’intervenir de façon juste et équitable, que ce soit avec les hommes et avec les femmes», et d’«effectuer les changements sociaux qui s’imposent» en vue d’une société plus juste et égalitaire.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Une connaissance plus approfondie des conditions de vie des femmes d’ici et d’ailleurs&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Finalement, plusieurs étudiantes et étudiants reconnaissent avoir acquis un certain nombre de connaissances en lien avec les conditions de vie des femmes. Ces apprentissages leur ont permis, selon leurs propres termes, de mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre au cœur des rapports de genre et de sexe et de saisir leur spécificité ici comme ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«Acquérir une vision plus globale», «agrandir ses connaissances», «réfléchir plus en profondeur», bref se saisir des conditions de vie vécues par les femmes d’ici et d’ailleurs dans le monde et déceler comment les rapports de sexe et de genre se sont construits, voilà ce que la majorité en retire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Se « réconcilier » avec le féminisme : le découvrir, le voir et le penser autrement…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En somme, on peut dire qu’au sortir de cette démarche, plusieurs étudiants et étudiantes se montrent plus ouverts au féminisme et à ses enjeux; ils et elles les conçoivent et les énoncent d’une manière qui ne correspond plus à leur représentation initiale. Plusieurs ont pris conscience de certains enjeux et réalisé l’ampleur et l’importance du chemin parcouru tout au long du trimestre. Histoire, inégalités structurelles, rôles et stéréotypes attitrés explicitement ou de manière plus sournoise sont quelques-uns des éléments qui leur auront permis de saisir les réalités vécues par les hommes et les femmes d’hier et d’aujourd’hui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sans conclure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si les individus sont «produits» par la société (Élias, 1991), on ne doit pas oublier qu’à leur tour, ils deviennent producteurs et productrices du social (Ferrand, 2004). Mailler rapports sociaux de sexe, rapports de genre, féminisme et travail social sous le mode de l’interrogation et du questionnement devient alors une nécessité pour saisir les enjeux qui animent nos sociétés hypermodernes. De plus, à questionner le féminin et le masculin, on invite à penser l’humanité de façon plus souple et plus ouverte. Voilà le défi que proposait ce cours à de futures travailleuses et travailleurs sociaux qui se voyaient déjà, au moment de leur formation, comme des agents de changement social.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment travailler à multiplier les représentations autour des femmes, des hommes, du féminisme et du mouvement des femmes? Un immense chantier est ouvert pour œuvrer à promouvoir et à rendre visible la multiplicité des formes et des expressions féministes d’hier, d’aujourd’hui et de demain. C’était l’un des défis que ce cours cherchait à relever. De là, et en écho aux propos formulés par les étudiants et étudiantes dans le cadre de cette expérience vécue au trimestre d’automne 2010, la pertinence de maintenir ce type de cours au programme dans la formation en travail social.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si pour Joan W. Scott les identités n’existent pas au préalable, mais se constituent rétrospectivement aux racines où elles s’inscrivent (dans le corps en parlant du genre ou de la race et dans l’héritage culturel en parlant de l’origine ethnique et de la religion), la «similarité illusoire» serait alors reliée à une catégorie de personne considérée comme immuable. On pense ici aux catégories suivantes: femmes, ouvriers, Noirs, homosexuels. À cette idée d’immuabilité, se greffe aussi celle que seules les circonstances historiques, dans lesquelles ces catégories évoluent, varieraient. Pour illustrer ce phénomène, Scott rappelle les multiples fois où les spécialistes de l’histoire des femmes se sont demandés «comment les changements de statut juridique, social, économique, médical des femmes conditionnaient leurs possibilités d’émancipation et leurs chances d’égalité», alors qu’ils ont interrogé beaucoup moins fréquemment «comment ces changements modifiaient le sens (d’un point de vue social et subjectif) du terme “femme” lui-même» (Scott, 2009: 129-130).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À titre de futures intervenantes et intervenants sociaux, il est donc important que les étudiantes et les étudiants soient amenés à comprendre comment, historiquement, les rapports sociaux et les rapports de genre ont pris racine dans diverses institutions (société, famille, école, travail, etc.), quelles sont les luttes qu’ils ont générées et quelles transformations majeures en ont découlé, les aidant ainsi à débusquer les tensions qui perdurent ou sont re/générées par ces rapports dans la société qui se profile et où nous vivons en ce début de XXIe siècle. Voilà la contribution que j’ai cherché à apporter en expérimentant cette formation à l’automne 2010.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BOURASSA, Henri. 1925. &lt;em&gt;Femmes-hommes ou hommes et femmes? Études à bâtons rompus sur le féminisme&lt;/em&gt;, Montréal: Imprimerie du Devoir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ÉLIAS, Norbert. 1991. &lt;em&gt;La société des individus&lt;/em&gt;, Paris: Fayard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FERRAND, Michèle. 2004.&lt;em&gt; Féminin Masculin&lt;/em&gt;, Paris: La Découverte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KOCH, Roberto (dir.). 2009. &lt;em&gt;Photo Box&lt;/em&gt;, New York: Thames &amp;amp; Hudson Ltd; London: Abrams.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LANDRY, Jean-François. 2003. «Moi féministe? Jamais de la vie… », &lt;em&gt;FéminÉtudes&lt;/em&gt;, vol. 8, no 1, p. 23-24.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MASQUESTIAU, Pascale et Patrick ABEELS. 2006. &lt;em&gt;Le Photo langage&lt;/em&gt;, Bruxelles: Le Monde selon les femmes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SCOTT, Joan W. 2009. &lt;em&gt;Théorie critique de l’histoire. Identités, expériences, politiques&lt;/em&gt;, Paris: Fayard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SIMARD. Monique et Nathalie TRÉPANNIER. 2006. &lt;em&gt;On n’a pas dit notre dernier mot,&lt;/em&gt; Montréal: Productions Virage, DVD-(vidéo): 47 min, son, coul. ; 12 cm.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_aq7iwg9&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_aq7iwg9&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Cet extrait est tiré de l’ouvrage: &lt;em&gt;Femmes-hommes ou hommes et femmes? Études à bâtons rompus sur le féminisme&lt;/em&gt; (Bourassa, 1925: 36-37). Les italiques sont de l’auteur.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_y97mwop&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_y97mwop&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; On peut s’interroger: si les étudiantes et les étudiants pouvaient choisir ce cours, à titre de cours optionnel, s’y inscriraient-ils?&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_eeknin4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_eeknin4&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; À noter que ce groupe était formé de 6 garçons et de 44 filles.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_0kyxtif&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_0kyxtif&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Les caractéristiques retenues pour constituer ce tableau sont celles qui ont été nommées plus d’une fois. Le chiffre entre parenthèse indique le nombre de fois où cette caractéristique a été répertoriée.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_i4bjj9r&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_i4bjj9r&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Ces photos sont extraites de Koch, 2009 et de Masquetiau de Abeels, 2006.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_6eptcm7&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_6eptcm7&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Ce documentaire porte sur la réalisation du numéro spécial à l’occasion des célébrations des 25 ans de fondation du magazine &lt;em&gt;La Vie en rose&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_y3m38xf&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_y3m38xf&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; Ces commentaires ont été formulés dans les journaux hebdomadaires des étudiantes et des étudiants.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Pour ma part, je propose d’entrecroiser les visions que m’ont fournies les étudiantes et les étudiants qui ont pu, par le biais de ce cours, s’interroger sur les places qu’occupent les femmes et les hommes dans cette société hypermoderne et partager certaines de leurs représentations des femmes, des hommes, des féministes et du féminisme qu’elles et ils se faisaient au départ et au terme de cette démarche pédagogique.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;To cite this document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=7046&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Dubé, Marcelle&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2013. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/les-representations-des-femmes-des-feministes-du-feminisme-echos-dun-recit-de-pratique-de&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Les représentations des femmes, des féministes, du féminisme:  échos d’un récit de pratique de formation&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/les-representations-des-femmes-des-feministes-du-feminisme-echos-dun-recit-de-pratique-de&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/les-representations-des-femmes-des-feministes-du-feminisme-echos-dun-recit-de-pratique-de&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;De l&#039;assignation à l&#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&lt;/span&gt;. 2013. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Les+repr%C3%A9sentations+des+femmes%2C+des+f%C3%A9ministes%2C+du+f%C3%A9minisme%3A++%C3%A9chos+d%E2%80%99un+r%C3%A9cit+de+pratique+de+formation&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Dub%C3%A9&amp;amp;rft.aufirst=Marcelle&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Dubé, Marcelle&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;Les représentations des femmes, des féministes, du féminisme:  échos d’un récit de pratique de formation&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/les-representations-des-femmes-des-feministes-du-feminisme-echos-dun-recit-de-pratique-de&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;De l&amp;#039;assignation à l&amp;#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=Les+repr%C3%A9sentations+des+femmes%2C+des+f%C3%A9ministes%2C+du+f%C3%A9minisme%3A++%C3%A9chos+d%E2%80%99un+r%C3%A9cit+de+pratique+de+formation&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Dub%C3%A9&amp;amp;amp;rft.aufirst=Marcelle&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 03 May 2022 13:30:30 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>Les stratégies féministes de représentation des femmes dans l’action politique au Québec</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/articles/les-strategies-feministes-de-representation-des-femmes-dans-laction-politique-au-quebec</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Ce texte s’intéresse aux représentations des femmes et de la politique qui sont produites par les interventions du mouvement des femmes au Québec. Quelles sont les stratégies et interventions qui ont été mises de l’avant par le mouvement des femmes au Québec en réponse au constat de ce qui est parfois désigné comme «la sous-représentation politique des femmes»? Sur quelles analyses reposent-elles? Notre analyse vise à faire ressortir les images qui ont été ou sont véhiculées à travers les interventions du mouvement des femmes destinées à faire la promotion de la présence des femmes dans la politique active, lesquelles suggèrent trop souvent des associations négatives entre les femmes et la politique, reflétant certains clichés de la science politique américaine du vingtième siècle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Réfléchir aux représentations des femmes dans la politique impose à priori de souligner la complexité de l’idée de représentation politique, qui se comprend de différentes façons. On peut penser à la représentation substantive et à la représentation descriptive, que nous reprenons de la dichotomie proposée par Pitkin (1972). La représentation descriptive fait référence à l’idée que les élus et élues représentent les personnes qui ont les mêmes caractéristiques qu’eux et elles, et ce, passivement. Selon cette idée, les femmes représentent les intérêts des femmes parce qu’elles sont des femmes. La représentation substantive s’incarne dans les activités réalisées par les élus et élues au nom et dans l’intérêt de certains groupes. Ici, les femmes politiques peuvent représenter les intérêts des femmes en mettant de l’avant des politiques et des mesures dans leur intérêt, mais ceci n’est pas inconditionnel; c’est un choix et non le résultat d’une appartenance commune à la catégorie femme. Si les nombreuses études existantes ne permettent pas de conclure que la féminisation des élites politiques change la politique ni que les femmes remplissent effectivement leur fonction de représentation substantive lorsqu’elles sont élues, plusieurs se réfèrent aux arguments d’égalité et de justice pour revendiquer l’élection d’un plus grand nombre de femmes (Lovenduski, 2005).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de ce texte, nous ferons l’analyse des représentations-images des femmes et de la politique produites par les interventions du mouvement des femmes pour conclure sur la pertinence de revendiquer des quotas pour l’élection d’un plus grand nombre de femmes. Pendant longtemps, les pratiques féministes ont ignoré les lieux traditionnels d’exercice de la démocratie que sont les parlements et assemblées, pour s’en tenir à un discours critique à l’endroit des institutions de la démocratie représentative. Les choses ont commencé à changer au cours des deux dernières décennies. Des féministes de toutes tendances qui ont dans le passé questionné les institutions de la démocratie libérale ont choisi de travailler à améliorer les indicateurs numériques de la présence des femmes au sein des institutions parlementaires, dans un but de changement social. Dans de nombreux pays, des mouvements féministes ont adopté la stratégie du changement par un accroissement de la présence des femmes dans les lieux de pouvoir et revendiquent des sièges réservés ou des quotas (Krook, 2009). La question de l’élection d’un plus grand nombre de femmes se pose donc un peu partout. Comment arriver à la parité de représentation? Au Québec, même si les interventions féministes autour de la présence des femmes en politique se sont multipliées au cours des dernières années, ce sont très largement des interventions d’un même type, soit des activités de formation, qui ont jusqu’ici dominé alors que les actions visant à changer les structures politiques ont été moins visibles. Ce n’est que depuis 2011 que se dessine une mobilisation en faveur de mesures de type quotas pour les femmes. En 2011, lors d’une consultation sur invitation faite auprès de partenaires identifiés par le gouvernement du Québec, le plan d’action gouvernemental pour l’égalité entre les femmes et les hommes produit par le Secrétariat à la condition féminine a posé la question des mesures à adopter pour accroître le nombre de femmes en politique en ces termes: «Comment accélérer la progression des femmes dans les postes de décision et de pouvoir politique ou économique? […]&amp;nbsp;La persistance des stéréotypes sexistes (ex: les femmes n’aiment pas le pouvoir, elles sont peu à l’aise avec la confrontation, etc.) ainsi que la difficulté de concilier travail, famille et engagements sont parmi les obstacles qu’il faut lever» (Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, 2011: 11). La consultation menée autour de ce document a permis à plusieurs groupes d’exprimer pour la première fois leur appui à des mesures systémiques de correction pour pallier aux faibles pourcentages de femmes élues en politique au Québec plutôt qu’à l’analyse proposée par le Secrétariat à la condition féminine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Alors qu’un mouvement transnational pour la représentation paritaire des femmes en politique a émergé depuis 1990, dans le sillon de la France, où des féministes se sont mobilisées autour de l’adoption d’un changement constitutionnel intégrant la parité entre les hommes et les femmes dans les candidatures aux élections, le mouvement des femmes québécois a travaillé à la féminisation des arènes politiques principalement à travers des actions de formation, et plusieurs groupes ont exprimé des réticences à revendiquer des mesures visant le changement des institutions politiques comme les partis politiques ou le système électoral. Un seul groupe de femmes, le collectif québécois Féminisme et démocratie, a fait de la revendication de changements dans les institutions de la démocratie représentative son principal cheval de bataille. Ce qui a dominé jusqu’à maintenant dans les interventions du mouvement des femmes a été une approche présumant que les faibles pourcentages de femmes élues devraient être combattus par des activités de formation visant les femmes et non les structures.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles stratégies pour l’élection de femmes sur le territoire québécois?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le champ «femmes et politique» au Québec, le travail sur le terrain est largement influencé par l’existence du programme &lt;em&gt;À égalité pour décider&lt;/em&gt;, un programme qui vise à vendre l’idée de la politique active aux femmes et qui est administré par le Secrétariat à la condition féminine du gouvernement du Québec. Depuis sa création en 1999, plus de 390 projets ont été financés à l’aide d’une enveloppe d’un million de dollars par année. Ce programme gouvernemental favorise l’augmentation dans toutes les régions du Québec du nombre de femmes dans les postes de décision des instances locales et régionales et, par voie de conséquence, la réduction des obstacles qui empêchent les femmes de participer pleinement à l’exercice du pouvoir (Secrétariat à la condition féminine).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le Québec a donc bénéficié du travail de terrain fait par des groupes de femmes spécialisés, dont le mandat est essentiellement dédié à la promotion de la présence des femmes en politique. Ces groupes ont pour la plupart obtenu le soutien du programme &lt;em&gt;À égalité pour décider&lt;/em&gt;. Leur présence est une situation assez unique, dans un contexte où le déficit des femmes dans les structures politiques est un enjeu qui demeure secondaire et qui reçoit peu d’échos du côté des partis politiques, gouvernements et médias québécois, lesquels portent un intérêt très circonstanciel et épisodique aux pourcentages de femmes candidates et élues lors des élections.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La prédominance d’activités de formation destinées à mieux outiller les femmes pour faire de la politique caractérise donc le travail du mouvement féministe québécois. Qu’il s’agisse de vidéos, de formations destinées à des femmes qui songent à se présenter en politique, de guides aux contenus variés, de sites Internet, de feuillets d’information, les moyens sont divers, mais ils participent d’une même stratégie : offrir des outils destinés à combler les lacunes individuelles des femmes, lacunes qui seraient l’une des raisons de leur faible présence dans les structures de la démocratie représentative. Si ces activités sont nombreuses, on ne peut avoir qu’une vague idée de leurs retombées et de leur influence sur les pourcentages de femmes élues au Québec, qui fluctuent parfois vers le haut et parfois vers le bas. Les groupes travaillent peu en réseau et il n’y a pas de mise en commun systématique des projets réalisés ni des outils produits, lesquels sont souvent diffusés sur une base restreinte (Maillé, 2006), même si un catalogue virtuel des activités et publications en lien avec la présence des femmes dans les instances décisionnelles au Québec a été réalisé par le Réseau des tables régionales en condition féminine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En étudiant les actions réalisées au Québec pour promouvoir l’élection de femmes, on peut identifier assez clairement le leadership exercé par trois groupes de femmes. Le plus visible d’entre eux est le Groupe Femmes, politique et démocratie (GFPD), lequel est un point de repère pour nombre de petits groupes de femmes qui, dans le sillon du programme &lt;em&gt;À égalité pour décider&lt;/em&gt;, se sont intéressés à la question «femmes et politique» sans qu’il s’agisse de leur principal champ d’activité. Le Groupe Femmes, politique et démocratie joue son rôle de leader à travers ses nombreux projets, notamment par la diffusion d’informations et la distribution des nombreux outils pédagogiques qu’il produit. Sur leur site Internet on retrouve une série de vidéos visant à vendre l’idée de la politique aux femmes. Un second groupe, le Collectif Féminisme et démocratie (CFD), a existé pendant une période de cinq ans au début des années 2000. Le groupe s’est donné le mandat de susciter la participation citoyenne et politique des femmes. À cette fin, il a proposé l’adoption de mesures positives pour atteindre l’égalité dans la représentation au sein des instances politiques et a défendu une analyse de la sous-représentation des femmes en politique qui interpelle le mode de scrutin davantage que les compétences des femmes. Le CFD a démontré sa capacité de mobilisation autour d’une cause commune avec l’Opération 100 voix pour la démocratie, à l’automne 2005. Il a également offert des activités de formation sur les modes de scrutin afin de favoriser une réforme du mode de scrutin et l’adoption de mesures qui permettraient l’élection d’un plus grand nombre de femmes. Un troisième groupe, les PÉPINES, a été fondé en 1992. Il dispose d’un grand capital d’influence parce qu’il est l’un des plus anciens groupes de femmes à intervenir dans le champ «femmes et politique». Son ancrage régional jumelé à son rayonnement sur l’ensemble du Québec lui confère une position d’autorité. Même si le groupe fonctionne surtout dans la région des Cantons-de-l’Est, il jouit d’une grande notoriété dans toute la province.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Groupe Femmes, politique et démocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le Groupe Femmes, politique et démocratie constitue un phare du réseau «femmes et politique» au Québec. Créé avant le projet &lt;em&gt;À égalité pour décider&lt;/em&gt; et autour d’un petit noyau de militantes préoccupées par la représentation des intérêts des femmes au sein des structures politiques, il poursuit une mission principale, celle de promouvoir leur représentation en politique. À cet effet, il travaille à sensibiliser les femmes à la nécessité d’accroître leur présence aux postes politiques, à les informer, à les former à l’exercice démocratique et à construire un réseau. Il doit sa notoriété à son dynamisme, aux nombreuses activités qu’il a organisées dès sa mise sur pied mais aussi à l’impressionnant répertoire d’outils qu’il a produits : site Internet, vidéos, pièce de théâtre, feuillets périodiques, école d’été, colloques, fondation. Ces outils sont largement diffusés à l’extérieur du groupe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les valeurs qui sous-tendent le travail de ce groupe sont complexes. D’une part, le groupe offre des activités qui visent l’acquisition de connaissances, comme l’École d’été Femmes et Démocratie municipale, une formation offerte depuis 2004 et nichée dans le giron de l’École nationale d’administration publique via le Centre de développement Femmes et gouvernance. D’autre part, il a innové en mettant sur pied une fondation non-partisane et mixte. Enfin, par son programme de mentorat en politique, dans le cadre duquel une cinquantaine de personnes, femmes et hommes, sont jumelées avec des femmes intéressées par l’engagement politique, le GFPD a permis de mettre en relation des élues et des militantes, des citoyennes, des femmes qui avaient des réticences les unes envers les autres avant de se rencontrer, des membres du mouvement des femmes qui avaient beaucoup de préjugés envers les femmes en politique (Maillé, 2006). L’objectif du programme de mentorat est de soutenir l’engagement démocratique des femmes en leur permettant de bénéficier de l’accompagnement d’une personnalité politique tout en favorisant le développement d’un savoir-être en politique. Un autre impact du groupe a été l’élargissement du réseau associé au thème «femmes et politique», à des femmes d’affaires, par exemple. Avant 2011, le groupe n’a jamais revendiqué l’adoption de mesures qui viseraient les partis politiques ou qui établiraient des quotas, hormis dans un mémoire présenté sur la réforme du mode de scrutin qui reconnaissait l’intérêt d’un mode de scrutin proportionnel pour faire élire davantage de femmes. En février 2011, dans le cadre de la consultation menée sur l’égalité, le groupe a revendiqué l’adoption de quotas obligeant les partis politiques à présenter autant de femmes que d’hommes comme mesure temporaire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais que ce soit à travers son école d’été ou par le biais des documents vidéo produits et qui peuvent être visionnés à partir de son site Internet, ce qui constitue la signature du travail de ce groupe peut être résumé à l’idée que les femmes ont besoin d’appui, de support et de connaissances pour affronter l’univers de la politique, y faire leur place et se faire élire en plus grand nombre. Le groupe se définit d’ailleurs à partir d’une mission d’éducation à l’action citoyenne et démocratique de la population en général, et plus particulièrement des femmes, afin de promouvoir une plus grande participation à la vie politique (Groupe Femmes, politique et démocratie). Les vidéoclips disponibles sur le site du groupe proposent une réflexion qui, portant sur les obstacles qui se trouvent sur le chemin des femmes et de la politique, identifie les images de genre comme responsables de la faible présence des femmes en politique. Ces obstacles prennent leur source dans les images de genre qui déterminent les rôles sociaux et les aptitudes et contribuent, du coup à garder étanche l’exercice du pouvoir politique, alors que les règles du pouvoir sont masculines et nécessitent des comportements qui ne sont pas familiers aux femmes. Ainsi, les femmes ont une approche différente des hommes : elles ne se sentent pas autorisées à prendre la place qui leur revient, elles ne sont pas stratèges et doivent apprendre à l’être et à savoir lire les règles du jeu du pouvoir (vidéo École Femmes et Démocratie).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Féminisme et démocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Actif entre les années 2002 et 2007, le Collectif Féminisme et Démocratie est intervenu dans la sphère publique québécoise pour promouvoir un investissement féministe du pouvoir politique ainsi que des réformes qui permettraient l’expression d’une autre vision du pouvoir. Plutôt que d’avoir fait la promotion d’une intervention individualisée auprès de candidates potentielles, il a développé une analyse qui cible les problèmes systémiques découlant du mode de scrutin. Selon l’analyse de Féminisme et démocratie, le mode de scrutin proportionnel facilite la mise en place d’un cadre égalitaire et l’adoption de mesures positives pour les politiciennes en raison des listes de candidatures, alors que le mode de scrutin actuel rend difficile l’introduction de mesures destinées à faire augmenter le nombre de femmes candidates. La discrimination à l’égard des femmes en politique est systémique, ce qui suppose que les solutions doivent l’être également (Paquet, 2006). Par ailleurs, le groupe a développé des formations visant à outiller les femmes individuellement et collectivement tout en mettant de l’avant des stratégies d’action et d’influence. Les formations offertes se démarquaient parce qu’elles visaient à expliquer les différents modes de scrutin et leurs effets. Dans un mémoire présenté en décembre 2005 à la commission sur l’avant-projet de loi remplaçant la Loi électorale au Québec, le CFD a demandé l’introduction de listes de candidates et de candidats qui permettraient leur alternance, ainsi qu’une répartition des sièges proportionnelle au pourcentage obtenu par chaque parti. Dans la foulée de l’Opération 100 voix de femmes pour la démocratie, plus d’une centaine de femmes et de groupes de femmes ont également déposé des mémoires demandant un scrutin proportionnel et l’adoption de mesures visant à faciliter l’élection de femmes. Selon le Collectif Féminisme et Démocratie, l’élection d’un plus grand nombre de femmes à l’Assemblée nationale est nécessaire afin de permettre l’expression de la diversité des points de vue de femmes, féministes et non-féministes, dans les lieux de pouvoir, mais aussi afin d’utiliser le potentiel politique des femmes; or, il faut des modèles diversifiés de personnes élues en politique pour engendrer une relève politique qui soit elle-même diversifiée. On invoquait que les femmes peuvent défendre des intérêts différents et influer sur le contenu des prises de décision; on invoquait également la nécessité d’un rattrapage, vu comme une condition essentielle pour corriger les effets de la discrimination passée (Collectif Féminisme et Démocratie, 2004: 3).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qui sont les femmes qui ont été au centre des interventions du groupe? Le CFD s’est intéressé à la question de la représentation de la diversité québécoise à l’Assemblée nationale en ces termes:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Un mode de scrutin démocratique doit permettre la représentation de la diversité ethnoculturelle de la société. Depuis les trente dernières années, le visage du Québec s’est beaucoup diversifié, notamment en raison de l’immigration. Il importe que cette diversité se reflète à l’Assemblée nationale. Le mode de scrutin actuel ne permet aucunement de garantir une telle représentation. […] Les membres des minorités, particulièrement des minorités visibles, ne participent pas adéquatement au processus politique parce qu’ils ne disposent d’aucune prise réelle sur la chose électorale. Pourquoi ne pas faire de cette réforme un outil d’inclusion incitant à une meilleure participation citoyenne? (Collectif Féminisme et Démocratie, 2005: 12).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le groupe a proposé d’adopter un ensemble de stratégies destinées à intégrer, dans la représentation politique et notamment à l’Assemblée nationale, celle de la diversité ethnoculturelle, par exemple obliger les partis politiques à se doter d’un plan d’action prévoyant l’adoption de mesures concrètes visant la représentation équitable de la diversité ethnoculturelle à l’Assemblée nationale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les PÉPINES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Fondée en 1992, la Promotion des Estriennes pour initier une nouvelle équité sociale, les PÉPINES, travaille depuis vingt ans maintenant à mettre en place des moyens pour permettre l’accès des femmes aux sphères de décision et à promouvoir l’engagement et la participation des femmes au développement de leur région. Le groupe poursuit l’objectif central d’en arriver, à travers l’atteinte d’une nouvelle équité sociale, à ce que les femmes soient partie prenante du pouvoir dans le développement régional. Le groupe a obtenu du financement du programme &lt;em&gt;À égalité pour décider&lt;/em&gt; à plusieurs reprises. Certaines des réalisations des PÉPINES ont été initiées en dehors de ce programme, comme le travail de pression accompli au niveau des organismes régionaux de développement pour obtenir des sièges femmes et une politique de parité dans leurs comités. De telles actions témoignent des différents registres dans lesquels le groupe s’inscrit: demandes visant à modifier les structures, interventions de formation des femmes à la politique, représentation autour du dossier «femmes et politique».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dès 1993, le groupe a organisé un important colloque sur la place des femmes dans le développement régional: &lt;em&gt;Tête à tête en Estrie : des hommes et des femmes se parlent de leur région&lt;/em&gt;. Au compte de ses innovations, il faut mentionner la banque de candidatures féminines, un répertoire de femmes disponibles et compétentes pour s’engager dans les lieux décisionnels qui a été conçu comme une réponse stratégique aux décideurs, qui souvent disaient ne pas connaître de femmes intéressées à s’impliquer. En 1999, le groupe a réalisé le document vidéo &lt;em&gt;Une, deux, trois, PÉPINES&lt;/em&gt;, présentant trois militantes de la région de Sherbrooke qui ont décidé de s’impliquer dans les structures locales. La production du document &lt;em&gt;Cartographie du pouvoir en Estrie&lt;/em&gt;, accompagné du &lt;em&gt;P’tit guide des chemins du pouvoir&lt;/em&gt;, a suivi (2001). Les PÉPINES définissent leur action à partir d’une vision du champ politique selon laquelle les femmes sont aux prises avec des obstacles comme l’isolement et la marginalisation dans les lieux décisionnels, ou leur exclusion des réseaux masculins existants. Les femmes sont un obstacle pour elles-mêmes : elles surestiment l’expertise des hommes et sous-estiment leur propre expertise. Enfin, on fait le constat que les femmes n’ont pas fait «leurs classes»; elles s’introduisent donc en territoire inconnu, lorsqu’elles vont vers la politique sans connaître les règles du jeu. On croit également à l’effet de masse critique, en vertu duquel un nombre substantiel de femmes présentes dans les lieux décisionnels permettrait la prise en compte de leurs réalités et de leurs intérêts. Les banques de candidates ne peuvent à elles seules régler ce problème de sous-représentation si ni celles-ci ni les partis ne s’en servent. Par ailleurs, le groupe estime qu’il faut privilégier des candidates qui ont un préjugé favorable à l’égard des femmes, en d’autres termes «des femmes qui ont passé leur féminisme 101». La pleine participation des femmes aux lieux décisionnels dépend largement des conditions de vie et de travail des femmes en général (Maillé, 2006). Le &lt;em&gt;P’tit guide des chemins du pouvoir&lt;/em&gt;, publié en 2001, propose une liste d’arguments pour soutenir la revendication de meilleures places pour les femmes, invoquant la démocratie, mais aussi la complémentarité des points de vue des hommes et des femmes et la valeur de l’expertise de ces dernières. Depuis 2007, le groupe fait la promotion du &lt;em&gt;Manifeste pour la parité dans la gouvernance en Estrie&lt;/em&gt;, réclamant la mise en place de mesures visant la parité hommes-femmes dans les lieux de décision et une réforme de la loi électorale qui introduirait des mesures pour augmenter substantiellement la représentation des femmes à l’Assemblée nationale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le groupe Les PÉPINES estime avoir eu un impact auprès des décideurs par sa stratégie de talonnement; ceux-ci n’ont eu d’autre choix que de réagir positivement en adoptant un discours plus ouvert aux femmes. Néanmoins, le groupe ne fait pas de lien entre les variations de pourcentages de femmes présentes aux différents niveaux décisionnels dans la région et son action depuis 1993, estimant que la parité est un travail à long terme. Certes, nous pouvons parler d’un mouvement de fond actif à l’échelle de la province auquel Les Pépines ont clairement contribué, lequel travaille à convaincre les femmes des enjeux liés à leur présence en politique (Maillé, 2006). Le groupe jouit d’une grande notoriété parce qu’il a été un précurseur dans les interventions autour de «femmes et politique». Il est en lien principalement avec les groupes et décideurs de l’Estrie. C’est un groupe qui a un ancrage régional, mais c’est aussi le premier à avoir été mis sur pied, au Québec, dans le but précis de faire la promotion d’une implication féministe dans toutes les sphères de la politique. Plusieurs groupes de femmes qui interviennent dans le champ «femmes et politique» au Québec mentionnent avoir des liens avec les PÉPINES ou utiliser leurs documents (Maillé, 2006). Les militantes des PÉPINES considèrent que beaucoup de groupes de femmes qui ont des projets dans l’axe «femmes et pouvoir» sont souvent des organismes de services qui sont pris dans une logique de subvention et qui sont débordés. Dans un tel contexte, il est très important de pouvoir compter sur des regroupements de femmes autonomes dont la mission première est l’axe « femmes et pouvoir » pour faire avancer le dossier «femmes et politique» (Maillé, 2006).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le groupe Les PÉPINES estime avoir eu un impact auprès des décideurs par sa stratégie de talonnement; ceux-ci n’ont eu d’autre choix que de réagir positivement en adoptant un discours plus ouvert aux femmes. Néanmoins, le groupe ne fait pas de lien entre les variations de pourcentages de femmes présentes aux différents niveaux décisionnels dans la région et son action depuis 1993, estimant que la parité est un travail à long terme. Certes, nous pouvons parler d’un mouvement de fond actif à l’échelle de la province auquel Les Pépines ont clairement contribué, lequel travaille à convaincre les femmes des enjeux liés à leur présence en politique (Maillé, 2006). Le groupe jouit d’une grande notoriété parce qu’il a été un précurseur dans les interventions autour de «femmes et politique». Il est en lien principalement avec les groupes et décideurs de l’Estrie. C’est un groupe qui a un ancrage régional, mais c’est aussi le premier à avoir été mis sur pied, au Québec, dans le but précis de faire la promotion d’une implication féministe dans toutes les sphères de la politique. Plusieurs groupes de femmes qui interviennent dans le champ «femmes et politique» au Québec mentionnent avoir des liens avec les PÉPINES ou utiliser leurs documents (Maillé, 2006). Les militantes des PÉPINES considèrent que beaucoup de groupes de femmes qui ont des projets dans l’axe «femmes et pouvoir» sont souvent des organismes de services qui sont pris dans une logique de subvention et qui sont débordés. Dans un tel contexte, il est très important de pouvoir compter sur des regroupements de femmes autonomes dont la mission première est l’axe «femmes et pouvoir» pour faire avancer le dossier «femmes et politique» (Maillé, 2006).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une représentation problématique des femmes et de la politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quel portrait tracer de ces interventions destinées à rapprocher davantage de femmes d’un engagement personnel en politique active? S’il faut parler de discours au pluriel, on retient que le programme &lt;em&gt;À égalité pour décider&lt;/em&gt; a insufflé une certaine vision aux interventions des féministes dans le champ des femmes et de la politique au Québec. En effet, le dénominateur commun d’un bon nombre d’entre elles a été la promotion de formations spécifiques destinées à contrer les effets de la socialisation des femmes, ce qui laisse supposer qu’elles ont plus que les hommes besoin d’éducation à la vie politique pour s’y tailler une place. Souvent, on cherche à simplifier l’idée de faire de la politique, en faisant, par exemple, des parallèles entre l’administration des intérêts de la collectivité et la gestion familiale&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_ioqx5n0&quot; title=&quot;Voir les vidéos Les femmes de Charlevoix, une pièce indispensable, produit par le centre Aux Plurielles, Une, Deux, Trois... Pépines, produit par les PÉPINES, ainsi que Moi Candidate?, du groupe Femmes, politique et démocratie.&quot; href=&quot;#footnote1_ioqx5n0&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Les actions revendiquant des corrections systémiques pour pallier au problème des faibles pourcentages de femmes élues ont surtout été le fait d’un groupe, Féminisme et Démocratie, bien que l’on observe un changement important à ce niveau depuis peu, avec l’appui donné en 2011 par Femmes, politique et démocratie et les PÉPINES à l’adoption de quotas obligeant les partis politiques à présenter autant de femmes que d’hommes comme mesure temporaire. Ce changement récent a possiblement à voir avec le mouvement international pour l’adoption de quotas destinés à accélérer le rythme de l’élection de femmes, perçu comme la nouvelle voie rapide vers le changement (Dahlerup, 2006: 3).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’approche mise de l’avant dans certaines interventions, les activités de formation par exemple, implique que les causes des faibles pourcentages de femmes élues en politique se résument aux lacunes individuelles des femmes, qu’il sera possible de combler à l’aide de programmes, formations et documents qui les ciblent. Cette approche est un effet pervers du programme gouvernemental qui est à son origine: il en a dicté les conditions et a, du coup, imposé une vision du problème qui évacue complètement les explications liées aux institutions politiques. Les interventions qui ont été développées en ce sens reposent sur une orientation unique, celle de la carence, qui n’a pas fait l’objet de débats et qui est acceptée implicitement, alors que d’autres comme la revendication de corrections systémiques à travers des quotas et des mesures législatives n’ont pas, jusqu’à très récemment, fait l’objet de revendications de la part des groupes qui ont initié des projets dans le cadre du programme &lt;em&gt;À égalité pour décider&lt;/em&gt;. Il est paradoxal de constater que certains postulats datés de la science politique, telle l’idée de l’incompétence des femmes pour faire de la politique (Lipset, 1960), ont été repris par les groupes présents dans le champ «femmes et politique» au Québec et ont servi de fondement à l’une de leurs plus importantes stratégies. Les nombreux contextes où des mesures de type quotas ont été introduites mettent pourtant en évidence qu’il ne manque pas de candidatures féminines lorsque les sièges sont disponibles. Même si les programmes de formation offerts par les groupes se remplissent année après année, on ne saurait conclure qu’ils sont la solution aux faibles pourcentages de femmes élues. Là où ces programmes existent, principalement en Amérique du Nord, les pourcentages de femmes élues ont peu progressé, contrairement à ce qui se produit dans les pays où des mesures de type quotas sont introduites. Pourquoi l’approche psycho-sociale a-t-elle pris cette importance dans les stratégies mises de l’avant par le mouvement des femmes au Québec? Est-ce parce que ces initiatives ont été développées à partir d’une urgence d’agir qu’elles se sont enlisées dans des pistes d’explication superficielles, donc incapables de traduire la complexité des facteurs qui reproduisent l’homogénéité des classes politiques? Il est possible que ces interventions aient été influencées par les programmes américains préexistants comme la &lt;em&gt;Women’s Campaign School &lt;/em&gt;de l’Université Yale, fondée en 1993. Un autre élément d’explication se retrouve du côté de la sociologie politique américaine sur les femmes et la politique, qui, pour expliquer les faibles pourcentages de femmes élues, a surtout travaillé à étayer l’hypothèse d’une socialisation différenciée (Studlar, 2008).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au Québec, le fait que nombre de groupes de femmes aient été largement financés à travers des programmes gouvernementaux a possiblement entraîné leur dépolitisation, étant donné l’obligation de se conformer à certaines normes en termes d’action et de discours pour pouvoir recevoir du financement étatique. Ce type de dépendance à l’État a contribué à renforcer la nature «service» des groupes au détriment d’une réflexion plus proprement politique. Cette dynamique caractérise toujours la frange du mouvement des femmes qui, au Québec, travaille sur le thème de la présence des femmes dans les institutions de la démocratie représentative. Le travail qui se fait sur le terrain pour inciter les femmes à prendre leur place en politique s’inscrit dans une perspective qui légitime les fondements de la démocratie libérale plutôt que de les questionner. Il s’agit d’améliorer les institutions existantes de la démocratie représentative, de les bonifier pour corriger l’Histoire, au lieu de demander leur mise à mort dans un geste de rupture. Ce champ d’intervention a été littéralement pris en charge par les féministes libérales dont les priorités gravitent autour de l’État-sauveur. Il a toutefois été complètement désinvesti par les féministes au discours politique plus radical, lesquelles n’ont pas d’attentes envers les institutions de la démocratie représentative.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la masse critique aux quotas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Différentes idées ont été énoncées autour des enjeux liés à la féminisation des arènes politiques. S’opposent, entre autres, un discours à tendance essentialiste, celui de la théorie de la masse critique, et une approche qui, centrée sur les principes d’égalité, voit dans l’élection de parlements féminisés l’accomplissement du combat pour l’obtention des droits politiques des femmes. Plusieurs avancent que le nombre de femmes élues est porteur d’un changement radical de la politique et de la culture politique (Dahlerup, 2006b). La théorie de la masse critique en politique postule l’existence d’intérêts communs aux femmes, lesquels pourraient être portés s’il y avait un pourcentage suffisamment élevé de femmes élues. Cette idée a été mise de l’avant dans un contexte historique où de telles masses critiques de femmes n’avaient jamais été observées. Cependant, il s’agit d’une idée qui est en recul (Maillé, 2007), devant l’évidence empirique que les parlements qui ont obtenu des masses critiques de femmes n’ont pas livré la promesse de ce changement anticipé (Maillé, 2007). Cette expérience de masses critiques de femmes oblige à revoir certaines idées sur les femmes et la politique qui ont marqué le discours des vingt dernières années et qui avaient émergé alors qu’il n’y avait pas de véritable laboratoire d’observation. Au Québec par exemple, le gouvernement formé par les libéraux de Jean Charest à l’élection de 2003 ne saurait être vu ni comme un gouvernement qui a instauré une nouvelle culture organisationnelle, ni comme un gouvernement qui partage davantage des intérêts proches des femmes, et ce, malgré sa masse critique de plus de 30% de femmes élues (Maillé et Achin, 2008). Son Conseil des ministres paritaire entre 2007 et 2010 n’a pas non plus été à l’origine de changements importants dans la façon de représenter les intérêts des femmes, ce qui nous a permis de tester empiriquement deux hypothèses qui avaient été formulées dans l’abstrait, soit celle du changement de culture à partir de l’atteinte d’une masse critique et celle d’une différence de la façon de faire de la politique pour les femmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans ce texte, nous avons analysé les interventions du mouvement des femmes en lien avec les faibles pourcentages de femmes élues, dans le contexte québécois. Notre analyse fait ressortir le rôle joué par trois groupes, de même que les problèmes associés avec les interventions qui postulent que la solution à ce problème se trouve dans l’éducation des femmes à la politique. L’année 2011 constitue un point tournant, car se déploie une nouvelle stratégie portée par des groupes de femmes en faveur de l’adoption de mesures de type quotas pour permettre de corriger rapidement la situation, ouvrant vers une représentation des femmes et de la politique où celles-ci deviennent enfin pleinement citoyennes. Cette nouvelle orientation des stratégies mises de l’avant par les groupes qui travaillent à l’élection d’un plus grand nombre de femmes en politique s’inscrit à l’intérieur d’un mouvement plus large, perceptible à l’échelle internationale, en faveur de quotas législatifs, soit de lois votées par les parlements nationaux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien que les quotas ne fassent pas l’unanimité et soient l’objet de controverses, leur usage de plus en plus fréquent pour faire des bonds significatifs dans les pourcentages de femmes élues est en voie de devenir une tendance lourde (Dahlerup, 2006a). Plus de quarante-huit pays ont adopté des quotas de ce type dans leur constitution ou dans leur loi électorale (Dahlerup &amp;amp; Freidenvall, 2009, p. 29). Le succès de telles mesures est cependant très inégal. En France, la loi sur la parité impose aux partis politiques de présenter un nombre équivalent de femmes et d’hommes pour les scrutins de liste (élections municipales, régionales et européennes) et réduit la dotation financière des partis qui ne présentent pas autant de candidates que de candidats aux élections au scrutin uninominal, soit les législatives et les cantonales. Quel bilan peut-on faire de cette loi? Après onze ans de parité en politique française, les résultats sont inégaux (Maurin, 2011). Des progrès ont certes été réalisés. La proportion de femmes dans les conseils municipaux était de 25,7 % en 1995; or, elle est désormais de 48,5 %, indique l’Observatoire de la parité. La part des femmes dans les conseils régionaux est passée de 27,5 % à 48 % entre 1998 et 2010 (Maurin, 2011). Mais «les chiffres qui désignent les Françaises comme citoyennes de seconde zone sont connus» (Sineau, 2011). La France occupait le 60e rang du classement mondial des femmes dans les parlements nationaux jusqu’à l’élection de 2012, qui lui a permis de passer au 36e rang avec 26,9 % d’élues (Union interparlementaire). Si les résultats sont aussi mitigés dans le cas français, c’est que la loi permet aux partis de ne pas se conformer aux quotas de candidatures féminines, ce qui est sanctionné par une pénalité financière. Cela dit, malgré le contre-exemple français, les quotas ont livré des résultats intéressants dans plusieurs autres contextes, au Rwanda par exemple, où des sièges réservés aux femmes ont été introduits en 2003, permettant à ce pays de faire un très rapide bond en avant qui le place à la tête des États pour ce qui est du pourcentage de femmes élues au niveau national, soit 56 % lors des élections de 2008 (IDEA).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si les quotas fonctionnent en politique, tout comme ils ont fonctionné en éducation et en emploi, pourquoi doit-on faire le constat qu’ils n’ont jamais fait l’objet de campagnes massives de la part des mouvements de femmes au Québec? Dans une étude comparative sur les conditions qui ont mené à l’adoption de quotas dans plus de 17 pays occidentaux, Krook, Lovenduski et Squires (2006) identifient différents modèles de citoyenneté politique qui influencent les attitudes envers des mesures de ce type. Elles observent que les campagnes pour leur adoption fonctionnent lorsqu’elles sont initiées par les mouvements de femmes et les partis politiques dans des contextes qui sont déjà réceptifs à cette idée. Dans le cas du Canada et des États-Unis, le modèle prédominant de citoyenneté politique serait un modèle libéral, construit sur l’individu comme principe philosophique, soit un modèle de citoyenneté qui serait incompatible avec l’appui à des mesures de type quotas pour favoriser l’élection d’un plus grand nombre de femmes en politique. Une autre étude identifie les acteurs clés dans la mise en place de ces quotas. Pour Mona Krook (2009: 20), trois types d’acteurs jouent un rôle important dans de telles campagnes: les acteurs de la société civile comme les mouvements de femmes et les caucus femmes des partis politiques, les acteurs étatiques comme les leaders de partis politiques et les tribunaux, et enfin les acteurs transnationaux comme les coalitions internationales et les organisations transnationales. Dans le cas du Québec, bien qu’aucun de ces trois types d’acteurs n’ait fait campagne en faveur de l’adoption de quotas pour les femmes en politique, on peut penser que le mouvement des femmes dispose d’atouts qui lui permettraient de mener à bien un tel projet. La proximité historique du mouvement des femmes avec le gouvernement, son capital symbolique et les résultats décevants dans les pourcentages de femmes élues après plus de dix années du programme &lt;em&gt;À égalité pour décider&lt;/em&gt; constituent autant d’éléments qui pourraient conduire à une campagne gagnante. Les initiatives récentes du GFPD et des PÉPINES en ce sens laissent entrevoir la possibilité de voir naître sous peu une campagne québécoise en faveur de l’adoption de quotas pour l’élection rapide d’un plus grand nombre de femmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CENTRE AUX PLURIELLES. &lt;em&gt;Les femmes de Charlevoix, une pièce indispensable&lt;/em&gt;, vidéo (non-daté).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;COLLECTIF FÉMINISME ET DÉMOCRATIE. 2004. &lt;em&gt;La politique c’est aussi une affaire de femmes!&lt;/em&gt; Programme de formation, cahier 3.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2005. &lt;em&gt;Afin que le nouveau mode de scrutin constitue une réelle avancée pour la démocratie. Analyse critique de l’avant-projet de loi sur la réforme électorale&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.democratie-nouvelle.qc.ca/documents/democratie-resume.pdf&quot;&gt;http://www.democratie-nouvelle.qc.ca/documents/democratie-resume.pdf&lt;/a&gt; (consulté le 11 octobre 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DAHLERUP, Drude. 2006. «Introduction», dans &lt;em&gt;Women, Quotas and Politics&lt;/em&gt;, sous la dir. de Drude Dahlerup, New York: Routledge, p. 3-31.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2006b. «The Story of the Theory of Critical Mass», &lt;em&gt;Politics &amp;amp; Gender&lt;/em&gt;, vol. 2, no 4, p. 511-522.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DAHLERUP, Drude et Lenita FREIDENVALL. 2009. «Quotas in Politics: A Constitutional Challenge», dans &lt;em&gt;Constituting Equality: Gender Equality and Comparative Constitutional Rights&lt;/em&gt;, sous la dir. de Susan H. Williams , Cambridge: Cambridge University Press, p. 29-52.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GROUPE FEMMES, POLITIQUE ET DÉMOCRATIE. &lt;em&gt;École Femmes et Démocratie, &lt;/em&gt;Partie 1, vidéo. En ligne:&lt;a href=&quot;http://www.femmes-politique-et-democratie.com/gouvernance.php&quot;&gt;http://www.femmes-politique-et-democratie.com/gouvernance.php&lt;/a&gt;(consulté le 11 octobre 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;________. &lt;em&gt;Qui sommes-nous?&lt;/em&gt; En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.femmes-politique-et-democratie.com/qui.php&quot;&gt;http://www.femmes-politique-et-democratie.com/qui.php&lt;/a&gt; (consulté le 11 octobre 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2002. &lt;em&gt;Moi candidate?&lt;/em&gt; vidéo.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;IDEA, Quota Project, Global Database of Quotas for Women. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.quotaproject.org/&quot;&gt;http://www.quotaproject.org/&lt;/a&gt; (consulté le 22 novembre 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KROOK, Mona. 2009. &lt;em&gt;Quotas for Women in Politics&lt;/em&gt;, New York: Oxford University Press.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KROOK, Mona, Joni LOVENDUSKI et Judith SQUIRES. 2006. «Western Europe, North America, Australia and New Zealand: Gender quotas in the context of citizenship models», dans &lt;em&gt;Women, Quotas and Politics&lt;/em&gt;, sous la dir. de Drude Dahlerup, New York : Routledge, p. 194-221.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LIPSET, Seymour Martin. 1960. &lt;em&gt;Political Man: The Social Bases of Politics&lt;/em&gt;, New York: Doubleday.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LOVENDUSKI, Joni. 2005.&lt;em&gt; Feminizing Politics,&lt;/em&gt; New York: Blackwell.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MAILLÉ, Chantal. 2007. «Autour des a priori de la littérature francophone sur femmes et politique», dans L&lt;em&gt;es femmes entre la ville et la cité&lt;/em&gt;, sous la dir. de Marie-Blanche Tahon, Actes du 4e Congrès des recherches féministes francophones, Montréal: Éditions du remue-ménage, p. 116-224.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2006. &lt;em&gt;Citoyenneté, questionnements identitaires et représentation politique: qu’en pensent les femmes?&lt;/em&gt; Document-synthèse de la recherche CRSH 2002-2005.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MAILLÉ, Chantal, avec Catherine ACHIN. 2008. «Il y a loin de la coupe aux lèvres, les femmes et la politique en France et au Québec», &lt;em&gt;Santé, Société et Solidarité, revue de l’observatoire franco-québécois de la santé et de la solidarité&lt;/em&gt;, no 1, p. 39-45.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MAURIN, Louis. 2011. «La France encore loin de la parité en politique», Paris, &lt;em&gt;Alternatives Economiques Poche&lt;/em&gt;, n° 051 — septembre. &lt;a href=&quot;http://www.alternatives-economiques.fr/page.php?controller=&quot;&gt;http://www.alternatives-economiques.fr/page.php?controller=&lt;/a&gt; article&amp;amp;action=htmlimpression&amp;amp;id_article=55035&amp;amp;id_parution=1101. (consulté le 11 octobre 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MINISTÈRE DE LA CULTURE, DES COMMUNICATIONS ET DE LA CONDITION FÉMININE. 2011. &lt;em&gt;Vers un deuxième plan d’action gouvernemental pour l’égalité entre les femmes et les hommes&lt;/em&gt;, cahier de consultation. En ligne:&lt;br&gt;&lt;a href=&quot;http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/CRC/mandats/Mandat-14343/index.html&quot;&gt;http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/CRC/mandat...&lt;/a&gt; (consulté le 11 octobre 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PAQUET, Louise et Lucie DESROCHERS. 2006. «Le scrutin qui divise», &lt;em&gt;La Gazette des femmes&lt;/em&gt;, mai-juin, p. 29.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PITKIN, Hannah. 1972. &lt;em&gt;The Concept of Representation&lt;/em&gt;, Berkeley: University of California Press.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PROMOTION DES ESTRIENNES POUR INITIER UNE NOUVELLE ÉQUITÉ SOCIALE (PÉPINES). 1999. &lt;em&gt;Une, deux, trois... Pépines&lt;/em&gt;. Vidéo.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2002. &lt;em&gt;P’tit guide des chemins du pouvoir en Estrie&lt;/em&gt;.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2001. &lt;em&gt;Cartographie des chemins du pouvoir&lt;/em&gt;.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. s.d. &lt;em&gt;Manifeste sur la parité dans la gouvernance en Estrie&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.pepines.com/pdf/manifeste2009.pdf&quot;&gt;http://www.pepines.com/pdf/manifeste2009.pdf&lt;/a&gt; (consulté le 11 octobre 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RÉSEAU DES TABLES RÉGIONALES DE GROUPES DE FEMMES DU QUÉBEC. Participation des femmes dans les lieux de pouvoir. Catalogue des activités et publications. s.d. En ligne:&lt;br&gt;&lt;a href=&quot;http://www.reseautablesfemmes.qc.ca/catalogue/Catalogue_%20femmeslieuxpouvoir071031.pdf&quot;&gt;http://www.reseautablesfemmes.qc.ca/catalogue/Catalogue_%20femmeslieuxpo...&lt;/a&gt; (consulté le 11 octobre 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SECRÉTARIAT À LA CONDITION FÉMININE. s.d. &lt;em&gt;À égalité pour décider&lt;/em&gt;, Gouvernement du Québec. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.scf.gouv.qc.ca/index.php?id=32&quot;&gt;http://www.scf.gouv.qc.ca/index.php?id=32&lt;/a&gt; (consulté le 11 octobre 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SINEAU, Mariette, 2011. &lt;em&gt;L’égalité femmes/hommes: question clé pour 2012?&lt;/em&gt;, SciencesPO., Cevipof, CNRS, no 4. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.cevipof.com/rtefiles/File/AtlasEl3/noteSINEAU.pdf&quot;&gt;http://www.cevipof.com/rtefiles/File/AtlasEl3/noteSINEAU.pdf&lt;/a&gt; (consulté le 11 octobre 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;STUDLAR, Donley T. 2008. «Feminist Society, Paternalistic Politics: How the Electoral System Affects Women’s Representation in the United States Congress», dans &lt;em&gt;Women and Legislative Representation: Electoral Systems, Political Parties and Sex Quotas&lt;/em&gt;, sous la dir. de Manon Tremblay, New York: Palgrave McMillan, p. 55-65.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;UNION INTERPARLEMENTAIRE. 2011. &lt;em&gt;Les femmes dans les parlements nationaux État de la situation au 31 octobre 2011&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.ipu.org/wmn-f/classif.htm&quot;&gt;http://www.ipu.org/wmn-f/classif.htm&lt;/a&gt; (consulté le 25 novembre 2011).&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_ioqx5n0&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_ioqx5n0&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Voir les vidéos&lt;em&gt; Les femmes de Charlevoix&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;une pièce indispensable,&lt;/em&gt; produit par le centre Aux Plurielles, &lt;em&gt;Une, Deux, Trois... Pépines&lt;/em&gt;, produit par les PÉPINES, ainsi que&lt;em&gt; Moi Candidate?&lt;/em&gt;, du groupe Femmes, politique et démocratie.&lt;/li&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Ce texte s’intéresse aux représentations des femmes et de la politique qui sont produites par les interventions du mouvement des femmes au Québec. Quelles sont les stratégies et interventions qui ont été mises de l’avant par le mouvement des femmes au Québec en réponse au constat de ce qui est parfois désigné comme «la sous-représentation politique des femmes»? Sur quelles analyses reposent-elles? &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=7040&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Maillé, Chantal&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2013. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/les-strategies-feministes-de-representation-des-femmes-dans-laction-politique-au-quebec&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Les stratégies féministes de représentation des femmes dans l’action politique au Québec&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/les-strategies-feministes-de-representation-des-femmes-dans-laction-politique-au-quebec&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/les-strategies-feministes-de-representation-des-femmes-dans-laction-politique-au-quebec&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;De l&#039;assignation à l&#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&lt;/span&gt;. 2013. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IIREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Les+strat%C3%A9gies+f%C3%A9ministes+de+repr%C3%A9sentation+des+femmes+dans+l%E2%80%99action+politique+au+Qu%C3%A9bec&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIIREF&amp;amp;rft.aulast=Maill%C3%A9&amp;amp;rft.aufirst=Chantal&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Mon, 02 May 2022 18:28:54 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>Présentation: de l&#039;assignation à l&#039;éclatement</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Au moment de lancer l’appel à propositions pour le colloque&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_ki8mbqs&quot; title=&quot;Le colloque «Représentations des femmes: médias, arts, société», sous l’égide de l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM (IREF) et de l’Institut d’études des femmes de l’Université d’Ottawa (IÉF), s’est déroulé dans le cadre du 79e congrès de l’Association francophone pour le savoir (Acfas) à Sherbrooke, Québec, Canada, les 10 et 11 mai 2011.&quot; href=&quot;#footnote1_ki8mbqs&quot;&gt;1&lt;/a&gt; à l’origine de cette publication, nous misions sur la double signification du terme &lt;em&gt;représentation&lt;/em&gt;, pour traiter tant de la &lt;em&gt;place&lt;/em&gt; que de l’&lt;em&gt;image&lt;/em&gt; des femmes dans l’espace public, les médias et les arts. Notre objectif était de favoriser le dialogue entre des chercheures de différents horizons disciplinaires qui s’intéressent, d’une part, aux figures des femmes dans les récits, discours et mises en scènes et, d’autre part, aux places et positions qu’elles occupent ou qui leur sont accordées dans l’espace public comme dans l’imaginaire collectif.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’ouvrage &lt;em&gt;De l’assignation à l’éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&lt;/em&gt;, rassemble douze textes pour la plupart issus de ce colloque. Ceux-ci offrent une occasion de poursuivre la réflexion théorique sur les mécanismes de représentation qui interviennent dans les dynamiques et les rapports sociaux de sexe et de genre. Sans nécessairement reprendre cette double signification du terme &lt;em&gt;représentation&lt;/em&gt;, les auteures explorent, à partir de leurs disciplines et ancrages, diverses facettes de l’expérience des femmes, telle qu’elle nous est présentée dans : les discours de presse, les médias, les politiques, la fiction, les pratiques créatrices, les préconceptions et le passage du temps. Les représentations qui s’en dégagent tanguent entre le pôle convenu de l’assignation et celui, libérateur, de l’éclatement comme condition préalable aux choix, à la pleine liberté.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Figures de l’assignation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au cours de l’histoire, les représentations législatives et culturelles des femmes ont été le fait et le reflet de régimes politiques et symboliques patriarcaux et hétéronormés. Ceux-ci ont relégué les femmes hors du domaine public et, pendant longtemps, les ont définies comme non «personnes» ou non «adultes» au sens juridique des termes. Combien d’œuvres d’arts les dépeignent comme des vierges ou des mères, des courtisanes ou des saintes, et donc les associent à des statuts consubstantiels de leurs rapports sexuels avec des hommes, en tant qu’ils sont leurs —futurs—époux/amants, incluant Dieu (la religieuse mariée à Dieu)? Les seules exceptions à cette règle étaient la sorcière, la vilaine et la tentatrice. Tandis que la sorcière, qui possède des pouvoirs (connaissances) jugés maléfiques, est le plus souvent une femme ménopausée, et donc improductive en regard d’une économie centrée sur l’appropriation des capacités reproductives des femmes par les hommes, la vilaine est une pécheresse «égoïste» et désobéissante, inapte à s’occuper d’un mari et d’enfants, encore moins de parents. Elle est par ailleurs souvent «laide», alors qu’elle devrait être «belle», c’est-à-dire désirable afin qu’un homme l’«engrosse». Enfin, chargée du poids de la chute de l’humanité, Ève la séductrice est réduite à sa dimension sexuelle et esthétique. Elle est dépeinte comme cette complice du diable face à laquelle les hommes deviennent serviles et sans défense. En réalité, les figures de sorcière, vilaine et tentatrice sont «dérangeantes» parce qu’elles interpellent le pouvoir des hommes. La première vit seule et possède un savoir enviable, lié à des capacités menaçantes pour l’ordre établi; la seconde est une rebelle qui défie clairement celui-ci (Lilith refusant de se soumettre à Adam), alors que la troisième confronte les hommes à leurs propres faiblesses et vulnérabilités (Ève offrant la pomme défendue à Adam). C’est d’ailleurs à ces représentations métaphoriques de femmes indociles et voulant s’émanciper que renvoient souvent les épithètes dépréciatifs qui sont employés pour décrire les suffragettes et les féministes, ces femmes dites «enragées» qui veulent l’égalité avec les hommes, revendiquent le statut de citoyenne à part entière et réclament, entre autres, le droit de prendre leurs propres décisions concernant leur corps et leur sexualité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’éclatement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le présent ouvrage, les auteures ne se sont pas attardées aux grandes luttes citoyennes ni aux célèbres figures de la culture occidentale (iconographie religieuse, personnages des mythes ou des contes, héroïnes sentimentales ou hollywoodiennes, etc.) qui ont alimenté et continuent d’alimenter les métaphores de la représentation des sexes, ces questions ayant déjà été traitées par des féministes d’horizons divers depuis les années soixante-dix&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_hyzj7mh&quot; title=&quot;Du côté des productions récentes, pensons aux nombreux articles qui sont parus sur la parité et, concernant la représentation figurative, à l’ouvrage de Raphaëlle Moine, Les femmes d’action au cinéma (2010) ou au documentaire audio-visuel, Miss Representation de Jennifer Siebel Newsom (2011), qui traite de la représentation des femmes dans les médias populaires américains.&quot; href=&quot;#footnote2_hyzj7mh&quot;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’ensemble des textes révèle en effet la lente transition qui s’opère tout au long du XXe siècle. Aux figures de femmes clichées et asservies s’ajoutent des modèles de femmes plus audacieuses, moins conformes, dans un nombre croissant d’œuvres (picturales, cinématographiques et littéraires), de discours et de médias et ce, tant en Amérique du Nord qu’ailleurs dans le monde. Ces études nous permettent de constater à quel point les stéréotypes qui réduisent les femmes à leur sexe, à la maternité et à l’espace domestique, en retrait donc des grands enjeux sociaux, du savoir et des compétences politiques, sont difficiles à déloger. Or, de plus en plus de femmes de la scène artistique et sociale utilisent une variété de stratégies face à la machine bien huilée qu’elles affrontent, améliorant ainsi nos connaissances de cette machine et contribuant à son lent déboulonnage. Les textes réunis ici s’articulent autour de trois pôles correspondant aux trois dimensions sur lesquelles les auteures se penchent: les pratiques contraignantes, les représentations et les imaginaires.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les textes de la première section examinent les pratiques contraignantes que l’on impose aux femmes et décortiquent les mécanismes qui les sous-tendent. Le texte de Caroline Désy explore les interventions de régimes fascistes européens de la période 1922-1945 en matière de différence sexuelle, dans les espaces de la santé, de la beauté et de la maternité, et ce, afin d’en cerner les différentes sphères d’influence. L’analyse montre une indéniable tension entre maternité et femme idéalisée, tension nourrie par les principes esthétiques contradictoires imposés par le fascisme au corps des femmes selon les moments, les événements et les exigences politiques. Plus près de l’actualité, une autre étape dans la tradition patriarcale de contrôle des corps et des imaginaires est franchie avec l’hypersexualisation dont traitent Carole Boulebsol et Lilia Goldfarb. Leur texte permet de révéler quelques-uns des mécanismes sexualisateurs présents dans les représentations culturelles, médiatiques et publicitaires, et leurs liens avec les discriminations et les violences auxquelles les jeunes filles sont confrontées. Les auteures concluent à la nécessité de mettre au premier plan les valeurs de relations interpersonnelles équitables, de plaisir, de respect ainsi que de conscience de soi et des autres. Il est aussi possible de miser sur des mécanismes de contrôle normés ou légaux pour lutter contre les stéréotypes sexuels, comme l’exprime Rachel Chagnon dans son étude sur les organismes d’autorégulation des médias au Canada. L’auteure y questionne la détermination de ces organismes à mettre en œuvre les principes de non discrimination, tout comme elle illustre leur difficulté à prendre position sur le concept même de stéréotype sexuel. Ses conclusions invitent à penser que des revendications pour obtenir un resserrement de la vigilance et du contrôle pourraient être portées par le mouvement des femmes. Chantal Maillé, quant à elle, nous amène sur un autre terrain lorsqu’elle questionne les stratégies et les interventions qui ont été mises de l’avant par le mouvement des femmes au Québec en réponse à ce qui est parfois désigné comme «la sous-représentation politique des femmes». Son analyse met en relief les images qui ont été ou sont véhiculées à travers des stratégies et des interventions consacrées à la promotion de la présence des femmes dans la politique active. Maillé en conclut qu’elles connotent trop souvent des associations négatives entre les femmes et la politique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La deuxième section de l’ouvrage comporte des textes qui s’intéressent, à partir de points d’observation variés dans le temps et l’espace, aux représentations qui accompagnent certains discours ou pratiques. L’une des collaboratrices, Emilie Goulet, nous incite à réfléchir sur la place qu’occupe le discours antiféminisme dans la presse écrite et sur le message qui s’en dégage. Ayant dépouillé deux quotidiens québécois à grand tirage parus entre 1985 et 2009, elle constate que le discours et les arguments masculinistes y sont largement diffusés et postulent que l’égalité entre les hommes et les femmes est atteinte, ou pire, que le mouvement des femmes est allé trop loin. Geneviève Lafleur s’intéresse aussi à ce que dit la presse. Elle le fait cependant en s’attardant aux portraits convenus de trois galeristes montréalaises actives au milieu du XXe siècle. La contextualisation des portraits qui s’en dégage permet de bien voir quelles étaient les règles contraignantes auxquelles ces femmes audacieuses devaient se soumettre pour légitimer leur place sur le marché du travail et être acceptées dans le milieu des arts. Isabelle Marchand nous entraîne vers un tout autre univers en interrogeant le regard que des femmes aînées posent sur elles-mêmes. Rédigé en collaboration avec Michèle Charpentier et Anne Quéniart, son texte rend bien compte de la distance qui sépare les images réductrices qui circulent sur les femmes de 65 ans et plus au Québec, et celles que ces dernières entretiennent à l’égard d’elles-mêmes. Ce constat met notamment en lumière les écarts importants qui se creusent entre les perceptions et les attentes que notre société entretient à l’égard des aînées et les besoins et les priorités de ces dernières à une époque où indépendance et vitalité sont fortement valorisées. Enfin, la contribution de Marcelle Dubé rend compte d’une expérience pédagogique menée auprès d’étudiantes et d’étudiants en travail social. Son but était de vérifier si, à la suite de son cours sur les rapports de sexe et de genre, les représentations qu’elles et ils entretenaient à l’égard des femmes, des féministes et du féminisme seraient modifiées. L’auteure conclut que l’expérience a valu la peine puisque plusieurs membres du groupe ont affirmé qu’au terme de la session, leur perception était changée et leur opinion sur ces sujets, plus nuancée.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Enfin, la troisième section examine différentes facettes de l’asymétrie androcentrée et de la catégorisation sexuelle structurant nos imaginaires. Deux romans contemporains écrits par des femmes sont au cœur de l’analyse de Catherine Dussault Frenette, soit &lt;em&gt;Aurélien, Clara, Mademoiselle et le Lieutenant anglais &lt;/em&gt;d’Anne Hébert et &lt;em&gt;L’Île de la Merci &lt;/em&gt;d’Élise Turcotte. L’initiation sexuelle de jeunes filles y est examinée attentivement, au regard d’un mouvement d’affirmation/négation du désir. Car si l’auteure y débusque une subjectivité féminine adolescente, celle-ci apparaît soumise à la suprématie du discours masculin sur le désir et le sexuel. Marie-Noëlle Huet s’intéresse pour sa part aux nouveaux récits écrits du point de vue de la mère et aux fictions ayant pour thème la maternité. Elle prend pour exemple une œuvre de l’écrivaine Nancy Huston, qui assimile enfantement et création romanesque, et s’attarde aux représentations que propose l’auteure de la «maternité-érotisme», de l’identité, et de la carrière. Ce sont aussi des créatrices qui font l’objet du texte d’Ève Lamoureux: celles-ci s’interrogent sur leur identité de femme et d’artiste en questionnant le milieu des arts visuels et la société. En examinant l’évolution d’autoreprésentations, Lamoureux constate que cette pratique est passée d’une période du genre revendiqué à celle d’une déconstruction du genre, du moins dans un contexte où celui-ci est compris de façon essentialiste, globalisante, totalisante. Enfin, l’art semblant permettre une «part d’espoir et de liberté (de jeu?) dont la réalité [serait] dépourvue»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_i41fclo&quot; title=&quot;Voir la contribution de D. Bourque à cet ouvrage: «Claude Cahun ou l’art de se dé-marquer».&quot; href=&quot;#footnote3_i41fclo&quot;&gt;3&lt;/a&gt;, Dominique Bourque recense depuis quelques années des œuvres issues de personnes marginalisées et questionnant plus d’une pratique normative, comme la convergence entre sexe et genre, l’injonction à l’hétérosexualité et la déshumanisation des êtres minorisés. Cela l’amène à étudier le cas de l’artiste française Claude Cahun (1894-1954), une figure méconnue dont elle propose d’examiner l’œuvre avant-gardiste à partir du concept du dé-marquage, cette notion regroupant les stratégies qui exposent, contournent ou abolissent un ou plusieurs marquages de manière à reconquérir sa pleine humanité, et donc sa représentativité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est entendu que cette anthologie fait silence sur de nombreuses analyses et réflexions associées aux représentations. On n’y trouvera pas, par exemple, de textes sur l’injonction à la jeunesse et à la «beauté» qui pèse plus lourdement sur les femmes que sur les hommes, mais le sujet a déjà été admirablement traité ailleurs&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_wnnh2kr&quot; title=&quot;Voir entre autres Éthique de la mode féminine, sous la dir. de Michel Dion et Mariette Julien (2010), et plus particulièrement l’article «D’une tyrannie de l’apparence: corps de femmes sous contrôle» de David Le Breton dans cet ouvrage. Pour une vue d’ensemble sur les processus de reproduction des stéréotypes sexuels et leurs effets, on consultera avec profit l’étude de Francine Descarries et Marie Mathieu (2010), Entre le rose et le bleu. Stéréotypes sexuels et construction sociale du féminin et du masculin.&quot; href=&quot;#footnote4_wnnh2kr&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. Aucun texte n’aborde directement la représentation des femmes racialisées ou racisées, pauvres ou handicapées, ni les images et les descriptions de femmes qui circulent sur l’Internet et dans les médias sociaux. Ces thèmes, sollicités par notre appel à communications, n’ont malheureusement pas fait l’objet de textes ni reçu le traitement qu’ils méritaient. Nous espérons que ces omissions seront comblées par le travail de collègues dans un avenir rapproché.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le présent ouvrage regroupe néanmoins un éventail d’études faites dans diverses disciplines, par des chercheures chevronnées et émergeantes, ainsi que par des praticiennes de terrain. Il examine les représentations des femmes d’hier et d’aujourd’hui, réelles et fictionnelles, à diverses étapes de leur vie. S’il associe le politique et le culturel, c’est que ces deux dimensions sont étroitement liées dans nos sociétés de la modernité avancée où l’image&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_po31y1d&quot; title=&quot;L’hyperconsommation, l’importance des médias, la société du spectacle, le culte du corps et de la jeunesse, etc., qui caractérisent notre époque, favorise ce que Le Breton (2010) appelle une «tyrannie de l’apparence»: «Le corps est un lieu de différenciation, un atout pour exister dans le regard des autres, et donc une valeur à faire fructifier à travers le souci de soi. Il s’agit de construire par la mise en scène de l’apparence et éventuellement de son for intérieur des opérations pour devenir soi, se faire d’emblée image» (Le Breton, 2010: 5).&quot; href=&quot;#footnote5_po31y1d&quot;&gt;5&lt;/a&gt; s’associe désormais à la citoyenneté dans l’élaboration de nos identités:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Dans nos sociétés contemporaines, l’expérimentation prend la place des anciennes identités fondées sur l’habitus. Le sentiment de soi est inlassablement travaillé par un acteur dont le corps est la matière première de l’affirmation propre selon l’ambiance du moment. (Le Breton, 2010: 4)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les textes réunis offrent l’occasion de poursuivre la réflexion théorique engagée sur les mécanismes de représentations qui interviennent dans les dynamiques sociales et dans les interactions avec l’autre sexe. Ils constituent également une incitation à multiplier les analyses et les stratégies pour rompre avec les non-dits des représentations sexuées et documenter notre engagement à l’égard de l’égalité entre les sexes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DESCARRIES, Francine et Marie MATHIEU. 2010. &lt;em&gt;Entre le rose et le bleu. Stéréotypes sexuels et construction sociale du féminin et du masculin&lt;/em&gt;. Québec, Conseil du statut de la femme. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.csf.gouv.qc.ca/modules/fichierspublications/fichier-35-1082.pdf&quot;&gt;http://www.csf.gouv.qc.ca/modules/fichierspublications/fichier-35-1082.pdf&lt;/a&gt; (consulté le 29 novembre 2012)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DION, Michel et Marielle JULIEN (dir.). 2010. &lt;em&gt;Éthique de la mode féminine&lt;/em&gt;, Paris: PUF.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LE BRETON, David. 2010. «D’une tyrannie de l’apparence: corps de femmes sous contrôle», dans &lt;em&gt;Éthique de la mode féminine&lt;/em&gt;, sous la dir. de Michel Dion et de Mariette Julien, Paris: PUF, p. 3-26.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MOINE, Raphaëlle. 2010. &lt;em&gt;Les femmes d’action au cinéma&lt;/em&gt;, Paris: Armand Colin,&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SIEBEL NEWSOM, Jennifer. 2011. &lt;em&gt;Miss Representation&lt;/em&gt;. Film documentaire, États-Unis, Girls Club Entertainment, 85 min.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_ki8mbqs&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_ki8mbqs&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Le colloque «Représentations des femmes: médias, arts, société», sous l’égide de l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM (IREF) et de l’Institut d’études des femmes de l’Université d’Ottawa (IÉF), s’est déroulé dans le cadre du 79e congrès de l’Association francophone pour le savoir (Acfas) à Sherbrooke, Québec, Canada, les 10 et 11 mai 2011.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_hyzj7mh&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_hyzj7mh&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Du côté des productions récentes, pensons aux nombreux articles qui sont parus sur la parité et, concernant la représentation figurative, à l’ouvrage de Raphaëlle Moine, &lt;em&gt;Les femmes d’action au cinéma&lt;/em&gt; (2010) ou au documentaire audio-visuel, &lt;em&gt;Miss Representation&lt;/em&gt; de Jennifer Siebel Newsom (2011), qui traite de la représentation des femmes dans les médias populaires américains.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_i41fclo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_i41fclo&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Voir la contribution de D. Bourque à cet ouvrage: «Claude Cahun ou l’art de se dé-marquer».&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_wnnh2kr&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_wnnh2kr&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Voir entre autres &lt;em&gt;Éthique de la mode féminine&lt;/em&gt;, sous la dir. de Michel Dion et Mariette Julien (2010), et plus particulièrement l’article «D’une tyrannie de l’apparence: corps de femmes sous contrôle» de David Le Breton dans cet ouvrage. Pour une vue d’ensemble sur les processus de reproduction des stéréotypes sexuels et leurs effets, on consultera avec profit l’étude de Francine Descarries et Marie Mathieu (2010), &lt;em&gt;Entre le rose et le bleu. Stéréotypes sexuels et construction sociale du féminin et du masculin.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_po31y1d&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_po31y1d&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; L’hyperconsommation, l’importance des médias, la société du spectacle, le culte du corps et de la jeunesse, etc., qui caractérisent notre époque, favorise ce que Le Breton (2010) appelle une «tyrannie de l’apparence»: «Le corps est un lieu de différenciation, un atout pour exister dans le regard des autres, et donc une valeur à faire fructifier à travers le souci de soi. Il s’agit de construire par la mise en scène de l’apparence et éventuellement de son for intérieur des opérations pour devenir soi, se faire d’emblée image» (Le Breton, 2010: 5).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;L’ensemble des textes révèle en effet la lente transition qui s’opère tout au long du XXe siècle. Aux figures de femmes clichées et asservies s’ajoutent des modèles de femmes plus audacieuses, moins conformes, dans un nombre croissant d’œuvres (picturales, cinématographiques et littéraires), de discours et de médias et ce, tant en Amérique du Nord qu’ailleurs dans le monde. &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Mon, 02 May 2022 14:28:15 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>Du lesbicide en images chez Maroch, Bechdel et Obom</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Il y a longtemps que le dévoilement, par opposition à la réserve, au caché, caractérise le système de visibilité en Occident (Aboudrar, 2014). Après la deuxième moitié du XXe siècle, sous les effets combinés de la perte de sens induite par les totalitarismes et la mise en place d’une marchandisation généralisée, s’implante progressivement une société du spectacle. Dans cette société, le lieu d’élaboration du soi s’extériorise. Il passe de la conscience au corps, de l’être politique perfectible au paraiître individualiste performatif (Dufour, 2011; Gori, 2013).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour une majorité de femmes, précise le sociologue David Le Breton, ce paraître s’apparente dangereusement à un «comparaître» (2010: 8). Depuis un demi-siècle, diverses analyses féministes relèvent les pressions qui s’exercent sur elles pour qu’elles apparaissent séduisantes (mais à quels yeux?). Dans son essai &lt;em&gt;The Beauty Myth: How Images of Beauty Are Used Against Women &lt;/em&gt;(1991), Naomi Wolf examine l’injonction médiatique à la beauté que subissent les femmes nord-américaines après l’émergence du &lt;em&gt;Women’s Lib&lt;/em&gt;. Elle découvre que cette injonction a profondément entamé leur estime d’elles-mêmes parce qu’elle exige d’elles une perfection corporelle impossible à atteindre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus récemment, Christine Détrez et Anne Simon arguent, dans &lt;em&gt;À leur corps défendant&lt;/em&gt; (2006), que sous les séduisantes représentations de femmes «libres», entendre jolies et &lt;em&gt;sexy&lt;/em&gt;, se cache un «nouvel ordre moral» cherchant à consolider le couple et la famille. Considérant les 161 milliards de dollars américains de revenus de la seule industrie des cosmétiques en 2007 dans 8 pays, soit les États-Unis, le Japon, le Brésil, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Chine et l’Italie (Seager, 2009), cet ordre n’est pas seulement moral, il a partie liée avec une économie faisant reposer l’accession des femmes au travail sur leur conformité aux normes sociales. Selon Le Breton,&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[n]ul n’échappe désormais à sa responsabilité face à l’image qu’il donne aux autres, il vaut ce que vaut son image. Les femmes qui se vouent à cette quête éperdue de beauté ne sont pas nécessairement aliénées et formatées par les médias ou le marketing, elles savent aussi que leur réussite sociale ou personnelle implique leur dissolution dans les normes physiques. (2010: 4)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais qu’advient-il des figures en marge de ce vieil ordre en habits neufs? Et plus particulièrement des lesbiennes politisées, sujets du présent texte? Quel traitement les médias, à la solde des empires financiers, leur réservent-ils? Et comment elles-mêmes représentent-elles, dans leurs œuvres, les affronts qu’elles vivent? Voilà les questions que j’aborde dans ce texte en m’appuyant sur les analyses de l’oppression de la classe des femmes élaborées par les théories du féminisme et du lesbianisme matérialistes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des images en porte-à-faux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il n’y a pas d’études sur la représentation médiatique actuelle des lesbiennes en Amérique du Nord et en Europe. Qui veut aborder ce sujet doit le faire à partir de textes traitant d’un corpus limité dans le temps, l’espace ou le corpus. Selon la philosophe française Stéphanie Arc (2006), le modèle de lesbienne qui hante l’imaginaire collectif hexagonal au tournant du XXIe siècle est masculin et peu engageant. On attribue aux lesbiennes, souligne-t-elle, une «identité taillée dans le bois des idées reçues, qui les représentent masculines, machos, névrosées, malheureuses» (10). Plus généralement, «on fait de la sexualité ce qui les définit, le socle de leur identité» (10).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ann M. Ciasullo (2012), qui a analysé les représentations des lesbiennes dans les médias de masse américains des années quatre-vingt-dix, acquiescerait sur ce dernier point. C’est aussi «la» sexualité, et surtout pas «leur(s)» sexualité(s), qui définit ces figures à l’écran. Si le corps de «la lesbienne féminine» («the femme») est beaucoup plus représenté aux États-unis que celui de «la lesbienne masculine» («the butch»), précise-t-elle, c’est parce que dans une culture de l’image rien ne le distingue de celui de «la» femme hétérosexuelle. Le vieil ordre a donc beau jeu de l’intégrer dans ses réseaux médiatiques:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Mainstream media employ the femme body, I have argued, because the femme can be “de-lesbianized“; she is at once marked a lesbian and not a lesbian. The butch body, on the other hand, cannot be “de-lesbianized“; because her body is already and always marked as lesbian, she is &lt;em&gt;more &lt;/em&gt;visible than the femme –and thus, if represented, more “lesbian“ than the femme (Ciasullo, 2012: 340).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;em&gt;J’ai montré que les médias de masse se servaient du corps féminisé de la lesbienne «femme» pour la «dé-lesbianiser». Celle-ci est à la fois marquée comme une lesbienne et comme une non lesbienne. Le corps [non féminisé] de la butch, lui, ne peut être « dé-lesbianisé ». Parce que son corps est déjà et toujours marqué comme lesbien [par son refus des attributs associés à la féminité], la butch est plus visible que la «femme» et donc plus [clairement] «lesbienne» qu’elle en situation de représentation.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Arc et Chetcuti (2015: 37) notent une tendance similaire dans le feuilleton télévisé français «Plus belle la vie» (2004-): «la série opte pour une représentation mainstream des lesbiennes, quand elle ne verse pas dans certains clichés (lesbiennes &lt;em&gt;lipstick&lt;/em&gt;) en voulant en briser d’autres (lesbiennes camionneuses)».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les personnages lesbiens occupent ainsi une place très encadrée dans la culture populaire. Dans les rares cas où ils tiennent un rôle de premier plan, ils incarnent des héroïnes improbables, le plus souvent ravissantes, blanches, jeunes, cultivées, minces, relativement riches et à l’allure stylée. Dans la série &lt;em&gt;The L Word &lt;/em&gt;(2004-2009), le personnage de couleur Bette Porter, tout en occupant un poste de haute direction, ressemble à un top modèle blanc qui passerait le plus clair de son temps à magasiner et à entretenir son corps, son visage et sa chevelure. Ce genre d’apparence léchée, voire griffée, se retrouve également chez les autres lesbiennes féminines de la série, alors que leur salaire ne leur permettrait pas de s’offrir un pareil &lt;em&gt;look&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En ce qui a trait aux personnages de lesbiennes masculines, ils sont non seulement beaucoup plus rares, ils sont également relégués aux rôles de faire-valoir des protagonistes féminins, que ceux-ci soient lesbiens au non&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_j3xwo6k&quot; title=&quot;Voir l’analyse que propose Ciasullo (2012 : 337) de Jane (Whoopi Golberg) dans Boys on the Side (1994) et de Geo (Queen Latifah) dans Set It Off (1996).&quot; href=&quot;#footnote1_j3xwo6k&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Moins nantis et élégants que leurs contreparties, souvent moins blancs aussi, ils paraissent mésadaptés et doivent essuyer moquerie sur moquerie. Arc résume ainsi la représentation d’une «camionneuse» (incarnée par Josiane Balasko) dans un film français de 1995 dont la popularité a atteint les États-Unis: «une apparence virile et souvent peu gracieuse, à l’image de Marijo dans &lt;em&gt;Gazon maudit&lt;/em&gt;, qui conduit son mini-van, cigarillo aux lèvres» (2006: 15). Elle souligne que ces lesbiennes sont généralement associées à la classe ouvrière, comme si cette appartenance dictait une apparence inadéquate et risible. Ce type de personnage n’est d’ailleurs pas repris dans la série &lt;em&gt;Plus belle la vie &lt;/em&gt;(2004-) où «les attendus “du” féminin des couples lesbiens sont respectés (il n’y a pas de lesbiennes masculines ni androgynes). Ainsi l’intégration des lesbiennes [dans la culture française] passe par leur désarmement politique ou subversif» (Arc et Chetcuti, 2015: 56).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Concrètement, les séries et comédies opèrent la dés-érotisation et la dé-crédibilisation des lesbiennes dites «masculines». Le phénomène des &lt;em&gt;drag kings&lt;/em&gt;, qui connaît un regain de popularité à la fin du XXe siècle, répond à cette attaque en rappelant de manière ludique que la masculinité est une performance. Mais on ne parodie pas impunément une classe dominante, quelle qu’elle soit; c’est de la féminité que l’on rit plus volontiers, comme en atteste l’importante représentation et popularité des &lt;em&gt;drag queens&lt;/em&gt;. Sourd à ces éloquentes démonstrations parmi d’autres, l’État maintient le cap de l’existence de natures féminine et masculine distinctes en réservant le statut d’homme et de femme aux individus reconnus tels par ses autorités médicales et législatives. Les mass-média relaient cette perspective essentialiste.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Deux personnages de lesbienne masculine apparaissent brièvement dans la série &lt;em&gt;The L Word&lt;/em&gt;. Le premier, Ivan Aycock (nom qui laisse entendre: I’ve a cock, c’est-à-dire j’ai une bite), est un &lt;em&gt;drag king&lt;/em&gt; qui courtise une femme noire hétérosexuelle, Kit Porter. Or il disparaît abruptement de la série lorsqu’elle le surprend sans son phallus, le marqueur par excellence de la virilité en Occident. &amp;nbsp;Pris au jeu de sa performance, il s’est identifié à la figure de l’homme hétérosexuel qu’il donnait à voir; à moins que ça ne soit la scénariste (aidée par les producteurs) qui ait considéré ce protagoniste comme non viable?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le deuxième personnage de lesbienne masculine, Moira Sweeney, n’apparaît qu’à la troisième saison de la série qui en compte six. Or à peine sortie du placard, elle décide de s’engager sur la voie de la transition sexuelle et devient Max (le plus grand). La testostérone (autre marqueur de la virilité) est désormais accessible, bien qu’à ses risques et périls, sur le marché noir. Max, comme Marijo (&lt;em&gt;Gazon maudit&lt;/em&gt;, 1995), tombe par ailleurs enceint, comme si tant qu’elle s’avère possible, la maternité prévalait sur toutes autres considérations. Ainsi, parallèlement à la dé-lesbianisation des lesbiennes s’affichant comme féminines, on assiste à l’évanescence de celles se présentant comme masculines.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;In absentia&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un fil rouge traverse les représentations examinées: la polarisation des lesbiennes en féminines et masculines. Tandis que les premières sont instrumentalisées en modèles de beauté féminine (pour les femmes) et objets de désir et de conquête (pour les hommes), les deuxièmes sont marginalisées sur la base de leur résistance au système hétérosexuel de la conformité du genre au sexe. L’accentuation du statut social ou «racial» (Ciasullo, 2012) de ces dernières mises par ailleurs sur le potentiel classisme ou racisme des spectateurs. Si les féminines sont présentes parce qu’elles sont non repérables en tant que lesbiennes, ce que Roseanne Kennedy (1994) nomme «the absence-presence»; les deuxièmes ne le sont qu’en tant que &lt;em&gt;ugly bad girls&lt;/em&gt;, un peu comme les jeunes hommes noirs relégués aux rôles de &lt;em&gt;bad boys&lt;/em&gt; dans les productions hollywoodiennes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après l’hypersexualisation des lesbiennes dans les années quatre-vingt-dix, a proliféré, dans les années 2000, le phénomène de la fausse lesbianisation d’hétérosexuelles notoires. L’apparition systématique de méga stars&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_eh6n8wc&quot; title=&quot;Britney Spears et Madonna aux MTV Video Music Awards de 2003, Shakira et Rihanna dans Can’t Remember to Forget You (2014), Penélope Cruz pour la compagnie Schweppes en 2014. Ces exemples sont tirés de l’article «Schweppes, les médias et le mythe de la lesbienne idéale» de la revue Barbieturix. Un autre exemple notoire est le clip Téléphone de Lady Gaga et Beyoncé (2009).&quot; href=&quot;#footnote2_eh6n8wc&quot;&gt;2&lt;/a&gt; dans des clips évocateurs du «lesbianisme» émoustillant de la pornographie, a fini de vider cette notion de sa dimension politique. Car ce que masque l’ensemble des représentations que je viens d’analyser, c’est ce qui peut inciter des femmes à refuser de s’inscrire dans un couple homme-femme (encore inégalitaire puisque les femmes n’ont toujours pas les mêmes possibilités et salaires à travail égal que les hommes, écart qui s’accentuent quand elles sont racisées), de vivre une maternité traditionnelle (qui tient une majorité de femmes pauvres en otages dans le contexte d’une parentalité non partagée à égalité et d’infrastructures sociales inadéquates) et de perpétuer la famille patri-nucléaire (où les femmes, en plus de travailler à l’extérieur du foyer, se retrouvent responsables des tâches domestiques qu’elles assument gratuitement)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_x01tx9h&quot; title=&quot;Pour une synthèse de la situation actuelle des femmes, voir Attané et al.(2015).&quot; href=&quot;#footnote3_x01tx9h&quot;&gt;3&lt;/a&gt;. Ce sont ces trois piliers, soit la division sexuée du travail, la mise à l’écart des femmes du politique et leur isolement les unes des autres, que les lesbiennes menacent par leur choix de vie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la résistance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans ce que Colette Guillaumin (1992) a appelé l’appropriation privée et collective de la classe des femmes (corps, esprit, travail, temps, etc.), ou «sexage», l’économie capitaliste n’aurait pu prendre l’expansion qu’elle a connue. Le contrôle que les gouvernements ont exercé sur ce groupe social hétérogène, afin qu’il produise et entretienne gratuitement les classes laborieuses (Federici, 2014), a en outre permis aux états impérialistes d’envahir d’autres nations, de les dépouiller de leurs ressources et d’exploiter leurs populations.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette appropriation des femmes ne s’est pas produite sans résistance de leur part. Dans les plantations des Caraïbes et des États-Unis, certaines esclaves recouraient aux seules solutions à leur portée, soit le suicide ou l’infanticide. Dans le cas du meurtre de leurs filles, elles leur évitaient, outre l’inhumanité de l’asservissement, les viols et autres sévisses que leurs maîtres leur infligeaient d’autant plus cruellement qu’ils les voyaient comme non dignes du minimum de respect qu’ils accordaient aux femmes blanches (hooks, 1981). Le lesbianisme, auquel recourent une variété d’individus classés femmes, constitue une autre forme de résistance à cette appropriation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour Monique Wittig, à l’origine de la théorie du lesbianisme matérialiste, les catégories qui établissent une différence de nature entre des groupes sociaux masquent toujours un rapport de domination. Historiquement, les classes de sexe ont servi à définir les «hommes» comme les représentants de la condition humaine et les «femmes», comme un cas «particulier» de cette condition&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_971f6an&quot; title=&quot;La langue française témoigne de cette position intermédiaire (entre matière et humain) réservée aux femmes. Combien de substantifs signifient à la fois une chose et un métier: cuisinière, jardinière, coiffeuse, etc.&quot; href=&quot;#footnote4_971f6an&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. Juges et parties, les premiers ont décrété les secondes moins intelligentes et vertueuses qu’eux. La même situation s’est produite avec les personnes de couleur, les colonisés-es, les pauvres, les immigrants-es, etc. Les groupes sociaux en position d’en exploiter d’autres déclarent ces derniers naturellement «serviables», «dévoués», «altruistes», entendre «inférieurs».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans la mesure où les lesbiennes politisées ne se définissent pas par rapport aux hommes, Wittig considère qu’elles rompent le contrat social de la «pensée &lt;em&gt;straight&lt;/em&gt;» (1992) qu’elle nomme le régime «hétérosexuel», alors que d’autres préfèrent le qualifier d’«hétérosocial» (Charest, 1994) pour bien souligner le fait qu’il englobe l’ensemble du système politique et non seulement sa «norme hétérosexuelle» (voir la théorie&lt;em&gt; queer&lt;/em&gt;). Wittig écrit: «“ lesbienne” est le seul concept que je connaisse qui soit au-delà des catégories de sexe parce que le sujet désigné n&#039;est pas une femme, ni économiquement, ni politiquement, ni idéologiquement» (1980: 83). Elle précise que ce sujet n’est pas plus un homme puisque les lesbiennes ne bénéficient pas des privilèges réservés à ces derniers, privilèges qu’elles dénoncent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette perspective sur le lesbianisme tranche avec celle qui circule d’ordinaire et que reproduit &lt;em&gt;Le Petit Robert&lt;/em&gt;: «homosexualité féminine» (2003: 1476). Cette formule laisse entendre que le lesbianisme serait l’exact pendant de l’«homosexualité masculine», comme si les deux groupes sociaux, et les classes de sexe dont ils sont issus, étaient équivalents en termes de moyens financiers, de statuts sociaux, de possibilités d’épanouissement et de luttes. Or à l’échelle de la planète, les individus catégorisés «femmes» sont beaucoup plus pauvres et violentées que les hommes, mais aussi beaucoup moins libres et instruits qu’eux:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Les femmes constituent 70 % des 1,2 milliard de personnes vivant avec moins de 1 dollar/jour. L’égalité salariale n’existe dans aucun pays. Ainsi, dans l’Union européenne, les femmes gagnent en moyenne 17 % de moins que les hommes. Partout le chômage, la précarité, le travail non qualifié et à temps partiel touchent en premier lieu les femmes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_fxjpp8b&quot; title=&quot;http://www.adequations.org/spip.php?rubrique1, consulté le 1e septembre 2014.&quot; href=&quot;#footnote5_fxjpp8b&quot;&gt;5&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Chaque année, quatre millions d’entre elles sont vendues et achetées pour le mariage forcé, l’esclavage, la prostitution. Des 40 millions de personnes qui sont prostituées dans le monde, la grande majorité sont des femmes et des enfants&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_53l90hm&quot; title=&quot;http://www.adequations.org/spip.php?article963, consulté le 1e septembre 2014.&quot; href=&quot;#footnote6_53l90hm&quot;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les définitions doxiques du lesbianisme comme une homosexualité féminine ou une sexualité parmi d’autres gomment la résistance qu’il représente à un régime reposant sur l’accessibilité des femmes, et le contrôle de leur capacité reproductive. Que cette résistance soit revendiquée ou non par les lesbiennes elles-mêmes ne la réduit en rien. Par ailleurs, si toutes ne sont pas politisées, peu ignorent le statut inégalitaire des femmes, les injonctions qui pèsent sur elles et les injustices qu’elles vivent sinon dans leur entourage immédiat, à tout le moins à travers le monde. Dans le cadre du présent texte, j’entends le terme «lesbienne» dans le sens suivant: tout être autonome ayant subi la socialisation imposée aux membres de la classe particularisée des «femmes» et réservant son attention la plus soutenue et sa vie intime aux êtres ayant ce même parcours.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand la perspective se renverse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour décrire les représentations des lesbiennes dans les mass-média, le néologisme «lesbicide» me semble plus approprié que le mot «lesbophobie». Officiellement, «lesbophobie» renvoie aux effets croisés de l’homophobie et du sexisme. Littéralement, il s’entend comme la peur du lesbianisme. Or, on vient de le voir, c’est bien davantage à son oblitération que l’on assiste. Dans les faits, celle-ci s’opère par la mise en place de mécanismes, symboliques et matériels, qui vont de l’invisibilisation à la récupération, des insultes au viol punitif, du mépris au meurtre. En ce sens, elle cible moins une identité sexuelle qu’auraient les lesbiennes que leur réalité même, non une nature qui leur serait propre, mais leur positionnement politique sur l’échiquier hétérosocial.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sauf exception, l’accessibilité des œuvres de lesbiennes s’affichant comme telles n’est pas plus acquise que ne l’est leur présence dans les médias. Historiquement, les œuvres de lesbiennes les plus largement diffusées l’ont été parce que ces dernières avaient caché cet aspect de leur vie. Je ne citerai que deux exemples contemporains chez nos voisins du sud: ceux de l’auteure Susan Sontag (1933-2004) et de la photographe des magazines &lt;em&gt;Rolling Stone&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Vanity Fair&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Vogue,&lt;/em&gt; Annie Leibovitz (Davidson, 2011). Il faudra attendre le décès de la première pour que l’on apprenne, à travers de bouleversantes photos de la seconde, qu’elles étaient des compagnes de vie (ces photos montrent, entre autres, les derniers moments du combat de Sontag contre le cancer). À ce stade de sa carrière, la qualité du travail de Leibovitz ne risquait plus d’être remise en question, sa réputation internationale étant solidement établie. Elle était alors et est encore aujourd’hui la photographe la plus reconnue de la planète (Bellafante, 2003). Inutile toutefois de chercher dans les œuvres de telles célébrités, pourtant engagées à gauche, des représentations du lesbicide.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du côté des artistes s’identifiant clairement comme lesbiennes, mais beaucoup moins médiatisées, je ne peux passer sous silence Zanele Muholi, photographe noire d’Afrique du Sud. L’œuvre imposante de cette «militante visuelle», comme elle se décrit, atteste du lesbicide&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_84ot4ed&quot; title=&quot;«Corrective rape is on the rise in South Africa. More than 10 lesbians are raped or gang-raped weekly, as estimated by Luleki Sizwe, a South African nonprofit. It is estimated that at least 500 lesbians become victims of corrective rape every year and that 86% of black lesbians in the Western Cape live in fear of being sexually assaulted, as reported by the Triangle Project in 2008» (Di Silvio, 2011).&quot; href=&quot;#footnote7_84ot4ed&quot;&gt;7&lt;/a&gt; et y réagit: «She uses photography to humanise and seek justice for the survivors of sexual violence, as well as those who have lost their lives&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_qdkoabu&quot; title=&quot;http://www.visibleproject.org/blog/award/award-2013/inkanyiso-zanele-muh.... &quot; href=&quot;#footnote8_qdkoabu&quot;&gt;8&lt;/a&gt; / «&lt;em&gt;Elle utilise la photographie pour humaniser les survivantes des violences sexuelles et demander réparation pour elles ainsi que pour celles qui n’ont pu y survivre&lt;/em&gt;». Elle documente par ailleurs les viols dits «correctifs» et les funérailles de lesbiennes assassinées dans son pays sur le site &lt;em&gt;Inkanyiso&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_7b9czir&quot; title=&quot;http://inkanyiso.org/, consulté le 8 septembre 2014.&quot; href=&quot;#footnote9_7b9czir&quot;&gt;9&lt;/a&gt; (mot zulu qui signifie «lumière») qu’elle a fondé. On y apprend, par exemple, que Disebo Gift Makau (23 ans), dont l’enterrement a eu lieu le 23 août 2014, a été cruellement torturée avant de mourir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voici comment le site de la Gaîté Lyrique de Paris présentait Muholi lors de son passage dans la ville française en novembre 2013:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Zanele Muholi s’est intéressée à la photographie en réalisant la valeur de ce support comme outil de sensibilisation à la cause des victimes d’homophobie, des viols et des homicides commis sur les lesbiennes. Ses portraits, frontaux, assumés, racontent la fierté d’une jeune génération de femmes et d’hommes décidés à refuser en bloc discrimination et commisération&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_eft9978&quot; title=&quot;http://gaite-lyrique.net/photographies/diaporama-de-zanele-muholi-photog..., consulté le 9 mai 2014.&quot; href=&quot;#footnote10_eft9978&quot;&gt;10&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«En Afrique du Sud, déclare la photographe, plus de 500 lesbiennes sont assassinées chaque année […] et des milliers subissent […] le viol “correctif” censé les ramener à l’hétérosexualité»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_9dj68yp&quot; title=&quot; http://www.barbieturix.com/2013/10/29/zanele-muholi-du-queer-en-afrique/ consulté le 12 mai 2014.&quot; href=&quot;#footnote11_9dj68yp&quot;&gt;11&lt;/a&gt; . Mais si tout le monde a entendu parler de Sontag et a vu au moins une, sinon plusieurs photos de Leibovitz, Muholi et son «artivisme&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref12_24sh85x&quot; title=&quot;Stéphanie Lemoine et Samira Ouardi donnent cette définition: «L’artivisme est l’art d’artistes militants […]. Art engagé et engageant, il cherche à mobiliser le spectateur, à le sortir de son inertie supposée, à lui faire prendre position», dans Artivisme: art militant et activisme artistique depuis les années 60 (4e de couverture, 2010).&quot; href=&quot;#footnote12_24sh85x&quot;&gt;12&lt;/a&gt;» restent largement méconnus du grand public.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un corpus lesbien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Trois œuvres, chacune d’une artiste provenant d’un pays occidental distinct, constituent le corpus que j’analyse dans la suite de ce texte. Pour sélectionner ces œuvres, j’ai retenu trois critères. Le premier est la visibilité de l’artiste en tant que lesbienne; le deuxième, la (toute) relative accessibilité des œuvres et le troisième, leur appartenance à un même genre artistique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On ne s’étonnera pas qu’un thème aussi chargé politiquement que le lesbianisme ait été proposé sous des emballages trompeurs, non seulement dans les médias mais également dans la littérature. Au siècle dernier, il en a été ainsi du &lt;em&gt;lesbian pulp&lt;/em&gt; dont les couvertures pornographiques ne laissaient rien présager de la qualité des textes par ailleurs encadrés par les codes moraux que l’on devine (Fortier, 1998: 32). Plus récemment, des artistes lesbiennes se sont tournées vers des genres marginaux leur permettant d’avoir un meilleur contrôle sur la représentation visuelle et textuelle de leur réalité, comme la bande dessinée. Cette forme connait une telle popularité depuis le début du siècle qu’on serait tenté de l’associer à l’émergence de mouvements de révolte et d’indignation face aux dictatures politiques et économiques.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Océanerosemarie, une comédienne française ayant monté un spectacle inspiré de sa vie, a ainsi choisi de transposer ce dernier sous cette forme en 2013. En quatrième de couverture de l’album intitulé &lt;em&gt;La Lesbienne invisible&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref13_97h59f7&quot; title=&quot;Co-scénarisé avec Murielle Magellan, illustrations de Sandrine Revel (Delcourt, 2013).&quot; href=&quot;#footnote13_97h59f7&quot;&gt;13&lt;/a&gt;, on lit qu’«elle décrypte sous le trait malicieux de Sandrine Revel [l’illustratrice] les idées reçues sur les lesbiennes... […]». N’étant pas bédéiste, elle a dû faire appel à cette dessinatrice, ainsi qu’à une scénariste. Pour rester dans les limites du genre et éviter la lourdeur de formules comme l’auteure, la scénariste et/ou l’illustratrice, j’ai opté pour des œuvres entièrement créées (c’est-à-dire écrites et dessinées) par une seule et même personne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les trois œuvres graphiques que j’ai retenues sont parues entre 2010 et 2014, et ont toutes été réalisées par une artiste primée. &lt;em&gt;Le bleu est une couleur chaude&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref14_xon2u9z&quot; title=&quot;Première bande dessinée à inspirer un film, La vie d’Adèle: Chapitres 1 et 2, celui-ci reçoit la Palme d’Or en 2013.&quot; href=&quot;#footnote14_xon2u9z&quot;&gt;14&lt;/a&gt;, de la Française Julie Maroh, paraît en 2010, &lt;em&gt;Are You My Mother? A Comic Drama&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref15_t5wr87n&quot; title=&quot;Traduit par C’est toi ma maman? Un drame comique, trad. de l’anglais par Lili Sztajn et Corinne Julve (Denoël, 2013).&quot; href=&quot;#footnote15_t5wr87n&quot;&gt;15&lt;/a&gt; de l’Américaine Alison Bechdel, en 2013, et enfin J’aime les filles de la Canadienne d’origine abénaquise, Obom (pseudonyme de Diane Obomsawin), en 2014. Contrairement au titre et à la présentation de la bédé&lt;em&gt; La lesbienne invisible&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref16_6t4wnm4&quot; title=&quot;«La» lesbienne dont il est question dans cet album ne bouscule pas les codes de la féminité.&quot; href=&quot;#footnote16_6t4wnm4&quot;&gt;16&lt;/a&gt;, il n’y a pas de références directes ici à l’oblitération des lesbiennes ou aux préjugés qu’elles doivent affronter. Comme pour Océanerosemarie, et de l’aveu des artistes elles-mêmes, le propos s’inspire d’expériences vécues.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Devant cette démarche autobiographique des artistes, on s’attendait, du côté de la réception, au silence habituel ou à un éreintement des œuvres. Or celles-ci −dans la mesure où elles traitent de la découverte de l’attirance sexuelle, de l’amour et de la quête de soi– ont été déclarées universelles. S’inspirant de l’œuvre de Maroh, un réalisateur tournera un film (&lt;em&gt;La vie d’Adèle&lt;/em&gt;) qui gagne la Palme d’or en 2013. Celle de Bechdel décroche le titre de &lt;em&gt;New York Times Bestseller&lt;/em&gt;. Enfin, celle récemment parue d’Obom fait l’objet d’une réception plus qu’élogieuse, si bien que la bédéiste réalise à l’heure actuelle un film d’animation à partir de sections de son album. Ainsi, dans les trois cas, la reconnaissance est au rendez-vous. Comment expliquer cette réussite? Est-ce l’engouement actuel pour les récits de vie et les histoires illustrées, combiné au talent indéniable des artistes? Ou est-ce le monde qui est en train de changer? Commençons par voir comment ces œuvres sont présentées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;Le bleu est une couleur chaude&lt;/em&gt;, Maroh raconte le basculement de la vie de Clémentine «le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux teints en bleu, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir et lui permettra d’affronter le regard des autres» (4e de couverture). Dans &lt;em&gt;Are You My Mother?&lt;/em&gt;, Bechdel, à travers «une quête pour comprendre sa relation complexe avec sa mère, […] une femme dont les aspirations artistiques ont baigné [son] enfance&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref17_lgpjcye&quot; title=&quot;Il s’agit de ma traduction.&quot; href=&quot;#footnote17_lgpjcye&quot;&gt;17&lt;/a&gt;» (4e de couverture), «sonde les origines de son homosexualité et […] la difficulté de se bâtir une vie amoureuse harmonieuse&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref18_a5axioo&quot; title=&quot;http://www.20minutes.fr/livres/1253791-20131123-c-maman-drame-comique-al... consulté le 14 mai 2014.&quot; href=&quot;#footnote18_a5axioo&quot;&gt;18&lt;/a&gt;». Enfin, dans &lt;em&gt;J’aime les filles&lt;/em&gt;, Obom «met en image dix courts récits de premiers émois vécus par des filles qui aiment les filles, chacune d’elles représentée par un animal différent […]» (4e de couverture de la version anglaise de l’œuvre&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref19_4nemh16&quot; title=&quot;Je traduis. On Loving Women (Drawn &amp;amp; Quarterly, 2014) est signé Diane Obomsawin (pluôt qu’Obom) et est traduit par Helge Dasher. Le dessin qui apparaît sur sa première de couverture est beaucoup plus pudique que celui qui apparaît sur celle de la version originale. Par ailleurs, la quatrième de couverture originale ne comporte qu’un dessin, alors que celle de la traduction rassemble, outre un dessin différent, une citation d’un commentaire élogieux et un résumé.&quot; href=&quot;#footnote19_4nemh16&quot;&gt;19&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces résumés éclairent la teneur des titres. Celui, déclaratif, de Maroh, &lt;em&gt;Le bleu est une couleur chaude&lt;/em&gt;, en renversant la perception admise sur la «température» de cette couleur dite «froide», illustre le bouleversement que produit un amour lesbien sur la vision hétérosociale du monde qui nous est inculquée. L’association du bleu, couleur de l’infini et donc de la liberté, à Emma, artiste et militante au sein du mouvement LGBT, est d’autant plus éloquente qu’elle bouscule les codes sociaux contemporains qui réservent cette couleur, comme on le sait, aux garçons. Sa chevelure bleue marquerait en ce sens son désir de vivre dans une société plus ouverte et inclusive. Il faut sans doute rappeler que cette œuvre paraît dans une France qui s’affiche intolérante vis-à-vis de l’homosexualité et des questions liées au genre. Cette intolérance est toutefois contestée de l’intérieur par un ensemble d’organismes progressifs. Comme Emma, sa créatrice Maroh, née en 1985, s’oppose activement au conservatisme de son pays. Il n’en va toutefois pas de même pour le personnage de la jeune Clémentine, qui n’arrivera à vivre son lesbianisme que dans le secret et l’invisibilité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le titre interrogatif de Bechdel &lt;em&gt;Are You My Mother?&lt;/em&gt; est quant à lui, emprunté à un conte pour enfants de P. D. Eastman. Dans ce conte, un oisillon, éclos pendant que sa mère est en quête de nourriture pour lui, part à sa recherche. Comme il ne sait pas à quoi elle ressemble, il demande successivement à un chien, un chat, un avion et une pelleteuse mécanique s’ils sont sa mère. Cette référence à une œuvre qui paraît en 1960, soit l’année de la naissance de Bechdel, est aussi un indicateur historique sur le plan des droits des minorités, quasi inexistants à l’époque. Dans cette Amérique-là, les femmes sont encore soumises à l’autorité légale de leur mari et les homosexuels passent pour de dangereux déviants. Ce contexte répressif contribue à expliquer l’attitude distante de la mère de Bechdel vis-à-vis de sa fille. D’une part, cette épouse traditionnelle et croyante était aux prises avec un époux colérique et contrôlant, dont les aventures homosexuelles clandestines pesaient comme une épée de Damoclès sur la famille. D’autre part, elle était douée pour la musique et l’art dramatique, et souffrait de ne pas pouvoir se réaliser sur le plan artistique. Elle encouragera d’ailleurs sa fille à le faire, allant même jusqu’à lui conseiller de ne pas avoir d’enfants pour y arriver&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref20_fxiahcw&quot; title=&quot;«J’ai reçu ce message de ma mère: n’aie pas d’enfant (rires). Elle ne l’a jamais dit mot pour mot. Mais je le savais. J’ai toujours eu le sentiment qu’avoir des enfants l’a empêchée de mener sa vie, de s’émanciper. C’était donc à moi de faire les choses qu’elle n’a jamais pu faire.» http://www.lesinrocks.com/2014/02/21/actualite/societe/alison-bechdel-no... consulté le 14 mai 2014.&quot; href=&quot;#footnote20_fxiahcw&quot;&gt;20&lt;/a&gt;. Bechdel fera plus, elle deviendra, au grand dam de sa mère, non seulement féministe militant en faveur de l’avortement, mais également lesbienne!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le titre de l’œuvre graphique d’Obom provient lui aussi d’un emprunt. «J’aime les filles» est l’intitulé d’une chanson de Jacques Lanzman. Il est aussi son refrain répété vingt-quatre fois en trois minutes vingt-cinq secondes. Il s’agit en fait d’une anaphore, la figure de style par excellence de l’obsession, mais aussi du plaidoyer, de la détermination, en l’occurrence à dire son «amour» des filles. Interprétée par un Jacques Dutronc charmeur, cette chanson eut un succès retentissant lors de sa sortie en 1967. Obom a alors neuf ans, l’âge des premières fascinations qui se portent, dans son cas, sur les chevaux, Superwoman et les filles, une formule explosive que la chanson de Lanzman cristallise dans un tout autre sens que celui de l’époque.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans son œuvre, créée 46 ans plus tard, Obom opère le détournement du cadre hétérosexuel et sexiste de la chanson, qui donne la parole à un homme collectionneur de jeunes femmes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref21_uop8w7g&quot; title=&quot;Dans la version du 16 novembre 1967 (Archives INA) que l’on trouve en ligne à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=E0xRuumAY6Y, Dutronc est entouré de six jolies jeunes femmes, trois postées derrière un cadre vertical vide et trois assises par terre à même le plancher. Il se promène de l’une à l’autre tandis qu’elles restent immobiles et silencieuses. Au moment où il s’assied dans un fauteuil confortable, une septième jeune femme vient lui apporter un téléphone afin qu’il puisse répondre aux «filles» qui l’appellent sans qu’on entende jamais leur voix. Consulté le 16 septembre 2014.&quot; href=&quot;#footnote21_uop8w7g&quot;&gt;21&lt;/a&gt;. Elle raconte ainsi la découverte que font dix lesbiennes, dont elle-même, de leur attirance pour une fille. De la sorte, elle remplace l’univers du fantasme sexuel don-juanesque, ou du récit de vie d’un séducteur, suggérés par la chanson de Lanzman et la performance qu’en donne Dutronc, par un moment clé de la vie de lesbiennes. La promenade du chanteur entre des filles sages comme des images et interchangeables, s’est transformée en une suite de rencontres originales entre individus dotés d’une parole propre (parfois en langue des signes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref22_ytkznlm&quot; title=&quot;Dans l’«autobédégraphie» intitulée C’est tombé dans l’oreille d’une sourde (Canadian Disability Activism Beyond the Charter: Location Artistic and Cultural Interventions, sous la direction de M. Orsini et C. Kelly, UBC Press, 2014), Véro Leduc met bien en relief l’importance du point de vue: Qui «parle» et pour qui ?&quot; href=&quot;#footnote22_ytkznlm&quot;&gt;22&lt;/a&gt;) et d’une agentivité que l’ordre lesbicidaire n’arrête pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;J’aime les filles&lt;/em&gt; est la plus ludique et la plus dépouillée des trois œuvres du corpus. Plutôt que d’aborder la dimension psychologique des personnages, l’artiste s’appuie sur des topos évocateurs pour les lesbiennes, comme la combativité des Amazones ou la liberté des chevaux sauvages. Obom recourt par ailleurs à la forme animale pour représenter l’ensemble de ses personnages, lesbiens et non lesbiens. De la sorte, elle nous rappelle que nous appartenons tous à la même espèce. Avec une grande économie de mots et de traits, Obom ravive dans notre mémoire la première fois où un émoi, faisant s’emballer notre cœur, nous a saisis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Représentations du lesbicide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les affronts que subissent les lesbiennes ne constituent pas le sujet principal des trois œuvres, mais ils sont loin d’en être absents. C’est dans l’album de Maroh qu’ils occupent le plus de place et pèsent le plus lourdement sur le récit. Cela n’est guère étonnant à la lumière des débats qui sévissent en France depuis quelques années. Alors que la représentation directe d’offenses fait l’objet d’à peine six pages sur les 290 pages de l’œuvre de l’Américaine Bechdel et de trois des 81 pages de celui de la Canadienne francophone Obom, elle s’étale sur 32 des 151 pages que comporte &lt;em&gt;Le Bleu est une couleur chaude&lt;/em&gt;. Cette proportion équivaut à 21 % de l’œuvre contre plus ou moins trois pour cent pour les deux autres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le personnage le plus touché par les manifestations de haine vis-à-vis du lesbianisme est d’ailleurs la jeune narratrice de cette histoire. Clémentine a 15 ans au moment où elle voit Emma pour la première fois. Celle-ci marchait bras dessus bras dessus avec son amante dans la rue. La vision de cette fille aux cheveux bleus déclenche une forte attirance chez elle, attirance qui lui fait «horreur» (19), comme elle l’écrit dans son journal. Elle a intégré la perception fortement négative de l’homosexualité que véhicule son entourage. Après une année de refoulement de son sentiment, elle osera aborder cette inconnue plus âgée qu’elle, geste qui lui vaudra d’être ostracisée par ses amis. Éberluée, Clémentine confronte une copine en lui demandant pourquoi elle l’ignore soudainement. Le visage tordu par le dégoût, celle-ci rétorque: «Ça me donne envie de gerber rien que de penser que t’étais ma copine et que je t’ai invitée à dormir chez moi» (63). Seul un garçon de son groupe d’amis, qui, on l’apprendra par la suite, est dans le placard, lui restera fidèle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après cet épisode, Clémentine vivra du déni, des tiraillements, ainsi que des rencontres secrètes avec Emma: «Maintenant… Nous sommes très proches. […] J’attends… retenant mon souffle […]. Puis l’instant d’après, la honte me gagne, je me hais» (83). L’année de ses 17 ans, ses parents découvrent sa relation avec Emma et la flanquent à la porte: «mon père défiguré par la colère m’a déclaré si tu pars avec elle, tu n’es plus ma fille» (132). Elles emménagent ensemble et vivent un grand amour. Mais les rejets que Clémentine a subis l’ont profondément affectée et son désir de garder leur relation secrète crée des tensions entre elles. Clémentine développe une dépendance aux médicaments. Leur impact sur sa santé fragile sera dévastateur. Durant sa trentième année, elle tombe très malade et Emma doit l’emmener d’urgence à l’hôpital. Elle se heurte à un médecin qui refusera catégoriquement de la renseigner sur l’état de Clémentine: «Je ne peux parler qu’à un membre de sa famille» (146). Après le décès de celle-ci, son père, qu’Emma n’avait pas revu depuis qu’il avait mis sa fille à la porte, lui crachera sa haine sans daigner s’adresser directement à elle: «Je ne vois pas ce que cette dépravée qui l’a conduite à sa perte fait ici» (27). Pas question qu’il admette la part qu’il a joué dans la détresse de sa fille. Il gâche de plus l’ultime demande que cette dernière lui avait faite: accueillir Emma une seule nuit sous son toit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Outre les réactions de rejet et de haine que suscite le lesbianisme, Maroh montre leur effet sur sa narratrice, qui se dénigre, s’isole et se détruit. Du côté de &lt;em&gt;J’aime les filles&lt;/em&gt;, les manifestations d’animosité sont davantage circonscrites et compensées par la présence d’autres lesbiennes ou d’héroïnes (Superwoman), ainsi qu’un climat politique plus favorable (années 70 et 80). Ainsi, leurs conséquences sont beaucoup moins dramatiques que dans le récit de Maroh. La première occurrence de celles-ci survient dans l’«Histoire de Sasha». Lors d’une prise de photos en photomaton, Sasha ne peut se retenir de donner un baiser à sa meilleure amie. Celle-ci réagit en criant au viol: «Je suis restée bloquée pendant plusieurs années pour faire les premiers pas» (5/19&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref23_x23pf74&quot; title=&quot;La pagination n’est donnée que pour chaque histoire. Le premier chiffre renvoie à cette pagination tandis que le second donne la page de l’ensemble de l’œuvre à partir de la pagination de la première histoire.&quot; href=&quot;#footnote23_x23pf74&quot;&gt;23&lt;/a&gt;). Sasha ne s’empêchera toutefois pas d’être claire désormais sur son attirance pour les filles, ce qui lui vaudra d’être sollicitée par nombre de camarades désireuses «de vivre une expérience homosexuelle» (7/21), mais sans le préciser. Cette curiosité, qui peut donner à la personne sollicitée l’impression d’être populaire, l’instrumentalise, comme s’en rend vite compte Sasha: «il n’y avait pas d’amour» (7/21). La dernière occurrence d’un affront se produit dans le récit qui suit immédiatement celui-ci, récit qui a lieu dans la campagne québécoise. Elle est le fait d’une mère qui, découvrant la relation de sa fille avec une amie, décide de l’envoyer en Ontario pour les séparer. Comme la situation se reproduit dans ce lieu, la mère lui fait subir une humiliante visite chez un gynécologue, tient un conseil de famille culpabilisant et l’envoie chez sa grande sœur à Montréal, la privant ainsi de son cheval adoré.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans surprise, puisqu’elle a opté pour un roman graphique de près de 300 pages, les représentations les plus complexes du lesbicide se trouvent chez Bechdel. Elles impliquent la mère de la narratrice, une femme profondément religieuse que les aventures homosexuelles de son mari ont fortement éprouvée&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref24_mwyrj8s&quot; title=&quot;Dans le tome précédent des mémoires de Bechdel, qui traite de sa relation à son père décédé en 1980, on apprend que ce dernier s’est retrouvé devant la justice pour avoir courtisé un jeune homme mineur.&quot; href=&quot;#footnote24_mwyrj8s&quot;&gt;24&lt;/a&gt;. L’incapacité de la mère à accepter le lesbianisme revendiqué de sa fille ne l’empêche toutefois pas de la soutenir financièrement après ses études pour qu’elle puisse s’imposer dans son art.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bechdel relate la réaction de sa mère lorsqu’elle lui apprend qu’un éditeur est intéressé à publier une de ses bédés qui met en scène des lesbiennes: «Isn’t that a rather narrow scope / &lt;em&gt;N’est-ce pas d’une portée limitée&lt;/em&gt;» (181), lui répond-t-elle froidement, avant d’ajouter «You’re not going to use your real name, are you? &amp;nbsp;/ &lt;em&gt;Tu ne vas pas utiliser ton vrai nom, n’est-ce pas?&lt;/em&gt;» (182). Au moment où Bechdel lui annonce que le contrat pour le premier tome de sa série Dykes to Watch Out For est signé, sa mère revient à la charge en lui demandant de ne pas utiliser son vrai nom: «I don’t want the relatives talking about you. What attitude am I suppose to take? Defend you? Laugh it off? &amp;nbsp;/ &lt;em&gt;Je ne veux pas que la parenté se mette à parler de toi. Quelle attitude suis-je censée adopter ? Te défendre ? En rire ?&lt;/em&gt;» (228). Jouant sur les sentiments, elle ajoute: «Can’t you understand me &amp;nbsp;/ &lt;em&gt;Ne veux-tu pas me comprendre?&lt;/em&gt;» (229). En une autre occasion, Bechdel souffrant d’une rupture amoureuse, se réfugiera en vain chez sa mère, qui n’aura pas un mot de réconfort pour elle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’une des lignes de force qui se déploient dans cette œuvre complexe est la mise au jour par Bechdel de la nature des tensions qui existaient chez chacun de ses parents (l’homosexualité refoulée du père et les ambitions artistiques réprimées de la mère&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref25_q0ecou0&quot; title=&quot; « s’intéresse au rapport à la mère […][et] analyse avec minutie la difficulté pour une femme de se poser comme sujet », &quot; href=&quot;#footnote25_q0ecou0&quot;&gt;25&lt;/a&gt;&quot;&gt;http://evene.lefigaro.fr/livres/livre/alison-bechdel-lili-sztajn-corinne...&lt;/a&gt;), mais également entre eux. Ils ne s’entendaient pas et n’étaient pas heureux d’être parents. Avant cette découverte, Bechdel était convaincue que ses difficultés relationnelles étaient liées à son «homosexualité» (156), plutôt qu’à l’impact sur ses parents de la répression des homosexuels et des femmes et au fait qu’ils la relayaient à leur tour avec leurs enfants. Elle comprend que sa fidélité à ses élans, rendue possible par son féminisme et sa conscience politique, lui a donné un équilibre qu’elle n’aurait pas connu autrement: «If it weren’t for the unconventionality of my desires, my mind might never have been forced to reckon with my body &amp;nbsp;/ &amp;nbsp;&lt;em&gt;N’avait été du caractère non conventionnel de mes désirs, mon esprit n’aurait pas été forcé à se réconcilier avec mon corps&lt;/em&gt;» (156). Ce constat rejoint celui de Clémentine confiant à Emma, à la clôture du &lt;em&gt;Bleu est une couleur chaude&lt;/em&gt;: «mon amour, tu m’as sauvée d’un monde établi sur des préjugés et des morales absurdes pour m’aider à m’accomplir entièrement» (153).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si aucune des œuvres du corpus n’aborde de front la récupération morale et marchande du lesbianisme dans les médias de masse, leurs propres représentations des lesbiennes s’en distancient grandement. D’une part, elles ne les montrent pas en fonction des genres. D’autre part, les portraits qu’elles dressent d’elles incluent leur situation en regard de la présence ou de l’absence d’autres lesbiennes et de leur participation ou pas à une communauté ou un mouvement militant (féministe, homosexuel, allosexuel).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le recul salutaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les œuvres de Bechdel, Maroh et Obom représentent des personnages de lesbiennes aux prises avec une variété d’affronts lesbicidaires. Lorsque ces personnages dépassent le stade de la découverte des premiers désirs, l’accessibilité à des modèles ou à un entourage aimant devient un précieux atout pour traverser ces épreuves. Ce qui distingue le parcours d’Emma de celui de Clémentine, c’est le fait que la première a pu bénéficier, en plus du soutien de son amante, de celui de sa mère et d’amis politisés: «Elle [ma mère] voulait simplement que je sois heureuse et que je m’accepte en tant que personne […], elle [Sabine, sa première amante] m’a initiée à la culture gay et ses amis sont devenus les miens» (76-77).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Emma en vient à s’engager dans la lutte contre les préjugés menée par les groupes LGBT. Il en va de même pour le personnage d’October dans &lt;em&gt;J’aime les filles&lt;/em&gt;: «À l’âge de 15 ans je suis allée à la ‘Gay Liberation Front Meeting’» (5/57). Le militantisme favorise les échanges de points de vue et donc le développement d’analyses plus fines des mécanismes de domination. Bechdel montre bien ce processus dans l’ensemble de son œuvre, de&lt;em&gt; Dykes to Watch Out For &lt;/em&gt;(1982) à &lt;em&gt;Are You My Mother&lt;/em&gt; (2013), en abordant diverses formes de discrimination, dont le classisme, le racisme, le capacitisme et la transphobie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien que les auteurs n’aillent pas jusqu’à illustrer la construction du réel, la représentation de résistances aux tentatives de répression des désirs et des sentiments constitue un apport important du corpus. De manière prévisible, c’est dans l’œuvre de la bédéiste la plus jeune que l’illustration des pressions à l’hétérosocialité ressort le plus clairement. Après une série d’ostracismes, Clémentine, bien que toujours très amoureuse d’Emma, se met à fréquenter, tout juste avant ses trente ans, un collègue en cachette. En se conformant de la sorte aux attentes sociales, elle tente d’alléger la souffrance que lui a causée les multiples rejets qu’elle a subis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Malgré les gains des luttes féministes, les jeunes femmes en âge de procréer demeurent la cible de fortes pressions de la part de leur entourage et des médias pour enfanter. Après la deuxième vague du Mouvement de libération des femmes (MLF), qui dénonçait la réduction des femmes à leur sexe, on a vu apparaître, dans les sociétés occidentales, un discours racoleur qui incitait les jeunes femmes à voir leur corps comme une fabuleuse source de pouvoir et la sexualité, comme le lieu par excellente de la réalisation de soi (le &lt;em&gt;Girl Power&lt;/em&gt;). Elles étaient invitées à devenir toujours plus féminines et sexy (avec les coûts en temps et en argent que cette démarche comporte), mais aussi plus audacieuses et aventurières, et donc plus à risque de vivre des expériences hétérosexuelles et à tomber enceintes. Clémentine, la figure la plus maltraitée par son entourage immédiat, est aussi la seule à s’imaginer mère d’un enfant, mais avec Emma comme partenaire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien qu’originales sur le plan du thème et de la structure&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref26_arfzbqo&quot; title=&quot;Je n’ai pas la place pour traiter de cet aspect dans cet article.&quot; href=&quot;#footnote26_arfzbqo&quot;&gt;26&lt;/a&gt;, sur celui du contenu, les histoires de Bechdel, Maroh et Obom s’inscrivent dans le registre du récit. Ce réalisme inclut la représentation de la sexualité des amantes. Cette dernière apparaît explicitement dès la page couverture de l’œuvre d’Obom, qui présente deux amantes nues&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref27_p43cuts&quot; title=&quot;Pour la traduction anglaise, publiée chez Drawn &amp;amp; Quarterly (2014), Diane Obomsawin a dû habiller ces amantes (animalisées comme tous les personnages représentés dans J’aime les filles) et éliminer les gestes qui indiquaient leur proximité sexuelle.&quot; href=&quot;#footnote27_p43cuts&quot;&gt;27&lt;/a&gt; en train de faire l’amour; dès la page 18, dans celle de Maroh, qui illustre un contact sexuel fantasmé; et, de manière plus discrète, aux pages 184 et 188 (sur 289 pages) dans celle de Bechdel&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref28_1pldcau&quot; title=&quot;Les illustrations étaient plus explicites dans l’œuvre précédente, qui racontait l’histoire de son père homosexuel décédé. Celle-ci relate l’histoire de sa mère, une femme croyante qui était toujours vivante au moment de sa parution : elle lui est dédicacée.&quot; href=&quot;#footnote28_1pldcau&quot;&gt;28&lt;/a&gt;. S’agit-il de montrer une fois pour toutes ce que nombre d’hétérosexuels et d’homosexuels masculins peinent à imaginer, soit une sexualité sans homme, pas même sous la forme d’un godemichet? Ou la représentation de la sexualité, rapportant beaucoup plus que la mise en forme de visions du monde, est-elle devenue un critère éditorial privilégié? Bien sûr, l’un n’exclut pas l’autre, comme en attestent les œuvres du corpus.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous la peau des images&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après avoir mis en scène des amantes joyeusement rebelles et insaisissables en s’appropriant la chanson de geste (&lt;em&gt;Les Guérillères&lt;/em&gt;, 1969) et les mythes de métamorphose (&lt;em&gt;Le Corps lesbien&lt;/em&gt;, 1973), Monique Wittig, à l’avant-garde de la représentation des lesbiennes sur la scène francophone, s’est ensuite tournée vers des protagonistes plus satiriques et politiques en s’inspirant d’œuvres classiques comme le &lt;em&gt;Don Quichotte &lt;/em&gt;de Cervantès (&lt;em&gt;Voyage sans fin&lt;/em&gt;, 1985) et la &lt;em&gt;Divine Comédie&lt;/em&gt; de Dante (&lt;em&gt;Virgile, non&lt;/em&gt;, 1985). Mais l’époque des utopies, entourant l’émergence du MLF, et celle des dystopies qui l’a suivie, sont révolues.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans les œuvres analysées ci-haut, les artistes optent pour une approche plus conforme à la culture mondialisée de l’image. En tant qu’espace de monstration du soi, celle-ci se prête parfaitement à leur projet autobiographique et favorise une identification plus étroite du lectorat. En choisissant l’alliage texte-image propre au genre de la bande dessinée, elles peuvent éviter non seulement le sens de leur œuvre, mais contrôler également la récupération qui sévit à l’endroit des lesbiennes dans la culture populaire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De fait, le réalisme en œuvre dans leurs bandes dessinées travaille à défaire l’instrumentalisation et la marginalisation des lesbiennes en recentrant la narration sur leurs préoccupations existentielles, leurs ressources et leurs perspectives sur le monde. Les textes-images de Bechdel, Maroh et Obom offrent l’avantage d’être non seulement plus attrayants qu’un texte seul, mais également plus démocratiques dans un monde où les cultures se côtoient et entrent en dialogue plus facilement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Zanele Muholi a choisi la photographie, ce «médium sans artifices, compréhensible et accessible à tous, sans distinction de classe, de couleur ou de sexe»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref29_l8d38i5&quot; title=&quot;http://www.barbieturix.com/2013/10/29/zanele-muholi-du-queer-en-afrique/ consulté le 12 mai 2014.&quot; href=&quot;#footnote29_l8d38i5&quot;&gt;29&lt;/a&gt;, pour donner à voir des lesbiennes africaines noires (le lesbianisme étant perçu dans certaines cultures de ce continent comme un «fléau» exclusivement occidental). Ses portraits, qu’elle montre à travers le monde, sont au cœur du combat que la photographe mène contre l’élimination actuelle et historique des lesbiennes noires, en particulier en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En recourant au dessin, Bechdel, Maroh et Obom se donnent, parallèlement à Muholi, la possibilité de rejoindre un maximum d’êtres humains, incluant les lesbiennes isolées ou contraintes à la clandestinité pour survivre. Ces artistes ne se laissent pas démonter par les armes insidieuses et terriblement séduisantes que sont les images 4K, les surfaces ultra HD ou les écrans Rétina, car sous la peau de leurs doigts respirent des êtres non financièrement modifiés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ABOUDRAR, Bruno Nassim. 2014.&lt;em&gt; Comment le voile est devenu musulman&lt;/em&gt;, Paris: Flammarion.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ARC, Stéphanie. 2006, Les l&lt;em&gt;esbiennes&lt;/em&gt;, Paris: Le Cavalier Bleu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ARC, Stéphanie et Natacha CHETCUTI. 2015. «À l’école de la diversité… Le traitement de l’homosexualité féminine dans une série populaire, l’exemple de “Plus Belle la vie“» &lt;em&gt;Miroir/Miroir&lt;/em&gt;, no 4, p. 35-56.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ATTANÉ, Isabelle, Carole BRUGEILLES ET Wilfried RAULT. 2015. &lt;em&gt;Atlas mondial des femmes. Les paradoxes de l’émancipation&lt;/em&gt;. Paris: Autrement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BARBIETURIX. 23 avril 2014. «Schweppes, les médias et le mythe de la lesbienne idéale». En ligne:&lt;br&gt;&lt;a href=&quot;http://www.barbieturix.com/2014/04/23/schweppes-les-medias-et-le-mythe-de-la-lesbienne-ideale/&quot;&gt;http://www.barbieturix.com/2014/04/23/schweppes-les-medias-et-le-mythe-d...&lt;/a&gt;. Consulté le 24 juin 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BECHDEL, Allison. 2013a. &lt;em&gt;Are You My Mother?&lt;/em&gt;, Boston et New York: Mariner Books.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 2013b. &lt;em&gt;C’est toi ma maman?&lt;/em&gt; trad. de l’anglais par Lili Sztajn et Corinne Julve, Paris: Denoël Graphic.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BELLAFANTE, Gina. 2003. «What Celebrity Looks Like: The Annie Leibovitz Aesthetic», &lt;em&gt;The New York Times&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.nytimes.com/2003/10/26/books/art-what-celebrity-looks-like-the-annie-leibovitz-aesthetic.html&quot;&gt;http://www.nytimes.com/2003/10/26/books/art-what-celebrity-looks-like-th...&lt;/a&gt;. Page consultée le 15 avril 2015.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CHAREST, Danielle. 1994. «Madonna ou les boucles», dans &lt;em&gt;Madonna. Érotisme et pouvoir&lt;/em&gt;, sous la dir. de Michel DION, Paris: Kimé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CIASULLO, Ann M. 2012. «Making Her (In)Visible. Cultural Representations of Lesbianism and the Lesbian Body in the 1990s», &lt;em&gt;The Gender and Media Reader&lt;/em&gt;, sous la dir. de M. C. KEARNEY, New York et Londres: Routledge, p. 329-343.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DAVIDSON, Guy. 2011. «The Closet of the Third Person’: Susan Sontag, Sexual Dissidence, and Celebrity», &lt;em&gt;Life Writing&lt;/em&gt;, vol. 8, no 4, p. 387-397.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DÉTREZ, Christine et Anne SIMON. 2006. &lt;em&gt;À leur corps défendant: les femmes à l’épreuve du nouvel ordre moral&lt;/em&gt;, Paris: Seuil, 2006.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DION, Michel et Mariette JULIEN. 2010. &lt;em&gt;Éthique de la mode féminine&lt;/em&gt;, Paris: Puf.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DISYLVIO, Lorenzo. 2011. «Correcting Corrective Rape: Carmichele and Developing South Africa’s Affirmative Obligations To Prevent Violence Against Women», &lt;em&gt;Georgetown Law Journal &lt;/em&gt;99: 1469–515.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DUFOUR, Dany-Robert. 2011. &lt;em&gt;L’individu qui vient… après le libéralisme&lt;/em&gt;, Paris: Denoël.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FORTIER, Muriel. 1998. «Les lesbian pulps: un instrument de conscientisation», dans &lt;em&gt;Sortir de l’ombre. Histoires des communautés lesbienne et gaie de Montréal&lt;/em&gt;, sous la dir. de I. DEMCZUK et F. W. REMIGGI, Montréal: VLB éditeur, p. 27-52.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GORI, Roland. 2013. &lt;em&gt;La fabrique des imposteurs&lt;/em&gt;, Paris: Liens qui libèrent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GUILLAUMIN, Colette. 1992. &lt;em&gt;Sexe, race et pratique du Pouvoir. L’idée de Nature&lt;/em&gt;. Paris: Côté-femmes, coll. «Recherches».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HOOKS, bell. 1981. «Sexism and the Black Female Slave Experience», dans &lt;em&gt;Ain’t I a Woman: Black Women and Feminism&lt;/em&gt;, Boston: South End Press, p. 15-49.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KENNEDY, Roseanne E. 1994. «The Gorgeous Lesbian in LA Law: The Present Absence?», dans &lt;em&gt;The Good, the Bad, and the Gorgeous: Popular Culture’s Romance with the Lesbian&lt;/em&gt;, sous la dir. de D. HAMER et D. BUDGE, London: Pandora, p. 132-141.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LE BRETON, David. 2010. «D’une tyrannie de l’apparence : corps de femmes sous contrôle», dans &lt;em&gt;Éthique de la mode féminine&lt;/em&gt;, sous la dir. de Michel DION et Mariette JULIEN, Paris: PUF, p. 3-26.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LEMOINE, Stéphanie et Samira Ouardi. 2010. &lt;em&gt;Artivisme: art militant et activisme artistique depuis les années 60&lt;/em&gt;, Paris: Alternatives.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MAROH, Julie. 2010. &lt;em&gt;Le bleu est une couleur chaude&lt;/em&gt;, Grenoble: Glénat.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;OBOM (Diane Obomsawin). 2014. &lt;em&gt;J’aime les filles&lt;/em&gt;, Montréal: L’oie de Cravan.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;OCÉANEROSEMARIE et Sandrine REVEL. 2013. &lt;em&gt;La Lesbienne invisible&lt;/em&gt;, Paris: Delcourt.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FEDERICI, Silvia. 2014. Caliban et la sorcière. &lt;em&gt;Femmes, corps et accumulation primitive&lt;/em&gt;, trad. de l’italien par le collectif Senonovero et J. Guazzini, Genève: Entremonde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SEAGER, Joni. 2009. &lt;em&gt;The Penguin Atlas of Women in the World&lt;/em&gt; (4e édition), Brighton: Penguin Books.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;TURCOTTE, Louise. 1996. «Queer Theory: Transgression and/or Regression?» &lt;em&gt;Canadian Woman Studies&lt;/em&gt;, Spring, Vol. 16, no 2, p. 118-121.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WITTIG, Monique. 2001. «Paradigme», dans &lt;em&gt;La Pensée straight&lt;/em&gt;, Paris: Balland.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 1992. &lt;em&gt;The Straight Mind and Other Essays&lt;/em&gt;, Boston: Beacon Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 1980. «On ne naît pas femme», &lt;em&gt;Questions féministes&lt;/em&gt;, no 8, p. 75-84.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WOLF, Naomi. 1991. &lt;em&gt;The Beauty Myth: How Images of Beauty Are Used Against Women&lt;/em&gt;, New York: William Morrow and Compagnie, NYC.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_j3xwo6k&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_j3xwo6k&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Voir l’analyse que propose Ciasullo (2012 : 337) de Jane (Whoopi Golberg) dans &lt;em&gt;Boys on the Side&lt;/em&gt; (1994) et de Geo (Queen Latifah) dans &lt;em&gt;Set It Off&lt;/em&gt; (1996).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_eh6n8wc&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_eh6n8wc&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Britney Spears et Madonna aux MTV Video Music Awards de 2003, Shakira et Rihanna dans &lt;em&gt;Can’t Remember to Forget You&lt;/em&gt; (2014), Penélope Cruz pour la compagnie Schweppes en 2014. Ces exemples sont tirés de l’article «Schweppes, les médias et le mythe de la lesbienne idéale» de la revue Barbieturix. Un autre exemple notoire est le clip &lt;em&gt;Téléphone &lt;/em&gt;de Lady Gaga et Beyoncé (2009).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_x01tx9h&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_x01tx9h&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Pour une synthèse de la situation actuelle des femmes, voir Attané et &lt;em&gt;al&lt;/em&gt;.(2015).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_971f6an&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_971f6an&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; La langue française témoigne de cette position intermédiaire (entre matière et humain) réservée aux femmes. Combien de substantifs signifient à la fois une chose et un métier: cuisinière, jardinière, coiffeuse, etc.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_fxjpp8b&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_fxjpp8b&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.adequations.org/spip.php?rubrique1&quot;&gt;http://www.adequations.org/spip.php?rubrique1&lt;/a&gt;, consulté le 1e septembre 2014.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_53l90hm&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_53l90hm&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.adequations.org/spip.php?article963&quot;&gt;http://www.adequations.org/spip.php?article963&lt;/a&gt;, consulté le 1e septembre 2014.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_84ot4ed&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_84ot4ed&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; «Corrective rape is on the rise in South Africa. More than 10 lesbians are raped or gang-raped weekly, as estimated by Luleki Sizwe, a South African nonprofit. It is estimated that at least 500 lesbians become victims of corrective rape every year and that 86% of black lesbians in the Western Cape live in fear of being sexually assaulted, as reported by the Triangle Project in 2008» (Di Silvio, 2011).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_qdkoabu&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_qdkoabu&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.visibleproject.org/blog/award/award-2013/inkanyiso-zanele-muholi/&quot;&gt;http://www.visibleproject.org/blog/award/award-2013/inkanyiso-zanele-muh...&lt;/a&gt;. &lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_7b9czir&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_7b9czir&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://inkanyiso.org/&quot;&gt;http://inkanyiso.org/&lt;/a&gt;, consulté le 8 septembre 2014.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_eft9978&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_eft9978&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://gaite-lyrique.net/photographies/diaporama-de-zanele-muholi-photographe-realisatrice-et-activiste&quot;&gt;http://gaite-lyrique.net/photographies/diaporama-de-zanele-muholi-photog...&lt;/a&gt;, consulté le 9 mai 2014.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_9dj68yp&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_9dj68yp&quot;&gt;11.&lt;/a&gt;  &lt;a href=&quot;http://www.barbieturix.com/2013/10/29/zanele-muholi-du-queer-en-afrique/&quot;&gt;http://www.barbieturix.com/2013/10/29/zanele-muholi-du-queer-en-afrique/&lt;/a&gt; consulté le 12 mai 2014.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote12_24sh85x&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref12_24sh85x&quot;&gt;12.&lt;/a&gt; Stéphanie Lemoine et Samira Ouardi donnent cette définition: «L’artivisme est l’art d’artistes militants […]. Art engagé et engageant, il cherche à mobiliser le spectateur, à le sortir de son inertie supposée, à lui faire prendre position», dans &lt;em&gt;Artivisme: art militant et activisme artistique depuis les années 60&lt;/em&gt; (4e de couverture, 2010).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote13_97h59f7&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref13_97h59f7&quot;&gt;13.&lt;/a&gt; Co-scénarisé avec Murielle Magellan, illustrations de Sandrine Revel (Delcourt, 2013).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote14_xon2u9z&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref14_xon2u9z&quot;&gt;14.&lt;/a&gt; Première bande dessinée à inspirer un film, &lt;em&gt;La vie d’Adèle: Chapitres 1 et 2&lt;/em&gt;, celui-ci reçoit la Palme d’Or en 2013.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote15_t5wr87n&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref15_t5wr87n&quot;&gt;15.&lt;/a&gt; Traduit par &lt;em&gt;C’est toi ma maman?&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Un drame comique&lt;/em&gt;, trad. de l’anglais par Lili Sztajn et Corinne Julve (Denoël, 2013).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote16_6t4wnm4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref16_6t4wnm4&quot;&gt;16.&lt;/a&gt; «La» lesbienne dont il est question dans cet album ne bouscule pas les codes de la féminité.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote17_lgpjcye&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref17_lgpjcye&quot;&gt;17.&lt;/a&gt; Il s’agit de ma traduction.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote18_a5axioo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref18_a5axioo&quot;&gt;18.&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.20minutes.fr/livres/1253791-20131123-c-maman-drame-comique-alison-bechdel-chez-denoel-graphic-paris-France&quot;&gt;http://www.20minutes.fr/livres/1253791-20131123-c-maman-drame-comique-al...&lt;/a&gt; consulté le 14 mai 2014.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote19_4nemh16&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref19_4nemh16&quot;&gt;19.&lt;/a&gt; Je traduis. &lt;em&gt;On Loving Women&lt;/em&gt; (Drawn &amp;amp; Quarterly, 2014) est signé Diane Obomsawin (pluôt qu’Obom) et est traduit par Helge Dasher. Le dessin qui apparaît sur sa première de couverture est beaucoup plus pudique que celui qui apparaît sur celle de la version originale. Par ailleurs, la quatrième de couverture originale ne comporte qu’un dessin, alors que celle de la traduction rassemble, outre un dessin différent, une citation d’un commentaire élogieux et un résumé.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote20_fxiahcw&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref20_fxiahcw&quot;&gt;20.&lt;/a&gt; «J’ai reçu ce message de ma mère: n’aie pas d’enfant (&lt;em&gt;rires&lt;/em&gt;). Elle ne l’a jamais dit mot pour mot. Mais je le savais. J’ai toujours eu le sentiment qu’avoir des enfants l’a empêchée de mener sa vie, de s’émanciper. C’était donc à moi de faire les choses qu’elle n’a jamais pu faire.» &lt;a href=&quot;http://www.lesinrocks.com/2014/02/21/actualite/societe/alison-bechdel-nos-parents-peuvent-nous-rabaisser-et-nous-reprimer-11475950/&quot;&gt;http://www.lesinrocks.com/2014/02/21/actualite/societe/alison-bechdel-no...&lt;/a&gt; consulté le 14 mai 2014.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote21_uop8w7g&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref21_uop8w7g&quot;&gt;21.&lt;/a&gt; Dans la version du 16 novembre 1967 (Archives INA) que l’on trouve en ligne à l’adresse suivante : &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=E0xRuumAY6Y&quot;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=E0xRuumAY6Y&lt;/a&gt;, Dutronc est entouré de six jolies jeunes femmes, trois postées derrière un cadre vertical vide et trois assises par terre à même le plancher. Il se promène de l’une à l’autre tandis qu’elles restent immobiles et silencieuses. Au moment où il s’assied dans un fauteuil confortable, une septième jeune femme vient lui apporter un téléphone afin qu’il puisse répondre aux «filles» qui l’appellent sans qu’on entende jamais leur voix. Consulté le 16 septembre 2014.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote22_ytkznlm&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref22_ytkznlm&quot;&gt;22.&lt;/a&gt; Dans l’«autobédégraphie» intitulée &lt;em&gt;C’est tombé dans l’oreille d’une sourde&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Canadian Disability Activism Beyond the Charter: Location Artistic and Cultural Interventions&lt;/em&gt;, sous la direction de M. Orsini et C. Kelly, UBC Press, 2014), Véro Leduc met bien en relief l’importance du point de vue: Qui «parle» et pour qui ?&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote23_x23pf74&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref23_x23pf74&quot;&gt;23.&lt;/a&gt; La pagination n’est donnée que pour chaque histoire. Le premier chiffre renvoie à cette pagination tandis que le second donne la page de l’ensemble de l’œuvre à partir de la pagination de la première histoire.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote24_mwyrj8s&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref24_mwyrj8s&quot;&gt;24.&lt;/a&gt; Dans le tome précédent des mémoires de Bechdel, qui traite de sa relation à son père décédé en 1980, on apprend que ce dernier s’est retrouvé devant la justice pour avoir courtisé un jeune homme mineur.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote25_q0ecou0&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref25_q0ecou0&quot;&gt;25.&lt;/a&gt;  « s’intéresse au rapport à la mère […][et] analyse avec minutie la difficulté pour une femme de se poser comme sujet », &lt;a href=&quot;http://evene.lefigaro.fr/livres/livre/alison-bechdel-lili-sztajn-corinne-julve-c-est-toi-ma-maman-2352658.php&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote26_arfzbqo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref26_arfzbqo&quot;&gt;26.&lt;/a&gt; Je n’ai pas la place pour traiter de cet aspect dans cet article.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote27_p43cuts&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref27_p43cuts&quot;&gt;27.&lt;/a&gt; Pour la traduction anglaise, publiée chez Drawn &amp;amp; Quarterly (2014), Diane Obomsawin a dû habiller ces amantes (animalisées comme tous les personnages représentés dans &lt;em&gt;J’aime les filles&lt;/em&gt;) et éliminer les gestes qui indiquaient leur proximité sexuelle.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote28_1pldcau&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref28_1pldcau&quot;&gt;28.&lt;/a&gt; Les illustrations étaient plus explicites dans l’œuvre précédente, qui racontait l’histoire de son père homosexuel décédé. Celle-ci relate l’histoire de sa mère, une femme croyante qui était toujours vivante au moment de sa parution : elle lui est dédicacée.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote29_l8d38i5&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref29_l8d38i5&quot;&gt;29.&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.barbieturix.com/2013/10/29/zanele-muholi-du-queer-en-afrique/&quot;&gt;http://www.barbieturix.com/2013/10/29/zanele-muholi-du-queer-en-afrique/&lt;/a&gt; consulté le 12 mai 2014.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imagining theoretical practices&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/en/taxonomy/term/53399&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Contemporary artistic questions&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Mais qu’advient-il des figures en marge de ce vieil ordre en habits neufs? Et plus particulièrement des lesbiennes politisées, sujets du présent texte? Quel traitement les médias, à la solde des empires financiers, leur réservent-ils? Et comment elles-mêmes représentent-elles, dans leurs œuvres, les affronts qu’elles vivent? Voilà les questions que j’aborde dans ce texte en m’appuyant sur les analyses de l’oppression de la classe des femmes élaborées par les théories du féminisme et du lesbianisme matérialistes.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=6321&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Bourque, Dominique&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2016. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/du-lesbicide-en-images-chez-maroch-bechdel-et-obom&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Du lesbicide en images chez Maroch, Bechdel et Obom&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/du-lesbicide-en-images-chez-maroch-bechdel-et-obom&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/du-lesbicide-en-images-chez-maroch-bechdel-et-obom&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Féminismes et luttes contre l&#039;homophobie: de l&#039;apprentissage à la subversion des codes&lt;/span&gt;. 2016. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Du+lesbicide+en+images+chez+Maroch%2C+Bechdel+et+Obom&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-47-5&amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Bourque&amp;amp;rft.aufirst=Dominique&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 29 Mar 2022 12:14:55 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>Quelle solidarité pour les femmes allosexuelles réfugiées au Canada?</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/articles/quelle-solidarite-pour-les-femmes-allosexuelles-refugiees-au-canada</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En 2015, sur les 193 États membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU), 73 pays criminalisent les actes homosexuels&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_legcdho&quot; title=&quot;Sur l’homophobie d’État, voir Itaborahy et Zhu (2013). Selon Borrillo (2000: 13), la notion d’homophobie renvoie tant au rejet de la personne homosexuelle qu’à celui de l’homosexualité.&quot; href=&quot;#footnote1_legcdho&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Il demeure difficile de préciser si ces lois visent aussi la sexualité entre les femmes. Plusieurs législations font abstraction du lesbianisme, négligent de le mentionner ou ne sanctionnent pas les femmes et les hommes gais également (Lennox et Waites, 2013). De plus, si la majorité des lois écrites ou coutumières limitent la criminalisation de l’homosexualité à des actes sexuels, d’autres étendent leur prohibition aux lieux de rencontre, incluant les bars, à la tenue d’événements culturels comme les manifestations de la fierté gaie, et aux familles homoparentales. De par leurs règles culturelles et sociales, et leurs législations, une majorité des pays du monde continue donc de nier l’égalité des droits, la sécurité et la dignité des personnes qui éprouvent du désir en dehors de l’hétéronormativité (Lévy et Ricard, 2013)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_5pdq0lr&quot; title=&quot;Les personnes allosexuelles vont à l’encontre de l’ordre des choses établi par les dieux, la loi, le sens commun ou la nature, et selon lequel les personnes cissexuelles, c’est-à-dire dont le genre assigné correspond à leur anatomie, éprouvent du désir hétérosexuel pour le sexe opposé (masculin ou féminin), mais complémentaire. Cet idéal de cohérence entre le genre, le sexe et le désir est régulé par une grammaire d’intelligibilité, l’hétéronormativité, aussi appelée «matrice hétérosexuelle» (Butler, 1993).&quot; href=&quot;#footnote2_5pdq0lr&quot;&gt;2&lt;/a&gt;, les exposant ainsi à une plus grande vulnérabilité de même qu’à un traitement déshumanisant. La dissimulation de l’orientation homosexuelle, d’une identité de genre non conforme à l’hétéronormativité ou, au contraire, la lutte active et la résistance contre celle-ci, font partie du bagage de survie émotive, physique, sociale et économique des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, intersexes et &lt;em&gt;queers&lt;/em&gt; (LGBTIQ). Néanmoins, pour plusieurs de ces personnes allosexuelles, la fuite du pays devient la seule issue afin de demeurer en vie.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR, 2012) appelle ces demandes d’asile fondées sur l’orientation sexuelle ou sur l’identité de genre, LGBTI.&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_amb0lw8&quot; title=&quot;Malgré la mise en garde de l’Organisation pour le Refuge, l’Asile et la Migration (ORAM, 2013, p. 1), qui avait souligné en quoi cette désignation s’appuie sur des construits occidentaux méconnus ou évités dans plusieurs régions du monde, l’acronyme LGBTI est de plus en plus utilisé par les institutions pour parler des personnes ayant une orientation sexuelle et/ou une identité de genre jugées non conformes. L’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association (ILGA) l’illustre. Le vocable queer est aussi généralement rejeté par ces institutions.&quot; href=&quot;#footnote3_amb0lw8&quot;&gt;3&lt;/a&gt; Les mots utilisés par les réfugiés-es pour s’identifier dans leur culture respective ne sont donc pas retenus, reconduisant ainsi l’idée qu’en dehors de la modernité occidentale, les minorités sexuelles demeurent opprimées, dans le placard, en attente de leur Stonewall. À l’ère de la globalisation, «gay» serait même devenu un terme générique (Leap et Boellstorff, 2004). Bien que privilégiant une position émique&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_j3pc2oo&quot; title=&quot;La méthode anthropologique établit une distinction entre le point de vue émique, qui est basé sur le système de pensée et les concepts de la personne ou du groupe interviewés ou observés, et celui du chercheur ou de la chercheure avec son point de vue éthique.&quot; href=&quot;#footnote4_j3pc2oo&quot;&gt;4&lt;/a&gt;, l’identification des migrantes et migrants de ma recherche demeure néanmoins un défi puisque leur propre vocabulaire subit une transition devant l’acquisition d’une nouvelle terminologie normative, nécessaire à leur reconnaissance légale, au Canada. Afin de nommer les personnes ayant une orientation sexuelle et/ou une identité de genre jugées non conformes, et provenant de diverses cultures, mon utilisation du terme «allosexuel», et de ses dérivés, relève dès lors d’un compromis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’invention québécoise, cette appellation masque les différences entre les hommes et les femmes, et entre les personnes cissexuelles et celles qui ne le sont pas. L’allosexualité, comme l’allosexualisation, invite toutefois au décentrement de l’identité gaie. Il serait aussi souhaitable que l’hétérosexualité ne soit plus pensée comme le référent duquel la différenciation&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_gh1sl8w&quot; title=&quot;«Allo-»: élément de composition tiré du grec et qui signifie «autre, différent» (Centre national de ressources textuelles et lexicales). Depuis les années 2000, les termes «allosexuel» et «altersexuel», et leurs équivalents au pluriel et au féminin, sont des tentatives de traduction en français du mot «queer», mais qui, contrairement à ce dernier, n’ont généralement pas les mêmes intentions de confrontation politique ni les mêmes connotations de marginalité (voir le Bureau de la traduction du gouvernement fédéral canadien et la note du traducteur de l’article de Walks, 2014, p. 20).&quot; href=&quot;#footnote5_gh1sl8w&quot;&gt;5&lt;/a&gt; se produit et que l’on pense d’emblée en termes de diversité sexuelle. Or, le terme «&lt;em&gt;queer&lt;/em&gt;» qui pourrait s’y employer, porte les mêmes limitations que la désignation-parapluie «allosexuel». S’il est utilisé, toutefois, de manière politique, ce qui ne se fait pas systématiquement, il enjoint à la déstabilisation de l’hétéronormativité et à la critique de la normalisation, et de l’essentialisation des identités sexuelles et de genre. De sorte qu’il m’arrive aussi de parler de personnes LGBTIQ pour rappeler l’existence des &lt;em&gt;queers&lt;/em&gt; et pour souligner l’importance de la vigilance devant le langage institutionnel, les politiques migratoires sélectives des étrangers et étrangères, et les règlementations sur les assemblages du vivre-ensemble. En outre, la critique est nécessaire face au processus judiciaire de l’asile, qui s’inspire des catégories onusiennes. Les réfugiées dont il sera ici question ne s’identifient pas, cependant, comme &lt;em&gt;queers&lt;/em&gt;, mais principalement comme lesbiennes ou bisexuelles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je commencerai par décrire le dispositif de la reconnaissance du statut de réfugié au Canada&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_peajud1&quot; title=&quot;Cet article s’appuie sur des données recueillies, dans le cadre de ma recherche en cours en anthropologie, sur les notions et les pratiques de justice mobilisées par le droit d’asile au Canada pour les personnes violentées en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre.&quot; href=&quot;#footnote6_peajud1&quot;&gt;6&lt;/a&gt;. Puis, je ferai brièvement état de ma démarche ethnographique dans les principales villes où habitent les migrants et migrantes LGBTIQ au pays. Quelques pistes seront alors proposées pour comprendre la faible participation des lesbiennes, femmes bisexuelles et trans dans certains groupes communautaires qui collaborent à ma recherche. Ce sera aussi l’occasion de présenter leurs caractéristiques générales. Dans un troisième temps, j’aborderai à grands traits, avec les risques que cela comporte, le vécu de violence des femmes que j’ai interviewées. Une approche intersectionnelle est indiquée pour appréhender leur processus de subjectivation, dans lequel s’entrecroisent les rapports sociaux de genre et de sexualité et leur statut migratoire. De plus, l’expérience de la racisation des participantes influence le développement de leurs liens de solidarité. Enfin, nous retiendrons que la célébration de l’autonomie et la valorisation de l’énergie sexuelle des femmes repoussent les frontières politiques, affectives, sexuelles et culturelles qui auraient voulu les garder dans une condition victimaire.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1. Le dispositif de reconnaissance du statut de réfugié&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon la &lt;em&gt;Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés&lt;/em&gt; (ci-après, la &lt;em&gt;Convention&lt;/em&gt;) et le &lt;em&gt;Protocole relatif au statut de réfugié de 1967&lt;/em&gt;, une personne réfugiée est une personne qui craint avec raison d’être persécutée «du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques», et qui «se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays» (HCR, 2007: 16). Depuis les années 1990, les demandes des minorités sexuelles, comme celles des femmes, sont interprétées, au Canada, comme pouvant provenir de personnes faisant partie d’un «certain groupe social» (HCR, 2007: 16), ciblé par des violences spécifiques. Le type de requête LGBTI (HCR, 2012) repose ainsi fondamentalement sur l’établissement de l’orientation sexuelle et/ou de l’identité de genre du demandeur ou de la demandeuse de refuge et sur leur crédibilité. Après avoir déposé une requête écrite, ces derniers passeront en audience, présidée par un ou une commissaire de la Section de la Protection des Réfugiés (SPR). Son rôle est de décider s’ils sont des réfugiés au sens de la &lt;em&gt;Convention&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les dépositions écrites et verbales, et l’ensemble de la preuve, devront donc démontrer principalement trois aspects, dans les délais prescrits par la SPR&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_toiu2ku&quot; title=&quot;Depuis décembre 2012, les documents appuyant la requête d’asile doivent être soumis dix jours avant l’audience. Celle-ci se déroulera 30 jours après le dépôt de la demande écrite de refuge, si la personne ne vient pas d’un pays d’origine désigné, ou 60 jours plus tard, si elle vient d’un pays d’origine désigné.&quot; href=&quot;#footnote7_toiu2ku&quot;&gt;7&lt;/a&gt;. Il s’agit de l’appartenance à un groupe social particulier, de l’absence de protection en tout temps et en tous lieux du pays dont le requérant ou la requérante détient la nationalité, de même que de sa victimisation liée à son orientation sexuelle ou à son identité de genre, ou de sa sérieuse éventualité advenant un retour dans le pays. La SPR est un tribunal administratif qui est, en principe, indépendant du gouvernement. Lors de son audience, qui se déroule à huis clos, la personne devrait se sentir à l’aise de raconter son histoire sans subir de contre-interrogatoire. Les demandeurs-euses d’asile peuvent être défendus-es par un-e avocat-e, bénéficier des services d’un-e interprète, et être accompagnés-es par des personnes de leur choix, du moment que le ou la membre de la SPR les accepte. Chaque audience est enregistrée. Depuis la réforme du système d’asile, en décembre 2012, les demandeurs-euses de refuge déboutés-es qui ne proviennent pas de pays d’origine désignés ont la possibilité de porter la décision en appel&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_d7snz9p&quot; title=&quot;Pour la liste, voir le site du Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration. L’analyse critique de cette liste problématique pour les minorités sexuelles dépasse le cadre du présent article.&quot; href=&quot;#footnote8_d7snz9p&quot;&gt;8&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;1.1 Les impacts de la mondialisation sur les décisions de la SPR&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour obtenir des informations sur le traitement des personnes allosexuelles dans différents pays, les commissaires et les avocats et avocates recourent aux publications gouvernementales, mais aussi à celles des organisations non gouvernementales qui interviennent sur le terrain. Or, la concentration des luttes militantes contre la décriminalisation de l’homosexualité, qui concerne davantage les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, marginalise le vécu des femmes lesbiennes et bisexuelles, qui sont pourtant particulièrement affectées par les lois privées ou par les coutumes qui touchent le mariage et la vie familiale (Amnesty International, 2008; Lennox et Waites, 2013; Sheill, 2009). Le National Centre for Lesbian Rights (2007: 9) soutient aussi que les lois contre la sodomie, la grossière indécence ou qui criminalisent uniquement la sexualité entre les hommes peuvent suggérer, de manière erronée, que la sexualité entre les femmes serait généralement mieux tolérée. Son occultation indique plutôt qu’une sexualité féminine en dehors de l’hétérosexualité demeure un impensé. Ainsi, tandis que les violences systémiques et directes contre les hommes gais sont assez bien documentées, celles contre les lesbiennes (Jensen et Spijkerboer, 2011), les personnes trans, bisexuelles ou intersexes le sont beaucoup moins. Cette absence de données accroît leur difficulté à cumuler des preuves pour étayer leur victimisation, et pour prouver que leur pays ne peut pas les protéger. Qui plus est, l’assimilation des lesbiennes aux hommes gais dans l’expression «gais et lesbiennes», et l’effacement de celles-ci sous les vocables «homosexualité», «homophobie» et «homosexuels», demeurent courants.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Conséquemment, malgré les formations qui sont données à la SPR depuis 1995 (LaViolette, 2013: 195), les stéréotypes sexuels, la méconnaissance des réalités vécues par les femmes dans différents pays, de même que l’ethnocentrisme, continuent d’influencer le processus d’évaluation des demandes d’asile (Lee et Brotman, 2011; Murray, 2011; Rehaag, 2008; Ricard, 2014a, 2014b; Quan, 2012). Les styles de vie et la culture de plusieurs demandeurs et demandeuses d’asile sont différents de ce que les membres de la SPR pensent connaître sur ce que signifie «être gai». Leurs représentations homonormatives&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_pn5xuug&quot; title=&quot;L’homonormativité se réfère à la pratique de normalisation des gais et lesbiennes, à travers leur inclusion à un mode de vie domestiqué et de consommation, ainsi qu’au fait de ne plus constituer une menace à l’hétérosexualité ni au néolibéralisme (Duggan, 2002: 179). Ce modèle occidentalocentrique s’est répandu avec la mondialisation du mouvement des droits humains LGBT. Couplée à des sentiments nationalistes, l’homonormativité devient homonationalisme (Puar, 2007) et projette les «autres» contrées et leurs habitants comme étant nuisibles à l’épanouissement des communautés gaies.&quot; href=&quot;#footnote9_pn5xuug&quot;&gt;9&lt;/a&gt; du mode de vie et de l’identité gais masquent aussi les écarts socioéconomiques entre les nationaux et les réfugiés, la condition psychosociale de ceux-ci, les différences de genre et celles entre les personnes cissexuelles et celles qui ne le sont pas. De plus, les notions mêmes d’identité sexuelle et\ou de genre et de communauté LGBT qui tirent leur sens historique de l’évolution des sociétés libérales post-industrielles du Nord global, n’existent pas ou n’ont pas les mêmes résonnances dans les pays d’où viennent la majorité des demandeurs-euses d’asile allosexuels&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_8s3my3w&quot; title=&quot;Entre avril 2009 et juin 2011, 120 femmes bisexuelles, gaies, trans et lesbiennes ont déposé une demande d’asile sur les 526 réclamations faites sur la base de la persécution liée à l’orientation sexuelle et/ou à l’identité de genre. Ces demandeurs d’asile venaient principalement du Mexique, puis des Caraïbes. Ces données ont été obtenues grâce à la Loi sur l’accès à l’information, en février 2012. Depuis, les activistes ont remarqué une baisse dramatique du nombre de ressortissantes et ressortissants mexicains. Le fait que le Mexique se retrouve sur la liste des pays «sécuritaires» pourrait l’expliquer. Par contre, les demandeurs-euses de refuge originaires des Caraïbes demeurent nombreux, et ceux et celles d’Afrique et d’Europe de l’Est, incluant la Russie, seraient en hausse.&quot; href=&quot;#footnote10_8s3my3w&quot;&gt;10&lt;/a&gt;. Dans la section suivante, je présenterai certains des organismes qui soutiennent ces migrants et migrantes, ainsi que les femmes réfugiées que j’ai interviewées dans le cadre de ma recherche.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2. Présentation des groupes et individus qui ont pris part à la recherche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2.1 Mise au point méthodologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon ethnographie sur trois sites, Montréal, Toronto et Vancouver, a débuté en 2010. Au moment des entretiens, les personnes rencontrées étaient: demandeurs-euses d’asile (47), réfugiés-es déboutés-es (5), réfugiés-es acceptés-es (4), anciens-nes commissaires de la SPR (4), activistes (14) et avocats-es (12). Se déroulant habituellement en anglais et de type semi-structuré, les entrevues avec les réfugiés-es ont duré en moyenne une heure trente, mais plusieurs ont évolué en récits de vie&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_i7m4kwn&quot; title=&quot;Des observations durant les audiences, la participation dans les associations de soutien pour migrants et migrantes allosexuels, l’accompagnement de ceux-ci durant le processus d’asile, incluant des visites en centre de détention, l’écriture de lettres de soutien et d’appel, les artefacts produits par des activistes et réfugiés-es, les journaux et d’autres types de littérature, ainsi que mes notes de terrain complètent la collecte de données. Sur les lettres de soutien comme objets ethnographiques, voir Ricard (2014a).&quot; href=&quot;#footnote11_i7m4kwn&quot;&gt;11&lt;/a&gt;. Tous les réfugiés-es interviewés-es ont déposé une demande d’asile en sol canadien et la majorité d’entre eux l’ont fait avant la réforme du régime asilaire. Il ne s’agit donc pas de bénéficiaires réinstallés au Canada grâce au &lt;em&gt;Programme de réfugiés pris en charge par le gouvernement&lt;/em&gt;. Trois regroupements communautaires, sur la douzaine que j’ai fréquentés, ont signé une entente de collaboration, soit &lt;em&gt;Action Gaie, lesbienne, bisexuelle, trans et queer avec les ImmigrantEs et réfugiéEs &lt;/em&gt;(AGIR), à Montréal, &lt;em&gt;Among Friends Refugee Peer Support &lt;/em&gt;(Among Friends), à Toronto, et &lt;em&gt;Rainbow Refugee Committee&lt;/em&gt; (Rainbow Refugee), à Vancouver. Ces organismes sont très différents de par la constitution de leurs membres, leur financement, histoire et philosophie politique et d’intervention. Je les ai choisis parce qu’ils sont ouverts à toutes les orientations sexuelles et identités de genre, et qu’ils ne sont pas constitués sur une base ethnique ou religieuse. En incluant ceux et celles que la SPR ne reconnaît pas ou qui sont en attente de statut, la majorité des 56 réfugiés-es interviewés-es avaient participé à l’un de ces groupes ou en étaient toujours membres.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2.2 Composition des groupes communautaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le tiers des membres d’&lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt;, qui n’accueille que des demandeurs-euses d’asile, sont des femmes lesbiennes et bisexuelles. Depuis la réforme du système d’asile, 70 personnes se réunissent en moyenne, à chaque semaine, tandis qu’auparavant, plus de 150 personnes pouvaient se retrouver. Très peu de femmes trans participent à ce groupe composé à 90% de personnes originaires des anciennes colonies britanniques africaines et caribéennes. Selon la responsable du groupe, elle-même venue au Canada pour y chercher refuge, et qui s’identifie en tant que femme noire lesbienne féministe et &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref12_c70g4rt&quot; title=&quot;Pour les activistes de ces organismes communautaires, le terme queer renvoie généralement à l’auto-identification sexuelle et de genre, à la résistance au pouvoir de désignation des régimes hégémoniques hétéronormatifs et migratoires, à des pratiques anti-oppressives et de solidarité entre résidents-es de pays anciennement colonisés et colonisateurs, et à la décriminalisation du travail du sexe.&quot; href=&quot;#footnote12_c70g4rt&quot;&gt;12&lt;/a&gt;, les participantes viennent au groupe car elles peuvent s’identifier à elle, s’y sentir en sécurité et anticiper qu’elles seront comprises. L’historique du groupe semble appuyer cette explication inspirée des politiques identitaires. À ses débuts, &lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt;, animé par un homme latino gai, attirait très peu de femmes et de personnes noires.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En revanche, les rencontres mensuelles de &lt;em&gt;Rainbow Refugee &lt;/em&gt;regroupent une dizaine de personnes. Entre 2010 et 2013, j’ai pu compter sur les doigts d’une main les femmes allosexuelles qui ont participé aux réunions de cet organisme, qui sont encadrées par quatre intervenants-es: trois lesbiennes blanches qui s’identifient comme féministes, mais dont deux se disent aussi &lt;em&gt;queers&lt;/em&gt;, et un homme gai originaire du Moyen-Orient&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref13_rqa955w&quot; title=&quot;Depuis, une doctorante s’est jointe à leur équipe. Elle participe au développement des activités et accompagne les migrants et migrantes dans leurs démarches et revendications. Le nombre de participants-es à Rainbow Refugee aurait aussi augmenté.&quot; href=&quot;#footnote13_rqa955w&quot;&gt;13&lt;/a&gt;. Deux de ces intervenants-es ont immigré au Canada avec leurs parents. Pour expliquer la moindre participation des femmes à son groupe, l’une des intervenantes m’a suggéré que ces dernières n’avaient guère les moyens de se diriger vers l’Ouest canadien, depuis leur arrivée à Toronto qui est la plaque tournante des vols aériens au pays.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les participants et participantes de &lt;em&gt;Rainbow Refugee&lt;/em&gt; sont de diverses nationalités et statuts migratoires quoique l’organisation, contrairement à AGIR, n’applique pas une philosophie active de soutien envers les sans-papiers. Sans tête dirigeante, d’allégeance &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt;, AGIR regroupe des personnes LGBTIQ racisées et qui ont vécu une expérience migratoire, personnellement ou en tant que groupe familial. L’organisme organise sporadiquement des rencontres et activités pour ses membres, dont une forte proportion est composée de femmes bi, lesbiennes, &lt;em&gt;queers&lt;/em&gt; ou trans et d’étudiantes et étudiants étrangers qui ne sont toutefois pas des requérants-es d’asile.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon Jensen et Spijkerboer (2011: 20), «seulement un tiers de tous les demandeurs d’asile dans les pays occidentaux sont des femmes, et [un] pourcentage encore plus faible sont des femmes seules». Nonobstant l’emplacement géographique du Canada et ses politiques migratoires, les groupes communautaires pour migrants-es LGBTIQ, de ce côté-ci de l’Atlantique, accueillent aussi beaucoup plus d’hommes que de femmes réfugiés-es. Falquet et Alarassace (2006) soutiennent, cependant, que «les lesbiennes en mouvement» qui échappent à la violence sexuelle, aux mariages forcés et à l’hétérosexualité obligatoire seraient plus nombreuses que les données françaises le suggèrent. Mais ce pourrait être le cas dans plusieurs pays, d’autant que des considérations économiques peuvent aussi motiver «leur migration politico-sexuelle». L’écart entre le nombre de femmes et d’hommes qui parviennent à demander l’asile demeure néanmoins préoccupant. Dans les prochaines sections, d’autres pistes seront proposées pour expliquer cet écart.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2.3 Portrait des réfugiées&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dix-neuf des 56 réfugiés-es interviewés-es étaient des femmes allosexuelles qui avaient en moyenne 31 ans. Au moment de l’entrevue, dix d’entre elles s’identifiaient comme lesbiennes, une autre ne parvient toujours pas à s’identifier comme telle, tandis que les huit dernières se sont présentées comme bisexuelles. Sur les neuf participantes qui avaient des enfants, seulement deux habitaient avec ceux-ci au Canada. Les réfugiées interviewées vivent douloureusement la séparation d’avec leurs enfants. Aussi, selon le National Centre for Lesbian Rights (2007), les lesbiennes tardent à fuir leur pays à cause de leurs charges familiales. Deux des interviewées s’étant identifiées comme lesbiennes mères avec moi avaient cependant déclaré aux agents-es d’immigration être bisexuelles. Plusieurs raisons expliquent ce changement. Comme dans le cas des hommes gais et bisexuels interviewés qui m’ont aussi déclaré une autre identité sexuelle que celle inscrite sur leur formulaire d’application pour l’asile, il leur semblait que leur maternité, paternité ou double vie seraient mieux comprises s’ils s’affichaient comme bisexuels. Quant à leur nationalité, douze des participantes sont originaires des Caraïbes, l’une d’elles du Moyen-Orient, une autre de la Corée du sud, alors que les cinq autres sont africaines.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Depuis le moment de leur entretien, onze de ces dix-neuf interviewées ont été acceptées comme réfugiées, deux répondantes bisexuelles ont été déboutées et deux autres sont toujours en attente de leur audience. Parmi les autres candidates à l’asile, l’une se fait dorénavant marrainer&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref14_op3l9tz&quot; title=&quot;Sa requête d’asile a été abandonnée en raison de l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs. Selon celle-ci, toute personne qui transite par nos voisins du sud avant de venir au Canada et qui souhaite postuler pour l’asile doit le faire aux États-Unis, malgré ses lois envers les minorités sexuelles.&quot; href=&quot;#footnote14_op3l9tz&quot;&gt;14&lt;/a&gt;, une lesbienne qui a été expulsée tente de revenir au Canada comme travailleuse migrante temporaire et les deux dernières ne me donnent plus de nouvelles. Je soupçonne qu’elles ont rejoint les rangs grandissants des sans-papiers au pays&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref15_wml6iyy&quot; title=&quot;Sur ce point, voir Wright (2013).&quot; href=&quot;#footnote15_wml6iyy&quot;&gt;15&lt;/a&gt;. Parmi les 56 réfugiés-es interviewés-es, le quart a survécu sans statut légal, souvent durant de nombreuses années. Plusieurs d’entre eux et elles ne savaient pas qu’il était possible de demander l’asile au Canada en raison d’une identité sexuelle ou de genre persécutées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La majorité des femmes interviewées sont donc arrivées au Canada comme touristes, avant que les règles d’obtention des visas se raffermissent et que leurs prix deviennent faramineux. Trois d’entre elles m’ont cependant dit avoir eu affaire à des passeurs. Dans l’un des cas, la demandeuse d’asile, alors fortunée, avait pu payer le passeur, tandis que dans l’autre situation, c’est en échange de services sexuels qu’un homme a fait les démarches et a avancé l’argent nécessaire afin qu’elle puisse s’échapper. L’autre exilée a bénéficié du soutien financier et logistique d’un organisme de son pays qui lutte en catimini pour les droits des minorités sexuelles, mais plus ouvertement dans le champ du VIH-Sida. Les hommes allosexuels interviewés ont été beaucoup plus nombreux à rentrer au Canada grâce aux réseaux de passeurs, qui sont onéreux et auxquels il faut avoir accès.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ailleurs, une seule des réfugiées interviewées est venue à titre d’étudiante étrangère, contrairement aux hommes qui ont participé à ma recherche, chez qui la poursuite des études ou l’obtention d’une formation spécialisée au Canada étaient un scénario plus fréquent. L’accès à la scolarisation marquée par la différence de genre et de classe expliquerait aussi cette variation. Cette répondante était d’ailleurs la seule à posséder un diplôme universitaire, tandis que quatre autres femmes interviewées possédaient l’équivalent d’un diplôme technique. Neuf autres participantes qui avaient complété leurs études secondaires n’avaient toujours pas leur certificat d’équivalence. Huit des participantes écrivaient l’anglais avec difficulté. Une seule des répondantes parlait aisément le français.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3. Les violences rapportées par les femmes allosexuelles interviewées&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parmi les réfugiés interviewés, plus de femmes que d’hommes ont rapporté avoir été agressés sexuellement. Elles l’ont été par des personnes se trouvant généralement dans leur entourage. Deux de ces participantes ont été mariées, sans leur consentement, à des hommes beaucoup plus âgés qu’elles, alors qu’elles étaient mineures. Hormis leurs maris et conjoints, les viols des femmes interviewées ont été commis par un pasteur, père, cousin, médecin, des conjoints d’une mère, amis d’un conjoint, et une mère. De plus, toutes les participantes à la recherche ont été injuriées, tant par des hommes que par des femmes, agressées physiquement et parfois harcelées, mais pas uniquement en raison de la découverte de leur lesbianisme ou de leur identité de genre non conformes, contrairement aux hommes, qui ont subi des représailles quand leur allosexualité était démasquée ou soupçonnée. Le seul fait d’être identifiée comme une femme suffirait pour être victime de violences de genre et de discriminations sexistes. De plus, quoique les pressions sur l’honneur à sauvegarder au sein de la famille ou de la communauté traversent l’ensemble des entretiens, plus de contraintes et de règles à observer s’appliquent aux femmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus spécifiquement, sept des participantes à la recherche ont rapporté avoir été victimes de violence conjugale. Trois d’entre elles ont dévoilé de sévères cas d’abus et ont été terrorisées par leur conjoint respectif qui appartenait à des bandes criminelles. Plusieurs répondantes ont aussi reçu des menaces de mort de la part de conjoints, d’ex-conjoints, d’un père ou de jeunes de la rue. Parfois, cette menace est mise à exécution: l’amante de l’une des répondantes a ainsi été assassinée. D’autres femmes allosexuelles ont reçu des menaces de viol et le père de l’une d’elles a menacé de la faire interner tout en la frappant. Une des participantes m’a montré sa jambe, ébouillantée par les femmes de son mari polygame, qui la battaient régulièrement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les exactions sont aussi commises par des gangs que les réfugiés-es appellent «&lt;em&gt;mob justice&lt;/em&gt;» ou «vigilantes», soit des groupes de jeunes hommes qui font les justiciers en se chargeant de faire respecter la morale traditionnelle ou religieuse et les diktats de l’ordre conventionnel des genres. Le voisinage qui joue un rôle de surveillance, de relais de l’information et des rumeurs a souvent été le premier à ébruiter qu’elles avaient des relations sexuelles avec d’autres femmes. Les intrusions dans la vie privée des gens sont fréquentes. La protection de cette dernière est d’ailleurs avidement recherchée par les demandeuses d’asile, qui l’associent à une question de justice. Dans l’un des cas, une voisine qui était aussi la cliente de la personne interviewée a menacé de la dénoncer aux policiers et l’a donc fait chanter. Deux des femmes interviewées ont été accusées de sorcellerie, mais elles n’ont pas subi de rites de purification, contrairement à quelques hommes allosexuels interviewés. L’une de ces «sorcières» a soulevé la suspicion dans son village, car elle n’était pas mariée à vingt-cinq ans et qu’elle faisait de l’éducation sexuelle et féministe auprès des femmes et des filles&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref16_tjcxgb4&quot; title=&quot; Prenant acte de cette discrimination, le comité onusien sur l&#039;élimination de toutes les formes de discrimination à l&#039;égard des femmes (2014: 5) invite les évaluateurs-trices des demandes d’asile à prendre en considération les punitions politiques et religieuses que subissent les féministes, ainsi que les persécutions dont sont victimes les femmes qui ne se conforment pas aux normes de genre prescrites.&quot; href=&quot;#footnote16_tjcxgb4&quot;&gt;16&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les lesbiennes, femmes trans et bisexuelles rencontrées m’ont toutes rapporté qu’il était très risqué de demander aux policiers d’intervenir. Ces derniers banalisent la violence faite aux femmes et en parlent comme d’un problème domestique qui doit être réglé au sein de la famille. De plus, les interviewées sont nombreuses à avoir fait l’objet d’insultes lorsqu’elles ont osé dénoncer l’abus dont elles étaient victimes. L’une des participantes m’a raconté qu’après les avoir sévèrement battues et amenées à comparaître devant son père en pleine nuit, les policiers, de concert avec un autre corps armé chargé de l’ordre public, ont rapporté à la radio l’avoir découverte sans vêtements avec une autre femme. Aucune des participantes à la recherche n’a donc pu obtenir de rapport policier, mais certaines ont pu fournir des rapports médicaux pour leur audience. Leurs agresseurs ne sont donc jamais poursuivis, et l’impunité reste totale. Or pour rapporter des agressions, il faut déjà être considéré-e comme un sujet de droits à part entière, en avoir conscience et connaître ses droits, ce qui ne va pas de soi dans une société où l’égalité entre les sexes n’est pas respectée. Une lesbienne que j’ai interviewée m’a ainsi raconté que sa déclaration avait été discréditée car elle n’était pas corroborée par le témoignage d’un homme.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3.1&amp;nbsp;Les femmes allosexuelles aux confluents de plusieurs oppressions et espoirs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Afin de comprendre le vécu rapporté par les allosexuelles réfugiées, leurs demandes de protection, les relations qu’elles tissent, de même que leur capacité à atteindre les frontières canadiennes et à rester au pays, l’adoption d’une perspective englobant leurs multiples appartenances communautaires et identitaires est indiquée. Or, bien que résultant de l’enchevêtrement de rapports de domination, leur classe, race, nationalité, sexualité, statut migratoire et genre, entres autres catégories, s’amalgament selon les subjectivations recherchées dans différentes circonstances. L’approche méthodologique de McCall (2005) sur l’intersectionnalité intracatégorielle, anticatégorielle et intercatégorielle permet d’explorer les solidarités qui entourent les migrantes allosexuelles. Leur développement nécessite de faire des choix, contraints par des circonstances historiques et des rapports d’inégalité, d’autant que la reconnaissance légale demeure la priorité. La perspective intersectionnelle permet, néanmoins, de ne pas limiter mon regard et écoute à cet objectif. Aussi, l’ensemble des facettes de l’intersectionnalité proposées par McCall deviennent intéressantes pour observer et analyser, dans différents contextes impliquant divers actrices et acteurs, comment l’entraide et le soutien qui font partie des échanges s’enracinent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’approche intra-catégorielle vise donc à montrer la complexité à l’intérieur d’une même catégorie sociale. Ainsi, bien que les demandeurs-euses d’asile se regroupent en raison de leur statut migratoire à &lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt;, d’autres facteurs stimulent leur participation. La composition sporadique de noyaux où se retrouvaient, d’une part, les femmes bisexuelles et lesbiennes et, d’autre part, les hommes allosexuels, suggère que les membres d’&lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt; cherchent tant à fraterniser qu’à explorer leur désir sexuel ou sentimental. Genre et orientation sexuelle se dissocient rarement de leurs représentations sur l’identité sexuelle. Qui plus est, les femmes trans socialisaient plus fréquemment du côté des hommes, tandis que ce n’était pas le cas au sein d’AGIR ou de &lt;em&gt;Rainbow Refugee&lt;/em&gt;, la fluidité de ces sous-groupes étant aussi tributaire de l’origine nationale des participantes et participantes et d’une connivence linguistique et religieuse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’utilité moindre pour l’action à court terme, l’intersectionnalité anticatégorielle cherche «à déconstruire les catégories sociales […] pour en montrer le caractère socialement construit, contingent, et reproducteur de l’inégalité sociale» (Rousseau, 2009: 138). Dans le contexte de la SPR, les témoignages des candidats et candidates au refuge dépeignent leur pays comme ne pouvant pas les protéger, tout en parlant de leur insertion dans la société canadienne en tant que personnes ouvertement gaies. Paradoxalement, elles entretiennent alors le discours néocolonialiste et homonationaliste qui positionne le Nord global comme la terre promise de leur sécurité et de leur libération sexuelle&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref17_0tmqamo&quot; title=&quot;Cantú (2009†) a développé cette analyse dans ses travaux sur les réfugiés gais mexicains confrontés au système américain. Pour une critique semblable du dispositif canadien, voir Murray (2014).&quot; href=&quot;#footnote17_0tmqamo&quot;&gt;17&lt;/a&gt;. Les activistes sensibles aux rapports Nord-Sud, et désireux de rester solidaires envers les activistes LGBTIQ qui n’habitent pas dans les pays occidentaux, réalisent, néanmoins, que les membres de leurs associations qui font des dépositions démontrant de tels éléments ont plus de chances d’être acceptés comme réfugiés. Pragmatiques, ils cherchent en premier lieu à les soutenir dans leurs démarches et se réservent la déconstruction de la catégorie normative du réfugié avec sa notion de persécution. Une telle critique ne fera donc pas l’objet des rencontres collectives dans leurs organisations respectives, mais sera l’objet de partage lors des discussions entre activistes ou chercheurs-es.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’analyse intercatégorielle prend pour acquis que des relations d’inégalité existent entre les groupes sociaux et les analyse en créant des comparaisons entre plusieurs groupes (McCall, 2005). Cette analyse s’actualise par les pratiques des organismes communautaires qui mettent l’accent sur la dénonciation du racisme, les questions de la migration forcée et de l’intégration à la société en étant indissociables. Ainsi, le racisme reconduit par le système asilaire est combattu en réclamant l’abolition de la liste des pays d’origine désignés ou le rétablissement des soins de santé pour les réfugiés. La racisation qui est aussi porteuse d’un historique rappelle, plus spécifiquement, qu’avoir la peau noire ne signifie pas uniquement être minoritaire au sein d’une société. On le devient parmi les Blancs et les Blanches qui ont réduit en esclavage des peuples libres, les ont colonisés-es et continuent d’exploiter leurs ressources, en cette ère postcoloniale de la mondialisation. À &lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt;, cette analyse intercatégorielle se fait donc aussi de manière implicite pendant que les solidarités entre les personnes de couleur noire se cimentent tel un réflexe intrinsèque. Traversés par une mémoire collective qui se décline dans les fiertés nationales, les liens de solidarité sont aussi motivés par le besoin d’entraide, qui repose sur la logique du don-contre-don. Des ressources économiques et matérielles sont mises en commun, de même que les connaissances sur le processus juridico-administratif du refuge et sur la communauté LGBTIQ.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cherchant à créer une cohésion de groupe et à développer un sentiment d’appartenance, les organismes communautaires misent donc sur les convergences entre leurs membres, soit le combat contre la pauvreté, la sécurisation de leur statut migratoire, leur allosexualité, de même que le fait d’être racisés-es. Bien que nous ayons vu que les femmes allosexuelles réfugiées avaient subi des discriminations systémiques et des violences en raison de leur genre, la lutte contre la violence faite aux femmes n’apparaît pas à l’agenda des participants-es. Les comportements sexistes ne sont toutefois pas tolérés au sein des groupes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref18_6haky4w&quot; title=&quot;Le budget d’Among Friends ayant augmenté récemment, la responsable du groupe a comme dessein de constituer deux comités afin que les femmes et les jeunes puissent se retrouver.&quot; href=&quot;#footnote18_6haky4w&quot;&gt;18&lt;/a&gt;. Ainsi, les liens de confiance entre les membres des groupes s’organisent selon l’appartenance raciale, l’orientation sexuelle, le genre, l’origine nationale, religieuse et ethnique. La langue, et si possible le dialecte, servent aussi de vecteurs rassembleurs significatifs dans cette terre peuplée d’inconnus.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3.2 La solidarité entre les femmes allosexuelles réfugiées&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;AGIR, &lt;em&gt;Rainbow Refugee&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt; s’impliquent généralement dans les activités pour célébrer la Fierté. Ces organismes se mobilisent aussi lors de la Journée mondiale des réfugiés et dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Les limites de l’inclusion de la lesbophobie et de la biphobie à la lutte contre l’homophobie apparaissent dans le discours des &amp;nbsp; &amp;nbsp;réfugiés-es interrogés-es, qui ne perçoivent pas les rapports entre celle-ci, la transphobie et le sexisme. Leur connaissance historique des luttes pour les droits des minorités sexuelles s’inscrit dans l’historiographie dominante du mouvement gai et lesbien, qui débute avec Stonewall et dont l’iconographie et les revendications se sont mondialisées grâce à l’Internet. Seules deux lesbiennes et une bisexuelle interviewées qui ont participé à des regroupements féministes tenaient un discours plus politique sur les rapports entre le sexisme et l’homophobie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon Chamberland et ses collègues (2012: 5), le «concept hégémonique d’homophobie peut occulter l’oppression des lesbiennes en tant que femmes et homosexuelles» et «conduire à renouveler la violence symbolique» dirigée contre celles-ci, la notion d’homophobie rendant impossible leur exclusion de la catégorie des personnes homosexuelles mais pouvant les exclure de celle des femmes. Du coup, les lesbiennes peuvent être perçues comme bénéficiant d’un meilleur traitement social que les hommes gais, infériorisés à l’instar des femmes (Chamberland &lt;em&gt;et al&lt;/em&gt;, 2012: 6). Or, les violences rapportées par les femmes allosexuelles interviewées témoignent du contraire. Qui plus est, pour la majorité d’entre elles, leur identification comme lesbiennes ou bisexuelles ne place pas en opposition les composantes «femme» et «homosexuelle» de leur subjectivité. Leurs réalités et les significations qu’elles donnent à ces catégories restent cependant méconnues.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les femmes allosexuelles réfugiées payent le prix de leur autonomie sexuelle en rejetant les diktats du pouvoir patriarcal et son honneur. Elles trouvent la force pour valoriser la libération de leur énergie sexuelle, sans nier la nécessité de leur indépendance financière et des changements législatifs&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref19_xnli1xe&quot; title=&quot;Sur l’indivisibilité des droits humains concernant l’autonomie sexuelle des femmes, voir Waites (2009).&quot; href=&quot;#footnote19_xnli1xe&quot;&gt;19&lt;/a&gt;. Or, les histoires familiales des femmes caribéennes, en particulier, rappellent que la quête du travail les pousse depuis des générations à la tête de chaînes migratoires, appuyées par leurs réseaux féminins qui s’occupent des enfants (Ho, 1999). Leur sexualité hors normes ébranle, néanmoins, ces solidarités et interpelle leur développement avec des femmes allosexuelles, ainsi qu’avec des alliés-es. Devant ces défis provoqués par l’imbrication des inégalités, mais aussi par les perspectives d’un avenir meilleur, le plaisir et le pouvoir de la sexualité des femmes allosexuelles sont célébrés au sein des regroupements. Leur atmosphère n’est donc jamais victimaire et se vit sous le signe de la fierté et de la communauté retrouvée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’intersectionnalité est de mise pour aborder le vécu et la subjectivation des femmes allosexuelles migrantes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref20_0k3tu5g&quot; title=&quot;Sur l’intégration d’une perspective queer et historicisée aux approches intersectionnelles, voir Taylor et al. (2011).&quot; href=&quot;#footnote20_0k3tu5g&quot;&gt;20&lt;/a&gt;. Les données à leur sujet sont rares et ce champ d’études complexe reste à développer, à plus forte raison lorsqu’elles revendiquent un statut de réfugiée. L’entrecroisement des systèmes oppressifs de classe, race, genre et sexualité explique en partie leur présence moindre dans les groupes communautaires. La manière dont ces réfugiées nomment et parlent de leurs réalités pose aussi d’intéressants défis à la recherche transculturelle. De plus, un questionnement critique sur l’essentialisme identitaire, soit l’une des limites de l’intersectionnalité, est à garder en tête; la mise en contexte des subjectivités permettant de mieux saisir les aspirations et réalités des personnes que l’ouverture statique d’une catégorie à leur inclusion (Hunter et De Simone, 2009).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du côté des organismes communautaires qui collaborent à ma recherche, AGIR articule un discours qui remet en question cet essentialisme identitaire. Pour ce qui est d’&lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt;, et dans une moindre mesure de &lt;em&gt;Rainbow Refugee&lt;/em&gt;, si le discours essentialiste y perdure avec force, leurs participants et participantes sont invités-es à faire sens de leurs spécificités identitaires et à surmonter les obstacles qui les maintiennent dans des espaces et des rôles de subordination. Les leaders de ces organismes, qui sont majoritairement des lesbiennes, deviennent ainsi des modèles de leur possible émancipation. Ces organismes qui travaillent à la reconnaissance d’une citoyenneté substantive pour l’ensemble de leurs membres nous lancent une question: de quelle solidarité témoignons-nous à l’égard des migrants et migrantes allosexuels-les?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong style=&quot;font-size: 0.8125rem;&quot;&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;AMNESTY INTERNATIONAL. 2008. &lt;em&gt;Love, hate and the law. Decriminalizing homosexuality&lt;/em&gt;, 68 p. En ligne: &amp;nbsp;&lt;br&gt;&lt;a href=&quot;https://www.amnesty.org/fr/documents/POL30/003/2008/en/.Consult&quot;&gt;https://www.amnesty.org/fr/documents/POL30/003/2008/en/.Consult&lt;/a&gt;é le 2 novembre 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BORRILLO, Daniel. 2000. &lt;em&gt;L’homophobie&lt;/em&gt;. Paris: Presses universitaires de France, coll. «Que-sais-je ?».&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BUTLER, Judith. 1993. &lt;em&gt;Bodies That Matter : On the Discursive Limits of &quot;Sex&quot;&lt;/em&gt;. New York: Routledge.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CANTÚ, Lionel. 2009†. &lt;em&gt;The Sexuality of Migration: Border Crossings and Mexican Immigrant Men&lt;/em&gt;. New York: New York University Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CHAMBERLAND, Line et Christelle LEBRETON, avec la coll. de Michaël BERNIER. 2012. &lt;em&gt;Stratégies des travailleuses lesbiennes face à la discrimination. Contrer l’hétéronormativité des milieux de travail&lt;/em&gt;, Montréal: Cahier de l’Institut de recherches et d’études féministes, Université du Québec à Montréal, coll. «Agora», no 3. En ligne:&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;https://iref.uqam.ca/upload/files/Cahier_Agora_no3-2_en_ligne.pdf&quot;&gt;https://iref.uqam.ca/upload/files/Cahier_Agora_no3-2_en_ligne.pdf&lt;/a&gt;. Consulté le 26 octobre 2014.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DUGGAN, Lisa. 2002. «The New Homonormativity: The Sexual Politics of Neoliberalism», dans &lt;em&gt;Materializing Democracy: Toward a Revitalized Cultural Politics&lt;/em&gt;, sous la dir. de Russ CASTRONOVO et de Dana D. NELSON, Durham: Duke University Press, p. 175-194.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FALQUET, Jules et Sabreen ALARASSACE. 2006. «Les femmes parties de leur pays en raison de leur lesbianisme: un état des connaissances en France aujourd’hui». &lt;em&gt;REVUE Asylon(s)&lt;/em&gt;, no 1, octobre. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.reseau-terra.eu/article483.html&quot;&gt;http://www.reseau-terra.eu/article483.html&lt;/a&gt;. Consulté le 2 novembre 2012.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES POUR LES RÉFUGIÉS. &lt;em&gt;2007. Convention et Protocole relatifs au statut des réfugiés&lt;/em&gt;, Genève, 56 p. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.unhcr.fr/4b14f4a62.html?_ga=1.214522708.251770489.1389727192&quot;&gt;http://www.unhcr.fr/4b14f4a62.html?_ga=1.214522708.251770489.1389727192&lt;/a&gt;. Consulté le 13 janvier 2014.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES POUR LES RÉFUGIÉS. 2012. &lt;em&gt;Principes directeurs sur la protection internationale no. 9: Demandes de statut de réfugié fondées sur l’orientation sexuelle et/ou de genre dans le contexte de l’article 1A (2) de la Convention de 1951 et/ou de son Protocole de 1967 relatifs au statut des réfugiés&lt;/em&gt;, 23 octobre, 32 p. En ligne: &lt;a href=&quot;http://refworld.org/cgi-bin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&amp;amp;docid=52d8facd4.Consult&quot;&gt;http://refworld.org/cgi-bin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&amp;amp;doc...&lt;/a&gt;é le 2 novembre 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HO, Christine G. T. 1999. «Caribbean Transnationalism as a Gendered Process». &lt;em&gt;Latin American Perspectives&lt;/em&gt;, vol. 26, no 5, p. 34-54. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.jstor.org/stable/2633969&quot;&gt;http://www.jstor.org/stable/2633969&lt;/a&gt;. Consulté le 28 février 2008.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HUNTER, Rosemary et Tracey De SIMONE. 2009. «Identifying Disadvantage: Beyond Intersectionality», dans &lt;em&gt;Intersectionality and Beyond. Law, Power and the Politics of Location&lt;/em&gt;, sous la dir. d’Emily GRABHAM, Davina COOPER, Jane KRISHNADAS et Didi HERMAN, New York: Routledge-Cavendish, p. 159-182.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ITABORAHY, Lucas P. et Jingshu ZHU. 2013. &lt;em&gt;A World Survey of Laws: Criminalisation, Protection and Recognition of Same-Sex Love, International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association&lt;/em&gt;, 110 p. En ligne:&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://old.ilga.org/Statehomophobia/ILGA_State_Sponsored_Homophobia_2013.pdf&quot;&gt;http://old.ilga.org/Statehomophobia/ILGA_State_Sponsored_Homophobia_2013...&lt;/a&gt;. Consulté le 13 janvier 2014.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;JENSEN, Sabine et Thomas SPIJKERBOER. 2011. &lt;em&gt;Fleeing Homophobia: Demandes d’asile liées à l’orientation sexuelle et à l’identité sexuelle en Europe&lt;/em&gt;, Amsterdam: Université Libre d’Amsterdam, 94 p. En ligne: &amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.rechten.vu.nl/nl/Images/web_110098_FH_FR_tcm22-243075.pdf&quot;&gt;http://www.rechten.vu.nl/nl/Images/web_110098_FH_FR_tcm22-243075.pdf&lt;/a&gt;. &amp;nbsp;Consulté le 13 mai 2014.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LaVIOLETTE, Nicole. 2013. «Overcoming Problems with Sexual Minority Refugee Claims. Is LGBT Cultural Competency Training the Solution?», dans &lt;em&gt;Fleeing Homophobia. Sexual Orientation, Gender Identity and Asylum&lt;/em&gt;, sous la dir. de Thomas SPIJKERBOER, New York: Routledge, p. 189-216.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LEAP, William et Tom BOELLSTORFF. 2004. &lt;em&gt;Speaking in Queer Tongues: Globalization and Gay Language&lt;/em&gt;. Chicago: University of Illinois Press.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LEE, Edward O.J. et Shari BROTMAN. 2011. «Identity, Refugeeness, Belonging: Experiences of Sexual Minority Refugees in Canada». &lt;em&gt;Canadian Review of Sociology&lt;/em&gt;, vol. 48, no 3, p. 241–274.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LENNOX, Corinne et Matthew WAITES (dir.). 2013. H&lt;em&gt;uman Rights, Sexual Orientation and Gender Identity in the Commonwealth: Struggles for Decriminalisation and Change&lt;/em&gt;. Londres: Institute of Commonwealth Studies, University of London, 562 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LÉVY, Joseph J. et Nathalie RICARD. 2013. «Droits humains et minorités sexuelles», dans &lt;em&gt;Droits et cultures en mouvements&lt;/em&gt;, sous la dir. de Francine SAILLANT et Karoline TRUCHON, Québec: Presses de l’Université Laval, p. 101–130.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;McCALL, Leslie. 2005. «The Complexity of Intersectionality». &lt;em&gt;Journal of Women in Culture and Society&lt;/em&gt;, vol. 30, no 3, p. 1771–1800. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.journals.uchicago.edu/doi/pdf/10.1086/426800&quot;&gt;http://www.journals.uchicago.edu/doi/pdf/10.1086/426800&lt;/a&gt;. Consulté le 9 mai 2011.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MINISTÈRE DE LA CITOYENNETÉ ET DE L’IMMIGRATION. 2012. «Pays d’origine désigné», Gouvernement du Canada. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.cic.gc.ca/francais/refugies/reforme-surs.asp&quot;&gt;http://www.cic.gc.ca/francais/refugies/reforme-surs.asp&lt;/a&gt;. Consulté le 13 janvier 2014.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MURRAY, David A. B. 2014. «The Challenge of Home for Sexual Orientation and Gendered Identity Refugees in Toronto». &lt;em&gt;Journal of Canadian studies&lt;/em&gt;, vol. 48, no.1, p. 132-152. En ligne: &lt;a href=&quot;http://muse.jhu.edu.acces.bibl.ulaval.ca/journals/journal_of_canadian_studies/v048/48.1.murray.pdf&quot;&gt;http://muse.jhu.edu.acces.bibl.ulaval.ca/journals/journal_of_canadian_st...&lt;/a&gt;. Consulté le 17 septembre 2014.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MURRAY, David A. B. 2011. «Becoming Queer Here: Integration and Adaptation Experiences of Sexual Minority Refugees in Toronto». &lt;em&gt;Refuge&lt;/em&gt;, vol. 28, no 2, p.127–132.&amp;nbsp;En ligne: &lt;a href=&quot;http://connection.ebscohost.com/c/articles/91691216/becoming-queer-here-integration-adaptation-experiences-sexual-minority-refugees-toronto&quot;&gt;http://connection.ebscohost.com/c/articles/91691216/becoming-queer-here-...&lt;/a&gt;. Consulté le 12 janvier 2013.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;NATIONAL CENTER FOR LESBIAN RIGHTS. 2007. &lt;em&gt;The Challenges to Successful Lesbian Asylum Claim&lt;/em&gt;, San Francisco.&amp;nbsp;&lt;br&gt;En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.nclrights.org/wp-content/uploads/2013/04/Resources_Challenges_Lesbian_Asylum_Claims.pdf&quot;&gt;http://www.nclrights.org/wp-content/uploads/2013/04/Resources_Challenges...&lt;/a&gt;. Consulté le 13 mai 2014.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ORGANISATION POUR LE REFUGE, L’ASILE ET LA MIGRATION. 2013. &lt;em&gt;Les impasses: La lutte invisible des personnes réfugiées lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées dans les zones urbaines au Mexique, en Ouganda et en Afrique du Sud. Partie 1&lt;/em&gt;, Synthèse, San Francisco.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PUAR, Jasbir. 2007. &lt;em&gt;Terrorist Assemblages: Homonationalism in Queer Times&lt;/em&gt;. Durham: Duke University Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;QUAN, Douglas. 2012. «Immigration Officer Shoots Down Residency Claimant for Failing to Prove He’s Gay». &lt;em&gt;Ottawa Citizen&lt;/em&gt;, Ottawa, 10 juillet. En ligne: &lt;a href=&quot;http://o.canada.com/2012/07/10/immigration-officer-shoots-down-residency-claimant-for-failing-to-prove-hes-gay/&quot;&gt;http://o.canada.com/2012/07/10/immigration-officer-shoots-down-residency...&lt;/a&gt;. Consulté le 2 mars 2013.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;REHAAG, Sean. 2008. «Patrolling the Borders of Sexual Orientation: Bisexual Refugee Claimants in Canada». &lt;em&gt;McGill Law Journal&lt;/em&gt;, vol. 53, no 1, p. 59–102.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICARD, Nathalie. 2014a. «Testimonies of LGBTIQ Refugees as Cartographies of Political, Sexual and Emotional Borders». &lt;em&gt;Journal of Language and Sexuality, &lt;/em&gt;vol. 3, no 1, p. 28–59.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICARD, Nathalie. 2014b. «Que faut-il taire &#039;&#039;quand dire, c’est faire&#039;&#039;? L’audience d’un demandeur d’asile à l’identité de genre hétérodoxe». &lt;em&gt;Culture-Kairós. Revue d’anthropologie des pratiques corporelles et des arts vivants&lt;/em&gt;, no 4. En ligne: &lt;a href=&quot;http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/&quot;&gt;http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/&lt;/a&gt; index.php?id=925. Consulté le 15 avril 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ROUSSEAU, Stéphanie. 2009. «Genre et ethnicité racialisée en Bolivie : pour une étude intersectionnelle des mouvements sociaux». &lt;em&gt;Sociologie et sociétés&lt;/em&gt;, vol. 41, no 2, p. 135-60. En ligne: &lt;a href=&quot;http://id.erudit.org/iderudit/039262ar&quot;&gt;http://id.erudit.org/iderudit/039262ar&lt;/a&gt;. Consulté le 15 avril 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SHEILL, Kate. 2009. «Losing Out in the Intersections: Lesbians, Human rights, Law and Activism». &lt;em&gt;Contemporary Politics, The Global Politics of LGBT Human Rights&lt;/em&gt;, vol. 15, no 1, p. 55–71.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;TAYLOR, Yvette, Sally HINES et Mark CASEY. 2011. &lt;em&gt;Theorizing Intersectionality and Sexuality&lt;/em&gt;. Londres: Palgrave MacMillan.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;UNITED NATIONS COMMITTEE ON THE ELIMINATION OF DISCRIMINATION AGAINST WOMEN (CEDAW). 2014. &lt;em&gt;General Recommendation No. 32 On the Gender-Related Dimensions of Refugee Status, Asylum, Nationality and Statelessness of Women&lt;/em&gt;, 5 novembre, 20 p. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.refworld.org/docid/54620fb54.html&quot;&gt;http://www.refworld.org/docid/54620fb54.html&lt;/a&gt;. Consulté le 13 novembre 2014.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WAITES, Matthew. 2009. «Critique of ‘Sexual Orientation’ and ‘Gender Identity’ in Human Rights Discourse: Global Queer Politics Beyond the Yogyakarta Principles». &lt;em&gt;Contemporary Politics, The Global Politics of LGBT Human Rights&lt;/em&gt;, vol. 15, no 1, p. 137-56.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WALKS, Michelle. 2014. «&#039;&#039;Nous sommes ici et nous sommes &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt; !&#039;&#039;: Une introduction aux études sur l’anthropologie queer». &lt;em&gt;Anthropologica&lt;/em&gt;, thématique sur l’anthropologie queer, vol. 56, no 1, p. 17-20.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WRIGHT, Cynthia. 2013. «The Museum of Illegal Immigration: Historical Perspectives on the Production of Non-citizens and Challenges to Immigration Controls», in &lt;em&gt;Producing and Negotiating Non-citizenship: Precarious Legal Status in Canada&lt;/em&gt;, sous la dir. de Luin GOLDRING et Patricia LANDOLT, Toronto: University of Toronto Press, p. 31-53.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_legcdho&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_legcdho&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Sur l’homophobie d’État, voir Itaborahy et Zhu (2013). Selon Borrillo (2000: 13), la notion d’homophobie renvoie tant au rejet de la personne homosexuelle qu’à celui de l’homosexualité.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_5pdq0lr&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_5pdq0lr&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Les personnes allosexuelles vont à l’encontre de l’ordre des choses établi par les dieux, la loi, le sens commun ou la nature, et selon lequel les personnes cissexuelles, c’est-à-dire dont le genre assigné correspond à leur anatomie, éprouvent du désir hétérosexuel pour le sexe opposé (masculin ou féminin), mais complémentaire. Cet idéal de cohérence entre le genre, le sexe et le désir est régulé par une grammaire d’intelligibilité, l’hétéronormativité, aussi appelée «matrice hétérosexuelle» (Butler, 1993).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_amb0lw8&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_amb0lw8&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Malgré la mise en garde de l’Organisation pour le Refuge, l’Asile et la Migration (ORAM, 2013, p. 1), qui avait souligné en quoi cette désignation s’appuie sur des construits occidentaux méconnus ou évités dans plusieurs régions du monde, l’acronyme LGBTI est de plus en plus utilisé par les institutions pour parler des personnes ayant une orientation sexuelle et/ou une identité de genre jugées non conformes. L’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association (ILGA) l’illustre. Le vocable &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt; est aussi généralement rejeté par ces institutions.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_j3pc2oo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_j3pc2oo&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; La méthode anthropologique établit une distinction entre le point de vue émique, qui est basé sur le système de pensée et les concepts de la personne ou du groupe interviewés ou observés, et celui du chercheur ou de la chercheure avec son point de vue éthique.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_gh1sl8w&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_gh1sl8w&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; «Allo-»: élément de composition tiré du grec et qui signifie «autre, différent» (Centre national de ressources textuelles et lexicales). Depuis les années 2000, les termes «allosexuel» et «altersexuel», et leurs équivalents au pluriel et au féminin, sont des tentatives de traduction en français du mot «&lt;em&gt;queer&lt;/em&gt;», mais qui, contrairement à ce dernier, n’ont généralement pas les mêmes intentions de confrontation politique ni les mêmes connotations de marginalité (voir le Bureau de la traduction du gouvernement fédéral canadien et la note du traducteur de l’article de Walks, 2014, p. 20).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_peajud1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_peajud1&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Cet article s’appuie sur des données recueillies, dans le cadre de ma recherche en cours en anthropologie, sur les notions et les pratiques de justice mobilisées par le droit d’asile au Canada pour les personnes violentées en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_toiu2ku&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_toiu2ku&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; Depuis décembre 2012, les documents appuyant la requête d’asile doivent être soumis dix jours avant l’audience. Celle-ci se déroulera 30 jours après le dépôt de la demande écrite de refuge, si la personne ne vient pas d’un pays d’origine désigné, ou 60 jours plus tard, si elle vient d’un pays d’origine désigné.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_d7snz9p&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_d7snz9p&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; Pour la liste, voir le site du Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration. L’analyse critique de cette liste problématique pour les minorités sexuelles dépasse le cadre du présent article.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_pn5xuug&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_pn5xuug&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; L’homonormativité se réfère à la pratique de normalisation des gais et lesbiennes, à travers leur inclusion à un mode de vie domestiqué et de consommation, ainsi qu’au fait de ne plus constituer une menace à l’hétérosexualité ni au néolibéralisme (Duggan, 2002: 179). Ce modèle occidentalocentrique s’est répandu avec la mondialisation du mouvement des droits humains LGBT. Couplée à des sentiments nationalistes, l’homonormativité devient homonationalisme (Puar, 2007) et projette les «autres» contrées et leurs habitants comme étant nuisibles à l’épanouissement des communautés gaies.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_8s3my3w&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_8s3my3w&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; Entre avril 2009 et juin 2011, 120 femmes bisexuelles, gaies, trans et lesbiennes ont déposé une demande d’asile sur les 526 réclamations faites sur la base de la persécution liée à l’orientation sexuelle et/ou à l’identité de genre. Ces demandeurs d’asile venaient principalement du Mexique, puis des Caraïbes. Ces données ont été obtenues grâce à la &lt;em&gt;Loi sur l’accès à l’information&lt;/em&gt;, en février 2012. Depuis, les activistes ont remarqué une baisse dramatique du nombre de ressortissantes et ressortissants mexicains. Le fait que le Mexique se retrouve sur la liste des pays «sécuritaires» pourrait l’expliquer. Par contre, les demandeurs-euses de refuge originaires des Caraïbes demeurent nombreux, et ceux et celles d’Afrique et d’Europe de l’Est, incluant la Russie, seraient en hausse.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_i7m4kwn&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_i7m4kwn&quot;&gt;11.&lt;/a&gt; Des observations durant les audiences, la participation dans les associations de soutien pour migrants et migrantes allosexuels, l’accompagnement de ceux-ci durant le processus d’asile, incluant des visites en centre de détention, l’écriture de lettres de soutien et d’appel, les artefacts produits par des activistes et réfugiés-es, les journaux et d’autres types de littérature, ainsi que mes notes de terrain complètent la collecte de données. Sur les lettres de soutien comme objets ethnographiques, voir Ricard (2014a).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote12_c70g4rt&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref12_c70g4rt&quot;&gt;12.&lt;/a&gt; Pour les activistes de ces organismes communautaires, le terme &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt; renvoie généralement à l’auto-identification sexuelle et de genre, à la résistance au pouvoir de désignation des régimes hégémoniques hétéronormatifs et migratoires, à des pratiques anti-oppressives et de solidarité entre résidents-es de pays anciennement colonisés et colonisateurs, et à la décriminalisation du travail du sexe.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote13_rqa955w&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref13_rqa955w&quot;&gt;13.&lt;/a&gt; Depuis, une doctorante s’est jointe à leur équipe. Elle participe au développement des activités et accompagne les migrants et migrantes dans leurs démarches et revendications. Le nombre de participants-es à &lt;em&gt;Rainbow Refugee&lt;/em&gt; aurait aussi augmenté.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote14_op3l9tz&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref14_op3l9tz&quot;&gt;14.&lt;/a&gt; Sa requête d’asile a été abandonnée en raison de l’&lt;em&gt;Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs&lt;/em&gt;. Selon celle-ci, toute personne qui transite par nos voisins du sud avant de venir au Canada et qui souhaite postuler pour l’asile doit le faire aux États-Unis, malgré ses lois envers les minorités sexuelles.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote15_wml6iyy&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref15_wml6iyy&quot;&gt;15.&lt;/a&gt; Sur ce point, voir Wright (2013).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote16_tjcxgb4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref16_tjcxgb4&quot;&gt;16.&lt;/a&gt;  Prenant acte de cette discrimination, le comité onusien sur l&#039;élimination de toutes les formes de discrimination à l&#039;égard des femmes (2014: 5) invite les évaluateurs-trices des demandes d’asile à prendre en considération les punitions politiques et religieuses que subissent les féministes, ainsi que les persécutions dont sont victimes les femmes qui ne se conforment pas aux normes de genre prescrites.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote17_0tmqamo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref17_0tmqamo&quot;&gt;17.&lt;/a&gt; Cantú (2009†) a développé cette analyse dans ses travaux sur les réfugiés gais mexicains confrontés au système américain. Pour une critique semblable du dispositif canadien, voir Murray (2014).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote18_6haky4w&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref18_6haky4w&quot;&gt;18.&lt;/a&gt; Le budget d’&lt;em&gt;Among Friends &lt;/em&gt;ayant augmenté récemment, la responsable du groupe a comme dessein de constituer deux comités afin que les femmes et les jeunes puissent se retrouver.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote19_xnli1xe&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref19_xnli1xe&quot;&gt;19.&lt;/a&gt; Sur l’indivisibilité des droits humains concernant l’autonomie sexuelle des femmes, voir Waites (2009).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote20_0k3tu5g&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref20_0k3tu5g&quot;&gt;20.&lt;/a&gt; Sur l’intégration d’une perspective &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt; et historicisée aux approches intersectionnelles, voir Taylor &lt;em&gt;et al.&lt;/em&gt; (2011).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Je commencerai par décrire le dispositif de la reconnaissance du statut de réfugié au Canada. Puis, je ferai brièvement état de ma démarche ethnographique dans les principales villes où habitent les migrants et migrantes LGBTIQ au pays. Quelques pistes seront alors proposées pour comprendre la faible participation des lesbiennes, femmes bisexuelles et trans dans certains groupes communautaires qui collaborent à ma recherche. Ce sera aussi l’occasion de présenter leurs caractéristiques générales. Dans un troisième temps, j’aborderai à grands traits, avec les risques que cela comporte, le vécu de violence des femmes que j’ai interviewées. Une approche intersectionnelle est indiquée pour appréhender leur processus de subjectivation, dans lequel s’entrecroisent les rapports sociaux de genre et de sexualité et leur statut migratoire. De plus, l’expérience de la racisation des participantes influence le développement de leurs liens de solidarité. Enfin, nous retiendrons que la célébration de l’autonomie et la valorisation de l’énergie sexuelle des femmes repoussent les frontières politiques, affectives, sexuelles et culturelles qui auraient voulu les garder dans une condition victimaire. &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=7007&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Ricard, Nathalie&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2016. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/quelle-solidarite-pour-les-femmes-allosexuelles-refugiees-au-canada&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Quelle solidarité pour les femmes allosexuelles réfugiées au Canada?&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/quelle-solidarite-pour-les-femmes-allosexuelles-refugiees-au-canada&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/quelle-solidarite-pour-les-femmes-allosexuelles-refugiees-au-canada&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Féminismes et luttes contre l&#039;homophobie: de l&#039;apprentissage à la subversion des codes&lt;/span&gt;. 2016. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministest de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Quelle+solidarit%C3%A9+pour+les+femmes+allosexuelles+r%C3%A9fugi%C3%A9es+au+Canada%3F&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-47-5&amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Ricard&amp;amp;rft.aufirst=Nathalie&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministest+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Fri, 25 Mar 2022 16:31:30 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>De l&#039;assignation à l&#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes</title>
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Les auteures explorent, à partir de leurs disciplines et ancrages, diverses facettes de l’expérience des femmes, telle qu’elle nous est présentée dans: les discours de presse, les médias, les politiques, la fiction, les pratiques créatrices, les préconceptions et le passage du temps. &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 15 Mar 2022 13:30:03 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>Sexualité des femmes et activisme féministe: le cas (controversé) de SlutWalk</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/articles/sexualite-des-femmes-et-activisme-feministe-le-cas-controverse-de-slutwalk</link>
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;En 2011, un officier de la police de Toronto a déclaré devant des étudiants-es de l’université York que les femmes devaient éviter de s’habiller comme des salopes (&lt;em&gt;sluts&lt;/em&gt;) si elles ne voulaient pas être victimes d’agression sexuelle. En réaction à cet incident, une première SlutWalk a été organisée à Toronto afin de protester contre l’humiliation des femmes taxées de salopes (&lt;em&gt;slut-shaming&lt;/em&gt;) et la culpabilisation des victimes de viol et d’agression sexuelle (&lt;em&gt;victim-blaming&lt;/em&gt;). Le mouvement a rapidement pris de l’ampleur et des SlutWalks se sont déroulées dans plus de 200 villes réparties dans une quarantaine de pays (Carr, 2013). Il est à noter que le nom de l’événement a parfois été modifié ou traduit selon les contextes sociolinguistiques. Ainsi, la SlutWalk est parfois devenue la Marche des salopes, ou encore, la Marcha de las Putas. Dans la plupart de ces marches, des femmes, en majorité jeunes, mais pas uniquement, prennent la rue dans un effort de réappropriation positive de l’insulte &lt;em&gt;slut&lt;/em&gt; (ou salope, ou&lt;em&gt; puta&lt;/em&gt;) et de détournement du sens péjoratif dont est chargée la sexualité féminine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien qu’elle fasse appel à des thématiques et à des enjeux dénoncés depuis longtemps par les féministes, la SlutWalk a fait l’objet d’une réception très polarisée, voire d’une véritable polémique, en particulier au sein des cercles féministes où les critiques à son endroit ont été nombreuses et souvent virulentes (O’Reilly, 2012). Notamment, plusieurs féministes noires américaines, tout en appuyant le message que les corps sexualisés des femmes ne sont ni une prédisposition ni une invitation au viol, ont dénoncé le médium de la SlutWalk comme étant le privilège de jeunes femmes blanches, éduquées, de classe moyenne à aisée (Black Women’s Blueprint, 2011). Bon nombre de féministes y ont également vu des femmes se réclamant d’une insulte sexiste et présentant une image hypersexualisée en tout point conforme avec les diktats du patriarcat et de la société néolibérale (Dines et Murphy, 2011). Une question demeure : les femmes peuvent-elles se revendiquer d’une sexualité active, perverse, ou autre, sans être posées en victimes ou stigmatisées pour autant? J’avance en effet que bon nombre des critiques adressées à la SlutWalk portent au final sur la légitimité de la sexualité comme mode d’action, de contestation et de représentation des femmes dans l’espace public.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je m’intéresse ainsi à la SlutWalk du point de vue des discours et des controverses dont elle fait l’objet au sein des cercles féministes, ainsi qu’aux façons par lesquelles ces controverses réarticulent une compréhension normative de la respectabilité sexuelle des femmes en général et du bon sujet féministe en particulier. Afin d’obtenir un portrait d’ensemble de ces controverses et de cerner leurs effets normatifs, j’ai effectué une analyse de discours critique (Foucault, 1971) des débats entourant la SlutWalk, analyse qui met en lumière les enjeux et les tensions qui caractérisent depuis longtemps la place de la sexualité dans les théories, les débats et l’activisme féministes. Le corpus d’analyse se compose essentiellement de documents écrits et publiés dans la foulée de la première SlutWalk en 2011 dans la presse écrite grand public (lettres d’opinion, commentaires) et sur la blogosphère féministe, c’est-à-dire des sites web féministes, blogues et médias sociaux ayant diffusé des textes d’opinion à propos de la SlutWalk. Le corpus inclut également la littérature scientifique produite au sujet de la SlutWalk, dont un numéro spécial de la revue &lt;em&gt;Feminist Studies&lt;/em&gt; (2012) consacré à la question.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Portrait des critiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une certaine confusion autour de la SlutWalk, dont les tactiques relèvent, directement ou indirectement, de postures féministes diverses et parfois même opposées, explique en partie la réception polarisée et la controverse dont elle fait l’objet. Par exemple, la littérature scientifique et les commentaires au sujet de la SlutWalk évoquent fréquemment sa filiation avec les marches de nuits féministes organisées depuis les années 1970 et appelées &lt;em&gt;Take Back the Night&lt;/em&gt;, ou encore, «La rue, la nuit, femmes sans peur!» Pour Jo Reger (2014), c’est précisément la libération de la parole autour du viol initiée avec les premières marches de nuit qui permettrait aujourd’hui aux activistes de la SlutWalk de se réapproprier l’insulte «salope». En revanche, la SlutWalk est généralement considérée comme une manifestation du féminisme de la troisième vague ou «pro-sexe», tandis que les marches de nuit féministes sont associées à un féminisme radical de la deuxième vague ainsi qu’aux mouvements anti-pornographie et abolitionniste. Une différence majeure entre la SlutWalk et les marches de nuit féministes résiderait donc dans la «sexualité positive» véhiculée par la première, qui s’inscrit par ailleurs dans d’autres lignées d’actions féministes telles que la lutte pour la reconnaissance des travailleuses du sexe et le mouvement Riot Grrrl. Ce dernier est né dans les années 1990 au sein de certains milieux alternatifs (punk, queer) américains où l’insulte &lt;em&gt;slut&lt;/em&gt; s’employait déjà de façon positive (Attwood, 2007).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette filiation multiple explique en partie que tout et son contraire semble avoir été dit au sujet de la SlutWalk: on a vanté son caractère inclusif et on a dénoncé son racisme, on y a vu le renouveau du féminisme et on l’a désavouée en tant qu’exercice individualiste, superficiel et inefficace sur le plan politique (Dow et Wood, 2014: 22-23). L’essentiel de la polémique s’articule toutefois en deux grandes catégories de discours que j’identifie comme celles du&amp;nbsp;«privilège/racisme» et du «patriarcat/néolibéralisme». Dans chaque cas, c’est d’abord la réappropriation positive de l’insulte «salope» qui est en jeu. Si la SlutWalk est considérée par plusieurs comme une action féministe importante qui détourne la «salope» d’une position de honte vers une position de pouvoir, de confrontation et de fierté (Rose et Renold, 2012), d’autres remettent en cause la légitimité et la pertinence politique d’une telle réappropriation.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus spécifiquement, les critiques s’en prennent aux deux principales tactiques de la SlutWalk. D’abord, celle de réappropriation ou de «re-signification» (Butler, 2004) du langage par des groupes vulnérabilisés:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Historiquement, le terme «salope» a porté une connotation surtout négative [...]. Qu’il soit utilisé comme une critique sévère à l’égard du caractère d’une personne ou comme une banale insulte, l’intention derrière ce mot est toujours de blesser. Voilà donc pourquoi nous le réclamons. «Salope» est maintenant réapproprié.&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_010fwj7&quot; title=&quot;Traduction du manifeste original de la SlutWalk Toronto par l’organisation de la Marche des salopes de Montréal (2011).&quot; href=&quot;#footnote1_010fwj7&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ensuite, celle du dénuement ou du port d’une tenue vestimentaire sexy. En effet, dans la plupart des éditions de la SlutWalk, un certain nombre de marcheuses et de marcheurs choisissent de défiler en sous-vêtements, talons aiguilles et autres bas résilles. Cependant, il ne s’agit pas là d’une tactique officielle de la SlutWalk et la proportion de participants-es dénudés-es est variable d’une édition à l’autre. Il reste que le dénuement de certaines marcheuses est l’une des tactiques les plus controversées de la SlutWalk et elle sert régulièrement à caricaturer et à dénigrer le mouvement (Chateauvert, 2013).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Privilège/racisme&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une lettre ouverte signée par un collectif d’activistes noires américaines a fait grand bruit au moment de sa mise en ligne et ses arguments ont été abondamment repris dans d’autres textes dénonçant le privilège/racisme de la SlutWalk. Pour ces critiques, se dire «salope» publiquement est un privilège blanc et la réappropriation de ce mot fait preuve d’un manque total de considération envers les femmes racisées et leur historique spécifique d’exploitation, de criminalisation et de violence sexuelles: «As Black women, we do not have the privilege or the space to call ourselves ‘slut’» (Black Women’s Blueprint, 2011). Les signataires de la lettre invitent à penser le genre et la sexualité à l’intersection de la race, de la pauvreté et de l’immigration afin d’élaborer des actions féministes véritablement inclusives contre la banalisation du viol et des violences faites aux femmes, dont l’usage d’un langage injurieux à la fois raciste et sexiste. Cela a entrainé une réflexion autocritique importante au sein du mouvement, dont la publication d’une déclaration antiraciste de la SlutWalk Toronto (Jarvis, 2011).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aussi valables soient-elles, ces critiques sont fréquemment contestées pour deux raisons: d’une part, parce qu’elles ne tiennent pas compte du mode d’organisation spontané et décentralisé de la SlutWalk et, d’autre part, parce qu’elles passent sous silence les voix des femmes racisées qui y participent. Ces dernières ne sont pas reconnues ou sont considérées comme aliénées, dupes, complices et elles doivent régulièrement justifier leur décision de prendre part à la SlutWalk (Hobson, 2011; Walia, 2011). Un billet particulièrement incisif de la bloggeuse Aura Bogado (2011) illustre bien ces enjeux: l’auteure anticipe une instrumentalisation des femmes racisées devant servir à donner une image faussement inclusive de la SlutWalk et elle dit espérer que ses&amp;nbsp;«sœurs ne tomberont pas dans le piège»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_4ui85ze&quot; title=&quot;Notre traduction.&quot; href=&quot;#footnote2_4ui85ze&quot;&gt;2&lt;/a&gt;. Bogado dénonce également l’impérialisme culturel des féministes de la SlutWalk, qui importeraient leur concept dans des pays du Sud tels que l’Argentine (d’où la bloggeuse résidant aux États-Unis est originaire) où le mot &lt;em&gt;slut&lt;/em&gt; n’est pas employé. Or, une SlutWalk a bien eu lieu à Buenos Aires et ailleurs en Amérique latine, initiée et prise en charge chaque fois par un comité local et rebaptisée la Marcha de las Putas. Vue ainsi, la SlutWalk représenterait une forme d’activisme féministe&amp;nbsp;«transnational» (Carr, 2013) à même de créer de nouveaux espaces de solidarité et de lutte allant au-delà des divisions géopolitiques habituelles.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patriarcat/néolibéralisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour d’autres critiques de la SlutWalk, le terme «salope», ou &lt;em&gt;slut&lt;/em&gt;, est irrécupérable:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;The term slut is so deeply rooted in the patriarchal «madonna/whore» view of women&#039;s sexuality that it is beyond redemption. [...] Women need to take to the streets –but not for the right to be called &quot;slut&quot;. Women should be fighting for liberation from culturally imposed myths about their sexuality that encourage gendered violence. (Dines et Murphy, 2011)&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Suivant cette critique, plutôt que de chercher à changer en profondeur les structures sociales patriarcales, les activistes de la SlutWalk, en phase avec l’idéologie néolibérale contemporaine, en seraient venues à croire que leur pouvoir réside dans leurs corps sexualisés. À l’image de la culture hypersexualisée hégémonique, la SlutWalk serait sexy, commerciale et individualiste, plus proche de l’exercice de marketing que de la véritable résistance féministe (Miriam, 2012). À l’inverse, d’autres analyses soulignent que c’est précisément parce qu’elle est née de la culture hypersexualisée contemporaine que la SlutWalk représente une forme de résistance appropriée et efficace (Carr, 2013: 32). De plus, l’impact médiatique et la popularité des SlutWalks auraient redonné une vigueur bénéfique aux luttes féministes, surtout chez les plus jeunes (Valenti, 2011).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le «mauvais féminisme» de la SlutWalk&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qu’elles s’inscrivent dans la catégorie du privilège/racisme ou dans celle du patriarcat/néolibéralisme, la plupart des critiques condamnent la SlutWalk comme n’étant pas vraiment féministe, ou alors, une mauvaise forme de féminisme. Plus spécifiquement, ces critiques posent le combat contre la culture du viol et la culpabilisation des victimes comme étant plus valable que celui contre le &lt;em&gt;slut-shaming&lt;/em&gt;, surtout s’il se fait par la revendication publique et ostentatoire d’une sexualité active. L’amalgame entre les deux combats jetterait de l’ombre sur le premier. Une participante repentante de la SlutWalk Vancouver affirmait ainsi qu’elle aurait préféré participer à une marche intitulée «Ne violez pas» (Walia, 2011).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si la remise en cause d’un comportement séducteur ou d’une tenue sexy comme facteur de risque d’agression sexuelle est rejetée par les critiques féministes de la SlutWalk, leurs propos laissent néanmoins entendre que les corps sexualisés des marcheuses et leur déclaration publique d’une sexualité active comportent des risques: exclure les femmes qui n’auraient pas le privilège (ni l’envie) de joindre la SlutWalk, reproduire la marchandisation et l’objectification systémique de leur sexualité ou simplement donner aux hommes ce qu’ils veulent voir (Reger, 2014a). L’un des effets de ces discours est la moralisation d’un bon sujet féministe qui se fait notamment au travers d’une rhétorique binaire d’oppression/résistance. Ces critiques placent en effet la SlutWalk et ses participants-es du côté de l’oppression (raciste, complice de l’hétérosexisme) plutôt que de la véritable résistance féministe. Une telle vision participe à produire non seulement les normes d’un bon sujet féministe mais également celles du bon corps sexualisé des femmes qui, à l’instar de la bonne sexualité, ne devrait pas faire l’objet de publicité.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La moralisation d’un bon sujet féministe et la hiérarchisation des combats féministes opérées par ces discours réarticulent la polarisation des débats autour de la sexualité qui déchirent les féminismes depuis longtemps et qui s’énoncent en termes dichotomiques d’oppression/résistance mais aussi de plaisir/danger. À ce propos, Carole Vance (1984) a déjà souligné les tensions au sein des analyses féministes de la sexualité et la double contrainte qui caractérise le rapport des femmes à la sexualité. D’une part, insister sur la sexualité comme plaisir revient en partie à ignorer la structure patriarcale de son organisation ainsi que l’histoire de la vulnérabilité et de l’oppression sexuelle des femmes. D’autre part, aborder la sexualité sous l’angle du danger signifie fréquemment poser les femmes en victimes et leur refuser une agentivité sexuelle. Comment dès lors envisager la sexualité de manière positive, en tant que plaisir aux formes multiples, sans pour autant nier la part de danger qu’elle contient? Vance suggère que la vulnérabilité des femmes à l’égard de la sexualité ne doit pas se comprendre uniquement en termes de violence mais aussi en termes de culpabilisation, de négation du plaisir et de honte.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, c’est précisément la culpabilisation et la honte qui caractérisent la vulnérabilité des femmes face à la sexualité que la SlutWalk cherche à combattre. Encore une fois, la tactique privilégiée (et celle qui est la plus critiquée) est la réappropriation positive de l’insulte «salope». Dans les termes de Judith Butler (2015), cela peut se comprendre comme un acte de résistance politique qui se situe à l’intersection de la vulnérabilité et de l’agentivité des femmes. Par exemple, la tactique de dénuement déployée par certaines participantes incarne cette vulnérabilité à travers la performance d’une féminité sexy, celle-là même qui rend les femmes vulnérables aux jugements sociaux à propos de leur sexualité, dont la croyance qu’une telle apparence les rend vulnérables face aux agressions sexuelles. De l’effort de renversement de cette logique par l’affirmation positive des participantes de la SlutWalk qui prennent la rue, émerge ainsi une alliance entre des corps vulnérables, mais tout de même capables d’agir. Une alliance qui créé par ailleurs un espace de solidarité et de protection entre ces corps dans la rue.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En revanche, c’est l’enjeu au cœur de l’alliance elle-même qui pose problème pour bon nombre de critiques de la SlutWalk, qui ne se sentent ni incluses ni protégées dans l’espace créé par ces corps dans la rue. Ces critiques mettent ainsi en lumière les effets de territorialisation de la SlutWalk, c’est-à-dire les rapports de pouvoir par lesquels certains sujets délimitent et s’approprient des territoires dans l’espace (Massey, 1998). À l’inverse, elles mettent à l’écart la question sexuelle soulevée par la SlutWalk en refusant de reconnaitre la sexualité comme forme de médiation légitime dans l’espace public, même lorsque les revendications concernent précisément la vulnérabilité sexuelle des femmes, dans la rue et ailleurs. Cela vient délégitimer, voire refuser la possibilité d’une « parole salope » qui ne serait jamais pertinente politiquement. Mais tout le débat est justement là: les femmes qui se disent «salopes» le font, aux yeux de plusieurs, dans les termes d’une société hypersexualisée oppressante et normative. En contrepartie, d’autres pointent vers le caractère «sexophobe» (Chateauvert, 2013) d’une culture au sein de laquelle la «salope» dérange, comme le démontrent tant le phénomène du &lt;em&gt;slut-shaming&lt;/em&gt; que les nombreuses critiques formulées à l’endroit de la SlutWalk.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sexualité et respectabilité des femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En conclusion, il convient de mettre en lumière la question de la respectabilité qui est au cœur des discours analysés. De la même manière que la honte est un «moyen insidieux par lequel les femmes en viennent à se reconnaitre, se réguler et se contrôler elles-mêmes à travers leurs corps» (notre traduction, Skeggs, 1997: 123), la respectabilité est un outil de contrôle social et sexuel des femmes. À ce titre, il s’agit d’un enjeu central pour les activistes de la SlutWalk qui luttent contre la honte et la culpabilisation des femmes sur la base de leur sexualité et qui contestent, pour reprendre les termes de la Marche des salopes de Montréal (2011), «le double standard qui fait de la promiscuité un mode de vie respectable seulement pour les hommes hétéros».&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi, si l’on considère qu’il n’y a pas de résistance en dehors des rapports de pouvoir existants (Foucault, 1976), la réappropriation de l’insulte «salope» représente d’abord une volonté de se réapproprier une respectabilité en termes de sexualité. Or, bon nombre de critiques de la SlutWalk affirment qu’une telle réappropriation suppose une respectabilité sociale préalable: un capital symbolique nécessaire pour pouvoir se réclamer d’une sexualité active et se réapproprier une insulte sexiste en public. En ignorant le combat des autres femmes pour la respectabilité, les activistes de la SlutWalk fermeraient les yeux sur leur propre position de pouvoir: celle qui leur permet de participer à la SlutWalk, sans tenir compte des dimensions fortement racialisées et classisées du sexisme. De plus, en recourant à leur sexualité comme à une ressource tactique, elles s’engageraient dans une mauvaise forme de lutte féministe, envisagée comme une forme de privilège aux effets d’exclusion racistes et classistes, ou encore, comme une capitulation face au sexisme. Mais en invalidant les tactiques de la SlutWalk, ces critiques refusent aussi la sexualité en public, qui est comprise comme un mode inacceptable de lutte féministe. Cela vient réarticuler la définition de la respectabilité féminine, qui repose sur une distinction public/privé hégémonique par laquelle l’intimité est reléguée au privé. Cette distinction sert par ailleurs la culture hétéronormative en refusant la pertinence de la sexualité comme forme de médiation dans l’espace public, de participation citoyenne et de représentation politique (Berlant et Warner, 2002: 193). Conséquemment, la respectabilité agit ici aussi comme un outil de contrôle social et sexuel des femmes en restreignant leur liberté de prendre la rue pour se revendiquer d’une sexualité active.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ATTWOOD, Feona. 2007. «Sluts and Riot Grrrls: Female Identity and Sexual Agency», &lt;em&gt;Journal of Gender Studies&lt;/em&gt;, vol. 16, no 3, p. 233-247.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BERLANT, Lauren, et Michael WARNER. 2002. «Sex in Public», in &lt;em&gt;Publics and Counterpublics&lt;/em&gt;, sous la dir. de Michael WARNER, New York: Zone Books, p. 187-208.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BLACK WOMEN’S BLUEPRINT. 2011. &lt;em&gt;An Open Letter from Black Women to the SlutWalk&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.huffingtonpost.com/susan-brison/slutwalk-black-women_b_980215.html&quot;&gt;http://www.huffingtonpost.com/susan-brison/slutwalk-black-women_b_980215...&lt;/a&gt;. Consulté le 14 janvier 2016.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BOGADO, Aura. 2011. &lt;em&gt;SlutWalk: A Stroll Through White Supremacy&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;https://tothecurb.wordpress.com/2011/05/13/slutwalk-a-stroll-through-white-supremacy/&quot;&gt;https://tothecurb.wordpress.com/2011/05/13/slutwalk-a-stroll-through-whi...&lt;/a&gt;. Consulté le 14 janvier 2016.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BUTLER, Judith. 2015. &lt;em&gt;Vulnerability and Resistance Revisited&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.warscapes.com/blog/judith-butler-speaks-about-vulnerability-and-resistance&quot;&gt;http://www.warscapes.com/blog/judith-butler-speaks-about-vulnerability-a...&lt;/a&gt;. Consulté le 14 janvier 2016.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;__________. 2004. &lt;em&gt;Le pouvoir des mots. Politique du performatif&lt;/em&gt;, trad. de l’anglais par Charlotte Nordmann, Paris: Amsterdam.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CARR, Joetta L. 2013. «The SlutWalk Movement: A Study in Transnational Feminist Activism», J&lt;em&gt;ournal of Feminist Scholarship&lt;/em&gt;, no 4, p. 24-38.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CHATEAUVERT, Melinda. 2013. &lt;em&gt;Sex Workers Unite: A History of the Movement from Stonewall to SlutWalk&lt;/em&gt;, Boston: Beacon Press.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DINES, Gail et Wendy J. MURPHY. 2011. «SlutWalk is Not Sexual Liberation», &lt;em&gt;The Guardian&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.theguardian.com/commentisfree/2011/may/08/slutwalk-not-sexual-liberation&quot;&gt;http://www.theguardian.com/commentisfree/2011/may/08/slutwalk-not-sexual...&lt;/a&gt;. Consulté le 14 janvier 2016.&lt;br&gt;&amp;nbsp;&lt;br&gt;DOW, Bonnie J. et Julia T. WOOD. 2014. «Repeating History and Learning From It: What Can SlutWalks Teach Us About Feminism?», &lt;em&gt;Women&#039;s Studies in Communication&lt;/em&gt;, vol. 37, no 1, p. 22-43.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FOUCAULT, Michel. 1976. &lt;em&gt;Histoire de la sexualité I. La volonté de savoir&lt;/em&gt;, Paris: &amp;nbsp;Gallimard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;__________. 1971. &lt;em&gt;L’ordre du discours&lt;/em&gt;, Paris: &amp;nbsp;Gallimard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HOBSON, Janel. 2011. «Should Black Women Oppose the Slutwalk?», &lt;em&gt;Ms Magazine&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.bwss.org/should-black-women-oppose-the-slutwalk-ms-magazine-blog-by-janelle/&quot;&gt;http://www.bwss.org/should-black-women-oppose-the-slutwalk-ms-magazine-b...&lt;/a&gt;. Consulté le 14 janvier 2016.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;JARVIS, Heather. 2011. &lt;em&gt;Racism and Anti-Racism: Why They Matter to SlutWalks&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www&quot;&gt;http://www&lt;/a&gt;. toronto.com/racism-and-anti-racism. Consulté le 14 janvier 2016.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LA MARCHE DES SALOPES DE MONTRÉAL. 2011. &lt;em&gt;Parce que nous en avons ras-le-bol!&lt;/em&gt; En ligne: &lt;a href=&quot;http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2011/05/une-marche-des-salopes-&quot;&gt;http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2011/05/une-marche-des-salo...&lt;/a&gt;à-montréal.html. Consulté le 14 janvier 2016.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MASSEY, Doreen. 1998. «The Spatial Construction of Youth Cultures», in &lt;em&gt;Cool Places: Geographies of Youth Culture&lt;/em&gt;, sous la dir. de Tracey SKELTON et Valentine GILL, Londres: Routledge, p. 120-129.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MIRIAM, Kathy. 2012. «Feminism, Neoliberalism, and SlutWalk», &lt;em&gt;Feminist Studies&lt;/em&gt;, vol. 38, no 1, p. 262.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;O’REILLY, Andrea. 2012. «Slut Pride: A Tribute to SlutWalk Toronto», &lt;em&gt;Feminist Studies&lt;/em&gt;, vol. 38, no 1, p. 245.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;REGER, Jo. 2014. «Micro-Cohorts, Feminist Discourse, and the Emergence of the Toronto SlutWalk»,&lt;em&gt; Feminist Formations&lt;/em&gt;, vol. 26, no 1, p. 49-69.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;__________. 2014a. «The Story of a SlutWalk: Sexuality, Race, and Generational Divisions in Contemporary Feminist Activism», &lt;em&gt;Journal of Contemporary Ethnography&lt;/em&gt;, p. 1-29.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RINGROSE, Jessica et Emma RENOLD. 2012. «Slut-Shaming, Girl Power and ‘Sexualisation’: Thinking Through the Politics of the International SlutWalks with Teen Girls», &lt;em&gt;Gender and Education&lt;/em&gt;, vol. 24, no 3, p. 333-343.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SKEGGS, Beverly. 1997. &lt;em&gt;Formations of Class and Gender: Becoming Respectable&lt;/em&gt;, Londres: Sage.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;VALENTI, Jessica. 2011. «SlutWalks and the Future of Feminism», &lt;em&gt;The Washington Post&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.washingtonpost.com/opinions/slutwalks-and-the-future-of-feminism/2011/06/01/AGjB9LIH_story.html&quot;&gt;http://www.washingtonpost.com/opinions/slutwalks-and-the-future-of-femin...&lt;/a&gt;. Consulté le 14 janvier 2016.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;VANCE, Carole. 1984. «Pleasure and Danger: Toward a Politics of Sexuality», in &lt;em&gt;Pleasure and Danger. Exploring Female Sexuality&lt;/em&gt;, sous la dir. de Carol VANCE, Londres: Routledge, p. 1-27.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WALIA, Harsha. 2011. «Slutwalk: To March or Not to March », &lt;em&gt;Rabble.ca&lt;/em&gt;. En ligne: &lt;a href=&quot;http://rabble.ca/news/2011/05/slutwalk-march-or-not-march&quot;&gt;http://rabble.ca/news/2011/05/slutwalk-march-or-not-march&lt;/a&gt;. Consulté le 14 janvier 2016.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_010fwj7&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_010fwj7&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Traduction du manifeste original de la SlutWalk Toronto par l’organisation de la Marche des salopes de Montréal (2011).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_4ui85ze&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_4ui85ze&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Notre traduction.&lt;/li&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Je m’intéresse ainsi à la SlutWalk du point de vue des discours et des controverses dont elle fait l’objet au sein des cercles féministes, ainsi qu’aux façons par lesquelles ces controverses réarticulent une compréhension normative de la respectabilité sexuelle des femmes en général et du bon sujet féministe en particulier. Afin d’obtenir un portrait d’ensemble de ces controverses et de cerner leurs effets normatifs, j’ai effectué une analyse de discours critique (Foucault, 1971) des débats entourant la SlutWalk, analyse qui met en lumière les enjeux et les tensions qui caractérisent depuis longtemps la place de la sexualité dans les théories, les débats et l’activisme féministes.&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=6994&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Mercier, Élisabeth&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2017. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/sexualite-des-femmes-et-activisme-feministe-le-cas-controverse-de-slutwalk&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Sexualité des femmes et activisme féministe: le cas (controversé) de SlutWalk&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/sexualite-des-femmes-et-activisme-feministe-le-cas-controverse-de-slutwalk&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/sexualite-des-femmes-et-activisme-feministe-le-cas-controverse-de-slutwalk&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Féminismes, sexualités, libertés&lt;/span&gt;. 2017. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Sexualit%C3%A9+des+femmes+et+activisme+f%C3%A9ministe%3A+le+cas+%28controvers%C3%A9%29+de+SlutWalk&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-50-5&amp;amp;rft.date=2017&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Mercier&amp;amp;rft.aufirst=%C3%89lisabeth&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Mon, 28 Feb 2022 16:30:56 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>La sexualité: un lieu politique d&#039;où défaire les rapports d&#039;oppression?</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/en/articles/la-sexualite-un-lieu-politique-dou-defaire-les-rapports-doppression</link>
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;«Féminismes, sexualité, liberté»: le titre du colloque anniversaire de l’IREF en 2016 a conjugué trois termes qui évoquent immédiatement le courant du féminisme sexe-positif. Écrire un texte pour l’occasion ne fut pas chose aisée, même si la liberté sexuelle, les représentations de la sexualité et le féminisme dit «sexe-positif» ou «pro-sexe» sont à mes yeux un important moteur de réflexion et d’action.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce triptyque «féminismes, sexualité, liberté» a inspiré les romans que j’ai écrits, les spectacles que j’ai produits, et a nourri par ailleurs ma réflexion en tant qu’enseignante-chercheuse travaillant sur les représentations médiatiques du genre et des sexualités. Néanmoins, mon rapport à la thématique de la liberté sexuelle s’est compliqué ces dernières années. Un malaise en moi a grandi, suscité par un certain type de discours sur la liberté sexuelle en France et dans d’autres pays, sur les causes que sert ce discours, et ce qu’il sert à discréditer.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il me faudra revenir sur des éléments de contexte dans lesquels s’est développé ce discours, qui n’affecte pas que la France. Il m’a semblé nécessaire d’entamer une réflexion plus large sur la manière dont la notion de «liberté sexuelle» et les minorités sexuelles peuvent être paradoxalement instrumentalisées: d’une part, elles sont devenues objets discursifs dans le cadre d’une politique anti-migratoire aux fondements racistes; d’autre part, elles se voient dénier l’égalité des droits civiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’orientation sexuelle comme variable discriminatoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le terme de «liberté» est associé à celui d’«égalité» et de «fraternité» dans la devise inscrite au fronton de la République française. Or on ne peut pas associer «liberté» et «égalité» avec le terme de «sexualité» sans soulever une série de questions politiques: les minorités sexuelles ont été au cœur de débats très virulents sur ce sujet.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les couples de même sexe peuvent aujourd’hui se marier en France grâce à la loi qu’a défendue l’ex-ministre de la Justice, Christiane Taubira. Cette loi sur le mariage donne la possibilité aux personnes mariées d’adopter légalement les enfants nés de leur conjointe ou conjoint, en l’absence d’un autre parent légal (ou si ce parent légal renonce à l’autorité parentale devant un notaire et un juge des affaires familiales&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_p8ie5qs&quot; title=&quot;On constate cependant que les juges aux affaires familiales tendent à refuser l’adoption de l’enfant du conjoint aux couples d’hommes (parce qu’en l’absence de mère, les juges suspectent qu’il y a eu recours à une gestation pour autrui, interdite en France). Les couples de femmes ayant eu recours à la procréation médicalement assistée à l’étranger se voient en revanche plus facilement accorder l’adoption de l’enfant de la conjointe.&quot; href=&quot;#footnote1_p8ie5qs&quot;&gt;1&lt;/a&gt;). L’accès à la procréation médicale assistée (PMA) est toujours interdit aux couples de femmes et aux femmes célibataires; seuls les couples hétérosexuels peuvent y accéder.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La France a donc mis en place une égalité paradoxale qui remet l’hétérosexualité au centre et l’homosexualité, ainsi que le célibat, à la marge –même si la grande majorité des familles monoparentales sont composées de mères célibataires et des enfants qu’elles élèvent. D’un point de vue féministe matérialiste, on peut dire que ce sont les femmes célibataires qui contribuent le plus au renouvellement et à l’élevage de la force de travail du pays –et pourtant elles comptent parmi les populations les plus démunies économiquement. Mais une femme qui décide de faire volontairement un enfant sans homme n’a toujours pas accès à la PMA, pas plus que les lesbiennes et les gays.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La sexualité (le choix d’orientation sexuelle, de même que la liberté sexuelle) est ainsi une variable qui permet de questionner l’égalité en termes de droits civiques. Car la sexualité est liée aux relations et donc aux formes de légitimation des relations. Le mariage, par exemple, confère une légitimation sociale forte. Or le mariage sanctifie la relation entre deux personnes; le modèle du couple hétérosexuel est le modèle sur lequel doit se calquer toute relation pour acquérir cette légitimité sociale. Quand il s’agit de fonder une famille, le couple hétérosexuel procréateur reste le seul couple légitimé. Les autres devront aller en Belgique, en Espagne ou au Danemark pour procréer et devront obligatoirement se marier pour que leur compagnon ou compagne puisse légitimement être considéré comme parent.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourtant, grâce aux techniques médicales de contraception, la sexualité n’est plus exactement synonyme de reproduction. En France, les femmes ont acquis le droit de contrôler leur fertilité, le droit de ne plus être exploitées en tant que procréatrices. Mais l’orientation sexuelle sert encore à distinguer ceux-celles qui peuvent légalement devenir géniteurs et ceux-celles qui doivent se rendre à l’étranger pour concevoir des enfants. Ce sont principalement les gays et lesbiennes ou les célibataires des classes socioéconomiques supérieures qui ont les moyens de le faire. Cette sélection par le niveau de revenus ressemble à une forme d’eugénisme économique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’en viens à l’importance d’introduire ici le terme de féminisme, lorsqu’il est question de sexualité et de liberté. Les opposants à la loi Taubira&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_pfsw7an&quot; title=&quot;Loi d’ouverture du mariage aux couples de même sexe qui fut votée après le 17 mai 2013 suite à de longs et houleux débats (voir : http://www.gouvernement.fr/action/le-mariage-pour-tous).&quot; href=&quot;#footnote2_pfsw7an&quot;&gt;2&lt;/a&gt;, rassemblés par l’organisation qui s’est intitulée «La manif pour tous» (façon de détourner le concept de «mariage pour tous» afin de s’y opposer) ont clamé que les gays et lesbiennes réclamaient un «droit à l’enfant»; cela leur semblait inconcevable qu’on puisse réclamer comme un droit l’accès à la procréation médicalement assistée. Ils ne se sont pas questionnés sur le fait que les couples hétérosexuels ayant des problèmes de fertilité étaient &lt;em&gt;de facto &lt;/em&gt;dans la même position que les couples de même sexe et les célibataires, tandis que l’accès aux matériaux et technologies permettant la procréation est accordé à ceux-là mais pas à ceux-ci. Ils ne se sont pas questionnés, puisque même en l’absence de capacité biologique du couple hétérosexuel à concevoir de façon dite «naturelle», ce couple reste le seul considéré comme légitime pour procréer, à la fois par la loi et par la société.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La sexualité, l’orientation sexuelle, est un critère qui sert donc encore aujourd’hui à distinguer deux catégories: les personnes qui sont légitimement et légalement habilitées à se reproduire, et celles qui ne le sont pas. Et pourtant, les plus fervents détracteurs de la loi Taubira ont accusé l’homosexualité de conduire à la fin de l’humanité puisque les homosexuels-les ne peuvent se reproduire entre eux; en même temps, on les empêchait légalement d’accéder aux technologies médicales de la procréation. Ces personnes affirmaient défendre les droits de l’enfant, tout en voulant par ailleurs empêcher les familles homoparentales déjà existantes de bénéficier de la même protection sociale et juridique que les familles hétéroparentales.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Durant la longue année qu’a duré le débat sur la loi sur le «mariage pour tous», la ministre de la Justice, Christiane Taubira, combattait dans l’arène de l’Assemblée nationale, avec tous ses mots en rangées de soldats, bataillons d’arguments et phrases de poètes. De sa voix infatigable, le menton levé et le verbe tendu, elle se battait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sur la place Denfert-Rochereau à Paris, où j’habitais alors, se massaient régulièrement des centaines de personnes lors de ce qu’ils ont appelé les «Manifs pour tous». Des personnes souriantes formant une foule colorée de bleu et rose, une foule confiante dans la certitude qu’elle était rassemblée pour le meilleur, pour l’avenir, pour les enfants. Les enfants étaient nombreux d’ailleurs, emmenés là par leurs parents comme à la kermesse, tenant haut des ballons, heureux d’être perchés sur les épaules de papa et maman, sans se douter de rien, parce que c’étaient des enfants. Des &lt;em&gt;selfie&lt;/em&gt; en famille étaient pris à ces occasions, les gens ont posté sur Facebook des photos en souvenir de ces manifs sous un ciel clair et un soleil éclatant. La bonne humeur, la certitude qu’ils défendaient l’avenir des enfants, la logique implacable de l’argumentaire «les homos sont avec nous», «les homos ne sont pas pour le mariage», tout cela était sans doute très loin, dans l’imaginaire des manifestants, très loin de la violence que j’ai reçue en plein cœur chaque fois que je les voyais sous mes fenêtres, avec leur pancartes et leurs slogans, ou lorsque je marchais sur un de ces tags imprimés en bleu et rose sur le trottoir et que les pluies d’automne ne parvenaient pas à effacer: le slogan «pour une humanité durable» inscrit sous la silhouette d’un homme, d’une femme, d’un garçonnet et d’une fillette, se tenant tous par la main en ribambelle, censément symbolique de la famille idéale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans mon pays et dans bien d’autres, lorsqu’on introduit la variable de la sexualité, Égalité et Liberté marchent sur la tête&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_ib3d380&quot; title=&quot;Dans le sens que tout est sens dessus-dessous, que les choses tournent à l’inverse du bon sens, de la logique, de la justice…&quot; href=&quot;#footnote3_ib3d380&quot;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et tandis que les minorités sexuelles se voient dénier l’égalité des droits civiques, la notion de liberté sexuelle et la liberté d’orientation sexuelle sont instrumentalisées dans le cadre de politiques anti-migratoires, et servent de valeurs-boucliers aux discours racistes.&lt;br&gt;Afin d’illustrer ce phénomène, je prendrai le cas de l’Allemagne avant d’en revenir à la France et au malaise, évoqué plus haut, que suscite en moi la façon dont la «liberté sexuelle» est mobilisée aujourd’hui afin de disqualifier tout un pan de la population.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La liberté sexuelle comme «valeur nationale»?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’Allemagne impose depuis 2008 un &lt;em&gt;Einbürgerungstest&lt;/em&gt; (test d’accès à la citoyenneté), qui concerne les candidats à l’immigration. Il constitue la dernière étape du parcours de demande d’accès à la citoyenneté allemande et porte sur les compétences linguistiques en allemand, la connaissance de l’histoire de l’Allemagne, et les qualifications du candidat pour le marché du travail allemand. On exige des migrants extra-européens un certain niveau de langue allemande et de la culture allemande afin de pouvoir rester sur le sol allemand. Cette compétence n’est pas exigée des migrants intra-européens; ainsi, sans parler un mot d’allemand, des colonies de jeunes Français vivent aujourd’hui à Berlin, ville qui attire la jeunesse, les musiciens et les artistes. Il n’est pas nécessaire de parler l’allemand pour vivre à Berlin, ville cosmopolite, vous diront la plupart de ces jeunes Français. Les jeunes Turcs, eux, vous diront qu’il leur faut prendre des cours de langue et de culture allemande pour espérer pouvoir rester dans le pays.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme l’Allemagne est un état fédéral, certains &lt;em&gt;Länder&lt;/em&gt; avaient d’abord rédigé leur version de ce test (il n’y avait pas de test fédéral avant 2008). Le test du &lt;em&gt;Land&lt;/em&gt; du Baden-Württemberg a soulevé une polémique en 2007. Originellement destiné aux migrants de pays musulmans (plus précisément les ressortissants des 57 pays de l’Organisation de la coopération islamique), il a été finalement appliqué à tous les migrants musulmans, quel que soit leur pays d’origine. Les candidats musulmans à l’immigration (majoritairement des Turcs en Allemagne) faisaient donc l’objet d’un examen visant à évaluer s’ils avaient assimilé les «valeurs» du pays d’accueil. Parmi les 30 questions aux candidats à l’immigration (toujours posées à l’oral ou sous forme de conversation) du test d’accès à la citoyenneté de ce &lt;em&gt;Land&lt;/em&gt;, certaines portaient sur leur conception des rôles homme/femme, et sur ce qu’ils pensaient de l’homosexualité. On pouvait leur poser par exemple des questions du type : «comment réagiriez-vous si votre fils était homosexuel?». Ce qui construit en creux l’Allemagne comme pays d’ouverture et de tolérance et le candidat migrant musulman comme potentiellement arriéré, rétrograde et conservateur.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce test a été beaucoup critiqué en Allemagne car il était stigmatisant pour les migrants musulmans. La nouvelle ministre du Baden-Württenberg, Bilkay Önay, d’origine turque, l’a aboli (il existe donc depuis 2008 un &lt;em&gt;Einbürgerungstest&lt;/em&gt; effectif dans toute l’Allemagne, pour tous les migrants-es extra-européens, et qui ne comporte pas de question relative à l’orientation sexuelle).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faut noter que l’Allemagne vient à peine, en 2013, d’accorder aux homosexuels-les le droit d’adopter l’enfant de leur conjoint-e. Par ailleurs, le contrat d’union civile par lequel les gays et lesbiennes peuvent s’unir depuis 2001 (&lt;em&gt;Eingetragene Lebenspartnerschaft Gesetz&lt;/em&gt;) n’équivaut pas au mariage (car pour modifier le droit au mariage, l’Allemagne devrait ouvrir sa constitution, ce qu’elle refuse de faire). L’accès à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) n’est pas accordé aux homosexuels-les. L’insémination artificielle pour les femmes célibataires n’est pas légalement interdite, mais les gynécologues ne la pratiquent généralement pas.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce cas m’amène au cœur du sujet qui me préoccupe: la liberté sexuelle, la liberté des femmes à disposer de leur corps (qui est historiquement une valeur centrale du mouvement féministe), sert aujourd’hui à alimenter une rhétorique islamophobe omniprésente dans les discours médiatiques, politiques et profanes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Certains discours qui conjuguent aujourd’hui «liberté» et «sexualité» en France le font d’une manière inquiétante. Il faut revenir aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris, un épisode traumatique pour le pays entier, et qui a donné lieu à un flux énorme de discours dans les médias et sur les réseaux sociaux. À l’heure où j’écris ce texte, nous venons de commémorer la date anniversaire de ces événements tragiques, un an après. Durant les mois qui ont suivi ces attentats, le pays entier avait besoin d’en parler, de se situer par rapport à cet événement, de comprendre et de dire son ressenti. C’était une grande catharsis après un traumatisme violent.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parmi ce flot multiple et polyphonique de discours, a émergé un type de rhétorique que l’on retrouvait dans la bouche ou sous la plume de personnalités politiques, de journalistes, mais aussi de simples citoyens. Ce type de discours pourrait se résumer ainsi: «&lt;em&gt;C’est la République qui est attaquée, ce sont &lt;u&gt;nos&lt;/u&gt; valeurs et &lt;u&gt;notre&lt;/u&gt; mode de vie&lt;/em&gt;». Le «nous» en question désignait en réalité, implicitement, les gens qui boivent des bières en terrasse des bistrots parisiens. Ce «nous» assimilant la France et la République à un certain mode de vie hédoniste et consumériste allait de pair avec une célébration de la «liberté» française, qui désignait là explicitement la liberté pour les jeunes de fréquenter les terrasses et la liberté pour les femmes de porter des minijupes. Le sous-texte de ce discours, son contenu implicite, pourrait être résumé ainsi: «&lt;em&gt;“&lt;u&gt;Nous&lt;/u&gt;” en France, on est libres de porter des minijupes. “Nous” en France on ne porte pas le voile&lt;/em&gt;». Ce type de discours relègue hors de la communauté nationale toute une partie de la population. Et la liberté, devenue synonyme de liberté sexuelle, est réduite à la liberté de reluquer des filles en minijupe tout en buvant des verres en terrasse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On a alors pu lire sur les réseaux sociaux des déclarations de simples individus, ou d’artistes (le plus souvent d’hommes cisgenres hétérosexuels) affirmant que ces attaques terroristes visaient la culture française (entendue au sens de culture hédoniste et de liberté sexuelle) et clamant haut et fort leur passion pour le sexe, revendiquant explicitement leur plaisir de faire l’amour aux femmes, décrivant par le menu leurs pratiques sexuelles, expliquant que c’était une liberté et que les terroristes voulaient leur interdire cet hédonisme et cette liberté. Cette glorification de la liberté sexuelle est alors érigée en valeur fondamentale de la France –tout comme la valeur de la liberté d’expression lors des attentats contre le journal &lt;em&gt;Charlie Hebdo&lt;/em&gt; en janvier 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi, liberté d’expression et liberté sexuelle sont érigées comme des valeurs fondamentales de la France visée par les terroristes. Ce qui me semble problématique (outre le fait que le colonialisme, l’impérialisme et les interventions militaires de la France en Syrie, par exemple, sont oblitérées de ce type de discours), c’est que la valeur de liberté sexuelle devient le droit pour les hommes hétéros de parler des femmes françaises comme (au mieux) des partenaires sexuelles potentielles ou (au pire) comme des objets sexuels à qui il faut garantir, voire imposer, la liberté de porter des minijupes et de coucher avec eux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans ce contexte, il devient difficile de parler de liberté sexuelle, les discours du féminisme sexe-positif sont pris dans un étau. Dans ce contexte, la liberté sexuelle me semble une valeur hégémonique occidentale appliquée contre toutes les catégories de population qui ne sont pas blanches, athées, hétérosexuelles, hédonistes et capitalistes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Que peut être un féminisme «sexe-positif» dans un tel contexte?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je reste convaincue qu’on peut toujours travailler sur les rapports d’oppression à partir du langage, du discours et des représentations du sexuel. La question que je me pose, c’est celle des stratégies.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La sexualité comme lieu politique d’où défaire les rapports d’oppression?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au sein des mouvements féministes, les liens entre sexualité et rapports d’oppression font depuis longtemps l’objet d’une discussion serrée. La question des sexualités minoritaires-minorisées, du travail du sexe et de la pornographie notamment, donnent lieu à des conflits définitoires majeurs et des clivages relatifs aux enjeux et stratégies de la lutte féministe. En témoigne par exemple le clivage des années 1970 entre les lesbiennes politiques et les féministes, qui considèrent alors que l’orientation sexuelle est d’ordre personnel et lui dénient son caractère politique, son pouvoir de remise en cause des rapports d’oppression hétérosexistes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce conflit politique conduisit notamment à la scission du comité de rédaction et à l’arrêt de publication de la revue&lt;em&gt; Questions féministes&lt;/em&gt; en 1980, après la publication de l’article de Monique Wittig intitulé «La pensée straight».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Partant de la célèbre citation de Simone de Beauvoir, «on ne naît pas femme, on le devient»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_qs5bhrp&quot; title=&quot;Au sujet des limites du constructivisme de Beauvoir sur la question de l’hétérosexualité, voir notamment Chetcuti (2009).&quot; href=&quot;#footnote4_qs5bhrp&quot;&gt;4&lt;/a&gt;, Monique Wittig pousse la réflexion pour démontrer que «ce qui fait une femme, c’est une relation sociale particulière à un homme, relation que nous avons autrefois appelée de servage, relation qui implique des obligations personnelles et physiques aussi bien que des obligations économiques ⦋…⦎, relation à laquelle les lesbiennes échappent en refusant de devenir ou de rester hétérosexuelles» (2013 ⦋1980⦎: 56). Wittig en conclut (dans un autre texte) que «les lesbiennes ne sont pas des femmes» (67), ajoutant en post-scriptum: «n’est pas davantage une femme d’ailleurs toute femme qui n’est pas dans la dépendance personnelle d’un homme» (1980: 53)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_cq1sn0y&quot; title=&quot;Post-scriptum absent dans la version du texte parue dans le recueil La pensée straight (2013).&quot; href=&quot;#footnote5_cq1sn0y&quot;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’hétérosexualité est alors dévoilée comme un régime politique, que Wittig théorise avec la notion de &lt;em&gt;contrat social&lt;/em&gt;, empruntée à Jean-Jacques Rousseau. Le &lt;em&gt;contrat social&lt;/em&gt; est une forme d’association qui «défend et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéit pourtant qu’à lui-même et reste aussi libre qu’auparavant» (58). Le &lt;em&gt;contrat social&lt;/em&gt;, qu’il faut redéfinir «tant que les contractants ne sont pas satisfaits» (63), est un horizon politique, une utopie. Wittig rappelle que la promesse rousseauiste d’un contrat social devant s’accomplir pour le bien de chacun et de tous ne s’est historiquement jamais réalisée, mais elle reprend cette notion en expliquant que puisque l’hétérosexualité est la norme, le contrat social actuel est un &lt;em&gt;contrat hétérosexuel&lt;/em&gt;. Ainsi, «vivre en société c’est vivre en hétérosexualité» (61). Or, dans ce contrat social hétérosexuel, la classe des femmes est en situation de servage, en situation subalterne. Pour Wittig, redéfinir le contrat social implique donc de «rompre avec le contrat hétérosexuel, former par exemple des “associations volontaires”, dans lesquelles la liberté de chacune est essentielle. C’est échapper à la classe des femmes, comme les serfs fugitifs qui allaient ailleurs former des “associations volontairesˮ» (&lt;em&gt;Ibid.&lt;/em&gt;).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Wittig définit ainsi le lesbianisme «comme une position politique et non comme une “sexualitéˮ différente»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_ipgyw1k&quot; title=&quot;Je reprends les termes de la «Lettre au mouvement féministe» du 1er mars 1981, republiée dans la revue Miroirs-miroirs (2015).&quot; href=&quot;#footnote6_ipgyw1k&quot;&gt;6&lt;/a&gt;. En cela, elle se distingue du courant majoritaire au sein du féminisme matérialiste de son époque. Une scission au sein du féminisme se crée alors autour de cette question de la sexualité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Wittig avait vu le danger et l’impasse qui consistent à réduire la sexualité à la simple question de la liberté d’orientation sexuelle, d’en parler comme d’un choix individuel sans portée politique. Wittig montre qu’il faut adjoindre aux termes de liberté et de sexualité le terme de féminisme (comme dans le titre du colloque-anniversaire de l’IREF qui fait l’objet de la présente publication). Parce que l’équation «sexualité et liberté» n’implique pas que la liberté sexuelle, ce sont les termes d’un enjeu politique majeur, l’équation au fondement d’un débat qui remet en cause les rapports de pouvoir et d’exploitation qui structurent la société.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce débat féministe autour de la dimension politique du lesbianisme et le débat féministe autour du travail du sexe et de la pornographie sont corrélés. Ces deux débats concernent (notamment, mais pas exclusivement) la dimension politique de la sexualité. Ils touchent le droit de chacun-e à disposer de son corps, la question de l’autodétermination, mais aussi les rapports de production et d’oppression.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est pourquoi, à partir d’une posture qui est celle du lesbianisme politique, à partir d’une volonté qui est celle de réfléchir aux rapports d’oppression et d’exploitation, je me pose aujourd’hui des questions au sujet des stratégies et des enjeux du féminisme dit «pro-sexe» ou «sexe-positif».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le grand&lt;em&gt; backlash&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le féminisme dit sexe-positif en France vit aujourd’hui, à mon avis une période de &lt;em&gt;backlash&lt;/em&gt;, ou de ressac. Ce ne sont pas tellement les opposants aux valeurs et au combat de ce courant du féminisme qui m’inquiètent. Les abolitionnistes, censeurs et conservateurs me semblent moins menaçants aujourd’hui que la façon dont certains principes au fondement du féminisme sexe-positif sont utilisés, ceux qui les utilisent, et ce que ces principes servent à promouvoir et à discréditer aujourd’hui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par féminisme «pro-sexe», je désigne en premier lieu les féministes américaines qui ont réagi durant la période des &lt;em&gt;sex wars&lt;/em&gt; contre le mouvement féministe abolitionniste qui militait contre le travail du sexe et la pornographie. Le mouvement abolitionniste et pour la censure, qu’on a appelé parfois trop hâtivement «anti-sexe», a suscité en réponse le mouvement qu’on a appelé «pro-sexe», ou sexe-positif, termes que j’utiliserai ici de façon interchangeable (je ne reviendrai pas sur l’histoire de ce mouvement).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En France s’est développé aussi un mouvement de travailleuses et travailleurs du sexe en réaction aux lois de prohibition de la prostitution et aux discours féministes abolitionnistes. Ce mouvement produit des ouvrages, s’est doté d’organismes comme le STRASS (le Syndicat des travailleuses et travailleurs du sexe) et compte des activistes qui s’expriment dans les médias. Il vise notamment à améliorer les droits, la considération sociale et les conditions de travail des travailleuses et travailleurs du sexe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ailleurs, nombre d’artistes et d’auteurs-es ont travaillé sur la dimension politique du sexuel à travers une approche féministe ou &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt; −par la création visuelle, l’écriture littéraire, la performance, la recherche chorégraphique. Il s’agit alors de tordre les barreaux sémantiques qui encagent les corps et sexualités non hétéronormées et leur assignent une position altérisée, minoritaire, déviante, voire délictueuse.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le postulat commun à ces travaux, œuvres et recherches est la conviction que l’on peut, dans l’espace d’un texte ou d’une œuvre visuelle, ou le temps d’un spectacle, abolir la &lt;em&gt;marque du genre&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_r1z23q5&quot; title=&quot; Monique Wittig, « La marque du genre », dans &amp;nbsp;La pensée straight, 2013 (2001), p. 115-125 (texte initialement publié en anglais sous le titre «The Mark of Gender», dans Feminist Issues, n° 2, 1985).&quot; href=&quot;#footnote7_r1z23q5&quot;&gt;7&lt;/a&gt; qui assigne certaines catégories à une posture subalterne, la conviction, autrement dit, que l’on peut saper les rapports d’oppression en partant du sexuel et de ses représentations. Que l’on peut changer les regards sur les corps et les sexualités, pour qu’ils soient perçus et conçus hors des lectures majoritaires et des rapports de production hégémoniques.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce sont des expériences sémiopolitiques, des tentatives de décodage-recodage des représentations de la sexualité, de resémantisation des signifiants du sexuel, réalisées en littérature ou sur scène, dans des perspectives féministes et &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt;. Selon le contexte de réception, se pose la question de la dimension subversive de ces images, textes et performances qui s’emparent du sexuel. Car la potentialité subversive varie selon les publics et les contextes de réception, et selon le degré d’ouverture ou de clôture sémiotique des œuvres (leur caractère polysémique ou univoque).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais, au-delà du sempiternel débat sur le caractère subversif de telle ou telle œuvre ou discours, comment la politique des représentations du sexuel s’articule-t-elle avec la lutte contre les rapports de production et d’oppression matérielle?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quel est d’abord le lien entre l’espace de la scène, des arts, de la recherche, et la lutte politique, sociale, juridique, des travailleuses et des travailleurs du sexe?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il existe des liens concrets, comme le fait que, dans certains spectacles, œuvres, travaux, les interprètes ou auteurs-es exercent par ailleurs une activité de travailleuse ou travailleur du sexe. L’expérience de chacun-e est singulière et ne peut être représentative de l’ensemble des parcours et réalités de tous-tes des travailleuses et travailleurs du sexe, mais ils et elles proposent une réflexion sur ce qu’est le travail du sexe, depuis leur position située.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’autre lien concret, c’est la participation de certaines artistes au débat d’idées dans le champ du féminisme sexe-positif, artistes qui s’engagent pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe. Des performeuses et performeurs, artistes, auteurs-es, metteurs-es en scène, vidéastes et réalisateurs-trices véhiculent un discours politique en tant que personnalités publiques.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On peut se demander si la création artistique, par exemple, contribue à changer réellement les conditions des travailleuses et travailleurs du sexe. Cela renvoie au débat (sans issue) sur ce qui détermine en dernière instance les rapports de domination: la base (les rapports d’exploitation) ou bien la superstructure (la culture, le langage, le symbolique, etc.)?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je reste convaincue que ce n’est pas inutile de travailler sur les représentations, convaincue que le langage et les représentations ne sont pas déconnectés du matériel, des logiques d’exploitation. Le langage contribue à forger nos cadres d’expérience du réel. Les populations stigmatisées dans le langage sont souvent celles qui sont exploitées matériellement, qui font aussi l’objet de violences économiques et physiques.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lutter sur le terrain des représentations afin d’agir sur les cadres d’expérience du réel, pour agir donc sur la réalité, cela reste néanmoins une question délicate. On peut défendre l’idée (que défendait Wittig) qu’en travaillant sur le langage, on peut agir sur le réel, c’est-à-dire que les œuvres produites sur nos sexualités (œuvres littéraires, œuvres visuelles) ont une incidence sur la façon dont seront perçus, considérés et traités les vécus minoritaires et minorisés. Il reste à définir dans quelle mesure de telles œuvres agissent sur les rapports de production et d’exploitation.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il me semble qu’en travaillant à déstigmatiser le travail du sexe, la nudité, le travail pornographique et les sexualités alternatives dans le langage et les représentations, on n’a pas pour autant mis fin aux logiques d’exploitation. On a assisté, en France et ailleurs en Occident, à l’absorption capitaliste et à la médiatisation d’une version «allégée» des discours et des représentations féministes sexe-positives. Les femmes libérées sexuellement et qui montrent leur corps, des filles qui revendiquent l’empowerment par la nudité, cela n’a pas déstructuré profondément le capitalisme ni le patriarcat. Cela ne signifie pas la même chose et n’a pas le même coût non plus selon qu’on est blanche ou pas. Athée ou pas. Selon qu’on vient de tel ou tel milieu social.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;bell hooks, dans son ouvrage &lt;em&gt;Ne suis-je pas une femme? Femmes noires et féminisme&lt;/em&gt; (1981), explique que les femmes noires ont été exploitées sexuellement, tout en étant considérées par les Blancs (et les Blanches) comme responsables de l’exploitation sexuelle qu’elles subissaient en tant que femmes esclaves, et qu’elles ont continué à subir par la suite. La respectabilité, la pudeur et la vertu étaient considérées comme des caractéristiques de femmes blanches. Les femmes noires étaient une force de travail gratuite mais aussi des reproductrices forcées, à qui l’on déniait le statut d’être humain. bell hooks cite nombre de témoignages qui montrent qu’encore aujourd’hui, les femmes noires sont considérées comme plus sexuelles que les autres, plus lascives, de moindre vertu et de moindre valeur morale. Elle publie cet ouvrage en 1981, mais il me semble que ce dont elle parle perdure dans la façon dont les femmes noires sont représentées dans les médias et la publicité aujourd’hui. La sexualité est là, toujours, avec le stéréotype de la femme lascive, de la tentatrice, de la femme plus proche d’un instinct sexuel animal et moins proche de la «civilisation» que la femme blanche. Dans une étude du magazine &lt;em&gt;Vogue &lt;/em&gt;datant de 2008, Nana Adusei-Poku (2010), chercheuse en études postcoloniales, montre que les femmes noires dans les magazines de mode sont sous-représentées et que lorsqu’un numéro spécial est dédié aux mannequins noires, c’est pour les représenter dénudées, parées de fourrures léopard, allongées parmi des fruits exotiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ni les enjeux ni les coûts ne sont les mêmes, pour les femmes blanches et pour les femmes noires, les femmes arabes, les femmes autochtones des pays colonisés, quand il s’agit de s’exprimer sur la sexualité, de militer pour ce qu’on appelle la &lt;em&gt;libération sexuelle&lt;/em&gt;, de produire des œuvres littéraires, théâtrales ou cinématographiques qui parlent de leur sexualité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela m’amène à l’autre question délicate posée par une écrivaine française, Lola Lafon, celle de la «prison de chair».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &lt;em&gt;prison de chair&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans un texte intitulé «Le chant des batailles désertées» publié en 2010, Lola Lafon se questionne sur le féminisme sexe-positif, sans pour autant le nommer explicitement ainsi. Les productions textuelles ou visuelles à caractère sexuellement explicite –telles que celles issues du mouvement sexe-positif– ne contribuent-elles pas à ramener encore la catégorie des femmes et les minorités sexuelles et de genre au corps et à la sexualité, à cette «maison de chair» où les femmes notamment ont toujours été cantonnées?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lola Lafon (2010) écrit ceci:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;À peine libéré d’une sexualité normée et moralisée, notre corps est entré dans l’ère du libérable obligatoire. Libérable de sa graisse, de traits jugés inégaux, à plastifier, de névroses le traversant ou d’ovaires paresseux. Et voilà chacune penchée sur son «soi», le massant d’huiles essentielles et guettant religieusement la provenance des nourritures proposées à ses entrailles et différents orifices et s’employant anxieusement à lui procurer un nombre suffisant d’orgasmes, à ce corps en «fonctionnement-production» maximal, signe extérieur d’équilibre obligatoire. Car il s’agit avant tout d’être épanouie, nouveau dogme qui semble interdire le désordre quel qu’il soit. À notre chevet, nous voilà devenues nos propres nourrissons.&amp;nbsp;&lt;br&gt;Pouvoir enfin débattre du genre, de la prostitution et avoir un accès déculpabilisé à la pornographie, tout ça a un instant semblé créer de nouveaux(elles) êtres désentravé(e)s, loin d’un féminisme plus victimaire. Mais…Subversives, les femmes qui commentent inlassablement leur sexe, leur désir, comme enfermées dans une maison de chair, autophage, bientôt? Sous des apparences joyeusement trash, revoilà l’injonction éternelle faite aux femmes de retourner à leur corps, au-dedans… Me voilà remise à ma place, enfermée face à mon sexe, cette place qui a toujours été la nôtre, où les femmes sont attendues et contenues, cette maison trop chaude: l’intime. La radicalité féministe aujourd’hui semble tourner presqu’uniquement [sic] autour de ce qu’on fait, ou pas, à et avec son corps. Et quand il relève la tête de son corps, le féminisme, il fait quoi?&lt;br&gt;Il demande à l’Empire de lui faire une place, en marge ou bien au centre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourquoi donc retourner dans la prison de chair? Peut-on en tordre les barreaux?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il s’agir d’abord, pour les sujets minorisés, de se réapproprier leur corps, qui est défini, possédé, parlé par d’autres. Il me semble qu’au fondement de la démarche militante sexe-positive, au-delà de la réaction au mouvement féministe abolitionniste et pour la censure de la pornographie, il existe un besoin, une envie de beaucoup de femmes, lesbiennes, travailleuses du sexe, de dire leur vécu, leur expérience du corps, de prendre la parole plutôt que d’être racontés-es et représentés-es par d’autres en des termes et avec des images dans lesquels elles ne se reconnaissent pas, voire qui insultent leur être et qui servent des politiques publiques qui dégradent encore plus leurs conditions d’existence. Je pense par exemple à la récente loi française sur la pénalisation des clients de la prostitution qui –les travailleuses du sexe l’ont dit et redit et les sociologues qui ont écouté et observé l’ont dit aussi– contribue à fragiliser encore plus les prostituées: parce que leurs clients commettent un acte illégal, cela force les prostituées à se cacher encore plus qu’avant pour exercer. Dans la clandestinité totale, elles ont encore moins de pouvoir de négociation vis-à-vis des clients.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il s’agit, pour les personnes issues des minorités sexuelles et de genre, comme pour celles et ceux qui sont travailleuses et travailleurs du sexe, de défendre une expertise propre devant les questions politiques, juridiques et sociales qui traversent leurs vécus et pratiques. Il y a la volonté de parler &lt;em&gt;pour soi &lt;/em&gt;plutôt que de laisser autrui parler &lt;em&gt;de soi&lt;/em&gt;. C’est ce qu’ont en commun, je crois, les féministes qui font du porno &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt; alternatif et qui sont loin de l’industrie pornographique &lt;em&gt;mainstream&lt;/em&gt;, et les travailleuses du sexe, prostituées, dont l’expérience est différente.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parler &lt;em&gt;pour soi&lt;/em&gt; touche à la politique de la représentation; or la représentation reste problématique. Car une expérience ne peut incarner toutes les autres, les personnes que les médias sollicitent ne peuvent incarner la pluralité des vécus LGBT ou la pluralité des vécus et des conditions de travail des travailleuses du sexe. Par ailleurs, les travailleuses du sexe peuvent difficilement s’exprimer dans les médias sur ces conditions de travail sans donner des munitions aux arguments des abolitionnistes, qui parlent systématiquement à leur place. Elles sont prises en étau entre les artistes &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt; féministes «sexe-positives» qui parlent du travail du sexe en général mais parfois sans connaître les conditions de travail réelles, et les discours abolitionnistes qui soutiennent des lois qui dégradent leurs conditions de travail et empirent les logiques d’exploitation. Et les féministes «pro-sexe» en général sont prises dans une double impasse: d’un côté la récupération néolibérale de la libération des corps et des sexualités, de l’autre l’érection de la liberté sexuelle comme valeur «occidentale» servant à discréditer les populations qui ne sont pas hédonistes, athées et court vêtues.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment faire usage du langage donc, comment faire usage du discours pour changer les cadres d’expérience du réel?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il n’existe pas de réponses sous forme de mode d’emploi. J’ai l’idée qu’on peut commencer par essayer de parler pour soi autant que pour les autres, à se demander toujours qui on oublie en parlant et ce que révèle cet oubli –le tout en veillant à ne pas parler à la place des autres. Embrasser la complexité, saisir le réel dans tout ce qu’il a de dense, de compliqué, d’invivable. Nommer les étaux et les impasses dans lesquels nous sommes prises. Ne pas évacuer la question de la liberté sexuelle, mais travailler dessus en superposant les grilles de lecture pour penser les autres oppressions qui y sont liées. Ne pas renoncer aux utopies politiques parce que le contrat social se fait et se refait chaque jour, au quotidien. Je conclurai en citant une phrase de bell hooks, issue d’un entretien qu’elle a donné en 2015 et qui nous incite au changement de paradigme, qui constate combien il est nécessaire que les différents courants du féminisme se questionnent en permanence et se remettent en cause mutuellement, afin de rester un moteur de changement social:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Mon engagement militant envers le féminisme demeure fort. La raison principale en est que le féminisme est le mouvement social contemporain qui s’est le plus remis en question. […] c’est l’un des aspects les plus remarquables et formidables aspects du mouvement féministe contemporain. […] Le féminisme a changé son paradigme, cela ne s’est pas fait sans hostilité, cela ne s’est pas fait sans que certaines femmes se sentent comme si on leur imposait la question de la race. Ce changement m’émerveille encore&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_uo5b9yc&quot; title=&quot;Citation originale: “My militant commitment to feminism remains strong, and the main reason is that feminism has been the contemporary social movement that has most embraced self-interrogation. When we, women of color, began to tell white women that females were not a homogenous group, that we had to face the reality of racial difference, many white women stepped up to the plate. I’m a feminist in solidarity with white women today for that reason, because I saw these women grow in their willingness to open their minds and change the whole direction of feminist thought, writing and action. This continues to be one of the most remarkable, awesome aspects of the contemporary feminist movement. The left has not done this, radical black men have not done this, where someone comes in and says, “Look, what you’re pushing, the ideology, is all messed up. You’ve got to shift your perspective.” Feminism made that paradigm shift, though not without hostility, not without some women feeling we were forcing race on them. This change still amazes me.” bell hooks: Buddhism, the Beats and Loving Blackness, By George Yancy and bell hooks December 10, 2015, consulté le 11/10/2016.&quot; href=&quot;#footnote8_uo5b9yc&quot;&gt;8&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ADUSEI-POKU, Nada. 2010. «White Issues, Italian Vogue’s ʽall blackʼ Issue and the Visual Imaginary», in &lt;em&gt;Perspektive -Medium- Macht. Zur kulturellen Codierung neuzeitlicher Geschlechterdispositionen&lt;/em&gt;, sous la dir. de Ann-Kristin DÜBER et Falko SCHNICKE, Würzburg, p. 175-201.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CHETCUTI, Natacha. 2009. «De “On ne naît pas femme” … à “On n’est pas femme”. De Simone de Beauvoir à Monique Wittig», &lt;em&gt;Genre, sexualité et société&lt;/em&gt;, n° 1, en ligne: &lt;a href=&quot;http://gss.revues.org/477&quot;&gt;http://gss.revues.org/477&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;&lt;p&gt;hooks, bell. 2016 (1981). &lt;em&gt;Ne suis-je pas une femme? Femmes noires et féminisme&lt;/em&gt;, traduction de l’anglais par Olga Potot, Roubaix (France): Cambourakis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LAFON, Lola. 2010. «Le chant des batailles désertées», &lt;em&gt;NRF&lt;/em&gt;, en ligne: &lt;a href=&quot;http://lolalafon.toile-libre.org/blog/?p=639&quot;&gt;http://lolalafon.toile-libre.org/blog/?p=639&lt;/a&gt; .&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WITTIG, Monique. 2013 (2001). &lt;em&gt;La pensée straight&lt;/em&gt;, trad. de l’anglais par Marie-Hélène/Sam. Bourcier, Paris: Amsterdam.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;__________. 1980. «La pensée straight»,&lt;em&gt; Questions féministes&lt;/em&gt;, n° 7, p. 45-53.&lt;br&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_p8ie5qs&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_p8ie5qs&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; On constate cependant que les juges aux affaires familiales tendent à refuser l’adoption de l’enfant du conjoint aux couples d’hommes (parce qu’en l’absence de mère, les juges suspectent qu’il y a eu recours à une gestation pour autrui, interdite en France). Les couples de femmes ayant eu recours à la procréation médicalement assistée à l’étranger se voient en revanche plus facilement accorder l’adoption de l’enfant de la conjointe.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_pfsw7an&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_pfsw7an&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Loi d’ouverture du mariage aux couples de même sexe qui fut votée après le 17 mai 2013 suite à de longs et houleux débats (voir : &lt;a href=&quot;http://www.gouvernement.fr/action/le-mariage-pour-tous&quot;&gt;http://www.gouvernement.fr/action/le-mariage-pour-tous&lt;/a&gt;).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_ib3d380&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_ib3d380&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Dans le sens que tout est sens dessus-dessous, que les choses tournent à l’inverse du bon sens, de la logique, de la justice…&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_qs5bhrp&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_qs5bhrp&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Au sujet des limites du constructivisme de Beauvoir sur la question de l’hétérosexualité, voir notamment Chetcuti (2009).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_cq1sn0y&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_cq1sn0y&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Post-scriptum absent dans la version du texte parue dans le recueil &lt;em&gt;La pensée straight &lt;/em&gt;(2013).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_ipgyw1k&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_ipgyw1k&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Je reprends les termes de la «Lettre au mouvement féministe» du 1er mars 1981, republiée dans la revue &lt;em&gt;Miroirs-miroirs&lt;/em&gt; (2015).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_r1z23q5&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_r1z23q5&quot;&gt;7.&lt;/a&gt;  Monique Wittig, « La marque du genre », dans &amp;nbsp;&lt;em&gt;La pensée straight&lt;/em&gt;, 2013 (2001), p. 115-125 (texte initialement publié en anglais sous le titre «&lt;em&gt;The Mark of Gender&lt;/em&gt;», dans &lt;em&gt;Feminist Issues&lt;/em&gt;, n° 2, 1985).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_uo5b9yc&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_uo5b9yc&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; Citation originale: “My militant commitment to feminism remains strong, and the main reason is that feminism has been the contemporary social movement that has most embraced self-interrogation. When we, women of color, began to tell white women that females were not a homogenous group, that we had to face the reality of racial difference, many white women stepped up to the plate. I’m a feminist in solidarity with white women today for that reason, because I saw these women grow in their willingness to open their minds and change the whole direction of feminist thought, writing and action. This continues to be one of the most remarkable, awesome aspects of the contemporary feminist movement. The left has not done this, radical black men have not done this, where someone comes in and says, “Look, what you’re pushing, the ideology, is all messed up. You’ve got to shift your perspective.” Feminism made that paradigm shift, though not without hostility, not without some women feeling we were forcing race on them. This change still amazes me.” &lt;a href=&quot;http://opinionator.blogs.nytimes.com/2015/12/10/bell-hooks-buddhism-the-beats-and-loving-blackness/&quot;&gt;bell hooks: Buddhism, the Beats and Loving Blackness&lt;/a&gt;, By George Yancy and bell hooks December 10, 2015, consulté le 11/10/2016.&lt;/li&gt;
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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Ce triptyque «féminismes, sexualité, liberté» a inspiré les romans que j’ai écrits, les spectacles que j’ai produits, et a nourri par ailleurs ma réflexion en tant qu’enseignante-chercheuse travaillant sur les représentations médiatiques du genre et des sexualités. Néanmoins, mon rapport à la thématique de la liberté sexuelle s’est compliqué ces dernières années. Un malaise en moi a grandi, suscité par un certain type de discours sur la liberté sexuelle en France et dans d’autres pays, sur les causes que sert ce discours, et ce qu’il sert à discréditer. 

Il me faudra revenir sur des éléments de contexte dans lesquels s’est développé ce discours, qui n’affecte pas que la France. Il m’a semblé nécessaire d’entamer une réflexion plus large sur la manière dont la notion de «liberté sexuelle» et les minorités sexuelles peuvent être paradoxalement instrumentalisées: d’une part, elles sont devenues objets discursifs dans le cadre d’une politique anti-migratoire aux fondements racistes; d’autre part, elles se voient dénier l’égalité des droits civiques.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 22 Feb 2022 20:16:46 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>Présentation: Féminismes, sexualités, libertés</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Parmi les revendications féministes des cinquante dernières années, le droit de disposer librement de son corps et de sa sexualité est l’une des plus fondamentales. Déjà objet de recherches depuis quelques décennies, cette thématique est maintenant abordée avec des outils théoriques et méthodologiques issus des débats traversant le champ des études féministes. Notons, par exemple, ceux qui ont été proposés pour penser les notions de libre choix et de consentement, la multiplicité des identités de sexe/sexualité/genre et la complexité des représentations artistiques, médiatiques et culturelles de la sexualité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le colloque organisé par l’IREF et tenu le 11 mai 2016 a abordé les liens entre les féminismes (pensés au pluriel et impliquant convergences, dissensions et débats), la sexualité et la liberté. Autant l’appel de communications que la liste non exhaustive d’axes de réflexion proposés découlaient de notre souci d’ouverture à toutes les disciplines et à tous les types de réflexions. Par exemple, dans une perspective historique, les trois termes auraient pu nous amener à parler de contraception et de planification des naissances, ou encore des luttes pour le contrôle de leur corps qu’ont menées des groupes de femmes. C’est ce qu’a fait &lt;em&gt;Nouvelles questions féministes &lt;/em&gt;qui publiait, à la fin de l’année 2016, un dossier sur la morale sexuelle «traitant des luttes féministes autour des reconfigurations d’une “morale sexuelle contemporaine” qui s’efforce, au-delà des normes religieuses traditionnelles, de définir les comportements convenables, acceptables, légitimes, valorisés, ou au contraire répréhensibles ou stigmatisés»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_uyyn59k&quot; title=&quot;http://www.antipodes.ch/revues/nqf/nouvelles-questions-f%C3%A9ministes-v..., consulté le 28 mars 2017&quot; href=&quot;#footnote1_uyyn59k&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Au fil d’arrivée, ce sont surtout des contributions provenant des disciplines des arts, lettres, communication et études culturelles et médiatiques qui ont formé le cœur de la journée de colloque et sont réunies ici.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Deux réflexions portant sur des manifestations sociales ouvrent et ferment le recueil. Wendy Delorme, notre invitée d’honneur, a un parcours de créatrice, d’universitaire et de militante où les trois termes du titre de notre colloque se sont sans cesse enchevêtrés. À travers des exemples concrets, elle met en garde contre la fiction lénifiante selon laquelle toutes et tous bénéficient de la prétendue libération sexuelle de notre époque, toute représentation de la sexualité étant en soi émancipatrice. Au contraire, la notion de liberté sexuelle, comme elle le montre, peut servir à discréditer, à exclure ou à dominer certains groupes sociaux, tour à tour les minorités sexuelles et de genre, les femmes racisées, les travailleuses du sexe, etc. Wendy Delorme pose aussi la question épineuse du pouvoir, sans doute tout relatif, qu’ont les représentations de changer le réel. Son texte met bien en valeur la nécessité de prises de paroles féministes multiples, fortes et situées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’analyse de discours que propose Élisabeth Mercier dans la foulée de la SlutWalk, manifestation féministe contre les stéréotypes qui banalisent et justifient le viol, illustre parfaitement l’imbrication des rapports de pouvoir et d’oppression dont parle Wendy Delorme. Alors que certaines femmes ont trouvé libérateur le fait de refuser la honte en revalorisant le terme de «slut» et en revêtant des tenues normalement considérées comme provocantes, les critiques de ces manifestations y voient plutôt une reconduction des normes de beauté patriarcales et l’illustration d’un privilège aux effets d’exclusion racistes et classistes. La liberté sexuelle, de parole ou de rassemblement n’est donc pas la même pour toutes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les autres textes du recueil analysent les manières dont différentes pratiques culturelles –la fiction, le théâtre et le cinéma– abordent les sexualités. Les trois premières œuvres étudiées donnent une place centrale à la sexualité sans représenter longuement les actes sexuels. Isabelle Boisclair a retenu ce qu’on pourrait appeler le degré zéro de l’activité sexuelle dans&lt;em&gt; L’envie&lt;/em&gt;, de Sophie Fontanel: la décision délibérée de pratiquer l’abstinence pendant une longue période. Choix à contre-courant, presque tabou, qui montre bien que les obligations sont aussi contraignantes, voire violentes, que les interdictions. Dans ce cas, refuser les relations sexuelles, c’est aussi refuser «le schéma des hommes», c’est-à-dire un rapport spéculaire et utilitaire qui confirme le primat social des hommes et tient pour négligeable le plaisir des femmes. L’étude que propose Nicole Côté du roman &lt;em&gt;La maison étrangère &lt;/em&gt;d’Élise Turcotte montre comment le rapport de la narratrice à son corps et au désir évolue à la faveur d’une séparation et la conduit à une nouvelle manière de vivre les émotions, d’imaginer les relations tant sexuelles qu’amoureuses et même d’aborder le savoir. L’examen du riche réseau métaphorique du roman soulève des questions éthiques qui prennent racine, chez Turcotte, dans le corporel-pulsionnel. Marie-Claude Garneau s’intéresse pour sa part au monologue théâtral «Chronique lesbienne du moyen-âge québécois» de Jovette Marchessault. À travers le parcours résistant d’une adolescente qui refuse la rue et le trottoir, espaces à la fois réels et métaphoriques où les femmes sont contraintes à l’hétérosexualité et asservies aux hommes, émerge une critique radicale de l’histoire québécoise et la création de contre-espaces (Foucault) où le désir des lesbiennes peut se vivre librement et donner lieu tant à un nouveau langage qu’à des formes textuelles renouvelées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les deux dernières études portent sur des évocations explicites des pratiques sexuelles. Polly Gallis montre que dans &lt;em&gt;Infrarouge&lt;/em&gt;, Nancy Huston, féroce critique de la pornographie dominante, en approprie les codes afin de les redéployer au service d’une posture féministe qui accorde au plaisir féminin une place centrale. L’attribution à Huston d’un «Bad Sex Award» pour ce roman révélerait par l’absurde la dimension radicalement nouvelle, et donc mal comprise ou mal acceptée, de sa démarche. Enfin, comment filmer le désir, et surtout celui des femmes, qui ne se manifeste pas par un phénomène aussi visible que l’érection? Julie Beaulieu juxtapose les réflexions et les productions de réalisatrices aussi dissemblables qu’Agnès Varda, Catherine Breillat et Virginie Despentes, illustrant autant de façons de féminiser le regard et de représenter autrement les corps et les gestes. Inévitablement, se posent des questions liées tant au «bon goût», donc aux tabous sociaux et esthétiques, qu’à la révolte et à la rupture parfois violentes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À la réflexion, il nous paraît pertinent de mettre au pluriel les trois termes de la réflexion proposée, et pas seulement le mot «féminismes», comme il a été fait au départ. La notion de sexualité(s) est de fait plurivoque, suggérant, entre autres, préférences et pratiques, choix et impositions sociales, mais aussi rejet de certaines postures : éviter toute relation sexuelle, comme chez Sophie Fontanel, assumer une posture socialement réprouvée ou refuser de définir son «orientation». Par ailleurs, le concept de liberté non seulement renvoie aux surdéterminations sociales de la sexualité (conditionnements, lois, idéologies, tabous, prescriptions, obligations), mais aussi nous invite à déterminer de quelles libertés il s’agit, qui en jouit ou non, et dans quels contextes intimes et collectifs se vivent les sexualités. Toutes les sexualités ne sont pas socialement «égales»; si aucune ne s’exerce en toute liberté, certaines –celles des groupes minoritaires ou minorisés en tous genres– sont plus policées que d’autres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De l’ensemble des textes réunis ici, où sont convoqués tour à tour le politique, les médias, la fiction, le théâtre et le cinéma, ressortent deux principaux fils conducteurs. D’une part, les questions de privilèges hétérosexuels, de «race» ou de classe, inséparables d’enjeux de pouvoir et de violence qui traversent presque toutes les études. D’autre part, les écueils, les défis et l’immense part de créativité liés à un désir de renouveler les représentations dominantes en montrant le plaisir et le désir au féminin pour un public lui aussi féminin (ou encore, mais les textes publiés ici l’envisagent relativement peu, relevant d’une minorité de genre). Les nombreuses controverses, contradictions et ambiguïtés relevées au fil des textes illustrent autant l’emprise des pratiques et représentations patriarcales que le riche potentiel de résistance des pratiques militantes et artistiques féministes, à condition de combattre sans cesse les nouvelles exclusions et réductions au silence.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_uyyn59k&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_uyyn59k&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.antipodes.ch/revues/nqf/nouvelles-questions-f%C3%A9ministes-vol-35,-no1-detail&quot;&gt;http://www.antipodes.ch/revues/nqf/nouvelles-questions-f%C3%A9ministes-v...&lt;/a&gt;, consulté le 28 mars 2017&lt;/li&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Le colloque organisé par l’IREF et tenu le 11 mai 2016 a abordé les liens entre les féminismes (pensés au pluriel et impliquant convergences, dissensions et débats), la sexualité et la liberté. Autant l’appel de communications que la liste non exhaustive d’axes de réflexion proposés découlaient de notre souci d’ouverture à toutes les disciplines et à tous les types de réflexions. Par exemple, dans une perspective historique, les trois termes auraient pu nous amener à parler de contraception et de planification des naissances, ou encore des luttes pour le contrôle de leur corps qu’ont menées des groupes de femmes. &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=6991&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Désy, Caroline&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=3628&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Lori  Saint-Martin&lt;/a&gt; and &lt;a href=&quot;/en/biblio?f%5Bauthor%5D=3792&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Thérèse  St-Gelais&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2017. “&lt;a href=&quot;/en/biblio/presentation-feminismes-sexualites-libertes&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Présentation: Féminismes, sexualités, libertés&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;”. Available online: l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/en/articles/presentation-feminismes-sexualites-libertes&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/en/articles/presentation-feminismes-sexualites-libertes&lt;/a&gt;&amp;gt;. Accessed on May 1, 2023. Source: (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Féminismes, sexualités, libertés&lt;/span&gt;. 2017. Montréal: Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Pr%C3%A9sentation%3A+F%C3%A9minismes%2C+sexualit%C3%A9s%2C+libert%C3%A9s&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-50-5&amp;amp;rft.date=2017&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=D%C3%A9sy&amp;amp;rft.aufirst=Caroline&amp;amp;rft.au=Saint-Martin%2C+Lori&amp;amp;rft.au=St-Gelais%2C+Th%C3%A9r%C3%A8se&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Désy, Caroline, Lori  Saint-Martin et Thérèse  St-Gelais&amp;lt;/span&amp;gt;. 2017. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;Présentation: Féminismes, sexualités, libertés&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/presentation-feminismes-sexualites-libertes&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;Féminismes, sexualités, libertés&amp;lt;/span&amp;gt;. 2017. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=Pr%C3%A9sentation%3A+F%C3%A9minismes%2C+sexualit%C3%A9s%2C+libert%C3%A9s&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-50-5&amp;amp;amp;rft.date=2017&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=D%C3%A9sy&amp;amp;amp;rft.aufirst=Caroline&amp;amp;amp;rft.au=Saint-Martin%2C+Lori&amp;amp;amp;rft.au=St-Gelais%2C+Th%C3%A9r%C3%A8se&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Mon, 21 Feb 2022 22:50:30 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>L&#039;imaginaire de la fin, 25 ans plus tard</title>
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://oic.uqam.ca/sites/oic.uqam.ca/files/styles/carrousel_actualites/public/20210924_073258-02.jpeg?itok=jtv_Xu7o&quot; width=&quot;860&quot; height=&quot;332&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;h2&gt;&amp;nbsp;&lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;Description de l&#039;épisode&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Il y a 25 ans, soit en 1996, trois chercheurs créent une petite équipe de recherche qui s&#039;intéressera aux diverses manifestations de la fin en littérature et au cinéma, ainsi qu&#039;aux fondements de cet imaginaire.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il s&#039;agit de Bertrand Gervais, Anne Elaine Cliche et Jean-François Chassay, tous trois professeurs au Département d&#039;études littéraires de l&#039;UQAM et présents aujourd&#039;hui avec nous afin d&#039;effectuer un court retour sur ce chantier de recherche, vingt cinq ans plus tard. &amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les épisodes de la série «Encodage» se veulent un complément aux&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://oic.uqam.ca/projet-encodage&quot; rel=&quot;ugc noopener noreferrer&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;anthologies Encodage&lt;/a&gt;, des lettres thématiques composées de contenus provenant de différents sites web de l&#039;écosystème numérique sur le contemporain du Centre Figura, du Laboratoire NT2 et de l&#039;Observatoire de l&#039;imaginaire contemporain. Tout comme les lettres Encodage, cette série de balado vise à revaloriser d&#039;anciens contenus de recherche de notre écosystème sur l&#039;imaginaire contemporain. Vous y entendrez des extraits d&#039;enregistrement de conférences, de communications et de tables rondes issues des dix dernières années auxquelles s&#039;ajouteront de nouvelles discussions et des contributions de chercheuses et chercheurs qui poseront un regard actuel sur ces archives.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;102px&quot; scrolling=&quot;no&quot; src=&quot;https://anchor.fm/balados-oic/embed/episodes/27---Limaginaire-de-la-fin--25-ans-plus-tard--Encodage-e17q3jq&quot; width=&quot;400px&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h2&gt;&lt;u&gt;&lt;strong&gt;Crédits liés à l&#039;épisode&lt;/strong&gt;&lt;/u&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Crédit image: Sarah Grenier-Millette&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Animation et montage sonore: Sarah Grenier-Millette&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voix d&#039;introduction: Alexandra Martin&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Musique d&#039;ouverture et de fermeture:&lt;br&gt;&lt;em&gt;close your eyes&lt;/em&gt;&amp;nbsp;by Rexlambo&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;https://soundcloud.com/rexlambo&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://soundcloud.com/rexlambo&lt;/a&gt;​&lt;br&gt;Creative Commons — Attribution 3.0 Unported — CC BY 3.0&lt;br&gt;Free Download / Stream:&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;https://bit.ly/-close-your-eyes&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://bit.ly/-close-your-eyes&lt;/a&gt;​&lt;br&gt;Music promoted by Audio Library&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;https://youtu.be/fa-IRH-WFq8&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://youtu.be/fa-IRH-WFq8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vignette de la balado: Aless MC&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Abonnez-vous aux balados OIC sur la plateforme de votre choix:&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;https://anchor.fm/balados-oic&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://anchor.fm/balados-oic&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

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 <pubDate>Fri, 24 Sep 2021 11:37:20 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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