<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" xml:base="https://oic.uqam.ca"  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">
<channel>
 <title>Observatoire de l&#039;imaginaire contemporain - Europe</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/taxonomy/term/16</link>
 <description>

</description>
 <language>fr</language>
<item>
 <title>Entretien avec le Prof. sir Jack Goody, anthropologue</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/conferences/entretien-avec-le-prof-sir-jack-goody-anthropologue</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;En juillet 2011, Sir Jack Goody a reçu Jean-Marie Privat (CREM / Université de Lorraine), Marie-Christine Vinson (CREM / Université de Lorraine) et Catherine Simon-Milburn (IRTS Lorraine) dans son bureau de St John’s College, à Cambridge.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Mon, 20 Nov 2017 14:48:20 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">63504 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/fr/conferences/entretien-avec-le-prof-sir-jack-goody-anthropologue#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>L&#039;humour en guerre: 14-18 ou la &quot;poilade des poilus&quot; canadiens</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/conferences/lhumour-en-guerre-14-18-ou-la-poilade-des-poilus-canadiens</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Peut-on faire état du rire en guerre? C&amp;#039;est ce sur quoi s&amp;#039;est penché Bernard Andrès lors de sa conférence prononcée à la Maison des écrivains - UNEQ le 26 janvier 2016.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Sun, 08 May 2016 20:26:05 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">58908 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/fr/conferences/lhumour-en-guerre-14-18-ou-la-poilade-des-poilus-canadiens#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Rencontre avec l’écrivain Pierre Senges</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/conferences/rencontre-avec-lecrivain-pierre-senges</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Au cours de cet entretien, Pierre Senges nous présente son parcours d&amp;#039;auteur. Il traite plus particulièrement de sa plus récente oeuvre, «Achab (séquelles)», publiée en 2015 chez Gallimard.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Mon, 11 Apr 2016 14:52:18 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Jasmin Cormier</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">58741 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/fr/conferences/rencontre-avec-lecrivain-pierre-senges#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Ce que la littérature fait avec la gastronomie</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/conferences/ce-que-la-litterature-fait-avec-la-gastronomie</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;«On associe volontiers la gastronomie à des représentations consensuelles, qu&amp;#039;il s&amp;#039;agisse des plaisirs des sens ou des joies de la convivialité. Pourtant, les textes littéraires qui s&amp;#039;approprient le thème gastronomique le font souvent en prenant le revers de cette topique facile, pour transformer ou même miner ces représentations. La conférence traitera de cet apport particulier du littéraire au discours gastronomique.»&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Mon, 17 Nov 2014 17:24:01 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">55823 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/fr/conferences/ce-que-la-litterature-fait-avec-la-gastronomie#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Claude Cahun ou l&#039;art de se dé-marquer</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/articles/claude-cahun-ou-lart-de-se-de-marquer</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 360px;&quot;&gt;L’œuvre de Cahun vise à subvertir toute «idée fixe»&lt;br&gt;sociale ou sexuelle, à détruire les images mentales qui&lt;br&gt;acculent le vivant à une forme de mort expéri/entielle.&lt;br&gt;(Lippard, 1999:27)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parallèlement à la démocratisation des structures politiques au XVIIIe siècle, émerge, en Allemagne, une nouvelle perspective sur les différences sociales, désormais perçues comme fixes plutôt que circonstancielles (lieu, climat, culture, etc.)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_my6p9n6&quot; title=&quot;Je remercie le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) pour son soutien financier («Mort annoncée du genre: stratégies de “dé-marquage” des catégories de sexe dans les œuvres des féministes universalistes depuis le XVIIe siècle en France», 2004-2008, et «Ouvrir la question identitaire: stratégies de dé-marquage», 2008-2012). Je tiens également à souligner la précieuse collaboration de Maria Sierra Cordoba Serrano.&quot; href=&quot;#footnote1_my6p9n6&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Ainsi, les femmes, les Noirs ou les «sauvages», qui pouvaient par exemple espérer, avant la &lt;em&gt;Déclaration des droits de l’homme et du citoyen &lt;/em&gt;(1789), un changement de statut par la «grâce de Dieu» (à force de vertu ou par une conversion), voient leur altérité se figer en hétérogénéité, devenir immuable. À l’ère des Lumières, la nature a en effet remplacé le divin comme source de différenciation des groupes sociaux (Guillaumin, 2002). Le célèbre professeur Cesare Lombroso (1835-1909) considérait ainsi que les humains à peau pâle étaient plus évolués que les autres, que les individus de sexe masculin possédaient une intelligence supérieure à ceux du sexe féminin et les criminels, une physionomie qui leur était propre (Lombroso, 1887).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les recherches contemporaines visant à démontrer le fonctionnement intrinsèquement distinct du cerveau des femmes (Gur et al., 1999) ou l’existence de gènes déterminant l’homosexualité (Hamer, 1993) participent de cette optique. En départageant les groupes dits «minoritaires» des groupes dominants, ces travaux reconduisent sur le plan biologique de vieux systèmes de &amp;nbsp;catégorisation sociale. Souvenons-nous qu’en Europe, entre le Moyen-âge et la Renaissance, on a obligé les Juifs à porter la rouelle (ancêtre de l’étoile de David), marqué les esclaves au fer rouge, tatoué des prisonniers, etc. Ces «signes»: une étoile jaune cousue sur le devant d’un vêtement, une cicatrice représentant les initiales du maître, un tatouage d’incarcération, mais également une bouche, une taille ou des pieds déformés par l’insertion de plateaux, le port d’un corset ou l’usage de bandages, sont présentés comme les simples indicateurs de la nature distincte d’un groupe religieux, d’un statut ou d’un sexe par rapport à un autre, celui spécifiquement qui s’est imposé comme l’étalon, la norme (Guillaumin, [1979] 1992). En réalité, il s’agit de marquages attestant d’un rapport de force plus ou moins violent et se concrétisant par un ensemble de comportements pouvant aller de l’intimidation à la mise à mort. Pensons à l’Allemagne nazie, et aux traitements qu’ont subis, avec les Juifs, les Tsiganes et les immigrés, de même que ceux qui étaient perçus comme «dégénérés», à savoir les homosexuels, les «asociaux», les handicapés et les dissidents politiques. L’objectif, dans ce cas, n’était pas seulement de dissocier, par le port de triangles de couleur, les individus de ces groupes et ceux appartenant à la «race» aryenne pour mieux les exploiter, mais de les éradiquer afin d’éliminer toute confusion possible. D’autant plus que de «race», de communauté ou de sexualité supérieures, il n’y a pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une approche matérialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 360px;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ce que montre une analyse féministe matérialiste, c’est que ce que nous prenons pour la cause ou pour l’origine de l’oppression n’est en fait que la «marque» que l’oppresseur impose sur les opprimés.&lt;/em&gt; (Wittig, 2007 [1992]: 45)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En faisant de traits physiques (comme le sexe, la couleur de la peau ou un handicap), de pratiques (religieuses, politiques ou sexuelles), de statuts ou d’appartenances à une classe ou à une communauté (comme les pauvres, les sans-papiers ou les Roms), les révélateurs d’identités de nature distinctes, les groupes dominants restreignent insidieusement l’humanité des individus concernés. En effet, ces derniers sont réduits à un cas particulier (a-normal) d’être humain et ne peuvent donc représenter que ce cas-là. Prenons l’exemple de la marque du féminin en français, qui limite le pouvoir de représentation des femmes à leur seul sexe dans cette langue, le «elles» ne renvoyant qu’aux femmes, tandis que le «ils», lui, peut évoquer tout autant l’humanité entière que des individus de sexe masculin. Dans ses études, la sociolinguiste Claire Michard (1982, 2002) constate que les femmes sont principalement définies par leur sexe, ce qui les confine à leur corporalité, voire leur animalité (femelle), et seulement secondairement par leur humanité. En ce qui concerne les hommes, c’est l’inverse qui est vrai: ils sont d’abord définis par leur humanité, et seulement secondairement par leur sexe (mâle). Cette dissymétrie sémantique a fait conclure à Monique Wittig, à la fin des années soixante-dix, qu’il n’y a pas deux genres grammaticaux mais un seul «le féminin» (Wittig, 1980), puisque le «masculin» est indissociable, linguistiquement parlant, du général, de l’«universel». Autrement dit, pour Wittig, le genre (féminin) est un marquage et la classe dominante de sexe s’est appropriée le pouvoir de représenter, sur le plan linguistique, la condition humaine.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, la dissymétrie représentationnelle des femmes et des hommes ne se limite pas à la langue puisqu’elle est également présente dans les discours institutionnels (lois, rapports gouvernementaux, manuels scolaires, etc.), culturels de masse (séries télévisuelles, bestsellers, films hollywoodiens, etc.), médiatiques (tribunes, magazines et publicité de toutes sortes) et scientifiques, comme nombre d’études nous l’ont prouvé depuis une quarantaine d’années, soit depuis l’émergence du Mouvement de libération des femmes. Ces études ont aussi montré que cette dissymétrie existe tout autant dans les structures sociétales (partis politiques, compagnies, administrations, etc.).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’omniprésence du marquage du «sexe», mais aussi de la « race » et des autres «indicateurs» d’identités minorisées, ne peut qu’entraver le rapport à soi des individus concernés. De fait, on s’attend à ce qu’ils agissent d’une certaine manière plutôt que d’une autre —qu’ils correspondent, autrement dit, aux clichés auxquels on les associe. Pour sortir de ce carcan, ces personnes doivent repenser ce qui est censé les définir, comme le fait d’être «femmes», ou sexualisées, «Noires», ou racisées, « homosexuelles », ou réduites à leur sexualité. Elles doivent, en d’autres termes, se dégager du système idéologique qui les enferme habilement (Mathieu, 1991), notamment en faisant ce qu’il faut pour qu’elles n’aient pas conscience de la violence qu’elles subissent, ou à tout le moins de son ancrage politique.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les théoriciennes du féminisme et du lesbianisme matérialistes ont montré que ce n’est pas le sexe biologique qui détermine le sexe social (genre), ainsi que l’affirme la doxa, mais le sexe social qui crée le sexe biologique. Pour elles, le «sexe» est donc, comme la «race», une construction sociale. Elles constatent que les identités «données» sont appréhendées comme naturelles ou plus ou moins construites (et donc à dé/cons/truire), selon le degré de distanciation de chacun face aux idéologies dominantes. Inspirée plus particulièrement par Colette Guillaumin, Nicole-Claude Mathieu et Monique Wittig, j’ai appelé «dé-marquage»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_oxkk9jo&quot; title=&quot; J’ai proposé ce néologisme dans le projet de recherche «Mort annoncée du genre» (2004-2008, CRSH) et dans l’ouvrage Écrire l’inter-dit (2006: 42). Il désigne le processus par lequel les individus se distancient des identités de nature qu’on leur a assignées à la naissance (femmes, Noirs, Juifs, etc.) ou à la suite d’une pratique dissidente (subversion des codes de genre, refus de la norme hétérosexuelle, désobéissance civile, etc.). Il peut donc être le fait de personnes identifiées aussi bien à la classe des dominés qu’à celle des dominants, en autant que ces derniers dénoncent d’une manière ou d’une autre les hégémonies suprématistes, patriarcales, capitalistes, hétérosociales... Du fait du brouillage qu’occasionnent les chevauchements des catégories (homme blanc pauvre handicapé, lesbienne noire professionnelle en exil, hermaphrodite bisexuel du troisième âge, etc.), il est préférable de mener une analyse des plus nuancées (intersectionnelle) du dé-marquage.&quot; href=&quot;#footnote2_oxkk9jo&quot;&gt;2&lt;/a&gt; la résistance qui est opposée à l’une ou l’autre des bi-catégorisations humaines asymétriques, en ce qu’elle renverse le processus de réification des individus classés «minoritaires». Ce qui retient mon attention, ce sont les stratégies formelles qui exposent, contournent ou abolissent un ou plusieurs marquages de manière à rendre à ces individus leur pleine humanité, et donc leur pleine représentativité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques années, je recense ces stratégies au sein de créations artistiques variées (œuvres littéraires, films, performances, etc.), l’art permettant en effet la part d’espoir et de liberté (de jeu ?) dont la réalité peut paraître dépourvue. Typiquement, ces œuvres sont issues de personnes marginalisées et questionnent plus d’une pratique normative, comme la convergence entre sexe et genre, l’injonction à l’hétérosexualité et la déshumanisation des êtres minorisés. C’est le cas de l’artiste française Claude Cahun (1894-1954), dont je me propose d’examiner l’œuvre avant-gardiste à partir du concept du dé-marquage. Mais voyons d’abord qui est cette auteure dont on parle encore trop peu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une figure méconnue&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 360px;&quot;&gt;&lt;em&gt;Il est bon de faire éclater les fausses catégories, celles qui ne s’établissent&amp;nbsp;&lt;br&gt;qu’au moyen de vocabulaires tranchants, de bulles irisées.&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_7tq1i01&quot; title=&quot;Cahun, 2002: 579. Désormais, les citations tirées de cet ouvrage seront suivies de leur numéro de page entre parenthèses.&quot; href=&quot;#footnote3_7tq1i01&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;br&gt;Claude Cahun&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73480&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Claude Cahun est le pseudonyme de Lucy Renée Mathilde Schwob, auteure, photographe et actrice que le philosophe et essayiste François Leperlier a révélée au public en lui consacrant une monographie en 1992 (Leperlier, 1992). C’est d’abord l’œuvre photographique&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_fnerk83&quot; title=&quot;Selon Leperlier, les photos de Cahun ne furent pas présentées avant 1937.&quot; href=&quot;#footnote4_fnerk83&quot;&gt;4&lt;/a&gt;— où elle se met en scène en (se) jouant des codes esthétiques et sociaux —qui a interpellé les critiques intéressés par ses qualités postmodernes évidentes: parodie, jeux intertextuels, réflexivité, travestissements, etc. Ces photographies résultent d’une étroite collaboration avec l’artiste visuelle et amante de Cahun, Marcel Moore alias Suzanne Malherbe, que les exégètes ne mentionnent pas toujours. Quant à l’œuvre littéraire, en grande partie inédite du vivant de l’auteure et bien qu’enfin disponible (Cahun, 2002), elle demeure étonnamment peu étudiée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tant les mises en scène que les textes de Cahun rendent compte de ses préoccupations politiques et philosophiques, dont sa remise en question du système de catégorisation des êtres humains en ce qu’il oppose, nous l’avons vu, des groupes sociaux de statuts inégaux comme les femmes et les hommes, les homosexuels et les hétérosexuels, ou les personnes racisées et les autres (blancs, chrétiens, sédentaires). Née dans une famille d’intellectuels aisée, Cahun était, précise Leperlier, «profondément attachée à la liberté individuelle, allergique au classement et à l’assimilation» (Lhermitte, 2006). Il s’agira donc de voir comment s’articule dans ses écrits, datés de la première moitié du vingtième siècle, la profonde indépendance d’une artiste «femme», «homosexuelle» et «juive», qualificatifs la désignant comme l’«Autre» du «Même», ou l’«Autre» du «Sujet»; autrement dit, comme être «relatif» par rapport à l’être «absolu» (de Beauvoir, 1949). Pour ce faire, je commencerai par contextualiser la perspective politique de Cahun en évoquant brièvement ses engagements et activités militantes, en excluant toutefois ses combats contre le capitalisme, l’impérialisme et le fascisme, faute d’espace.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Claude Cahun, qui s’est intéressée aux grandes révolutions (Lhermitte, 2006), s’investit à sa manière dans la lutte des femmes, des allosexuels et de la Résistance pendant la Deuxième Guerre mondiale. En ce qui concerne la première lutte, l’auteure précise dans&lt;em&gt; Confidences au miroir&lt;/em&gt;, un essai biographique rédigé en 1946, qu’elle fréquentait «le milieu, théoriquement ultra-féministe de la porte Roquine» où, précise-t-elle, «elle était] la seule femme à prendre part aux partis idéologiques» (597). Elle soutenait, entre autres, les positions néomaltusiennes et émancipatrices d’Havelock Ellis, dont elle a traduit l’étude &lt;em&gt;Man and Woman &lt;/em&gt;(1929) sous le titre &lt;em&gt;La Femme dans la société &lt;/em&gt;(1929).&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon Laura Cottingham, son rejet affiché des traits représentationnelles associés à la féminité participe de cet engagement:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Tout en refusant d’être «féminisée» (et par conséquent d’admettre que le corps des femmes soit à la disposition sexuelle des hommes), Cahun revendiquait consciemment sa position politique de femme dans ses œuvres […] les autoportraits de Cahun présentent souvent l’image d’une femme qui rejette les codes visuels conventionnels de la conduite des femmes: ses cheveux ne sont pas longs, son visage ne se cache pas sous un maquillage, son corps n’est pas fardé de bijoux et elle ne porte pas de robe. (2002a: 28-29)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce souci d’une représentation non instrumentalisée ou genrée des femmes, se retrouve également dans ses textes, entre autres à travers son traitement de la thématique des « héroïnes ». Dans ses nouvelles rédigées de 1920 à 1924&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_f47sr29&quot; title=&quot;Ces nouvelles, remaniées en 1930, ont été publiées en 2006 sous le titre Héroïnes.&quot; href=&quot;#footnote5_f47sr29&quot;&gt;5&lt;/a&gt;, Cahun met à mal les modèles féminins stéréotypés et binaires de la culture occidentale misogyne : vierge ou putain, mère ou vieille fille, sainte ou vilaine. Ces récits décapants, inspirés des mythes et des contes, témoignent du regard caustique qu’elle portait sur les icônes féminines, majoritairement simplistes, fautives, soumises ou trop vertueuses, de la patiente Pénélope de &lt;em&gt;L’Odyssée&lt;/em&gt; à la parfaite Cendrillon, d’Ève la pécheresse à la Sophie des &lt;em&gt;Malheurs&lt;/em&gt;, de Marie-la-mère-de-Jésus à la princesse-qui-se-maria-et-eut-beaucoup-d’enfants, de Salomé la monstrueuse à la Belle s’éprenant de la Bête.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En ce qui a trait à la sexualité, Cahun annonce sa position, très subversive pour l’époque, dans le premier numéro d’un petit journal homosexuel, &lt;em&gt;L’amitié&lt;/em&gt;, publié en 1925. D’abord, il faut préciser qu’elle emploie de préférence le néologisme «polymorphisme»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_pe562ef&quot; title=&quot;Le terme, inventé en 1836 pour caractériser ce qui se présente sous diverses formes, est probablement emprunté à Freud, qui utilise l’adjectif «polymorphe» (Trois essais sur la théorie sexuelle, 1905).&quot; href=&quot;#footnote6_pe562ef&quot;&gt;6&lt;/a&gt;, qui englobe l’«homosexualité , le «lesbianisme», la bisexualité et l’androgynat. Dans la revue, elle se réfère à ces sexualités comme possédant un statut non pas inférieur ou supérieur à l’hétérosexualité, mais équivalent (Cottingham, 2002a: 21), éliminant par là même les jugements médicaux (immaturité, anomalie, maladie, etc.) ou moraux (faiblesse, vice, etc.) portés sur les autres sexualités, mais aussi le statut référentiel de l’hétérosexualité en tant que sexualité «normale».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le choix de ce terme, composé des mots grecs &lt;em&gt;polloí&lt;/em&gt;: «plusieurs» et&lt;em&gt; morphos&lt;/em&gt;: «forme», signale, de plus, une mouvance des «polymorphes», leurs continuelles transformations —fluctuations qui évoquent par ailleurs les définitions actuelles de l’identité (Kaufmann, 2008). En ce sens, le terme met en relief le caractère complexe et insaisissable d’une personne. En tant que qualificatif, «polymorphes» conviendrait parfaitement aux protagonistes en perpétuelles métamorphoses du &lt;em&gt;Corps lesbien&lt;/em&gt; (1973) de Wittig. Loin d’être anodine, cette référence indique une parenté de pensée entre les deux auteures: entre celle qui a politisé la notion de sexualité en démocratisant ses expressions, et celle qui a conceptualisé le lesbianisme comme position politique (le matérialisme lesbien), récusant ainsi la perspective naturaliste moins menaçante pour le régime hétérosocial. En ce sens, Cahun et Wittig s’opposent aux portraits, non seulement réducteurs (mièvres, grossiers ou pornographiques) mais également essentialistes, qui sont proposés des lesbiennes dans les productions culturelles dominantes des XIXe et XXe siècles. Or, ces dernières comportent très peu de figures de lesbiennes, ce qui constitue une autre violence à leur endroit, une violence pire que la première, car elle nie leur existence même. Il est vrai que cette existence remet en question les fondements du système hégémonique, donc sa légitimité.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73481&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Dans les soirées, les entrées fort remarquées de Cahun au bras de Marcel Moore (Suzanne Malherbe) en vêtements extravagants, ou habits de dandy, montrent qu’elle n’hésitait pas à défier la polarisation des sexes et des genres&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_zouw9bm&quot; title=&quot;«Une photographie de Cahun posant devant l’objectif de son amante en costume de dandy prise au début des années vingt, par exemple, présente un sujet qui se met lui-même en scène et qui, par son sexe indéterminé, remet en question les modèles dominants tant de la masculinité que de la féminité» (Latimer, 2003:137).&quot; href=&quot;#footnote7_zouw9bm&quot;&gt;7&lt;/a&gt;, ni la normalisation du couple homme-femme, propres à la société hétérosexuelle:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Elle se travestissait à la fois comme sujet de ses propres photographies et comme objet du regard public, retournant les constructions du genre en endossant selon son gré le déguisement de l’un ou l’autre sexe, mettant en lumière l’interchangeabilité de multiples rôles et de ce fait, les exposant comme de simples rôles, par opposition à des vérités immanentes. (Zanne)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Enfin, pour ce qui est de sa participation à la Résistance, elle nous permet d’évoquer son rapport à «sa» judéité, acquise strictement par le patronyme de son père (Schwob) puisque dans la culture juive, l’identité se transmet par la mère et que celle de Cahun n’était pas juive. Cahun a souffert de son nom de famille entre autres à l’adolescence, période où elle a été persécutée par des condisciples. Mais lors de son adoption d’un pseudonyme, au lieu de réfuter cette judéité nominative, elle la revendique en choisissant le patronyme de sa grand-mère paternelle (Cahun). Défiant ainsi les traditions patriarcale et judaïque, elle se détache des catégories existantes pour s’inventer elle-même. Whitney Chadwick souligne par ailleurs qu’elle s’intéressait à la représentation de la judaïcité dans les années vingt comme indicatrice de l’«autre», comme instrument utilisé par l’État pour établir et faire circuler des typologies des déviances sociales qui associaient volontiers judaïcité et homosexualité.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant l’Occupation, Cahun et Moore, qui née de mère juive était juive au sens traditionnel, en appellent à l’humanisme des soldats en écrivant des tracts en allemand qu’elles glissaient discrètement, avec des cigarettes, dans leurs véhicules. Elles espéraient ainsi déclencher une mutinerie. Dans &lt;em&gt;Confidences au miroir&lt;/em&gt;, rédigé juste après cette guerre, Cahun écrit: «Je m’étais engagée —engagée envers moi seule— à convaincre les soldats (allemands) de se retourner contre leurs officiers (nazis)» (580).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[…] a affirmé qu’elle était d’origine juive du côté de son père, en ayant tout à fait conscience du risque qu’elle courait avec cette affirmation. Par ce geste politique, qui est lancé contre le fascisme raciste, elle a ainsi politisé une ethnicité élective, qu’elle avait déjà choisie comme identité professionelle [sic], en adoptant comme nom de plume Cahun: la version française de Cohen. (Pollock, 2011)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Elles n’échapperont que de justesse à la mort&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_hacmng6&quot; title=&quot;Ces luttes font dire à Cottingham que «Claude Cahun est un modèle pour nous tou-te-s qui sommes sincèrement engagé-e-s contre les politiques impérialistes et les attitudes fascistes de nos sociétés» (2002: 7).&quot; href=&quot;#footnote8_hacmng6&quot;&gt;8&lt;/a&gt;. Mais les mauvaises conditions de détention et les épreuves subies affecteront gravement la santé de Cahun, qui décède en 1954.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dé-marquage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avant de décrire l’approche que j’utiliserai pour aborder l’œuvre de Cahun, il me faut revenir rapidement sur la notion de marquage et sur sa portée. Lorsqu’un groupe social est identifié comme différent du «Référent», de la «Norme»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_zex58sm&quot; title=&quot;«En somme la différence se pense a) dans un rapport, b) mais dans un rapport d’un type particulier où il y a un point fixe, un centre qui ordonne autour de lui et auquel les choses se mesurent, en un mot un RÉFÉRENT. Parler de différence, c’est énoncer une règle, une loi, une Norme» (Guillaumin, 1992: 97).&quot; href=&quot;#footnote9_zex58sm&quot;&gt;9&lt;/a&gt;, il est «marqué» (altéré) afin qu’on puisse le percevoir ou l’identifier comme «autre». Longtemps avant que les nazis, mais aussi la loi française, espagnole et italienne n’aient obligé les Juifs&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_ojl6of1&quot; title=&quot; La Huitième ordonnance du 29 mai 1942 concernant les mesures contre les Juifs: «En vertu des pleins pouvoirs qui m’ont été conférés par le Fûhrer und Oberster Befehischaber der Wehrmacht, j’ordonne ce qui suit: §1 Signe distinctif pour les Juifs I. Il est interdit aux Juifs, dès l’âge de six ans révolus, de paraître en public sans porter l’étoile juive» (http://perso.orange.fr/d-d.natanson/etoile_juive.htm). La loi française, espagnole et italienne avait également imposé le port d’un signe distinctif aux Juifs, la «rouelle», au Moyen-âge.&quot; href=&quot;#footnote10_ojl6of1&quot;&gt;10&lt;/a&gt; à porter un signe distinctif, et longtemps avant que les propriétaires des plantations n’aient marqué au fer rouge leurs esclaves, la classe bourgeoise chinoise faisait bander les pieds de ses petites filles, ce qui donnait à celles-ci une démarche reconnaissable entre toutes et limitait grandement leurs déplacements.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le cas des femmes occidentales, l’incitation à porter des vêtements et des accessoires mettant leur corps en évidence, mais aussi en danger, participent également du marquage. Pensons, nous rappelle Guillaumin (1992: 86), aux talons aiguilles ou très hauts qui précarisent la démarche et abîment le dos, ou aux jupes qui maintiennent «les femmes en état d’accessibilité permanente» et peuvent entraver leur liberté de mouvement si elles sont très longues ou amples, très courtes ou serrées. Il en va de même, selon Wittig, de l’affichage obligé, pour les femmes, de leur sexe lorsqu’elles s’avancent dans la langue. La marque du genre (féminin) étant, selon cette dernière, «l’indice linguistique de l’opposition politique des sexes et de la domination des femmes» (1992: 77). «Si le genre féminin ne s’applique qu’aux êtres femelles c’est parce qu’il catégorise ces êtres en tant que sexe (ce qui a pour effet de ne pas les séparer des femelles animales), et si le masculin ne s’applique pas qu’aux êtres mâles c’est parce qu’il catégorise ces êtres en tant qu’humains»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_fj76yqr&quot; title=&quot;Elle ajoute: «Être catégorisé comme femelle (et par conséquent être indifférencié de l’animalité) entraîne de ne pas être construit discursivement comme agent mais comme instrument, tandis que la catégorisation en tant qu’humain entraîne la construction discursive d’agent» (http://www.fifalia.org/michard.html, page Internet annonçant la réédition de l’ouvrage Sexisme &amp;amp; Sciences humaines. Pratique linguistique du rapport de sexage (Michard et Ribéry, 2008 [1982]), consultée le 1er mars 2009).&quot; href=&quot;#footnote11_fj76yqr&quot;&gt;11&lt;/a&gt;, précise Michard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La difficulté pour les femmes est donc de composer avec cette injonction du genre féminin qui les ramène à leur physionomie (corporalité) et à leur quasi invisibilité en tant qu’être pensant dans la sphère publique. Si les femmes ne sont pas encore ou pas toutes considérées (à l’échelle de la planète) comme des sujets à part entière, celles qui le peuvent se privent de moins en moins d’agir comme tels. Celles qui le font en évitant ou en court-circuitant une forme ou une autre de marquage manifestent un refus non seulement du statut «particulier» qu’on leur impose, mais également du système de pensée qui institue cette exclusion. En ce sens, le «dé-marquage» fait ressortir la dimension politique du phénomène de la hiérarchisation des êtres humains sur une base essentialiste (sexe, sexualité, ethnicité, etc.). Il met donc en garde contre ou récuse, contrairement à la féminisation, le maintien des catégories de sexe. Plus largement, il désigne les stratégies de distanciation ou de démantèlement des catégories asymétriques de manière à préserver l’ouverture identitaire, et avec elle, la part d’insaisissable propre à la condition humaine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette démarche, Cahun fut la première de l’ensemble des artistes (femmes et hommes) à l’entreprendre explicitement. De nombreux critiques ont d’ailleurs tenté de décrire son approche en usant de sa propre terminologie. Alors que Leperlier insiste, par exemple, sur le fait qu’elle appréciait «l’indéfini» (Leperlier, 1994: 16-20), Chadwick souligne sa quête d’«indéterminé», qu’elle associe à son adhésion au mouvement surréaliste:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Cahun a toutefois repris à son compte l’intérêt du surréalisme pour la figure du double en tant que moyen de subvertir le sens unitaire et de brouiller la distinction entre le moi et l’autre. On peut voir dans des œuvres comme Que me veux-tu? des jalons essentiels dans sa quête incessante de ce qu’elle a appelé l’«indéterminé» —c’est-à-dire son propre désir de produire un sujet qui est à la fois soi et l’autre. Cherchant à reconfigurer tous les genres —homosexualité, bisexualité et androgynie— elle s’est tournée vers l’artifice et le déguisement pour contester la fixité de la différence sexuelle et de l’orientation sexuelle. (2002: 7)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De son côté, Cottingham préfère le terme plus actuel de «dégenré» pour qualifier par exemple le choix de Cahun d’un pseudonyme épicène. Elle signale l’impact syntaxique de sa rupture avec le genre:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Quoi qu’il en soit, il s’agit de s’affranchir des images imposées, invivables, à commencer par le clivage féminin/masculin. Ainsi tout au long de son livre Aveux non avenus (1930), Claude Cahun veille à l’alternance des deux genres grammaticaux&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref12_xr56s8h&quot; title=&quot;Dans Cherchez Claude Cahun, Cottingham précise: «Le choix de se représenter non féminisée […] était orchestré en opposition aux codes établis de l’apparence des femmes et non en fonction d’une quelconque tentative délibérée de se faire passer pour un homme ou une travestie» (2002: 13). Aveux non avenus paraît peu après le texte «Womanliness as Masquerade» (1929) de Joan Rivière (International Journal of Psychoanalysis 10: 303-313) qui analyse la féminité comme une mascarade.&quot; href=&quot;#footnote12_xr56s8h&quot;&gt;12&lt;/a&gt;. (Cottingham, 2002b)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par «l’alternance des deux genres grammaticaux», Cottingham entend l’usage, par l’instance narrative, de formes marquées par le genre grammatical autant que de formes non marquées par lui, ou génériques. De fait, Cahun emmêle constamment le recours au féminin et au général, identique au « masculin », afin de les mettre sur un même pied, de les assimiler l’un à l’autre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces commentateurs de l’œuvre nous permettent de voir que le travail de distanciation qu’entreprend Cahun vis-à-vis des identités particularisées touche à plusieurs aspects du texte. En général, les artistes emploient quatre grandes stratégies pour produire un dé-marquage: linguistique, représentationnelle, dialogique et conceptuelle. La première concerne principalement la sexuation des langues et renvoie à des procédés nominaux, syntaxiques et sémantiques pour opérer sa neutralisation. La deuxième touche spécifiquement à la mise en scène de personnages et à la subversion des codes sociaux en regard de la mise, des comportements ou de l’inscription sociale. La troisième agit sur les plans interdiscursif et intertextuel de manière à déboulonner le «je» autoritaire, ou monologique, et les formes esthétiques historiquement polarisées comme les genres littéraires «féminins» (romans d’amour, épistolaires et psychologiques) et «masculins» (roman d’aventure, historique, de science-fiction et polars). Enfin, la dernière grande stratégie s’attaque au binarisme asymétrique du système de pensée occidental et à ses aprioris conceptuels, de manière à les recontextualiser, voire les désamorcer. Cahun, on l’aura compris, utilise toutes ces stratégies à divers degrés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un nouvel art d’écrire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le recours insistant de Cahun aux notions d’«indéfini» et d’«indéterminé» s’inscrit dans la grande stratégie conceptuelle du dé-marquage, en ce qu’il montre l’importance pour elle de sortir des cadres établis dans lesquels elle se sent trop à l’étroit sur les plans philosophique et esthétique. Ses autoportraits maintes fois discutés par les critiques et jouant clairement de la déconstruction des identités fixes (indécidabilité du sexe, dédoublements, déguisements, port de masques, etc.), ainsi que ses revisitations des héroïnes pour en faire des êtres complexes, imprévisibles et indépendants au même titre que les héros de son époque, tiennent de la stratégie représentationnelle. Nous verrons maintenant des exemples de son emploi des stratégies linguistiques (procédés syntaxique, nominal et sémantique) et dialogiques (procédés liés à la structuration des textes et à leur voix narrative). Nous commencerons par cette dernière stratégie, en nous penchant sur la page couverture de ses écrits et sur les genres littéraires qu’ils interpellent. Pour parler en termes genettiens, nous étudierons leur paratexte et leur architexte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En ce qui a trait au paratexte et plus spécifiquement au péritexte auctorial&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref13_8ecxizq&quot; title=&quot;Il comprend le nom de l’auteur, le titre et la dédicace. Voir Genette, 1987: 8.&quot; href=&quot;#footnote13_8ecxizq&quot;&gt;13&lt;/a&gt;, l’auteure utilise des pseudonymes épicènes qui indiquent son refus de porter un prénom féminin, comme celui de Lucy qui lui a été attribué à la naissance. Elle ne recourt presque pas non plus au nom de famille qu’elle a hérité de son père, et ce, afin d’indiquer sa «résistance obstinée à l’usage des patronymes, à la dénomination par l’État» (Leperlier, 1992: 41). Cahun signera «Claude Courlis» en 1914, puis «Claude Schwob» ou «Cahen» jusqu’en 1917, moment où elle adopte «Claude Cahun» qui devient, à ses yeux, son «véritable nom». Le choix du nom propre de sa grand-mère comme nom de famille, opère une reconnaissance du plein statut de celle-ci dans une société misogyne où les femmes ne sont que les filles de leur père ou les épouses de leur mari. Le fait que ce nom soit juif s’avère par ailleurs une audace tant face à l’antisémitisme montant de l’époque que face aux règles de transmission par la mère de la judéité, puisque sa mère était protestante.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Son emploi d’initiales permet en outre à Cahun d’échapper à l’empreinte du genre et à jouer sur les homophonies. «M.» par exemple peut avoir été choisi pour évoquer le prénom de Matilde qu’elle porte comme sa grand-mère paternelle avant elle; à moins que ce ne soit pour inclure sa compagne par une référence à l’un de ses anthroponymes : Malherbe, Marcel ou Moore. Quant aux lettres «L. S. M.» qui, lues rapidement, laissent entendre «elles s’aiment», elles constituent un pied de nez à l’hétéronormativité. Dans tous les cas, l’usage d’initiales et d’un prénom neutre lui permet d’éviter d’être ramenée à son sexe et même de se positionner comme une personne humaine tout simplement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sur le plan des «genres» littéraires, Cahun opte pour des formes hybrides qui associent, par exemple, des éléments biographiques à la poésie, à la mythologie et à la réflexion, de manière à mettre en question la frontière entre la réalité et la fiction, entre le paraître et l’être. D’où l’incipit prudent de Pierre Mac Orlan dans sa préface à l’ouvrage &lt;em&gt;Aveux non avenus&lt;/em&gt;, qu’il qualifie à la fois «de poèmes-essais et d’essais-poèmes»: «Il est très difficile de présenter ces pages. La littérature, quand elle sert à se libérer, échappe à peu près à toute critique […]»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref14_fi5usfp&quot; title=&quot;Cottingham, pour sa part, décrit cette œuvre comme un «enchevêtrement de masques, de dévoilements, de dissimulations, de révélations, de citations, de ruminations et de proclamations» (2002 : 50).&quot; href=&quot;#footnote14_fi5usfp&quot;&gt;14&lt;/a&gt; (Cahun, 1930: I; &lt;em&gt;E&lt;/em&gt;: 165). Déjà, le titre paradoxal de cette œuvre annonce une anti-biographie, une impossibilité de se dire, dans le contexte existant:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Vais-je donc m’embarrasser de tout l’attirail des faits, de pierres, de cordes tendrement coupées, de précipices… Ce n’est pas intéressant. Devinez, rétablissez. Le vertige est sous-entendu, l’ascension ou la chute. (165)&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Monique Wittig, qui ne semble pas avoir eu accès à l’œuvre de Cahun, écrira, un demi-siècle plus tard comme en écho:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Il nous faut dans un monde où nous n’existons que passées sous silence, au propre dans la réalité sociale, au figuré dans les livres, il nous faut donc, que cela nous plaise ou non, nous constituer nous-mêmes, sortir comme de nulle part, être nos propres légendes dans notre vie même. (1982: 117-118)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si &lt;em&gt;Aveux non avenus&lt;/em&gt; trouve un point d’ancrage dans l’invisible, c’est-à-dire à l’abri des apparences, dans l’«aventure intérieure» de &lt;em&gt;Confidences au miroir&lt;/em&gt;, c’est l’histoire dans sa «multidimensionnalité» qui occupe cette fonction. Leperlier parlera d’ailleurs d’un «essai autobiographique» dans son cas, parce qu’il amalgame la forme du mémoire et celle du journal intime, le récit d’activités politiques et celui d’événements familiaux. En ce sens, Cahun rend caduques les formes littéraires «masculines» (qui relatent la «grande» Histoire) et «féminines» (qui racontent les «petites»).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Passons maintenant à sa pratique du dé-marquage linguistique. Sur le plan sémantique, Cahun engage un dialogue sur le sens du sexe et des codes qui y sont rattachés en s’attardant à l’ambiguïté historique des figures mythiques, dont plusieurs sont passées du sexe féminin au sexe masculin, par exemple, lors de l’installation dans la Grèce pré-homérique d’envahisseurs patriarcaux (Achéens et Doriens). De la sorte, elle ouvre aux (personnages de) femmes un espace de réflexion et d’émancipation. Relisons cet extrait des &lt;em&gt;Confidences au miroir&lt;/em&gt;:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Les signes ont-ils un sexe? […] Atlas porte un fardeau. À quel sexe incombe ce dévouement —mais qui prendrait Atlas pour un efféminé? Capables d’assumer tous les travaux, les déesses ont précédé les dieux. De ce prestige femelle reconnu par les mâles (désavoué sitôt que par le nombre, les ruses, les outils, la Nature leur paraît subjuguée), une civilisation antérieure à la nôtre porte encore l’empreinte en dépit de tout ce qu’on interpola pour en perdre le sens […] (586)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme le précise Tirza True Latimer en ce qui concerne l’œuvre photographique de Cahun et Moore, c’est le statut de celles qui ont été déclarées des «non-sujets» qui est ici en jeu:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Cahun et Moore ont lancé l’assaut sur le sujet cartésien assiégé à partir d’une position délibérément (et irrévocablement) décentrée: celle d’une femme, d’une lesbienne, d’un non-sujet, sans statut civil autonome ni vocabulaire symbolique autonome à sa disposition, et n’ayant aucun intérêt à préserver l’intégrité de ces catégories de subjectivité sociale. (2003: 134)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sur le plan syntaxique, Cahun favorise des formes génériques ou épicènes tant en ce qui concerne le lexique que la syntaxe, de manière à donner à son instance narrative une pleine existence, hors de la réduction au corps-sexe qu’impose le genre (féminin) (Michard, 2002: 39-48). Dans les exemples suivants, notons l’usage des mots «personne», «collectivité» et «êtres», ainsi que le recours au pronom indéfini «on», au «je» non marqué, ou encore à l’association des pronoms féminin et masculin (accentués en gras ou soulignés par moi pour les mettre en évidence):&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;- En fin de compte, le choix de la personne, de la collectivité à qui l’on s’adresse a bien peu d’importance. (Écrits, 538)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;- Le seul fait de risquer sa propre vie, de ne pas s’efforcer avant tout de préserver ce qu’on peut valoir pour elle ou lui par-delà les conflits humains, tue, ruine ou pour le moins lèse irrévocablement l’être aimé. (Écrits, 582)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;- On étudie son personnage; on s’ajoute une ride, un pli à la bouche, un regard, une intonation, un geste, un muscle même... On se forme plusieurs vocabulaires, plusieurs syntaxes, plusieurs manières d’être, de penser et même de sentir nettement délimitées -parmi lesquelles on se choisira une peau couleur du temps. (Écrits, 485)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À ces stratégies s’en ajoutent d’autres, comme l’emploi des formes impersonnelles ou plurielles, et de l’infinitif:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;- Dira-t-on: «C’est bien fait!» quand de telles souffrances semblent artificielles? Il ne suffit pas d’être bon pour les passereaux maladroits, il faut encore donner la volée aux oiseaux mécaniques. (Écrits, 486)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;- En attendant, il nous reste notre ombre. Nous n’en avons pas peur, nous n’avons pas perdu la mémoire. À la découverte encore et toujours. (Écrits, 573)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;- Vingt fois, pendant le déjeuner de midi, se lever, courir à la fenêtre ; de là, guetter, compter, sur le pont Maudit, les premiers arrivants; s’écrier, décrire aux grandes personnes plus ou moins assises des uniformes de pierrot, de folie, de bébé rosé ou bleu. (Écrits, 485)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On le voit, Cahun s’acharne à trouver de nouvelles formes non seulement pour libérer sa propre voix, mais aussi pour fissurer les cages de verre qui nous réifient.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’air libre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À ma connaissance, Claude Cahun est le premier auteur (et non la première auteure) occidental à pratiquer le dé-marquage de manière systématique. Or ce grand procédé n’a pas été relevé dans les études surréalistes et postmodernes de son œuvre. Il faut dire que ces études tendent à faire l’impasse sur son humanisme, davantage appréhendé par ses exégètes féministes. Ils négligent en outre la conscience matérialiste qui sous-tend cet humanisme. Je pense en particulier à celle qui tient compte de l’ensemble des rapports de domination des classes exploitées par les classes au pouvoir que formulent des analystes de la trempe de Colette Guillaumin et de Nicole-Claude Mathieu. On leur doit en effet d’avoir cerné ce que Bourdieu appelle «Le travail de construction symbolique» qui, écrit-il:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;ne se réduit pas à une opération strictement performative de nomination orientant et structurant les représentations […]; il s’achève et s’accomplit dans une transformation profonde et durable des corps (et des cerveaux), c’est-à-dire dans et par un travail de construction pratique imposant une définition différenciée des usages légitimes du corps, sexuels notamment, qui tend à exclure de l’univers du pensable et du faisable tout ce qui marque l’appartenance à l’autre genre […] pour produire cet artefact social qu’est un homme viril ou une femme féminine. (1998: 40)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Monique Wittig a également contribué à l’articulation de cette conscience matérialiste. Elle l’a fait en insistant non seulement sur l’impact dévastateur de la marque du « genre » dans la culture, incluant la langue, mais aussi sur la nécessité d’éliminer le genre. C’est donc à l’aune des écrits de celle qui a ouvert la voie à la théorisation de la notion du dé-marquage que j’ai pu mettre en relief ce qui fait la profonde originalité de l’œuvre de Cahun, soit sa poétique de la liberté par le moyen de formes et de figures insaisissables.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme Wittig, sa cadette d’une quarantaine d’années, Cahun s’est investie dans des activités politiques et a choisi un mode de vie en marge de l’hétérosociété. Comme Wittig également, elle a pratiqué l’essai et la fiction, et son usage du dé-marquage est généralisé, c’est-à-dire qu’il s’applique comme on vient de le voir à plusieurs niveaux de son œuvre littéraire (linguistique, représentation, dialogique et conceptuel). Ce grand procédé, elle l’a employé dans ses créations visuelles produites en collaboration avec son amante: «[…] en se fondant sur leur partenariat égalitaire, Cahun et Moore voyaient dans la collaboration une alternative émancipatrice aux systèmes sociaux et artistiques hiérarchisants […]» (Latimer, 2003: 129)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref15_8kgcuc9&quot; title=&quot;Monique Wittig a travaillé avec Sande Zeig pour la création de plusieurs œuvres, dont le Brouillon pour un dictionnaire des amantes (Paris: Grasset, 1976 [2010]).&quot; href=&quot;#footnote15_8kgcuc9&quot;&gt;15&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien avant Wittig donc, Cahun a ouvert la voie à une représentation des personnes en tant qu’êtres humains au-delà des catégories oppressives:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;L’œuvre […] introduit autant des changements dans la pratique du portrait (par la réversibilité des positions artiste/modèle) que des changements d’ordre structurel (par les effets perturbants du collage et de la bifurcation sur les mécanismes mêmes de la représentation). On peut voir dans cette stéréographie de portraits réalisés à deux et ludiquement frauduleux, une sorte de manifeste visuel contestant les valeurs hiérarchisées traditionnellement sous-jacentes au genre du portrait lui-même. (Latimer, 2003: 129)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On ne sait pas où en serait aujourd’hui la question de la représentation des femmes et des autres êtres discriminés, si Wittig avait pu lire Cahun. Mais il me semble crucial d’offrir aux jeunes générations des modèles susceptibles de les inspirer et de favoriser leur plein épanouissement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BATE, D. et F. LEPERLIER (dir.). 1994. &lt;em&gt;Mise en scène: Claude Cahun, Tacita Dean, Virginia Nimarkoh&lt;/em&gt;, catalogue d’exposition, Londres: Institute of Contemporary Arts.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BEAUVOIR, Simone de. 1949. &lt;em&gt;Le Deuxième sexe&lt;/em&gt;, Paris: Gallimard, 1er tome.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BOURDIEU, Pierre. 1998. &lt;em&gt;La domination masculine&lt;/em&gt;, Paris: Seuil.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BOURQUE, Dominique. 2006. &lt;em&gt;Écrire l’inter-dit. La subversion formelle dans l’œuvre de Monique Wittig&lt;/em&gt;, Paris: L’Harmattan.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CAHUN, Claude. 2006. &lt;em&gt;Héroïnes&lt;/em&gt;, Paris: Mille et une nuits.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2002. &lt;em&gt;Écrits&lt;/em&gt;, Paris: Jean-Michel Place.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1930. &lt;em&gt;Aveux non avenus&lt;/em&gt;, Paris: Éditions du carrefour.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CHADWICK, Whitney. 2002. «Claude Cahun and Lee Miller: Problematizing the Surrealist Territories of Gender and Ethnicity», dans &lt;em&gt;Gender Nononformity, Race and Sexuality&lt;/em&gt;, sous la dir. de T. Lester, Wisconsin: The University of Wisconsin Press, p. 142-159.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;COTTINGHAM, Laura. 2002a. &lt;em&gt;Cherchez Claude Cahun&lt;/em&gt;, Lyon: Éditions carobella ex-natura.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2002b. «Claude Cahun: la manie de l’exception», &lt;em&gt;L’Interdit&lt;/em&gt;, Lyon: Gazomètre, mai. En ligne: &lt;a href=&quot;http://interdits.net/interdits/index.php/Claude-Cahun-la-manie-de-l-exception.html&quot;&gt;http://interdits.net/interdits/index.php/Claude-Cahun-la-manie-de-l-exce...&lt;/a&gt; (consulté le 3 décembre 2012)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GENETTE, Gérard. 1987. &lt;em&gt;Seuils&lt;/em&gt;, Paris: Seuil.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GUILLAUMIN, Colette. 1992 [1979]. &lt;em&gt;Sexe, Race et Pratique du pouvoir. L’idée de Nature&lt;/em&gt;, Paris: Côté-femmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2002. &lt;em&gt;Idéologie raciste&lt;/em&gt;, Paris: Gallimard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GUR, Ruben C. et al. 1999. «Sex Differences in Brain Gray and White Matter in Healthy Young Adults», &lt;em&gt;Journal of Neuroscience&lt;/em&gt;, vol. 10, n° 19, p. 4065-4072.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HAMER, Dean H., et al. 1993. Response to Risch, N., et al., «Male Sexual Orientation and Genetic Evidence», &lt;em&gt;Science&lt;/em&gt;, 24 décembre, vol. 262, n° 5142, p. 2063-2065.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KAUFMANN, Jean-Claude. 2008. &lt;em&gt;Quand Je est une autre. Pourquoi et comment ça change en nous&lt;/em&gt;, Paris: Armand Collin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LATIMER, Tirza True. 2006. «Entre-nous. Between Claude Cahun and Marcel Moore », &lt;em&gt;GLQ&lt;/em&gt;, vol. 12, no 2, Durham: Duke University Press, p. 197-216.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2003. «Looking Like a Lesbian: Portraiture and Sexual Identity in 1920s Paris», dans W. Chadwick et T. T. Latimer (dir.), &lt;em&gt;The Modern Woman Revisited: Paris Between the Wars&lt;/em&gt;, New Brunswick, NJ: Rutgers University Press, p. 127-143.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LEPERLIER, François. 2006.&lt;em&gt; L’exotisme intérieur&lt;/em&gt;, Paris: Fayard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;__________. 1994. «Claude Cahun», dans Tacita Dean, Virginia Nimarkoh. D. Bate et F. Leperlier (dir.), &lt;em&gt;Mise en scène: Claude Cahun&lt;/em&gt;, Londres: Institute of Contemporary Arts, p. 16-20.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1992. Claude Cahun. &lt;em&gt;L’Écart et la métamorphose&lt;/em&gt;, Paris: Jean-Michel Place.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LHERMITTE, Agnès. 2006. «Une héroïne &quot;impossible&quot;: Claude Cahun. À propos de la biographie de Claude Cahun par François Leperlier», &lt;em&gt;Acta Fabula&lt;/em&gt;, Août-Septembre 2006, vol. 7, n° 4. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.fabula.org/revue/document1519.php&quot;&gt;http://www.fabula.org/revue/document1519.php&lt;/a&gt;. (consulté le 3 décembre 2012)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LIPPARD, Lucy R. 1999. «Scattering Selves», dans Inverted &lt;em&gt;Odysseys: Claude Cahun&lt;/em&gt;, Maya Deren, Cindy Sherman, Shelly Rice (dir.), Cambridge, MA: MIT Press, p. 27-42.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LOMBROSO, Cesare. 1887. &lt;em&gt;L’homme criminel. Étude anthropologique et psychiatrique&lt;/em&gt;. Traduit sur la quatrième édition italienne par MM. Régnier et Bournet et précédé d’une préface du Dr Ch. Létourneau, Paris: Ancienne Librairie Germer Baillière et Cie, Félix Alcan, Éditeur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MATHIEU, Nicole-Claude. 1991. &lt;em&gt;L’Anatomie politique. Catégorisations et idéologies du sexe&lt;/em&gt;, Paris: côté-femmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MICHARD, Claire. 2002. «Le sexe en linguistique sémantique: sémantique ou zoologie», &lt;em&gt;Espace lesbien&lt;/em&gt;, n° 3, septembre, p. 31-37.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MICHARD, Claire et Colette RIBÉRY. 2008 [1982]. &lt;em&gt;Sexisme &amp;amp; Sciences humaines. Pratique linguistique du rapport de sexage&lt;/em&gt;, Pas de Calais: Presses Universitaires du Septentrion&lt;/p&gt;&lt;p&gt;POLLOCK, Griselda. 2011. «Le choc de l’expérience Santu Mofokeng et Claude Cahun». En ligne:&amp;nbsp;&lt;br&gt;&lt;a href=&quot;http://lemagazine.jeudepaume.org/2011/09/%C2%AB%C2%A0le-choc-de-l%E2%80%99experience-santu-mofokeng-et-claude-cahun%C2%A0%C2%BB-une-conference-de-griselda-pollock/&quot;&gt;http://lemagazine.jeudepaume.org/2011/09/%C2%AB%C2%A0le-choc-de-l%E2%80%...&lt;/a&gt; (consulté le 3 décembre 2012)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WITTIG, Monique. 2001. «La Pensée straight»,&lt;em&gt; La Pensée straight&lt;/em&gt;, Paris: Balland, p. 65-76.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1992. &lt;em&gt;The Straight Mind and Other Essays&lt;/em&gt;, Boston: Beacon Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. [1992] 2007.&lt;em&gt; La Pensée straight&lt;/em&gt;, Paris: Éditions Amsterdam.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1982. «Postface» à &lt;em&gt;La Passion de Djuna Barnes&lt;/em&gt;, Paris: Flammarion, p. 101-121.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1980. «La pensée straight», &lt;em&gt;Questions féministes&lt;/em&gt;, n° 7, février.&lt;br&gt;Zanne. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.vinland.org/scamp/Cahun/&quot;&gt;http://www.vinland.org/scamp/Cahun/&lt;/a&gt; (consulté le 10 février 2009).&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_my6p9n6&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_my6p9n6&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Je remercie le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) pour son soutien financier («Mort annoncée du genre: stratégies de “dé-marquage” des catégories de sexe dans les œuvres des féministes universalistes depuis le XVIIe siècle en France», 2004-2008, et «Ouvrir la question identitaire: stratégies de dé-marquage», 2008-2012). Je tiens également à souligner la précieuse collaboration de Maria Sierra Cordoba Serrano.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_oxkk9jo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_oxkk9jo&quot;&gt;2.&lt;/a&gt;  J’ai proposé ce néologisme dans le projet de recherche «Mort annoncée du genre» (2004-2008, CRSH) et dans l’ouvrage &lt;em&gt;Écrire l’inter-dit&lt;/em&gt; (2006: 42). Il désigne le processus par lequel les individus se distancient des identités de nature qu’on leur a assignées à la naissance (femmes, Noirs, Juifs, etc.) ou à la suite d’une pratique dissidente (subversion des codes de genre, refus de la norme hétérosexuelle, désobéissance civile, etc.). Il peut donc être le fait de personnes identifiées aussi bien à la classe des dominés qu’à celle des dominants, en autant que ces derniers dénoncent d’une manière ou d’une autre les hégémonies suprématistes, patriarcales, capitalistes, hétérosociales... Du fait du brouillage qu’occasionnent les chevauchements des catégories (homme blanc pauvre handicapé, lesbienne noire professionnelle en exil, hermaphrodite bisexuel du troisième âge, etc.), il est préférable de mener une analyse des plus nuancées (intersectionnelle) du dé-marquage.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_7tq1i01&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_7tq1i01&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Cahun, 2002: 579. Désormais, les citations tirées de cet ouvrage seront suivies de leur numéro de page entre parenthèses.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_fnerk83&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_fnerk83&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Selon Leperlier, les photos de Cahun ne furent pas présentées avant 1937.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_f47sr29&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_f47sr29&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Ces nouvelles, remaniées en 1930, ont été publiées en 2006 sous le titre&lt;em&gt; Héroïnes.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_pe562ef&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_pe562ef&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Le terme, inventé en 1836 pour caractériser ce qui se présente sous diverses formes, est probablement emprunté à Freud, qui utilise l’adjectif «polymorphe» (&lt;em&gt;Trois essais sur la théorie sexuelle&lt;/em&gt;, 1905).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_zouw9bm&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_zouw9bm&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; «Une photographie de Cahun posant devant l’objectif de son amante en costume de dandy prise au début des années vingt, par exemple, présente un sujet qui se met lui-même en scène et qui, par son sexe indéterminé, remet en question les modèles dominants tant de la masculinité que de la féminité» (Latimer, 2003:137).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_hacmng6&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_hacmng6&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; Ces luttes font dire à Cottingham que «Claude Cahun est un modèle pour nous tou-te-s qui sommes sincèrement engagé-e-s contre les politiques impérialistes et les attitudes fascistes de nos sociétés» (2002: 7).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_zex58sm&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_zex58sm&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; «En somme la différence se pense a) dans un rapport, b) mais dans un rapport d’un type particulier où il y a un point fixe, un centre qui ordonne autour de lui et auquel les choses se mesurent, en un mot un RÉFÉRENT. Parler de différence, c’est énoncer une règle, une loi, une Norme» (Guillaumin, 1992: 97).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_ojl6of1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_ojl6of1&quot;&gt;10.&lt;/a&gt;  La Huitième ordonnance du 29 mai 1942 concernant les mesures contre les Juifs: «En vertu des pleins pouvoirs qui m’ont été conférés par le Fûhrer und Oberster Befehischaber der Wehrmacht, j’ordonne ce qui suit: §1 Signe distinctif pour les Juifs I. Il est interdit aux Juifs, dès l’âge de six ans révolus, de paraître en public sans porter l’étoile juive» (&lt;a href=&quot;http://perso.orange.fr/d-d.natanson/etoile_juive.htm&quot;&gt;http://perso.orange.fr/d-d.natanson/etoile_juive.htm&lt;/a&gt;). La loi française, espagnole et italienne avait également imposé le port d’un signe distinctif aux Juifs, la «rouelle», au Moyen-âge.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_fj76yqr&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_fj76yqr&quot;&gt;11.&lt;/a&gt; Elle ajoute: «Être catégorisé comme femelle (et par conséquent être indifférencié de l’animalité) entraîne de ne pas être construit discursivement comme agent mais comme instrument, tandis que la catégorisation en tant qu’humain entraîne la construction discursive d’agent» (&lt;a href=&quot;http://www.fifalia.org/michard.html&quot;&gt;http://www.fifalia.org/michard.html&lt;/a&gt;, page Internet annonçant la réédition de l’ouvrage &lt;em&gt;Sexisme &amp;amp; Sciences humaines. Pratique linguistique du rapport de sexage&lt;/em&gt; (Michard et Ribéry, 2008 [1982]), consultée le 1er mars 2009).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote12_xr56s8h&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref12_xr56s8h&quot;&gt;12.&lt;/a&gt; Dans &lt;em&gt;Cherchez Claude Cahu&lt;/em&gt;n, Cottingham précise: «Le choix de se représenter non féminisée […] était orchestré en opposition aux codes établis de l’apparence des femmes et non en fonction d’une quelconque tentative délibérée de se faire passer pour un homme ou une travestie» (2002: 13). &lt;em&gt;Aveux non avenus&lt;/em&gt; paraît peu après le texte «Womanliness as Masquerade» (1929) de Joan Rivière (&lt;em&gt;International Journal of Psychoanalysis &lt;/em&gt;10: 303-313) qui analyse la féminité comme une mascarade.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote13_8ecxizq&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref13_8ecxizq&quot;&gt;13.&lt;/a&gt; Il comprend le nom de l’auteur, le titre et la dédicace. Voir Genette, 1987: 8.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote14_fi5usfp&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref14_fi5usfp&quot;&gt;14.&lt;/a&gt; Cottingham, pour sa part, décrit cette œuvre comme un «enchevêtrement de masques, de dévoilements, de dissimulations, de révélations, de citations, de ruminations et de proclamations» (2002 : 50).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote15_8kgcuc9&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref15_8kgcuc9&quot;&gt;15.&lt;/a&gt; Monique Wittig a travaillé avec Sande Zeig pour la création de plusieurs œuvres, dont le &lt;em&gt;Brouillon pour un dictionnaire des amantes &lt;/em&gt;(Paris: Grasset, 1976 [2010]).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-numero-publication field-type-text field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Numéro de la publication: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;5&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-date field-type-datetime field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Année de parution: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;date-display-single&quot; property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2013-01-01T00:00:00-05:00&quot;&gt;2013&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Aires de recherche: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53400&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Archéologie du contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53399&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Enjeux artistiques contemporains&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53404&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Enjeux littéraires contemporains&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53403&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Figures contemporaines&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imaginaire de la théorie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53405&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Penser le contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-contenu field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Courants artistiques: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53821&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-epoque field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Période historique: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1336&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;XXIe siècle&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/97&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;XXe siècle&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-fig-imag field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Figures et Imaginaires: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1022&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;artiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1376&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;auteur&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/104&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;corps&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/146&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;exploration&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54530&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;femmes plurielles&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54538&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;luttes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/324&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;modernité&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-genre field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Objets et pratiques culturelles: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/183&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;livre&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/962&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;illustration&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-problematiques field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Problématiques: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54501&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;agentivité&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54535&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;genres&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54543&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;performativité du genre&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/246&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;féminisme&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-provenance field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Contexte géographique: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/16&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Europe&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-savoirs field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Champs disciplinaires: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/55&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;arts&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/78&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;littérature&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53798&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;études féministes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-type-publication field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Type de publication: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54481&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Cahiers de l&amp;#039;IREF&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Depuis quelques années, je recense ces stratégies au sein de créations artistiques variées (œuvres littéraires, films, performances, etc.), l’art permettant en effet la part d’espoir et de liberté (de jeu ?) dont la réalité peut paraître dépourvue. Typiquement, ces œuvres sont issues de personnes marginalisées et questionnent plus d’une pratique normative, comme la convergence entre sexe et genre, l’injonction à l’hétérosexualité et la déshumanisation des êtres minorisés. C’est le cas de l’artiste française Claude Cahun (1894-1954), dont je me propose d’examiner l’œuvre avant-gardiste à partir du concept du dé-marquage. Mais voyons d’abord qui est cette auteure dont on parle encore trop peu.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=6321&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Bourque, Dominique&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2013. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/claude-cahun-ou-lart-de-se-de-marquer&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Claude Cahun ou l&#039;art de se dé-marquer&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/articles/claude-cahun-ou-lart-de-se-de-marquer&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/claude-cahun-ou-lart-de-se-de-marquer&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023. Publication originale : (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;De l&#039;assignation à l&#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&lt;/span&gt;. 2013. Montréal : Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Claude+Cahun+ou+l%26%23039%3Bart+de+se+d%C3%A9-marquer&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Bourque&amp;amp;rft.aufirst=Dominique&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-node-id field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Node ID: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;73479&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Bourque, Dominique&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;Claude Cahun ou l&amp;#039;art de se dé-marquer&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/claude-cahun-ou-lart-de-se-de-marquer&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;De l&amp;#039;assignation à l&amp;#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=Claude+Cahun+ou+l%26%23039%3Bart+de+se+d%C3%A9-marquer&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Bourque&amp;amp;amp;rft.aufirst=Dominique&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Tue, 03 May 2022 16:00:42 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73479 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/fr/articles/claude-cahun-ou-lart-de-se-de-marquer#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>L&#039;érotisme maternel comme processus de redéfinition identitaire</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/articles/lerotisme-maternel-comme-processus-de-redefinition-identitaire</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Bien que le questionnement sur la maternité traverse la fiction des femmes hétérosexuelles de toutes les époques, l’émergence de la perspective et de la voix de la mère elle-même est assez récente. Avant les années 1980, la mère était partout, mais toujours dans les marges (Kaplan, 1992: 3). Muse, objet de désir, la mère est celle dont on parle ou celle à propos de laquelle on écrit, rarement celle qui écrit. Lori Saint-Martin affirme, dans son ouvrage &lt;em&gt;Le nom de la mère. Mères, filles et écriture dans la littérature québécoise au féminin&lt;/em&gt;:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Privée de représentations culturelles valorisantes […], la mère est à la fois essentielle à la reproduction biologique et sociale et oubliée comme personne, comme être humain. Matrices, reproductrices, reines du foyer, les femmes ont été longtemps tenues à distance de tout projet collectif, de toute action sociale, tandis que l’équation symbolique entre femmes et reproduction, hommes et création, les a découragées de devenir des artistes. Ainsi, au nom de la maternité qu’on leur a imposée, les femmes se sont fait interdire presque tout le reste. (1999: 13-14)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En somme, la mère était objet du discours des autres. Selon la vision de la bonne mère véhiculée par Jean-Jacques Rousseau depuis le XVIIIe siècle, la mère doit faire acte de sacrifice et être dévouée, au service de l’autre (voir Badinter, 1980). Or, les femmes ne sont pas soit mères, soit corps sexués comme le voudraient certaines représentations dichotomiques. Plusieurs sont à la fois femmes, mères, filles, amantes, etc. «Ce n’est qu’assez récemment», écrit encore Lori Saint-Martin en 1999, «que des mères viennent à l’écriture, et, qui plus est, décrivent leur expérience de mère, contribution tout à fait inédite» (1999: 32). La chercheure situe ainsi l’émergence de la voix de la mère dans les années 1980 (1999: 48). À partir de ce moment, nous voyons des récits écrits du point de vue de la mère, et de plus en plus de fictions sur la maternité.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Malgré le fait qu’un nombre grandissant de femmes tentent à la fois d’être mère et créatrice, leur situation reste souvent problématique dans un monde actuel encore inadapté aux réalités des femmes d’aujourd’hui. Il suffit, par exemple, d’ouvrir &lt;em&gt;Double Lives: Writing and Motherhood &lt;/em&gt;(Cowan, 2008), qui regroupe des essais où des mères écrivaines abordent cette question, pour voir que la double tâche demeure difficile à accomplir. Si, dans cet ouvrage, les mères écrivaines sont les auteures des textes qu’elles donnent à lire, dans le présent article, c’est un personnage maternel qui fera l’objet de l’analyse et non l’auteure de la fiction où il apparaît, bien qu’en l’occurrence l’auteure soit également mère et qu’elle écrive sur le sujet de la maternité: Nancy Huston, comme essayiste, s’inscrit en effet dans une lignée de féministes différentialistes (elle comprend également Luce Irigaray, Julia Kristeva, Hélène Cixous, etc.) qui s’est intéressée au rapport mère-fille et, de surcroît, à la dichotomie création/procréation.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Son roman &lt;em&gt;La virevolte&lt;/em&gt; (1994), qui semble se dérouler à l’époque actuelle, dans une petite ville américaine, montre comment Huston s’attache à la valorisation du corps de la femme enceinte en mettant en scène une protagoniste, Lin, qui s’est approprié sa maternité. Bien que celle-ci, qui a d’emblée accès à la subjectivité et est issue d’une classe de femmes privilégiées (qui sont éduquées, ont une situation financière relativement aisée et ont pu choisir d’avoir à la fois une carrière et des enfants), vive d’abord harmonieusement ses trois rôles de mère, de femme et de danseuse professionnelle, elle choisit, faute d’avoir réussi à trouver un modèle de conciliation harmonieuse, d’abandonner son mari et ses enfants pour se consacrer à sa carrière. La première partie du roman (intitulée «La soliste», décrit la naissance des deux fillettes ainsi que la vie conjugale et familiale heureuse du début, tandis que la deuxième, «La compagnie», traite de la désertion de la protagoniste, qui laisse ainsi son mari s’occuper de leurs deux fillettes et les élever) évoque toutefois de touchantes scènes de désir conjugal et de sensualité liés à l’enfant à naître. Cet article se propose ainsi d’explorer la question de l’érotisme maternel dans le roman &lt;em&gt;La virevolte&lt;/em&gt; de Nancy Huston. Comme le constate Valérie Caron en 2002, «[d]epuis une vingtaine d’années, une réflexion sur ce que pourrait être une maternité définie par les femmes s’est amorcée» (Caron, 2002: 126). Une telle redéfinition n’est possible, et c’est ce que je tenterai de montrer, que si l’on reconnaît que la (future) mère est également un sujet désirant et désiré. Ainsi, j’avance que, dans sa pratique littéraire, Huston cherche à transgresser le tabou entourant l’érotisme maternel et à inscrire dans l’univers fictionnel un exemple (tentative qui échouera comme on le verra) de conciliation des rôles de mère, de conjointe et de sujet féminin désirant&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_aqkeaxm&quot; title=&quot;Cette réflexion est issue du premier chapitre de mon mémoire de maîtrise intitulé Création-procréation et rapport mère-fille dans La virevolte et Prodige de Nancy Huston (Département de langue et littérature françaises, Université McGill, 2010).&quot; href=&quot;#footnote1_aqkeaxm&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Le concept d’«érotisme maternel», utilisé par Nancy Huston, est issu de sa préface à la nouvelle édition de &lt;em&gt;Mosaïque de la pornographie&lt;/em&gt; ([1982] 2004). Puisque l’auteure ne définit pas l’expression, je me permets ici de proposer ma propre interprétation. J’accorde à ce syntagme une dimension double; soit, dans un premier temps, le désir sexuel de la (future) mère et, dans un deuxième temps, la sensualité de son rapport à l’enfant à naître ou né.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une réinvention de la maternité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Francine Descarries et Christine Corbeil écrivent: «Mettre au monde des enfants et être disponible pour les aimer, les nourrir, les soigner, les éduquer et… s’en séparer, telle semble avoir été pendant longtemps la seule véritable contribution sociale attendue des femmes, tout comme leur seule raison identitaire» (Descarries et Corbeil, 2002: 23). Des décennies de féminisme ont consisté à montrer que la maternité est une fonction et que l’identité des femmes ne repose pas seulement sur la possibilité d’être mère. Dans son ouvrage &lt;em&gt;Of Women Born&lt;/em&gt;, publié en 1976, Adrienne Rich formule deux définitions de la maternité: celle de la maternité-expérience, caractérisée par la relation possible de toute femme avec son pouvoir de reproduction et avec les enfants, et la maternité-institution, qui vise à garder les femmes dans le giron du pouvoir des hommes (voir Rich, 1976: 13). Rich soutient que l’institution de la maternité a privé les femmes de leur corps en les y emprisonnant et qu’elle a marginalisé le potentiel des femmes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_zd205og&quot; title=&quot;Elle écrit: «This institution […] has alienated women from our bodies by incarcerating us in them. […] motherhood as institution has ghettoized and degraded female potentialities» (Rich, 1976: 13).&quot; href=&quot;#footnote2_zd205og&quot;&gt;2&lt;/a&gt;. Celles-ci sont alors en droit de se demander, à l’instar de Luce Irigaray:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Donc une mère, c’est quoi? Quelqu’une qui fait des gestes commandés, stéréotypés, qui n’a pas de langage personnel et qui n’a pas d’identité. Mais comment, pour nous les filles, avoir un rapport personnel et se constituer une identité par rapport à quelqu’une qui n’est qu’une fonction? (Irigaray, 1981: 86)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette dernière question est au cœur d’une réflexion qui porte à la fois sur la maternité et sur le rapport mère-fille. Toute tentative de définition du rôle de mère, écrit Anne-Marie de Vilaine (1986: 18), exige que nous «établi[ssions] un lien entre nos identités morcelées : entre la mère, la femme, la fille, la compagne d’un homme ou d’une femme, la féministe, la théoricienne, l’être que nous sommes dans la vie privée et dans la vie professionnelle…» Dans une optique de redéfinition de la maternité, c’est de la possibilité d’engendrer&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[…] —et de créer des œuvres— que repartent de nombreuses théoriciennes (Rich, Huston, Chawaf, Hirsch) pour repenser l’ensemble des oppositions binaires (esprit/corps, bien/mal, homme/femme, etc.) sur lesquelles reposent des valeurs symboliques androcentristes périmées et qu’il est urgent de réinventer. (Saint-Martin, 2002: 152)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans un premier temps, ce processus de redéfinition passe inévitablement par le rejet des oppositions binaires (voir Saint-Martin, 1999: 34-35). En outre, Marianne Hirsch souligne l’importance de reconnaître qu’«[é]tant donné que la mère est à la fois une fille et une mère, une femme et une mère, au foyer et dans la société, puissante et vulnérable, […] le discours sur la maternité est nécessairement multiple» (1989: 196 —ma traduction)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_7h2urhb&quot; title=&quot;«Inasmuch as a mother is simultaneously a daughter and a mother, a woman and a mother, in the house and in the world, powerful and powerless, […] maternal discourse is necessarily plural».&quot; href=&quot;#footnote3_7h2urhb&quot;&gt;3&lt;/a&gt;. Au lieu de ne prendre la parole qu’en tant que femme, qu’en tant que mère ou qu’en tant que créatrice, par exemple, les femmes mères et créatrices devraient pouvoir parler à partir de ces trois voix. De son côté, Elizabeth Badinter considère que, pour que les femmes puissent plus facilement incarner les trois rôles lorsqu’ils sont reliés à la maternité —«Moi pour moi, la femme, Moi pour lui, la compagne et Moi pour eux, la mère»—, il serait souhaitable que «l’immense majorité des pères ne se content[ent] pas d’être des géniteurs» (1986: 38). Heureusement, il semblerait, selon ce que Badinter constate, que l’on vive une «révolution de la pensée masculine», de sorte que&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[…] le père, ayant jeté aux orties sa figure autoritaire, s’identifie de plus en plus à sa femme, c’est-à-dire à la mère. […] Non seulement on voit de plus en plus de pères divorcés demander la garde de leurs jeunes enfants, mais des études très récentes font état, chez les jeunes pères, d’attitudes et de désirs traditionnellement qualifiés de maternels. (1980: 433-434)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela dit, certains titres d’essais récents sur la maternité, comme &lt;em&gt;Le conflit, la femme et la mère&lt;/em&gt; (2010) d’Elizabeth Badinter et &lt;em&gt;The Impossibility of Motherhood: Feminism, Individualism, and the Problem of Mothering&lt;/em&gt; (1999) de Patrice DiQuinzio, sont révélateurs du fait qu’il reste difficile pour les femmes de concilier les différentes fonctions qu’elles désirent occuper.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revendication de l’érotisme de la maternité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nancy Huston, dans plusieurs de ses essais, mais plus particulièrement dans Mosaïque de la pornographie&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_98265z0&quot; title=&quot;Voir aussi Journal de la création (1990) et Désirs et réalités (1995).&quot; href=&quot;#footnote4_98265z0&quot;&gt;4&lt;/a&gt;, s’irrite de la vision dichotomique et asymétrique du monde encouragée par le patriarcat: «L’essentiel, l’éternel, le sempiternel, l’éminemment agaçant à mon sens, c’est la scission radicale des deux images du féminin: la maman et la putain» (1982: 15). Les principaux thèmes abordés dans ses ouvrages de fiction sont l’exil, l’identité, la maternité et les relations mère-enfant. Bien que Huston reconnaisse que ses écrits abordent souvent le thème de la mère et de la relation parent-enfant, elle refuse d’être reconnue comme une auteure de la maternité: «Je ne veux pas, à aucun prix, avoir l’étiquette de la mère Huston, celle qui parle toujours de la maternité, celle qui n’a qu’une corde à son arc»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_ujkw2u1&quot; title=&quot;Entrevue audio avec Nancy Huston, animée par Lorraine Pintal, émission Vous m’en lirez tant, 1er novembre 2009, Première Chaîne de Radio-Canada.&quot; href=&quot;#footnote5_ujkw2u1&quot;&gt;5&lt;/a&gt;. Une telle réduction de l’écrivaine à l’écriture de la maternité peut paraître surprenante pour ceux qui savent que Huston a voulu à une certaine époque émuler Simone de Beauvoir. Dans un court essai intitulé «Les enfants de Simone de Beauvoir», elle écrit: «Si, pour ma part, j’ai été frappée par les thèmes du temps et de l’anti-maternel chez Beauvoir, c’est que j’ai longtemps eu des obsessions identiques. Moi non plus, je ne voulais pas d’enfants; c’est un choix qui fut mien et que j’ai défendu avec tant de fougue que je le respecterai toujours» (Huston, 1995: 93). Mais avec le temps et les événements de la vie, elle a changé d’avis puisque plus tard, elle ajoute: «Et puis j’ai découvert que l’enfantement et l’écriture, loin d’être contradictoires, nous conduisent vers l’essentiel, au cœur du beau, nous font toucher à la vie dans ce qu’elle a de plus tendre et de plus violent. Avoir un enfant vous ouvre les yeux sur le monde» (Cuypers, 1999: 26). Il va sans dire que les passages qui font l’éloge de la maternité ne manquent pas dans l’œuvre de Huston.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;La virevolte&lt;/em&gt;, l’auteure met en scène un personnage de mère désirée et désirante. Lin et Derek sont très amoureux et éprouvent tous les deux beaucoup de désir l’un pour l’autre. Même quand Lin est enceinte d’Angela, leur première fille, ils prennent plaisir à faire l’amour. L’acte sexuel est pour eux «une fête insensée»: «Plus longuement et plus langoureusement que jamais auparavant, ils s’abandonnaient à la pure pâmoison du sexe» (Huston, 1994: 69). Le corps de Lin, avant d’être un instrument pour la procréation, est objet et sujet de désir sexuel. Ainsi, la romancière montre que contrairement à ce qui se produit dans la scission maman/putain, la femme peut allier maternité et vie sexuelle de façon harmonieuse. Selon Huston, la putain est, bien sûr, d’abord celle qui vend son corps en échange de services sexuels, mais elle est aussi (et surtout, dans ce contexte) celle qui évacue la question de la fécondité quand il est question de sexualité. En fait, l’image de la putain (ou de la sorcière, puisque l’auteure emploie les deux termes de façon interchangeable) correspond à l’un des pôles de la perception polarisée des femmes: «Tout au long de l’ère chrétienne, on a eu le choix entre deux images de la féminité, l’une positive (la Vierge Marie: maternité non érotique), et l’autre négative (la sorcière: érotisme non maternel)» (Huston, [1982] 2004: 18). Pour Huston, l’essentiel n’est pas que les femmes incarnent l’une ou l’autre de ces représentations mais plutôt qu’elles puissent se situer entre les deux, dans un espace qui leur permet d’osciller entre les extrêmes. En ce sens, son utilisation du terme «putain» se distingue de la définition élaborée par Paola Tabet&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_2hcql5p&quot; title=&quot;Le travail de Paola Tabet, chercheure féministe française, est incontournable quand il est question de prostitution. Tabet s’est intéressée au phénomène et en a élargi la définition en le liant à ce qu’elle a appelé «le continuum de l’échange économico-sexuel».&quot; href=&quot;#footnote6_2hcql5p&quot;&gt;6&lt;/a&gt;, qui situe les femmes dans le continuum de l’échange économico-sexuel. Selon Tabet, dans un contexte de domination masculine, c’est-à-dire dans les sociétés patriarcales, les femmes sont très souvent dépendantes économiquement de leur conjoint et effectuent bien plus de la moitié des heures travaillées par le couple (cela incluant les travaux domestiques et d’entretien de la maison). De ce fait, les femmes envisagent que les actes sexuels sont considérés par les hommes comme un service compensé financièrement:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;La sexualité n’apparaît pas comme un échange réciproque entre hommes et femmes, mais comme un échange asymétrique. Non pas un échange du même avec du même, de la sexualité échangée contre de la sexualité, mais une compensation masculine pour une prestation féminine, un paiement qui pourra revêtir des formes variées […] en échange d’une sexualité largement transformée en service. (Tabet, 2004: 145)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon cette conception, toutes les femmes s’inscrivent dans le continuum de l’échange économico-sexuel et sont donc, à un certain degré, des putains. Si la définition proposée par Tabet fait référence à l’acte d’appropriation matérielle du corps des femmes, celle retenue par Huston se situe dans un autre registre en s’intéressant aux questions du désir sexuel et de la fécondité plutôt qu’à celles de l’échange d’argent et des rapports de force entre les sexes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les descriptions des relations sexuelles entre Lin et Derek, qui occupent une place significative dans la première partie du roman&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_gixcpny&quot; title=&quot;Voir Huston, 1994: 36-37, 51-52, 94, 117 et 122.&quot; href=&quot;#footnote7_gixcpny&quot;&gt;7&lt;/a&gt;, sont très souvent érotiques, voire crues. À titre d’exemple, voici le passage racontant la relation sexuelle qui coïncide avec la conception de Marina, leur deuxième fille:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Ils ont prononcé les mots Faisons un autre enfant. […] Entièrement vêtus, ils sont debout dans leur chambre […] et, tandis que leur parviennent de la pièce à côté les ronflements réguliers d’Angela, la seule idée de créer un autre enfant suffit pour faire perler sur leur peau des gouttes de sueur. Derek se met à genoux derrière elle et baisse son collant noir jusqu’au milieu des cuisses, la touche de sa langue et de ses doigts jusqu’à ce qu’elle soit trempée et tressaillante, puis tire sa chemise blanche par-dessus ses épaules et sa tête mais laisse le collant comme il est et, lui remontant brusquement le bras derrière le dos, entre en elle profondément, de plus en plus profondément, de sorte qu’à la fin, avec des glapissements des gémissements des hennissements […]&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_9wz7tq2&quot; title=&quot;La citation se termine brusquement, sans ponctuation. Le fragment sert de prélude à la page suivante, qui commence par: «Elle tremble, elle tremble, recroquevillée de douleur. C’est toujours la même chose» (61). Lin se trouve alors dans la salle de répétitions, cinq minutes avant son spectacle. Tout son corps est douloureux et elle croit qu’avec une telle souffrance, elle n’arrivera pas à danser. Le passage entre le plaisir procuré par la relation charnelle coïncidant avec la conception de Marina et l’expression de la douleur liée à la danse crée un effet de surprise chez le lecteur tant la transition semble paradoxale.&quot; href=&quot;#footnote8_9wz7tq2&quot;&gt;8&lt;/a&gt; (Huston, 1994: 60)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le passage ci-dessus rend d’abord compte du désir qui existe entre les deux amants. Cependant, ce désir est exacerbé par l’idée de concevoir; c’est donc en grande partie la possibilité ou l’éventualité de devenir parents à nouveau qui éveille des pulsions sexuelles chez les partenaires. Or, ce type d’érotisme de la (pro)création (qui constitue l’un des deux pans de ma définition de l’«érotisme maternel») est aussi rarement représenté que l’érotisme lié à la grossesse et à l’enfant à naître et il me semble que l’inscription de telles scènes de plaisir charnel entre amants-parents contribue à transgresser le tabou qui, selon Huston, entoure les questions de la maternité et de l’érotisme. Bien que, dans la citation précédente, l’envie de procréer soit partagée par l’homme et la femme, c’est Derek qui prend les devants et son désir pour Lin laisse voir qu’elle est beaucoup plus qu’un corps reproducteur et beaucoup plus qu’une mère, qu’elle est tout à la fois femme, mère et amante. Elle répond à la tentative de réappropriation individuelle du corps féminin dont parle Luise von Flotow:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;L’écriture érotique peut être vue comme une tentative de réappropriation de ce corps public et de sa réinscription dans un mode individuel, comme une tentative de déconstruction du traditionnel pour se réécrire dans une forme personnelle qui tienne compte des sensations et des émotions du corps féminin ainsi que de son pouvoir créateur et procréateur. (von Flotow, 1994: 134)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Von Flotow entend «ce corps public» comme celui de la femme rendu public par le «discours […] médiatique sur le corps standardisé et homogénéisé», le «discours socio-médical de plus en plus conservateur et alarmiste» et le «discours technologique qui promet (ou menace) de nous libérer bientôt du corps féminin en le remplaçant par de nouvelles technologies de reproduction» (1994: 133). La volonté d’«inscrire l’existence et la vie du corps féminin» dans un «mode individuel» dont parle von Flotow (1994: 133), est également manifeste chez Huston. Dans &lt;em&gt;La virevolte&lt;/em&gt; Huston met en scène la «déconstruction» de la vision traditionnelle du corps féminin pour mener à l’appropriation de ce corps par le personnage qui devient mère. Ainsi, les descriptions érotiques rendent compte du rapport entre sexualité et maternité de la protagoniste.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme l’écrit Huston dans la préface à la nouvelle édition de &lt;em&gt;Mosaïque de la pornographie&lt;/em&gt; publiée en 2004: «&lt;em&gt;Les mères ne sont pas vierges&lt;/em&gt;, elles ne l’ont jamais été. Les putains accouchent et les mères baisent, voilà ce qui se passe pour de vrai» ([1982] 2004: 20, l’auteure souligne). L’auteure vise à effacer la frontière entre les rôles de maman et de putain et à inscrire dans l’univers fictionnel un exemple de conciliation des rôles de mère et de sujet féminin érotique. Dans cette même préface, Nancy Huston soulève des points qui sont précisément ceux qu’elle aborde dans &lt;em&gt;La virevolte&lt;/em&gt;, paru dix ans plus tôt:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Comment se fait-il que si peu de femmes artistes évoquent l’érotisme spécifique à la maternité? […] Rien sur l’érotisme des seins qui enflent, de tout le corps qui enfle, de la vie qui enfle à l’intérieur de soi, comme tout cela est follement excitant, comme il peut être génial de se masturber, enceinte, et de faire l’amour, enceinte […] Est-ce que parce que les mères sont censées incarner la moralité, et qu’il y a toujours quelque chose de vaguement immoral dans l’érotisme? Ou bien parce que chez nous, l’érotisme maternel est le dernier tabou […]? (Huston, [1982] 2004: 16-17, l’auteure souligne)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_nf29pbu&quot; title=&quot;Pour lire une telle évocation de l’érotisme lié à la fécondité, voir un magnifique passage du Journal de la création de Nancy Huston (1990: 40-41).&quot; href=&quot;#footnote9_nf29pbu&quot;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Notons qu’encore récemment, lors d’un entretien consacré à la publication de son dernier roman (&lt;em&gt;Infrarouge&lt;/em&gt;, 2010), l’auteure affirmait ne pas faire l’éloge de la maternité; elle constatait simplement qu’on a, jusqu’ici, «mal écrit» sur le sujet&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_hxk96np&quot; title=&quot;Entretien avec Nancy Huston, animé par Marie-Andrée Lamontagne, librairie Olivieri, Montréal, 2 juin 2010.&quot; href=&quot;#footnote10_hxk96np&quot;&gt;10&lt;/a&gt;. Conséquemment, il semblerait qu’elle se soit donné comme projet d’écrire différemment sur le sujet. Le passage suivant, tiré de «La soliste», est un exemple éloquent d’érotisme maternel (du moins, du deuxième pan de ma définition, c’est-à-dire de la sensualité du rapport à l’enfant) et décrit la première tétée d’Angela: «ses lèvres se sont emparées de son mamelon et tirent: leur mouvement a la rapidité du cœur qui bat, et la férocité du sexe» (Huston, 1994: 11). Si cette description de l’allaitement est, somme toute, assez surprenante, l’effet de surprise qu’elle crée s’atténuera avec l’accumulation d’autres citations du genre&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_gh7mqso&quot; title=&quot;Voir aussi Huston, 1994: 29, 67, 69, 73.&quot; href=&quot;#footnote11_gh7mqso&quot;&gt;11&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien que le récit s’inscrive dans une volonté de valorisation du corps maternel, les descriptions qu’il en fait montrent peu d’idéalisation. La narration ne cache ni les marques de l’accouchement ni les traces de douleurs qui suivent la mise au monde d’un nourrisson:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Sa chair intérieure est toujours à vif et ses seins sont tendus et enflés, le bleu des veines visible, elle ne peut pas encore le recevoir dans la grotte d’où a jailli le bébé mais il n’est pas pressé: la vue de ce volcan, ce nœud de chair vivante brûlante et bouillonnante l’avait laissé abasourdi comme Moïse devant le buisson ardent alors ils flottent ensemble dans d’étranges limbes sensuels, trouvant le plaisir avec leur bouche, leurs doigts, leur peau, pleurant parfois sans raison. (Huston, 1994: 19)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le corps meurtri, pour avoir donné la vie, n’est pas moins objet et sujet de désir; Derek n’éprouve pas moins de désir pour sa femme maintenant qu’elle est mère. La première grossesse de Lin est source d’une jouissance presque continuelle:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Avec Angela la grossesse avait été comme neuf mois d’orgasme : une stimulation perpétuelle de ce centre brûlant de la danse, le long cône vibrant entre sexe et gorge. Penser qu’en plus, un être se fabriquait là-dedans! Penser que, tout en vaquant à ses affaires quotidiennes, son corps tricotait patiemment les chairs, entassait les cellules, organisait l’existence de tout un autre individu… jamais Lin n’avait connu pareil émerveillement. (Huston, 1994: 67)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Toutes les sphères de sa vie sont stimulées. Elle arrive même à danser jusqu’au septième mois de gestation. Ce n’est pas du tout le même phénomène qui se produit pendant la deuxième grossesse: «Cette fois-ci, encombrée, elle préfère se caresser seule pendant la journée. Les habits l’agacent, les tissus frottent et irritent sa peau, les fermetures Éclair et les élastiques y impriment des traces rouge vif» (Huston, 1994: 69-70). Lin a moins d’aisance que lorsqu’elle était enceinte d’Angela. Elle peut plus difficilement allier danse et grossesse. Cet état de choses crée une brèche dans la relation harmonieuse qu’entretenait Lin avec la maternité. L’émerveillement qu’elle a connu enceinte d’Angela se dissipe. Immobile et nue devant le miroir dans sa salle de danse, elle se regarde: «Rien ne se produit. Elle est là et c’est tout. Danser cela: le corps comme matière à déplacer, comme substance stupide et obstinée&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref12_78d5s31&quot; title=&quot;L’absence de ponctuation à la fin de la dernière phrase est délibérée de la part de l’auteure.&quot; href=&quot;#footnote12_78d5s31&quot;&gt;12&lt;/a&gt; » (Huston, 1994: 70). Ce nouvel inconfort physique servira de prélude à la suite des événements. Bien que la protagoniste vive d’abord harmonieusement ses trois rôles de mère, de femme et de danseuse professionnelle, elle choisit pourtant d’abandonner son mari et ses enfants pour se consacrer à sa carrière. Peu d’indices dans le récit laissent présager que le personnage prendra une telle décision. Toutefois, les quelques passages qui témoignent du dilemme vécu par Lin opposent l’éloignement nécessaire à l’épanouissement de sa carrière de chorégraphe et danseuse au fait d’être présente pour ses enfants. Voici un exemple du déchirement intérieur que Lin se prépare à vivre: «Ce sera sa chorégraphie la plus forte jusqu’ici, elle en est sûre… mais elle a besoin de partir si loin, si loin». Le lecteur devine tout de suite l’option privilégiée par le personnage en lisant le paragraphe suivant le passage cité: «Le premier mot de Marina, c’est Au-voir. Avant maman, avant papa, avant gâteau. Au-voir» (Huston, 1994: 74). Cela signifie alors que Lin s’absentait de plus en plus souvent et que l’harmonie du début s’étiolait petit à petit.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le roman montre ensuite la réaction du mari et des deux fillettes au départ de la mère. Tandis que Derek doit désormais occuper le double rôle de mère et de père auprès de ses deux filles, ces dernières grandissent tout en tentant à leur façon d’atteindre la subjectivité. Si, somme toute, la tentative de la protagoniste de tout concilier à long terme échoue, il n’en reste pas moins que la mère a d’abord profité de quelques mois d’harmonie totale (à titre de mère, de conjointe et de sujet désirant) et de bonheur à l’arrivée de son premier enfant, bonheur qui semble pourtant trop beau pour être vrai puisqu’il lui fait dire à son amie: «Oh, Rachel ! Je me sens tellement bien, c’est terrifiant.» S’il est vrai que l’échec de Lin à continuer sa carrière de danseuse tout en restant auprès de ses filles et de son mari est tragique, il n’empêche en rien le fait que Nancy Huston a relevé le défi de représenter l’érotisme maternel dans la fiction et ainsi de permettre au personnage de redéfinir la maternité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une conciliation réussie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme nous venons de le montrer, Nancy Huston voit dans l’érotisme maternel une façon de déconstruire les fonctions traditionnelles associées à la maternité et de permettre aux mères de se voir représentées comme des êtres de désir et désirables. Une telle approche met de l’avant l’idée selon laquelle les femmes peuvent incarner les deux pôles de la dichotomie maman et putain sans cesser d’être une artiste, une fille, etc. Toutefois, la tentative de conciliation de la création et de la procréation amorcée par Huston dans &lt;em&gt;La virevolte&lt;/em&gt; échoue parce qu’elle ne résiste pas à l’épreuve d’une deuxième grossesse, demeurant donc très circonscrite dans le temps.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si notre culture traditionnelle sous-entend que seules deux possibilités sont envisageables pour la créatrice qui devient mère —celles d’être ou bien mère ou bien artiste—, il existe pourtant une troisième possibilité, qui est celle de conjuguer les deux fonctions, comme le fait Lin au début du roman. Toute la trame du récit consiste justement à montrer pourquoi il est si difficile de concilier les deux. Mais, alors que la culpabilité, les inquiétudes et les questions la tarauderont toute sa vie, Lin ne remettra pas pour autant sa décision en cause, même si son départ a des conséquences néfastes pour son mari et leurs deux filles. Avec le personnage de Lin, Huston crée par ailleurs une image de mère abandonnante qui n’est pas un monstre. En même temps, elle ne minimise pas les conséquences que l’abandon peut avoir sur les enfants. À ce propos, le roman pointe aussi vers les insuffisances de ce choix, vers les sacrifices inexplicables qu’il impose. Tout se passe comme si la dichotomie qui restreignait les femmes aux seuls rôles de maman ou de «putain» au sens hustonien (ou, en d’autres termes, au rôle de mère pure et altruiste, ou à celui de sujet principalement charnel plutôt que maternel) s’est peu à peu transformée pour laisser la place à une triade qui permet aux femmes d’être à la fois mère, sujet désirant et créatrice. Lori Saint-Martin le souligne:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;À notre époque, pour la première fois peut-être, une réconciliation des deux [la procréation et la création] devient possible. Mieux, cette réconciliation même peut devenir la matière d’une œuvre. Écrire aujourd’hui en tant que mère, assimiler enfantement et création romanesque, ce n’est pas se soumettre à une équivalence réductrice selon laquelle toute femme normale est mère, ni brandir son ventre comme une ultime justification d’exister. C’est se réinventer en même temps femme ET créatrice, transformer à la fois la maternité et la fiction. (1999: 280)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Maintenant que les mères ont la possibilité de dire «je» dans les romans, il est intéressant de s’interroger sur les façons dont elles sont représentées dans la fiction romanesque et sur ce qu’elles ont à dire sur leur maternité, leur identité, leurs enfants, leurs carrières, etc. Si de tels travaux ont commencé à émerger dans les dernières décennies&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref13_cjrppjo&quot; title=&quot;Voir Le nom de la mère —Mères, filles et écriture dans la littérature québécoise au féminin (1999) de Lori Saint-Martin, ouvrage qui a grandement influencé ma pensée, et Écrire dans la maison du père: l’émergence du féminin dans la tradition littéraire du Québec (1988), de Patricia Smart.&quot; href=&quot;#footnote13_cjrppjo&quot;&gt;13&lt;/a&gt;, ils se consacrent surtout à la littérature québécoise. Quand l’on constate que la production romanesque française sur la maternité est fertile de nos jours —il ne suffit que de prendre acte du nombre de récits racontés du point de vue de la mère dans les dernières années&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref14_7l0d9kc&quot; title=&quot; Outre Nancy Huston (La virevolte, 1994; Instruments des ténèbres, 1996; L’empreinte de l’ange, 1998; Prodige, 1999; Lignes de faille, 2006; Infrarouge, 2010), évoquons Eliette Abécassis (Un heureux événement, 2005; Mère et fille, un roman, 2008), Geneviève Brisac (Weekend de chasse à la mère, 1996), Marie Darrieussecq (Le mal de mer, 1999; Le bébé, 2002; Le pays, 2005; Tom est mort, 2007), Camille Laurens (Philippe, 1995), Véronique Olmi (Bord de mer, 2001) et Karine Reysset (L’inattendue, 2003; Comme une mère, 2008). Cette liste, donnée simplement à titre indicatif, est loin d’être exhaustive.&quot; href=&quot;#footnote14_7l0d9kc&quot;&gt;14&lt;/a&gt;—, l’intérêt pour des ouvrages sur les discours et représentations de personnages maternels issus de la littérature française se fait sentir. Somme toute, plus de trente ans après l’émergence de paroles de mères littéraires, et malgré les tentatives de romancières comme Nancy Huston, il est encore peu aisé de trouver des personnages qui incarnent des modèles de conciliation réussie. Ceci dit, à constater le nombre grandissant de créatrices qui se penchent sur ce thème, j’ai toutefois bon espoir que cette tendance se renverse dans les années à venir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BADINTER, Elizabeth. 2010. &lt;em&gt;Le conflit. La femme et la mère&lt;/em&gt;, Paris: Flammarion.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1986. «La solution: une mutation des pères…», dans Anne-Marie De Vilaine, Laurence Gavarini et Michèle Le Coadic (dir.), &lt;em&gt;Maternité en mouvement: Les femmes, la re/production et les Hommes de science&lt;/em&gt;, Grenoble et Montréal : PUG et Saint-Martin, p. 37-38.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. [1980] 2010. &lt;em&gt;L’amour en plus, Histoire de l’amour maternel XVIIe-XXe siècle&lt;/em&gt;, Paris: Flammarion.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CARON, Valérie. 2002. «Le bruit des choses vivantes et Tableaux: voix et représentations inédites de la maternité dans la littérature québécoise», &lt;em&gt;Voix et Images&lt;/em&gt;, vol. 28, n° 1, (82).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CUYPERS, Dane. 1999. «Nancy Huston vue de l’intérieur»,&lt;em&gt; Actualité des religions&lt;/em&gt;, no 1, janvier, p. 24-27.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DESCARRIES, Francine et Christine Corbeil. 2002. &lt;em&gt;Espaces et temps de la maternité&lt;/em&gt;, Montréal: Éditions du remue-ménage.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DIQUINZIO, Patrice. 1999. &lt;em&gt;The Impossibility of Motherhood: Feminism, Individualism, and the Problem of Mothering&lt;/em&gt;, New York/Londres: Routledge.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HIRSCH, Marianne. 1989. &lt;em&gt;The Mother/Daughter Plo: Narrative, Psychoanalysis, Feminism&lt;/em&gt;, Bloomington: University of Indiana Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HUSTON, Nancy. 2010. &lt;em&gt;Infrarouge&lt;/em&gt;, Paris/Montréal: Actes Sud/Leméac.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1995. &lt;em&gt;Désirs et réalités, textes choisis 1978-1994&lt;/em&gt;, Paris/Montréal: Actes Sud/Leméac, coll. Babel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1994. &lt;em&gt;La virevolte&lt;/em&gt;, Paris/Montréal: Actes Sud/Leméac, coll. Babel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1990. &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt;, Montréal/Paris: Actes Sud/Leméac, coll. Babel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. [1982] 2004. &lt;em&gt;Mosaïque de la pornographie&lt;/em&gt;, Paris: Payot.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;IRIGARAY, Luce. 1981. &lt;em&gt;Le corps-à-corps avec la mère, conférence et entretiens&lt;/em&gt;, Ottawa: Éditions de la pleine lune.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KAPLAN, Ann E. 1992. &lt;em&gt;Motherhood and Representation: The Mother in Popular Culture and Melodrama&lt;/em&gt;, Londres: Routledge.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICH, Adrienne. [1976] 1986. &lt;em&gt;Of Women Born: Motherhood as Experience and Institution&lt;/em&gt;, New York: W.W. Norton &amp;amp; Company, Tenth anniversary edition.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SAINT-MARTIN, Lori. 2002. «Le nom de la mère: le rapport mère-fille et l’écriture au féminin», dans Francine Descarries et Christine Corbeil, &lt;em&gt;Espaces et temps de la maternité&lt;/em&gt;, Montréal: Éditions du remue-ménage, p. 150-173.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1999. &lt;em&gt;Le nom de la mère. Mères, filles et écriture dans la littérature québécoise au féminin&lt;/em&gt;, Montréal: Éditions Nota bene, coll. Essais critiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SMART, Patricia. 1988. &lt;em&gt;Écrire dans la maison du père: l’émergence du féminin dans la tradition littéraire du Québec&lt;/em&gt;, Montréal: Éditions Québec/Amérique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;TABET, Paola. 2004. &lt;em&gt;La grande arnaque. Sexualité des femmes et échange économico-sexuel&lt;/em&gt;, traduction de l’italien par Josée Contréras, Paris: L’Harmattan, coll. Bibliothèque du féminisme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;VILAINE (de), Anne-Marie. 1986. «Femmes: une autre culture?», dans Anne-Marie De Vilaine, Laurence Gavarini et Michèle Le Coadic (dir.), &lt;em&gt;Maternité en mouvement: Les femmes, la re/production et les Hommes de science&lt;/em&gt;, Grenoble et Montréal: PUG et Saint-Martin, p. 17-21.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;VON FLOTOW, Luise. 1994. «Tenter l’érotique: Anne Dandurand et l’érotisme hétérosexuel dans l’écriture au féminin contemporaine», dans Lori Saint-Martin (dir.), &lt;em&gt;L’autre lecture: la critique au féminin et les textes québécois&lt;/em&gt;, vol. 2, Montréal: XYZ, p. 129-136.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_aqkeaxm&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_aqkeaxm&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Cette réflexion est issue du premier chapitre de mon mémoire de maîtrise intitulé &lt;em&gt;Création-procréation et rapport mère-fille dans&lt;/em&gt; La virevolte&lt;em&gt; et&lt;/em&gt; Prodige &lt;em&gt;de Nancy Huston&lt;/em&gt; (Département de langue et littérature françaises, Université McGill, 2010).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_zd205og&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_zd205og&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Elle écrit: «T&lt;em&gt;his institution […] has alienated women from our bodies by incarcerating us in them. […] motherhood as institution has ghettoized and degraded female potentialities&lt;/em&gt;» (Rich, 1976: 13).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_7h2urhb&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_7h2urhb&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; «&lt;em&gt;Inasmuch as a mother is simultaneously a daughter and a mother, a woman and a mother, in the house and in the world, powerful and powerless, […] maternal discourse is necessarily plural&lt;/em&gt;».&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_98265z0&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_98265z0&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Voir aussi &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt; (1990) et &lt;em&gt;Désirs et réalités&lt;/em&gt; (1995).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_ujkw2u1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_ujkw2u1&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Entrevue audio avec Nancy Huston, animée par Lorraine Pintal, émission &lt;em&gt;Vous m’en lirez tant&lt;/em&gt;, 1er novembre 2009, Première Chaîne de Radio-Canada.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_2hcql5p&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_2hcql5p&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Le travail de Paola Tabet, chercheure féministe française, est incontournable quand il est question de prostitution. Tabet s’est intéressée au phénomène et en a élargi la définition en le liant à ce qu’elle a appelé «le continuum de l’échange économico-sexuel».&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_gixcpny&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_gixcpny&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; Voir Huston, 1994: 36-37, 51-52, 94, 117 et 122.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_9wz7tq2&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_9wz7tq2&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; La citation se termine brusquement, sans ponctuation. Le fragment sert de prélude à la page suivante, qui commence par: «Elle tremble, elle tremble, recroquevillée de douleur. C’est toujours la même chose» (61). Lin se trouve alors dans la salle de répétitions, cinq minutes avant son spectacle. Tout son corps est douloureux et elle croit qu’avec une telle souffrance, elle n’arrivera pas à danser. Le passage entre le plaisir procuré par la relation charnelle coïncidant avec la conception de Marina et l’expression de la douleur liée à la danse crée un effet de surprise chez le lecteur tant la transition semble paradoxale.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_nf29pbu&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_nf29pbu&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; Pour lire une telle évocation de l’érotisme lié à la fécondité, voir un magnifique passage du &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt; de Nancy Huston (1990: 40-41).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_hxk96np&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_hxk96np&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; Entretien avec Nancy Huston, animé par Marie-Andrée Lamontagne, librairie Olivieri, Montréal, 2 juin 2010.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_gh7mqso&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_gh7mqso&quot;&gt;11.&lt;/a&gt; Voir aussi Huston, 1994: 29, 67, 69, 73.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote12_78d5s31&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref12_78d5s31&quot;&gt;12.&lt;/a&gt; L’absence de ponctuation à la fin de la dernière phrase est délibérée de la part de l’auteure.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote13_cjrppjo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref13_cjrppjo&quot;&gt;13.&lt;/a&gt; Voir &lt;em&gt;Le nom de la mère —Mères, filles et écriture dans la littérature québécoise au féminin&lt;/em&gt; (1999) de Lori Saint-Martin, ouvrage qui a grandement influencé ma pensée, et&lt;em&gt; Écrire dans la maison du père: l’émergence du féminin dans la tradition littéraire du Québec &lt;/em&gt;(1988), de Patricia Smart.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote14_7l0d9kc&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref14_7l0d9kc&quot;&gt;14.&lt;/a&gt;  Outre Nancy Huston (&lt;em&gt;La virevolte&lt;/em&gt;, 1994; &lt;em&gt;Instruments des ténèbres&lt;/em&gt;, 1996; &lt;em&gt;L’empreinte de l’ange&lt;/em&gt;, 1998; &lt;em&gt;Prodige&lt;/em&gt;, 1999; &lt;em&gt;Lignes de faille&lt;/em&gt;, 2006; &lt;em&gt;Infrarouge&lt;/em&gt;, 2010), évoquons Eliette Abécassis (&lt;em&gt;Un heureux événement&lt;/em&gt;, 2005; &lt;em&gt;Mère et fille, un roman&lt;/em&gt;, 2008), Geneviève Brisac (&lt;em&gt;Weekend de chasse à la mère&lt;/em&gt;, 1996), Marie Darrieussecq (&lt;em&gt;Le mal de mer&lt;/em&gt;, 1999; &lt;em&gt;Le bébé&lt;/em&gt;, 2002; &lt;em&gt;Le pays&lt;/em&gt;, 2005; &lt;em&gt;Tom est mort&lt;/em&gt;, 2007), Camille Laurens (&lt;em&gt;Philippe&lt;/em&gt;, 1995), Véronique Olmi (&lt;em&gt;Bord de mer&lt;/em&gt;, 2001) et Karine Reysset (&lt;em&gt;L’inattendue&lt;/em&gt;, 2003; &lt;em&gt;Comme une mère&lt;/em&gt;, 2008). Cette liste, donnée simplement à titre indicatif, est loin d’être exhaustive.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-numero-publication field-type-text field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Numéro de la publication: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;5&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-date field-type-datetime field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Année de parution: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;date-display-single&quot; property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2013-01-01T00:00:00-05:00&quot;&gt;2013&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Aires de recherche: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53400&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Archéologie du contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53404&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Enjeux littéraires contemporains&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imaginaire de la théorie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53405&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Penser le contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53403&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Figures contemporaines&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-contenu field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Courants artistiques: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53821&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-fig-imag field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Figures et Imaginaires: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54532&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;maternité&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-genre field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Objets et pratiques culturelles: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/183&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;livre&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/75&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;roman&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-problematiques field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Problématiques: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54501&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;agentivité&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54502&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;agentivité sexuelle&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/256&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;identité&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54546&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;représentations&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/191&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;écriture&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54514&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;émancipation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54515&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;empowerment&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/923&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;érotisme&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-provenance field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Contexte géographique: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/24&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Canada&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/26&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Québec&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/16&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Europe&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-savoirs field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Champs disciplinaires: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/78&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;littérature&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/802&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;sciences sociales&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53798&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;études féministes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-type-publication field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Type de publication: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54481&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Cahiers de l&amp;#039;IREF&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Ainsi, j’avance que, dans sa pratique littéraire, Huston cherche à transgresser le tabou entourant l’érotisme maternel et à inscrire dans l’univers fictionnel un exemple (tentative qui échouera comme on le verra) de conciliation des rôles de mère, de conjointe et de sujet féminin désirant.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=7021&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Huet, Marie-Noëlle&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2013. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/lerotisme-maternel-comme-processus-de-redefinition-identitaire&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;L&#039;érotisme maternel comme processus de redéfinition identitaire&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/articles/lerotisme-maternel-comme-processus-de-redefinition-identitaire&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/lerotisme-maternel-comme-processus-de-redefinition-identitaire&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023. Publication originale : (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;De l&#039;assignation à l&#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&lt;/span&gt;. 2013. Montréal : Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=L%26%23039%3B%C3%A9rotisme+maternel+comme+processus+de+red%C3%A9finition+identitaire&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Huet&amp;amp;rft.aufirst=Marie-No%C3%ABlle&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-node-id field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Node ID: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;73475&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Huet, Marie-Noëlle&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;L&amp;#039;érotisme maternel comme processus de redéfinition identitaire&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/lerotisme-maternel-comme-processus-de-redefinition-identitaire&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;De l&amp;#039;assignation à l&amp;#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=L%26%23039%3B%C3%A9rotisme+maternel+comme+processus+de+red%C3%A9finition+identitaire&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Huet&amp;amp;amp;rft.aufirst=Marie-No%C3%ABlle&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Tue, 03 May 2022 15:10:56 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73475 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/fr/articles/lerotisme-maternel-comme-processus-de-redefinition-identitaire#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Présentation: de l&#039;assignation à l&#039;éclatement</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/articles/presentation-de-lassignation-a-leclatement</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Au moment de lancer l’appel à propositions pour le colloque&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_ki8mbqs&quot; title=&quot;Le colloque «Représentations des femmes: médias, arts, société», sous l’égide de l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM (IREF) et de l’Institut d’études des femmes de l’Université d’Ottawa (IÉF), s’est déroulé dans le cadre du 79e congrès de l’Association francophone pour le savoir (Acfas) à Sherbrooke, Québec, Canada, les 10 et 11 mai 2011.&quot; href=&quot;#footnote1_ki8mbqs&quot;&gt;1&lt;/a&gt; à l’origine de cette publication, nous misions sur la double signification du terme &lt;em&gt;représentation&lt;/em&gt;, pour traiter tant de la &lt;em&gt;place&lt;/em&gt; que de l’&lt;em&gt;image&lt;/em&gt; des femmes dans l’espace public, les médias et les arts. Notre objectif était de favoriser le dialogue entre des chercheures de différents horizons disciplinaires qui s’intéressent, d’une part, aux figures des femmes dans les récits, discours et mises en scènes et, d’autre part, aux places et positions qu’elles occupent ou qui leur sont accordées dans l’espace public comme dans l’imaginaire collectif.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’ouvrage &lt;em&gt;De l’assignation à l’éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&lt;/em&gt;, rassemble douze textes pour la plupart issus de ce colloque. Ceux-ci offrent une occasion de poursuivre la réflexion théorique sur les mécanismes de représentation qui interviennent dans les dynamiques et les rapports sociaux de sexe et de genre. Sans nécessairement reprendre cette double signification du terme &lt;em&gt;représentation&lt;/em&gt;, les auteures explorent, à partir de leurs disciplines et ancrages, diverses facettes de l’expérience des femmes, telle qu’elle nous est présentée dans : les discours de presse, les médias, les politiques, la fiction, les pratiques créatrices, les préconceptions et le passage du temps. Les représentations qui s’en dégagent tanguent entre le pôle convenu de l’assignation et celui, libérateur, de l’éclatement comme condition préalable aux choix, à la pleine liberté.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Figures de l’assignation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au cours de l’histoire, les représentations législatives et culturelles des femmes ont été le fait et le reflet de régimes politiques et symboliques patriarcaux et hétéronormés. Ceux-ci ont relégué les femmes hors du domaine public et, pendant longtemps, les ont définies comme non «personnes» ou non «adultes» au sens juridique des termes. Combien d’œuvres d’arts les dépeignent comme des vierges ou des mères, des courtisanes ou des saintes, et donc les associent à des statuts consubstantiels de leurs rapports sexuels avec des hommes, en tant qu’ils sont leurs —futurs—époux/amants, incluant Dieu (la religieuse mariée à Dieu)? Les seules exceptions à cette règle étaient la sorcière, la vilaine et la tentatrice. Tandis que la sorcière, qui possède des pouvoirs (connaissances) jugés maléfiques, est le plus souvent une femme ménopausée, et donc improductive en regard d’une économie centrée sur l’appropriation des capacités reproductives des femmes par les hommes, la vilaine est une pécheresse «égoïste» et désobéissante, inapte à s’occuper d’un mari et d’enfants, encore moins de parents. Elle est par ailleurs souvent «laide», alors qu’elle devrait être «belle», c’est-à-dire désirable afin qu’un homme l’«engrosse». Enfin, chargée du poids de la chute de l’humanité, Ève la séductrice est réduite à sa dimension sexuelle et esthétique. Elle est dépeinte comme cette complice du diable face à laquelle les hommes deviennent serviles et sans défense. En réalité, les figures de sorcière, vilaine et tentatrice sont «dérangeantes» parce qu’elles interpellent le pouvoir des hommes. La première vit seule et possède un savoir enviable, lié à des capacités menaçantes pour l’ordre établi; la seconde est une rebelle qui défie clairement celui-ci (Lilith refusant de se soumettre à Adam), alors que la troisième confronte les hommes à leurs propres faiblesses et vulnérabilités (Ève offrant la pomme défendue à Adam). C’est d’ailleurs à ces représentations métaphoriques de femmes indociles et voulant s’émanciper que renvoient souvent les épithètes dépréciatifs qui sont employés pour décrire les suffragettes et les féministes, ces femmes dites «enragées» qui veulent l’égalité avec les hommes, revendiquent le statut de citoyenne à part entière et réclament, entre autres, le droit de prendre leurs propres décisions concernant leur corps et leur sexualité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’éclatement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le présent ouvrage, les auteures ne se sont pas attardées aux grandes luttes citoyennes ni aux célèbres figures de la culture occidentale (iconographie religieuse, personnages des mythes ou des contes, héroïnes sentimentales ou hollywoodiennes, etc.) qui ont alimenté et continuent d’alimenter les métaphores de la représentation des sexes, ces questions ayant déjà été traitées par des féministes d’horizons divers depuis les années soixante-dix&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_hyzj7mh&quot; title=&quot;Du côté des productions récentes, pensons aux nombreux articles qui sont parus sur la parité et, concernant la représentation figurative, à l’ouvrage de Raphaëlle Moine, Les femmes d’action au cinéma (2010) ou au documentaire audio-visuel, Miss Representation de Jennifer Siebel Newsom (2011), qui traite de la représentation des femmes dans les médias populaires américains.&quot; href=&quot;#footnote2_hyzj7mh&quot;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’ensemble des textes révèle en effet la lente transition qui s’opère tout au long du XXe siècle. Aux figures de femmes clichées et asservies s’ajoutent des modèles de femmes plus audacieuses, moins conformes, dans un nombre croissant d’œuvres (picturales, cinématographiques et littéraires), de discours et de médias et ce, tant en Amérique du Nord qu’ailleurs dans le monde. Ces études nous permettent de constater à quel point les stéréotypes qui réduisent les femmes à leur sexe, à la maternité et à l’espace domestique, en retrait donc des grands enjeux sociaux, du savoir et des compétences politiques, sont difficiles à déloger. Or, de plus en plus de femmes de la scène artistique et sociale utilisent une variété de stratégies face à la machine bien huilée qu’elles affrontent, améliorant ainsi nos connaissances de cette machine et contribuant à son lent déboulonnage. Les textes réunis ici s’articulent autour de trois pôles correspondant aux trois dimensions sur lesquelles les auteures se penchent: les pratiques contraignantes, les représentations et les imaginaires.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les textes de la première section examinent les pratiques contraignantes que l’on impose aux femmes et décortiquent les mécanismes qui les sous-tendent. Le texte de Caroline Désy explore les interventions de régimes fascistes européens de la période 1922-1945 en matière de différence sexuelle, dans les espaces de la santé, de la beauté et de la maternité, et ce, afin d’en cerner les différentes sphères d’influence. L’analyse montre une indéniable tension entre maternité et femme idéalisée, tension nourrie par les principes esthétiques contradictoires imposés par le fascisme au corps des femmes selon les moments, les événements et les exigences politiques. Plus près de l’actualité, une autre étape dans la tradition patriarcale de contrôle des corps et des imaginaires est franchie avec l’hypersexualisation dont traitent Carole Boulebsol et Lilia Goldfarb. Leur texte permet de révéler quelques-uns des mécanismes sexualisateurs présents dans les représentations culturelles, médiatiques et publicitaires, et leurs liens avec les discriminations et les violences auxquelles les jeunes filles sont confrontées. Les auteures concluent à la nécessité de mettre au premier plan les valeurs de relations interpersonnelles équitables, de plaisir, de respect ainsi que de conscience de soi et des autres. Il est aussi possible de miser sur des mécanismes de contrôle normés ou légaux pour lutter contre les stéréotypes sexuels, comme l’exprime Rachel Chagnon dans son étude sur les organismes d’autorégulation des médias au Canada. L’auteure y questionne la détermination de ces organismes à mettre en œuvre les principes de non discrimination, tout comme elle illustre leur difficulté à prendre position sur le concept même de stéréotype sexuel. Ses conclusions invitent à penser que des revendications pour obtenir un resserrement de la vigilance et du contrôle pourraient être portées par le mouvement des femmes. Chantal Maillé, quant à elle, nous amène sur un autre terrain lorsqu’elle questionne les stratégies et les interventions qui ont été mises de l’avant par le mouvement des femmes au Québec en réponse à ce qui est parfois désigné comme «la sous-représentation politique des femmes». Son analyse met en relief les images qui ont été ou sont véhiculées à travers des stratégies et des interventions consacrées à la promotion de la présence des femmes dans la politique active. Maillé en conclut qu’elles connotent trop souvent des associations négatives entre les femmes et la politique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La deuxième section de l’ouvrage comporte des textes qui s’intéressent, à partir de points d’observation variés dans le temps et l’espace, aux représentations qui accompagnent certains discours ou pratiques. L’une des collaboratrices, Emilie Goulet, nous incite à réfléchir sur la place qu’occupe le discours antiféminisme dans la presse écrite et sur le message qui s’en dégage. Ayant dépouillé deux quotidiens québécois à grand tirage parus entre 1985 et 2009, elle constate que le discours et les arguments masculinistes y sont largement diffusés et postulent que l’égalité entre les hommes et les femmes est atteinte, ou pire, que le mouvement des femmes est allé trop loin. Geneviève Lafleur s’intéresse aussi à ce que dit la presse. Elle le fait cependant en s’attardant aux portraits convenus de trois galeristes montréalaises actives au milieu du XXe siècle. La contextualisation des portraits qui s’en dégage permet de bien voir quelles étaient les règles contraignantes auxquelles ces femmes audacieuses devaient se soumettre pour légitimer leur place sur le marché du travail et être acceptées dans le milieu des arts. Isabelle Marchand nous entraîne vers un tout autre univers en interrogeant le regard que des femmes aînées posent sur elles-mêmes. Rédigé en collaboration avec Michèle Charpentier et Anne Quéniart, son texte rend bien compte de la distance qui sépare les images réductrices qui circulent sur les femmes de 65 ans et plus au Québec, et celles que ces dernières entretiennent à l’égard d’elles-mêmes. Ce constat met notamment en lumière les écarts importants qui se creusent entre les perceptions et les attentes que notre société entretient à l’égard des aînées et les besoins et les priorités de ces dernières à une époque où indépendance et vitalité sont fortement valorisées. Enfin, la contribution de Marcelle Dubé rend compte d’une expérience pédagogique menée auprès d’étudiantes et d’étudiants en travail social. Son but était de vérifier si, à la suite de son cours sur les rapports de sexe et de genre, les représentations qu’elles et ils entretenaient à l’égard des femmes, des féministes et du féminisme seraient modifiées. L’auteure conclut que l’expérience a valu la peine puisque plusieurs membres du groupe ont affirmé qu’au terme de la session, leur perception était changée et leur opinion sur ces sujets, plus nuancée.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Enfin, la troisième section examine différentes facettes de l’asymétrie androcentrée et de la catégorisation sexuelle structurant nos imaginaires. Deux romans contemporains écrits par des femmes sont au cœur de l’analyse de Catherine Dussault Frenette, soit &lt;em&gt;Aurélien, Clara, Mademoiselle et le Lieutenant anglais &lt;/em&gt;d’Anne Hébert et &lt;em&gt;L’Île de la Merci &lt;/em&gt;d’Élise Turcotte. L’initiation sexuelle de jeunes filles y est examinée attentivement, au regard d’un mouvement d’affirmation/négation du désir. Car si l’auteure y débusque une subjectivité féminine adolescente, celle-ci apparaît soumise à la suprématie du discours masculin sur le désir et le sexuel. Marie-Noëlle Huet s’intéresse pour sa part aux nouveaux récits écrits du point de vue de la mère et aux fictions ayant pour thème la maternité. Elle prend pour exemple une œuvre de l’écrivaine Nancy Huston, qui assimile enfantement et création romanesque, et s’attarde aux représentations que propose l’auteure de la «maternité-érotisme», de l’identité, et de la carrière. Ce sont aussi des créatrices qui font l’objet du texte d’Ève Lamoureux: celles-ci s’interrogent sur leur identité de femme et d’artiste en questionnant le milieu des arts visuels et la société. En examinant l’évolution d’autoreprésentations, Lamoureux constate que cette pratique est passée d’une période du genre revendiqué à celle d’une déconstruction du genre, du moins dans un contexte où celui-ci est compris de façon essentialiste, globalisante, totalisante. Enfin, l’art semblant permettre une «part d’espoir et de liberté (de jeu?) dont la réalité [serait] dépourvue»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_i41fclo&quot; title=&quot;Voir la contribution de D. Bourque à cet ouvrage: «Claude Cahun ou l’art de se dé-marquer».&quot; href=&quot;#footnote3_i41fclo&quot;&gt;3&lt;/a&gt;, Dominique Bourque recense depuis quelques années des œuvres issues de personnes marginalisées et questionnant plus d’une pratique normative, comme la convergence entre sexe et genre, l’injonction à l’hétérosexualité et la déshumanisation des êtres minorisés. Cela l’amène à étudier le cas de l’artiste française Claude Cahun (1894-1954), une figure méconnue dont elle propose d’examiner l’œuvre avant-gardiste à partir du concept du dé-marquage, cette notion regroupant les stratégies qui exposent, contournent ou abolissent un ou plusieurs marquages de manière à reconquérir sa pleine humanité, et donc sa représentativité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est entendu que cette anthologie fait silence sur de nombreuses analyses et réflexions associées aux représentations. On n’y trouvera pas, par exemple, de textes sur l’injonction à la jeunesse et à la «beauté» qui pèse plus lourdement sur les femmes que sur les hommes, mais le sujet a déjà été admirablement traité ailleurs&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_wnnh2kr&quot; title=&quot;Voir entre autres Éthique de la mode féminine, sous la dir. de Michel Dion et Mariette Julien (2010), et plus particulièrement l’article «D’une tyrannie de l’apparence: corps de femmes sous contrôle» de David Le Breton dans cet ouvrage. Pour une vue d’ensemble sur les processus de reproduction des stéréotypes sexuels et leurs effets, on consultera avec profit l’étude de Francine Descarries et Marie Mathieu (2010), Entre le rose et le bleu. Stéréotypes sexuels et construction sociale du féminin et du masculin.&quot; href=&quot;#footnote4_wnnh2kr&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. Aucun texte n’aborde directement la représentation des femmes racialisées ou racisées, pauvres ou handicapées, ni les images et les descriptions de femmes qui circulent sur l’Internet et dans les médias sociaux. Ces thèmes, sollicités par notre appel à communications, n’ont malheureusement pas fait l’objet de textes ni reçu le traitement qu’ils méritaient. Nous espérons que ces omissions seront comblées par le travail de collègues dans un avenir rapproché.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le présent ouvrage regroupe néanmoins un éventail d’études faites dans diverses disciplines, par des chercheures chevronnées et émergeantes, ainsi que par des praticiennes de terrain. Il examine les représentations des femmes d’hier et d’aujourd’hui, réelles et fictionnelles, à diverses étapes de leur vie. S’il associe le politique et le culturel, c’est que ces deux dimensions sont étroitement liées dans nos sociétés de la modernité avancée où l’image&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_po31y1d&quot; title=&quot;L’hyperconsommation, l’importance des médias, la société du spectacle, le culte du corps et de la jeunesse, etc., qui caractérisent notre époque, favorise ce que Le Breton (2010) appelle une «tyrannie de l’apparence»: «Le corps est un lieu de différenciation, un atout pour exister dans le regard des autres, et donc une valeur à faire fructifier à travers le souci de soi. Il s’agit de construire par la mise en scène de l’apparence et éventuellement de son for intérieur des opérations pour devenir soi, se faire d’emblée image» (Le Breton, 2010: 5).&quot; href=&quot;#footnote5_po31y1d&quot;&gt;5&lt;/a&gt; s’associe désormais à la citoyenneté dans l’élaboration de nos identités:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Dans nos sociétés contemporaines, l’expérimentation prend la place des anciennes identités fondées sur l’habitus. Le sentiment de soi est inlassablement travaillé par un acteur dont le corps est la matière première de l’affirmation propre selon l’ambiance du moment. (Le Breton, 2010: 4)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les textes réunis offrent l’occasion de poursuivre la réflexion théorique engagée sur les mécanismes de représentations qui interviennent dans les dynamiques sociales et dans les interactions avec l’autre sexe. Ils constituent également une incitation à multiplier les analyses et les stratégies pour rompre avec les non-dits des représentations sexuées et documenter notre engagement à l’égard de l’égalité entre les sexes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DESCARRIES, Francine et Marie MATHIEU. 2010. &lt;em&gt;Entre le rose et le bleu. Stéréotypes sexuels et construction sociale du féminin et du masculin&lt;/em&gt;. Québec, Conseil du statut de la femme. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.csf.gouv.qc.ca/modules/fichierspublications/fichier-35-1082.pdf&quot;&gt;http://www.csf.gouv.qc.ca/modules/fichierspublications/fichier-35-1082.pdf&lt;/a&gt; (consulté le 29 novembre 2012)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DION, Michel et Marielle JULIEN (dir.). 2010. &lt;em&gt;Éthique de la mode féminine&lt;/em&gt;, Paris: PUF.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LE BRETON, David. 2010. «D’une tyrannie de l’apparence: corps de femmes sous contrôle», dans &lt;em&gt;Éthique de la mode féminine&lt;/em&gt;, sous la dir. de Michel Dion et de Mariette Julien, Paris: PUF, p. 3-26.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MOINE, Raphaëlle. 2010. &lt;em&gt;Les femmes d’action au cinéma&lt;/em&gt;, Paris: Armand Colin,&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SIEBEL NEWSOM, Jennifer. 2011. &lt;em&gt;Miss Representation&lt;/em&gt;. Film documentaire, États-Unis, Girls Club Entertainment, 85 min.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_ki8mbqs&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_ki8mbqs&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Le colloque «Représentations des femmes: médias, arts, société», sous l’égide de l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM (IREF) et de l’Institut d’études des femmes de l’Université d’Ottawa (IÉF), s’est déroulé dans le cadre du 79e congrès de l’Association francophone pour le savoir (Acfas) à Sherbrooke, Québec, Canada, les 10 et 11 mai 2011.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_hyzj7mh&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_hyzj7mh&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Du côté des productions récentes, pensons aux nombreux articles qui sont parus sur la parité et, concernant la représentation figurative, à l’ouvrage de Raphaëlle Moine, &lt;em&gt;Les femmes d’action au cinéma&lt;/em&gt; (2010) ou au documentaire audio-visuel, &lt;em&gt;Miss Representation&lt;/em&gt; de Jennifer Siebel Newsom (2011), qui traite de la représentation des femmes dans les médias populaires américains.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_i41fclo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_i41fclo&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Voir la contribution de D. Bourque à cet ouvrage: «Claude Cahun ou l’art de se dé-marquer».&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_wnnh2kr&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_wnnh2kr&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Voir entre autres &lt;em&gt;Éthique de la mode féminine&lt;/em&gt;, sous la dir. de Michel Dion et Mariette Julien (2010), et plus particulièrement l’article «D’une tyrannie de l’apparence: corps de femmes sous contrôle» de David Le Breton dans cet ouvrage. Pour une vue d’ensemble sur les processus de reproduction des stéréotypes sexuels et leurs effets, on consultera avec profit l’étude de Francine Descarries et Marie Mathieu (2010), &lt;em&gt;Entre le rose et le bleu. Stéréotypes sexuels et construction sociale du féminin et du masculin.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_po31y1d&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_po31y1d&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; L’hyperconsommation, l’importance des médias, la société du spectacle, le culte du corps et de la jeunesse, etc., qui caractérisent notre époque, favorise ce que Le Breton (2010) appelle une «tyrannie de l’apparence»: «Le corps est un lieu de différenciation, un atout pour exister dans le regard des autres, et donc une valeur à faire fructifier à travers le souci de soi. Il s’agit de construire par la mise en scène de l’apparence et éventuellement de son for intérieur des opérations pour devenir soi, se faire d’emblée image» (Le Breton, 2010: 5).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-numero-publication field-type-text field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Numéro de la publication: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;5&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-date field-type-datetime field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Année de parution: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;date-display-single&quot; property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2013-01-01T00:00:00-05:00&quot;&gt;2013&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Aires de recherche: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53400&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Archéologie du contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53404&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Enjeux littéraires contemporains&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53403&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Figures contemporaines&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imaginaire de la théorie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53405&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Penser le contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53399&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Enjeux artistiques contemporains&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-contenu field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Courants artistiques: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53821&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-epoque field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Période historique: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1336&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;XXIe siècle&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/97&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;XXe siècle&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-fig-imag field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Figures et Imaginaires: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1022&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;artiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1376&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;auteur&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/971&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;colère&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/265&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;désir&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54526&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;désirs féminins&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/313&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Deuxième Guerre mondiale&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/127&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;enfermement&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/167&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;femme&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54533&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;filiation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54534&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;héritage&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54538&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;luttes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54532&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;maternité&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54563&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;privilèges&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-genre field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Objets et pratiques culturelles: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/183&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;livre&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/984&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;actualités&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/67&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;essai&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54558&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;témoignage&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-problematiques field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Problématiques: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54501&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;agentivité&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54502&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;agentivité sexuelle&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54503&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;antiféminisme&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54505&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;binarité&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54507&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;colonisation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/180&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;création&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/191&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;écriture&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54513&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;égalités&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54514&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;émancipation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54515&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;empowerment&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/293&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;énonciation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/246&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;féminisme&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1123&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;je&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54543&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;performativité du genre&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54544&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;queer&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/887&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;réappropriation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/74&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;récit&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1102&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;sexualités&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54547&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;sexismes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-provenance field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Contexte géographique: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/16&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Europe&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/30&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/24&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Canada&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/26&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Québec&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53490&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Montréal&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-savoirs field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Champs disciplinaires: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/55&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;arts&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54561&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;travail social&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/350&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;politique&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/802&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;sciences sociales&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/390&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;sociologie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53798&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;études féministes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53799&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;études culturelles&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-type-publication field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Type de publication: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54481&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Cahiers de l&amp;#039;IREF&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;L’ensemble des textes révèle en effet la lente transition qui s’opère tout au long du XXe siècle. Aux figures de femmes clichées et asservies s’ajoutent des modèles de femmes plus audacieuses, moins conformes, dans un nombre croissant d’œuvres (picturales, cinématographiques et littéraires), de discours et de médias et ce, tant en Amérique du Nord qu’ailleurs dans le monde. &lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=6321&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Bourque, Dominique&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=7036&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Francine  Descarries&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=6991&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Caroline  Désy&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2013. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/presentation-de-lassignation-a-leclatement&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Présentation: de l&#039;assignation à l&#039;éclatement&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». Dans &lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;De l&#039;assignation à l&#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&lt;/span&gt;. Article d’un cahier Figura. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/articles/presentation-de-lassignation-a-leclatement&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/presentation-de-lassignation-a-leclatement&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023. D’abord paru dans (&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=6321&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Bourque, Dominique&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=7036&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Francine  Descarries&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=6991&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Caroline  Désy&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; (dir.). 2013. Montréal : Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Pr%C3%A9sentation%3A+de+l%26%23039%3Bassignation+%C3%A0+l%26%23039%3B%C3%A9clatement&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Bourque&amp;amp;rft.aufirst=Dominique&amp;amp;rft.au=Descarries%2C+Francine&amp;amp;rft.au=D%C3%A9sy%2C+Caroline&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-node-id field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Node ID: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;73436&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Bourque, Dominique, Francine  Descarries et Caroline  Désy&amp;lt;/span&amp;gt;. 2013. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;Présentation: de l&amp;#039;assignation à l&amp;#039;éclatement&amp;lt;/span&amp;gt; ». Dans &amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;De l&amp;#039;assignation à l&amp;#039;éclatement. Continuités et ruptures dans les représentations des femmes&amp;lt;/span&amp;gt;. Article d’un cahier Figura. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/presentation-de-lassignation-a-leclatement&amp;amp;gt;.  D’abord paru dans (&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Bourque, Dominique, Francine  Descarries et Caroline  Désy&amp;lt;/span&amp;gt; (dir.). 2013. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=Pr%C3%A9sentation%3A+de+l%26%23039%3Bassignation+%C3%A0+l%26%23039%3B%C3%A9clatement&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-42-0&amp;amp;amp;rft.date=2013&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Bourque&amp;amp;amp;rft.aufirst=Dominique&amp;amp;amp;rft.au=Descarries%2C+Francine&amp;amp;amp;rft.au=D%C3%A9sy%2C+Caroline&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Mon, 02 May 2022 14:28:15 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73436 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/fr/articles/presentation-de-lassignation-a-leclatement#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>La filiation créatrice dans «Journal de la création» (1990) de Nancy Huston et «Le bébé» (2002) de Marie Darrieussecq</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/articles/la-filiation-creatrice-dans-journal-de-la-creation-1990-de-nancy-huston-et-le-bebe-2002-de</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Trop&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_a20x6re&quot; title=&quot;Cet article a été écrit dans le cadre d’une thèse de doctorat soutenue par le Fonds de recherche du Québec –Société et culture (FRQSC).&quot; href=&quot;#footnote1_a20x6re&quot;&gt;1&lt;/a&gt; longtemps, parce qu’elles étaient réduites à leurs fonctions maternelles et donc considérées comme inaptes à la création, les femmes ont eu à choisir entre la maternité et l’écriture. En raison de leur puissance procréatrice, elles «ont été confinées dans la sphère privée et exclues de la culture, tant de la vie de l’esprit et de la création que du monde socio-économique et politique» (Saint-Martin, 1999: 19). Si certaines ont réussi, avant l’époque contemporaine, à la fois à créer une œuvre littéraire devenue canonique et à avoir des enfants (on peut penser à Germaine de Staël, à George Sand et à Colette), l’histoire littéraire française n’a retenu que très peu de textes d’écrivaines qui étaient également mères. Prises dans une vision dichotomique opposant l’esprit et le corps, certaines, à l’instar de Simone de Beauvoir, ont refusé l’enfantement parce qu’elles n’étaient pas prêtes à renoncer au monde de l’esprit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les mères étaient omniprésentes dans les romans, mais trop souvent confinées dans le mutisme ou même mortes, et, dans tous les cas, racontées par leurs enfants. En somme, elles ne parlaient pas; elles étaient l’objet du discours des autres. La vision tenace de la bonne mère défendue par Jean-Jacques Rousseau, selon laquelle cette dernière doit s’oublier au profit des siens (voir Badinter, 1980), explique probablement en partie le silence maternel. Cette vision répond à une dichotomisation des rapports entre hommes et femmes préconisée par le patriarcat et qui met en place des oppositions telles que culture ⁄ nature, esprit ⁄ corps, création ⁄ procréation, etc., dans lesquelles le terme associé au féminin est dévalorisé. Selon cette vision du monde, les femmes ne pourraient pas être à la fois créatrices et procréatrices, écrivaines et mères.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ailleurs, la grossesse et la maternité, qui relèvent surtout de la sphère privée, ont longtemps été marginalisées et considérées comme non représentables dans l’univers public. Dans le but de permettre aux femmes de s’approprier le phénomène qui les concerne au premier chef, Adrienne Rich affirme en 1976 qu’il existe deux maternités opposées : la maternité-institution, qui vise à garder les représentantes du sexe féminin dans le giron du pouvoir des hommes, et la maternité-expérience, caractérisée par la relation possible de toute femme avec son pouvoir de reproduction et avec les enfants (Rich, 1976: 13). Rich soutient que l’institution de la maternité a privé les femmes de la jouissance de leur corps en les y emprisonnant et qu’elle a marginalisé leur potentiel (Rich, 1976: 13).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parce que l’assujettissement des femmes est passé par la mainmise du patriarcat sur la fécondité, il n’est pas étonnant de constater que les mouvements féministes des années 1970 ont développé un discours très critique sur la maternité. Les militantes de ces mouvements ont voulu se détacher de leur mère, à la fois pour échapper au destin féminin commun et pour former leur propre identité et prendre la parole comme sujets.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«Ce n’est qu’assez récemment, écrit Lori Saint-Martin, que des mères viennent à l’écriture, et, qui plus est, décrivent leur expérience de mère, contribution tout à fait inédite» (1999: 32). Saint-Martin ainsi que d’autres chercheures spécialistes de la maternité en littérature telles que Marianne Hirsch et Ann E. Kaplan situent ainsi l’émergence de la voix de la mère dans les années 1980 (voir Hirsch, 1989; Kaplan, 1992; Saint-Martin, 1999). À partir de ce moment, nous voyons paraître des récits écrits du point de vue de la mère et qui mettent en scène la subjectivité maternelle. Ces textes novateurs, loin de privilégier une seule perspective (comme cela a longtemps été le cas), font plutôt cohabiter et dialoguer différentes voix: celles de la mère, de la fille, de la femme, de l’artiste, etc.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Maintenant que les mères sont devenues sujets et qu’elles prennent la parole, elles écrivent sur leur expérience de façon singulière. C’est ce que conclut Lori Saint-Martin dans son ouvrage sur les relations mère-fille dans la littérature québécoise contemporaine:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;À notre époque, pour la première fois peut-être, une réconciliation des deux [la procréation et la création] devient possible. Mieux, cette réconciliation même peut devenir la matière d’une œuvre. Aujourd&#039;hui, écrire à titre de mère, assimiler enfantement et création romanesque, ce n’est pas se soumettre à une équivalence réductrice selon laquelle toute femme normale est mère, ni brandir son ventre comme une ultime justification d’exister. C’est se réinventer en même temps femme ET créatrice, transformer à la fois la maternité et la fiction (Saint-Martin, 1999: 280).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est exactement la posture qu’adoptent Nancy Huston et Marie Darrieussecq, les deux auteures françaises dont il sera ici question. &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt;, de la première, est un essai narratif sous forme de journal qui offre des passages riches et très personnels sur la grossesse, la maternité, l’écriture, les changements liés à l’identité, le rapport à l’autre et la vie avec le conjoint. &lt;em&gt;Le Bébé&lt;/em&gt;, de la deuxième, est un récit intime, composé de cahiers sur la maternité et l’écriture, qui remet en question les clichés entourant «le bébé» et l’expérience maternelle. Les deux textes, qui s’inscrivent dans la période de l’extrême contemporain&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_n99e40o&quot; title=&quot;Selon Barbara Havercroft, Pascal Michelucci et Pascal Riendeau, cette période caractérise «l’ouverture vers les nouvelles formes romanesques ou fictionnelles apparues au cours des années 1980» (Havercroft, Michelucci et Riendeau, 2010: 8).&quot; href=&quot;#footnote2_n99e40o&quot;&gt;2&lt;/a&gt;, présentent des narratrices qui s’entendent pour dire que la maternité peut parfois (et idéalement) être source d’inspiration et non seulement source de contraintes. Je m’intéresserai ici à une double filiation&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_p2eyjex&quot; title=&quot;La filiation sera ici appréhendée dans sa dimension idéologique (des caractéristiques littéraires et des prises de position qui lient diverses auteures entre elles) et non généalogique ou familiale. Je ne m’arrêterai pas aux liens filiaux entre les personnages. Il a été montré que la relation mère-fille joue un grand rôle dans la subjectivité et la prise de parole des femmes. Cela dit, dans les deux livres dont il est question ici, les enfants sont des garçons, le lien de filiation de la mère à la fille est donc rompu. Au moment d’écrire Journal de la création, Huston a déjà une fille dont elle parle sporadiquement mais le présent article n’en fera pas mention.&quot; href=&quot;#footnote3_p2eyjex&quot;&gt;3&lt;/a&gt;. D’abord, j’essaierai de voir comment le choix d’une forme narrative personnelle (journal et cahier) permet aux auteures de renouveler le genre autofictionnel et d’illustrer l’idée qui veut que la maternité puisse stimuler la création. Ensuite, je tenterai de montrer, entre autres par l’analyse de quelques intertextes et de commentaires métatextuels, que les auteures s’inscrivent dans une lignée d’écrivaines qui cherchent à invalider le poncif selon lequel la création et la procréation sont incompatibles.&lt;/p&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;VARIATIONS SUR LA FORME AUTOBIOGRAPHIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;p&gt;Autobiographie, autofiction, récits de soi, écritures de soi: les termes ne manquent pas pour définir ce courant littéraire, très répandu aujourd’hui, et qui se concentre sur les représentations du «moi». Comme nombre de chercheur-e-s l’ont affirmé, cette pratique n’est pourtant pas récente en littérature française; elle remonte aux &lt;em&gt;Confessions&lt;/em&gt; de Jean-Jacques Rousseau&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_jdbgfzj&quot; title=&quot;Voir, entre autres, Viart et Vercier, 2008: 28.&quot; href=&quot;#footnote4_jdbgfzj&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. Depuis la création du terme «autofiction» par Serge Doubrovsky en 1977, une panoplie d’expressions ont fait leur apparition pour désigner cette pratique mouvante: Philippe Forest parle d’«égolittérature», Annie Ernaux d’«auto-socio-biographie» tandis que Bruno Blanckeman utilise l’expression «autofabulation». Mais comment s’y retrouver? Dominique Viart et Bruno Vercier constatent&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[qu’]il n’est pas aisé de démêler l&#039;écheveau complexe des «écritures de soi», selon la formule qui tend, au risque d&#039;une moindre précision dans la terminologie, à s&#039;imposer. Cette dilution du terme n&#039;est du reste pas indifférente: si la chose prolifère, le mot, lui, est devenu suspect: on ne parle plus guère d&#039;«autobiographie». Comme si d&#039;en avoir trop précisé les caractères l&#039;avait rendu trop contraignant (Viart et Vercier, 2008: 29).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’expression privilégiée par les deux théoriciens serait-elle devenue le générique d’un genre hybride difficile à cerner, un choix linguistique qui engloberait les sous-genres «autofiction», «autobiographie»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_teju7jh&quot; title=&quot;Contrairement à ce que prétendent les auteurs, le terme est encore employé (voir Smith et Watson, 2010).&quot; href=&quot;#footnote5_teju7jh&quot;&gt;5&lt;/a&gt;, etc.? Dans ce cas, qu’est-ce qui distingue le roman autobiographique des récits de soi ou même de l’autofiction? Les termes sont-ils interchangeables? Sans égard à l’expression retenue, Viart et Vercier reconnaissent la créativité du genre: «[…] il importe de souligner combien [l&#039;écriture de soi] est inventive et produit de nouvelles formes littéraires. Car elle interroge à la fois la&lt;em&gt; vie&lt;/em&gt;, le &lt;em&gt;sujet&lt;/em&gt; et l&#039;&lt;em&gt;écriture&lt;/em&gt;, chacune des trois notions qui en composent le nom» (Viart et Vercier, 2008: 64; les auteurs soulignent).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les genres littéraires de l’intime, comme le journal et les correspondances, ont longtemps été les seuls investis par les femmes, parce que celles-ci avaient difficilement accès à la publication&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_32lg1kk&quot; title=&quot;Voir le désormais classique ouvrage de Béatrice Didier, Le journal intime: «Le journal, comme la correspondance, a été pendant longtemps un refuge de la créativité féminine privée d’autres modes d’expression littéraire» (Didier, 1991: 17).&quot; href=&quot;#footnote6_32lg1kk&quot;&gt;6&lt;/a&gt;. Bien que la majorité de ces textes publiés aient tout de même été écrits par des hommes, ce sont surtout les femmes qui ont été associées à la littérature personnelle, considérée comme sentimentale et relevant du privé. En dépit de cette catégorisation réductrice, de nombreux écrivains masculins privilégient ce genre depuis environ deux décennies. Pourquoi une telle forme axée sur le «moi», que certains détracteurs ont qualifiée de narcissique, est-elle aussi populaire? Viart et Vercier ont identifié deux phénomènes qui l’expliquent:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[D’]une part les réserves, qui avaient un temps détourné la littérature de la question du «sujet», notion devenue suspecte sous l&#039;influence des sciences humaines qui pensaient en termes de «structures», sont tombées. […] D&#039;autre part, le repli sur soi dans une période marquée par la désillusion des grands desseins collectifs favorise une forme d&#039;individualisme que les sociologues (Gilles Lipovetsky) ne manquent pas de souligner (Viart et Vercier, 2008: 27-28).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien que les hommes s’intéressent désormais plus que jamais aux écritures de soi, les femmes restent surreprésentées dans l’autofiction (voir Baudelle, 2012: 146). De nos jours, les écrivaines choisissent ces formes parce qu’elles leur permettent d’exprimer pleinement leur subjectivité. Selon Barbara Havercroft, «ce genre de textes constitue un lieu opportun pour la création et l’expression de la subjectivité et de l’identité, enjeux majeurs de l’écriture au féminin». Elle ajoute que&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;les écrits autobiographiques récents au féminin sont des lieux scripturaux d’agentivité, car la nature même du texte intime met l’exploration de la subjectivité au premier plan et deuxièmement, les potentialités discursives utilisées par les femmes autobiographes sont propices aux changements sociaux et politiques, revendications inspirées par leurs propres expériences de vie (Havercroft, 2001: 518).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Y aurait-il donc une spécificité des textes autobiographiques des femmes? Certains critiques comme Barbara Havercroft voient se développer une tendance, celle de mettre en scène le corps, les fantasmes et les désirs en utilisant la confession et l’aveu:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Une des tendances notables de l’écriture des femmes en France lors de ce nouveau siècle s’avère la publication de textes autobiographiques et autofictifs qui s’approprient, subvertissent et renouvellent certains traits de la confession. Ce faisant, ces écrivaines révèlent des expériences hautement intimes, souvent d’ordre sexuel, créant ainsi des discours confessionnels novateurs où la mise à nu du sujet n’est plus un acte entouré de honte ou une recherche de pardon et de rédemption (Havercroft, 2012: 159).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ont donc vu le jour des textes comme &lt;em&gt;L’inceste&lt;/em&gt; (1999) de Christine Angot, &lt;em&gt;La nouvelle pornographie&lt;/em&gt; (2000) de Marie Nimier ou encore&lt;em&gt; La vie sexuelle de Catherine M. &lt;/em&gt;(2001) de Catherine Millet, livres dans lesquels les narratrices racontent exploits sexuels, fantasmes ou traumas et où le corps féminin est à l’avant-scène.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les deux textes de mon corpus partagent avec ces dernières «confessions» certaines caractéristiques: Darrieussecq utilise parfois l’aveu pour faire part des pensées ou des gestes qui relèvent du tabou (de l’inceste par exemple&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_sjz9a4x&quot; title=&quot;«Quand je le lave, le frotte, l’essuie puis le câline, c’est consciemment que je m’interdis d’embrasser son sexe: je lui bécote le ventre, à la place. […] [M]on amour maternel est d’abord pédophile, attirance passionnée pour son petit corps, besoin de m’en repaître» (Darrieussecq, 2005: 19).&quot; href=&quot;#footnote7_sjz9a4x&quot;&gt;7&lt;/a&gt;) et Huston révèle des détails d’ordre sexuel en décrivant son expérience de l’érotisme maternel. Cela dit, ces éléments ne composent pas la matière essentielle des livres. Leur plus grande innovation réside dans le fait que les narratrices prennent la parole en tant que mère ou mère en devenir et non seulement en tant que fille. De plus, elles montrent qu’une mère n’est pas uniquement mère, mais qu’elle est aussi femme, créatrice, amoureuse, etc., et qu’elle peut avoir des intérêts autres que le soin et l’épanouissement des enfants.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On peut se demander pourquoi Nancy Huston a choisi le journal puisque, comme le remarque Chantal Ringuet:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;sur le plan formel, le &lt;em&gt;Journal de la création &lt;/em&gt;affiche plusieurs caractéristiques qui s’écartent des critères canoniques du genre, telles l’écriture fragmentaire, la double structure […] énonciative, la multiplicité référentielle et l’hybridation textuelle, qui participent à la fois de la construction textuelle de la narratrice et de sa transformation du texte diaristique (Ringuet, 2000: 4).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Huston répond que c’est «un genre littéraire qui &lt;em&gt;scande&lt;/em&gt; le temps» (Huston, 1990: 16; l’auteure souligne). Et le temps est inscrit de façon manifeste dans le corps des femmes en raison du cycle menstruel, de la gestation et de la fécondité. Contrairement aux hommes, qui peuvent devenir pères jusqu’à un âge avancé, les femmes ont une période de fertilité limitée. Lorsqu’une femme sans enfant approche de la trentaine, il n’est pas rare qu’elle se fasse demander si son horloge biologique se manifeste. Ainsi, qu’une femme veuille ou non enfanter, les fonctions de son corps sont soumises à la temporalité. Le temps est également écrit dans le journal puisque «[c]elui qui retouche ou même seulement recopie son journal […] opère un va-et-vient entre deux temps, ou même trois: celui du vécu, celui de la première rédaction, celui de la rédaction définitive –ou des rédactions successives» (Didier, 1991: 11). Dans le cas de Huston, cette forme permet de rendre compte de l’évolution de ses questionnements et réflexions ainsi que des transformations identitaires et physiques liées à la grossesse tout en accordant une place à l’inscription du quotidien, voire du banal, à même le texte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Traditionnellement, la pratique d’écriture du journal consistait à consigner pensées et fragments datés chronologiquement et qui s’adressent au seul diariste. Ce type d’écrit n’était pas destiné à la publication. Or, &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt;, parce qu’il présente une construction textuelle et un agencement des entrées diaristiques et des intertextes, a été constitué en vue d’être diffusé. Comme l’affirment Viart et Vercier, «un journal écrit pour être publié de façon anthume n&#039;est plus le relevé plus ou moins quotidien des pensées et des événements: il est habité d&#039;une conscience de l&#039;œuvre et construit une image de soi destinée à autrui» (Viart et Vercier, 2008: 66). Le choix de la publication implique nécessairement le désir d’être lu et fait de l’ouvrage un projet destiné à l’Autre. En même temps, nous le verrons, l’auteure avait comme objectif en écrivant son &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; de comprendre un conflit intérieur: cette œuvre relève donc également de l’intime. À la fois tourné vers l’Autre et vers soi, ce texte est composite, plurivoque. Les extraits choisis du journal (à l’origine) intime sont intégrés par l’auteure dans l’essai que devient le &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Marie Darrieussecq, de façon similaire, «n[’aurait pas pu] mieux dire par la fiction : [elle a] le bébé constamment sous les yeux» (Darrieussecq, 2005: 34). La narratrice n’a pas la distance critique et physique (c’est-à-dire la solitude) nécessaire à la fiction: «&lt;em&gt;Une écriture structurée par sa propre contrainte&lt;/em&gt;, les poncifs trouvent leur écho, les appels du bébé découpent ces pages, d’astérisque en astérisque» (Darrieussecq, 2005: 34; l’auteure souligne). Peut-être est-ce précisément parce qu’elle voulait exprimer le discontinu et le fragmentaire qu’elle a choisi les cahiers. Ceux-ci lui permettent de raconter le quotidien et le banal («Je fais longuement pocher une poire, je la pèle, je l’écrase menu menu. Il n’en veut pas. Il veut bien de son petit pot» [Darrieussecq, 2005: 119]), l’immédiat. Ils lui permettent aussi de consigner des éléments qui résistent à la fiction, comme les listes («Jusqu’ici, à part le lait, le bébé aura goûté aux parfums “framboise” [un gel anti-acidité], “banane-fenouil” [un pansement gastrique], “orange-caramel” [des vitamines], “citron” [un cocktail anti-rachitisme], “papaye” [un sirop anti-reflux]» [Darrieussecq, 2005: 102].) ou encore l’évolution de son enfant: les passages du stade de nourrisson au stade de bébé et ensuite d’enfant. Au lieu de se sentir empêchée par les contraintes qui fragmentent l’écriture, elle en fait un moteur de son écriture.&lt;/p&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;JOURNAL DE LA CRÉATION DE NANCY HUSTON: ACCEPTER «LA MATERNITÉ, LA MATÉRIALITÉ, LA MORTALITÉ»&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt; est un texte hybride, mi-journal, mi-essai, qui traite de la grossesse en cours de la narratrice et qui propose une réflexion à la fois «sur l’autre type de création –à savoir l’art– et sur les liens possibles et impossibles entre les deux» (Huston, 1990: 12). L’auteure explore ce qu’elle nomme le «mind-body problem» (en faisant référence à un roman du même nom publié par une romancière américaine, Rebecca Goldstein, en 1983) ou, en d’autres termes, la dichotomie corps-esprit (Huston, 1990: 12). Le début du texte (daté du 12 février 1988) coïncide avec la fin du premier trimestre de la grossesse de la narratrice; il correspond également à la date anniversaire (trois jours plus tard) d’une maladie neurologique qui l’a fait souffrir en 1986 ainsi que d’une «crise» psychique qu’elle a vécue l’année d’après. Son objectif en écrivant ce livre est le suivant:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Ce que je voudrais faire dans ces pages –mais oserais-je seulement aller jusqu’au bout?–, c’est déceler le sens de ces deux maladies, et le lien entre les deux… afin de comprendre pourquoi, depuis deux ans, je suis le siège d’une lutte sans merci entre mon corps et mon esprit (Huston, 1990: 17).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour y arriver, Huston fait des parallèles entre sa vie privée, son expérience d’enseignement d’un cours intitulé &lt;em&gt;Le corps écrit&lt;/em&gt; qu’elle offre alors annuellement à l’Université américaine de Paris et des émissions radiophoniques qu’elle a préparées avec un collègue sur des couples d’artistes célèbres comme Zelda et Scott Fitzgerald, George Sand et Alfred de Musset, Elizabeth Barrett et Robert Browning, Virginia et Leonard Woolf, Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, Sylvia Plath et Ted Hughes. Le «siège d’une lutte sans merci entre [le] corps et [l’]esprit», c’est aussi ce qu’incarnent la plupart de ces créatrices féminines, si on considère que très peu d’entre elles ont réussi à allier maternité et création de façon «saine», c’est-à-dire sans y laisser leur santé mentale, voire leur vie. Rappelons effectivement que, outre Zelda Fitzgerald qui a sombré dans la folie, Virginia Woolf et Sylvia Plath se sont suicidées, la première sans avoir eu d’enfants et la deuxième, en dépit du bonheur et de l’épanouissement artistique que lui procurait la maternité. Simone de Beauvoir, sans avoir ouvertement souffert du conflit entre le corps et l’esprit, a toutefois renoncé à la maternité, qu’elle considérait comme aliénante. George Sand, pour sa part, est un des rares exemples d’écrivaines qui ont réussi, avant l’époque contemporaine, à écrire une œuvre qui est devenue en partie canonique, à mettre en scène leur désir et leurs fantasmes et à avoir des enfants:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Si […] Sand a reconnu ne pas être «une artiste», au sens extrême et perfectionniste où l’entendait Flaubert, elle n’en demeure pas moins la preuve vivante, éclatante et rarement égalée de nos jours, qu’il n’y a pas d’incompatibilité intrinsèque entre écriture, érotisme et maternité (Huston, 1990: 93).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Huston s’associe plus étroitement à certaines des écrivaines qu’elle convoque. Simone de Beauvoir, qui est sans conteste une grande figure du féminisme du 20e siècle, est l’une d’entre elles. Elle a réussi à se tailler une place aux côtés des intellectuels du Paris de l’après-guerre et a produit une œuvre littéraire qui lui a survécu. Si elle représente un modèle pour beaucoup de féministes des générations qui l’ont suivie, ses prises de position sur la maternité ne font pas l’unanimité. Dans &lt;em&gt;Le Deuxième Sexe&lt;/em&gt;, paru en 1949, elle réserve des pages sinistres à cette expérience. Dès son plus jeune âge, elle savait qu’elle préférait «former des esprits plutôt que des corps», c’est-à-dire enseigner plutôt qu’élever des enfants (dans l’optique beauvoirienne, la vie intellectuelle n’est pas compatible avec la vie parentale) et qu’elle privilégiait «des rapports choisis avec des êtres choisis» (cité dans Huston, 1995: 84). Nancy Huston a longtemps voulu ressembler à Simone de Beauvoir: elle ne désirait pas d’enfants et envisageait de se consacrer à l’écriture. Pourtant, elle s’est rendu compte que «l’enfantement et l’écriture, loin d’être contradictoires, nous conduisent vers l’essentiel, au cœur du beau, nous font toucher à la vie dans ce qu’elle a de plus tendre et de plus violent. Avoir un enfant vous ouvre les yeux sur le monde» (Cuypers, 1999: 26). C’est ce revirement de situation qui la fait écrire: «Ce que ne pouvait pas savoir Simone de Beauvoir, c’est que la maternité ne draine pas, toujours et seulement, les forces artistiques; elle les confère aussi» (Huston, 1990: 179). Huston laisse entendre ici que Beauvoir, puisqu’elle n’a jamais eu d’enfants, ne pouvait pas concevoir combien ceux-ci changent «les postulats» de tout «calcul» (voir Huston, 1990: 179).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les passages sur les couples d’artistes sont par moments entrecoupés de commentaires métatextuels adressés à l’auteure elle-même ou au bébé à venir. Voici un exemple:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Mais mon bébé, dis-moi: […] [p]ourquoi ne tirerais-je pas des idées, des phrases, des images et des rêves de cette source vive qui est toi? Je le fais tous les jours… Si une femme n’est pas obligée d’avoir douze enfants et d’offrir perpétuellement sa poitrine aux «poignards» de leurs besoins, elle peut à la fois «soutenir la joie de donner la vie» et puiser dans cette joie des formes nouvelles (Huston, 1990: 102; l’auteure cite Elizabeth Barrett Browning).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’entends la métatextualité dans le même sens que Gérard Genette, c’est-à-dire comme «la relation, on dit plus couramment de ‟commentaire”, qui unit un texte à un autre texte dont il parle, sans nécessairement le citer (le convoquer), voire, à la limite, sans le nommer […]» (Genette, 1982: 10). Ici, le métatexte concerne un passage d’&lt;em&gt;Aurora Leigh &lt;/em&gt;cité dans le &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; et dans lequel la mère de la protagoniste (comme celle de Barrett Browning) meurt en donnant naissance à son enfant. Le commentaire fait référence à la fois à la citation d’&lt;em&gt;Aurora Leigh &lt;/em&gt;(qui est un intertexte) et au texte qui contextualise la citation. Cette stratégie discursive autorisée par la forme diaristique permet de souligner la distance critique prise vis-à-vis du discours rapporté et d’inscrire la réflexion sur la maternité dans une filiation à la fois complice et critique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout un réseau d’intertextes féminins parcourt le &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt;. À l’instar de Gérard Genette, j’envisage l’intertexte comme: «[…] une relation de coprésence entre deux ou plusieurs textes, c’est-à-dire, eidétiquement et le plus souvent, par la présence effective d’un texte dans un autre» (Genette, 1982: 8). Dans la citation suivante, Huston rapporte un extrait du journal de Virginia Woolf et le commente; elle s’adresse indirectement à Woolf:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;«Je ne sais pas pourquoi, écrit Virginia Woolf dans son journal, le 19 janvier 1922, le lien entre la vie et la littérature doit être fait par les femmes : et elles le font si rarement bien.» Je fais de mon mieux, Virginia… Je vous tends la main comme vous avez tendu la vôtre à Elizabeth Barrett en écrivant sa biographie à travers les yeux de son épagneul Flush; comme elle a tendu la sienne à George Sand en lui dédiant des sonnets sur l’androgynie et l’angélisme… De main en main, nous finirons bien par voir clair dans cette histoire (Huston, 1990: 106-107).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En mettant en parallèle les efforts de Woolf, de Barrett et de Sand, Huston reconnaît la volonté de ces femmes de faire «le lien entre la vie et la littérature» et désire en quelque sorte s’inscrire dans la lignée qu’elles incarnent. Si l’auteure sait très bien que Woolf ne pourra entendre son message, elle est consciente que son texte pourra pourtant servir à d’autres lectrices, peut-être créatrices à leur tour, qui la liront et continueront la réflexion. L’image de la main tendue qui traverse la citation, parce qu’elle concerne des écrivaines qui n’ont pas vécu à la même époque, développe une symbolique atemporelle rassembleuse. Telles les figures dans une ribambelle en papier, les auteures joignent les mains, s’unissent, pour transmettre leurs savoirs. Ce choix discursif mobilise des efforts qui, autrement, demeureraient isolés. Il participe à la création d’une subjectivité collective à l’abri des discours patriarcaux qui ont trop longtemps dominé la sphère de la création artistique. Huston enrichit également cette généalogie. Elle écrit:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Peu d’événements dans ma vie m’ont autant prise au dépourvu que les retrouvailles étincelantes, lors de ma première grossesse, entre érotisme et fécondité. Cette fois-ci encore, enceinte (et désireuse de l’être), je suis littéralement à fleur de peau: ma peau fleurit de partout, des fleurs poussent de tous mes pores, je ne suis plus que floraison; que ce soit M. qui m’effleure, ou moi-même, ou une idée, le plaisir affleure immédiatement, impérieusement, débordant et sûr de lui… Aucun discours «libérateur», ni du côté des hommes ni du côté des femmes, ne m’avait préparée à cela (Huston, 1990: 40).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puisque «aucun discours» ne l’avait préparée au fait que la grossesse puisse être chargée d’un certain érotisme, elle se donne pour tâche de l’écrire et de transmettre cette expérience à ses lectrices. Ainsi, elle met en place une nouvelle filiation, qui commence avec son expérience.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au lieu de voir la grossesse comme un empêchement, un encombrement, il est possible de s’en inspirer pour créer des œuvres axées sur la continuité et la discontinuité, sur l’amour, sur l’interpénétration du corps et de l’esprit, etc. Des artistes comme Miriam Bat-Yosef et Emma Santos&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_k9kucl3&quot; title=&quot; vont même plus loin: la maternité est un élément essentiel à la création. Comme l’écrit Huston: «Les deux artistes ont aussi en commun de considérer création et procréation comme non seulement compatibles mais inséparables, indispensables l’une et l’autre, l’une à l’autre, dans une vie de femme» (Huston, 1990: 300). L’écrivaine Huston se situe quelque part entre les deux types d’artistes: celles qui vivent un conflit perpétuel entre le corps et l’esprit (les extraits choisis de son journal en sont la preuve) et celles pour qui la maternité est indispensable à la création.Comment arrive-t-elle à concilier création et procréation? En «accept[ant] la maternité, la matérialité, la mortalité» (Huston, 1990: 329), c’est-à-dire en acceptant la vie et la mort, en comprenant qu’elle fait partie d’un cycle, qu’elle vit des événements qui la dépassent et qu’elle peut par moments perdre le contrôle de ce qu’il lui arrive. Par exemple, à la fin de la grossesse, elle n’a momentanément plus envie d’écrire parce que la gestation l’occupe tout entière:Je constate que l’envie d’écrire me quitte, oui, je me sens trop «occupée» pour écrire. Quelqu’un d’autre occupe mon corps et mon esprit. S’agit-il pour autant d’une «déchéance» de mon esprit dans mon corps? Non: un émerveillement, au contraire, de trouver l’autre si absolument proche. Une fascination devant l’étrangeté indicible qu’il y a à voir et sentir son propre ventre bouger sous l’impulsion de messages envoyés par le cerveau d’autrui (Huston, 1990: 322).Au lieu de s’inquiéter d’une telle panne, elle en profite pour se mettre à l’écoute du fœtus qui bouge en elle. C’est maintenant ce dernier qui doit décider quand il sera prêt à naître. Le Journal s’achève quelques pages plus loin, au moment où la parturiente part pour l’hôpital: le travail de l’accouchement se met tranquillement en branle. À la fin du texte, elle fait un bilan; le 4 juillet 1988, elle écrit:Je me sens guérie. Est-ce parce que j’ai parcouru cet itinéraire, cousu ensemble en un patchwork toutes les pièces multicolores qui, avant de s’appeler Journal de la création, se trouvaient éparpillées ça et là, pans disparates de mon identité déchirée? ou bien tout simplement à cause de la grossesse? […] Je me sens enfin intègre, oui, un tout (Huston, 1990: 323).Le fait même de poser ces questions lui permet d’y répondre: elle a atteint son objectif de dénouer le conflit qui l’habitait à la fois grâce à l’écriture du Journal et à la grossesse. La gravidité entraîne des changements physiques, moraux et psychiques qui transforment nécessairement l’identité. Pour Huston, le fait d’être enceinte a modifié son rapport à la création et à la procréation, en plus de lui fournir la matière du Journal. Ainsi, au lieu de considérer la gestation comme un obstacle à la création, elle utilise cette réalité pour faire émerger des formes nouvelles. L’œuvre créée met de l’avant une interconnectivité entre le corps et l’esprit et illustre bien l’idée selon laquelle il n’y a pas de rupture entre l’art et la vie.LE BÉBÉ DE MARIE DARRIEUSSECQ: LE TEMPS DU NOURRISSON ET LE TEMPS DE L’ÉCRITURELe Bébé de Marie Darrieussecq a été publié en 2002, douze ans après Journal de la création. Le livre, qui ne porte aucune mention générique sur la couverture, est composé de deux cahiers («Printemps, été» et «Été, automne») de fragments traitant du rapport au bébé et contenant des réflexions sur les discours qui entourent cet «objet»«Le bébé est enveloppé de discours épais comme des langes, il est ainsi l’objet le plus mineur qui soit pour la littérature» (Darrieussecq, 2005: 43).&quot; href=&quot;#footnote8_k9kucl3&quot;&gt;8&lt;/a&gt; de la littérature. Dans ce livre, contrairement au &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt;, il n’est question ni du corps de la mère ni de la grossesse et de l’accouchement, à quelques exceptions près. Le texte s’ouvre plutôt sur un mouvement des pieds du bébé: «Ces petits pieds qui gigotent, ils cognaient dans mon ventre» (Darrieussecq, 2005: 11). Cette entrée en matière ainsi que le titre du livre indiquent clairement de quoi il sera question dans ce texte: du bébé. Mais ce qui pourrait étonner, c’est que l’enfant n’est jamais nommé&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_hab2fll&quot; title=&quot;Il est intéressant de noter que, tout comme le bébé, la narratrice et son conjoint n’ont pas de nom. Le conjoint est simplement appelé «le père du bébé». Ce choix narratif a probablement une fonction identificatoire: l’auteure choisit des syntagmes neutres pour que les lecteurs s’identifient plus facilement aux personnages. De même, il est plus aisé ainsi de prendre «le bébé» comme un concept ou un objet s’il n’est pas personnalisé.&quot; href=&quot;#footnote9_hab2fll&quot;&gt;9&lt;/a&gt;. La narratrice préfère le syntagme neutre, impersonnel «le bébé». D’ailleurs, ce petit, pris littéralement pour un objet, sera analysé, ausculté, retourné et commenté. Ce choix fait de lui un concept plutôt qu’un personnage à part entière. Pourtant, le livre lui est en partie destiné quand on considère que l’auteure écrit pour déjouer la possibilité de la mort:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;J’écris pour conjurer le sort –tous mes livres: pour que le pire n’advienne pas. J’écris ce cahier pour éloigner de mon fils les spectres, pour qu’ils ne me le prennent pas: pour témoigner de sa beauté, de sa drôlerie, de sa magnificence; pour l’inscrire dans la vie, comme on signe une promesse, ou comme par un ex-voto on remercie (Darrieussecq, 2005: 79).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cet ouvrage est donc une trace, une inscription du bébé dans l’univers. Dans cette optique cependant, le bambin n’est plus le générique précédé de l’article «le», mais plutôt l’enfant de l’écrivaine. Marie Darrieussecq réfléchit au «bébé» pour comprendre le lien qui l’unit à «son bébé» et pour lui rendre hommage. Les cahiers, même s’ils sont issus d’un questionnement personnel, produisent ici une œuvre tournée vers l’autre, le fils. La narratrice, qui est déjà une auteure connue, a d’emblée accès à la subjectivité et use de cette subjectivité pour commémorer la naissance de son garçon.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le texte, comme celui du &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt;, est truffé de commentaires métatextuels. Cette stratégie discursive permet entre autres à Darrieussecq d’énoncer une des raisons pour lesquelles elle écrit ce livre:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Dire le non-dit: l’écriture est ce projet. À mi-distance entre dire et ne pas dire, il y a le cliché, qui énonce, malgré l’usure, une part de réalité. Le bébé me rend à une forme d’amitié avec les lieux communs; m’en rend curieuse, me les fait soulever comme des pierres pour voir, par-dessous, courir les vérités (Darrieussecq, 2005: 16).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La narratrice se propose d’énoncer ce qu’«on» ne dit pas généralement, de revisiter les poncifs de la maternité pour voir ce qu’ils recèlent de vérité. Mais ce n’est pas tout; Darrieussecq écrit aussi ce livre pour répondre à d’autres textes ou se distancier d’eux:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;J’écris pour définir, pour décrire des ensembles, pour mettre à jour les liens: c’est mathématique. J’écris pour renouveler la langue, pour fourbir les mots comme on frotte les cuivres –&lt;em&gt;le bébé, la mère&lt;/em&gt;: entendre un son plus clair.&lt;br&gt;Ce n’est pas la naissance du bébé qui déclenche ces pages, c’est l’existence d’autres livres et d’autres phrases –toutes faites ou étincelantes (Darrieussecq, 2005: 44).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Elle pense «le bébé» pour se défaire de certaines idées reçues, pour concevoir autrement le rapport au discours social sur la maternité, pour donner à lire un texte qui bouscule certains poncifs et inscrire dans l’univers littéraire un autre exemple de mère écrivaine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais comment, plus concrètement, en finir avec l’incompatibilité traditionnelle entre maternité et création? Une des solutions préconisées par la narratrice est d’accepter qu’il y a un temps pour chaque chose: un temps pour s’occuper de son fils et un temps pour écrire (ces deux tâches n’étant toutefois pas exclusives).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Darrieussecq opère une distinction nette entre le nourrisson et le bébé. Le premier cahier est réservé aux premiers mois de la vie, les moments où les journées sont divisées en six cycles (allaitement, changement de couche, dodo) et où il n’y a pas de différence entre le jour et la nuit: c’est le temps du nourrisson. L’auteure déclare: «L’idée d’écrire sur lui, alors, ne me venait pas». Elle était dévouée aux soins du bébé, «n’étai[t] au monde qu’à demi, n’entendant qu’à demi ce qu’on [lui] disait, ne voyant qu’à demi les gens, lisant mal les livres. La moitié de [son] cerveau était à lui […]» (Darrieussecq, 2005: 32). Le deuxième cahier est consacré à l’étape suivante du développement, celle du bébé. Darrieussecq constate que «[c]ela prend deux à trois mois pour que le nourrisson devienne le bébé: le temps de trouver un mode de garde, de reprendre le travail, de cicatriser le corps, pour se tourner soi-même à nouveau vers le monde, pour être joyeuse à nouveau» (Darrieussecq, 2005: 85). C’est avec le temps du bébé qu’elle se remet à écrire. Ce texte constitue donc en quelque sorte son retour à l’écriture:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;J’ai cessé de désespérer quand j’ai compris que ce temps-là serait court, qu’il ne durerait pas toute la vie. J’ai cessé de désespérer quand une crèche s’est présentée, elle le prenait en octobre. Le temps se réorganisait autour de cette date: celle où je rejoindrais le monde du dehors. Alors je suis descendue dans ce bain de lait, j’ai clapoté, flotté, je me suis saoulée de ce temps du bébé, parce que plus tard je recommencerais à penser, à écrire, à vivre avec les hommes (Darrieussecq, 2005: 12).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a un temps pour s’occuper du bébé et un temps pour écrire: lorsque la narratrice fait ce constat, elle peut enfin se réconcilier avec la première période qui l’éloignait du monde extérieur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme Huston, Darrieussecq prend position par rapport à Simone de Beauvoir, qui reste le phare de nombreuses féministes. &lt;em&gt;Le Bébé&lt;/em&gt; est tout entier une prise de position contre l’opinion de Simone de Beauvoir sur la maternité, un témoignage qui montre que le choix qu’a fait cette dernière pour pouvoir écrire n’est plus nécessaire aujourd’hui. La citation suivante l’illustre bien:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Bonheur d’écrire, bonheur d’être avec le bébé: bonheurs qui ne s’opposent pas. Geint encore en moi, sournoise, la petite chanson: «On ne peut pas être une intellectuelle et une bonne mère», on ne peut pas penser et pouponner. Sainte Beauvoir.&lt;br&gt;Bonheurs qui loin de s’entremanger se nourrissent l’un de l’autre. L’écriture pousse ici avec le bébé, et le bébé profite de l’écriture, puisque ce cahier rend sa mère heureuse. Je continue à travailler (Darrieussecq, 2005: 99).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parce que Darrieussecq a décidé qu’il y avait un temps pour le nourrisson suivi d’un temps pour l’écriture (possible à partir du moment où le fils atteint le stade du bébé), elle peut profiter pleinement de chacun de ces «bonheurs». Elle va même jusqu’à dire que l’un devient complémentaire de l’autre: la présence de l’enfant stimule la création et il en bénéficie parce que l’acte d’écrire comble sa mère. Elle prouve donc, malgré les jugements extérieurs de certains (dont les infirmières qui lui disent que trop travailler «empêcher[a] la montée de lait» [Darrieussecq, 2005: 64]) et contrairement à ce que pensait «Sainte Beauvoir», qu’il est possible d’être à la fois une bonne mère et une intellectuelle accomplie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De plus, l’intertextualité telle que l’emploie Darrieussecq permet, comme nous l’avons vu plus haut, de former une généalogie symbolique d’auteures qui favorise la transmission d’un certain savoir sur l’expérience de la maternité par les initiées et non plus par un discours contrôlé par le patriarcat et notamment par le domaine médical. La narratrice apprend non pas en consultant des guides sur la naissance et l’éducation des enfants mais en lisant l’œuvre de ses consœurs écrivaines:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Après un accouchement, pour je ne sais quelle raison de sécurité il faut rester deux heures jambes écartées, à plat dos sur la table de travail. Relisant&lt;em&gt; Interview &lt;/em&gt;de Christine Angot je m’aperçois que ces deux heures, les accouchées «à terme» peuvent les passer avec leur bébé sur le ventre (Darrieussecq, 2005: 115-116).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce genre d’information n’est pas de celui que la documentation médicale transmet aux parturientes. Nous avons affaire à un transfert de connaissances (unidirectionnel dans ce cas puisque Christine Angot n’est pas directement interpellée) qui lie les deux écrivaines et leur permet de construire un savoir transmis entre femmes. Considérons cet autre intertexte: «Le bébé m’empêche d’écrire, en se réveillant. Dans &lt;em&gt;La Femme gelée&lt;/em&gt;, Annie Ernaux écrit: ‟Deux années à la fleur de l’âge, toute la liberté de ma vie s’est résumée dans le suspense d’un sommeil d’enfant l’après-midi”» (Darrieussecq, 2005: 14). Darrieussecq apprend de l’expérience de ses prédécesseures. Ernaux n’a pas «souffert» pour rien, en quelque sorte. À son tour, Darrieussecq pourra «aider» d’autres mères écrivaines à concilier maternité et écriture.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le but de s’opposer aux doctrines rigides de l’éducation des enfants ou de la prolifération de conseils venant de toutes parts, la narratrice affirme: «Toutes les propositions de ce texte peuvent se renverser» (Darrieussecq, 2005: 76). Ainsi, elle ne prétend pas détenir la vérité, elle ne fait qu’écrire son vécu et publier sa réflexion. Son texte, s’il remet en question les idées reçues sur le bébé, ne se veut pas un mode de compréhension de la parentalité. Comme l’écrit l’auteure: «il n’y a pas de théorie uniforme du bébé» (Darrieussecq, 2005: 77), seulement la possibilité de multiples expressions d’une expérience chaque fois singulière.&lt;/p&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;p&gt;Enfin, parvenue au terme de mon analyse, je peux constater, à l’instar de Julia Kristeva, que «loin d’être en contradiction avec la créativité […], la maternité peut —en tant que telle et si les contraintes économiques ne sont pas trop pesantes— favoriser une certaine création féminine» (Kristeva, 1977: 6). En plus d’être le journal de bord d’une maternité, &lt;em&gt;Journal de la création &lt;/em&gt;constitue le lieu d’inscription du conflit entre corps et esprit, création et procréation, et représente une tentative de compréhension, voire de résolution de ce conflit. Le Bébé s’écrit quant à lui par fragments entre les appels du poupon et remue les poncifs concernant le bébé, la mère et l’instinct maternel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les deux textes s’inscrivent dans une lignée de livres qui montrent que la maternité peut stimuler la création, voire devenir l’inspiration d’une œuvre: se dessinent au sein même des textes des filiations d’auteures. D’un côté, la généalogie ainsi formée permet de mettre de l’avant des vécus racontés du point de vue des mères qui déjouent les discours patriarcaux, tandis que de l’autre, elle sert à remettre les clichés en question et à faire entendre des voix neuves. Cette continuité entre les générations (de Woolf à Huston ou d’Angot à Darrieussecq) instaure une autre filiation où chacune peut être et mère, et fille symbolique. Enfin, il est rafraîchissant de lire des textes positifs sur la maternité, des récits qui, sans censurer l’ambivalence et les doutes inhérents à l’expérience de la parentalité, désamorcent les habituels rapprochements faits entre maternité et mort et entre mère et culpabilité.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BADINTER, Élisabeth. 2010 [1980]. &lt;em&gt;L’Amour en plus, histoire de l’amour maternel (XVIIe-XXe siècle)&lt;/em&gt;, Paris: Flammarion, 449 p.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BAUDELLE, Yves. 2012. «L’autofiction des années 2000: un changement de régime?», dans Bruno Blanckeman et Barbara Havercroft (dir.), &lt;em&gt;Narrations d’un nouveau siècle. Romans et récits français (2001-2010)&lt;/em&gt;, Paris: Presses Sorbonne Nouvelle, p. 145-157.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BEAUVOIR, Simone de. 1949. &lt;em&gt;Le Deuxième Sexe, tomes I et II&lt;/em&gt;, Paris: Gallimard, 502 et 510 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CUYPERS, Dane. 1999. «Nancy Huston vue de l’intérieur», &lt;em&gt;Actualité des religions&lt;/em&gt;, no 1, janvier, p. 24-27.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DARRIEUSSECQ, Marie. 2005 (2002). &lt;em&gt;Le Bébé&lt;/em&gt;, Paris: P.O.L., 187 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DIDIER, Béatrice. 1991 (1976). &lt;em&gt;Le journal intime&lt;/em&gt;, Paris: Presses universitaires de France, coll. «Littératures modernes», 205 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GENETTE, Gérard. 1982. &lt;em&gt;Palimpsestes. La littérature au second degré&lt;/em&gt;, Paris: Seuil, 467 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HAVERCROFT, Barbara. 2012. «Splendeurs et misères de la confession au féminin au XXIe siècle», dans Bruno Blanckeman et Barbara Havercroft (dir.),&lt;em&gt; Narrations d’un nouveau siècle. Romans et récits français (2001-2010)&lt;/em&gt;, Paris: Presses Sorbonne Nouvelle, p. 159-172.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2001. «Auto/biographie et agentivité au féminin dans Je ne suis pas sortie de ma nuit d’Annie Ernaux», dans Lucie Lequin et Catherine Mavrikakis (dir.), &lt;em&gt;La francophonie sans frontières. Une nouvelle cartographie de l’imaginaire au féminin&lt;/em&gt;, Paris: L’Harmattan, p. 517-535.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HAVERCROFT, Barbara, MICHELUCCI, Pascal et Pascal RIENDEAU. 2010. «Frontières du roman, limites du romanesque. Introduction», dans Barbara Havercroft, Pascal Michelucci et Pascal Riendeau (dir.), &lt;em&gt;Le roman français de l’extrême contemporain. Écritures, engagements, énonciations&lt;/em&gt;, Québec: Nota bene, coll. «Contemporanéités», p. 7-22.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HIRSCH, Marianne. 1989. &lt;em&gt;The Mother/Daughter Plot: Narrative, Psychoanalysis, Feminism&lt;/em&gt;, Bloomington: University of Indiana Press, 244 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HUSTON, Nancy. 1995. «Les enfants de Simone de Beauvoir», dans &lt;em&gt;Désirs et réalités, textes choisis 1978-1994&lt;/em&gt;, Paris/Montréal: Actes Sud/Leméac, p. 81-96.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1990. &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt;, Paris: Babel, 352 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KAPLAN, Ann E. 1992. &lt;em&gt;Motherhood and Representation: The Mother in Popular Culture and Melodrama&lt;/em&gt;, Londres: Routledge, 250 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KRISTEVA, Julia. 1977. «Un nouveau type d’intellectuel: le dissident»,&lt;em&gt; Tel quel&lt;/em&gt;, 74, p. 3-8.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICH, Adrienne. 1986 [1976].&lt;em&gt; Of Woman Born: Motherhood as Experience and Institution&lt;/em&gt;, Londres: Virago, 318 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RINGUET, Chantal. 2000. «La construction textuelle du sujet diaristique dans le &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt; (1990) de Nancy Huston: une épiphanie de la parole», mémoire de maîtrise, Montréal: Université du Québec à Montréal, 116 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SAINT-MARTIN, Lori. 1999. &lt;em&gt;Le Nom de la mère. Mères, filles et écriture dans la littérature québécoise au féminin&lt;/em&gt;, Québec: Nota bene, coll. «Essais critiques», 331 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SMITH, Sidonie et Julia WATSON. 2010 [2001], &lt;em&gt;Reading Autobiography. A Guide for Interpreting Life Narratives&lt;/em&gt;, 2e édition, Minneapolis : University of Minnesota Press, 394 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;VIART, Dominique, et Bruno VERCIER. 2008 [2005]. &lt;em&gt;La littérature française au présent. Héritage, modernité, mutations&lt;/em&gt;, avec la collaboration de Franck EVRARD, Paris: Éditions Bordas, 2e édition augmentée, 543 p.&lt;/p&gt;&lt;/fn&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_a20x6re&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_a20x6re&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Cet article a été écrit dans le cadre d’une thèse de doctorat soutenue par le Fonds de recherche du Québec –Société et culture (FRQSC).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_n99e40o&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_n99e40o&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Selon Barbara Havercroft, Pascal Michelucci et Pascal Riendeau, cette période caractérise «l’ouverture vers les nouvelles formes romanesques ou fictionnelles apparues au cours des années 1980» (Havercroft, Michelucci et Riendeau, 2010: 8).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_p2eyjex&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_p2eyjex&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; La filiation sera ici appréhendée dans sa dimension idéologique (des caractéristiques littéraires et des prises de position qui lient diverses auteures entre elles) et non généalogique ou familiale. Je ne m’arrêterai pas aux liens filiaux entre les personnages. Il a été montré que la relation mère-fille joue un grand rôle dans la subjectivité et la prise de parole des femmes. Cela dit, dans les deux livres dont il est question ici, les enfants sont des garçons, le lien de filiation de la mère à la fille est donc rompu. Au moment d’écrire &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt;, Huston a déjà une fille dont elle parle sporadiquement mais le présent article n’en fera pas mention.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_jdbgfzj&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_jdbgfzj&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Voir, entre autres, Viart et Vercier, 2008: 28.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_teju7jh&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_teju7jh&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Contrairement à ce que prétendent les auteurs, le terme est encore employé (voir Smith et Watson, 2010).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_32lg1kk&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_32lg1kk&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Voir le désormais classique ouvrage de Béatrice Didier, &lt;em&gt;Le journal intime&lt;/em&gt;: «Le journal, comme la correspondance, a été pendant longtemps un refuge de la créativité féminine privée d’autres modes d’expression littéraire» (Didier, 1991: 17).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_sjz9a4x&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_sjz9a4x&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; «Quand je le lave, le frotte, l’essuie puis le câline, c’est consciemment que je m’interdis d’embrasser son sexe: je lui bécote le ventre, à la place. […] [M]on amour maternel est d’abord pédophile, attirance passionnée pour son petit corps, besoin de m’en repaître» (Darrieussecq, 2005: 19).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_k9kucl3&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_k9kucl3&quot;&gt;8.&lt;/a&gt;  vont même plus loin: la maternité est un élément essentiel à la création. Comme l’écrit Huston: «Les deux artistes ont aussi en commun de considérer création et procréation comme non seulement compatibles mais inséparables, indispensables l’une et l’autre, l’une à l’autre, dans une vie de femme» (Huston, 1990: 300). L’écrivaine Huston se situe quelque part entre les deux types d’artistes: celles qui vivent un conflit perpétuel entre le corps et l’esprit (les extraits choisis de son journal en sont la preuve) et celles pour qui la maternité est indispensable à la création.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment arrive-t-elle à concilier création et procréation? En «accept[ant] la maternité, la matérialité, la mortalité» (Huston, 1990: 329), c’est-à-dire en acceptant la vie et la mort, en comprenant qu’elle fait partie d’un cycle, qu’elle vit des événements qui la dépassent et qu’elle peut par moments perdre le contrôle de ce qu’il lui arrive. Par exemple, à la fin de la grossesse, elle n’a momentanément plus envie d’écrire parce que la gestation l’occupe tout entière:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Je constate que l’envie d’écrire me quitte, oui, je me sens trop «occupée» pour écrire. Quelqu’un d’autre occupe mon corps et mon esprit. S’agit-il pour autant d’une «déchéance» de mon esprit dans mon corps? Non: un émerveillement, au contraire, de trouver l’autre si absolument proche. Une fascination devant l’étrangeté indicible qu’il y a à voir et sentir son propre ventre bouger sous l’impulsion de messages envoyés par le cerveau d’autrui (Huston, 1990: 322).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au lieu de s’inquiéter d’une telle panne, elle en profite pour se mettre à l’écoute du fœtus qui bouge en elle. C’est maintenant ce dernier qui doit décider quand il sera prêt à naître. Le &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; s’achève quelques pages plus loin, au moment où la parturiente part pour l’hôpital: le travail de l’accouchement se met tranquillement en branle. À la fin du texte, elle fait un bilan; le 4 juillet 1988, elle écrit:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Je me sens guérie. Est-ce parce que j’ai parcouru cet itinéraire, cousu ensemble en un patchwork toutes les pièces multicolores qui, avant de s’appeler Journal de la création, se trouvaient éparpillées ça et là, pans disparates de mon identité déchirée? ou bien tout simplement à cause de la grossesse? […] Je me sens enfin intègre, oui, un tout (Huston, 1990: 323).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le fait même de poser ces questions lui permet d’y répondre: elle a atteint son objectif de dénouer le conflit qui l’habitait à la fois grâce à l’écriture du &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; et à la grossesse. La gravidité entraîne des changements physiques, moraux et psychiques qui transforment nécessairement l’identité. Pour Huston, le fait d’être enceinte a modifié son rapport à la création et à la procréation, en plus de lui fournir la matière du &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt;. Ainsi, au lieu de considérer la gestation comme un obstacle à la création, elle utilise cette réalité pour faire émerger des formes nouvelles. L’œuvre créée met de l’avant une interconnectivité entre le corps et l’esprit et illustre bien l’idée selon laquelle il n’y a pas de rupture entre l’art et la vie.&lt;/p&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;LE BÉBÉ&lt;/em&gt; DE MARIE DARRIEUSSECQ: LE TEMPS DU NOURRISSON ET LE TEMPS DE L’ÉCRITURE&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le Bébé &lt;/em&gt;de Marie Darrieussecq a été publié en 2002, douze ans après &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt;. Le livre, qui ne porte aucune mention générique sur la couverture, est composé de deux cahiers («Printemps, été» et «Été, automne») de fragments traitant du rapport au bébé et contenant des réflexions sur les discours qui entourent cet «objet»&lt;fn&gt;«Le bébé est enveloppé de discours épais comme des langes, il est ainsi l’objet le plus mineur qui soit pour la littérature» (Darrieussecq, 2005: 43).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_hab2fll&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_hab2fll&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; Il est intéressant de noter que, tout comme le bébé, la narratrice et son conjoint n’ont pas de nom. Le conjoint est simplement appelé «le père du bébé». Ce choix narratif a probablement une fonction identificatoire: l’auteure choisit des syntagmes neutres pour que les lecteurs s’identifient plus facilement aux personnages. De même, il est plus aisé ainsi de prendre «le bébé» comme un concept ou un objet s’il n’est pas personnalisé.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-numero-publication field-type-text field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Numéro de la publication: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;6&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-date field-type-datetime field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Année de parution: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;date-display-single&quot; property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2014-01-01T00:00:00-05:00&quot;&gt;2014&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Aires de recherche: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53405&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Penser le contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imaginaire de la théorie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53404&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Enjeux littéraires contemporains&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53403&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Figures contemporaines&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-contenu field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Courants artistiques: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53821&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-epoque field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Période historique: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1336&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;XXIe siècle&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/97&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;XXe siècle&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-fig-imag field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Figures et Imaginaires: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54533&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;filiation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54532&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;maternité&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54534&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;héritage&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-genre field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Objets et pratiques culturelles: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/183&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;livre&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/75&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;roman&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-problematiques field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Problématiques: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/180&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;création&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1017&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;filiation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/246&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;féminisme&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-provenance field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Contexte géographique: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/16&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Europe&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/36&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;France&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/24&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Canada&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-savoirs field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Champs disciplinaires: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/78&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;littérature&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53798&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;études féministes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-type-publication field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Type de publication: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54481&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Cahiers de l&amp;#039;IREF&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Trop longtemps, parce qu’elles étaient réduites à leurs fonctions maternelles et donc considérées comme inaptes à la création, les femmes ont eu à choisir entre la maternité et l’écriture. En raison de leur puissance procréatrice, elles «ont été confinées dans la sphère privée et exclues de la culture, tant de la vie de l’esprit et de la création que du monde socio-économique et politique» (Saint-Martin, 1999: 19). Si certaines ont réussi, avant l’époque contemporaine, à la fois à créer une œuvre littéraire devenue canonique et à avoir des enfants (on peut penser à Germaine de Staël, à George Sand et à Colette), l’histoire littéraire française n’a retenu que très peu de textes d’écrivaines qui étaient également mères. Prises dans une vision dichotomique opposant l’esprit et le corps, certaines, à l’instar de Simone de Beauvoir, ont refusé l’enfantement parce qu’elles n’étaient pas prêtes à renoncer au monde de l’esprit.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=7021&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Huet, Marie-Noëlle&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2014. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/la-filiation-creatrice-dans-journal-de-la-creation-1990-de-nancy-huston-et-le-bebe-2002-de&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;La filiation créatrice dans «Journal de la création» (1990) de Nancy Huston et «Le bébé» (2002) de Marie Darrieussecq&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/articles/la-filiation-creatrice-dans-journal-de-la-creation-1990-de-nancy-huston-et-le-bebe-2002-de&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/la-filiation-creatrice-dans-journal-de-la-creation-1990-de-nancy-huston-et-le-bebe-2002-de&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023. Publication originale : (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Filiations du féminin&lt;/span&gt;. 2014. Montréal : Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=La+filiation+cr%C3%A9atrice+dans+%C2%ABJournal+de+la+cr%C3%A9ation%C2%BB+%281990%29+de+Nancy+Huston+et+%C2%ABLe+b%C3%A9b%C3%A9%C2%BB+%282002%29+de+Marie+Darrieussecq&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-44-4&amp;amp;rft.date=2014&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Huet&amp;amp;rft.aufirst=Marie-No%C3%ABlle&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-node-id field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Node ID: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;73363&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Huet, Marie-Noëlle&amp;lt;/span&amp;gt;. 2014. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;La filiation créatrice dans «Journal de la création» (1990) de Nancy Huston et «Le bébé» (2002) de Marie Darrieussecq&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/la-filiation-creatrice-dans-journal-de-la-creation-1990-de-nancy-huston-et-le-bebe-2002-de&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;Filiations du féminin&amp;lt;/span&amp;gt;. 2014. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=La+filiation+cr%C3%A9atrice+dans+%C2%ABJournal+de+la+cr%C3%A9ation%C2%BB+%281990%29+de+Nancy+Huston+et+%C2%ABLe+b%C3%A9b%C3%A9%C2%BB+%282002%29+de+Marie+Darrieussecq&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-44-4&amp;amp;amp;rft.date=2014&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Huet&amp;amp;amp;rft.aufirst=Marie-No%C3%ABlle&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Fri, 08 Apr 2022 14:32:59 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73363 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/fr/articles/la-filiation-creatrice-dans-journal-de-la-creation-1990-de-nancy-huston-et-le-bebe-2002-de#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Introduction: Filiations du féminin</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/articles/introduction-filiations-du-feminin</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Signe d’une inquiétude propre à notre époque, les recherches actuelles en littérature interrogent avec insistance la filiation et l’héritage. On commente à répétition les fractures et les rapports ambigus au passé qui caractérisent la production littéraire contemporaine: «il ne s’agit pas de s’inventer des parentés, de se forger victorieusement de toutes pièces une lignée, mais plutôt d’assumer un héritage fragilisé par les secousses, voire les ressacs, d’une modernité dont on accueille et réévalue à la fois le désir de rupture» (Lapointe et Demanze, 2009: 7).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Combien plus précaires encore, l’héritage et la filiation au féminin. Disparues sous le nom du mari&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_wlqb357&quot; title=&quot;Au Québec, les femmes mariées gardent leur nom depuis plus de trente ans. En revanche, des enfants nés au Québec en 2002, 74,9 pour cent ont reçu le nom de leur père seul et 4,9 pour cent, celui de leur mère seule (les autres portaient une combinaison des deux noms). Autrement dit, 95 pour cent d’entre eux portent le nom de leur père, seul ou en combinaison. Voir Tahon 2004, 29.&quot; href=&quot;#footnote1_wlqb357&quot;&gt;1&lt;/a&gt; dans les arbres généalogiques, exclues traditionnellement de la transmission du patrimoine et, partant, des réélaborations littéraires de cette grande question&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_q2q1fs4&quot; title=&quot;Par exemple, le roman du terroir, au Québec, a pour motif central la transmission de la terre ancestrale de père en fils et les personnages féminins y occupent une place restreinte.&quot; href=&quot;#footnote2_q2q1fs4&quot;&gt;2&lt;/a&gt;, tenues à distance des débats sociaux, marginalisées ou effacées de l’histoire littéraire, les femmes souffrent d’une filiation au pire absente, au mieux trouée. Si les créateurs ont cru, selon Harold Bloom (1973), avoir trop de pères littéraires, figures puissantes contre lesquelles il leur fallait s’insurger, les créatrices, elles, ont manqué cruellement de mères. Voilà pourquoi la filiation, si elle touche tous les êtres, est aussi une brûlante question féministe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À l’heure où les fondatrices des études féministes universitaires arrivent à l’âge de la retraite après avoir créé des infrastructures (cours, programmes, réseaux et instituts) visant à légitimer et pérenniser ce domaine d’études, à l’heure où de jeunes chercheures ouvrent des directions nouvelles, qu’en est-il des filiations du féminin en littérature et dans la culture populaire? Comment les femmes d’hier et d’aujourd’hui ont-elles pensé ces filiations, autant les liens de sang que ceux qui ont transité par la pensée et l’écriture? Ces rapports les ont-elles freinées, fortifiées, ont-ils inspiré leur créativité, infléchi leur voix, déterminé la forme de leurs écrits? Voilà la question autour de laquelle s’articule le présent livre. Les textes réunis ici revisitent, sous un angle féministe, des filiations tant familiales (avec la mère, les sœurs, les frères) qu’intellectuelles (rapports entre créatrices d’époques différentes). En posant leur regard sur des œuvres littéraires et des pratiques culturelles d’époques et de pays différents, ils interrogent la filiation comme «art de tenir le fil et de casser le fil» (Collin, 2014: 96), de s’affirmer libre, mais aussi liée aux autres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La transmission, rappelle Françoise Collin, «exige une double activité»: de la part de celle qui transmet et de la part de celle qui reçoit. Elle doit être réciproque et librement consentie:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Prises dans le jeu des générations, elle a rapport au désir des anciennes, comme des nouvelles. C’est aux nouvelles qu’il appartient de déterminer si elles veulent de l’héritage et ce qui, dans cet héritage, les intéresse. C’est aux anciennes qu’il appartient d’entendre la demande, d’infléchir leur langage vers un autre langage, en un échange dans lequel, chacune restant ce qu’elle est, faisant honneur à son histoire propre, s’adresse cependant à l’autre et écoute son adresse (Collin, 2014: 95).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par son sujet, mais aussi par sa composition, le présent livre s’inscrit dans la mouvance que décrit Collin. De fait, le choix des collaboratrices est également placé sous le signe de la filiation: pionnières de la critique au féminin, chercheures établies ou voix émergentes, les huit auteures, quatre professeures, une enseignante au collégial et chargée de cours, et trois étudiantes au doctorat, ont des âges et des parcours différents. L’ensemble permet de constater le chemin parcouru, de voir quelles barrières sont tombées et quels territoires méritent d’être maintenant explorés.&lt;/p&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;p&gt;Le geste inaugural des pionnières de la plume a toujours été de chercher des modèles, des aïeules, des femmes qui les ont précédées et qui fournissent à la fois inspiration et légitimité, bref des mères littéraires. &lt;em&gt;Le livre de la Cité des dames&lt;/em&gt; de Christine de Pisan (1405) est un long catalogue de femmes illustres composé par celle qui, dans les livres des hommes, a trouvé de son sexe une image si négative qu&#039;elle a «désespéré d&#039;être née femme». En effet, «c’est à travers nos mères que nous pensons si nous sommes femmes», affirme Virginia Woolf dans &lt;em&gt;Une chambre à soi&lt;/em&gt;, essai fondateur dans lequel elle cherche à déterrer et à inventer une tradition féminine en littérature.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La question des filiations du féminin renvoie forcément à celle des mères et à la maternité, complexe et chargée d’ambivalence. Si le rapport à la mère, comme l’a montré Adrienne Rich, est tissé inextricablement d’un amour passionné et d’un ressentiment intense contre la mère en tant que «dresseuse patriarcale», selon l’expression de Jovette Marchessault, la question de la filiation au féminin sera faite, elle aussi, d’apories. Le concept de sororité féministe, forgé pour échapper au modèle générationnel piégé et créer une solidarité horizontale capable de soutenir réflexions et combats, n’est pas non plus exempt d’ambigüités. Pour riches et révélateurs qu’ils soient, toutefois, les modèles familiaux ne disent pas toute la vérité. Geneviève Fraisse affirme que les filiations familiales directes (mères, filles et sœurs) ne doivent pas constituer la seule modalité des relations entre femmes: ces dernières doivent être pensées en tant que corps social, entre elles et dans leurs relations avec les hommes. Les deux types de filiation –biologique et intellectuelle–, qui cohabitent par ailleurs dans bien des cas, sont pleinement intégrés à la réflexion que propose ce livre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La première partie du livre,&lt;em&gt; Échos et transmissions&lt;/em&gt;, cherche à constituer des lignées de pensée entre écrivaines et créatrices de plusieurs générations: qu’il soit question d’une identification assumée ou de la persistance implicite d’un motif entre plusieurs œuvres, il s’agira de voir comment les femmes créent des réseaux d’idées entre elles. Ces filiations, non familiales et non corporelles, parfois choisies plutôt que subies, passent nécessairement par le social. Patricia Smart s’intéresse ainsi à la transmission de valeurs et d’une expérience commune –la vie de couventine– dans les écrits personnels de jeunes femmes depuis le 19e siècle: quels sont les souvenirs consignés par les «filles de Marie de l’Incarnation» dans leurs journaux intimes et leurs autobiographies? Lucie Joubert observe la pérennisation des luttes féministes dans la démarche de quatre groupes humoristiques féminins québécois: comment les thèmes, cibles et préoccupations de ces groupes ont-ils évolué depuis la fin des années 1960 et comment le féminisme influence-t-il la vision du monde proposée? Ariane Gibeau se penche sur les échos textuels et narratifs qui permettent d’unir&lt;em&gt; Désespoir de vieille fille&lt;/em&gt; de Thérèse Tardif à &lt;em&gt;Angéline de Montbrun&lt;/em&gt; de Laure Conan: comment une œuvre littéraire méconnue publiée dans les années 1940 fait-elle le pont entre le premier roman écrit par une femme au Québec et la fiction féministe des années 1970? Chantal Savoie, enfin, revient sur les pratiques culturelles des jeunes femmes québécoises des années 1940: comment cette décennie, avec ses nombreuses transformations technologiques et médiatiques, marque-t-elle une scission avec les valeurs culturelles traditionnelles et permet-elle la formation d’un nouvel imaginaire féminin?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La deuxième partie, &lt;em&gt;Filiations familiales, mixité et création&lt;/em&gt;, s’intéresse aux problématiques filiales représentées selon deux axes: vertical (rapport mère-enfants) et horizontal (rapport frères-sœurs). Il s’agit d’abord de réfléchir aux liens entre démarche créatrice et rapport mère-enfant, et de voir comment un tel lien peut entrer en interaction avec de nouveaux modèles de créativité, ensuite de constater comment le lien sœur-frère peut aider à repenser autant la famille que la mixité et les valeurs sociales. Marie-Noëlle Huet étudie les voix de mères dans &lt;em&gt;Journal de la création&lt;/em&gt; de Nancy Huston et &lt;em&gt;Le Bébé&lt;/em&gt; de Marie Darrieusecq: comment les deux romancières, à travers l’autofiction, proposent-elles une vision vivifiante et novatrice de la maternité en tant que moteur de création, et comment inscrivent-elles cette réflexion dans une lignée d’écrits féministes sur la question? Cette idée d’une double filiation traverse l’étude de Jessica Hamel-Akré, consacrée au roman graphique &lt;em&gt;Are You My Mother &lt;/em&gt;d’Alison Bechdel: l’inscription de modèles intellectuels féministes dans l’acte créateur permet-elle de se libérer d’une relation mère-fille conflictuelle? Adeline Caute s’intéresse à la mort de la figure maternelle dans &lt;em&gt;Un barrage contre le Pacifique &lt;/em&gt;de Marguerite Duras: un matricide symbolique peut-il cacher le vif désir de réparer une filiation mère/enfant marquée par la folie et la violence? Lori Saint-Martin conclut en se penchant sur le rapport sœur-frère dans deux romans contemporains: entre inceste, admiration, haine et amour fou, que dit la fratrie des rapports de pouvoir au sein de la famille? En somme, les textes ici rassemblés montrent avec acuité comment les lignées qui modèlent la littérature des femmes, de chair ou de mots, biologiques ou intellectuelles, permettent de critiquer, de créer, de construire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BLOOM, Harold. 1973. &lt;em&gt;The Anxiety of Influence: A Theory of Poetry&lt;/em&gt;, New York: Oxford University Press, 157 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;COLLIN, Françoise. 2014. &lt;em&gt;Anthologie québécoise, 1977-2000&lt;/em&gt;, Montréal: Remue-ménage, 267 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FRAISSE, Geneviève. 2001. &lt;em&gt;La controverse des sexes&lt;/em&gt;, Paris: Presses Universitaires de France, coll. «Quadrige/PUF», 326 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LAPOINTE, Martine-Emmanuelle et Laurent DEMANZE. 2009. «Présentation: figures de l’héritier dans le roman contemporain», &lt;em&gt;Études françaises&lt;/em&gt;, vol. 45, n° 3, p. 5-9.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MARCHESSAULT, Jovette. 1980. &lt;em&gt;Triptyque lesbien&lt;/em&gt;, Montréal: Pleine lune, 125 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PISAN, Christine de. 1986 (1405). &lt;em&gt;Le Livre de la Cité des dames&lt;/em&gt;, Paris: Stock, 291 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICH, Adrienne. 1976. &lt;em&gt;Of Woman Born: Motherhood as Experience and Institution&lt;/em&gt;, New York : W. W. Norton &amp;amp; Company, 318 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;TAHON, Marie-Blanche. 2004. &lt;em&gt;Sociologie des rapports de sexe&lt;/em&gt;, Rennes/Ottawa: Presses universitaires de Rennes / Presses de l’Université d’Ottawa, 169 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WOOLF, Virginia. 1992 (1929). &lt;em&gt;Une chambre à soi&lt;/em&gt;, traduit de l’anglais par Clara Malraux, Paris : 10/18, 171 p.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_wlqb357&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_wlqb357&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Au Québec, les femmes mariées gardent leur nom depuis plus de trente ans. En revanche, des enfants nés au Québec en 2002, 74,9 pour cent ont reçu le nom de leur père seul et 4,9 pour cent, celui de leur mère seule (les autres portaient une combinaison des deux noms). Autrement dit, 95 pour cent d’entre eux portent le nom de leur père, seul ou en combinaison. Voir Tahon 2004, 29.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_q2q1fs4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_q2q1fs4&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Par exemple, le roman du terroir, au Québec, a pour motif central la transmission de la terre ancestrale de père en fils et les personnages féminins y occupent une place restreinte.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-numero-publication field-type-text field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Numéro de la publication: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;6&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-date field-type-datetime field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Année de parution: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;date-display-single&quot; property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2014-01-01T00:00:00-05:00&quot;&gt;2014&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-aires-recherche field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Aires de recherche: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53404&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Enjeux littéraires contemporains&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53403&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Figures contemporaines&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imaginaire de la théorie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53405&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Penser le contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-contenu field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Courants artistiques: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53821&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;contemporain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-epoque field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Période historique: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1336&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;XXIe siècle&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/97&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;XXe siècle&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/93&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;XIXe siècle&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-fig-imag field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Figures et Imaginaires: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54522&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;amitiés&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/253&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;amour&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54564&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;relations mère-fille&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54534&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;héritage&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/167&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;femme&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-genre field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Objets et pratiques culturelles: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/183&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;livre&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54558&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;témoignage&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/75&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;roman&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/192&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;autobiographie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-problematiques field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Problématiques: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/1017&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;filiation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/246&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;féminisme&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-provenance field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Contexte géographique: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/16&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Europe&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/24&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Canada&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/25&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;États-Unis&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/26&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Québec&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/36&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;France&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-taxonomie-savoirs field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Champs disciplinaires: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/78&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;littérature&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53799&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;études culturelles&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53798&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;études féministes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-type-publication field-type-taxonomy-term-reference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Type de publication: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/54481&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Cahiers de l&amp;#039;IREF&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Par son sujet, mais aussi par sa composition, le présent livre s’inscrit dans la mouvance que décrit Collin. De fait, le choix des collaboratrices est également placé sous le signe de la filiation: pionnières de la critique au féminin, chercheures établies ou voix émergentes, les huit auteures, quatre professeures, une enseignante au collégial et chargée de cours, et trois étudiantes au doctorat, ont des âges et des parcours différents. L’ensemble permet de constater le chemin parcouru, de voir quelles barrières sont tombées et quels territoires méritent d’être maintenant explorés.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=3542&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Gibeau, Ariane&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=3628&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Lori  Saint-Martin&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2014. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/introduction-filiations-du-feminin&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Introduction: Filiations du féminin&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/articles/introduction-filiations-du-feminin&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/introduction-filiations-du-feminin&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023. Publication originale : (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Filiations du féminin&lt;/span&gt;. 2014. Montréal : Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Introduction%3A+Filiations+du+f%C3%A9minin&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-44-4&amp;amp;rft.date=2014&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Gibeau&amp;amp;rft.aufirst=Ariane&amp;amp;rft.au=Saint-Martin%2C+Lori&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-node-id field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Node ID: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;73319&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Gibeau, Ariane et Lori  Saint-Martin&amp;lt;/span&amp;gt;. 2014. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;Introduction: Filiations du féminin&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/introduction-filiations-du-feminin&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;Filiations du féminin&amp;lt;/span&amp;gt;. 2014. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=Introduction%3A+Filiations+du+f%C3%A9minin&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-44-4&amp;amp;amp;rft.date=2014&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Gibeau&amp;amp;amp;rft.aufirst=Ariane&amp;amp;amp;rft.au=Saint-Martin%2C+Lori&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Tue, 05 Apr 2022 12:32:34 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73319 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/fr/articles/introduction-filiations-du-feminin#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Féminismes, sexualités, libertés</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/publications/feminismes-sexualites-libertes</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Le colloque organisé par l’IREF et tenu le 11 mai 2016 a abordé les liens entre les féminismes (pensés au pluriel et impliquant convergences, dissensions et débats), la sexualité et la liberté. Autant l’appel de communications que la liste non exhaustive d’axes de réflexion proposés découlaient de notre souci d’ouverture à toutes les disciplines et à tous les types de réflexions. &lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
 <pubDate>Tue, 29 Mar 2022 20:11:58 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">73201 at https://oic.uqam.ca</guid>
 <comments>https://oic.uqam.ca/fr/publications/feminismes-sexualites-libertes#comments</comments>
</item>
</channel>
</rss>
