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 <title>Observatoire de l&#039;imaginaire contemporain - migration</title>
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 <title>Les migrations interdiscursives: Penser la circulation des idées</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-institution field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden&quot;&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; style=&quot;color: #0462c3;&quot;&gt;Université du Québec à Montréal&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item clearfix even&quot;&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;72175&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Ce numéro est le fruit d’une réflexion sur la notion de migrations interdiscursives, sur le déplacement d’idées d’un discours à un autre. En effet, certaines idées, en raison de leur plasticité, se sont prêtées à des déplacements conceptuels qui permettent d’éclairer la dynamique des discours (entendus ici comme systèmes de concepts grâce auxquels on prétend exprimer et exercer un savoir à propos d&#039;un objet réel), la façon dont ceux-ci interagissent les uns avec les autres, voire les uns contre les autres, afin de définir leur objet propre. L’idée qui passe d’un domaine discursif à un autre transporte en effet avec elle un ensemble d’associations, de connotations, d’images, de valeurs, qui vient féconder le champ d’expérience et de pensée qui se l’approprie. La notion de trace du domaine d’origine est à cet égard essentielle. Elle fait intervenir l’idée qu’il y aurait des «interférences» entre les discours alors que l’idée ou la notion qui a migré porte en elle ses significations antérieures qui sont toujours susceptibles de refaire surface à l’occasion de la nouvelle mise en discours. Il importe alors d’appréhender comment une notion ou un ensemble de notions se déterritorialise de son contexte d’origine pour se reterritorialiser dans un autre. Les contributions réfléchissent à la perméabilité des frontières qui séparent les différents domaines du savoir en pensant les champs de provenance et les champs d’appartenance d’une idée, en se demandant quand finit le transfert, quand s’achève le voyage. Par ailleurs, elles examinent ce qui permet et motive le transfert, puis analysent en retour comment cela affecte le discours d&#039;accueil et comment cette migration est susceptible de transformer l’objet même de ce discours.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Devant la multiplicité des objets et des discours convoqués, nous avons adopté un ordre chronologique. Trois contributions abordent l’antiquité gréco-latine. Ulysse Carrière-Bouchard attire notre attention sur la circulation du concept d&#039;«étymologie poétique» et sa migration du discours épique au discours lyrique, plus précisément d&#039;Homère à Pindare. Il nous montre que la question de l&#039;étymologie soulève tout un ensemble de questions sur le statut de l&#039;autorité poétique et le rapport référentiel du langage, qui changent grandement de sens selon le régime discursif qui l&#039;emploie. Marie-Pierre Krück se penche sur la notion d’autopsie qui remonte au moins à Dioscoride (&lt;em&gt;De materia medica&lt;/em&gt;), chez qui elle désigne l’observation directe, mais dont la forme &lt;em&gt;autoptes&lt;/em&gt; se trouve déjà chez Hérodote (&lt;em&gt;Histoires&lt;/em&gt;, livre 8, chap. 79 &lt;em&gt;et passim&lt;/em&gt;) pour parler du témoin oculaire. Cette notion désigne ensuite non seulement l’initié qui voit le dieu en face au terme de son initiation, mais aussi le sujet même de l’&lt;em&gt;Apocalypse&lt;/em&gt; chez des historiens des religions ultérieurs. La valeur testimoniale de l’idée d’autopsie serait alors la voie de traverse entre le domaine historique et le domaine religieux. Finalement, Fabienne Jourdan aborde les écrits du philosophe Numénius d’Apamée qui se révèlent un exemple privilégié d’une perméabilité des frontières séparant différents domaines du savoir. Elle conclut que la problématique de la circulation des idées à l’aune des œuvres de l’Antiquité est un exercice qui permet non seulement de montrer le dialogue entre des sources que l’on croit parfois refermées sur leurs propres traditions, mais aussi d’interroger plus avant les modalités de ce dialogue.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Trois contributions étudient des phénomènes qui prennent place entre le début de la période moderne et le XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle. Roderick-Pascal Waters propose un cas pratique articulant trois siècles (les XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècles), trois aires culturelles (les cours de la Renaissance italienne, l’Espagne périphérique du Siècle d’Or finissant, la France du Grand Siècle et la France d’après 1968) et trois discours centrés sur un même concept aux multiples appellations: la sprezzatura, le despejo, le «je-ne-sais-quoi» ou encore la «distinction». L’auteur nous propose de réfléchir au processus de «greffe» que peut subir une expression souvent issue d’un autre auteur, d’un autre pays, d’une autre dynamique historique, d’une autre langue même. Émilie Bauduin cherche à retracer, de l’épistémè lavoisienne à l’idéal romanesque zolien, l’un des multiples parcours entrepris par la notion d’hygiène au cours du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle. Elle nous montre ainsi la spécificité de la réappropriation zolienne de la notion d’hygiène, laquelle, selon l’autrice, a modelé de façon déterminante l’idéal esthétique et social du romancier. Ce cas pratique nous amène à mesurer la prégnance du discours médical dans la pensée du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle et plus particulièrement, la migration des préceptes hygiénistes du discours médical au discours esthétique. La contribution de Laurent Broche propose d’approfondir les migrations et les mutations des idées autour de l’expression «tuer le mandarin». L’auteur se demande pourquoi divers écrivains du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, pour exprimer le fait que la distance peut anesthésier le sens moral, ont recouru à la Chine et à ses habitants. Il nous montre que la reprise du scénario du meurtre d’un mandarin a donné naissance à une formule qui s’est finalement appliquée à divers sujets.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Finalement, cinq contributions couvrent les XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècles. Victor Collard nous invite à une analyse sociologique des mobilisations plurielles des idées de Spinoza dans l’œuvre de Pierre Bourdieu. Inscrivant ses travaux dans une histoire sociale des idées, l’auteur interroge le processus de réception de la notion de déterminisme au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle par Bourdieu, son insertion dans des productions culturelles extérieures au contexte social qui l’a vu naître, mais aussi les enjeux propres à la migration du terme du champ philosophique au champ sociologique. Alexandre Lansmans étudie, à travers une approche rhétorique, la circulation de l’idée de « vie » dans les discours sur la ville et l’urbain, en particulier dans le champ de la sociologie urbaine. L’auteur revient sur la vision vitaliste de la ville, souvent utilisée pour penser le phénomène urbain, et notamment sur l’influence exercée par le discours markéting contemporain dans la permanence de l’analogie organique. Alexandre Lansmans interroge ainsi la résurgence du vitalisme dans les études urbaines, et notamment les intentions et les visées argumentatives de cet usage. Roxanne Maiorana propose une analyse du concept de dominicanidad (dominicanité) à partir de regards migrants, c’est-à-dire des Dominicains partis vivre aux États-Unis ou de leurs descendants retournés en territoire insulaire. À partir d’un corpus de trois romans contemporains traitant de la dominicanité par le biais de l’expérience migratoire, Roxane Maiorana analyse l’évolution des visions narratives de ce concept dans l’écriture littéraire. Ratib Soujaa étudie comment l’ouvrage &lt;em&gt;Le paradigme de l’art contemporain. Structures d’une révolution artistique &lt;/em&gt;de Nathalie Heinich (2014), en empruntant un arsenal conceptuel élaboré par l’épistémologue et historien des sciences Thomas Kuhn, procède à une relecture de l’histoire de l’art occidental. Des enjeux épistémologistes découlent de l’emprunt effectué par Nathalie Heinich du concept de «révolutions scientifiques» pour le transposer au champ artistique. Ratib Soujaa analyse les motifs de ce transfert, les traces laissées par ce changement radical de paradigme, mais également les limites de cette transposition. La dernière contribution de Umut Ungan explicite l’incorporation progressive d’une théorie politique à l’art et à l’esthétique. Son article se donne pour ambition d’analyser les conditions discursives de la migration conceptuelle et théorique entre art et politique ainsi que les apports d’un tel transfert d’idées dans l’historiographie de l’art. Il explore les possibilités offertes par le transfert d’idées et de concepts extérieurs au domaine strictement artistique et esthétique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce numéro présente de nombreux cas de figure qui nous rappellent que les discours ne fonctionnent jamais en vase clos, qu’ils sont soumis à une tension constante qui les force à aller puiser dans d’autres discours pour assoir leur autorité discursive. Les contributions révèlent à quel point les discours ont besoin les uns des autres et comment s’opère un phénomène de recyclage ou de bricolage qui permet à chacun de mieux définir son objet propre au moyen d’emprunts discursifs. La portée d’un tel numéro dépasse l’étude de chacun des domaines particuliers qu’il convoque pour éclairer le phénomène même de la transdisciplinarité. En recourant à la diachronie (de l’antiquité au XXIe siècle) et à la synchronie (mise en regard de discours étrangers les uns aux autres), il a montré que certaines idées, en raison de leur versatilité et de leur plasticité, permettent d’éclairer les discours de vérité, de saisir leurs contradictions.&lt;/p&gt;

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          &lt;a href=&quot;/fr/remix/les-migrations-interdiscursives-penser-la-circulation-des-idees&quot; title=&quot;Les migrations interdiscursives: Penser la circulation des idées&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://oic.uqam.ca/sites/oic.uqam.ca/files/styles/carroussel_cahier/public/images/1020887-0.jpeg?itok=Heebttht&quot; width=&quot;190&quot; height=&quot;105&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;    &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/profils/carriere-bouchard-ulysse&quot;&gt;Carrière-Bouchard, Ulysse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/profils/kocevar-savannah&quot;&gt;Kocevar, Savannah&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Boilard-Lefebvre, Alexandra&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=3526&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Krück, Marie-Pierre&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=6684&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Savannah  Kocevar&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; (dir.). 2021. &lt;a href=&quot;/fr/biblio/les-migrations-interdiscursives-penser-la-circulation-des-idees&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Les migrations interdiscursives: Penser la circulation des idées&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Cahier ReMix, n° 16 (12/2021). Montréal, Université du Québec à Montréal : Figura, le Centre de recherche sur le texte et l&#039;imaginaire. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/remix/les-migrations-interdiscursives-penser-la-circulation-des-idees&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/remix/les-migrations-interdiscursives-penser-la-circulation-des-idees&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023.&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Les+migrations+interdiscursives%3A+Penser+la+circulation+des+id%C3%A9es&amp;amp;rft.date=2021&amp;amp;rft.aulast=Kr%C3%BCck&amp;amp;rft.aufirst=Marie-Pierre&amp;amp;rft.au=Kocevar%2C+Savannah&amp;amp;rft.au=Kocevar%2C+Savannah&amp;amp;rft.au=Kocevar%2C+Savannah&amp;amp;rft.pub=Figura%2C+le+Centre+de+recherche+sur+le+texte+et+l%26%23039%3Bimaginaire&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al%2C+Universit%C3%A9+du+Qu%C3%A9bec+%C3%A0+Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 02 Nov 2021 17:05:06 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexandra Boilard-Lefebvre</dc:creator>
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 <title>La voix déterritorialise. Autour du recueil «Qui s’installe?»</title>
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;«Pourquoi j&amp;#039;ai accroché à la figure de l&amp;#039;écrivain déambulateur? Pourquoi j&amp;#039;écris à partir de la déambulation? Comment la déambulation fascine l&amp;#039;immigrant?»&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 30 Sep 2014 18:14:42 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alice van der Klei</dc:creator>
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 <title>Sortir au du restaurant: enjeux sociaux et narratifs d’un renversement de focalisation dans quelques romans montréalais contemporains </title>
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;&lt;strong&gt;Présentation de la conférence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Claudia Bouliane présente une partie de sa recherche sur les enjeux d’immigration et d’intégration au Québec par une analyse des représentations littéraires de personnages immigrants qui évoluent dans le milieu des restaurants et épiceries dits “ethniques”.&amp;nbsp;&lt;br&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Archive audio de la conférence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;iframe allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; allowfullscreen=&quot;&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/i61qE2UGHuY&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; width=&quot;560&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;

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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;p&gt;Claudia Bouliane présente une partie de sa recherche sur les enjeux d’immigration et d’intégration au Québec par une analyse des représentations littéraires de personnages immigrants qui évoluent dans le milieu des restaurants et épiceries dits «ethniques».&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

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 <pubDate>Wed, 25 Jan 2023 18:15:37 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Clémence Lesné</dc:creator>
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 <title>Quelle solidarité pour les femmes allosexuelles réfugiées au Canada?</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/articles/quelle-solidarite-pour-les-femmes-allosexuelles-refugiees-au-canada</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En 2015, sur les 193 États membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU), 73 pays criminalisent les actes homosexuels&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_legcdho&quot; title=&quot;Sur l’homophobie d’État, voir Itaborahy et Zhu (2013). Selon Borrillo (2000: 13), la notion d’homophobie renvoie tant au rejet de la personne homosexuelle qu’à celui de l’homosexualité.&quot; href=&quot;#footnote1_legcdho&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Il demeure difficile de préciser si ces lois visent aussi la sexualité entre les femmes. Plusieurs législations font abstraction du lesbianisme, négligent de le mentionner ou ne sanctionnent pas les femmes et les hommes gais également (Lennox et Waites, 2013). De plus, si la majorité des lois écrites ou coutumières limitent la criminalisation de l’homosexualité à des actes sexuels, d’autres étendent leur prohibition aux lieux de rencontre, incluant les bars, à la tenue d’événements culturels comme les manifestations de la fierté gaie, et aux familles homoparentales. De par leurs règles culturelles et sociales, et leurs législations, une majorité des pays du monde continue donc de nier l’égalité des droits, la sécurité et la dignité des personnes qui éprouvent du désir en dehors de l’hétéronormativité (Lévy et Ricard, 2013)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_5pdq0lr&quot; title=&quot;Les personnes allosexuelles vont à l’encontre de l’ordre des choses établi par les dieux, la loi, le sens commun ou la nature, et selon lequel les personnes cissexuelles, c’est-à-dire dont le genre assigné correspond à leur anatomie, éprouvent du désir hétérosexuel pour le sexe opposé (masculin ou féminin), mais complémentaire. Cet idéal de cohérence entre le genre, le sexe et le désir est régulé par une grammaire d’intelligibilité, l’hétéronormativité, aussi appelée «matrice hétérosexuelle» (Butler, 1993).&quot; href=&quot;#footnote2_5pdq0lr&quot;&gt;2&lt;/a&gt;, les exposant ainsi à une plus grande vulnérabilité de même qu’à un traitement déshumanisant. La dissimulation de l’orientation homosexuelle, d’une identité de genre non conforme à l’hétéronormativité ou, au contraire, la lutte active et la résistance contre celle-ci, font partie du bagage de survie émotive, physique, sociale et économique des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, intersexes et &lt;em&gt;queers&lt;/em&gt; (LGBTIQ). Néanmoins, pour plusieurs de ces personnes allosexuelles, la fuite du pays devient la seule issue afin de demeurer en vie.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR, 2012) appelle ces demandes d’asile fondées sur l’orientation sexuelle ou sur l’identité de genre, LGBTI.&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_amb0lw8&quot; title=&quot;Malgré la mise en garde de l’Organisation pour le Refuge, l’Asile et la Migration (ORAM, 2013, p. 1), qui avait souligné en quoi cette désignation s’appuie sur des construits occidentaux méconnus ou évités dans plusieurs régions du monde, l’acronyme LGBTI est de plus en plus utilisé par les institutions pour parler des personnes ayant une orientation sexuelle et/ou une identité de genre jugées non conformes. L’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association (ILGA) l’illustre. Le vocable queer est aussi généralement rejeté par ces institutions.&quot; href=&quot;#footnote3_amb0lw8&quot;&gt;3&lt;/a&gt; Les mots utilisés par les réfugiés-es pour s’identifier dans leur culture respective ne sont donc pas retenus, reconduisant ainsi l’idée qu’en dehors de la modernité occidentale, les minorités sexuelles demeurent opprimées, dans le placard, en attente de leur Stonewall. À l’ère de la globalisation, «gay» serait même devenu un terme générique (Leap et Boellstorff, 2004). Bien que privilégiant une position émique&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_j3pc2oo&quot; title=&quot;La méthode anthropologique établit une distinction entre le point de vue émique, qui est basé sur le système de pensée et les concepts de la personne ou du groupe interviewés ou observés, et celui du chercheur ou de la chercheure avec son point de vue éthique.&quot; href=&quot;#footnote4_j3pc2oo&quot;&gt;4&lt;/a&gt;, l’identification des migrantes et migrants de ma recherche demeure néanmoins un défi puisque leur propre vocabulaire subit une transition devant l’acquisition d’une nouvelle terminologie normative, nécessaire à leur reconnaissance légale, au Canada. Afin de nommer les personnes ayant une orientation sexuelle et/ou une identité de genre jugées non conformes, et provenant de diverses cultures, mon utilisation du terme «allosexuel», et de ses dérivés, relève dès lors d’un compromis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’invention québécoise, cette appellation masque les différences entre les hommes et les femmes, et entre les personnes cissexuelles et celles qui ne le sont pas. L’allosexualité, comme l’allosexualisation, invite toutefois au décentrement de l’identité gaie. Il serait aussi souhaitable que l’hétérosexualité ne soit plus pensée comme le référent duquel la différenciation&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_gh1sl8w&quot; title=&quot;«Allo-»: élément de composition tiré du grec et qui signifie «autre, différent» (Centre national de ressources textuelles et lexicales). Depuis les années 2000, les termes «allosexuel» et «altersexuel», et leurs équivalents au pluriel et au féminin, sont des tentatives de traduction en français du mot «queer», mais qui, contrairement à ce dernier, n’ont généralement pas les mêmes intentions de confrontation politique ni les mêmes connotations de marginalité (voir le Bureau de la traduction du gouvernement fédéral canadien et la note du traducteur de l’article de Walks, 2014, p. 20).&quot; href=&quot;#footnote5_gh1sl8w&quot;&gt;5&lt;/a&gt; se produit et que l’on pense d’emblée en termes de diversité sexuelle. Or, le terme «&lt;em&gt;queer&lt;/em&gt;» qui pourrait s’y employer, porte les mêmes limitations que la désignation-parapluie «allosexuel». S’il est utilisé, toutefois, de manière politique, ce qui ne se fait pas systématiquement, il enjoint à la déstabilisation de l’hétéronormativité et à la critique de la normalisation, et de l’essentialisation des identités sexuelles et de genre. De sorte qu’il m’arrive aussi de parler de personnes LGBTIQ pour rappeler l’existence des &lt;em&gt;queers&lt;/em&gt; et pour souligner l’importance de la vigilance devant le langage institutionnel, les politiques migratoires sélectives des étrangers et étrangères, et les règlementations sur les assemblages du vivre-ensemble. En outre, la critique est nécessaire face au processus judiciaire de l’asile, qui s’inspire des catégories onusiennes. Les réfugiées dont il sera ici question ne s’identifient pas, cependant, comme &lt;em&gt;queers&lt;/em&gt;, mais principalement comme lesbiennes ou bisexuelles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je commencerai par décrire le dispositif de la reconnaissance du statut de réfugié au Canada&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_peajud1&quot; title=&quot;Cet article s’appuie sur des données recueillies, dans le cadre de ma recherche en cours en anthropologie, sur les notions et les pratiques de justice mobilisées par le droit d’asile au Canada pour les personnes violentées en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre.&quot; href=&quot;#footnote6_peajud1&quot;&gt;6&lt;/a&gt;. Puis, je ferai brièvement état de ma démarche ethnographique dans les principales villes où habitent les migrants et migrantes LGBTIQ au pays. Quelques pistes seront alors proposées pour comprendre la faible participation des lesbiennes, femmes bisexuelles et trans dans certains groupes communautaires qui collaborent à ma recherche. Ce sera aussi l’occasion de présenter leurs caractéristiques générales. Dans un troisième temps, j’aborderai à grands traits, avec les risques que cela comporte, le vécu de violence des femmes que j’ai interviewées. Une approche intersectionnelle est indiquée pour appréhender leur processus de subjectivation, dans lequel s’entrecroisent les rapports sociaux de genre et de sexualité et leur statut migratoire. De plus, l’expérience de la racisation des participantes influence le développement de leurs liens de solidarité. Enfin, nous retiendrons que la célébration de l’autonomie et la valorisation de l’énergie sexuelle des femmes repoussent les frontières politiques, affectives, sexuelles et culturelles qui auraient voulu les garder dans une condition victimaire.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1. Le dispositif de reconnaissance du statut de réfugié&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon la &lt;em&gt;Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés&lt;/em&gt; (ci-après, la &lt;em&gt;Convention&lt;/em&gt;) et le &lt;em&gt;Protocole relatif au statut de réfugié de 1967&lt;/em&gt;, une personne réfugiée est une personne qui craint avec raison d’être persécutée «du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques», et qui «se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays» (HCR, 2007: 16). Depuis les années 1990, les demandes des minorités sexuelles, comme celles des femmes, sont interprétées, au Canada, comme pouvant provenir de personnes faisant partie d’un «certain groupe social» (HCR, 2007: 16), ciblé par des violences spécifiques. Le type de requête LGBTI (HCR, 2012) repose ainsi fondamentalement sur l’établissement de l’orientation sexuelle et/ou de l’identité de genre du demandeur ou de la demandeuse de refuge et sur leur crédibilité. Après avoir déposé une requête écrite, ces derniers passeront en audience, présidée par un ou une commissaire de la Section de la Protection des Réfugiés (SPR). Son rôle est de décider s’ils sont des réfugiés au sens de la &lt;em&gt;Convention&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les dépositions écrites et verbales, et l’ensemble de la preuve, devront donc démontrer principalement trois aspects, dans les délais prescrits par la SPR&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_toiu2ku&quot; title=&quot;Depuis décembre 2012, les documents appuyant la requête d’asile doivent être soumis dix jours avant l’audience. Celle-ci se déroulera 30 jours après le dépôt de la demande écrite de refuge, si la personne ne vient pas d’un pays d’origine désigné, ou 60 jours plus tard, si elle vient d’un pays d’origine désigné.&quot; href=&quot;#footnote7_toiu2ku&quot;&gt;7&lt;/a&gt;. Il s’agit de l’appartenance à un groupe social particulier, de l’absence de protection en tout temps et en tous lieux du pays dont le requérant ou la requérante détient la nationalité, de même que de sa victimisation liée à son orientation sexuelle ou à son identité de genre, ou de sa sérieuse éventualité advenant un retour dans le pays. La SPR est un tribunal administratif qui est, en principe, indépendant du gouvernement. Lors de son audience, qui se déroule à huis clos, la personne devrait se sentir à l’aise de raconter son histoire sans subir de contre-interrogatoire. Les demandeurs-euses d’asile peuvent être défendus-es par un-e avocat-e, bénéficier des services d’un-e interprète, et être accompagnés-es par des personnes de leur choix, du moment que le ou la membre de la SPR les accepte. Chaque audience est enregistrée. Depuis la réforme du système d’asile, en décembre 2012, les demandeurs-euses de refuge déboutés-es qui ne proviennent pas de pays d’origine désignés ont la possibilité de porter la décision en appel&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_d7snz9p&quot; title=&quot;Pour la liste, voir le site du Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration. L’analyse critique de cette liste problématique pour les minorités sexuelles dépasse le cadre du présent article.&quot; href=&quot;#footnote8_d7snz9p&quot;&gt;8&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;1.1 Les impacts de la mondialisation sur les décisions de la SPR&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour obtenir des informations sur le traitement des personnes allosexuelles dans différents pays, les commissaires et les avocats et avocates recourent aux publications gouvernementales, mais aussi à celles des organisations non gouvernementales qui interviennent sur le terrain. Or, la concentration des luttes militantes contre la décriminalisation de l’homosexualité, qui concerne davantage les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, marginalise le vécu des femmes lesbiennes et bisexuelles, qui sont pourtant particulièrement affectées par les lois privées ou par les coutumes qui touchent le mariage et la vie familiale (Amnesty International, 2008; Lennox et Waites, 2013; Sheill, 2009). Le National Centre for Lesbian Rights (2007: 9) soutient aussi que les lois contre la sodomie, la grossière indécence ou qui criminalisent uniquement la sexualité entre les hommes peuvent suggérer, de manière erronée, que la sexualité entre les femmes serait généralement mieux tolérée. Son occultation indique plutôt qu’une sexualité féminine en dehors de l’hétérosexualité demeure un impensé. Ainsi, tandis que les violences systémiques et directes contre les hommes gais sont assez bien documentées, celles contre les lesbiennes (Jensen et Spijkerboer, 2011), les personnes trans, bisexuelles ou intersexes le sont beaucoup moins. Cette absence de données accroît leur difficulté à cumuler des preuves pour étayer leur victimisation, et pour prouver que leur pays ne peut pas les protéger. Qui plus est, l’assimilation des lesbiennes aux hommes gais dans l’expression «gais et lesbiennes», et l’effacement de celles-ci sous les vocables «homosexualité», «homophobie» et «homosexuels», demeurent courants.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Conséquemment, malgré les formations qui sont données à la SPR depuis 1995 (LaViolette, 2013: 195), les stéréotypes sexuels, la méconnaissance des réalités vécues par les femmes dans différents pays, de même que l’ethnocentrisme, continuent d’influencer le processus d’évaluation des demandes d’asile (Lee et Brotman, 2011; Murray, 2011; Rehaag, 2008; Ricard, 2014a, 2014b; Quan, 2012). Les styles de vie et la culture de plusieurs demandeurs et demandeuses d’asile sont différents de ce que les membres de la SPR pensent connaître sur ce que signifie «être gai». Leurs représentations homonormatives&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_pn5xuug&quot; title=&quot;L’homonormativité se réfère à la pratique de normalisation des gais et lesbiennes, à travers leur inclusion à un mode de vie domestiqué et de consommation, ainsi qu’au fait de ne plus constituer une menace à l’hétérosexualité ni au néolibéralisme (Duggan, 2002: 179). Ce modèle occidentalocentrique s’est répandu avec la mondialisation du mouvement des droits humains LGBT. Couplée à des sentiments nationalistes, l’homonormativité devient homonationalisme (Puar, 2007) et projette les «autres» contrées et leurs habitants comme étant nuisibles à l’épanouissement des communautés gaies.&quot; href=&quot;#footnote9_pn5xuug&quot;&gt;9&lt;/a&gt; du mode de vie et de l’identité gais masquent aussi les écarts socioéconomiques entre les nationaux et les réfugiés, la condition psychosociale de ceux-ci, les différences de genre et celles entre les personnes cissexuelles et celles qui ne le sont pas. De plus, les notions mêmes d’identité sexuelle et\ou de genre et de communauté LGBT qui tirent leur sens historique de l’évolution des sociétés libérales post-industrielles du Nord global, n’existent pas ou n’ont pas les mêmes résonnances dans les pays d’où viennent la majorité des demandeurs-euses d’asile allosexuels&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_8s3my3w&quot; title=&quot;Entre avril 2009 et juin 2011, 120 femmes bisexuelles, gaies, trans et lesbiennes ont déposé une demande d’asile sur les 526 réclamations faites sur la base de la persécution liée à l’orientation sexuelle et/ou à l’identité de genre. Ces demandeurs d’asile venaient principalement du Mexique, puis des Caraïbes. Ces données ont été obtenues grâce à la Loi sur l’accès à l’information, en février 2012. Depuis, les activistes ont remarqué une baisse dramatique du nombre de ressortissantes et ressortissants mexicains. Le fait que le Mexique se retrouve sur la liste des pays «sécuritaires» pourrait l’expliquer. Par contre, les demandeurs-euses de refuge originaires des Caraïbes demeurent nombreux, et ceux et celles d’Afrique et d’Europe de l’Est, incluant la Russie, seraient en hausse.&quot; href=&quot;#footnote10_8s3my3w&quot;&gt;10&lt;/a&gt;. Dans la section suivante, je présenterai certains des organismes qui soutiennent ces migrants et migrantes, ainsi que les femmes réfugiées que j’ai interviewées dans le cadre de ma recherche.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2. Présentation des groupes et individus qui ont pris part à la recherche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2.1 Mise au point méthodologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon ethnographie sur trois sites, Montréal, Toronto et Vancouver, a débuté en 2010. Au moment des entretiens, les personnes rencontrées étaient: demandeurs-euses d’asile (47), réfugiés-es déboutés-es (5), réfugiés-es acceptés-es (4), anciens-nes commissaires de la SPR (4), activistes (14) et avocats-es (12). Se déroulant habituellement en anglais et de type semi-structuré, les entrevues avec les réfugiés-es ont duré en moyenne une heure trente, mais plusieurs ont évolué en récits de vie&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_i7m4kwn&quot; title=&quot;Des observations durant les audiences, la participation dans les associations de soutien pour migrants et migrantes allosexuels, l’accompagnement de ceux-ci durant le processus d’asile, incluant des visites en centre de détention, l’écriture de lettres de soutien et d’appel, les artefacts produits par des activistes et réfugiés-es, les journaux et d’autres types de littérature, ainsi que mes notes de terrain complètent la collecte de données. Sur les lettres de soutien comme objets ethnographiques, voir Ricard (2014a).&quot; href=&quot;#footnote11_i7m4kwn&quot;&gt;11&lt;/a&gt;. Tous les réfugiés-es interviewés-es ont déposé une demande d’asile en sol canadien et la majorité d’entre eux l’ont fait avant la réforme du régime asilaire. Il ne s’agit donc pas de bénéficiaires réinstallés au Canada grâce au &lt;em&gt;Programme de réfugiés pris en charge par le gouvernement&lt;/em&gt;. Trois regroupements communautaires, sur la douzaine que j’ai fréquentés, ont signé une entente de collaboration, soit &lt;em&gt;Action Gaie, lesbienne, bisexuelle, trans et queer avec les ImmigrantEs et réfugiéEs &lt;/em&gt;(AGIR), à Montréal, &lt;em&gt;Among Friends Refugee Peer Support &lt;/em&gt;(Among Friends), à Toronto, et &lt;em&gt;Rainbow Refugee Committee&lt;/em&gt; (Rainbow Refugee), à Vancouver. Ces organismes sont très différents de par la constitution de leurs membres, leur financement, histoire et philosophie politique et d’intervention. Je les ai choisis parce qu’ils sont ouverts à toutes les orientations sexuelles et identités de genre, et qu’ils ne sont pas constitués sur une base ethnique ou religieuse. En incluant ceux et celles que la SPR ne reconnaît pas ou qui sont en attente de statut, la majorité des 56 réfugiés-es interviewés-es avaient participé à l’un de ces groupes ou en étaient toujours membres.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2.2 Composition des groupes communautaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le tiers des membres d’&lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt;, qui n’accueille que des demandeurs-euses d’asile, sont des femmes lesbiennes et bisexuelles. Depuis la réforme du système d’asile, 70 personnes se réunissent en moyenne, à chaque semaine, tandis qu’auparavant, plus de 150 personnes pouvaient se retrouver. Très peu de femmes trans participent à ce groupe composé à 90% de personnes originaires des anciennes colonies britanniques africaines et caribéennes. Selon la responsable du groupe, elle-même venue au Canada pour y chercher refuge, et qui s’identifie en tant que femme noire lesbienne féministe et &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref12_c70g4rt&quot; title=&quot;Pour les activistes de ces organismes communautaires, le terme queer renvoie généralement à l’auto-identification sexuelle et de genre, à la résistance au pouvoir de désignation des régimes hégémoniques hétéronormatifs et migratoires, à des pratiques anti-oppressives et de solidarité entre résidents-es de pays anciennement colonisés et colonisateurs, et à la décriminalisation du travail du sexe.&quot; href=&quot;#footnote12_c70g4rt&quot;&gt;12&lt;/a&gt;, les participantes viennent au groupe car elles peuvent s’identifier à elle, s’y sentir en sécurité et anticiper qu’elles seront comprises. L’historique du groupe semble appuyer cette explication inspirée des politiques identitaires. À ses débuts, &lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt;, animé par un homme latino gai, attirait très peu de femmes et de personnes noires.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En revanche, les rencontres mensuelles de &lt;em&gt;Rainbow Refugee &lt;/em&gt;regroupent une dizaine de personnes. Entre 2010 et 2013, j’ai pu compter sur les doigts d’une main les femmes allosexuelles qui ont participé aux réunions de cet organisme, qui sont encadrées par quatre intervenants-es: trois lesbiennes blanches qui s’identifient comme féministes, mais dont deux se disent aussi &lt;em&gt;queers&lt;/em&gt;, et un homme gai originaire du Moyen-Orient&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref13_rqa955w&quot; title=&quot;Depuis, une doctorante s’est jointe à leur équipe. Elle participe au développement des activités et accompagne les migrants et migrantes dans leurs démarches et revendications. Le nombre de participants-es à Rainbow Refugee aurait aussi augmenté.&quot; href=&quot;#footnote13_rqa955w&quot;&gt;13&lt;/a&gt;. Deux de ces intervenants-es ont immigré au Canada avec leurs parents. Pour expliquer la moindre participation des femmes à son groupe, l’une des intervenantes m’a suggéré que ces dernières n’avaient guère les moyens de se diriger vers l’Ouest canadien, depuis leur arrivée à Toronto qui est la plaque tournante des vols aériens au pays.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les participants et participantes de &lt;em&gt;Rainbow Refugee&lt;/em&gt; sont de diverses nationalités et statuts migratoires quoique l’organisation, contrairement à AGIR, n’applique pas une philosophie active de soutien envers les sans-papiers. Sans tête dirigeante, d’allégeance &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt;, AGIR regroupe des personnes LGBTIQ racisées et qui ont vécu une expérience migratoire, personnellement ou en tant que groupe familial. L’organisme organise sporadiquement des rencontres et activités pour ses membres, dont une forte proportion est composée de femmes bi, lesbiennes, &lt;em&gt;queers&lt;/em&gt; ou trans et d’étudiantes et étudiants étrangers qui ne sont toutefois pas des requérants-es d’asile.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon Jensen et Spijkerboer (2011: 20), «seulement un tiers de tous les demandeurs d’asile dans les pays occidentaux sont des femmes, et [un] pourcentage encore plus faible sont des femmes seules». Nonobstant l’emplacement géographique du Canada et ses politiques migratoires, les groupes communautaires pour migrants-es LGBTIQ, de ce côté-ci de l’Atlantique, accueillent aussi beaucoup plus d’hommes que de femmes réfugiés-es. Falquet et Alarassace (2006) soutiennent, cependant, que «les lesbiennes en mouvement» qui échappent à la violence sexuelle, aux mariages forcés et à l’hétérosexualité obligatoire seraient plus nombreuses que les données françaises le suggèrent. Mais ce pourrait être le cas dans plusieurs pays, d’autant que des considérations économiques peuvent aussi motiver «leur migration politico-sexuelle». L’écart entre le nombre de femmes et d’hommes qui parviennent à demander l’asile demeure néanmoins préoccupant. Dans les prochaines sections, d’autres pistes seront proposées pour expliquer cet écart.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2.3 Portrait des réfugiées&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dix-neuf des 56 réfugiés-es interviewés-es étaient des femmes allosexuelles qui avaient en moyenne 31 ans. Au moment de l’entrevue, dix d’entre elles s’identifiaient comme lesbiennes, une autre ne parvient toujours pas à s’identifier comme telle, tandis que les huit dernières se sont présentées comme bisexuelles. Sur les neuf participantes qui avaient des enfants, seulement deux habitaient avec ceux-ci au Canada. Les réfugiées interviewées vivent douloureusement la séparation d’avec leurs enfants. Aussi, selon le National Centre for Lesbian Rights (2007), les lesbiennes tardent à fuir leur pays à cause de leurs charges familiales. Deux des interviewées s’étant identifiées comme lesbiennes mères avec moi avaient cependant déclaré aux agents-es d’immigration être bisexuelles. Plusieurs raisons expliquent ce changement. Comme dans le cas des hommes gais et bisexuels interviewés qui m’ont aussi déclaré une autre identité sexuelle que celle inscrite sur leur formulaire d’application pour l’asile, il leur semblait que leur maternité, paternité ou double vie seraient mieux comprises s’ils s’affichaient comme bisexuels. Quant à leur nationalité, douze des participantes sont originaires des Caraïbes, l’une d’elles du Moyen-Orient, une autre de la Corée du sud, alors que les cinq autres sont africaines.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Depuis le moment de leur entretien, onze de ces dix-neuf interviewées ont été acceptées comme réfugiées, deux répondantes bisexuelles ont été déboutées et deux autres sont toujours en attente de leur audience. Parmi les autres candidates à l’asile, l’une se fait dorénavant marrainer&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref14_op3l9tz&quot; title=&quot;Sa requête d’asile a été abandonnée en raison de l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs. Selon celle-ci, toute personne qui transite par nos voisins du sud avant de venir au Canada et qui souhaite postuler pour l’asile doit le faire aux États-Unis, malgré ses lois envers les minorités sexuelles.&quot; href=&quot;#footnote14_op3l9tz&quot;&gt;14&lt;/a&gt;, une lesbienne qui a été expulsée tente de revenir au Canada comme travailleuse migrante temporaire et les deux dernières ne me donnent plus de nouvelles. Je soupçonne qu’elles ont rejoint les rangs grandissants des sans-papiers au pays&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref15_wml6iyy&quot; title=&quot;Sur ce point, voir Wright (2013).&quot; href=&quot;#footnote15_wml6iyy&quot;&gt;15&lt;/a&gt;. Parmi les 56 réfugiés-es interviewés-es, le quart a survécu sans statut légal, souvent durant de nombreuses années. Plusieurs d’entre eux et elles ne savaient pas qu’il était possible de demander l’asile au Canada en raison d’une identité sexuelle ou de genre persécutées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La majorité des femmes interviewées sont donc arrivées au Canada comme touristes, avant que les règles d’obtention des visas se raffermissent et que leurs prix deviennent faramineux. Trois d’entre elles m’ont cependant dit avoir eu affaire à des passeurs. Dans l’un des cas, la demandeuse d’asile, alors fortunée, avait pu payer le passeur, tandis que dans l’autre situation, c’est en échange de services sexuels qu’un homme a fait les démarches et a avancé l’argent nécessaire afin qu’elle puisse s’échapper. L’autre exilée a bénéficié du soutien financier et logistique d’un organisme de son pays qui lutte en catimini pour les droits des minorités sexuelles, mais plus ouvertement dans le champ du VIH-Sida. Les hommes allosexuels interviewés ont été beaucoup plus nombreux à rentrer au Canada grâce aux réseaux de passeurs, qui sont onéreux et auxquels il faut avoir accès.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ailleurs, une seule des réfugiées interviewées est venue à titre d’étudiante étrangère, contrairement aux hommes qui ont participé à ma recherche, chez qui la poursuite des études ou l’obtention d’une formation spécialisée au Canada étaient un scénario plus fréquent. L’accès à la scolarisation marquée par la différence de genre et de classe expliquerait aussi cette variation. Cette répondante était d’ailleurs la seule à posséder un diplôme universitaire, tandis que quatre autres femmes interviewées possédaient l’équivalent d’un diplôme technique. Neuf autres participantes qui avaient complété leurs études secondaires n’avaient toujours pas leur certificat d’équivalence. Huit des participantes écrivaient l’anglais avec difficulté. Une seule des répondantes parlait aisément le français.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3. Les violences rapportées par les femmes allosexuelles interviewées&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parmi les réfugiés interviewés, plus de femmes que d’hommes ont rapporté avoir été agressés sexuellement. Elles l’ont été par des personnes se trouvant généralement dans leur entourage. Deux de ces participantes ont été mariées, sans leur consentement, à des hommes beaucoup plus âgés qu’elles, alors qu’elles étaient mineures. Hormis leurs maris et conjoints, les viols des femmes interviewées ont été commis par un pasteur, père, cousin, médecin, des conjoints d’une mère, amis d’un conjoint, et une mère. De plus, toutes les participantes à la recherche ont été injuriées, tant par des hommes que par des femmes, agressées physiquement et parfois harcelées, mais pas uniquement en raison de la découverte de leur lesbianisme ou de leur identité de genre non conformes, contrairement aux hommes, qui ont subi des représailles quand leur allosexualité était démasquée ou soupçonnée. Le seul fait d’être identifiée comme une femme suffirait pour être victime de violences de genre et de discriminations sexistes. De plus, quoique les pressions sur l’honneur à sauvegarder au sein de la famille ou de la communauté traversent l’ensemble des entretiens, plus de contraintes et de règles à observer s’appliquent aux femmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus spécifiquement, sept des participantes à la recherche ont rapporté avoir été victimes de violence conjugale. Trois d’entre elles ont dévoilé de sévères cas d’abus et ont été terrorisées par leur conjoint respectif qui appartenait à des bandes criminelles. Plusieurs répondantes ont aussi reçu des menaces de mort de la part de conjoints, d’ex-conjoints, d’un père ou de jeunes de la rue. Parfois, cette menace est mise à exécution: l’amante de l’une des répondantes a ainsi été assassinée. D’autres femmes allosexuelles ont reçu des menaces de viol et le père de l’une d’elles a menacé de la faire interner tout en la frappant. Une des participantes m’a montré sa jambe, ébouillantée par les femmes de son mari polygame, qui la battaient régulièrement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les exactions sont aussi commises par des gangs que les réfugiés-es appellent «&lt;em&gt;mob justice&lt;/em&gt;» ou «vigilantes», soit des groupes de jeunes hommes qui font les justiciers en se chargeant de faire respecter la morale traditionnelle ou religieuse et les diktats de l’ordre conventionnel des genres. Le voisinage qui joue un rôle de surveillance, de relais de l’information et des rumeurs a souvent été le premier à ébruiter qu’elles avaient des relations sexuelles avec d’autres femmes. Les intrusions dans la vie privée des gens sont fréquentes. La protection de cette dernière est d’ailleurs avidement recherchée par les demandeuses d’asile, qui l’associent à une question de justice. Dans l’un des cas, une voisine qui était aussi la cliente de la personne interviewée a menacé de la dénoncer aux policiers et l’a donc fait chanter. Deux des femmes interviewées ont été accusées de sorcellerie, mais elles n’ont pas subi de rites de purification, contrairement à quelques hommes allosexuels interviewés. L’une de ces «sorcières» a soulevé la suspicion dans son village, car elle n’était pas mariée à vingt-cinq ans et qu’elle faisait de l’éducation sexuelle et féministe auprès des femmes et des filles&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref16_tjcxgb4&quot; title=&quot; Prenant acte de cette discrimination, le comité onusien sur l&#039;élimination de toutes les formes de discrimination à l&#039;égard des femmes (2014: 5) invite les évaluateurs-trices des demandes d’asile à prendre en considération les punitions politiques et religieuses que subissent les féministes, ainsi que les persécutions dont sont victimes les femmes qui ne se conforment pas aux normes de genre prescrites.&quot; href=&quot;#footnote16_tjcxgb4&quot;&gt;16&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les lesbiennes, femmes trans et bisexuelles rencontrées m’ont toutes rapporté qu’il était très risqué de demander aux policiers d’intervenir. Ces derniers banalisent la violence faite aux femmes et en parlent comme d’un problème domestique qui doit être réglé au sein de la famille. De plus, les interviewées sont nombreuses à avoir fait l’objet d’insultes lorsqu’elles ont osé dénoncer l’abus dont elles étaient victimes. L’une des participantes m’a raconté qu’après les avoir sévèrement battues et amenées à comparaître devant son père en pleine nuit, les policiers, de concert avec un autre corps armé chargé de l’ordre public, ont rapporté à la radio l’avoir découverte sans vêtements avec une autre femme. Aucune des participantes à la recherche n’a donc pu obtenir de rapport policier, mais certaines ont pu fournir des rapports médicaux pour leur audience. Leurs agresseurs ne sont donc jamais poursuivis, et l’impunité reste totale. Or pour rapporter des agressions, il faut déjà être considéré-e comme un sujet de droits à part entière, en avoir conscience et connaître ses droits, ce qui ne va pas de soi dans une société où l’égalité entre les sexes n’est pas respectée. Une lesbienne que j’ai interviewée m’a ainsi raconté que sa déclaration avait été discréditée car elle n’était pas corroborée par le témoignage d’un homme.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3.1&amp;nbsp;Les femmes allosexuelles aux confluents de plusieurs oppressions et espoirs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Afin de comprendre le vécu rapporté par les allosexuelles réfugiées, leurs demandes de protection, les relations qu’elles tissent, de même que leur capacité à atteindre les frontières canadiennes et à rester au pays, l’adoption d’une perspective englobant leurs multiples appartenances communautaires et identitaires est indiquée. Or, bien que résultant de l’enchevêtrement de rapports de domination, leur classe, race, nationalité, sexualité, statut migratoire et genre, entres autres catégories, s’amalgament selon les subjectivations recherchées dans différentes circonstances. L’approche méthodologique de McCall (2005) sur l’intersectionnalité intracatégorielle, anticatégorielle et intercatégorielle permet d’explorer les solidarités qui entourent les migrantes allosexuelles. Leur développement nécessite de faire des choix, contraints par des circonstances historiques et des rapports d’inégalité, d’autant que la reconnaissance légale demeure la priorité. La perspective intersectionnelle permet, néanmoins, de ne pas limiter mon regard et écoute à cet objectif. Aussi, l’ensemble des facettes de l’intersectionnalité proposées par McCall deviennent intéressantes pour observer et analyser, dans différents contextes impliquant divers actrices et acteurs, comment l’entraide et le soutien qui font partie des échanges s’enracinent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’approche intra-catégorielle vise donc à montrer la complexité à l’intérieur d’une même catégorie sociale. Ainsi, bien que les demandeurs-euses d’asile se regroupent en raison de leur statut migratoire à &lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt;, d’autres facteurs stimulent leur participation. La composition sporadique de noyaux où se retrouvaient, d’une part, les femmes bisexuelles et lesbiennes et, d’autre part, les hommes allosexuels, suggère que les membres d’&lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt; cherchent tant à fraterniser qu’à explorer leur désir sexuel ou sentimental. Genre et orientation sexuelle se dissocient rarement de leurs représentations sur l’identité sexuelle. Qui plus est, les femmes trans socialisaient plus fréquemment du côté des hommes, tandis que ce n’était pas le cas au sein d’AGIR ou de &lt;em&gt;Rainbow Refugee&lt;/em&gt;, la fluidité de ces sous-groupes étant aussi tributaire de l’origine nationale des participantes et participantes et d’une connivence linguistique et religieuse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’utilité moindre pour l’action à court terme, l’intersectionnalité anticatégorielle cherche «à déconstruire les catégories sociales […] pour en montrer le caractère socialement construit, contingent, et reproducteur de l’inégalité sociale» (Rousseau, 2009: 138). Dans le contexte de la SPR, les témoignages des candidats et candidates au refuge dépeignent leur pays comme ne pouvant pas les protéger, tout en parlant de leur insertion dans la société canadienne en tant que personnes ouvertement gaies. Paradoxalement, elles entretiennent alors le discours néocolonialiste et homonationaliste qui positionne le Nord global comme la terre promise de leur sécurité et de leur libération sexuelle&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref17_0tmqamo&quot; title=&quot;Cantú (2009†) a développé cette analyse dans ses travaux sur les réfugiés gais mexicains confrontés au système américain. Pour une critique semblable du dispositif canadien, voir Murray (2014).&quot; href=&quot;#footnote17_0tmqamo&quot;&gt;17&lt;/a&gt;. Les activistes sensibles aux rapports Nord-Sud, et désireux de rester solidaires envers les activistes LGBTIQ qui n’habitent pas dans les pays occidentaux, réalisent, néanmoins, que les membres de leurs associations qui font des dépositions démontrant de tels éléments ont plus de chances d’être acceptés comme réfugiés. Pragmatiques, ils cherchent en premier lieu à les soutenir dans leurs démarches et se réservent la déconstruction de la catégorie normative du réfugié avec sa notion de persécution. Une telle critique ne fera donc pas l’objet des rencontres collectives dans leurs organisations respectives, mais sera l’objet de partage lors des discussions entre activistes ou chercheurs-es.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’analyse intercatégorielle prend pour acquis que des relations d’inégalité existent entre les groupes sociaux et les analyse en créant des comparaisons entre plusieurs groupes (McCall, 2005). Cette analyse s’actualise par les pratiques des organismes communautaires qui mettent l’accent sur la dénonciation du racisme, les questions de la migration forcée et de l’intégration à la société en étant indissociables. Ainsi, le racisme reconduit par le système asilaire est combattu en réclamant l’abolition de la liste des pays d’origine désignés ou le rétablissement des soins de santé pour les réfugiés. La racisation qui est aussi porteuse d’un historique rappelle, plus spécifiquement, qu’avoir la peau noire ne signifie pas uniquement être minoritaire au sein d’une société. On le devient parmi les Blancs et les Blanches qui ont réduit en esclavage des peuples libres, les ont colonisés-es et continuent d’exploiter leurs ressources, en cette ère postcoloniale de la mondialisation. À &lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt;, cette analyse intercatégorielle se fait donc aussi de manière implicite pendant que les solidarités entre les personnes de couleur noire se cimentent tel un réflexe intrinsèque. Traversés par une mémoire collective qui se décline dans les fiertés nationales, les liens de solidarité sont aussi motivés par le besoin d’entraide, qui repose sur la logique du don-contre-don. Des ressources économiques et matérielles sont mises en commun, de même que les connaissances sur le processus juridico-administratif du refuge et sur la communauté LGBTIQ.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cherchant à créer une cohésion de groupe et à développer un sentiment d’appartenance, les organismes communautaires misent donc sur les convergences entre leurs membres, soit le combat contre la pauvreté, la sécurisation de leur statut migratoire, leur allosexualité, de même que le fait d’être racisés-es. Bien que nous ayons vu que les femmes allosexuelles réfugiées avaient subi des discriminations systémiques et des violences en raison de leur genre, la lutte contre la violence faite aux femmes n’apparaît pas à l’agenda des participants-es. Les comportements sexistes ne sont toutefois pas tolérés au sein des groupes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref18_6haky4w&quot; title=&quot;Le budget d’Among Friends ayant augmenté récemment, la responsable du groupe a comme dessein de constituer deux comités afin que les femmes et les jeunes puissent se retrouver.&quot; href=&quot;#footnote18_6haky4w&quot;&gt;18&lt;/a&gt;. Ainsi, les liens de confiance entre les membres des groupes s’organisent selon l’appartenance raciale, l’orientation sexuelle, le genre, l’origine nationale, religieuse et ethnique. La langue, et si possible le dialecte, servent aussi de vecteurs rassembleurs significatifs dans cette terre peuplée d’inconnus.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 80px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3.2 La solidarité entre les femmes allosexuelles réfugiées&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;AGIR, &lt;em&gt;Rainbow Refugee&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt; s’impliquent généralement dans les activités pour célébrer la Fierté. Ces organismes se mobilisent aussi lors de la Journée mondiale des réfugiés et dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Les limites de l’inclusion de la lesbophobie et de la biphobie à la lutte contre l’homophobie apparaissent dans le discours des &amp;nbsp; &amp;nbsp;réfugiés-es interrogés-es, qui ne perçoivent pas les rapports entre celle-ci, la transphobie et le sexisme. Leur connaissance historique des luttes pour les droits des minorités sexuelles s’inscrit dans l’historiographie dominante du mouvement gai et lesbien, qui débute avec Stonewall et dont l’iconographie et les revendications se sont mondialisées grâce à l’Internet. Seules deux lesbiennes et une bisexuelle interviewées qui ont participé à des regroupements féministes tenaient un discours plus politique sur les rapports entre le sexisme et l’homophobie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon Chamberland et ses collègues (2012: 5), le «concept hégémonique d’homophobie peut occulter l’oppression des lesbiennes en tant que femmes et homosexuelles» et «conduire à renouveler la violence symbolique» dirigée contre celles-ci, la notion d’homophobie rendant impossible leur exclusion de la catégorie des personnes homosexuelles mais pouvant les exclure de celle des femmes. Du coup, les lesbiennes peuvent être perçues comme bénéficiant d’un meilleur traitement social que les hommes gais, infériorisés à l’instar des femmes (Chamberland &lt;em&gt;et al&lt;/em&gt;, 2012: 6). Or, les violences rapportées par les femmes allosexuelles interviewées témoignent du contraire. Qui plus est, pour la majorité d’entre elles, leur identification comme lesbiennes ou bisexuelles ne place pas en opposition les composantes «femme» et «homosexuelle» de leur subjectivité. Leurs réalités et les significations qu’elles donnent à ces catégories restent cependant méconnues.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les femmes allosexuelles réfugiées payent le prix de leur autonomie sexuelle en rejetant les diktats du pouvoir patriarcal et son honneur. Elles trouvent la force pour valoriser la libération de leur énergie sexuelle, sans nier la nécessité de leur indépendance financière et des changements législatifs&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref19_xnli1xe&quot; title=&quot;Sur l’indivisibilité des droits humains concernant l’autonomie sexuelle des femmes, voir Waites (2009).&quot; href=&quot;#footnote19_xnli1xe&quot;&gt;19&lt;/a&gt;. Or, les histoires familiales des femmes caribéennes, en particulier, rappellent que la quête du travail les pousse depuis des générations à la tête de chaînes migratoires, appuyées par leurs réseaux féminins qui s’occupent des enfants (Ho, 1999). Leur sexualité hors normes ébranle, néanmoins, ces solidarités et interpelle leur développement avec des femmes allosexuelles, ainsi qu’avec des alliés-es. Devant ces défis provoqués par l’imbrication des inégalités, mais aussi par les perspectives d’un avenir meilleur, le plaisir et le pouvoir de la sexualité des femmes allosexuelles sont célébrés au sein des regroupements. Leur atmosphère n’est donc jamais victimaire et se vit sous le signe de la fierté et de la communauté retrouvée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’intersectionnalité est de mise pour aborder le vécu et la subjectivation des femmes allosexuelles migrantes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref20_0k3tu5g&quot; title=&quot;Sur l’intégration d’une perspective queer et historicisée aux approches intersectionnelles, voir Taylor et al. (2011).&quot; href=&quot;#footnote20_0k3tu5g&quot;&gt;20&lt;/a&gt;. Les données à leur sujet sont rares et ce champ d’études complexe reste à développer, à plus forte raison lorsqu’elles revendiquent un statut de réfugiée. L’entrecroisement des systèmes oppressifs de classe, race, genre et sexualité explique en partie leur présence moindre dans les groupes communautaires. La manière dont ces réfugiées nomment et parlent de leurs réalités pose aussi d’intéressants défis à la recherche transculturelle. De plus, un questionnement critique sur l’essentialisme identitaire, soit l’une des limites de l’intersectionnalité, est à garder en tête; la mise en contexte des subjectivités permettant de mieux saisir les aspirations et réalités des personnes que l’ouverture statique d’une catégorie à leur inclusion (Hunter et De Simone, 2009).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du côté des organismes communautaires qui collaborent à ma recherche, AGIR articule un discours qui remet en question cet essentialisme identitaire. Pour ce qui est d’&lt;em&gt;Among Friends&lt;/em&gt;, et dans une moindre mesure de &lt;em&gt;Rainbow Refugee&lt;/em&gt;, si le discours essentialiste y perdure avec force, leurs participants et participantes sont invités-es à faire sens de leurs spécificités identitaires et à surmonter les obstacles qui les maintiennent dans des espaces et des rôles de subordination. Les leaders de ces organismes, qui sont majoritairement des lesbiennes, deviennent ainsi des modèles de leur possible émancipation. Ces organismes qui travaillent à la reconnaissance d’une citoyenneté substantive pour l’ensemble de leurs membres nous lancent une question: de quelle solidarité témoignons-nous à l’égard des migrants et migrantes allosexuels-les?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong style=&quot;font-size: 0.8125rem;&quot;&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;AMNESTY INTERNATIONAL. 2008. &lt;em&gt;Love, hate and the law. Decriminalizing homosexuality&lt;/em&gt;, 68 p. En ligne: &amp;nbsp;&lt;br&gt;&lt;a href=&quot;https://www.amnesty.org/fr/documents/POL30/003/2008/en/.Consult&quot;&gt;https://www.amnesty.org/fr/documents/POL30/003/2008/en/.Consult&lt;/a&gt;é le 2 novembre 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BORRILLO, Daniel. 2000. &lt;em&gt;L’homophobie&lt;/em&gt;. Paris: Presses universitaires de France, coll. «Que-sais-je ?».&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BUTLER, Judith. 1993. &lt;em&gt;Bodies That Matter : On the Discursive Limits of &quot;Sex&quot;&lt;/em&gt;. New York: Routledge.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CANTÚ, Lionel. 2009†. &lt;em&gt;The Sexuality of Migration: Border Crossings and Mexican Immigrant Men&lt;/em&gt;. New York: New York University Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CHAMBERLAND, Line et Christelle LEBRETON, avec la coll. de Michaël BERNIER. 2012. &lt;em&gt;Stratégies des travailleuses lesbiennes face à la discrimination. Contrer l’hétéronormativité des milieux de travail&lt;/em&gt;, Montréal: Cahier de l’Institut de recherches et d’études féministes, Université du Québec à Montréal, coll. «Agora», no 3. En ligne:&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;https://iref.uqam.ca/upload/files/Cahier_Agora_no3-2_en_ligne.pdf&quot;&gt;https://iref.uqam.ca/upload/files/Cahier_Agora_no3-2_en_ligne.pdf&lt;/a&gt;. Consulté le 26 octobre 2014.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DUGGAN, Lisa. 2002. «The New Homonormativity: The Sexual Politics of Neoliberalism», dans &lt;em&gt;Materializing Democracy: Toward a Revitalized Cultural Politics&lt;/em&gt;, sous la dir. de Russ CASTRONOVO et de Dana D. NELSON, Durham: Duke University Press, p. 175-194.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FALQUET, Jules et Sabreen ALARASSACE. 2006. «Les femmes parties de leur pays en raison de leur lesbianisme: un état des connaissances en France aujourd’hui». &lt;em&gt;REVUE Asylon(s)&lt;/em&gt;, no 1, octobre. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.reseau-terra.eu/article483.html&quot;&gt;http://www.reseau-terra.eu/article483.html&lt;/a&gt;. Consulté le 2 novembre 2012.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES POUR LES RÉFUGIÉS. &lt;em&gt;2007. Convention et Protocole relatifs au statut des réfugiés&lt;/em&gt;, Genève, 56 p. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.unhcr.fr/4b14f4a62.html?_ga=1.214522708.251770489.1389727192&quot;&gt;http://www.unhcr.fr/4b14f4a62.html?_ga=1.214522708.251770489.1389727192&lt;/a&gt;. Consulté le 13 janvier 2014.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES POUR LES RÉFUGIÉS. 2012. &lt;em&gt;Principes directeurs sur la protection internationale no. 9: Demandes de statut de réfugié fondées sur l’orientation sexuelle et/ou de genre dans le contexte de l’article 1A (2) de la Convention de 1951 et/ou de son Protocole de 1967 relatifs au statut des réfugiés&lt;/em&gt;, 23 octobre, 32 p. En ligne: &lt;a href=&quot;http://refworld.org/cgi-bin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&amp;amp;docid=52d8facd4.Consult&quot;&gt;http://refworld.org/cgi-bin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&amp;amp;doc...&lt;/a&gt;é le 2 novembre 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HO, Christine G. T. 1999. «Caribbean Transnationalism as a Gendered Process». &lt;em&gt;Latin American Perspectives&lt;/em&gt;, vol. 26, no 5, p. 34-54. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.jstor.org/stable/2633969&quot;&gt;http://www.jstor.org/stable/2633969&lt;/a&gt;. Consulté le 28 février 2008.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HUNTER, Rosemary et Tracey De SIMONE. 2009. «Identifying Disadvantage: Beyond Intersectionality», dans &lt;em&gt;Intersectionality and Beyond. Law, Power and the Politics of Location&lt;/em&gt;, sous la dir. d’Emily GRABHAM, Davina COOPER, Jane KRISHNADAS et Didi HERMAN, New York: Routledge-Cavendish, p. 159-182.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ITABORAHY, Lucas P. et Jingshu ZHU. 2013. &lt;em&gt;A World Survey of Laws: Criminalisation, Protection and Recognition of Same-Sex Love, International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association&lt;/em&gt;, 110 p. En ligne:&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://old.ilga.org/Statehomophobia/ILGA_State_Sponsored_Homophobia_2013.pdf&quot;&gt;http://old.ilga.org/Statehomophobia/ILGA_State_Sponsored_Homophobia_2013...&lt;/a&gt;. Consulté le 13 janvier 2014.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;JENSEN, Sabine et Thomas SPIJKERBOER. 2011. &lt;em&gt;Fleeing Homophobia: Demandes d’asile liées à l’orientation sexuelle et à l’identité sexuelle en Europe&lt;/em&gt;, Amsterdam: Université Libre d’Amsterdam, 94 p. En ligne: &amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.rechten.vu.nl/nl/Images/web_110098_FH_FR_tcm22-243075.pdf&quot;&gt;http://www.rechten.vu.nl/nl/Images/web_110098_FH_FR_tcm22-243075.pdf&lt;/a&gt;. &amp;nbsp;Consulté le 13 mai 2014.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LaVIOLETTE, Nicole. 2013. «Overcoming Problems with Sexual Minority Refugee Claims. Is LGBT Cultural Competency Training the Solution?», dans &lt;em&gt;Fleeing Homophobia. Sexual Orientation, Gender Identity and Asylum&lt;/em&gt;, sous la dir. de Thomas SPIJKERBOER, New York: Routledge, p. 189-216.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LEAP, William et Tom BOELLSTORFF. 2004. &lt;em&gt;Speaking in Queer Tongues: Globalization and Gay Language&lt;/em&gt;. Chicago: University of Illinois Press.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LEE, Edward O.J. et Shari BROTMAN. 2011. «Identity, Refugeeness, Belonging: Experiences of Sexual Minority Refugees in Canada». &lt;em&gt;Canadian Review of Sociology&lt;/em&gt;, vol. 48, no 3, p. 241–274.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LENNOX, Corinne et Matthew WAITES (dir.). 2013. H&lt;em&gt;uman Rights, Sexual Orientation and Gender Identity in the Commonwealth: Struggles for Decriminalisation and Change&lt;/em&gt;. Londres: Institute of Commonwealth Studies, University of London, 562 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LÉVY, Joseph J. et Nathalie RICARD. 2013. «Droits humains et minorités sexuelles», dans &lt;em&gt;Droits et cultures en mouvements&lt;/em&gt;, sous la dir. de Francine SAILLANT et Karoline TRUCHON, Québec: Presses de l’Université Laval, p. 101–130.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;McCALL, Leslie. 2005. «The Complexity of Intersectionality». &lt;em&gt;Journal of Women in Culture and Society&lt;/em&gt;, vol. 30, no 3, p. 1771–1800. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.journals.uchicago.edu/doi/pdf/10.1086/426800&quot;&gt;http://www.journals.uchicago.edu/doi/pdf/10.1086/426800&lt;/a&gt;. Consulté le 9 mai 2011.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MINISTÈRE DE LA CITOYENNETÉ ET DE L’IMMIGRATION. 2012. «Pays d’origine désigné», Gouvernement du Canada. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.cic.gc.ca/francais/refugies/reforme-surs.asp&quot;&gt;http://www.cic.gc.ca/francais/refugies/reforme-surs.asp&lt;/a&gt;. Consulté le 13 janvier 2014.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MURRAY, David A. B. 2014. «The Challenge of Home for Sexual Orientation and Gendered Identity Refugees in Toronto». &lt;em&gt;Journal of Canadian studies&lt;/em&gt;, vol. 48, no.1, p. 132-152. En ligne: &lt;a href=&quot;http://muse.jhu.edu.acces.bibl.ulaval.ca/journals/journal_of_canadian_studies/v048/48.1.murray.pdf&quot;&gt;http://muse.jhu.edu.acces.bibl.ulaval.ca/journals/journal_of_canadian_st...&lt;/a&gt;. Consulté le 17 septembre 2014.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MURRAY, David A. B. 2011. «Becoming Queer Here: Integration and Adaptation Experiences of Sexual Minority Refugees in Toronto». &lt;em&gt;Refuge&lt;/em&gt;, vol. 28, no 2, p.127–132.&amp;nbsp;En ligne: &lt;a href=&quot;http://connection.ebscohost.com/c/articles/91691216/becoming-queer-here-integration-adaptation-experiences-sexual-minority-refugees-toronto&quot;&gt;http://connection.ebscohost.com/c/articles/91691216/becoming-queer-here-...&lt;/a&gt;. Consulté le 12 janvier 2013.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;NATIONAL CENTER FOR LESBIAN RIGHTS. 2007. &lt;em&gt;The Challenges to Successful Lesbian Asylum Claim&lt;/em&gt;, San Francisco.&amp;nbsp;&lt;br&gt;En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.nclrights.org/wp-content/uploads/2013/04/Resources_Challenges_Lesbian_Asylum_Claims.pdf&quot;&gt;http://www.nclrights.org/wp-content/uploads/2013/04/Resources_Challenges...&lt;/a&gt;. Consulté le 13 mai 2014.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ORGANISATION POUR LE REFUGE, L’ASILE ET LA MIGRATION. 2013. &lt;em&gt;Les impasses: La lutte invisible des personnes réfugiées lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées dans les zones urbaines au Mexique, en Ouganda et en Afrique du Sud. Partie 1&lt;/em&gt;, Synthèse, San Francisco.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PUAR, Jasbir. 2007. &lt;em&gt;Terrorist Assemblages: Homonationalism in Queer Times&lt;/em&gt;. Durham: Duke University Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;QUAN, Douglas. 2012. «Immigration Officer Shoots Down Residency Claimant for Failing to Prove He’s Gay». &lt;em&gt;Ottawa Citizen&lt;/em&gt;, Ottawa, 10 juillet. En ligne: &lt;a href=&quot;http://o.canada.com/2012/07/10/immigration-officer-shoots-down-residency-claimant-for-failing-to-prove-hes-gay/&quot;&gt;http://o.canada.com/2012/07/10/immigration-officer-shoots-down-residency...&lt;/a&gt;. Consulté le 2 mars 2013.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;REHAAG, Sean. 2008. «Patrolling the Borders of Sexual Orientation: Bisexual Refugee Claimants in Canada». &lt;em&gt;McGill Law Journal&lt;/em&gt;, vol. 53, no 1, p. 59–102.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICARD, Nathalie. 2014a. «Testimonies of LGBTIQ Refugees as Cartographies of Political, Sexual and Emotional Borders». &lt;em&gt;Journal of Language and Sexuality, &lt;/em&gt;vol. 3, no 1, p. 28–59.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICARD, Nathalie. 2014b. «Que faut-il taire &#039;&#039;quand dire, c’est faire&#039;&#039;? L’audience d’un demandeur d’asile à l’identité de genre hétérodoxe». &lt;em&gt;Culture-Kairós. Revue d’anthropologie des pratiques corporelles et des arts vivants&lt;/em&gt;, no 4. En ligne: &lt;a href=&quot;http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/&quot;&gt;http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/&lt;/a&gt; index.php?id=925. Consulté le 15 avril 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ROUSSEAU, Stéphanie. 2009. «Genre et ethnicité racialisée en Bolivie : pour une étude intersectionnelle des mouvements sociaux». &lt;em&gt;Sociologie et sociétés&lt;/em&gt;, vol. 41, no 2, p. 135-60. En ligne: &lt;a href=&quot;http://id.erudit.org/iderudit/039262ar&quot;&gt;http://id.erudit.org/iderudit/039262ar&lt;/a&gt;. Consulté le 15 avril 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SHEILL, Kate. 2009. «Losing Out in the Intersections: Lesbians, Human rights, Law and Activism». &lt;em&gt;Contemporary Politics, The Global Politics of LGBT Human Rights&lt;/em&gt;, vol. 15, no 1, p. 55–71.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;TAYLOR, Yvette, Sally HINES et Mark CASEY. 2011. &lt;em&gt;Theorizing Intersectionality and Sexuality&lt;/em&gt;. Londres: Palgrave MacMillan.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;UNITED NATIONS COMMITTEE ON THE ELIMINATION OF DISCRIMINATION AGAINST WOMEN (CEDAW). 2014. &lt;em&gt;General Recommendation No. 32 On the Gender-Related Dimensions of Refugee Status, Asylum, Nationality and Statelessness of Women&lt;/em&gt;, 5 novembre, 20 p. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.refworld.org/docid/54620fb54.html&quot;&gt;http://www.refworld.org/docid/54620fb54.html&lt;/a&gt;. Consulté le 13 novembre 2014.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WAITES, Matthew. 2009. «Critique of ‘Sexual Orientation’ and ‘Gender Identity’ in Human Rights Discourse: Global Queer Politics Beyond the Yogyakarta Principles». &lt;em&gt;Contemporary Politics, The Global Politics of LGBT Human Rights&lt;/em&gt;, vol. 15, no 1, p. 137-56.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WALKS, Michelle. 2014. «&#039;&#039;Nous sommes ici et nous sommes &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt; !&#039;&#039;: Une introduction aux études sur l’anthropologie queer». &lt;em&gt;Anthropologica&lt;/em&gt;, thématique sur l’anthropologie queer, vol. 56, no 1, p. 17-20.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WRIGHT, Cynthia. 2013. «The Museum of Illegal Immigration: Historical Perspectives on the Production of Non-citizens and Challenges to Immigration Controls», in &lt;em&gt;Producing and Negotiating Non-citizenship: Precarious Legal Status in Canada&lt;/em&gt;, sous la dir. de Luin GOLDRING et Patricia LANDOLT, Toronto: University of Toronto Press, p. 31-53.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_legcdho&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_legcdho&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Sur l’homophobie d’État, voir Itaborahy et Zhu (2013). Selon Borrillo (2000: 13), la notion d’homophobie renvoie tant au rejet de la personne homosexuelle qu’à celui de l’homosexualité.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_5pdq0lr&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_5pdq0lr&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Les personnes allosexuelles vont à l’encontre de l’ordre des choses établi par les dieux, la loi, le sens commun ou la nature, et selon lequel les personnes cissexuelles, c’est-à-dire dont le genre assigné correspond à leur anatomie, éprouvent du désir hétérosexuel pour le sexe opposé (masculin ou féminin), mais complémentaire. Cet idéal de cohérence entre le genre, le sexe et le désir est régulé par une grammaire d’intelligibilité, l’hétéronormativité, aussi appelée «matrice hétérosexuelle» (Butler, 1993).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_amb0lw8&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_amb0lw8&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Malgré la mise en garde de l’Organisation pour le Refuge, l’Asile et la Migration (ORAM, 2013, p. 1), qui avait souligné en quoi cette désignation s’appuie sur des construits occidentaux méconnus ou évités dans plusieurs régions du monde, l’acronyme LGBTI est de plus en plus utilisé par les institutions pour parler des personnes ayant une orientation sexuelle et/ou une identité de genre jugées non conformes. L’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association (ILGA) l’illustre. Le vocable &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt; est aussi généralement rejeté par ces institutions.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_j3pc2oo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_j3pc2oo&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; La méthode anthropologique établit une distinction entre le point de vue émique, qui est basé sur le système de pensée et les concepts de la personne ou du groupe interviewés ou observés, et celui du chercheur ou de la chercheure avec son point de vue éthique.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_gh1sl8w&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_gh1sl8w&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; «Allo-»: élément de composition tiré du grec et qui signifie «autre, différent» (Centre national de ressources textuelles et lexicales). Depuis les années 2000, les termes «allosexuel» et «altersexuel», et leurs équivalents au pluriel et au féminin, sont des tentatives de traduction en français du mot «&lt;em&gt;queer&lt;/em&gt;», mais qui, contrairement à ce dernier, n’ont généralement pas les mêmes intentions de confrontation politique ni les mêmes connotations de marginalité (voir le Bureau de la traduction du gouvernement fédéral canadien et la note du traducteur de l’article de Walks, 2014, p. 20).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_peajud1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_peajud1&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Cet article s’appuie sur des données recueillies, dans le cadre de ma recherche en cours en anthropologie, sur les notions et les pratiques de justice mobilisées par le droit d’asile au Canada pour les personnes violentées en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_toiu2ku&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_toiu2ku&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; Depuis décembre 2012, les documents appuyant la requête d’asile doivent être soumis dix jours avant l’audience. Celle-ci se déroulera 30 jours après le dépôt de la demande écrite de refuge, si la personne ne vient pas d’un pays d’origine désigné, ou 60 jours plus tard, si elle vient d’un pays d’origine désigné.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_d7snz9p&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_d7snz9p&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; Pour la liste, voir le site du Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration. L’analyse critique de cette liste problématique pour les minorités sexuelles dépasse le cadre du présent article.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_pn5xuug&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_pn5xuug&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; L’homonormativité se réfère à la pratique de normalisation des gais et lesbiennes, à travers leur inclusion à un mode de vie domestiqué et de consommation, ainsi qu’au fait de ne plus constituer une menace à l’hétérosexualité ni au néolibéralisme (Duggan, 2002: 179). Ce modèle occidentalocentrique s’est répandu avec la mondialisation du mouvement des droits humains LGBT. Couplée à des sentiments nationalistes, l’homonormativité devient homonationalisme (Puar, 2007) et projette les «autres» contrées et leurs habitants comme étant nuisibles à l’épanouissement des communautés gaies.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_8s3my3w&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_8s3my3w&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; Entre avril 2009 et juin 2011, 120 femmes bisexuelles, gaies, trans et lesbiennes ont déposé une demande d’asile sur les 526 réclamations faites sur la base de la persécution liée à l’orientation sexuelle et/ou à l’identité de genre. Ces demandeurs d’asile venaient principalement du Mexique, puis des Caraïbes. Ces données ont été obtenues grâce à la &lt;em&gt;Loi sur l’accès à l’information&lt;/em&gt;, en février 2012. Depuis, les activistes ont remarqué une baisse dramatique du nombre de ressortissantes et ressortissants mexicains. Le fait que le Mexique se retrouve sur la liste des pays «sécuritaires» pourrait l’expliquer. Par contre, les demandeurs-euses de refuge originaires des Caraïbes demeurent nombreux, et ceux et celles d’Afrique et d’Europe de l’Est, incluant la Russie, seraient en hausse.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_i7m4kwn&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_i7m4kwn&quot;&gt;11.&lt;/a&gt; Des observations durant les audiences, la participation dans les associations de soutien pour migrants et migrantes allosexuels, l’accompagnement de ceux-ci durant le processus d’asile, incluant des visites en centre de détention, l’écriture de lettres de soutien et d’appel, les artefacts produits par des activistes et réfugiés-es, les journaux et d’autres types de littérature, ainsi que mes notes de terrain complètent la collecte de données. Sur les lettres de soutien comme objets ethnographiques, voir Ricard (2014a).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote12_c70g4rt&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref12_c70g4rt&quot;&gt;12.&lt;/a&gt; Pour les activistes de ces organismes communautaires, le terme &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt; renvoie généralement à l’auto-identification sexuelle et de genre, à la résistance au pouvoir de désignation des régimes hégémoniques hétéronormatifs et migratoires, à des pratiques anti-oppressives et de solidarité entre résidents-es de pays anciennement colonisés et colonisateurs, et à la décriminalisation du travail du sexe.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote13_rqa955w&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref13_rqa955w&quot;&gt;13.&lt;/a&gt; Depuis, une doctorante s’est jointe à leur équipe. Elle participe au développement des activités et accompagne les migrants et migrantes dans leurs démarches et revendications. Le nombre de participants-es à &lt;em&gt;Rainbow Refugee&lt;/em&gt; aurait aussi augmenté.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote14_op3l9tz&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref14_op3l9tz&quot;&gt;14.&lt;/a&gt; Sa requête d’asile a été abandonnée en raison de l’&lt;em&gt;Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs&lt;/em&gt;. Selon celle-ci, toute personne qui transite par nos voisins du sud avant de venir au Canada et qui souhaite postuler pour l’asile doit le faire aux États-Unis, malgré ses lois envers les minorités sexuelles.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote15_wml6iyy&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref15_wml6iyy&quot;&gt;15.&lt;/a&gt; Sur ce point, voir Wright (2013).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote16_tjcxgb4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref16_tjcxgb4&quot;&gt;16.&lt;/a&gt;  Prenant acte de cette discrimination, le comité onusien sur l&#039;élimination de toutes les formes de discrimination à l&#039;égard des femmes (2014: 5) invite les évaluateurs-trices des demandes d’asile à prendre en considération les punitions politiques et religieuses que subissent les féministes, ainsi que les persécutions dont sont victimes les femmes qui ne se conforment pas aux normes de genre prescrites.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote17_0tmqamo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref17_0tmqamo&quot;&gt;17.&lt;/a&gt; Cantú (2009†) a développé cette analyse dans ses travaux sur les réfugiés gais mexicains confrontés au système américain. Pour une critique semblable du dispositif canadien, voir Murray (2014).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote18_6haky4w&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref18_6haky4w&quot;&gt;18.&lt;/a&gt; Le budget d’&lt;em&gt;Among Friends &lt;/em&gt;ayant augmenté récemment, la responsable du groupe a comme dessein de constituer deux comités afin que les femmes et les jeunes puissent se retrouver.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote19_xnli1xe&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref19_xnli1xe&quot;&gt;19.&lt;/a&gt; Sur l’indivisibilité des droits humains concernant l’autonomie sexuelle des femmes, voir Waites (2009).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote20_0k3tu5g&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref20_0k3tu5g&quot;&gt;20.&lt;/a&gt; Sur l’intégration d’une perspective &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt; et historicisée aux approches intersectionnelles, voir Taylor &lt;em&gt;et al.&lt;/em&gt; (2011).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Je commencerai par décrire le dispositif de la reconnaissance du statut de réfugié au Canada. Puis, je ferai brièvement état de ma démarche ethnographique dans les principales villes où habitent les migrants et migrantes LGBTIQ au pays. Quelques pistes seront alors proposées pour comprendre la faible participation des lesbiennes, femmes bisexuelles et trans dans certains groupes communautaires qui collaborent à ma recherche. Ce sera aussi l’occasion de présenter leurs caractéristiques générales. Dans un troisième temps, j’aborderai à grands traits, avec les risques que cela comporte, le vécu de violence des femmes que j’ai interviewées. Une approche intersectionnelle est indiquée pour appréhender leur processus de subjectivation, dans lequel s’entrecroisent les rapports sociaux de genre et de sexualité et leur statut migratoire. De plus, l’expérience de la racisation des participantes influence le développement de leurs liens de solidarité. Enfin, nous retiendrons que la célébration de l’autonomie et la valorisation de l’énergie sexuelle des femmes repoussent les frontières politiques, affectives, sexuelles et culturelles qui auraient voulu les garder dans une condition victimaire. &lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=7007&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Ricard, Nathalie&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2016. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/quelle-solidarite-pour-les-femmes-allosexuelles-refugiees-au-canada&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Quelle solidarité pour les femmes allosexuelles réfugiées au Canada?&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/articles/quelle-solidarite-pour-les-femmes-allosexuelles-refugiees-au-canada&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/quelle-solidarite-pour-les-femmes-allosexuelles-refugiees-au-canada&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023. Publication originale : (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Féminismes et luttes contre l&#039;homophobie: de l&#039;apprentissage à la subversion des codes&lt;/span&gt;. 2016. Montréal : Institut de recherches et d&#039;études féministest de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Quelle+solidarit%C3%A9+pour+les+femmes+allosexuelles+r%C3%A9fugi%C3%A9es+au+Canada%3F&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-47-5&amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Ricard&amp;amp;rft.aufirst=Nathalie&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministest+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Fri, 25 Mar 2022 16:31:30 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>Des révolutions scientifiques de Thomas Kuhn aux révolutions artistiques de Nathalie Heinich</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/remix/des-revolutions-scientifiques-de-thomas-kuhn-aux-revolutions-artistiques-de-nathalie-heinich</link>
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          &lt;div class=&quot;field-item clearfix even&quot;&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;72199&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Dans son livre intitulé &lt;em&gt;La structure des révolutions scientifiques&lt;/em&gt; (1962) présentant le concept de paradigme, Thomas Kuhn emploie le terme d’anomalie pour désigner les moments de crise scientifique dont la résolution n’est plus uniquement réalisable en se référant aux normes du paradigme dominant mais qui impliquent l’apparition de nouveaux concepts mettant en question la pertinence du paradigme préexistant. Ce changement radical du champ du savoir qui permet de passer d’un paradigme en état de crise à un autre ne l’étant pas est appelé, selon Kuhn, «révolution scientifique». Dans son livre &lt;em&gt;Le paradigme de l’art contemporain. Structures d’une révolution artistique&lt;/em&gt; (2014), Nathalie Heinich empruntera alors la thèse kuhnienne de la «révolution scientifique» afin de montrer son applicabilité dans le champ des changements de paradigmes en art et donc, dans les «révolutions artistiques».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cet article propose de penser le phénomène de la migration des concepts à travers une étude de cas. Nous essayerons de voir comment Heinich déterritorialise les « révolutions scientifiques» kuhniennes (et les concepts qui lui sont liés) de leur contexte d’origine pour les appliquer dans un autre. Nous tâcherons aussi de mettre en évidence les motifs qui ont permis ce transfert, les influences de cet emprunt sur le champ de l’histoire de l’art et &amp;nbsp;les limites de cette transposition.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout débute en 1962, avec la parution du livre de Thomas Kuhn &lt;em&gt;La structure des révolutions scientifiques&lt;/em&gt;. L’auteur y expose sa théorie des révolutions scientifiques&amp;nbsp;en partant d’un postulat principal mettant l’accent, d’abord, sur une phase de la recherche où les spécialistes d’un champ&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_n940c7g&quot; title=&quot;Nous utilisons le concept de «champ» tel que défini par Pierre Bourdieu, soit un sens qui permet l’ouverture d’un champ sur d’autres champs.&quot; href=&quot;#footnote1_n940c7g&quot;&gt;1&lt;/a&gt; scientifique n’arrivent plus à expliquer certaines énigmes. Ces «anomalies» donnent alors naissance à une mise en question de la situation précédemment établie. Elles bouleversent le champ dans lequel elles sont expérimentées, puisque les théories et les pratiques scientifiques y deviennent, incapables, d’une part, de répondre à toutes les questions qui surviennent et, &amp;nbsp;d’autre part, de s’élargir pour atteindre de nouveaux horizons. C’est, selon l’épistémologue et historien des sciences, la recherche de solutions à ce genre de crises qui mène aux révolutions scientifiques. Pour Kuhn, il ne s’agit ainsi que de l’étape initiale inaugurant un cycle révolutionnaire, lequel commence par une phase scientifique pré-normale (pré-paradigmatique) et se clôture par l’apparition d’une nouvelle science normale qui, elle-même, sera exposée plus tard à une remise en question devant de nouvelles anomalies.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour mieux cerner cette théorie et son application dans le domaine artistique, il nous paraît intéressant de nous arrêter d’emblée sur la notion de paradigme chez Kuhn qui le décrit dans son ouvrage comme tel:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[C’est un] terme qui a des liens étroits avec celui de science normale. En le choisissant, je veux suggérer que certains exemples reconnus de travail scientifique réel exemples qui englobent des lois, des théories, des applications et des dispositifs expérimentaux fournissent des modèles qui donnent naissance à des traditions particulières et cohérentes de recherche scientifique. (30)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le paradigme est donc avant tout un modèle, une vision du monde partagée par un ensemble de spécialistes du même champ scientifique pendant une période précise. Ce champ de savoir est régi par des normes prédéfinies et dominantes exigeant l’engagement et l’accord des acteurs qui le composent, lesquels doivent œuvrer dans l’harmonie et le consentement pendant une période donnée. Une fois ces conditions réalisées, on peut parler de ce que Kuhn appelle la science normale:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Les hommes dont les recherches sont fondées sur le même paradigme adhèrent aux mêmes règles et aux mêmes normes dans la pratique scientifique. Cet engagement et l’accord apparent qu’il produit sont des préalables nécessaires de la science normale, c’est-à-dire de la genèse et de la continuation d’une tradition particulière de recherche. (30)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette tradition particulière est souvent exposée à des crises, lorsque le modèle scientifique préétabli ne parvient pas à répondre aux questionnements soulevés par la science en se basant sur les règles, sur les pratiques et sur les dispositifs habituels au sein du champ scientifique et que ces anomalies se multiplient sans que les spécialistes puissent les cerner et les expliquer. Les chercheurs ont alors la possibilité de se référer à une nouvelle vision du monde pour pouvoir trouver des réponses aux questions dont les résolutions sont restées suspendues au sein du paradigme initial.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est à signaler qu’il ne faut pas confondre les anomalies donnant naissance à de nouvelles découvertes dans le paradigme initial et celles amenant à des révolutions scientifiques déplaçant le scientifique d’un paradigme initial dominant à un nouveau paradigme émergent. Les premières ne font qu’approfondir et élargir un champ scientifique en réajustant les dispositifs et les règles du jeu pour intégrer un phénomène jugé anormal dans une vision du monde préétablie. Les secondes, qualifiées de «révolutions scientifiques» ont pour leur part des conséquences bouleversantes puisqu’elles servent de motifs à des changements catégoriques. Elles affectent le fonctionnement des raisonnements basés sur les théories préétablies et font appel à des solutions en dehors du paradigme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les révolutions scientifiques ne représentent pas un passage calme et fluide d’un paradigme dominant à un autre. Au contraire, ainsi que l’affirme Kuhn, elles sont toujours précédées de controverses et de tentatives de maintien ou d’adaptation du préétabli, voire d’un refus du changement:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Au cours du développement de toute science, le premier paradigme admis donne généralement l’impression de rendre compte avec succès de la plupart des observations et expériences facilement accessibles aux spécialistes de cette science. Son développement ultérieur exige donc généralement la construction d’un équipement compliqué, le développement d’un vocabulaire et de techniques ésotériques, et un affinement des concepts […]. Cette professionnalisation conduit d’une part à une restriction énorme du champ de vision de l’homme de science et à &lt;em&gt;une résistance considérable aux changements de paradigmes&lt;/em&gt;. (98)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette résistance au changement est très utile selon Kuhn. Elle accorde au paradigme initial, et par la suite à la science normale, le temps de se réajuster. Les spécialistes ont par conséquent l’opportunité, dans le cadre des révolutions scientifiques, d’approfondir leurs théories &amp;nbsp;et de s’ouvrir à de nouveaux phénomènes. En cas d’échec, la résistance au changement évite en outre que des bouleversements brusques soient expérimentés par la communauté scientifique en crise:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[…] [L]a résistance au changement a une utilité […]. En empêchant que le paradigme soit trop facilement renversé, la résistance garantit que les scientifiques ne seront pas dérangés sans raison et que les anomalies qui aboutissent au changement de paradigmes pénétreront intégralement les connaissances existantes. Le fait même qu’une nouveauté scientifique importante émerge si souvent simultanément de plusieurs laboratoires, prouve d’une part la nature fortement traditionnelle de la science normale et d’autre part le fait que cette entreprise traditionnelle prépare parfaitement la voie de son propre changement. (99)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est donc évident que la résistance au changement assure, selon Kuhn, un passage fluide d’un paradigme à l’autre. Plus encore, elle donne au paradigme initial des chances de survie. Malgré son dépassement, il peut coexister provisoirement avec le nouveau paradigme, mais devient dès lors l’objet de remises en question continues poussant &amp;nbsp;les spécialistes d’un champ scientifique à délaisser, petit à petit, l’ancien paradigme au profit du nouveau. Puis, les adeptes de l’ancien paradigme seront finalement amenés à accepter et à intégrer le nouveau paradigme dominant.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faut cependant rappeler que Kuhn ne conçoit pas une coexistence permanente des deux paradigmes, car, selon lui, le fait de «rejeter un paradigme sans lui en substituer simultanément un autre, c’est rejeter la science elle-même» (117). Réciproquement, toujours selon Kuhn, le fait de refuser d’entrer dans le nouveau paradigme ne peut pas se faire sans avoir proposé des alternatives qui permettront de résoudre les énigmes au sein de l’ancien paradigme. C’est donc cette équation qui permet à une science de progresser grâce à des révolutions scientifiques effectives.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour qu’une révolution scientifique soit accomplie, il faut donc que le nouveau paradigme s’établisse comme un nouveau modèle concurrent, voire dominant. C’est alors l’accomplissement de tout un cycle révolutionnaire qui confirme la mise en place du nouveau paradigme. De la phase initiale pré-paradigmatique (ou pré-normale) à la phase d’une nouvelle science normale, il faut passer par une phase de crise où des énigmes sont non ou mal résolues. La phase finale n’est enfin atteinte que lorsque les réponses à la crise donnent naissance à une nouvelle science normale régie par un nouveau paradigme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout en insistant sur la nécessité de l’aboutissement d’une phase avant de passer à la phase suivante dans le cycle révolutionnaire, Kuhn précise qu’il est possible de repérer un nouveau paradigme, «au moins sous une forme embryonnaire, avant qu’une crise ne se soit bien développée ou n’ait été explicitement reconnue» (126), alors que dans certains cas, on constate qu’«un temps considérable s’est écoulé entre le premier sentiment d’échec et l’émergence du nouveau paradigme» (126). Ces décalages n’affectent pas nécessairement l’enchaînement des différentes étapes du cycle révolutionnaire inspiré du champ politique, lequel débute, comme nous l’avons vu, par la montée d’un certain sentiment d’insatisfaction vis-à-vis du préétabli:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Les révolutions politiques commencent par le sentiment croissant, parfois restreint à une fraction de la communauté politique, que les institutions existantes ont cessé de répondre d’une manière adéquate aux problèmes posés par un environnement qu’elles ont contribué à créer. De semblable manière, les révolutions scientifiques commencent avec le sentiment croissant, souvent restreint à une petite fraction de la communauté scientifique, qu’un paradigme a cessé de fonctionner de manière satisfaisante pour l’exploration d’un aspect de la nature sur lequel ce même paradigme a antérieurement dirigé les recherches. Dans le développement politique comme dans celui des sciences, le sentiment d’un fonctionnement défectueux, susceptible d’aboutir à une crise, est la condition indispensable des révolutions. (Kuhn: 133-134)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est dans ce genre de circonstances que naissent les révolutions scientifiques, qui sont en réalité un changement de la vision du monde ayant par le passé régi les théories et les pratiques d’une science. Il s’agit donc d’un déplacement significatif des réseaux conceptuels et des critères. Ces transformations sont perçues, au moins chez les adeptes du nouveau paradigme dominant, comme un avancement offrant à la science de nouvelles possibilités concrètes de résolution des problèmes, notamment en ce qu’elle permet aux &amp;nbsp;scientifiques de se rapprocher de la vérité, mais pas dans le sens cumulatif du terme puisque les révolutions scientifiques sont, selon Kuhn, strictement liées au conflit entre deux paradigmes. Le progrès est dès lors davantage conçu selon un sens destructeur, puisque l’ancien paradigme et le nouveau sont incompatibles. Il s’agit donc d’un processus d’assimilation dans lequel de nouvelles idées remplacent les anciennes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon Kuhn, ces changements sont menés soit par de jeunes chercheurs, soit par de nouveaux venus dans le champ scientifique concerné. Dans tous les cas, ce sont des spécialistes qui ne sont pas habitués à se soumettre sans réserve aux théories circulant dans un champ scientifique donné. Ce genre de scientifiques est le mieux placé pour mettre en question les évidences au sein d’un paradigme dominant. Ces néophytes sont en mesure de dévoiler l’incapacité d’une science normale de résoudre les problèmes qui surviennent.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si ce dernier aspect couronne cette contextualisation de la théorie des révolutions scientifiques chez Thomas Kuhn, nous comptons désormais mettre en exergue l’emprunt de cette même théorie par Nathalie Heinich. Nous verrons qu’en transposant l’idée des révolutions scientifiques dans le monde de l’art, Nathalie Heinich conçoit l’art contemporain comme un nouveau paradigme au sens kuhnien du terme. En effet, l’autrice a transposé la même idée et les mêmes concepts dans le monde de l’art en général et dans celui des arts plastiques en particulier. Cette curieuse transposition est lisible dès le titre de son livre paru en 2014:&lt;em&gt; Le paradigme de l’art contemporain: Structures d’une révolution artistique&lt;/em&gt;. Dans cet ouvrage, qui paraît plus de cinquante ans après la parution de la première édition de &lt;em&gt;La structure des révolutions scientifiques&lt;/em&gt;, la sociologue de l’art se base sur la théorie des révolutions scientifiques pour octroyer à l’art contemporain l’étiquette de paradigme.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il nous faut d’abord signaler que, depuis son avènement, l’art contemporain a toujours été problématique aux yeux des acteurs du monde de l’art, habitués aux modèles classique puis moderne. En ce qui concerne Nathalie Heinich, la sociologue avait, avant &lt;em&gt;Le paradigme de l’art contemporain&lt;/em&gt;, déjà consacré un ouvrage à l’art contemporain paru en 1998 et intitulé &lt;em&gt;Le triple jeu de l’art contemporain&lt;/em&gt;. Ce livre tâchait entre autres de cerner ontologiquement un art différent de l’art moderne et de l’art classique. &amp;nbsp;Heinich y parle de l’art contemporain comme d’un genre artistique. Cependant, &amp;nbsp;cette supposition ne permettait pas à l’auteure de concevoir un art soumis à des conformités esthétiques préétablies ou au moins régi par des éventualités faisant l’unanimité au sein du champ artistique. Ce dernier postulat va amener Heinich à prolonger sa quête d’une étiquette ontologique plus adéquate aux caractéristiques d’un art qui a toujours été transgressif. Un art qui a bouleversé tout un champ. Un art qui n’a jamais cru aux limites. En bref, un art qui a créé une crise à tous les niveaux dans le monde de l’art.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À partir de cette idée de crise, Heinich part à la recherche d’un socle dans l’histoire des sciences pour mieux appréhender l’art contemporain. Elle constate d’abord qu’il y a beaucoup de similitudes entre les crises créées par l’avènement de l’art contemporain comme un nouveau modèle dans le monde de l’art et les crises dont parle Thomas Kuhn dans sa théorie des révolutions scientifiques. En effet, loin d’une approche temporelle désignant toute production artistique actuelle, Heinich met en évidence les anomalies créées par l’art contemporain. Elle part des expériences novatrices qui se sont multipliées à partir du milieu du XXe siècle, et notamment de celles de l’américain Robert Rauschenberg:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;À l’été 1964, la biennale de Venise donne son grand prix non pas au favori, le peintre français Roger Bissière, âgé de soixante-seize ans et représentant typique de ce qu’on appelait l’«école de Paris», mais à l’américain Robert Rauschenberg, âgé de trente-neuf ans et porte-étendard du tout nouveau «pop art», représenté par la galerie new-yorkaise de Leo Castelli. C’est un vrai choc pour le monde de l’art. […] Ce petit tremblement de terre dans le monde de l’art […] intervenait plus de dix ans après une première proposition de Rauschenberg, emblématique de la rupture radicale opérée par rapport à l’art moderne qui triomphait alors, tant dans la peinture et la sculpture de l’école de Paris que dans l’expressionnisme abstrait américain. (2014: 19)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En plus de l’expérience de Rauschenberg, Heinich expose celles d’autres artistes avant-gardistes de la même génération comme le Japonais Saburô Murakami ou encore le français Yves Klein, lesquels avaient également rompu avec l’art respectant les règles prédéfinies. À travers la multiplication des exemples, elle cherche donc à peindre le portrait d’une certaine dynamique artistique subversive détruisant les valeurs, les pratiques et les principes dominants. Selon Heinich, cette rupture marquait l’inauguration d’une nouvelle ère artistique:&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quoi de mieux pour manifester que s’ouvre une nouvelle ère artistique? […] [E]n 1955, le Japonais Saburô Murakami, lors d’un salon du groupe Gutaï, effectuera ce qu’on n’appelait pas encore une «performance» en traversant des cadres tendus de papier le jour du vernissage, rompant ainsi, littéralement, avec la peinture. Trois ans plus tard encore, le Français Yves Klein organisera à la galerie Iris Clert à Paris la célèbre «Exposition du vide», inaugurée le 28 avril 1958 sous la protection de gardes républicains dont l’artiste avait obtenu la présence le soir du vernissage. (2014: 19)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces expériences artistiques innovantes, menées par «[de] jeunes artistes de la même génération (nés entre 1925 et 1928)» (Heinich, 2014: 20) et précédées de celle de Marcel Duchamp&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_97woj1p&quot; title=&quot;Nathalie Heinich considère, comme beaucoup de chercheurs, l’initiative de Marcel Duchamp (proposant, en 1917, aux organisateurs du Salon de New York d’exposer son fameux urinoir) comme le lancement d’un nouveau modèle de l’art. Elle présente cette expérience phare et inédite dans son ouvrage comme suit: &amp;nbsp;«Au-delà du goût et de la beauté, c’est la notion d’art elle-même, dans ses versions de sens commun —classique ou moderne—, avec laquelle jouent les œuvres les plus emblématiques de l’art contemporain, depuis les ready-mades de Duchamp et, surtout, son fameux urinoir (Fountain), qui rompait radicalement avec cette attente fondamentale qu’est la fabrication de l’œuvre par l’artiste lui-même ou, au moins, sous sa direction.» Cette lecture de l’initiative de Duchamp n’est pas du tout partagée par d’autres spécialistes. À titre d’exemple, Jean-Luc Chalumeau précise dans son ouvrage Où va l’art contemporain (2002) que «le geste désacralisateur de l’art fomenté par Marcel Duchamp en 1917, avec l’affaire du “ready-made-urinoir” dit Fontaine, a bel et bien constitué une formidable bombe à retardement, selon la volonté de son auteur. C’est à sa suite que n’importe qui a désormais pu se proclamer artiste sans risque d’être contredit, et que finalement, n’importe quoi est susceptible de bénéficier du statut d’objet d’art» (218)&quot; href=&quot;#footnote2_97woj1p&quot;&gt;2&lt;/a&gt;, rappellent les initiatives des néophytes qui déclenchent les changements et mènent par la suite à la révolution dans un champ scientifique. Heinich se base donc sur ces faits pour pouvoir parler d’une crise engendrée dans le monde de l’art. Cette crise, tout comme celle conçue par Thomas Kuhn, est le fruit d’anomalies ou d’énigmes non ou mal résolues au sein des modèles artistiques qui préexistent.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Certes pendant la période évoquée par Heinich, on ne parlait pas de l’art contemporain, ce qui implique l’impossibilité d’annoncer l’instauration d’un nouveau modèle artistique différent de l’art classique et de l’art moderne à ce moment-là. Cependant, force est de constater que les actions des précurseurs de l’art contemporain étudiés par Heinich s’inscrivent dans une phase pré-normale (pour emprunter le terme de Kuhn) qui prépare la révolution. D’ailleurs, des initiatives semblables se sont multipliées, créant ainsi une nouvelle réalité de l’œuvre d’art et de l’artiste lui-même.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette nouvelle réalité se manifeste d’abord par une ontologie révolutionnaire qui dépasse l’œuvre d’art en tant qu’objet. Nathalie Heinich énumère ici les caractéristiques bouleversant l’essence même de l’œuvre d’art &amp;nbsp;et qui s’éloignent des règles du jeu de l’art classique et de l’art moderne:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;La dématérialisation de l’œuvre dans l’informe, sa conceptualisation dans l’idée, sa multiplication dans les installations, son «éphémérisation» dans les performances, son indispensable documentation dans les œuvres à mode d’emploi, sa tendance à l’allographisation et, enfin, son incertitude ontologique et son insécurité juridique. Nous allons les passer en revue afin d’illustrer cette remarquable propriété de l’art contemporain qu’est le débordement de l’œuvre au-delà de l’objet. (2014: 64-65)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces aspects polémiques vont atteindre non seulement la nature de l’œuvre d’art, mais aussi la figure de l’artiste au sein du champ artistique. Pourtant, ces changements ne sont pas suffisants, selon Heinich, pour parler d’une révolution artistique correspondant aux révolutions scientifiques kuhniennes. En se référant toujours à Thomas Kuhn, elle rappelle les ingrédients nécessaires pour qu’une révolution puisse avoir lieu:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Pour qu’une révolution scientifique, selon lui, se produise, il faut un certain nombre de conditions: l’existence d’un collectif, car des individus isolés ne suffisent pas à la constitution d’un nouveau paradigme; […] l’apparition d’une controverse, qui ne soit pas une simple divergence d’opinions, mais un véritable «différend», c’est-à-dire un désaccord portant non seulement sur la façon de résoudre le problème, mais aussi sur la façon même de le poser; enfin, suite à ce différend, un changement effectif des représentations collectives. (2014: 30)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Heinich puise ainsi dans le champ de l’art contemporain pour mettre en évidence la rupture totale d’avec les modèles préétablis que proposent cet art et confirmer l’appréhension de l’art contemporain comme un véritable «différend». Elle met en outre l’accent sur les autres aspects transgressifs de cet art, lesquels concernent cette fois les nouvelles formes de médiation et de consécration des œuvres ainsi que les nouveaux modes qui gèrent et qui font circuler l’œuvre d’art contemporain. Basés sur la transgression et sur la rupture, ces changements rencontrent, eux aussi, des résistances au sein du champ artistique. En plus de leur aspect réfractaire, ces résistances peuvent se manifester à travers des initiatives internes visant l’intégration du nouveau modèle transgressif dans l’ancien paradigme. C’est ce que Nathalie Heinich appelle le «paradoxe permissif», «à savoir la tendance des institutions à contrarier le jeu transgressif des propositions artistiques en les intégrant trop vite ou trop systématiquement au monde de l’art» (2014:145), une tendance que &amp;nbsp;Thomas Kuhn enregistrait également chez les adeptes de la science normale au moment de la crise. Cette description détaillée et élargie de la crise et des réponses apportées à celle-ci par le modèle structuré de l’art contemporain a permis à Heinich d’introduire le concept de paradigme dans le champ artistique et de parler par la suite des révolutions artistiques. Mais en élargissant son champ d’investigation, elle va au-delà des postulats liés à l’art contemporain, en confirmant la possibilité de concevoir un cycle révolutionnaire allant de la période classique jusqu’à nos jours en passant, bien sûr, par l’apparition de l’art moderne.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Heinich propose ainsi une relecture de l’histoire de l’art occidental en empruntant un arsenal conceptuel élaboré par l’épistémologue et historien des sciences Thomas Kuhn. Ce réexamen va mener Heinich à concevoir trois paradigmes à l’art (soit celui classique, moderne et contemporain), chacun se démarquant par sa façon de voir le monde et par sa manière d’appréhender l’acte créatif et ce qui l’entoure. Elle tâche de mettre en évidence les différents aspects faisant de la naissance de chacun de ces paradigmes une révolution scientifique.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La généralisation du concept des révolutions n’empêche toutefois pas Heinich d’anticiper des remarques qui peuvent critiquer ses transpositions ou au moins dévoiler leurs limites. En effet, dans &lt;em&gt;Le paradigme de l’art contemporain&lt;/em&gt;, la sociologue rappelle que, chez Kuhn, le paradigme initial dominant et le paradigme émergent ne peuvent pas coexister dans la même période puisque la révolution scientifique se base avant tout et catégoriquement sur la rupture. Cet élément est alors non applicable dans le champ artistique, puisque le paradigme dominant continue d’exister malgré l’avènement du nouveau modèle. Pour Nathalie Heinich, cela est tout à fait normal dans la mesure où la science et l’art ne sont pas les mêmes:&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une telle coexistence est facilitée en outre, dans le cas de l’art, par le fait que, à la différence de la vérité visée par la science (forcément unique, du moins dans l’épistémologie spontanée que pratiquent les acteurs), l’expérience perceptive visée par l’art peut très bien supporter la pluralité, à condition de s’inscrire dans des cadres sociaux eux-mêmes pluriels. (2014: 33)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ce genre de réponses anticipées, Heinich cherche à assurer une bonne réception de sa thèse issue du parallélisme «révolutions scientifiques/révolutions artistiques». Il s’agit, certes, d’un regard personnel sur le fait artistique. Cependant, il nous faut mentionner que l’auteure réussit à éclaircir nombre d’ambiguïtés constitutives de l’art contemporain. À travers la mise en évidence d’une certaine perméabilité épistémologique et des interférences qui en résultent, l’art contemporain est passé, chez Heinich, du concept de genre incapable de cerner l’essence problématique d’un art émergent au concept du paradigme avec toutes les potentialités structurantes qu’il peut fournir. &amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En guise de conclusion, signalons enfin que tout en s’octroyant la thèse de Kuhn comme outil, Heinich demeure fidèle à sa propre méthodologie (héritée de Pierre Bourdieu) et se base sur l’enquête et sur ses propres concepts (comme le Paradoxe permissif et le régime de singularité) dans ses travaux, des concepts qu’elle a su marier aux concepts importés de l’histoire des sciences. Plus encore, il nous faut mentionner &amp;nbsp;que cette approche typique, qui s’est déterritorialisée de son champ d’origine pour féconder le champ de l’art, a fait beaucoup d’échos. Cette dernière &amp;nbsp;a offert aux chercheurs de nouvelles pistes de réflexion pour appréhender autrement l’art contemporain et l’histoire de l’art. Ces migrations interdiscursives façonnées par Heinich ont donc fait évoluer la discipline selon une progression linéaire cumulative, marquée par une série de révolutions. Elles ont par ailleurs provoqué des débats et des mises en questions au sein du monde de l’art. Un monde marqué, de plus en plus, par la montée spectaculaire de l’art contemporain et de son marché. Un monde où la dichotomie anciens/modernes ne permet plus d’expliquer les changements continuels qui bouleversent le champ artistique actuel. Ce qui donne de l’importante à ce genre de transpositions, objet de notre article.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h2&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/les-regles-de-lart-genese-et-structure-du-champ-litteraire&quot; id=&quot;node-56858&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Bourdieu, Pierre. 1992.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Les Règles de l&#039;art. Genèse et structure du champ littéraire&lt;/em&gt;. Paris : Seuil, «&amp;nbsp;Libre examen&amp;nbsp;», 480 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/ou-va-lart-contemporain&quot; id=&quot;node-72314&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Chalumeau, Jean-Luc. 2002.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Où va l’art contemporain?&lt;/em&gt;. Paris : Vuibert, 267 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/le-paradigme-de-lart-contemporain-structures-dune-revolution-artistique&quot; id=&quot;node-72315&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Heinich, Nathalie. 2014.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le paradigme de l’art contemporain: Structures d’une révolution artistique&lt;/em&gt;. Paris : Gallimard, «&amp;nbsp;Bibliothèque des sciences humaines&amp;nbsp;», 265 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/lart-contemporain-expose-aux-rejets-etude-de-cas&quot; id=&quot;node-72316&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Heinich, Nathalie. 2009.&amp;nbsp;&lt;em&gt;L’art contemporain exposé aux rejets: étude de cas&lt;/em&gt;. Paris : Hachette des littératures, «&amp;nbsp;Pluriel&amp;nbsp;», 214 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/la-sociologie-de-lart&quot; id=&quot;node-72317&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Heinich, Nathalie. 2001.&amp;nbsp;&lt;em&gt;La sociologie de l’art&lt;/em&gt;. Paris : La Découverte, «&amp;nbsp;Repères&amp;nbsp;», 128 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/le-triple-jeu-de-lart-contemporain&quot; id=&quot;node-72112&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Heinich, Nathalie. 1998.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le triple jeu de l’art contemporain&lt;/em&gt;. Paris : Minuit, 384 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/la-structure-des-revolutions-scientifiques&quot; id=&quot;node-72318&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Kuhn, Thomas. 1970.&amp;nbsp;&lt;em&gt;La structure des révolutions scientifiques&lt;/em&gt;. Paris : Flammarion, 284 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_n940c7g&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_n940c7g&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Nous utilisons le concept de «champ» tel que défini par Pierre Bourdieu, soit un sens qui permet l’ouverture d’un champ sur d’autres champs.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_97woj1p&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_97woj1p&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Nathalie Heinich considère, comme beaucoup de chercheurs, l’initiative de Marcel Duchamp (proposant, en 1917, aux organisateurs du Salon de New York d’exposer son fameux urinoir) comme le lancement d’un nouveau modèle de l’art. Elle présente cette expérience phare et inédite dans son ouvrage comme suit: &amp;nbsp;«Au-delà du goût et de la beauté, c’est la notion d’art elle-même, dans ses versions de sens commun —classique ou moderne—, avec laquelle jouent les œuvres les plus emblématiques de l’art contemporain, depuis les ready-mades de Duchamp et, surtout, son fameux urinoir (&lt;em&gt;Fountain&lt;/em&gt;), qui rompait radicalement avec cette attente fondamentale qu’est la fabrication de l’œuvre par l’artiste lui-même ou, au moins, sous sa direction.» Cette lecture de l’initiative de Duchamp n’est pas du tout partagée par d’autres spécialistes. À titre d’exemple, Jean-Luc Chalumeau précise dans son ouvrage &lt;em&gt;Où va l’art contemporain&lt;/em&gt; (2002) que «le geste désacralisateur de l’art fomenté par Marcel Duchamp en 1917, avec l’affaire du “ready-made-urinoir” dit Fontaine, a bel et bien constitué une formidable bombe à retardement, selon la volonté de son auteur. C’est à sa suite que n’importe qui a désormais pu se proclamer artiste sans risque d’être contredit, et que finalement, n’importe quoi est susceptible de bénéficier du statut d’objet d’art» (218)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
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 <pubDate>Mon, 08 Nov 2021 19:38:13 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexandra Boilard-Lefebvre</dc:creator>
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 <title>La dominicanité critiquée. Regards migrants sur la construction de l’identité dominicaine dans la littérature étatsunienne</title>
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Sans analyser la prise de position de Díaz sur le sujet —dont il ne sera par ailleurs pas question dans cet article—, nous nous sommes demandée ce que signifie «être (anti-)Dominicain» pour un écrivain tel que Díaz, arrivé aux États-Unis à l’âge de six ans (Knight, s. d.: s.p.), devenu professeur au M.I.T. (Díaz, s. d.: s.p.) et écrivain de langue anglaise. Il s’inscrit au sein de la diaspora dominicaine aux États-Unis —façonnée tant par des immigrants que par leurs descendants de première génération— qui est une communauté importante de laquelle plusieurs auteures ont émergé&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_s1rnoa0&quot; title=&quot;Nommons entre autres Julia Álvarez, Josefina Báez, Angie Cruz, Ana-Maurine Lara, Nelly Rosario et Loída Maritza Pérez.&quot; href=&quot;#footnote1_s1rnoa0&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Certaines des œuvres littéraires de ces écrivains étatsuniens d’origine dominicaine ont en commun de partager des récits migratoires au sein desquels les protagonistes tentent de (re)trouver leur place individuelle, —à cheval entre diverses identités. En ce sens, à travers leurs écrits de fiction, Díaz et d’autres déplacent le concept de &lt;em&gt;dominicanidad&lt;/em&gt; —que nous traduisons par dominicanité—, c’est-à-dire qu’ils repensent, parfois de manière critique, les contours de l’identité dominicaine par l’entremise du processus de migration. Nous nous proposons donc d’étudier le rôle de l’écriture littéraire par le biais des transformations sociales, culturelles, linguistiques, etc. qu’apporte le phénomène d’expatriation de l’idée de dominicanité. Notre corpus se compose de trois romans qui, selon nous, permettent de rendre compte du travail critique fait à propos de celle-ci dans les œuvres: &lt;em&gt;¡Yo!&lt;/em&gt; (1997) de Julia Álvarez, &lt;em&gt;The Brief Wondrous Life of Oscar Wao&lt;/em&gt; (2007) de Junot Díaz et &lt;em&gt;Dominicana&lt;/em&gt; (2019) d’Angie Cruz. Nous donnerons une définition du concept de dominicanité pour analyser ensuite l’évolution des visions narratives de ce dernier en rapport avec les décalages établis par les récits analeptiques entre les vies étatsunienne et insulaire. Nous nous pencherons finalement sur le processus de maintien, voire de renforcement du stéréotype mis en place dans les œuvres non seulement autour de la communauté dominicaine, mais aussi autour d’autres groupes diasporiques que côtoient les protagonistes des récits.&lt;/p&gt;&lt;h3&gt;&lt;br&gt;Définir la dominicanité&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Dans son ouvrage &lt;em&gt;The Borders of Dominicanidad. Race, Nation, and Archives&lt;/em&gt; (2016), Lorgia García-Peña présente une liste de terminologies qu’elle utilise tout au long de son texte pour aborder la complexité de certaines identités. Elle y définit la dominicanité comme&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[a] theoretical category that refers to both the people who embrace the label “Dominican” whether or not they are considered Dominican citizens by the state (such as diasporic Dominicans and ethnic Haitians) and the history, cultures, and institutions associated with them. (ix)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La dominicanité relève donc, selon García-Peña, d’une appartenance individuelle à une culture dominicaine issue d’un partage collectif de multiples points communs qui ne dépend pas forcément de structures officielles. En ce sens, elle se façonne à partir de l’acceptation d’une étiquette dont la revendication est assumée. Plus loin dans son analyse, García-Peña précise que ce qui est caractérisé comme «Dominicain» à travers le concept de dominicanité s’inscrit à la suite de la constitution historique d’un territoire: elle est «[a] category that emerges out of the historical events that placed the Dominican Republic in a geographic and symbolic border between the United States and Haiti since its birth» (3). Les recherches de García-Peña ont comme cadre méthodologique une archéologie, au sens foucaldien du terme, de la dominicanité, concluant —à travers l’analyse de documents historiques, de textes littéraires, de monuments et de représentations culturelles (12)— que le concept lui-même découle d’une volonté de l’élite créole dominicaine de la deuxième moitié du XIXème&amp;nbsp;siècle, encouragée par la force politique étatsunienne, de se distinguer racialement du reste de la population: «Dominicanidad became simultaneously a project of the criollo elite and the US Empire in their common goal of preserving white colonial privilege in the mid-nineteenth century.» (13) L’indépendance de la République dominicaine&amp;nbsp;en 1844 marque la mise en place d’une frontière tant géographique que symbolique entre la République dominicaine et ses voisins, une frontière menant à la ségrégation de ces derniers au sein du territoire dominicain&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_hjw25h8&quot; title=&quot;Le massacre de 1937, où «plus de 30 000 Haïtiens et Dominicains d’ascendance haïtienne furent massacrés en quelques jours par l’armée et les forces de police dominicaines sous la présidence de Rafael Leónidas Trujillo Molina» (Govain et al., 2016: s.p.), est le plus tristement célèbre des conflits raciaux de l’histoire de la République dominicaine.&quot; href=&quot;#footnote2_hjw25h8&quot;&gt;2&lt;/a&gt;. Pour Dhariana María González, c’est plutôt le triptyque identitaire caribéen, identifié par Stuart Hall dans «Cultural Identity and Diaspora» (1990), qui participe à la construction de la dominicanité, et ce, d’une manière spécifique. Il se compose des présences africaine, américaine et européenne: la première, provenant de l’exploitation des esclaves amenés d’Afrique; la deuxième, des peuples occupant les territoires des Amériques avant l’arrivée de Christophe Colomb; et la troisième, s’établissant dès la colonisation des premières îles caribéennes par les Européens (2012: 14-15). Cependant, en République dominicaine, les trois parties de ce triptyque forment ce qu’Alan Cambeira nomme «la trinité ethnique de la culture dominicaine&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_rhxs51y&quot; title=&quot;«Trinidad Étnica de la Cultura Dominicana». Notez que toutes les traductions trouvées dans le corps du texte sont de notre main.&quot; href=&quot;#footnote3_rhxs51y&quot;&gt;3&lt;/a&gt;» (1996, 34). Elles sont nécessaires à la compréhension des différentes tensions communautaires tout en assurant la continuité d’un héritage hybride:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;La présence de trois parties —même si elles ne sont pas équivalentes— nous éloigne d’une acceptation de race et d’identité en termes binomiaux, et nous permet d’observer les négociations identitaires plus subtiles qui se déroulent dans un système triangulaire&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_3xzcizg&quot; title=&quot;«La presencia de tres partes, aún no siendo equivalentes, nos aleja de una aceptación de raza e identidad en términos binominales, y nos permite observar negociaciones identitarias más sutiles que ocurren en un sistema triangular.»&quot; href=&quot;#footnote4_3xzcizg&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. (Cambeira, repris par González, 2012: 15)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ailleurs, la République dominicaine a régulièrement subi l’ingérence des États-Unis dans sa politique. Elle a notamment été occupée une première fois par ceux-ci, de 1916 à 1924. Les États-Unis ont également joué un rôle prépondérant dans l’accession —et le maintien— au pouvoir du dictateur Rafael Trujillo, qui a régné en despote durant 31 ans (1930-1961)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_a11spi7&quot; title=&quot;Luciano Anzelini écrit que «la figure de Rafael Trujillo a gagné en ascendant dans la politique dominicaine, à travers une carrière fulgurante qui ne pourrait s’expliquer sans le soutien des autorités nord-américaines». [«La figura de Rafael Trujillo ganó ascendencia en la política dominicana, en una carrera meteórica que no podría explicarse sin el espaldarazo de las autoridades norteamericanas.»]&quot; href=&quot;#footnote5_a11spi7&quot;&gt;5&lt;/a&gt;. Une deuxième occupation du pays par les troupes américaines a enfin commencé en 1965, lorsque des Marines ont été déployés à Saint-Domingue afin d’y éviter l’instauration d’un gouvernement de gauche&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_5i6crr4&quot; title=&quot;Voir l’article «Intervention de troupes américaines en République dominicaine» (s.d.) de l’équipe de Perspective Monde.&quot; href=&quot;#footnote6_5i6crr4&quot;&gt;6&lt;/a&gt;. Ces diverses instabilités ont entraîné des mouvements migratoires vers les États-Unis, pays stable le plus proche où les Dominicains ont pu se réfugier pour échapper aux problèmes politiques et économiques de leur terre natale. Cependant, ces déplacements ne furent pas à sens unique: la diaspora présente aux États-Unis est elle aussi retournée en République dominicaine, tandis qu’aujourd’hui, les descendants des immigrants dominicains nés en sol étatsunien font parfois le chemin inverse à celui de leurs prédécesseurs. En ce sens, selon González, le concept de dominicanité subirait sans cesse des transformations sous l’influence de cette circulation régulière d’individus. Ainsi que l’affirme la chercheuse, loin d’une vision identitaire qui serait figée,&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[l]e transfert physique du Dominicain aux États-Unis, et la plupart du temps de son retour dans son pays de naissance, n’est pas seulement un mouvement de masse physique ou un changement de géographie, il inclut aussi des processus plus fluides et intangibles pleins de moments incompréhensibles&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_m1168nn&quot; title=&quot;«[…] El traslado físico del dominicano a los Estados Unidos, y la mayoría de las veces de vuelta a su país nativo, no es solamente un movimiento de masa física o un cambio en la geografía, también incluye procesos más fluidos e intangibles, llenos de momentos incomprensibles.»&quot; href=&quot;#footnote7_m1168nn&quot;&gt;7&lt;/a&gt;. (2012: 23)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aussi la rencontre des cultures dominicaines et étatsuniennes produit-elle une forme hybride dans laquelle évoluent les sujets, une forme qui complexifie les relations aux identités. González souligne notamment qu’il existe, face aux cultures, «des changements de perception qui n’arrivent à être compris qu’avec le retour au pays natal&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_2dct22x&quot; title=&quot;«[…] Cambios de percepción que sólo llegan a ser entendidos con el regreso al país nativo […].»&quot; href=&quot;#footnote8_2dct22x&quot;&gt;8&lt;/a&gt;», grâce «au potentiel qu’a la distance d’élargir la vision de l’immigrant&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_ap4afts&quot; title=&quot;«[…] Del potencial que tiene la distancia para ampliar la visión del inmigrante.»&quot; href=&quot;#footnote9_ap4afts&quot;&gt;9&lt;/a&gt;», voire à remettre en question certaines pratiques ou croyances. Pourtant, selon elle, même à l’extérieur de la République dominicaine, «où la dominicanité domine, le Dominicain continue d’être dominicain». Or il semblerait plutôt que le déplacement géographique, physique, vienne modifier le rapport à la dominicanité. Nous ne pouvons donc assumer que le fait «d’être dominicain&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_w3pqbkt&quot; title=&quot;«[…] Donde la dominicanidad domina, el dominicano sigue siendo dominicano.»&quot; href=&quot;#footnote10_w3pqbkt&quot;&gt;10&lt;/a&gt;» s’inscrive dans un prolongement de l’identité telle que cette dernière s’est conçue dans le pays de naissance ou d’origine. Bien au contraire, il est possible de constater l’ambigüité qui caractérise la figure du migrant et celle de ses descendants, qui ne sont jamais totalement étatsuniennes; jamais totalement dominicaines. Dans le cas du champ littéraire, Carolina Ferrer et nous avons déjà montré, à l’aide de la base de données la plus importante en littérature —&lt;em&gt;Modern Language Association International Bibliography&lt;/em&gt; (MLAIB)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_t4n7se2&quot; title=&quot;MLAIB contient plus de 2,8 millions de références répertoriées. Voir &quot; href=&quot;#footnote11_t4n7se2&quot;&gt;11&lt;/a&gt;&quot;&gt;https://www.mla.org/.&lt;/fn&gt;&lt;/a&gt;—, que plusieurs écrivains sont renvoyés à leurs origines, parfois lointaines, pour qualifier leur personne ou leurs œuvres par le biais d’étiquettes (Ferrer et Maiorana, 2019: 156). Nous avons identifié 83 de ces étiquettes, dont celle de &lt;em&gt;Dominican American&lt;/em&gt; (158&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref12_prfhwh3&quot; title=&quot;Voir le Graphique 4: Littératures mineures.&quot; href=&quot;#footnote12_prfhwh3&quot;&gt;12&lt;/a&gt;) à laquelle appartient notamment Junot Díaz, qui correspondent à des littératures mineures au sein de la littérature des États-Unis. L’adjectif Dominicain/Étatsunien&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref13_n0onoio&quot; title=&quot;La traduction littérale pour American serait «Américain». Cependant, puisque American renvoie ici au pays et non au continent, il nous apparaît plus logique d’utiliser le terme «Étatsunien».&quot; href=&quot;#footnote13_n0onoio&quot;&gt;13&lt;/a&gt; souligne alors, dans la critique littéraire, soit une appartenance double de l’écrivain, c’est-à-dire une non-appartenance véritable à la littérature étatsunienne comme une exclusion de la littérature dominicaine. Il s’agit donc d’un véritable entre-deux dont aucune dichotomie ne peut rendre compte. Contrairement à González, Ramón A. Figueroa analyse s’il est pertinent de considérer les œuvres des auteurs étatsuniens d’origine dominicaine dans les réflexions autour de la dominicanité. Selon lui, le choix de l’anglais comme langue d’écriture, de même que les thèmes abordés par ces auteurs, entre autres l’immigration, s’éloignent des réalités insulaires:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;L’acceptation de l’Œuvre de ces écrivains et de la production littéraire dominicano-étatsunienne n’est pas […] universelle. […] Ces critères de sélection [la langue et la thématique] mettent en évidence […] les possibilités et les limites de la contribution potentielle de la diaspora dominicaine à la discussion sur la définition nationale qui est donnée dans l’île&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref14_u38htmz&quot; title=&quot;«La aceptación de la obra de estos autores y de la producción literaria dominico-americana no es […] universal. […] Estos criterios de selección [lengua y temática] evidencian […] las posibilidades y limitaciones de la contribución potencial de la diáspora dominicana a la discusión sobre la definición nacional que se está dando en la isla.»&quot; href=&quot;#footnote14_u38htmz&quot;&gt;14&lt;/a&gt;. (2005: 731)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il prend notamment pour exemple le premier roman de Julia Álvarez, &lt;em&gt;How the García Girls Lost Their Accents&lt;/em&gt; (1991), dont il écrit qu’il&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;est marqué par certaines images correspondant à des questions fondamentales de la problématique nationale, qui font aujourd’hui partie de la dynamique à laquelle la littérature de la diaspora dominicaine participe dans son dialogue avec les tradition et les symboles de l’île&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref15_uyieqxb&quot; title=&quot;«[…] su primera novela está marcada por ciertas imágenes que corresponden a cuestiones fundamentales de la problemática nacional, las cuales hoy son parte de la dinámica en que la literatura de la diáspora dominicana participa en su diálogo con las tradiciones y símbolos de la isla.»&quot; href=&quot;#footnote15_uyieqxb&quot;&gt;15&lt;/a&gt;. (2005: 731)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce roman n’est pas le seul à témoigner de ces réalités; cependant, Álvarez est devenue grâce à ce dernier une figure importante de la littérature de la diaspora dominicaine aux États-Unis parce qu’elle est la première à avoir écrit et publié une œuvre sur celle-ci, à l’avoir fait connaître dans le milieu littéraire. Plusieurs sujets sont récurrents dans les romans des écrivains étatsuniens d’origine dominicaine: les inégalités raciales, les enjeux liés aux conditions socio-économiques des personnages ainsi que la conception des rapports entre les hommes et les femmes. En revanche, chaque fiction investit un angle d’approche différent, offrant une multiplicité d’expériences. Étudiant le travail d’écriture d’Álvarez et de Díaz, Figueroa souligne d’ailleurs que les deux auteurs jouent avec les codes traditionnels liés à la dominicanité au moyen d’esthétiques distinctes, voire opposées. Il compare notamment leur façon de traiter de la question raciale:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;La perspective d’Álvarez contrast[e] avec celle de Junot Díaz: la représentation de la problématique raciale dominicaine au sein de la diaspora est plus centrale dans l’univers narratif e la première tandis que, pour le deuxième, cela a un caractère plus conflictuel et dynamique&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref16_024pj0y&quot; title=&quot;«[…] La perspectiva de Alvarez se contrastará con la de Junot Díaz, cuya representación de la problemática racial dominicana en la diáspora es más central a su universo narrativo y, por ello, tiene un carácter más conflictivo y dinámico.»&quot; href=&quot;#footnote16_024pj0y&quot;&gt;16&lt;/a&gt;. (732)&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Figueroa poursuit en affirmant que l’hétérogénéité des pratiques culturelles dominicaines, quand bien même elles se soient transformées à travers la migration ou la réappropriation des descendants d’immigrants, doit faire partie des recherches sur le concept de dominicanité. Toujours à propos d’Álvarez et de Díaz, il pointe que «le contraste entre ces deux auteurs est finalement une représentation claire de la diversité historique, sociale et économique de l’émigration dominicaine aux États-Unis&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref17_6gpjg6y&quot; title=&quot;«El contraste entre estos dos autores es, en última instancia, una representación clara de la diversidad histórica, social y económica de la emigración dominicana a los Estados Unidos.»&quot; href=&quot;#footnote17_6gpjg6y&quot;&gt;17&lt;/a&gt;» (732). Il conclut que l’observation des œuvres d’auteurs étatsuniens d’origine dominicaine «est une étape absolument nécessaire au diagnostic de la condition nationale actuelle aussi bien qu’à la définition des possibles directions de l’avenir dominicain&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref18_wdch7ao&quot; title=&quot;«Este es un paso absolutamente necesario en el diagnóstico de la condición nacional presente, así como la definición de los posibles derroteros del futuro dominicano […].»&quot; href=&quot;#footnote18_wdch7ao&quot;&gt;18&lt;/a&gt;» (743).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous pouvons donc résumer le concept de dominicanité à un processus de construction identitaire issu d’un héritage sociohistorique de multiples colonisations. Si pour García-Peña il s’assimile à la base à une volonté de distinction raciale, il semble que l’idée d’une dominicanité ait évolué avec le temps pour tendre vers une idée de cohésion nationale, au sein de laquelle les inégalités liées aux couleurs de peau se perpétuent. Or les écrivains dominicains partis vivre aux États-Unis ou descendants d’immigrants participent à dénoncer non seulement celles-ci, mais aussi d’autres aspects culturels qui maintiennent des formes de discrimination envers d’autres groupes d’individus, et notamment envers les femmes. Du fait de leur statut ambivalent, ces auteurs portent un regard critique à la fois sur leur propre situation et sur leurs pratiques quotidiennes provenant de pratiques culturelles diverses.&lt;/p&gt;&lt;h3&gt;&lt;br&gt;De l’autre côté de la rive&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Au sein du corpus à l’étude, le concept de dominicanité est d’abord approché par le prisme du souvenir à travers l’écriture. &lt;em&gt;¡Yo! &lt;/em&gt;s’inscrit à la suite de la première œuvre de fiction d’Álvarez, &lt;em&gt;How the García Girls Lost Their Accents&lt;/em&gt; dont l’intrigue relate les événements qui mènent les quatre sœurs García à vivre aux États-Unis avec leurs parents. Dans le roman, Yolanda García, surnommée Yo&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref19_pnebbmg&quot; title=&quot;Ce nom est un jeu de mots avec la langue castillane puisque yo signifie «je», ce qui correspond à la description du personnage, qualifié d’égocentrique par certains protagonistes de la saga.&quot; href=&quot;#footnote19_pnebbmg&quot;&gt;19&lt;/a&gt;, finit par sortir un livre qui a énormément de succès. Celui-ci narre les aventures de sa famille dominicaine immigrante, qui a fui la fin du régime de Trujillo. Les García de la Torre, soulignant régulièrement leur ascendance espagnole, font partie des familles les plus riches de l’île. Leur expérience migratoire est donc, à bien des égards, unique et ne rejoint pas les cas présentés dans &lt;em&gt;The Brief Wondrous Life of Oscar Wao et Dominicana&lt;/em&gt;.&amp;nbsp;&lt;em&gt;¡Yo! &lt;/em&gt;est un assemblement des versions des différents individus qui sont dépeints dans le livre fictif que Yolanda a publié. En effet, plusieurs d’entre eux estiment que l’image qui y est donnée d’eux ne reflète en rien la «réalité» et se disent les victimes de l’égoïsme de Yo, qui y raconte une histoire &amp;nbsp;à son avantage. C’est la cousine Lucinda qui exprime les décalages existants entre les sœurs García, lesquelles ne passent que leurs vacances d’été en République dominicaine, et le reste des membres féminins de la cellule familiale, qui y résident en permanence: «Don’t think I don’t know what the García girls used to say about us island cousins. That we were Latin American Barbie dolls, that all we cared about was our hair and nails, that we had size-three souls.» (Álvarez, 1997: 36) Le traitement favorable réservé aux quatre sœurs dans l’environnement familial contraste avec la vie à laquelle sont astreintes leurs congénères féminines, ce que révèle également Lucinda: «[Yo] did her arguing with the men, the uncles and boy cousins, who were the ones responsible, she said. […] Those crazy gringa cousins could do what the rest of us would have been put away in a convent for doing.» (37) Dans cet extrait, le personnage les nomme même &lt;em&gt;gringas&lt;/em&gt;, leur réservant un statut d’étrangères. Ce caractère étranger est souligné dès le début de son récit, lorsqu’elle explique que ses cousines sont désormais façonnées par leur mode de vie étatsunien, au point d’être décalées de leurs origines de naissance: «They’d talk and talk about the unfairness of poverty, about the bad schools, the terrible treatment of the maids.» (36) Yo va jusqu’à signaler à Lucinda, de manière condescendante, que celle-ci vit dans le Tiers-monde (37). Lucinda souligne alors la double temporalité qui l’éloigne de ses cousines: «They came every summer and were out of here by September. They had to get back to school, I know. But still, it seemed right in keeping that they should make their exit just as hurricane season was about to start.» (36) En ce sens, le roman fait clairement une distinction entre les Dominicains et la diaspora étatsunienne, Lucinda témoignant du fait qu’elle est pour sa part «enfermée» dans son île quoi qu’il advienne: «I was trapped here for the rest of my life.» (36) En effet, après un bref séjour aux États-Unis pour ses études, Lucinda retourne se marier en République dominicaine, ce qui trace sa destinée:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Unlike the Garcías’ mother and father, who had changed their minds living in [the United States of America], my parents still didn’t think girls should go to college. I was scheduled to go back to the island after graduation in June. (45)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce que ne peut percevoir Lucinda dans sa version des faits, mais qui —pourtant— rend le discours critique de Yo pertinent sur en ce qui a trait à la dominicanité, c’est l’exclusion que subissent les García aux États-Unis. Elle met en relief les discriminations que ces personnages sont susceptibles de perpétrer à leur tour en République dominicaine. Laura P. Alonso Gallo exprime au sujet du travail d’écriture de certains auteurs de la diaspora d’origine hispanique, dont Álvarez:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[They] interject in their fiction counter-discourses that question both Anglo values and essentialist definitions of Latino/a identity. Their works challenge totalizing national, cultural, social and gender assumptions, creating a plural, evolving subjectivity that breaks binary patterns of identity. (2002: 244)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À cet égard, un des anciens étudiants de Yolanda décrit sa professeure en ces termes:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;She was a Dominican-American-USA-Latina —or whatever she had explained she was during the first class. Her pretty olive color made Lou think of honey in jar. Lou had never before known a Hispanic person without ten pounds of shoulder and chest pads on him and a teeth guard in his mouth and a helmet on his head. (171)&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous constatons à travers cet exemple l’essentialisation «exotique» à laquelle Yo est réduite, à la fois en raison de la multiplicité de ses origines et en fonction de la couleur de sa peau. En effet, Lou n’a pas vraiment fait attention aux explications de sa professeure par rapport à ses origines. L’accumulation des adjectifs (&lt;em&gt;Dominican&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;American&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;USA&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Latina&lt;/em&gt;) et l’apparition du mot &lt;em&gt;whatever&lt;/em&gt; renvoient, de façon méprisante, à une écoute peu attentive de la part du personnage. Celui-ci conclut par ailleurs subtilement que ceux qu’il qualifie de &lt;em&gt;Hispanics&lt;/em&gt; se ressemblent tous: d’une part, parce que sa seule référence en matière d’hispanicité se résume aux membres de l’équipe de football de son collège; d’autre part, parce qu’il ne les connait qu’habillés de leur équipement. En raison de son usage des amalgames auxquels sont soumis ceux classés parmi les &lt;em&gt;Latinos&lt;/em&gt; aux États-Unis —des amalgames qui encouragent l’idée que chaque communauté hispanique peut être confondue avec une autre sans distinction, il nous semble ainsi que le roman d’Álvarez signale la désuétude du concept de dominicanité à l’extérieur des frontières de la République dominicaine.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;Dominicana&lt;/em&gt;, les réflexions entourant les questions identitaires sont amplifiées par le fait que la temporalité du récit s’écoule presque au jour le jour à l’entrée d’Ana aux États-Unis, vers le milieu des années 1960. Après avoir été forcée de se marier à un homme, Juan Ruiz, qui a deux fois son âge, alors qu’elle n’a que quinze ans, Ana suit ce dernier à New York. Les décalages culturels des débuts semblent accentués dans le récit par la lenteur des péripéties, ce qui fait correspondre la lecture aux longues journées d’attente où Ana est enfermée dans son appartement, scrutant le retour de Juan ou de César, le plus jeune des frères Ruiz. La protagoniste comprend dès son arrivée qu’avec leur statut migratoire précaire, leur rêve étatsunien sera vite déçu. En effet, avant son mariage, Ana s’était fait décrire Juan par sa mère comme étant le meilleur parti pour son avenir:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;He comes from a family of hard workers, good men, entrepreneurs. We can learn from them. The Ruiz brothers started poor like us. But they work together. […] They are detailed people. Organized people. People with intelligence. (Cruz, 2019: 25)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais aux États-Unis, Ana découvre une tout autre personne: violent physiquement et verbalement, Juan impose à sa femme l’unique part de pouvoir qu’il détient dans sa situation, c’est-à-dire régenter la vie quotidienne d’Ana. À l’extérieur de chez lui, il se fait discret pour ne pas être arrêté: «Juan keeps his head down when he passes the police. Inside the apartment, he is a bull. On the street, he looks small, vulnerable, even scared.» (113) En ce sens, la réputation des Ruiz sur leur île natale n’a plus aucune valeur en sol étatsunien. Encore une fois, Cruz met en scène, à l’instar d’Álvarez, une dominicanité qui n’a plus de signification une fois sortie hors des frontières nationales. Toutes les qualités énoncées par la mère d’Ana sont bafouées par la nécessité de survivre sans se faire remarquer des différentes institutions étatiques (forces de l’ordre, personnel médical, enseignants, etc.). De plus, alors qu’en République dominicaine les frères Ruiz forment un clan, à New York, ils sont astreints à des traitements inégaux, notamment parce que le benjamin de la fratrie à une couleur de peau plus foncée. Tout comme dans &lt;em&gt;¡Yo!&lt;/em&gt;, c’est en territoire étatsunien qu’Ana prend connaissance des discriminations raciales qui sévissent contre les étrangers. La figure ambivalente de sa belle-sœur en témoigne:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;To us Yrene is without a mother tongue. Her father had moved from Puerto Rico to fight in World War II. She is one-hundred-percent Americana, something I will never be. How lucky she speaks English so well. How strange for her to look like us but be one of them. (143-144)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il nous faut préciser que la trame de fond du roman a lieu en 1965, en plein milieu de la guerre au Vietnam, soit à un moment où le mouvement pour les droits civiques bat son plein. C’est Ana qui le raconte sans savoir que les événements qui l’entourent vont être déterminants dans l’histoire des États-Unis:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Before I heard the gunshots I noticed the army of bow-tie-wearing black men enter the Audubon Ballroom, their families trailing behind them. Usually the cops hover nearby, but today there are none around. Not a single one. Maybe bigger trouble elsewhere? (76)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Elle apprend plus tard que l’homme abattu était Malcom X: «A young man. A black man. Even handsome. Malcom X.» (78) Contrairement aux sœurs García qui voyagent sporadiquement en République dominicaine, Ana n’a pas les moyens de retourner chez elle. Elle ne garde que des souvenirs de son passé, incarnés par la poupée —sa &lt;em&gt;dominicana&lt;/em&gt;— qui lui tient compagnie. Le processus critique de la dominicanité n’a donc lieu que dans une seule direction. Il ne se confronte jamais physiquement aux réalités de l’île, lesquelles renvoient, pour nombre de Dominicains, à des bribes d’informations provenant des médias ou de tierces personnes. Elle n’a accès à des informations que par sa famille demeurée là-bas ou par les journaux annonçant une guerre imminente&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref20_s0hs2b9&quot; title=&quot;En 1965, la République dominicaine traverse une période d’instabilités. À la suite du régime de Trujillo, &amp;nbsp;qui prend fin à l’assassinat du dictateur en 1961, le pays tente effectivement de rétablir une démocratie. Cependant, différentes franges politiques, et notamment les anciens trujillistes et leurs anciens opposants, s’affrontent. Les États-Unis finissent par s’ingérer dans le conflit en envoyant des troupes armées en République dominicaine, de peur de voir un autre régime communiste au pouvoir comme à Cuba. Voir l’article «Intervention de troupes américaines en République dominicaine» (s.d.) de l’équipe de Perspective Monde.&quot; href=&quot;#footnote20_s0hs2b9&quot;&gt;20&lt;/a&gt;. La critique de la dominicanité passe aussi par la mise au jour du mariage forcé de certaines Dominicaines, envoyées aux États-Unis pour s’occuper des hommes partis chercher du travail et pour donner naissance à des enfants qui auront leur citoyenneté étatsunienne, dans le but de débloquer les procédures de naturalisation pour le reste de la famille. Nous pouvons alors affirmer que le roman joint l’histoire individuelle, celle d’Ana (et de tant d’autres femmes), à des histoires collectives, celles des États-Unis et de la République dominicaine. Il postule de ce fait que, s’il existe un concept de dominicanité, il ne peut que s’inscrire dans son rapport à l’Autre. Nous rejoignons ainsi les propos de García-Peña rapportés précédemment, qui associent le concept de &lt;em&gt;dominicanidad&lt;/em&gt; à des conjonctures sociohistoriques.&lt;/p&gt;&lt;h3&gt;&lt;br&gt;Les stéréotypes à la rescousse&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Si les romans d’Álvarez et de Cruz proposent des réflexions subtiles sur le sujet de la dominicanité en les intégrant au sein de la narration, le travail littéraire de Junot Díaz dans &lt;em&gt;The Brief Wondrous Life of Oscar Wao&lt;/em&gt; attaque de front toutes les facettes du concept. L’ironie traverse le texte et renverse nombre de symboles nationaux, que ceux-ci soient étatsuniens ou dominicains&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref21_aax7hcf&quot; title=&quot;Par exemple, Díaz écrit: «(It wasn’t like In the Time of the Butterflies, where a kindly Mirabal Sister steps up and befriends the poor scholarship student. No Miranda here: everybody shunned her.)» (2007: 83) Dans cet extrait, il fait référence de manière ironique —et critique— à la fois au roman d’Álvarez, In the Time of the Butterflies (1994), qui rend hommage aux sœurs Mirabal, et à ces dernières, qui sont de véritables héroïnes nationales. Elles ont en effet rejoint la résistance à l’encontre du régime trujilliste, et trois d’entre elles ont été assassinées par le dictateur en place à l’époque. Leur mort, ayant marqué d’horreur la population, signe un tournant pour Trujillo qui sera tué quelques mois plus tard.Il est d’ailleurs étonnant que le consul Eduardo Selman ait attendu 2015 pour proférer de telles accusations à l’encontre de Díaz, puisque The Brief Wondrous Life of Oscar Wao, publié en 2007, portait déjà un regard cru sur la réalité dominicaine.&quot; href=&quot;#footnote21_aax7hcf&quot;&gt;21&lt;/a&gt;. Diaz participe à forger une histoire de l’île au sein d’un contexte plus large, et notamment au sein de celui de la colonisation européenne. Il construit même un mythe, le Fukú:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;They say it came first from Africa, carried in the screams of the enslaved; that it was the death bane of the Tainos, uttered just as one world perished and another began; that it was a demon drawn into Creation through the nightmare door that was cracked open in the Antilles. &lt;em&gt;Fukú Americanus&lt;/em&gt;, or more colloquially, fukú —generally a curse or a doom of some kind; specifically the Curse and the Doom of the New World (2007: 1)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’auteur lie les aventures d’Oscar, le personnage principal, à celles du territoire dominicain, voire à l’ensemble du territoire caribéen, au moyen de nombreuses références à la colonisation européenne et à l’exploitation esclavagiste. Il trace ainsi un fil conducteur grâce au fukú, une malédiction que partagent les Dominicains de manière commune depuis des siècles:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;No matter what its name or provenance, it is believed that the arrival of Europeans on Hispaniola unleashed the fukú on the world, and we’ve all been in the shit ever since. Santo Domingo might be fukú’s Kilometer Zero, its port of entry, but &lt;em&gt;we are all of us its children&lt;/em&gt;, whether we know it or not. (1, nous soulignons)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’usage du syntagme «nous sommes tous ses enfants» renvoie ici à une double appartenance: la mention générationnelle évoque à la fois à un principe d’héritage, qui participe d’une forme d’historicité, et une conception de la famille élargie, qui inclut une approche commune de la réalité. Elle souligne alors une certaine unité collective alimentée par la critique de la dominicanité. Cette dernière s’incarne autour du protagoniste Oscar, lequel ne se fond pas dans les stéréotypes habituels de l’homme dominicain. La virilité est en effet un trait commun du Dominicain dans les discours stéréotypés; aussi constate-t-on l’a-dominicanité du personnage lorsque sa virilité lui fait défaut: «And except for one period early in his life, dude never had much luck with the females (how very un-Dominican of him).» (11) De même, très tôt dans sa jeunesse, Oscar se fait expliquer par sa mère qu’il lui faut recourir à la violence physique avec les femmes pour obtenir d’elles ce qu’il souhaite. Il se rend cependant compte qu’il est incapable de telles pratiques: «It wasn’t just that he didn’t have no king of father to show him the masculine ropes, he simply lacked all aggressive and martial tendencies!» (15) La narration pose ainsi d’elle-même ses propres critères, clarifiant au tout début du texte ce qu’elle entend par dominicanité ou, à tout le moins, l’angle au moyen duquel elle compte aborder ce concept:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;One of those preschool loverboys who was always trying to kiss the girls, always coming up behind them during a merengue and giving them the pelvic pump, the first nigger to learn the perrito and the one who danced at any chance he got. Because in those days he was (still) a “normal” Dominican boy raised in a “typical” Dominican family, his nascent pimp-liness was encouraged by blood and friends alike. (11)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Devenu un adolescent &lt;em&gt;nerd&lt;/em&gt;, gros et sans vie sexuelle, Oscar détonne de l’image virile qui lui a été imposée par son entourage. Pour Jennifer M. Wilks, cet aspect caractérise en partie le travail de Díaz, de même que celui de ses contemporains, qui explorent tous les «nonnormative identities in the Dominican Republic and its diaspora» (2012: 349). Par conséquent, Oscar est une «mauvaise» représentation de l’homme dominicain, tout en étant forgé par une dominicanité: «Oscar is not Dominican in spite of being black, fat, and geeky; on the contrary, his Dominicanness, or &lt;em&gt;dominicanidad&lt;/em&gt;, comprises and is shaped by all of these qualities.» (Wilks, 2012: 349) Nous ne pouvons dès lors comprendre la question conceptuelle de la dominicanité sans la lier à l’élaboration de stéréotypes. Selon nous, cette démarche élaborative devient effectivement nécessaire, d’où le fait qu’elle ne constitue pas simplement la narration; elle est la narration en soi. Ruth Amossy écrit notamment que le stéréotype&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;se met en place à partir du déchiffrement d’un pan de texte entier, et ne peut en conséquence être construit qu’à partir d’une vue d’ensemble qui permet de repérer et de rassembler les divers constituants du schème collectif figé. (2016: s.p.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans la perspective d’Amossy, le lecteur joue un rôle important et doit lui aussi participer à réunir les éléments constitutifs du stéréotype. Son implication est active: «Pour rassembler les constantes de prédicats qui s’attachent à un thème, le lecteur est astreint à une série d’opérations dont la complexité varie.» (s.p.) En effet, certains «stéréotypes qui sous-tendent le texte peuvent être plus ou moins explicites et plus ou moins complets», et demandent un véritable travail de lecture. Si le texte de Díaz est traversé par la (dé)construction stéréotypique de l’homme dominicain, &lt;em&gt;Dominicana&lt;/em&gt; met également en scène une forme de géographie des diasporas qui permet de distinguer les diverses communautés qui forgent le paysage social du Washington Heights de 1965. C’est effectivement au contact d’autres individus issus de la marginalisation raciale étatsunienne que les personnages du roman peuvent modeler leur identité dominicaine. Pour ce faire, chaque groupe possède ses stéréotypes qui, certes, influent sur leur propre marginalisation, mais qui attribuent aussi à chacun une place dans la vie communautaire. Aussi Juan, le mari d’Ana, explique-t-il en ces termes à cette dernière comment fonctionne la dynamique du quartier:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Across from us is the German shop that sells sausages. Beside it, the Jewish photo shop. The Cuban everything store a life-size doll, toilet paper, toy airplanes, packets of pencils and notebooks, cigarettes, shoe polish, a plastic bucket, a mop, extension cords. If the Cuban doesn’t have it, says Juan, it must not exit. (Cruz, 2019: 59)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De plus, le stéréotype montre que les individus issus des minorités (religieuses, ethniques, migratoire, etc.) ne forment pas une masse homogène. En ce sens, pour se différencier de l’Autre, il faut établir des nuances, ce qui entraîne les personnages à perpétuer les stéréotypes. Ainsi, quand il dénigre d’autres communautés, Juan participe dans un même temps à façonner le stéréotype de la dominicanité:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Juan says no one’s to be trusted, especially the blacks who sleep on the streets waiting for their next fix. Juan says &lt;em&gt;those blacks&lt;/em&gt; as if he’s skinning a goat. They’re like Puerto Ricans, he says, wanting everything for nothing. Dominicans work hard for what they have. That’s why there’s always a job for a Dominican. (Cruz, 2019: 86-87)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’homme dominicain, fiable travailleur, père de famille, ne peut exister qu’à côté de sujets masculins caractérisés comme «fainéants» et à qui on ne peut faire confiance. Par ailleurs, le «&lt;em&gt;those blacks&lt;/em&gt;» souligne le &lt;em&gt;distinguo&lt;/em&gt; que fait Juan entre les Noirs, sachant que son frère César, le plus foncé de la fratrie, subit constamment la ségrégation raciale. L’italique suggère un mépris qui dénigre les Noirs étatsuniens et assume la hiérarchisation des communautés en fonction de leur couleur de peau. Selon nous, cette attitude fait partie d’une conception de la dominicanité, comme nous l’avons vu avec García-Peña. Par conséquent, le personnage de Juan témoigne du fait que la communauté est un élément majeur de la société étatsunienne à cette époque. Or ce n’est pas parce qu’il existe une diversité qu’elle est forcément le gage d’une mixité: «This is the Audubon Ballroom, where the Jews pray, the blacks make trouble, and we can watch movies in Spanish and go dancing.» (59) S’il semble posséder peu de sens en sol étatsunien —notamment en raison des amalgames dont sont victimes ceux classés au sein de l’appellation Hispanics ou Latinos—, le concept de dominicanité reste pourtant un repère identitaire pour les protagonistes d’origine dominicaine. Soit ils estiment être façonnés par elle —c’est le cas de Juan ou encore d’Oscar—, soit ils y ont été confrontés dans le cadre de leur éducation biculturelle —c’est l’exemple des sœurs García. En effet, les situations d’entre-deux qui qualifient leur statut quotidien brouillent la question des identités. La dominicanité, quand bien même critiquée, offre un positionnement pour répondre à cette confusion.&lt;/p&gt;&lt;center&gt;&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;&lt;/center&gt;&lt;p&gt;Nous avons proposé ici une analyse du concept de &lt;em&gt;dominicanidad&lt;/em&gt; à partir de regards migrants, ceux des Dominicains partis vivre aux États-Unis ou de leurs descendants retournés en territoire insulaire. De la diaspora dominicaine habitant aux États-Unis a émergé un corpus d’œuvres littéraires qui traitent de la dominicanité à travers l’expérience migratoire de protagonistes variés. Elles assument entre autres la critique de certains pans de l’identité dominicaine qui, au vu du mode de vie étatsunien des sujets concernés, n’ont plus lieu d’être perpétués, notamment parce qu’ils favorisent des marginalisations à l’encontre des femmes et des distinctions sociales par rapport aux couleurs de peau. Ce sont les récits analeptiques construits par le choc de cultures différentes qui enclenchent des réflexions de la part des protagonistes quant à la dominicanité telle qu’elle leur a été imposée. Le stéréotype est utilisé en tant que procédé critique dans une double perspective: d’abord, pour dénoncer l’exigüité des destinées auxquelles sont astreints les individus; puis, pour montrer, de façon parallèle, que l’appartenance communautaire peut aider à réinstaurer une sorte d’ordre social bafoué par le rôle ambivalent de la figure de l’immigrant. L’intervention du consul Eduardo Selman à propos de Junot Díaz nous rappelle alors que la littérature est profondément politique et qu’elle participe à mettre au jour toutes les facettes d’une société, surtout celles qui dérangent les conventions établies. Nous rejoignons en quelques sortes la conception sartrienne de l’écriture:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Ainsi de quelque façon que vous y soyez venu, quelles que soient les opinions que vous ayez professées, la littérature vous jette dans la bataille; écrire c&#039;est une certaine façon de vouloir la liberté, si vous avez commencé, de gré ou de force vous êtes engagé. (Sartre, 1948: 82)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par conséquent, l’acte d’écriture investit toujours l’écrivain d’une responsabilité collective.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h2&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/yo&quot; id=&quot;node-72333&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Álvarez, Julia. 1997.&amp;nbsp;&lt;em&gt;¡Yo!&lt;/em&gt;. New York : A Plume Book, 309 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/dominicana&quot; id=&quot;node-72334&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Cruz, Angie. 2019.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Dominicana&lt;/em&gt;. New York : Flatiron Books, 322 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/the-brief-wondrous-life-of-oscar-wao&quot; id=&quot;node-72335&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Díaz, Junot. 2007.&amp;nbsp;&lt;em&gt;The Brief Wondrous Life of Oscar Wao&lt;/em&gt;. New York : Riverhead Books, 340 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/how-the-garcia-girls-lost-their-accents&quot; id=&quot;node-72336&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Alvarez, Andrea. 1991.&amp;nbsp;&lt;em&gt;How the García Girls Lost Their Accents&lt;/em&gt;. New York : Algonquin Books, 286 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/latino-culture-in-the-us-using-reviewing-and-reconstructing-latinidad-in-contemporary-latino&quot; id=&quot;node-72338&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Gallo, Laura PAlonso. 2002.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Latino Culture in the U.S.: Using, Reviewing, and Reconstructing Latinidad in Contemporary Latino/a Fiction&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;KulturPoetik&lt;/em&gt;, vol. 2, 2, p. 236-248.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/stereotypie-et-argumentation&quot; id=&quot;node-72339&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Amossy, Ruth. 2016.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Stéréotypie et argumentation&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le stéréotype&lt;/em&gt;. Caen : Presses Universitaires de Caen. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://books.openedition.org/puc/9700?lang=fr&amp;gt;&quot;&gt;https://books.openedition.org/puc/9700?lang=fr&amp;gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/imperialismo-informal-militarizado-un-estudio-de-caso-sobre-las-relaciones-entre-los-estados&quot; id=&quot;node-72340&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Anzelini, Luciano. 2020.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Imperialismo informal militarizado. Un estudio de caso sobre las relaciones entre los Estados Unidos y la República Dominicana durante el siglo XX&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Imperialismo informal militarizado. Un estudio de caso sobre las relaciones entre los Estados Unidos y la República Dominicana durante el siglo XX&lt;/em&gt;. Buenos Aires : Teseo Press. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://www.teseopress.com/imperialismoinformalmilitarizado/&amp;gt;&quot;&gt;https://www.teseopress.com/imperialismoinformalmilitarizado/&amp;gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/quisqueya-la-bella-dominican-republic-in-historical-and-cultural-perspective&quot; id=&quot;node-72341&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Cambeira, Alan. 1996.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Quisqueya la Bella. Dominican Republic in Historical and Cultural Perspective&lt;/em&gt;. Londres : Routledge, «&amp;nbsp;288&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/about-junot-diaz&quot; id=&quot;node-72342&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Díaz, Junot. 2021.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;About. Junot Díaz&amp;nbsp;».&amp;nbsp;Junot Díaz. &amp;lt;&lt;a href=&quot;http://www.junotdiaz.com/about/&amp;gt;&quot;&gt;http://www.junotdiaz.com/about/&amp;gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/les-ecrivaines-dans-les-litteratures-mineures-de-etats-unis-du-melting-pot-a-la-ghettoisation&quot; id=&quot;node-72343&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Ferrer, Carolina&amp;nbsp;et&amp;nbsp;Roxane&amp;nbsp;Maiorana. 2019.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Les écrivaines dans les littératures mineures de États-Unis: du &quot;melting pot&quot; à la ghettoïsation&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Pontos de Interrogação&lt;/em&gt;, vol. 9, 2, p. 149-166.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/the-borders-of-dominicanidad-race-nation-and-archives&quot; id=&quot;node-72344&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Peña, Lorgia García. 2016.&amp;nbsp;T&lt;em&gt;he Borders of Dominicanidad. Race, Nation, and Archives&lt;/em&gt;. Durham/London : Duke University Press, 274 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/la-dominicanidad-desde-la-diaspora-literatura-e-historiografia-en-la-breve-y-maravillosa-vida&quot; id=&quot;node-72345&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;González, Dhariana María. 2012.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;La dominicanidad desde la diáspora: Literatura e historiografía en &quot;La breve y maravillosa vida de Óscar Wao&quot;&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Honor Theses,&lt;/em&gt; 23, p. 116.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/schibboleth-la-langue-comme-arme-de-detection-massive-1937-le-massacre-des-haitiens&quot; id=&quot;node-72346&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Govain, Renauld&amp;nbsp;et&amp;nbsp;Arnaud&amp;nbsp;Richard. 2016.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Schibboleth, la langue comme arme de détection massive: 1937, le massacre des Haïtiens&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Lengas&lt;/em&gt;. &amp;lt;&lt;a href=&quot;http://journals.openedition.org/lengas/1193&amp;gt;&quot;&gt;http://journals.openedition.org/lengas/1193&amp;gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/cultural-identity-and-diaspora&quot; id=&quot;node-72347&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Hall, Stuart. 1990.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Cultural Identity and Diaspora&amp;nbsp;», dans&amp;nbsp;Jonathan&amp;nbsp;Rutherford&amp;nbsp;(dir.),&amp;nbsp;&lt;em&gt;Identity: Community, Culture, Difference&lt;/em&gt;. Londres : Lawrence &amp;amp; Wishart, p. 227-237.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/an-interview-with-junot-diaz&quot; id=&quot;node-72348&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Knight, Henry Ace. 2021.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;An Interview with Junot Díaz&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Asymptote Journal&lt;/em&gt;. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://www.asymptotejournal.com/interview/an-interview-junot-diaz/&amp;gt;&quot;&gt;https://www.asymptotejournal.com/interview/an-interview-junot-diaz/&amp;gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/intervention-de-troupes-americaines-en-republique-dominicaine&quot; id=&quot;node-72349&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Monde, Perspective. 2021.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Intervention de troupes américaines en République dominicaine&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Perspective Monde&lt;/em&gt;. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve/82&amp;gt;&quot;&gt;https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve/82&amp;gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/quest-ce-que-la-litterature&quot; id=&quot;node-3100&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Sartre, Jean-Paul. 1948.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Qu&#039;est-ce que la littérature?&lt;/em&gt;. Paris : Gallimard, 307 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/author-junot-diaz-called-unpatriotic-as-dominican-republic-strips-him-of-award&quot; id=&quot;node-72350&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Walters, JoAna. 2015.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Author Junot Díaz called unpatriotic as Dominican Republic strips him of award&amp;nbsp;».&lt;em&gt;&amp;nbsp;The Guardian&lt;/em&gt;. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://www.theguardian.com/books/2015/oct/25/junot-diaz-author-dominican-republic-haiti-immigration&amp;gt;&quot;&gt;https://www.theguardian.com/books/2015/oct/25/junot-diaz-author-dominica...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/dominican-decalage-comparative-negotiations-of-race-and-gender-in-junot-diazs-the-brief&quot; id=&quot;node-72351&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Wilks, Jennifer M. 2012.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Dominican &quot;Décalage&quot;: Comparative Negotiations of Race and Gender in Junot Díaz’s &quot;The Brief Wondrous Life of Oscar Wao&quot;&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Comparative Literature Studies&lt;/em&gt;, vol. 56, 2, p. 348-373.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_s1rnoa0&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_s1rnoa0&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Nommons entre autres Julia Álvarez, Josefina Báez, Angie Cruz, Ana-Maurine Lara, Nelly Rosario et Loída Maritza Pérez.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_hjw25h8&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_hjw25h8&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Le massacre de 1937, où «plus de 30 000 Haïtiens et Dominicains d’ascendance haïtienne furent massacrés en quelques jours par l’armée et les forces de police dominicaines sous la présidence de Rafael Leónidas Trujillo Molina» (Govain et al., 2016: s.p.), est le plus tristement célèbre des conflits raciaux de l’histoire de la République dominicaine.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_rhxs51y&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_rhxs51y&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; «Trinidad Étnica de la Cultura Dominicana». Notez que toutes les traductions trouvées dans le corps du texte sont de notre main.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_3xzcizg&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_3xzcizg&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; «La presencia de tres partes, aún no siendo equivalentes, nos aleja de una aceptación de raza e identidad en términos binominales, y nos permite observar negociaciones identitarias más sutiles que ocurren en un sistema triangular.»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_a11spi7&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_a11spi7&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Luciano Anzelini écrit que «la figure de Rafael Trujillo a gagné en ascendant dans la politique dominicaine, à travers une carrière fulgurante qui ne pourrait s’expliquer sans le soutien des autorités nord-américaines». [«La figura de Rafael Trujillo ganó ascendencia en la política dominicana, en una carrera meteórica que no podría explicarse sin el espaldarazo de las autoridades norteamericanas.»]&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_5i6crr4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_5i6crr4&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Voir l’article «Intervention de troupes américaines en République dominicaine» (s.d.) de l’équipe de &lt;em&gt;Perspective Monde&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_m1168nn&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_m1168nn&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; «[…] El traslado físico del dominicano a los Estados Unidos, y la mayoría de las veces de vuelta a su país nativo, no es solamente un movimiento de masa física o un cambio en la geografía, también incluye procesos más fluidos e intangibles, llenos de momentos incomprensibles.»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_2dct22x&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_2dct22x&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; «[…] Cambios de percepción que sólo llegan a ser entendidos con el regreso al país nativo […].»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_ap4afts&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_ap4afts&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; «[…] Del potencial que tiene la distancia para ampliar la visión del inmigrante.»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_w3pqbkt&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_w3pqbkt&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; «[…] Donde la dominicanidad domina, el dominicano sigue siendo dominicano.»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_t4n7se2&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_t4n7se2&quot;&gt;11.&lt;/a&gt; MLAIB contient plus de 2,8 millions de références répertoriées. Voir &lt;a href=&quot;https://www.mla.org/.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote12_prfhwh3&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref12_prfhwh3&quot;&gt;12.&lt;/a&gt; Voir le Graphique 4: Littératures mineures.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote13_n0onoio&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref13_n0onoio&quot;&gt;13.&lt;/a&gt; La traduction littérale pour &lt;em&gt;American&lt;/em&gt; serait «Américain». Cependant, puisque American renvoie ici au pays et non au continent, il nous apparaît plus logique d’utiliser le terme «Étatsunien».&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote14_u38htmz&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref14_u38htmz&quot;&gt;14.&lt;/a&gt; «La aceptación de la obra de estos autores y de la producción literaria dominico-americana no es […] universal. […] Estos criterios de selección [lengua y temática] evidencian […] las posibilidades y limitaciones de la contribución potencial de la diáspora dominicana a la discusión sobre la definición nacional que se está dando en la isla.»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote15_uyieqxb&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref15_uyieqxb&quot;&gt;15.&lt;/a&gt; «[…] su primera novela está marcada por ciertas imágenes que corresponden a cuestiones fundamentales de la problemática nacional, las cuales hoy son parte de la dinámica en que la literatura de la diáspora dominicana participa en su diálogo con las tradiciones y símbolos de la isla.»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote16_024pj0y&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref16_024pj0y&quot;&gt;16.&lt;/a&gt; «[…] La perspectiva de Alvarez se contrastará con la de Junot Díaz, cuya representación de la problemática racial dominicana en la diáspora es más central a su universo narrativo y, por ello, tiene un carácter más conflictivo y dinámico.»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote17_6gpjg6y&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref17_6gpjg6y&quot;&gt;17.&lt;/a&gt; «El contraste entre estos dos autores es, en última instancia, una representación clara de la diversidad histórica, social y económica de la emigración dominicana a los Estados Unidos.»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote18_wdch7ao&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref18_wdch7ao&quot;&gt;18.&lt;/a&gt; «Este es un paso absolutamente necesario en el diagnóstico de la condición nacional presente, así como la definición de los posibles derroteros del futuro dominicano […].»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote19_pnebbmg&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref19_pnebbmg&quot;&gt;19.&lt;/a&gt; Ce nom est un jeu de mots avec la langue castillane puisque &lt;em&gt;yo&lt;/em&gt; signifie «je», ce qui correspond à la description du personnage, qualifié d’égocentrique par certains protagonistes de la saga.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote20_s0hs2b9&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref20_s0hs2b9&quot;&gt;20.&lt;/a&gt; En 1965, la République dominicaine traverse une période d’instabilités. À la suite du régime de Trujillo, &amp;nbsp;qui prend fin à l’assassinat du dictateur en 1961, le pays tente effectivement de rétablir une démocratie. Cependant, différentes franges politiques, et notamment les anciens trujillistes et leurs anciens opposants, s’affrontent. Les États-Unis finissent par s’ingérer dans le conflit en envoyant des troupes armées en République dominicaine, de peur de voir un autre régime communiste au pouvoir comme à Cuba. Voir l’article «Intervention de troupes américaines en République dominicaine» (s.d.) de l’équipe de &lt;em&gt;Perspective Monde&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote21_aax7hcf&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref21_aax7hcf&quot;&gt;21.&lt;/a&gt; Par exemple, Díaz écrit: «(It wasn’t like In the &lt;em&gt;Time of the Butterflies&lt;/em&gt;, where a kindly Mirabal Sister steps up and befriends the poor scholarship student. No Miranda here: everybody shunned her.)» (2007: 83) Dans cet extrait, il fait référence de manière ironique —et critique— à la fois au roman d’Álvarez, &lt;em&gt;In the Time of the Butterflies&lt;/em&gt; (1994), qui rend hommage aux sœurs Mirabal, et à ces dernières, qui sont de véritables héroïnes nationales. Elles ont en effet rejoint la résistance à l’encontre du régime trujilliste, et trois d’entre elles ont été assassinées par le dictateur en place à l’époque. Leur mort, ayant marqué d’horreur la population, signe un tournant pour Trujillo qui sera tué quelques mois plus tard.&lt;br&gt;Il est d’ailleurs étonnant que le consul Eduardo Selman ait attendu 2015 pour proférer de telles accusations à l’encontre de Díaz, puisque &lt;em&gt;The Brief Wondrous Life of Oscar Wao&lt;/em&gt;, publié en 2007, portait déjà un regard cru sur la réalité dominicaine.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Aires de recherche: &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Dominicana&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;The Brief Wondrous Life of Oscar Wao&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;How the García Girls Lost Their Accents&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Latino Culture in the U.S.: Using, Reviewing, and Reconstructing Latinidad in Contemporary Latino/a Fiction&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Stéréotypie et argumentation&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Imperialismo informal militarizado. Un estudio de caso sobre las relaciones entre los Estados Unidos y la República Dominicana durante el siglo XX&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Quisqueya la Bella. Dominican Republic in Historical and Cultural Perspective&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;About. Junot Díaz&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Les écrivaines dans les littératures mineures de États-Unis: du &amp;quot;melting pot&amp;quot; à la ghettoïsation&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;The Borders of Dominicanidad. Race, Nation, and Archives&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;La dominicanidad desde la diáspora: Literatura e historiografía en &amp;quot;La breve y maravillosa vida de Óscar Wao&amp;quot;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Schibboleth, la langue comme arme de détection massive: 1937, le massacre des Haïtiens&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Cultural Identity and Diaspora&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;An Interview with Junot Díaz&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Author Junot Díaz called unpatriotic as Dominican Republic strips him of award&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Dominican &amp;quot;Décalage&amp;quot;: Comparative Negotiations of Race and Gender in Junot Díaz’s &amp;quot;The Brief Wondrous Life of Oscar Wao&amp;quot;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=3536&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Maiorana, Roxane&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2021. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/la-dominicanite-critiquee-regards-migrants-sur-la-construction-de-lidentite-dominicaine-dans&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;La dominicanité critiquée. Regards migrants sur la construction de l’identité dominicaine dans la littérature étatsunienne&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». Dans &lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Les migrations interdiscursives: Penser la circulation des idées&lt;/span&gt;. Cahier ReMix, n° 16 (12/2021). Université du Québec à Montréal, Montréal : Figura, le Centre de recherche sur le texte et l&#039;imaginaire. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/remix/la-dominicanite-critiquee-regards-migrants-sur-la-construction-de-lidentite-dominicaine-dans&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/remix/la-dominicanite-critiquee-regards-migrants-sur-la-construction-de-lidentite-dominicaine-dans&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023.&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=La+dominicanit%C3%A9+critiqu%C3%A9e.+Regards+migrants+sur+la+construction+de+l%E2%80%99identit%C3%A9+dominicaine+dans+la+litt%C3%A9rature+%C3%A9tatsunienne&amp;amp;rft.date=2021&amp;amp;rft.aulast=Maiorana&amp;amp;rft.aufirst=Roxane&amp;amp;rft.pub=Figura%2C+le+Centre+de+recherche+sur+le+texte+et+l%26%23039%3Bimaginaire&amp;amp;rft.place=Universit%C3%A9+du+Qu%C3%A9bec+%C3%A0+Montr%C3%A9al%2C+Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Mon, 08 Nov 2021 19:33:35 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexandra Boilard-Lefebvre</dc:creator>
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 <title>Migrance en dérive: la pertinence du concept d’écriture migrante</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/conferences/migrance-en-derive-la-pertinence-du-concept-decriture-migrante</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Dans le cadre de la série de conférences sur littérature contemporaine, Salon Double, Catherine Khordoc a prononcé, le 3 avril 2013, une conférence ayant pour titre «Migrance en dérive: la pertinence du concept d’écriture migrante».&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 04 May 2021 18:46:51 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexandra Boilard-Lefebvre</dc:creator>
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 <title>«Les Murailles du paradis»: chroniques d&#039;une immigration</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/conferences/les-murailles-du-paradis-chroniques-dune-immigration</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Dans le cadre de la série de conférences sur littérature contemporaine, Salon Double, May Telmissany a prononcé, le 8 février 2011, une conférence ayant pour titre «Les Murailles du paradis: chroniques d&amp;#039;une immigration».&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 27 Apr 2021 19:08:59 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexandra Boilard-Lefebvre</dc:creator>
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 <title>Habiter la fuite: pratiques spatiales de l&#039;échappée</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/carnets/paysages-parcours-cartes-habitations/habiter-la-fuite-pratiques-spatiales-de-lechappee</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-intro field-type-text-long field-label-hidden&quot;&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item clearfix even&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 0.8125rem;&quot;&gt;« Creo que todo va a salir bien para nosotros, Chauk. Vamos a llegar a donde queremos ir. »&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_rb9yrxy&quot; title=&quot; « Je crois que tout va bien aller pour nous, Chauk. On va arriver où on veut aller ». La traduction est de l’auteur.&quot; href=&quot;#footnote1_rb9yrxy&quot;&gt;1&lt;/a&gt; - Juan&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;address&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 0.8125rem;&quot;&gt;« Car seul ce qui est lui-même un lieu […] peut accorder une place. » - Martin Heidegger&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 0.8125rem;&quot;&gt;Il y a des réflexions qui forcent à partir, à ne pas rester ni dans une œuvre ni dans une théorie, mais à s’aventurer au-dehors, au risque de se fourvoyer et de se perdre. La réflexion que j’essaye de mener est de celles-là. Elle emprunte, au fond, les traits de ce qu’elle interroge&amp;nbsp;: la fuite, l’échappée, traçant une ligne fragile entre deux lieux, l’un refusé, l’autre appelé, l’un inhabitable et l’autre rêvé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/address&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_rb9yrxy&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_rb9yrxy&quot;&gt;1.&lt;/a&gt;  « Je crois que tout va bien aller pour nous, Chauk. On va arriver où on veut aller ». La traduction est de l’auteur.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 09 Apr 2019 16:51:11 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Noémie Dubé</dc:creator>
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 <title>Le territoire de la banlieue dans les écritures migrantes comme spatialisation de l&#039;identité</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/articles/le-territoire-de-la-banlieue-dans-les-ecritures-migrantes-comme-spatialisation-de-lidentite</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;h4&gt;&lt;u&gt;Extrait du chapitre&lt;/u&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;«L&#039;approche actuelle de l&#039;urbain et du périurbain en tant que territoire conçu comme un &quot;palimpseste&quot;, proposée par l&#039;historien d&#039;art et d&#039;architecture André Corboz, conclut qu&#039;&quot;il n&#039;y a pas de territoire sans imaginaire du territoire&quot;, et que &quot;le territoire est sémantisé&quot; et &quot;discourable&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous partageons cette approche, adoptée aussi par un philosophe de l&#039;urbain comme Thierry Paquot, par Lorenza Mondada, chercheure en sciences du langage, ou encore par une chercheure en histoire de l&#039;architecture comme Lucie K. Morisset.»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Suite en format pdf.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Numéro de la publication: &lt;/div&gt;
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      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Année de parution: &lt;/div&gt;
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      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Aires de recherche: &lt;/div&gt;
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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;L&amp;#039;approche actuelle de l&amp;#039;urbain et du périurbain en tant que territoire conçu comme un «palimpseste», proposée par l&amp;#039;historien d&amp;#039;art et d&amp;#039;architecture André Corboz, conclut qu&amp;#039;«il n&amp;#039;y a pas de territoire sans imaginaire du territoire», et que «le territoire est sémantisé» et «discourable».&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=4135&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Barreiro, Carmen Mata&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2015. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/le-territoire-de-la-banlieue-dans-les-ecritures-migrantes-comme-spatialisation-de-lidentite&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Le territoire de la banlieue dans les écritures migrantes comme spatialisation de l&#039;identité&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». Dans &lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Suburbia. L&#039;Amérique des banlieues&lt;/span&gt;. Article d’un cahier Figura. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/articles/le-territoire-de-la-banlieue-dans-les-ecritures-migrantes-comme-spatialisation-de-lidentite&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/le-territoire-de-la-banlieue-dans-les-ecritures-migrantes-comme-spatialisation-de-lidentite&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023. D’abord paru dans (&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=96&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Gervais, Bertrand&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=2119&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Alice  van der Klei&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=2939&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Marie  Parent&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; (dir.). 2015. Montréal, Université du Québec à Montréal : Figura, le Centre de recherche sur le texte et l&#039;imaginaire. vol. 39, p. 85-100).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Le+territoire+de+la+banlieue+dans+les+%C3%A9critures+migrantes+comme+spatialisation+de+l%26%23039%3Bidentit%C3%A9&amp;amp;rft.date=2015&amp;amp;rft.volume=39&amp;amp;rft.spage=85&amp;amp;rft.epage=100&amp;amp;rft.aulast=Barreiro&amp;amp;rft.aufirst=Carmen&amp;amp;rft.pub=Figura%2C+le+Centre+de+recherche+sur+le+texte+et+l%26%23039%3Bimaginaire&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al%2C+Universit%C3%A9+du+Qu%C3%A9bec+%C3%A0+Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Barreiro, Carmen Mata&amp;lt;/span&amp;gt;. 2015. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;Le territoire de la banlieue dans les écritures migrantes comme spatialisation de l&amp;#039;identité&amp;lt;/span&amp;gt; ». Dans &amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;Suburbia. L&amp;#039;Amérique des banlieues&amp;lt;/span&amp;gt;. Article d’un cahier Figura. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/le-territoire-de-la-banlieue-dans-les-ecritures-migrantes-comme-spatialisation-de-lidentite&amp;amp;gt;.  D’abord paru dans (&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Gervais, Bertrand, Alice  van der Klei et Marie  Parent&amp;lt;/span&amp;gt; (dir.). 2015. Montréal, Université du Québec à Montréal : Figura, le Centre de recherche sur le texte et l&amp;#039;imaginaire. vol. 39, p. 85-100).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=Le+territoire+de+la+banlieue+dans+les+%C3%A9critures+migrantes+comme+spatialisation+de+l%26%23039%3Bidentit%C3%A9&amp;amp;amp;rft.date=2015&amp;amp;amp;rft.volume=39&amp;amp;amp;rft.spage=85&amp;amp;amp;rft.epage=100&amp;amp;amp;rft.aulast=Barreiro&amp;amp;amp;rft.aufirst=Carmen&amp;amp;amp;rft.pub=Figura%2C+le+Centre+de+recherche+sur+le+texte+et+l%26%23039%3Bimaginaire&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al%2C+Universit%C3%A9+du+Qu%C3%A9bec+%C3%A0+Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Mon, 28 Aug 2017 18:52:00 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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