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 <title>Observatoire de l&#039;imaginaire contemporain - voix</title>
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 <title>Translating Tomorrow People</title>
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Dans le cadre du chantier de recherche Traduire les humanités, dirigé par Pier-Pascale Boulanger (Université Concordia) et Karina Chagnon (UQAM), l&amp;#039;artiste Skawennati présente sa récente exposition solo «Le monde de demain», présentée du 4 février au 18 mars 2017 à la galerie OBORO.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 23 May 2017 14:55:17 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Poétique du temps sculpté chez Svetlana Alexievitch. Le cas de l’ancien combattant Timérian Zinatov dans «La Fin de l’homme rouge»</title>
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Cahier ReMix: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Quelque chose de la guerre... Témoins et combattants dans la littérature et au cinéma&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/profils/mercille-brunelle-emile&quot;&gt;Mercille Brunelle, Emile&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item clearfix even&quot;&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73735&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement&lt;/em&gt;, la journaliste et écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch fait résonner les voix de tous ceux qui, après avoir «totalement adhéré à l’idéal» (Alexievitch, 2013: 18) de la «Russie soviétique» (19), idéal dont l’âge d’or remonte au début de la Deuxième Guerre mondiale, ont fait l&#039;épreuve de son effondrement. Se faisant de plus en plus rares au cours des décennies qui ont suivi la Grande Guerre, les défenseurs de l’URSS ne pourront empêcher sa complète dissolution, dont la date officielle est le 26 décembre 1991. Malgré une ultime tentative de putsch menée par Guennadi Ianaïev et qui a lieu en août 1991, soit au moment où le Président Gorbatchev est en vacances en Crimée, Boris Eltsine «consolide son pouvoir» avant de rapidement cumuler «les fonctions de président et de Premier ministre» (Alexievitch, 2013:13), pour finalement signer les accords «de Minsk, puis d’Alma-Ata, instituant la création de la CEI (Communauté des États indépendants constituée de onze des anciennes républiques soviétiques)» (13). Cette grande transition, dont la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986 et l’instauration de la perestroïka figurent parmi les principaux précurseurs, a pour effet de propulser les «gens du socialisme» (Alexievitch, 2013:17), habitués à une «psychologie de militaires» (19) et marqués par le «culte du sacrifice et de la mort violente» (177), dans un nouveau monde où une «odeur d’argent flottait dans l’air.» (194)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette nouvelle vie post-soviétique qui s’amorce au cours de l’année 1991 aura tôt fait de décevoir les «maîtres d’œuvres de la perestroïka» (51), qui «croyaient qu’une fois le communisme disparu, les Russes allaient aussitôt faire l’apprentissage de la liberté…» (319) Après l’euphorie des trois premiers jours, pendant lesquels des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant la Maison-Blanche de Moscou, les membres de l’intelligentsia russe découvrent avec consternation les «nouvelles règles du jeu: si tu as de l’argent, tu es quelqu’un, si tu n’en as pas, tu n’es personne». (32) En effet, l’effondrement du communisme ne conduit pas à la concrétisation de la «démocratie rêveuse» (335) qui fut annoncée et tant attendue par les intellectuels romantiques de la «génération des cuisines&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_9u7yy58&quot; title=&quot;Selon le témoin qui utilise cette expression, la culture russe des années 60 est née dans les cuisines, qui ne sont plus seulement le lieu où l’on prépare la nourriture. La cuisine devient «aussi un salon, une salle à manger, un cabinet de travail et une tribune.» (30) C’est à cette époque «que les gens ont quitté les appartements communautaires et ont commencé à avoir des cuisines privées, dans lesquelles on pouvait critiquer le pouvoir, et surtout, ne pas avoir peur, parce qu’on était entre soi.» (30)&quot; href=&quot;#footnote1_9u7yy58&quot;&gt;1&lt;/a&gt;» (30) des années 1960; il marque plutôt l’entrée de tout un peuple, avec ses «rêveurs» (29) en première ligne, qui espéraient découvrir un «royaume, avec des fleuves de lait bordés de confiture» (29), dans une nouvelle ère où «les objets ont désormais autant de valeur que les idées et les mots» (40). Cette discordance entre «le temps des grandes espérances» et la mise en place d’un nouveau régime sous lequel «tout le monde court après l’argent» (33) révèle au grand jour la naïveté dont firent preuve les «fervents partisans de la perestroïka» (36) qui, en ravalant le sentiment amer de s’être fait avoir, se comparent désormais eux-mêmes à des «plantes d’intérieur» (32).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En plus de décevoir les instigateurs de la perestroïka ainsi que tous les Russes qui rêvaient de liberté, cette nouvelle vie à laquelle personne n’était adapté provoque une douleur immense chez les plus ardents défenseurs du régime soviétique, parmi lesquels nous retrouvons une foulée de vétérans de la Grande Guerre patriotique&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_yzzg9ha&quot; title=&quot;C’est par cette expression que les Soviétiques, et par la suite les Russes, vont désigner le conflit contre l’Allemagne pendant la Deuxième Guerre mondiale. Quant aux historiens, ils se réfèrent à cette période de la guerre par l’appellation «front de l’Est».&quot; href=&quot;#footnote2_yzzg9ha&quot;&gt;2&lt;/a&gt;. Se sentant trahis par Gorbatchev et souffrant d’une profonde nostalgie pour le passé communiste qui, malgré ses conséquences catastrophiques sur la vie humaine, donnait un sens à leur existence, plusieurs de ces «vieux réactionnaires» (Alexievitch, 2013: 150), que Svetlana Alexievitch désigne aussi par l’appellation Homo Sovieticus&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_omk8w44&quot; title=&quot;Bien que cette expression soit entrée dans le domaine public depuis la propagande soviétique, c’est l’écrivain dissident Alexandre Zinoviev (1983) qui l’a popularisée dans Homo Sovieticus, un roman satirique percutant.&quot; href=&quot;#footnote3_omk8w44&quot;&gt;3&lt;/a&gt; (17), iront même jusqu’à s’enlever la vie. C’est notamment le cas de Sergueï Akhromeïev, «maréchal [et] Héros de l’Union soviétique» (130), qui fut chef de l’état-major des forces armées de l’URSS de 1984 à 1988 avant d’occuper la fonction de conseiller du président à la fin de la &lt;em&gt;Perestroïka&lt;/em&gt;. Ne pouvant accepter la chute de sa Patrie ainsi que de voir détruire tout ce qu’il considérait «comme le sens même» (138) de sa vie, cet «homme sincèrement dévoué à l’idée communiste» (133), s’est pendu «dans le bureau 19a du bâtiment n° 1 du Kremlin de Moscou» (137) où son corps a été découvert par «l’officier de garde en service Koroteïev» (137) le 24 août 1991, soit au lendemain du putsch raté des 18-21 août 1991.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mentionnons aussi le suicide de l’ancien combattant Timérian Khaboulovitch Zinatov, dont un rappel des circonstances par une publication du Parti communiste de la fédération de Russie amorce le récit de &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt; qui s’intitule «Où il est question de la cruauté des flammes et du salut qu’on trouve dans les nuages». Ne pouvant supporter que les vétérans de la Deuxième Guerre mondiale deviennent des «hommes d’hier qui sentent l’odeur de la pauvreté» (225) au profit de l’émergence d’une nouvelle classe sociale majoritairement composée «de prétendus hommes d’affaires, ou plutôt de gangsters» (225), Zinatov s’est jeté sous un train après avoir visité pour une dernière fois la forteresse de Brest-Litovsk qu’il a défendu lors du «premier choc de l’assaut des troupes hitlériennes au matin du 22 juin 1941» (222). Celui qui, la nuit, «restait allongé sans dormir, les yeux grands ouverts» (247), laisse pour toute lettre d’adieu quelques notes sans aucune mention ni de sa femme ni de sa fille, et dans lesquels il s’adresse directement à l’État: «Si j’étais mort à la guerre, de mes blessures, j’aurais su que je mourais pour la Patrie. Tandis que maintenant, je meurs d’une vie de chien. Qu’on inscrive cela sur ma tombe… Et ne croyez pas que j’ai perdu la tête…» (223)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon un article publié à l’origine dans le célèbre journal soviétique la &lt;em&gt;Pravda&lt;/em&gt;, et dont Alexievitch reprend l’essentiel dans &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;, la cause de ce suicide remonterait à un incident qui indigna au plus haut point deux autres vétérans de la Grande Guerre. Vêtus de toutes leurs décorations militaires, les deux hommes ont en effet vécu un «terrible affront» (224). Alors qu’ils cherchaient un endroit où s’asseoir en attendant leur train après avoir passé la journée à visiter Moscou, ils sont entrés dans une salle vide «avec un buffet et des fauteuils confortables» avant de se faire «fort grossièrement» (224) indiquer la sortie sous prétexte que cette salle était «réservée à la classe affaires» (225). À la suite de cet évènement, l’un des deux vétérans a envoyé une lettre à la &lt;em&gt;Pravda&lt;/em&gt; dans laquelle il dresse un réquisitoire contre tous les hommes d’affaires russes richissimes, tels que «le maître d’œuvre de la perestroïka» (62), Anatoli Tchoubaïss, qui a mis en place «sous Eltsine la privatisation des grandes entreprises d’État en distribuant des bons de privatisation, les fameux &lt;em&gt;vouchers&lt;/em&gt;» (62)—, ou encore Guerman Gref, «le président de la Caisse d’épargne de la fédération de Russie» (225). Le vétéran conclut sa lettre en implorant la résurgence des souvenirs de dures épreuves militaires que les soldats soviétiques ont dû traverser afin de défendre la Patrie durant la Grande Guerre: «pourquoi nous sommes-nous battus? Pourquoi avons-nous passé des mois au fond des tranchées, sans nous déshabiller ni dormir normalement, dans l’eau jusqu’aux genoux en automne, dans la neige et le froid glacial en hiver? À Kalinine, à Yakhroma, près de Moscou… Là-bas, il n’y avait pas de pauvres et de riches…» (225)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;La démarche littéraire de Svetlana Alexievitch&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;, toutes ces informations de nature factuelle deviennent les composantes d’un récit qui est le produit d’une activité littéraire. En effet, avant de les intégrer au chapitre intitulé «Où il est question de la cruauté des flammes et du salut qu’on trouve dans les nuages», Svetlana Alexievitch soumet les contenus de la lettre écrite par le vétéran, ainsi que des extraits de journaux communistes relatant les circonstances entourant le suicide de Zinatov, à «des procédés tels que le montage et le découpage» (Ackerman et al.: 29), pour reprendre les mots de Frédérick Lemarchand et de Galia Ackerman, co-traductrice de plusieurs ouvrages de l’écrivaine biélorusse en France. Mais ces procédés littéraires, que nous tenons pour des opérations de «configuration narrative» (Ricœur, 1983: 128), seront utilisés par Alexievitch principalement pour remanier la temporalité de témoignages qui lui ont été livrés par les rescapés d’évènements hors du commun, par exemple la catastrophe nucléaire de Tchernobyl dans &lt;em&gt;La supplication&lt;/em&gt;, ou encore la Deuxième Guerre mondiale et la chute de l’URSS dans &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;. En effet, après avoir conduit et enregistré des centaines d’entrevues, Alexievitch procède à une vaste opération de triage «pour n’en sélectionner que quelques dizaines, particulièrement poignants, et en faire finalement un “roman des voix”» (Ackerman et al.: 32). Après être passé au prisme de la configuration narrative, chacun de ces témoignages «particulièrement poignants» prendra finalement la forme d’un monologue qui, la plupart du temps, constituera un chapitre à part entière, dont la longueur variera entre vingt et cinquante pages dans &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette démarche littéraire de remaniement temporel des témoignages n’est pas sans rappeler la vision artistique du cinéaste russe Andreï Tarkovski, pour qui «l’essentiel du travail d’un réalisateur» (Tarkovski: 75) est de «sculpter dans le temps» (Tarkovski: 75):&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Tout comme un sculpteur, en effet, s’empare d’un bloc de marbre, et, conscient de sa forme à venir, en extrait tout ce qui ne lui appartiendra pas, de même le cinéaste s’empare d’un «bloc de temps», d’une masse énorme de faits de l’existence, en élimine tout ce dont il n’a pas besoin, et ne conserve que ce qui devra se révéler comme les composants de l’image cinématographique. Une opération de sélection en réalité commune à tous les arts. (Tarkovski: 75)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À la manière de Tarkovski, Svetlana Alexievitch «sculpte» (204) en effet la mémoire déclarée par le témoin pour en extraire des fragments que nous qualifions de temporels, dans la mesure où c’est toujours la durée du souvenir raconté qui est explicitement visé par «l’acte poétique de mise en intrigue» (Ricœur, 1983: 49) des témoignages, pour reprendre une expression inspirée à Paul Ricœur par sa lecture de la &lt;em&gt;Poétique&lt;/em&gt; d’Aristote. Entendons ainsi par «acte poétique» le déploiement d’une «activité mimétique» (Ricœur, 1983: 72) au sens aristotélicien, c’est-à-dire «en tant qu’elle produit quelque chose, à savoir précisément l’agencement des faits par la mise en intrigue.» (Ricœur, 1983: 72) Sous cette perspective, tout récit de &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt; nous apparaitra dès lors comme un «agencement» de sculptures temporelles que nous tenons pour des «représentations» (Ricœur, 1983: 70) au sens «d’imitation créatrice» (66) de fragments de mémoire tels qu’ils ont été déclarés durant les témoignages enregistrés par Alexievitch.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;Le chœur de voix&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Même si la plupart des chapitres de &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt; sont essentiellement constitués de longs monologues, il arrive fréquemment que ces derniers soient entrecoupés par les manifestations d’un chœur de voix, qui est en fait la reconstitution, par le moyen d’un collage très élaboré de courts extraits de témoignages excédant rarement plus de quelques phrases, d’une conversation de groupe à laquelle Alexievitch a elle-même assisté. Dans «Où il est question de la cruauté des flammes et du salut qu’on trouve dans les nuages», ce chœur reprend ainsi les voix des vétérans de la Grande Guerre patriotique et des quelques proches de Zinatov qui, le jour de son enterrement, se sont retrouvés «autour d’une table»: «Il y avait beaucoup de monde, et certains étaient venus de loin, de Moscou, de Kiev, de Smolensk… Ils avaient tous mis leurs médailles et leurs décorations, comme pour le jour de la Victoire.» (Alexievitch, 2013: 226) Ainsi, après avoir procédé au montage et au découpage d’extraits de journaux communistes qui relatent les circonstances entourant la mort de Zinatov, Alexievitch répète les mêmes opérations de «configuration narrative», mais cette fois en prenant pour objet les discussions qui ont eu lieu le jour de l’enterrement. L’écrivaine enregistre les conversations avant d’en représenter, sous la forme de sculptures temporelles, plusieurs passages principalement composés de souvenirs personnels de la guerre: «je me souviens comment on enterrait nos gars… Dans des fosses. On les recouvrait avec ce qu’on avait sous la main, on saupoudrait ça de sable, et en avant! On poursuivait notre chemin. Vers un nouveau combat.» (227) Ou encore: «J’étais prêt à me tirer une balle. Mais quand on n’a pas de cartouches… On était des gamins, dix-huit, dix-neuf ans… Tous les commandants se pendaient. Avec leur ceinture, avec n’importe quoi… Ils se balançaient aux branches des sapins. C’était la fin du monde, nom de Dieu!» (228) Certains témoins n’hésiteront pas à regretter ou à critiquer le temps passé, et d’autres à se lamenter sur la vie présente: «Moi, j’étais, je suis et je resterai un communiste! Sans Staline et sans son Parti, nous n’aurions pas gagné la guerre. Cette putain de démocratie ! Je n’ose pas porter mes décorations.» (229) Ou encore: «Nous, des héros? On ne nous a jamais traités en héros… Ma femme et moi, on a élevé nos enfants dans des baraquements, ensuite, on a eu droit à une pièce dans un appartement communautaire. Aujourd’hui, on a une retraite de misère.» (229)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;, l’ensemble des premières manifestations de ce chœur de voix sert de transition entre les extraits de journaux remaniés et les deux monologues qui composent la majeure partie du chapitre intitulé «Où il est question de la cruauté des flammes et du salut qu’on trouve dans les nuages». La quête de l’écrivaine biélorusse, qui est de restituer une vérité dont la nature n’est pas historique, c’est-à-dire factuelle, mais émotionnelle, se révèle d’abord dans ce passage du journal à la conversation de groupe. En opérant cette transition, Alexievitch exprime en effet son ambition d’accéder, pour reprendre les mots de Tarkovski, à «l’intérieur de l’âme de chacun» (Tarkovski, 232), du terme russe doucha, dans lequel il faut entendre le siège des sentiments et de la pensée, et qui comporte, comme en français, un sens spirituel. Chez Alexievitch, l’âme est le foyer des émotions qui, au moment où la perception originaire devient un souvenir, s’y gravent comme dans un «bloc de cire», pour reprendre l’idée de Platon. Si les extraits de journaux font référence à ce qu’Alexievitch appelle «l’histoire des faits» (Alexievitch, 2015: 14) et servent tout au plus à contextualiser les récits qui leur feront suite dans ce chapitre de &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;, le chœur de voix ainsi que les deux monologues contribuent quant à eux à enrichir l’histoire «des âmes» (Alexievitch, 2015: 14) au sens où l’entend l’écrivaine biélorusse, dans la mesure où les témoins sont appelés à exprimer leurs pensées et leurs sentiments en racontant leurs souvenirs personnels. Ainsi, Alexievitch substitue à la représentation historienne d’évènements du passé une utilisation purement subjective du témoignage par laquelle elle parvient à capturer les expressions de la vie intérieure des rescapés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette conception russe de l’&lt;em&gt;âme&lt;/em&gt;, nous aimons la rattacher à la notion de «noyau de la mémoire profonde» que Paul Ricœur propose dans sa lecture de la théorie de la mémoire chez le philosophe Henri Bergson. (Ricœur, 2000: 571) Comme le rappelle l’auteur de &lt;em&gt;La mémoire, l’histoire, l’oubli&lt;/em&gt;, la mémoire profonde» au sens de Bergson est une «mémoire-souvenir» (Ricœur, 2000: 30), ou encore une «mémoire-représentation» (Ricœur, 2000: 561) à l’intérieur de laquelle les souvenirs se répartissent sur les «mille et mille plans de conscience différents» (Bergson, 272) étalés entre les deux pôles opposés de l’action, c’est-à-dire de la perception, et du rêve. En appliquant la théorie bergsonienne de la mémoire au cadre spécifique de &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;, nous supposons qu’un souvenir se constituant principalement d’informations factuelles serait «moins &lt;em&gt;rêvé&lt;/em&gt;, c’est-à-dire plus proche de l’action et par là même plus banal, plus capable de se modeler, —comme un vêtement de confection,— sur la nouveauté de la situation présente» (Bergson: 271), en l’occurrence le témoignage. Ce sont les souvenirs appartenant à cette première catégorie qui composent la majeure partie du contenu évoqué par les premières manifestations du chœur constitué par les voix de toutes les personnes présentes le jour de l’enterrement de Zinatov.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cependant, Alexievitch s’intéresse principalement à un autre type de souvenirs que nous qualifions avec Bergson de «purs» (Bergson, 140), et que les témoins ont beaucoup plus de difficulté à reconnaitre parce qu’ils sont conservés dans leur mémoire profonde. Très éloignés de la sphère de l’action et de la perception, les «souvenirs purs» (Bergson, 145) sont emmagasinés à l’intérieur des bornes de la rêverie, près du «noyau de la mémoire profonde» que nous tenons, en reprenant la fameuse métaphore tirée des &lt;em&gt;Confessions&lt;/em&gt; de saint Augustin, pour le plus grand des «palais» (X, VIII, 12) de la mémoire et sur les murs duquel est gravé l’ensemble de leurs empreintes émotionnelles. Ce sont précisément ces empreintes émotionnelles, dont la réactualisation nécessite la reconnaissance des «souvenirs purs» auxquels elles demeurent liées dans la mémoire profonde, que l’écrivaine cherche à capturer pendant les témoignages, pour finalement les restituer par le moyen de la configuration narrative des monologues de &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;. Chez Alexievitch, la reconfiguration temporelle des souvenirs racontés est le moyen par lequel sa poétique du temps sculpté, en tant qu’activité mimétique (au sens d’Aristote&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_k2j9q3u&quot; title=&quot;Comme le mentionne Paul Ricoeur dans Temps et récit, le concept de mimèsis chez Aristote désigne en effet «l’activité mimétique, le processus actif d’imiter ou de représenter. Il faut donc entendre imitation ou représentation dans son sens dynamique de mise en représentation, de transposition [de l’action] dans des œuvres représentatives.» (Ricoeur, 1983: 69) Chez Alexievitch, nous postulons que c’est plutôt l’émotion elle-même que l’écrivaine biélorusse cherche ultimement à imiter, ou encore à représenter par le moyen du remaniement «poétique» du déroulement des souvenirs tels qu’ils ont été racontés au moment des témoignages.&quot; href=&quot;#footnote4_k2j9q3u&quot;&gt;4&lt;/a&gt;), atteint son point culminant, qui est la restitution de leurs empreintes émotionnelles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Même si le passage du journal à la conversation de groupe constitue une étape importante dans le cheminement de la révélation de l’âme, il reste que le chœur de voix limite par sa polyphonie discordante l’exploration des mémoires individuelles par les témoins eux-mêmes. La prochaine et dernière phase du dévoilement de l’&lt;em&gt;âme&lt;/em&gt; consiste ainsi, au terme d’un «acte poétique de sculpture dans le temps», à représenter, ou encore à imiter des témoignages qui, en opérant le creusage de mémoires individuelles, sont parvenus à s’élever au-dessus de la discordance de la conversation de groupe. Ce caractère discordant n’est pourtant pas éludé dans l’agencement du chœur de voix, ces dernières exprimant des points de vue divergents. En effet, même si certaines voix du chœur n’hésitent pas à décrire les horreurs de la Grande Guerre patriotique, ou encore à dénoncer les millions de déportations et d’exécutions ordonnées par Staline, d’autres évoquent avec nostalgie l’époque révolue de la Patrie soviétique et de son «drapeau rouge, celui de la Victoire» (Alexievitch, 2013: 226). Pour l’écrivaine, cette nostalgie est le produit d’une mémoire «encombrée des superstitions, des partis pris et des mensonges de son temps. De ce qu’on entend à la télévision, de ce qu’on lit dans les journaux.» (664) Mais la configuration narrative des manifestations du chœur ne se contente pas de juxtaposer aléatoirement les expressions de points de vue divergents; elle suggère que les voix porteuses de mémoires aveuglées par les mensonges de leur temps, en se mélangeant à celles dont la capacité de discernement demeure inaltérée, empêchent ces dernières de creuser les mémoires à la surface desquelles elles demeurent en suspens pendant la conversation de groupe. Le témoignage individuel devient ainsi le moyen par lequel la mémoire, qu’elle soit aveuglée ou tout simplement limitée dans son exploration d’elle-même par la polyphonie discordante du chœur, parvient à tracer le chemin qui conduira les empreintes émotionnelles vers la sphère de l’action. En s’élevant du palais de l’&lt;em&gt;âme&lt;/em&gt;, ces empreintes iront rejoindre la temporalité présente dans laquelle se déverse la voix du témoin, pour finalement être représentées, ou encore imitées dans un monologue de &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;. Contrairement aux représentations des pensées et des souvenirs isolés qui sont évoqués par les différentes voix du chœur, la représentation poétique des empreintes émotionnelles redécouvertes au terme du creusage d’une mémoire individuelle nécessitera, quant à elle, la configuration narrative de tout un récit de souvenirs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;Approfondissement de la temporalité humaine&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Raconter les souvenirs d’une «expérience vivante et singulière» (Alexievitch, 2015: 14) devient ainsi un prétexte pour faire surgir les «sentiments» (Alexievitch, 1998: 31), «émotions» (Alexievitch, 2013:22) et impressions qui, enfouis dans le «noyau de la mémoire profonde», «restent toujours en marge» (2013: 22) de «l’histoire des faits» (2015: 14). Ce surgissement inspirera aux témoins des pensées qui porteront, comme le mentionne le témoin Irina Vassilieva dans &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;, sur «les deux choses les plus importantes: l’amour et la mort» (Alexievitch, 2013: 605). Alexievitch «guette le moment où [les témoins] sont en état de choc, quand ils évoquent la mort ou l’amour. Alors leur pensée s’aiguise, ils sont tout entiers mobilisés. Et le résultat est souvent magnifique» (Alexievitch, 2015: 12).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais les évocations de l’amour et de la mort dans les témoignages individuels ne sont pas suffisantes pour représenter le caractère émotionnel des souvenirs, dont la restitution nécessite la «reconfiguration narrative» de la mémoire telle qu’elle a été déclarée par les témoins de &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;. Dans l’esprit de la lecture de la &lt;em&gt;Poétique&lt;/em&gt; d’Aristote par Paul Ricœur dans &lt;em&gt;La métaphore vive&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Temps et récit&lt;/em&gt;, nous postulons que la poétique du temps sculpté chez Alexievitch est une opération de filtration, ou encore d’«épuration (&lt;em&gt;katharsis&lt;/em&gt;)» (49b 26-27), qui tend à approfondir, par un enrichissement de sa consistance émotionnelle, la temporalité humaine constituée par l’écoulement des souvenirs racontés lors du témoignage. Pour approfondir ce «temps de l’âme» (Ricœur, 1985: 25) qui s’est cristallisé dans la durée d’un témoignage, l’écrivaine biélorusse extrait et agence uniquement les fragments de mémoire dans lesquels les «souvenirs purs» et leurs empreintes émotionnelles sont parvenus, tels les oiseaux du colombier de Platon, à se matérialiser dans la parole du témoin. Empruntant une notion théorisée par le critique Northrop Frye dans son célèbre ouvrage intitulé &lt;em&gt;Anatomie de la critique&lt;/em&gt;, nous postulons que le point culminant de l’effet mimétique chez Alexievitch repose sur la structuration, par l’agencement de la temporalité des souvenirs racontés, d’un «&lt;em&gt;mood&lt;/em&gt;» (Frye: 80), terme que Paul Ricœur, dans &lt;em&gt;La métaphore vive&lt;/em&gt;, traduit par «valeur affective» (1975: 190) ou «état d’âme» (285). Dans la septième étude de &lt;em&gt;La métaphore vive&lt;/em&gt;, ce dernier résume l’analyse de Frye qui, en définissant la notion de &lt;em&gt;mood&lt;/em&gt;, établit un rapprochement «entre le poétique et l’hypothétique» (308): «le langage poétique, “tourné vers le dedans” et non vers “le dehors”, structure un &lt;em&gt;mood&lt;/em&gt;, un état d’âme, qui n’est rien hors du poème lui-même: il est ce qui reçoit forme du poème en tant qu’agencement de signes.» (Ricœur, 1975: 308-309) En tenant tout monologue de &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt; pour un «poème tragique», au sens d’Aristote, nous entendons ainsi par état d’âme, au sens de Frye, la forme poétique que la reconfiguration narrative de la temporalité des souvenirs racontés confère aux empreintes émotionnelles qui sont parvenues à se réactualiser dans le présent du témoignage.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;La représentation poétique des empreintes émotionnelles dans les monologues&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Afin d’identifier les formes poétiques structurées par la reconfiguration narrative des témoignages de &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;, tournons-nous maintenant vers les deux monologues du chapitre intitulé «Où il est question de la cruauté des flammes et du salut qu’on trouve dans les nuages». Friedman, un vétéran russe d’origine juive de la Deuxième Guerre mondiale ayant été forcé de rejoindre, à douze ans, les rangs d’un détachement de partisans après la mort brutale de tous les membres de sa famille, offre le premier monologue. Il débute son histoire par de douloureux souvenirs d’enfance: «Je me souviens, quand j’étais petit, j’avais peur de perdre mon père… On venait arrêter les pères pendant la nuit, et ils disparaissaient dans le néant…» (Alexievitch, 2013: 231) Le témoin se souvient ensuite d’une jeune «Juive, Rosa, une jolie fille [qui] trimbalait des livres avec elle. Seize ans. Les commandants couchaient tous avec elle les uns après les autres» (231), jusqu’au jour où ils apprirent qu’elle était enceinte. Alors «on l’a emmenée au fond des bois et on l’a abattue comme un chien…» (231) Ces souvenirs de Rosa ramènent le narrateur plus loin dans son passé, vers le début de la guerre, au moment où sa famille décide de rester à Minsk, car la grand-mère, qui «avait vu les Allemands en 1918, […] assurait à tout le monde que c’étaient des gens cultivés, qu’ils ne toucheraient pas aux paisibles citoyens.» (232) Peu de temps après l’arrivée des Allemands dans leur ville, la famille doit rapidement déménager dans un guetto. Des milliers de Juifs se mettent alors à traverser «la ville… Avec des enfants, des oreillers… C’est drôle, mais j’avais emporté ma collection de papillons. Cela paraît ridicule, maintenant…» (233) Durant cette marche, Friedman ne levait pas les yeux, de peur que des amis le reconnaissent: «J’avais honte… Je me souviens de ce sentiment de honte permanent…» (233) Peu de temps après l’arrivée de sa famille dans le guetto, des «camions sont arrivés, beaucoup de camions… On en a fait descendre des enfants bien habillés, avec de jolies chaussures, des femmes avec des tabliers blancs, des hommes avec des valises coûteuses». (233-234) Ces «Juifs de Hambourg […] ne cherchaient pas à se défiler, à tromper les gardiens, à se cacher quelque part… Ils étaient résignés… […] Ils ont tous été exécutés. Des dizaines de milliers de Juifs de Hambourg…» (234) Le témoin se souvient très bien de ce jour où les Allemands «ont commencé par jeter les enfants dans une des fosses… Et ils les ont recouverts de terre. Les parents ne pleuraient pas, ils ne suppliaient pas. Ils se taisaient.» (234) Les Allemands voulurent épargner la mère de Friedman, qui était russe. Mais elle s’est accrochée au père, puis à son propre fils: «Nous l’avons tous repoussée, nous l’avons suppliée de partir… Elle a été la première à sauter dans la fosse. C’est tout ce dont je me souviens…» (234) Quelques heures après l’exécution de tous les membres de sa famille, alors qu’il est endormi et laissé pour mort dans la fosse «pleine de gens fusillés» (235), l’enfant se fit réveiller par des «paysans avec des pelles [qui] dépouillaient les cadavres de leurs bottes, de leurs chaussures… de tout ce qu’ils pouvaient leur prendre». (235)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La suite du monologue reconstitue les fragments de témoignage qui retracent les expériences du jeune Friedman à titre de partisan dans un détachement où il fut victime d’antisémitisme. Sous les conseils d’un ami de son père, Friedman décida alors de changer de nom et devint Lomeïko. Retenons surtout du reste du monologue les exécutions, par les partisans eux-mêmes, de la plupart des Juifs qui faisaient partie de leur propre détachement, et aussi une considération du témoin pour les chevaux, qui «ne se cachent pas, comme les autres animaux. Les chiens, les chats, même les vaches, se sauvent quand on veut les tuer. Les chevaux, eux, ils restent là, à attendre qu’on les exécute. C’est terrible à voir…» (236) Ces images des animaux font reconnaître à Lomeïko une nouvelle couche de souvenirs, alors qu’il se rappelle avoir «ouvert le ventre de trois chevaux morts» pour s’y cacher avec deux hommes: «On est restés là pendant deux jours, on entendait les Allemands aller et venir», jusqu’à ce que ce fut «le silence. Et on est sortis, couverts de sang, de boyaux et de merde. À moitié fous. Il faisait nuit, la lune brillait…» (237) Lomeïko se souvient ensuite des partisans qui déshabillaient «les morts pour leur prendre jusqu’à leur caleçon. Les chiens leur dévoraient le visage, les mains.» (238) Le monologue se termine finalement par la mention d’une femme qui «avait deux enfants tout petits. Elle avait caché un partisan blessé dans sa cave. Quelqu’un l’avait dénoncée…» (238) Les Allemands «ont pendu toute la famille au milieu du village, en commençant par les enfants. Ce qu’elle a pu crier! Les êtres humains ne crient pas comme ça… Il n’y a que les bêtes… Un être humain doit-il faire de tels sacrifices? Je ne sais pas.» (238)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le monologue de Friedman est ainsi constitué d’un ensemble de fragments de témoignage que l’écrivaine biélorusse agence à la manière d’une monteuse de film, afin de structurer une «valeur affective», ou encore un «état d’âme» qui se dégage de l’ensemble du récit. Dans le langage de Ricœur, nous dirons que la structuration de cet état d’âme, en tant que point culminant de la poétique du temps sculpté, a pour effet «[d’]universaliser» (Ricœur, 1983: 85) les empreintes émotionnelles qui, dans la mémoire de Friedman, demeuraient virtuellement liées à ses souvenirs personnels de la Grande Guerre patriotique. En donnant à lire le témoignage de Friedman par le moyen d’une «sculpture» de sa temporalité, Alexievitch fait germer l’universel au cœur même du singulier dans la mesure où le témoin, à partir de sa propre mémoire individuelle, devient le porte-parole certes des survivants, mais aussi de l’ensemble des sacrifiés de la guerre, y compris de tous les Juifs qui ont été à la fois victimes d’antisémitisme de la part des Russes, exécutés par les partisans et jetés dans des fosses de cadavres par les soldats allemands. Malgré sa résonnance universelle, la «valeur affective» qui se dégage de l’ensemble du monologue de Friedman demeure une représentation poétique et singulière des empreintes émotionnelles qui ont été laissées dans le noyau de sa mémoire profonde par tous les souvenirs des tragédies auxquelles il a assisté pendant la guerre: les viols répétitifs et le meurtre de la jeune adolescente Rosa, l’exécution et l’enterrement de sa famille dans la fosse, les assassinats, par des partisans russes, de ses camarades de détachement juifs, la vue de chevaux qui attendaient passivement leur propre mise à mort, puis le cri incessant et bestial de cette mère qui fut condamnée à regarder ses deux jeunes enfants être pendus par les soldats allemands. La compassion d’un enfant juif pour la jeune Rosa, la honte qu’il ressentit alors qu’il marchait vers un guetto en tenant sa boîte de papillons, la tristesse et le désespoir qu’il dût ensuite éprouver en regardant sa mère se jeter la première dans la fosse pour ne pas être séparée de sa famille, ajoutés à sa peur constante de se faire tirer dans le dos par des partisans russes, et finalement l’effroi que lui procura le cri inhumain de cette femme qui s’écroula sous les deux petits corps pendus de ses enfants, sont ainsi universalisés dans un monologue qui nous fait entendre la douleur infligée à tout un peuple et portée par la mémoire des survivants de cette guerre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus haut, les extraits de journaux remaniés se contentaient de relater les faits entourant le suicide de l’ancien combattant Zinatov; le monologue de Friedman nous suggère de tenir la source de ce suicide pour la souffrance humaine telle qu’elle a été vécue par tous les vétérans de la Grande Guerre patriotique, avant d’être finalement répudiée, voire ignorée par les nouvelles générations de Russes:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;On ne voit partout que les nouveaux héros: des banquiers et des hommes d’affaires, des mannequins et des prostituées, des managers… Les jeunes peuvent encore s’adapter, mais les vieux, eux, meurent en silence, enfermés chez eux. Ils meurent dans la misère, dans l’oubli. (Alexievitch, 2013: 69)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant la nuit, alors qu’il avait les yeux rivés sur le plafond, immobile dans son lit, Zinatov devait être confronté à ses souvenirs de la mort qui, au moment même où celle-ci se déployait devant lui le 22 juin 1941 dans la forteresse de Brest-Litovsk, entrait simultanément dans l’&lt;em&gt;âme&lt;/em&gt; de l’enfant Friedman par des souvenirs différents, avant d’être captée et mise en récit, des années plus tard, par Svetlana Alexievitch. C’est du moins ainsi que le texte nous le fait entendre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voyons maintenant comment le second monologue vient contribuer à cette universalisation des empreintes émotionnelles. Celui-ci est livré cette fois par une femme, Lioubotchka, qui nous raconte son «histoire d’amour…» (241) Dans ce témoignage remanié, l’agencement poétique de la mémoire déclarée est le moyen par lequel l’activité mimétique atteint son point culminant, qui est la représentation des empreintes émotionnelles gravées dans l’âme de Lioubotchka par les souvenirs qu’elle conserve spécifiquement de l’amour —l’amour que Tarkovski tient pour «la valeur positive et centrale qui fait vivre l’homme». (Tarkovski: 230). Dans ce second monologue, l’agencement poétique des souvenirs articule deux «états d’âme» qui s’opposent l’un à l’autre par la signification respective qu’ils attribuent au sentiment de l’amour. La première de ces deux «valeurs affectives», qui vient justifier le commentaire de Tarkovski dans la mesure où elle confère aux émotions de Lioubotchka une signification «positive», se manifeste dès les premières phrases du monologue, lesquelles reconstituent la rencontre de la narratrice avec Ivan, dont elle tomba éperdument amoureuse: «Je ne pensais qu’au moment où j’allais le revoir. Il arrivait, il s’asseyait sur le banc, et il me regardait en souriant. “Pourquoi tu souris? —Comme ça!”» (241) La narration va ensuite à la fois approfondir et élargir la structuration de cet état d’âme, en évoquant non seulement les effets de l’amour sur l’état psychologique et les perceptions antérieures de Lioubotchka, mais aussi l’influence décisive qu’exerce sur le déroulement du témoignage la réactualisation des empreintes émotionnelles:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;On lavait le cheval dans la rivière ensemble. Il y avait du soleil. On mettait le foin à sécher, ça sentait tellement bon… […] Sans amour, j’étais une fille simple, ordinaire… jusqu’à ce que je tombe amoureuse. (242)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puis: «Ma mémoire flanche un peu, mais mon âme se souvient de tout…» (243) Mais cette vie passée, enrichie par la perception de l’amour au temps de l’occupation allemande du petit village de son enfance, est renversée le jour où elle apprend, de la bouche de sa mère qui pleurait, que son Ivan, forcé par son grand-père, ce «vieux démon» (244) récemment «revenu de déportation» et «rempli de haine» (242), s’est engagé dans la police (243). Ivan et Lioubotchka, qui tombe rapidement enceinte, auront droit à «un an comme mari et femme» (244). Au terme de cette année paisible, des tensions commencent rapidement à se manifester dans le village alors que l’armée soviétique se met à reprendre du terrain sur les Allemands. Ivan, qui n’avait «jamais tiré sur personne» (244), était persuadé qu’ils étaient en sécurité. C’est alors qu’un jeune homme à qui Lioubotchka plaisait aussi, et qui l’invitait régulièrement aux bals pour ne danser qu’avec elle, rejoint les partisans et fomente le plan de tuer Ivan, qu’il considère comme un traître pour avoir rejoint la police allemande. Une nuit, cet ancien soupirant débarque chez Lioubotchka pour l’accuser d’avoir «choisi un Ukrainien qui était pour les Boches, de l’engeance de koulak» (245). Quelques jours plus tard, il revient de nouveau, mais cette fois pour lui annoncer la mort de son mari: «“Je viens de tuer ton mari avec ce pistolet! —Non, non! Ce n’est pas vrai! —Maintenant, tu n’as plus de mari!” J’ai cru que j’allais le tuer… lui arracher les yeux…» (245) Lioubotchka se souvient très bien du lendemain matin, où des hommes lui ont rapporté son «Ivan… Sur une luge. Allongé sur son manteau. Il avait les yeux fermés, et un visage d’enfant.» (245) Après avoir appris que les partisans en veulent à sa vie pour avoir été la femme d’un «&lt;em&gt;politzei&lt;/em&gt;» (244), Lioubotchka épouse l’assassin de son mari afin d’assurer la sécurité de son fils. Ensemble, ils auront une fille. Quoiqu’il aimât «les deux enfants de la même façon», le nouvel époux de Lioubotchka, qui était «jaloux du mort», la battait chaque nuit, avant de lui demander pardon tous les lendemains matin. (246) Ils vécurent «quinze ans ensemble, et puis il est tombé gravement malade. Il est mort très vite, en un automne.» (246) Peu de temps avant de mourir, il lui demande si elle l’a aimé, avant de lui avouer:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Moi, je n’ai aimé que toi, toute ma vie. Tellement fort que j’ai eu envie de te tuer quand j’ai appris que j’allais mourir. […] Je ne peux pas supporter l’idée que je vais mourir et que tu auras quelqu’un d’autre. Tu es si belle! (246)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est cette dernière déclaration du partisan qui fait dire à son épouse que «l’amour, c’est un poison.» (244) Cette métaphore du poison, nous la tenons pour une référence directe au second «état d’âme» du monologue, qui est restitué par l’agencement poétique de tous les souvenirs assombris par l’image globalisante que Lioubotchka conserve de l’assassin de son premier mari. Deux significations contraires et universelles de l’amour se dégagent ainsi de ce second monologue. La première, qui est positive, est suggérée par la reconstitution poétique des souvenirs de la relation amoureuse entre Lioubotchka et Ivan. Quant à la seconde signification, elle est attribuable à un amour perverti par une guerre qui donne à un homme dévoré par la jalousie les moyens pratiques de posséder la femme dont il se dit éperdument amoureux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est finalement la femme de Zinatov qui conclut ce chapitre de &lt;em&gt;La fin de l’homme rouge&lt;/em&gt;, en évoquant, après le second monologue, les quelques souvenirs qu’elle garde de son mari: «La maison, la famille, cela ne l’a jamais intéressé. Il n’y avait que la forteresse, toujours la forteresse…» (247) Que nous révèle le remaniement poétique de ces quelques souvenirs racontés, sinon que Zinatov a défendu la Patrie au prix de sa «capacité d’aimer» (Tarkovski: 232), que Tarkovski tient pour «ce qu’il y a d’éternel et de spécifiquement humain», et qui «peut se développer à l’intérieur de l’âme de chacun, jusqu’à devenir le principe capable de donner un sens à sa vie» (232)? Par l’intermédiaire de Friedman, le premier monologue disait toute la souffrance contenue dans l’&lt;em&gt;âme&lt;/em&gt; de Zinatov depuis son expérience de la guerre; le second nous suggère que cette souffrance même, pour reprendre les mots de Lioubotchka, a fait de l’amour «un poison» en circonscrivant l’ensemble de sa mémoire à l’intérieur de la forteresse de Brest-Litovsk, sous les ruines de laquelle s’est perdu le souvenir de son amour pour ses proches. C’était peut-être ce souvenir que Zinatov cherchait encore désespérément la nuit, «les yeux grands ouverts» (Alexievitch, 2013: 247). Incapable d’oublier la guerre, il «a récolté les pommes de terre, il a mis ses plus beaux vêtements, et il est parti» (248) rejoindre pour une dernière fois la forteresse dans laquelle son &lt;em&gt;âme&lt;/em&gt; est demeurée captive depuis les premières heures du 22 juin 1941.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;73736&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;ACKERMAN, Galia et Frédérick LEMARCHAND. 2009. «Du bon et du mauvais usage du témoignage dans l&#039;œuvre de Svetlana Alexievitch» &lt;em&gt;Tumultes&lt;/em&gt;. No 32-33, p.29-55.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ALEXIEVITCH, Svetlana. 2013. &lt;em&gt;La Fin de l’homme rouge ou Le temps du désenchantement&lt;/em&gt;. Trad. S. Benech. Paris: Actes Sud, coll. «Lettres russes», 544p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ALEXIEVITCH, Svetlana. «Entretien de Svetlana Alexievitch avec Michel Eltchaninoff» In &lt;em&gt;Œuvres&lt;/em&gt;. Trad. G. Ackerman, P. Lorrain, A. Coldefy-Faucard, P. Lequesne. Paris: Actes sud, coll. «Thesaurus», p.7-15.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ALEXIEVITCH, Svetlana. &lt;em&gt;La supplication. Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse&lt;/em&gt;, Trad. A. Ackerman, P. Lorrain. Paris: J’ai lu, 250p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ARISTOTE. 1990. &lt;em&gt;Poétique&lt;/em&gt;. Paris: Librairie Générale Française, coll. «Le Livre de Poche», 216p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;AUGUSTIN (saint). 1992 [1934]. &lt;em&gt;Les Confessions VIII-XIII&lt;/em&gt;. Trad. E. Tréhorel, G. Bouissou d’après le texte de M. Skutella. Paris: Études augustiniennes, coll. «Bibliothèque augustinienne», 690p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BERGSON, Henri. 2012 [1939]. &lt;em&gt;Matière et mémoire: Essai sur la relation du corps à l’esprit.&lt;/em&gt; Paris: Presses Universitaires de France, coll. «Quadrige», 521p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FRYE, Northrop. 1970 [1957]. &lt;em&gt;Anatomie de la critique&lt;/em&gt;. Trad. G. Durand. Paris: Éditions Gallimard, coll. «Bibliothèque des sciences humaines», 454p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PLATON. 1967. &lt;em&gt;Théétète—Parménide&lt;/em&gt;. Trad. É. Chambry. Paris: Garnier, coll. «GF», 309p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICŒUR, Paul. 1975. &lt;em&gt;La métaphore vive&lt;/em&gt;. Paris: Seuil, coll. «Points», 411p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICŒUR, Paul. 1983. &lt;em&gt;Temps et récit I. L’intrigue et le récit historique&lt;/em&gt;. Paris: Seuil, coll. «Points», 404p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;TARKOVSKI, Andreï. 2014 [1989]. &lt;em&gt;Le Temps scellé&lt;/em&gt;. Trad. A. Kichilov, C. H. de Brantes. Paris: Philippe Rey, coll. «Fugues», 300p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ZINOVIEV, Alexandre. 1982. &lt;em&gt;Homo Sovieticus&lt;/em&gt;. Trad. Jacques Michaut. Paris: Julliard/L’Âge d’homme, 244p.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_9u7yy58&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_9u7yy58&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Selon le témoin qui utilise cette expression, la culture russe des années 60 est née dans les cuisines, qui ne sont plus seulement le lieu où l’on prépare la nourriture. La cuisine devient «aussi un salon, une salle à manger, un cabinet de travail et une tribune.» (30) C’est à cette époque «que les gens ont quitté les appartements communautaires et ont commencé à avoir des cuisines privées, dans lesquelles on pouvait critiquer le pouvoir, et surtout, ne pas avoir peur, parce qu’on était entre soi.» (30)&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_yzzg9ha&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_yzzg9ha&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; C’est par cette expression que les Soviétiques, et par la suite les Russes, vont désigner le conflit contre l’Allemagne pendant la Deuxième Guerre mondiale. Quant aux historiens, ils se réfèrent à cette période de la guerre par l’appellation «front de l’Est».&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_omk8w44&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_omk8w44&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Bien que cette expression soit entrée dans le domaine public depuis la propagande soviétique, c’est l’écrivain dissident Alexandre Zinoviev (1983) qui l’a popularisée dans &lt;em&gt;Homo Sovieticus&lt;/em&gt;, un roman satirique percutant.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_k2j9q3u&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_k2j9q3u&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Comme le mentionne Paul Ricoeur dans &lt;em&gt;Temps et récit&lt;/em&gt;, le concept de &lt;em&gt;mimèsis&lt;/em&gt; chez Aristote désigne en effet «l’activité mimétique, le processus actif d’imiter ou de représenter. Il faut donc entendre imitation ou représentation dans son sens dynamique de mise en représentation, de transposition [de l’action] dans des œuvres représentatives.» (Ricoeur, 1983: 69) Chez Alexievitch, nous postulons que c’est plutôt l’émotion elle-même que l’écrivaine biélorusse cherche ultimement à imiter, ou encore à représenter par le moyen du remaniement «poétique» du déroulement des souvenirs tels qu’ils ont été racontés au moment des témoignages.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Wed, 07 Sep 2022 18:29:22 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>D&#039;un silence à l’autre. Ce que l&#039;écrit fait à la berceuse</title>
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En somme, un enfantin langage performatif:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Do, do, l’enfant do,&lt;br&gt;Do, do, l’enfant do&lt;br&gt;L’enfant dormira bientôt.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce genre nous est transmis aujourd’hui en partie de bouche à oreille (souvent dans des versions très fragmentaires) et en partie sous forme écrite. C’est sous la forme écrite que nous est parvenue le fonds le plus important de cet ensemble: recueils de collectes savantes mais aussi livres-CD illustrés et même albums de littérature de jeunesse pour la période la plus contemporaine. La question que je me propose de travailler, dans une perspective ethnocritique, est la suivante: que fait ou plus exactement que défait l’écrit dans la berceuse? Qu’est-ce qui se perd de ce genre qui appartient au folklore oral enfantin quand il passe à la forme écrite? Qu’advient-il de la vitalité de l’oralité quand elle s’arraisonne à l’ordre de la littératie?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h2&gt;La trappe de la scription&lt;/h2&gt;&lt;div&gt;Dans un premier temps, il s’agit de prendre la mesure de ce qui tombe, comme dit Roland Barthes (Barthes, 1974: 9-13), dans la trappe de la scription lorsque la berceuse orale est transcrite pour figurer dans des recueils, dans des livres. Ce mouvement de transcription est relativement ancien. Ainsi dans la &lt;em&gt;Friquassée&lt;/em&gt; &lt;em&gt;crotestyllonnée&lt;/em&gt; parue à Rouen en 1601, on peut lire, mêlées à d’autres comptines, proverbes, dictons et facéties, quelques berceuses. Mais le mouvement de collectes est particulièrement important au XIXe siècle. À titre d’exemples je citerai: &lt;em&gt;L’Emprô genevois&lt;/em&gt; de Jean-Daniel Blavignac publié en 1874 et sous-titré de façon précise &lt;em&gt;Caches, rondes, rimes et kyrielles enfantines&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Le fer à risoles&lt;/em&gt;; &lt;em&gt;Les Enfantines du «bon pays de France»&lt;/em&gt; de Philippe Kuhff parues en 1878 avec là encore un sous-titre aussi long que prometteur, &lt;em&gt;Berceuses, Rondes, Noëls, Chansons de Fileries et Brandons, Risettes, Devinettes, Ballades, Légendes, Romances, Amusettes, Dictons et Quatrains&lt;/em&gt;; et enfin, bien sûr, les célèbres &lt;em&gt;Rimes et jeux de l’enfance&lt;/em&gt; d’Eugène Rolland publiés pour la première fois en 1883 avec un chapitre sur les berceuses.&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces retranscriptions, soumises à l’ordre graphique, s’alignent sur la page blanche, les unes au-dessous des autres. Regroupées, elles occupent une place précise dans chaque recueil: au chapitre II, dans la liste des «Kyrielles enfantines» après «Le hoquet» et «L’éternuement» et avant «Les marionnettes» et «Les sauteuses» chez Jean-Daniel Blavignac; entre la rubrique «Les heures, Les cloches» et la rubrique «Risettes, joies de la mère» chez Philippe Kuhff, en ouverture chez Eugène Rolland.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En observant, par exemple, les pages consacrées à la berceuse dans &lt;em&gt;Rimes et jeux de l’enfance&lt;/em&gt;, on remarque que les variantes données peuvent être introduites par a) et b) et que, parfois, une variante supplémentaire est ajoutée entre parenthèses avec une note de bas de page explicative. Des virgules, des points-virgules segmentent la version écrite de la berceuse qui s’organise en strophes. Une lettre majuscule débute le texte, un point le termine et ainsi s’offre au regard un ensemble parfaitement délimité. Au-dessous de chaque bloc textuel, systématiquement des italiques indiquent la région de France où l’exemple a été collecté. L’imprimé calibre et standardise un ensemble ordonné, numéroté de 1 à 16: les berceuses recueillies, à présent muettes, sont parfois accompagnées de leur partition (de la musique écrite avec des signes sur un ensemble de lignes). L’arraisonnement à l’écrit en est démultiplié.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’assignation graphique non seulement impose les normes typographiques mais a aussi pour effet de tout uniformiser sur son passage: visuellement les berceuses ressemblent aux rondes, qui ressemblent aux formulettes et ainsi de suite. Jack Goody rappelle dans La raison graphique que:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[…] quand un énoncé est mis par écrit, il peut être examiné bien plus en détail, pris comme un tout ou décomposé en éléments, manipulé en tous sens, extrait ou non de son contexte. Autrement dit, il peut être soumis à un tout autre type d’analyse et de critique qu’un énoncé purement verbal. Le discours ne dépend plus d’une «circonstance»: il devient intemporel. Il n’est plus solidaire d’une personne; mis sur papier, il devient plus abstrait, plus dépersonnalisé. (Goody, 1979: 96-97)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Alors qu’avons-nous définitivement perdu dans ce passage de la berceuse orale à la berceuse écrite?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout d’abord la malléabilité propre à la parole chantée. On sait à quel moment la berceuse commence mais on ne sait pas quand elle finit car le signe de son efficacité est marqué par son interruption même. L’adulte qui berce suit l’avancée du sommeil, la voix diminue en intensité, la parole se défait, devient sons répétés, murmures fredonnés pour laisser, en toute fin, place au silence. La berceuse en effet suppose un échange ouvert, «in process»: les interactions sont liées ici à une situation de communication paradoxale parce qu’aucune réponse articulée n’est attendue. L’&lt;em&gt;in-fans&lt;/em&gt; auquel s’adresse le chant ne sait pas encore parler. C’est bien l’effet performatif qui compte. Et pour ce faire il y a toujours une part d’improvisation laissée à celui qui berce dans le choix des paroles qui peuvent être répétées, oubliées, plus ou moins inventées, empruntées à d’autres chansons&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_p8g6xae&quot; title=&quot;A. Van Gennep rappelle dans son Manuel de Folklore Français (Tome 1) que «d’autres chansons (de rondes, de mariage, de mai) peuvent servir à bercer un enfant» (Van Gennep, 1977: 153).&quot; href=&quot;#footnote2_p8g6xae&quot;&gt;2&lt;/a&gt;: on ne sait pas à quel moment va avoir lieu l’endormissement. Mais quand la berceuse devient texte, la mémoire incorporée et sélective laisse place à un artefact mémoriel au pouvoir de stockage infini. Et le document clos sur lui-même et définitif, mono-sémiotique et décontextualisé, peut être reproduit autant de fois que l’on veut, à l’identique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le chapitre V de son &lt;em&gt;Essai sur l’origine des langues&lt;/em&gt;, Rousseau dit à propos de l’écriture qu’«elle substitue l’exactitude à l’expression». Il ajoute quelques lignes plus bas: «[…] il n’est pas possible qu’une langue qu’on écrit garde longtemps la vivacité de celle qui n’est que parlée.» (Rousseau, 1993: 73) C’est bien ce passage de l’esthésique à l’esthétique que l’on retrouve dans nos berceuses quand de paroles chantées, elles deviennent texte écrit. Ce qui se perd, c’est tout un monde de sensations au profit de l’esthétisation plus ou moins grande d’un répertoire patrimonial à conserver et à transmettre. L’évènement de parole chaque fois unique qu’est le chant de la berceuse repose sur la co-présence, la proximité, le corps à corps. Qu’il se trouve dans son berceau, qu’il soit enveloppé dans des bras protecteurs, l’enfant reconnaît l’inflexion d’une voix, ressent la chaleur, le souffle de la personne qui le berce. Le rythme du balancement, le rythme des pulsations cardiaques lui rappellent peut-être le rythme bienfaisant du temps où il vivait dans le ventre maternel. La répétition de sons ou mots berceurs plus ou moins monosyllabiques du type «do, do» imite le va-et-vient du bercement et scande la chanson. Ce balancement phonique tend peut-être à se rapprocher (imaginairement?) du langage des enfants, les premiers sons appris très tôt. Tout un mimétisme est là pour signifier l’apaisement et le mouvement, l’apaisement dans le mouvement. Et ce contact &lt;em&gt;hic et nunc&lt;/em&gt;, plutôt complexe, la berceuse écrite ne peut en rendre compte. L’échange immédiat, direct, synchrone devient un texte à la communication différée, asynchrone. Comme l’écrit encore J. Goody: «Le mot écrit n’est plus directement lié au “réel”, il devient une chose à part, il est relativement détaché du flux de la parole, il tend à ne plus être autant impliqué dans l’action, dans l’exercice d’un pouvoir sur la matière.» (Goody, 1979: 100)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On l’aura compris, c’est la perte du corps que le passage au répertoire et au corpus révèle. Les corps (celui du bercé, celui du berceur) en co-présence, la gestualité et le toucher, la voix et ses inflexions mélodiques et changeantes jouent un rôle essentiel dans la berceuse. En effet, pour remplir sa fonction, la berceuse peut se passer de mots –elle peut être une sorte de murmure fredonné sur un rythme particulier–, mais elle ne peut pas se passer du corps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h2&gt;Un petit rituel de passage désincarné&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Couchée sur le papier, prise dans l’ordonnancement de la page et passée au tamis de l’imprimerie, la berceuse écrite subit également l’effacement de sa dimension rituelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En effet, le mot «berceuse» qui marque l’identification générique entre dans la langue française un peu avant le début des grandes collectes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_388asx1&quot; title=&quot;Le décret du 13 septembre 1852 rendu sur le rapport du Ministre de l’Instruction Publique et des Cultes demande la constitution d’un Recueil des poésies populaires de la France et en confie la publication au Comité de la langue, de l’histoire et des arts de la France. En 1853, le Comité publie un document intitulé Instructions relatives aux poésies populaires de la France; il a pour fonction d’indiquer «les principales classes des chants populaires». Page 62, on peut lire: «Enfin, on ne dédaignera pas les chansons de nourrice et de berceuses, appelées en anglais lullaby.» Il semblerait qu’on soit à un moment charnière où la volonté de classification propre à la littératie coexiste avec les dénominations anciennes: «chansons de nourrice» et même «chansons de berceuses», à prendre au sens de «femmes qui bercent». Ces dénominations voisinent encore de plein pied avec l’oralité.&quot; href=&quot;#footnote3_388asx1&quot;&gt;3&lt;/a&gt;, ce que mentionne le complément du dictionnaire de l’Académie Française de 1842 le mentionne. En revanche l’appellation ancienne que l’on trouve par exemple dans &lt;em&gt;La Friquassée crotestyllonnée&lt;/em&gt; est «chanson de nourrice». Quant au &lt;em&gt;Dictionnaire de l’ancienne langue française&lt;/em&gt; &lt;em&gt;et de tous ses dialectes du IX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; au XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle&lt;/em&gt; (le Godefroy), il donne le terme de «berceresse» qui a le sens de «femme qui berce». Il cite aussi le mot «bercere» qui signifie «nourrice qui berce». Ce changement lexicographique n’est pas un simple jeu de substitution –un mot en remplaçant un autre– c’est un changement de paradigme culturel dans lequel la dimension pragmatique s’efface au profit de la catégorisation littéraire savante.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il n’en demeure pas moins que la chanson du bercement est bien un micro rituel domestique. Celui qui berce (la mère souvent, le père ou tout autre personne qui s’occupe de l’enfant) tient le rôle de passeur. Il s’agit d’aider au passage de l’union à la séparation des corps. Et le sommeil, c’est l’expérience de la séparation originelle toujours renouvelée d’avec la mère. Pour glisser dans l’endormissement, il faut s’abandonner, c’est-à-dire apprivoiser le noir, le silencieux, le solitaire, l’immobile, le hors-temps. La berceuse, parce qu’elle est faite de paroles chantées et de fredonnements et qu’elle rapproche deux corps dans un balancement régulier, rassure et assure la transition. Quand, dans les bras de l’adulte, l’enfant ferme les yeux, le chant devient murmure et prépare le moment où il faudra déposer délicatement dans le berceau le petit dormeur. Ce geste de détachement ne doit pas être fait trop tôt, le passage doit être totalement accompli sinon tout est à recommencer. Mais le berceur initié sait lire les signes du vrai sommeil.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce petit rituel domestique de la berceuse orale qui marque le début de la vie est de fait parfois présent aussi… au moment de la quitter. En effet, il semble possible d’esquisser une homologie entre le sommeil pacifié engendré par la berceuse et le sommeil éternel. C’est cette homologie entre le berceau et la tombe que certains imaginaires culturels prennent en charge.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’anthropologie culturelle de la fameuse danse sarde de l’argia (une araignée à la piqure très venimeuse) nous en donne un premier exemple. Il faut exorciser la personne piquée par l’argia, âme coupable et condamnée, qui vient du monde des morts. Le rite approprié nécessite de placer la victime (un mort que l’on veut faire revenir à la vie) dans un grand berceau protecteur. Puis on lui chante des &lt;em&gt;ninne nanne&lt;/em&gt;. Il faut chanter en pleurant et la berceuse interrompue par des gémissements et des soupirs n’est pas sans rappeler selon les ethnographes les lamentations funèbres exécutées par les lamentatrices professionnelles. (Gallini, 1988: 149-154)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus proche de nous, la littérature offre elle aussi de nombreuses associations berceuse-mort qui travaillent l’imaginaire culturel des textes: bercer les morts, chanter une berceuse pour les morts. Cette littérature écrite scénographie ce bercement funèbre et multiplie les traits d’oralité. C’est bien la mélopée de la voix et la présence directe qui font la force et le pouvoir de ces berceuses rituelles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi, dans &lt;em&gt;La jasante de la Vieille&lt;/em&gt;, Jehan Rictus nous fait entendre le parler des faubourgs d’une mère venue au cimetière se recueillir devant le carré des condamnés où son fils, guillotiné, est enterré. Au moment de partir, elle entend des pleurs et c’est à la berceuse d’autrefois qu’elle a recours pour consoler symboliquement son enfant (se consoler elle-même tout autant sans doute):=&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Oh! Louis … si c’est toi … tiens -toi sage&lt;br&gt;Sois mignon … j’arr’viendrai&amp;nbsp; bientôt …&lt;br&gt;Seul’ment … fais dodo …fais dodo,&lt;br&gt;Comme aut’fois dans ton petit lit,&amp;nbsp;&lt;br&gt;Tu sais ben … ton petit lit cage.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Chut ! … c’est rien qu’ça … pleur’pas …j’te dis&lt;br&gt;Fais dodo va … sois sage … sage,&lt;br&gt;Mon pauv’tout nu … mon malheureux&lt;br&gt;Mon petiot … mon petit petiot&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_2rlsnhd&quot; title=&quot;Jehan Rictus (Gabriel Randon de Saint Amand) a également écrit une «Berceuse pour un Pas-de-Chance» que l’on peut lire dans le même recueil, Le Cœur Populaire.&quot; href=&quot;#footnote4_2rlsnhd&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. (Rictus, 1914)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;L’Assommoir&lt;/em&gt;, Émile Zola scénographie magistralement le passage dans le grand sommeil. À la fin du roman, Bibi-la-Gaieté, le croque-mort, retrouve les gestes et les paroles de la berceuse au moment de mettre Gervaise dans son cercueil:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Et, lorsqu’il [le croque-mort] empoigna Gervaise dans ses grosses mains noires, il fut pris de tendresse, il souleva doucement cette femme qui avait eu un si long béguin pour lui. Puis l’allongeant au fond de la bière avec un soin paternel, il bégaya, entre deux hoquets:&lt;br&gt;- Tu sais … écoute bien … c’est moi, Bibi-la-Gaieté, dit le consolateur des dames … Va, t’es heureuse. Fais dodo, ma belle! (Zola, 1969: 445)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi, la berceuse qui va du petit sommeil nocturne au grand sommeil fatal, semble apaiser les bébés, les morts et les vivants&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_7e0jsly&quot; title=&quot;La littérature offre de nombreuses références au bercement funèbre. Chateaubriand, par exemple, décrit dans les dernières pages d’Atala le rite funéraire d’une jeune indienne -«la fille de la fille de René l’Européen»- qui tient son enfant mort sur les genoux: «(Elle) chantait d’une voix tremblante, balançait l’enfant sur ses genoux, humectait ses lèvres du lait maternel, et prodiguait à la mort tous les soins qu’on donne&amp;nbsp; la vie» (Chateaubriand, 1964 (1801): 138). Dans Les Chants du crépuscule de Victor Hugo, «L’Hymne aux morts de Juillet» commence ainsi: «Ceux qui sont morts pour la patrie/ Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie/ […]/ Et, comme ferait une mère,/ La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau!» (Hugo, 1885: 37). Anatole Le Braz, célèbre folkloriste de la Bretagne, compose lui aussi une Berceuse d’Armorique mise en musique par Podolwski. Cette berceuse met en scène une vieille femme qui chante pour endormir un petit enfant au destin tout tracé: comme son père il sera matelot et périra en mer. Enchâssés, comme dans une sorte de mise en abyme, deux vers disent le bercement des morts: «Au pays du Froid, la houle des fjords/ Chante sa berceuse en berçant les morts.» (Le Braz, 1914)&quot; href=&quot;#footnote5_7e0jsly&quot;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h2&gt;Un ré-enchantement artificiel&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Aujourd’hui, les berceuses font partie à part entière de la littérature de jeunesse. Et ce ne sont plus les ouvrages de collectes minutieuses que nous allons observer mais les supports proposés au jeune public.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un premier exemple nous est donné par le site Ricochet, plate-forme numérique dédiée à la littérature pour l’enfance et la jeunesse. À l’entrée thématique «berceuses», une vingtaine d’occurrences sont répertoriées. Il y a quelques albums mais plus particulièrement des livres-CD. &lt;em&gt;Mes plus belles berceuses jazz et autres musiques douces pour les petits&lt;/em&gt; sont présentées par l’éditeur comme «les plus belles berceuses jazz à mettre entre toutes les oreilles pour s’éveiller à la beauté du monde…» Est également signalé la présence d’«interprètes exceptionnels». Le berceur de la tradition orale n’a pas besoin d’une technique vocale sophistiquée pour exécuter ce chant plutôt monotone. Mais ici, la berceuse est en quelque sorte «élevée» au rang de spectacle musical à forte plus-value esthétique. Il s’agit d’éduquer au goût, au bon goût et pour cela de ne pas s’endormir trop vite!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette esthétisation se retrouve également dans les autres titres: &lt;em&gt;Les plus belles berceuses classiques, Les berceuses de grands musiciens, Henri Dés. Les plus belles berceuses&lt;/em&gt;. On vante l’intérêt pédagogique qui permet «d’aborder le répertoire classique». 27 chansons et berceuses&amp;nbsp; propose des chansons&amp;nbsp; «sélectionnées parmi les plus connues, à lire, à chanter et à regarder à deux.» La dimension éducative est toujours mise en valeur: «quelques mots sont mis en images pour faire participer l’enfant de façon ludique», précise le commentaire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La qualité des voix et la performance artistique permettent d’éduquer l’oreille, la sélection permet de constituer un répertoire restreint et reconnu, la mise en textes et en images des chansons les transforment en objet à lire, à regarder et éventuellement à chanter.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le deuxième exemple concerne l’album &lt;em&gt;Dodo, l’enfant, do&lt;/em&gt;, de Timothy Knapman et Helen Oxenbury publié chez kaléidoscope en 2016. Deux enfants, Alice la grande sœur et Jack le petit frère, jouent dans le jardin quand ils entendent un «bruit» mélodique qui vient de la forêt. Alice propose d’aller voir, mais le petit a peur du Grand Méchant loup. Ils y vont quand même et finissent par découvrir une «maman loup» (l’expression est dans le texte) qui chante une berceuse à ses petits. Rassurés, ils rentrent à la maison, se couchent et s’endorment paisiblement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’album propose une fiction qui met la berceuse au centre de la narration et la déplace résolument du côté du monde de la littérature écrite enfantine: la forêt des contes aux arbres immenses, nombreux, feuillus (les images qui accompagne le texte le montrent), le grand méchant loup «avec ses grosses griffes pointues et ses mâchoires comme des hachoirs» (le texte répète par trois fois cette inquiétante description ). Et peut-être est-il possible d’ajouter à ces exemples: Alice, la petite fille du pays des merveilles et Jack, le petit garçon du haricot magique. C’est différent, me semble-t-il, des berceuses de la tradition orale plutôt ancrées dans le réel et le concret de la vie quotidienne:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Au berceau,&lt;br&gt;Dodo, dodo mon poulot&lt;br&gt;[…]&lt;br&gt;Apportez-moi du lolo&lt;br&gt;Pour la soupe à mon poulot,&lt;br&gt;Là-bas dans un petit pot. (Rolland, 2002: 9)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les deux jeunes personnages que l’on suit, sont embarqués dans une quête: la quête de la berceuse perdue, celle de la toute petite enfance possiblement. Ils peinent à la reconnaître et une grande partie de l’album se passe en questions que les deux héros se posent à son sujet.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La berceuse n’est d’abord qu’une succession de signes graphiques que les yeux déchiffrent. Abandonnant la ligne droite, l’écriture se fait courbes et juxtapose des lettres en caractères gras et regroupées en syllabes qui miment la mélodie lointaine. Dans un aimable jeu typographique, elle se distingue nettement du texte narratif qui utilise des caractères plus fins rangés au cordeau. Puis petit à petit, au fil des pages, des mots apparaissent, plus ou moins reconnaissables: «Ô ô fan fan tôôô», «mon trésor». Enfin le texte de la berceuse «&lt;em&gt;empoétisé&lt;/em&gt;» est donné en entier, dans une superposition de courbes régulières&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_oia5fhz&quot; title=&quot;L’album propose, pleine page, le texte de la berceuse qui ondule régulièrement d’une ligne à l’autre. Cette ondulation graphique peut éventuellement être lue comme une tentative de mimer le bercement du chant.&quot; href=&quot;#footnote6_oia5fhz&quot;&gt;6&lt;/a&gt;, parfaitement lisibles. Un bel objet visuel esthétisé qui se lit comme une poésie:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Dodo, l’enfant do&lt;br&gt;L’enfant dormira bien vite&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Je veille sur ton sommeil&lt;br&gt;Chante l’étoile dans le ciel&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Dodo, l’enfant do&lt;br&gt;L’enfant dormira bientôt&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Et l’enfant doucement&lt;br&gt;s’endort&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Fais de beaux rêves,&lt;br&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;mon trésor (Knapman et al., 2016: 23)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On remarquera que, malgré la tentative de casser la ligne droite de l’écriture par une ligne courbe, les règles typographiques sont parfaitement respectées. Organisé en distiques, le texte de la berceuse doit jouer avec l’espace de la page. Pour permettre l’alignement de certains vers, un peu trop longs pour rentrer dans le cadre prévu, le dernier mot est renvoyé au fer à droite sur la ligne qui suit. Notre jolie berceuse de papier élégamment calligraphiée est définitivement entrée dans la raison graphique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien évidemment un adulte peut lire l’album à de jeunes lecteurs et donner une voix au texte mais il s’agira de faire entendre l’écrit, de l’oraliser. Ce mouvement d’oralisation des textes n’est d’ailleurs pas récent en littérature de jeunesse. Il suffit de se rappeler les bibliothécaires de &lt;em&gt;L’Heure Joyeuse&lt;/em&gt; et la création de l’&lt;em&gt;Heure du conte&lt;/em&gt; dans les années 1920. Mais ces mises en voix restent soumises à l’ordre de littératie: on réécrit les textes pour les alléger, on les apprend par cœur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce lire/dire s’inscrit –c’est le cas de le… dire– dans la longue durée anthropologique des usages d’une culture imprimée certes hégémonique mais souvent «en quête de voix perdues […] et des fragiles effets de corps dans la langue.» (de Certeau, 1980:231). Cette écoute fut au principe de toute poésie –«Longtemps, longtemps la voix &lt;em&gt;humaine &lt;/em&gt;fut base et condition de la &lt;em&gt;littérature&lt;/em&gt;.»– mais ce serait se bercer d’illusion de ne pas faire nôtre ce constat du poéticien de la modernité scripturale: «Un jour vint où l’on sut lire des yeux sans épeler, sans entendre, et la littérature en fut toute altérée.» (Valéry, 1971: 180)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h2&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/de-la-parole-a-lecriture&quot; id=&quot;node-70615&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Barthes, Roland. 1974.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;De la parole à l’écriture&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;La Quinzaine littéraire&lt;/em&gt;, p. 11-13.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/leconomie-scripturaire&quot; id=&quot;node-70616&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;de Certeau, Michel. 1980.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;L’économie scripturaire&amp;nbsp;», dans&amp;nbsp;&lt;em&gt;L’invention du quotidien. 1. Arts de faire&lt;/em&gt;. Paris : U.G.E., «&amp;nbsp;10/18&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/les-natchez-atala-rene&quot; id=&quot;node-65068&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;de Chateaubriand, François-René. 1827.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Les Natchez-Atala-René&lt;/em&gt;. Paris : Le Livre de Poche, «&amp;nbsp;Classiques&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/lenchantement-socialisateur-la-berceuse-dans-la-tradition-orale&quot; id=&quot;node-70617&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Doja, Albert. 1997.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;L’Enchantement socialisateur. La Berceuse dans la tradition orale&amp;nbsp;», dans&amp;nbsp;Nicole&amp;nbsp;Belmont&amp;nbsp;et&amp;nbsp;Gossiaux, Jean-François&amp;nbsp;(dir.),&amp;nbsp;&lt;em&gt;De la voix au texte: l’ethnologie contemporaine entre oral et écrit&lt;/em&gt;. Paris : Éditions du CTHS.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/la-danse-de-largia-fete-et-guerison-en-sardaigne&quot; id=&quot;node-70618&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Gallini, Clara. 1988.&amp;nbsp;&lt;em&gt;La danse de l’argia. Fête et guérison en Sardaigne&lt;/em&gt;. Lagrasse : Verdier.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/glossaire-genevois-suivi-de-lempro-genevois-rondes-rimes-et-kyrielles&quot; id=&quot;node-70619&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Le Fort, Aimé-Jean Gaudy-&amp;nbsp;et&amp;nbsp;Jean-Daniel&amp;nbsp;Blavignac. 1874.&amp;nbsp;&lt;em&gt;«Glossaire genevois», suivi de «L’Emprô genevois. Rondes, rimes et kyrielles.»&lt;/em&gt;&amp;nbsp;. Genève : Éditions Slatkine.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/la-raison-graphique&quot; id=&quot;node-70589&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Goody, Jack. 1979.&amp;nbsp;&lt;em&gt;La Raison graphique&lt;/em&gt;. Paris : Minuit.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/les-chants-du-crepuscule-les-voix-interieures-les-rayons-et-les-ombres&quot; id=&quot;node-70561&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Hugo, Victor. 1880.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Les chants du crépuscule, Les voix intérieures, Les Rayons et les Ombres&lt;/em&gt;. Paris : Gallimard.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/les-enfantines-du-bon-pays-de-france&quot; id=&quot;node-70620&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Kuhff, Philippe. 1878.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Les enfantines du «Bon pays de France»&lt;/em&gt;. Paris : Librairie Sandoz et Fischbacher.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/la-friquassee-crotestyllonnee-rimes-et-jeux-des-enfants-dautrefois&quot; id=&quot;node-70621&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Kuhff, Philippe. 1601.&amp;nbsp;«La Friquassée Crotestyllonnée». &lt;em&gt;Rimes et Jeux des enfants d’Autrefois&lt;/em&gt;. Paris : Librairies des Bibliophiles, Silène.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/berceuse-darmorique&quot; id=&quot;node-70622&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Le Braz, Anatole. 1914.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Berceuse d’Armorique&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Berceuse d’Armorique&lt;/em&gt;. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k386937n.image&quot;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k386937n.image&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=kPRX2S-dhHU &amp;gt;&quot;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=kPRX2S-dhHU &amp;gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/la-jasante-de-vieille&quot; id=&quot;node-70623&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Rictus, Jehan. 1914.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;La jasante de vieille&amp;nbsp;», dans&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le cœur populaire. Paris : Eugène Rey, libraire-éditeur&lt;/em&gt;. &amp;lt;&lt;a href=&quot;http://www.floril&quot;&gt;www.floril&lt;/a&gt;ège.free.fr/jehan-rictus/le_coeur_populaire.html&amp;nbsp;&amp;gt;.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/berceuse-pour-un-pas-de-chance&quot; id=&quot;node-70624&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Rictus, Jehan. 1914.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Berceuse pour un Pas-de-Chance&amp;nbsp;», dans&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le cœur populaire&lt;/em&gt;. Paris : Eugène Rey, libraire-éditeur.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/rimes-et-jeux-de-lenfance&quot; id=&quot;node-70627&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Rolland, Eugène. 1883.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Rimes et jeux de l’enfance&lt;/em&gt;. Paris : Maisonneuve et Larose.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/essai-sur-lorigine-des-langues&quot; id=&quot;node-2292&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Rousseau, Jean-Jacques. 1993.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Essai sur l&#039;origine des langues.&lt;/em&gt; Paris : GF Flammarion, 272 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/dodo-lenfant-do&quot; id=&quot;node-70625&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Knapman, Timothy&amp;nbsp;et&amp;nbsp;Helen&amp;nbsp;Oxenbury. 2016.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Dodo, l’enfant, do.&lt;/em&gt; Paris : Kaléidoscope.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/tel-quel-i&quot; id=&quot;node-70626&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Valéry, Paul. 1941.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Tel quel I&lt;/em&gt;. Paris : Gallimard, «&amp;nbsp;NRF&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/manuel-de-folklore-francais-contemporain&quot; id=&quot;node-64487&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Van Gennep, Arnold. 1946.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Manuel de Folklore français contemporain&lt;/em&gt;. Paris : Editions A. et J. Picard, t. 1, 830 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/lassommoir&quot; id=&quot;node-2368&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Zola, Émile. 1877.&amp;nbsp;&lt;em&gt;L&#039;Assommoir&lt;/em&gt;. Paris : GF Flammarion, 544 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;/div&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_noln67m&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_noln67m&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Bernadette Bricout, «Le folklore oral de l’enfant», conférence de l’Université populaire du Quai Branly (UPQB), 30 novembre 2016.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_p8g6xae&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_p8g6xae&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; A. Van Gennep rappelle dans son &lt;em&gt;Manuel de Folklore Français&lt;/em&gt; (Tome 1) que «d’autres chansons (de rondes, de mariage, de mai) peuvent servir à bercer un enfant» (Van Gennep, 1977: 153).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_388asx1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_388asx1&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Le décret du 13 septembre 1852 rendu sur le rapport du Ministre de l’Instruction Publique et des Cultes demande la constitution d’un &lt;em&gt;Recueil des poésies populaires de la France&lt;/em&gt; et en confie la publication au Comité de la langue, de l’histoire et des arts de la France. En 1853, le Comité publie un document intitulé &lt;em&gt;Instructions relatives aux poésies populaires de la France&lt;/em&gt;; il a pour fonction d’indiquer «les principales classes des chants populaires». Page 62, on peut lire: «Enfin, on ne dédaignera pas les chansons de nourrice et de berceuses, appelées en anglais &lt;em&gt;lullaby&lt;/em&gt;.» Il semblerait qu’on soit à un moment charnière où la volonté de classification propre à la littératie coexiste avec les dénominations anciennes: «chansons de nourrice» et même «chansons de berceuses», à prendre au sens de «femmes qui bercent». Ces dénominations voisinent encore de plein pied avec l’oralité.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_2rlsnhd&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_2rlsnhd&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Jehan Rictus (Gabriel Randon de Saint Amand) a également écrit une «Berceuse pour un Pas-de-Chance» que l’on peut lire dans le même recueil, &lt;em&gt;Le Cœur Populaire&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_7e0jsly&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_7e0jsly&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; La littérature offre de nombreuses références au bercement funèbre. Chateaubriand, par exemple, décrit dans les dernières pages d’&lt;em&gt;Atala&lt;/em&gt; le rite funéraire d’une jeune indienne -«la fille de la fille de René l’Européen»- qui tient son enfant mort sur les genoux: «(Elle) chantait d’une voix tremblante, balançait l’enfant sur ses genoux, humectait ses lèvres du lait maternel, et prodiguait à la mort tous les soins qu’on donne&amp;nbsp; la vie» (Chateaubriand, 1964 (1801): 138). Dans &lt;em&gt;Les Chants du crépuscule&lt;/em&gt; de Victor Hugo, «L’Hymne aux morts de Juillet» commence ainsi: «Ceux qui sont morts pour la patrie/ Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie/ […]/ Et, comme ferait une mère,/ La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau!» (Hugo, 1885: 37). Anatole Le Braz, célèbre folkloriste de la Bretagne, compose lui aussi une &lt;em&gt;Berceuse d’Armorique&lt;/em&gt; mise en musique par Podolwski. Cette berceuse met en scène une vieille femme qui chante pour endormir un petit enfant au destin tout tracé: comme son père il sera matelot et périra en mer. Enchâssés, comme dans une sorte de mise en abyme, deux vers disent le bercement des morts: «Au pays du Froid, la houle des fjords/ Chante sa berceuse en berçant les morts.» (Le Braz, 1914)&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_oia5fhz&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_oia5fhz&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; L’album propose, pleine page, le texte de la berceuse qui ondule régulièrement d’une ligne à l’autre. Cette ondulation graphique peut éventuellement être lue comme une tentative de mimer le bercement du chant.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;L’Enchantement socialisateur. La Berceuse dans la tradition orale&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;«Glossaire genevois», suivi de «L’Emprô genevois. Rondes, rimes et kyrielles.» &lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;La Raison graphique&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Les chants du crépuscule, Les voix intérieures, Les Rayons et les Ombres&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Les enfantines du «Bon pays de France»&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;«La Friquassée Crotestyllonnée». Rimes et Jeux des enfants d’Autrefois&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Manuel de Folklore français contemporain&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Thu, 20 Aug 2020 17:11:53 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Polyphonie des possibles. Une ethnographie sonore des sans-voix</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-cahier-remix field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
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Les âmes errantes se sont réincarnées dans les corps des milliers de chèvres qui arpentent les terres et bêlent aux cieux à la tombée du jour, lorsque l’ombre vient décupler leur présence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quelles voix tentent de nous atteindre à travers ces cris mêlés? Échos ponctués par les tintements répétitifs des énormes cloches qui pèsent à leur cou et égrènent au vent, balayant les sommets de fragments de musique et de douleur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Leros s’appelle aussi l’île des damnés, ou plutôt l’île des condamnés dont l’histoire a rapté la voix. Ainsi, la terre des sans-voix est devenue le royaume du silence, où l’aphonie forcée et le mutisme s’emparent des êtres emmurés. Corps en exil de leurs voix, corps éperdus, corps perdus à eux-mêmes et aux autres, corps invisibles et sourds au monde (Gillie). Qui se doute, qu’au bord de l’Europe, on puisse perdre la voix? Qui se doute, qu’au sud de l’archipel somptueux, une île joue avec les limites de l’humanité? Est-ce son destin? L’y a-t-on forcée? L’île a perdu sa propre voix depuis bien longtemps et c’est par une longue archéologie minutieuse des strates de son existence, de couches en couches, que l’on peut approcher ses heures sombres et taiseuses. La voix de Leros demande à être retrouvée (LeBreton). Elle est multitude constituée par les milliers de voix qui ont foulé son sol jusqu’à y périr silencieusement. Timbre démultiplié, synthèse sonique des humanités échouées, dont le nom a été oublié.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’île peut-elle échapper au sort qui, siècle après siècle, la condamne encore? Les Lériens ont accompagné la tragédie de leur terre. Le savent-ils seulement? Victimes ou collaborateurs, ils n’ont pas cherché à contrer le destin. Ils ont laissé la colère des dieux régner sur ce minuscule cailloux, devenu la geôle des fous, des poètes, des exilés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Partir, à la rencontre de l’île et de ses âmes errantes. Développer un régime d’écoute particulier, qui perce l’opacité du silence et sonde la musique des sans-voix. Marcher, pérégriner, arpenter la côte, un enregistreur à la main, qui sature à la première rafale de vent, micros inadaptés. Écouter les damnés, les survivants, les résistants, et chanter avec eux, la fable tragique des jours à Leros. Ne pas comprendre, ne pas savoir ce qui se joue dans les chants, intraduisible qui perce les organes. Encapsuler ces fragments de vie qui rugissent d’humanité et ne demandent qu’à être enfin entendus. Devenir moi-même l’instrument capteur et catalyseur de ces témoignages, pour les transmettre au retour, corps instrument-passeur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puis tenter de tisser, à partir de ces voix, une polyphonie des possibles, en les faisant coexister, résonner, dans un présent de création où une reterritorialisation peut s’opérer (Sabot). Toutes les pistes sonores à l’état brut, sont nommées puis agencées sur l’écran de l’ordinateur.&amp;nbsp; Il ne reste alors plus qu’à les lancer, les superposer, les mêler et les laisser écrire l’Histoire qu’elles portent. Composition en temps réel d’une œuvre sonore et immersive, tentative de cré/action, afin de faire émerger une voix alternative de Leros. Voix qui transcende les époques, les régimes politiques, les omertas et les interdits, pour ré/unir les voix résistantes qui ont habité l’île et constituent son paysage sonore, même en silence. Polyphonie diachronique et polymorphe dont les sources musicales sont autant de cris envoyés vers le monde (Calame, Dupont, Lortat-Jacob, Manca). Cris, qui en leur temps, n’avaient pu franchir les frontières de l’île, mais dont les échos nous étaient parvenus. Ainsi, les voix des morts et des vivants se rencontrent et composent une polyphonie des sans-voix, ayant enfin retrouvé une terre d’écoute.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h2&gt;&lt;em&gt;Les voix-témoins&lt;/em&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici une traversée de quelques-unes de ces voix-témoins, voix-source de la polyphonie et des strates mémorielles qui les constituent.&amp;nbsp; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h3&gt;Elena – Yannis Ritsos à l’aube&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Il est 7h du matin chez Elena et la brume se dissipe doucement au-dessus de la mer, laissant découvrir deux micro-îles au large. Professeure de français et militante bénévole auprès des réfugiés, elle a pendant plusieurs mois, tous les dimanches, cuisiné avec ses élèves des milliers de repas. Grande rousse à la voix suave, elle fait partie de la troupe de théâtre de l’île, qui explore chaque année les tragédies d’Eschyle, Sophocle et Euripide. Depuis quelques semaines, sa mère aveugle et malade l’a rejointe sur l’île de Leros où elles habitent désormais ensemble. Nous chuchotons, encore à peine éveillées. Elena tient le livre des &lt;em&gt;Dix-huit petites chansons de la Patrie amère&lt;/em&gt;, écrites par le poète grec Yannis Ritsos, le 16 septembre 1968, alors qu’il est incarcéré à Leros où il resta 18 mois. Il choisit la poésie démotique, sous forme de distique, qui recourt au vers régulier de quinze syllabes, désigné par la versification grecque sous le nom de «vers politique» et destinée à être chantée. Seize des poèmes sont composés en une journée alors que Ritsos est isolé dans le camp de Parthéni. Une lettre clandestine du compositeur Théodorakis, son ami, «portée de détenu en détenu&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_g4p9s0g&quot; title=&quot;Préface de Bruno Doucey à l’édition des Dix-huit petites chansons de la patrie amères, écrites par Yannis Ritsos.&quot; href=&quot;#footnote1_g4p9s0g&quot;&gt;1&lt;/a&gt;» et qui rêve de mettre en musique ses poèmes, l’y a incité. Il les retravaille un an plus tard et écrit les deux derniers poèmes du recueil «à Karlovassi sur l’île de Samos, avant de les faire passer clandestinement au musicien. Poèmes de circonstances, poèmes d’exil et de déportation, ces petites chansons sur les malheurs de la patrie sont un cri de liberté.» (Ibid.). Aujourd’hui, ces chansons, de tradition klephtique&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_ojjqhdo&quot; title=&quot;Les klephtes, à l’origine, sont des bandits des montagnes de Grèce. Rebelles à la domination ottomane, ils menèrent la guérilla contre les turcs, regroupés dans les montagnes, sous l’autorité d’un chef appelé Capétan. Ils jouèrent un grand rôle dans la préparation de la révolution grecque de 1821. Les chants klephtiques font partie du genre de la&amp;nbsp;musique folklorique grecque, qui inclut la poésie traditionnelle, et leurs thèmes habituels sont la mort d&#039;un klephte ou la vie des bandes de klephtes.&quot; href=&quot;#footnote2_ojjqhdo&quot;&gt;2&lt;/a&gt;, cris de résistance et de liberté, sont part intégrante du patrimoine musical grec.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous sommes sur le balcon d’Elena, le soleil peine à éclore et les motos ne cessent de vrombir sur la petite route qui conduit à la mer. Elle a le livret entre les mains, et nous sommes prêts à la filmer chanter Leros aux premières heures du jour. Elle commence par la dix-huitième chanson, &lt;em&gt;Ne pleure pas sur la Grèce:&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ne pleure pas sur la Grèce, – quand elle est près de fléchir&lt;br&gt;Avec le couteau sur l’os, avec la laisse sur la nuque,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;em&gt;La voici qui déferle à nouveau, s’affermit et se déchaîne&lt;br&gt;Pour terrasser la bête avec la lance du soleil.&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_g5ilp4w&quot; title=&quot;Traduit du grec par Anne Personnaz.&quot; href=&quot;#footnote3_g5ilp4w&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;66355&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Elle plonge dans le texte, comme pour retrouver le souffle de Ritsos, la puissance poétique qui avait été la sienne en composant ces vers, caché de tous, à quelques kilomètres de là, dans une geôle. Ses yeux se ferment, elle inspire, loin, profondément, comme pour convoquer les forces encore présentes de l’île. Face à nous, le regard vers l’objectif, elle chante son pays qui sombre à nouveau aujourd’hui, dans la xénophobie, l’enfermement, le radicalisme politique et la crise économique. Elle partage la prophétie de Leros, à demie-voix, encore rauque au sortir de la nuit, mais qui traverse ce lointain devant lequel elle se tient. Elle n’a plus besoin des lire mots, elle les connaît depuis toujours, elle a grandi avec eux, depuis la dictature. Elle chante, et redonne aux vers de Yannis Ritsos une nécessité sur cette terre blessée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h3&gt;La mer – Ayia Kioura&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Au nord de l’île, à côté de Parthéni, où les prisonniers politiques étaient détenus dans les anciennes prisons italiennes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_tq4nads&quot; title=&quot;L’île a été sous occupation italienne de 1913 à 1943 suite à la guerre italo-turque. L’armée italienne y a établi une base militaire stratégique, et construit de nombreux édifices ainsi qu’une base aéronavale et le port de Lakki.&quot; href=&quot;#footnote4_tq4nads&quot;&gt;4&lt;/a&gt;, s’érige la petite église blanche de Ayia Kioura. Elle surplombe la plus belle crique de Leros, où seuls les connaisseurs viennent s’y baigner. A l’intérieur, des peintures de la vierge, du christ, de figures bibliques avec d’immenses yeux de souffrance, dans lesquels on se perd. Ce sont les prisonniers politiques qui ont peint ces icônes, prenant pour modèle les habitants de l’île qu’ils apercevaient sur leur chemin de croix, de la prison à l’église.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces visages semblent sortir des tableaux, tant leur intensité irradie. Quelques mètres plus bas, la plage, crique sublime et déserte, avec une micro-île en son centre. C’est là que nous venions avec Hazim et Asal, amis yezidis réfugiés irakiens, rescapés du génocide perpétré par Daech. C’est là qu’ils ont fait leurs premières traversées à la nage, et pris la décision de quitter l’île brûlée. Une touriste grecque s’était extasiée sur le choix de leurs vacances passées en Grèce.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;66356&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Adossée au seul arbre de la plage, plusieurs mois après ce souvenir, j’enregistre la mer et ses ressacs, doux, voluptueux. L’écume vient lécher le bout de mes pieds. Pas de vent, pas de carcasse de navire, pas de touristes aveuglés, juste les flots, où tant de sans-voix se sont jetés. Dans les fonds marins reposent des patients en psychiatrie, qui n’avaient pas d’autres choix que de sombrer pour échapper à l’enfer. Des exilés incarcérés dans le hotspot&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_ssszm9x&quot; title=&quot;«Hotspots» et «processing centers»: Sensés être des camps d’accueil pour les réfugiés, ce sont les nouveaux modes opératoires de la politique européenne d’encampement, d’externalisation et de tri des exilés. Sur la genèse et les usages de l’emploi du terme hotspot ainsi que son association au champ lexical de la guerre, voir les articles du réseau Migreurop (http://www. migreurop.org/), qui a été parmi les premiers à proposer une analyse critique du concept. Voir également l’article de Louise Tassin: Tassin, Louise, 2016b. «Le mirage des hotspots», Savoir/Agir, n 36, pp. 39–45.&quot; href=&quot;#footnote5_ssszm9x&quot;&gt;5&lt;/a&gt; de l’île qui ont, eux-aussi, traversé les barbelés pour disparaître à leur tour. Sur la mer sont arrivés des cargos de marchandises avec les «fous» venus du continent, qui avaient perdu leurs numéros étiquetés et erraient déjà sans nom depuis longtemps. C’est la mer qui a mené jusqu’à Leros ceux qui deviendraient les sans-voix, les anonymes, les pestiférés. La mer les a condamnés jusqu’à les engloutir. Sur son petit bateau de pêche, le capitaine plonge aux oursins et chante à la pleine lune. Il recueille au crépuscule les débris des naufrages qui flottent à la lueur des astres. Il chante son île, qui sombre de jour en jour, désertée par les poissons, désertée par les touristes, désertée par le souffle de vie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La mer roule doucement, et chuchote à qui veut l’entendre les cauchemars de ses entrailles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h3&gt;Tzivaeri – le voyage d’un chant d’exil&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Au sud-ouest de l’île, sur la route de Merikia, à côté du musée de la guerre et face à la mer, se tient l’auberge &lt;em&gt;Sunset, &lt;/em&gt;tenue par Poppara, alias Poppy. La tenancière est une figure locale, fervente communiste depuis toujours et ex-chanteuse de musique populaire, elle règne sur sa taverne d’une main de fer. Sensible au sort des exilés, elle tente de s’engager à sa manière. Depuis plusieurs semaines, elle cuisine pour les familles réfugiées logées au centre Pikpa, ex-hôpital psychiatrique pour enfants réhabilité, situé au centre-ville du port de Lakki. Elle voudrait étendre son activité et répondre à l’appel d’offre lancé par le hotspot afin de cuisiner chaque jour plus de mille repas pour les réfugiés. Elle sait qu’elle a face à elle de sérieux candidats du continent, spécialistes de l’alimentation des collectivités. Mais elle y croit et veut se mesurer à ces entreprises, car, habitante de Leros, elle est bien plus légitime que quiconque.&amp;nbsp; Elle imagine déjà employer des femmes réfugiées aux fourneaux et relancer les cuisines de son restaurant, calmes, trop calmes depuis bien longtemps.&amp;nbsp; Elle n’a de cesse de me parler en grec avec passion, tout en m’attrapant le bras. J’opine du chef pour ne pas la vexer, ce qui la réjouit et relance son flot intarissable, entrecoupé par sa toux rauque de fumeuse. Puis elle se met à chanter, et sa détresse puissante prend à la gorge, &lt;em&gt;Ah xenitia&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_785khe3&quot; title=&quot;Le terme grec xenitia, dérivé de xenos (étranger), est une notion complexe à traduire. C’est à la fois l’exil, le déracinement, l’expatriation, mais aussi l’arrachement aux siens, à la patrie et à soi-même par l’émigration. Il peut être aussi compris comme la nostalgie, la désolation et l’exil intérieur. Michel Grodent propose de le traduire par le néologisme étrangéité. &amp;nbsp;Cet article permet d’éclairer la notion: Grodent, Michel, La xenitia ronge ma vie, Le Genre humain 1989/1 (N° 19), p. 111-128.&quot; href=&quot;#footnote6_785khe3&quot;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;em&gt;…&lt;/em&gt; Chant d’exil, chant de déracinement pour celui qui a quitté l’île et son foyer, pour aller à la rencontre du monde. Chant d’une mère qui a laissé son enfant s’envoler vers un avenir meilleur. &lt;em&gt;Tzivaeri &lt;/em&gt;est un chant traditionnel du Dodécanèse, connu de tous, et il devient très vite l’hymne de Poppy lorsque nous nous rencontrons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Six mois plus tard, lorsque je reviens sur l’île, j’emmène les jeunes filles yezidis réfugiées, à la taverne, le désir au cœur de les voir partager leur amour du chant avec Poppara. La maîtresse de maison les invite à s’asseoir autour de la large table d’hôte qu’elle préside. La fumée sature la pièce plongée dans une semi-obscurité.&amp;nbsp; Les jeunes filles sortent méticuleusement leurs cahiers d’école, donnés par l’ONU. Poppy se met alors à chanter Tzivaeri, bouleversée de transmettre ce bout de mémoire à ces jeunes qui vivent l’exil au plus profond de leur être. En grec, avec quelques fragments d’anglais, elle tente de leur traduire la chanson, d’expliciter les termes de nation, d’exil, d’étrangeté, de déracinement. Puis elle dicte phrase par phrase le chant aux jeunes yezidis, qui ne savent pas écrire en grec, et retranscrivent la translitération en caractères arabes. Elles demandent à Poppy de répéter doucement, ce qu’elle a toujours chanté, et n’a jamais encore dit face à une petite assemblée:&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sigana kai tapina, &lt;/em&gt;doucement et humblement, damnées soient les terres étrangères qui m’ont ravi mon Tzivaeri. Petit à petit, le chœur de fortune, mené par Poppara et les jeunes yezidis, commence à émerger, à chantonner, tout en tâtonnant de mot en mot, de note en note. Le refrain leur permet de retrouver un unisson, qu’elles chantent à pleins poumons, &lt;em&gt;sigana kai tapina. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;66357&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Rentrée à Paris, j’apprends ce chant, le transcrit en lettres latines et tente de traduire avec une amie grecque, le terme &lt;em&gt;xenitia, &lt;/em&gt;«l’étrangéité» de celui qui a quitté sa terre natale. Puis, je le transmets aux comédiennes de la création de théâtre anthropologique, &lt;em&gt;Leros – un Exil Insulaire chez les Damnés, &lt;/em&gt;que je mène au sein de ma compagnie Les Haïm. Autour de la table, dans mon petit studio, elles aussi munies de leurs cahiers, les comédiennes s’efforcent phrase après phrase de pénétrer le chant de la mer Égée, et d’écrire les mouvements de la musique traditionnelle et orale, qu’elles ne connaissent pas. Le feuillet de paroles devient vite un livret indéchiffrable où des schémas, côtoient des chiffres, des flèches et des mots recomposés. Notation personnelle des mouvements de la pensée-musique, afin qu’elle s’ancre dans le corps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quelques semaines plus tard, grâce à des jeux de communication transméditerranéens, je réussis à joindre le facteur de Leros, Anthonis, qui avait enregistré il y a plus de vingt ans, un CD avec les patients en psychiatrie de l’île. Dans une grande enveloppe matelassée, le disque arrive enfin à Paris, trésor entre mes mains, voix des damnés qui traverse le monde. A l’écoute, &lt;em&gt;Tzivaeri &lt;/em&gt;revient deux fois, chantée par des patients différents. Ils chantent juste, ils chantent avec force malgré les blessures de la réclusion. Ils chantent et je souhaite que leurs voix continuent à peupler le monde qui les a abandonnés. Je souhaite que ces chants de survie qui portent toute la terreur de la condition qui a été la leur, soient enfin écoutés. Sur la scène du théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis, &lt;em&gt;Tzivaeri &lt;/em&gt;chanté par un patient en psychiatrie, retentit et les comédiennes s’élancent dans une danse effrénée, reprenant avec passion les mots qu’elles tentent d’habiter. Dans le public, personne ne se doute qu’il s’agit de la voix d’un rescapé de l’enfer psychiatrique, qui a été condamné au mutisme pendant toutes ses années d’incarcération. Le chant est un cri qui vient rompre le silence des patients, dont la voix et l’humanité avaient été raptées. Ces voix ont été enregistrées quelques années après la révolution psychiatrique qui a sorti les patients des asiles et leur a permis de retrouver un nom, une voix, un toit à eux, et leur dignité d’être humain. Mais les patients restent, malgré tout, ces enfants condamnés à endurer jusqu’à la fin de leurs jours la&amp;nbsp;&lt;em&gt;xenitia&lt;/em&gt;, coupés des leurs, coupés d’un possible retour chez eux. D’ailleurs, se souviennent-ils encore de ce chez-soi si lointain? &amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;66359&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;h3&gt;Leros – Duhok – Paris / La voix d’un rescapé&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Jeune yezidi de vingt ans, rescapé du génocide perpétré par Daech, Hazim a mené sa famille, des camps de réfugiés au Kurdistan irakien jusqu’à l’île de Leros, où ils sont arrivés après le 20 Mars 2016, alors que les frontières de l’Europe venaient de se refermer. Ce soir-là, sur les docks près du port, nous nous disons adieux. Je pars le lendemain et nous ne savons pas quand la vie nous réunira à nouveau. Lui aussi désire partir, retourner en Irak finir ses études et se battre pour son peuple. Il se sent inutile sur l’île des damnés et ne veut pas sombrer comme certains exilés autour de lui. Tiraillé, il sait qu’il abandonne les siens, mais il veut les croire en sécurité. Ils devront attendre, longtemps, avant de quitter Leros, mais ils sont en Europe, que peut-il leur arriver...?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quelques semaines plus tard, Hazim est emmené par la police sur le ferry qui navigue de nuit jusqu’à Athènes. Tous les exilés-détenus de l’île rêvent de prendre le bateau, condition à leur libération. Beaucoup se risquent à la nuit tombée, afin d’embarquer sur le ferry sans se faire repérer par la police, pour rejoindre les cales et passer ainsi le trajet caché.&amp;nbsp; En prison quelques jours dans la capitale, Hazim détruit toutes les photos de son téléphone avant qu’il ne lui soit confisqué. Il efface ainsi toutes les traces de sa longue traversée depuis l’Irak jusqu’à Leros. Puis il prend l’avion pour la Turquie et enfin Erbil. Si simple, rapide et efficace de renvoyer un exilé chez lui.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;66358&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Nous continuons à correspondre, et il m’envoie régulièrement des vidéos du pays, du pèlerinage à Lalish, du camp où sont les siens et de ses amis avec lesquels il vit désormais à Duhok, où il a repris ses études d’anesthésiste. Il apprend à endormir les êtres, pour leur permettre d’échapper à la souffrance de l’intervention. Est-ce qu’il aimerait lui aussi pouvoir s’échapper quelques instants pour ne plus penser à sa famille toujours bloquée sur l’île?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je lui fais part de mon désir de le voir rejoindre la troupe de la création théâtrale &lt;em&gt;Leros. &lt;/em&gt;Nous discutons à plusieurs reprises de ce que jouer signifie, de la force du témoignage traversé par le poétique, et du parcours de création, qui mène au lâcher prise et à la transformation. Il aimerait venir à Paris, mais au fond il n’ose me dire que ce sera bien trop dur. Il n’est pas retourné en Irak pour de sitôt revoir l’Europe. Et comment à nouveau franchir les frontières du pays, alors que le référendum kurde&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_oigucp8&quot; title=&quot;Le deuxième référendum sur l&#039;indépendance du Kurdistan irakien a lieu le 25 septembre 2017 au Kurdistan irakien et dans les territoires irakiens qu&#039;il occupe afin que la population se prononce sur sa volonté ou non de mettre en œuvre l&#039;indépendance de cette région d&#039;Irak majoritairement habitée par les Kurdes. Organisé sans l&#039;accord du gouvernement irakien, il n&#039;est pas reconnu par ce dernier.&quot; href=&quot;#footnote7_oigucp8&quot;&gt;7&lt;/a&gt; ébranle la stabilité politique du pays et que Daech règne encore dans plusieurs villes? J’écris au consul français d’Erbil, durant plusieurs mois, à raison d’un mail par semaine. Sans réponse, je tente de téléphoner et tombe perpétuellement sur un interlocuteur arabophone qui me raccroche au nez. J’opte pour la lettre recommandée avec accusé de réception. «Savez-vous combien de temps cela mettra monsieur? C’est toujours très incertain pour ces pays, me répond-il…». Je n’ai jamais reçu d’accusé de réception et la lettre n’a surement jamais été ouverte par le consul. Hazim se rend à plusieurs reprises au consulat mais il ne trouve pas d’interlocuteur compétent pour lui expliquer la procédure à suivre. Et puis, un jeune yezidi revenu d’Europe et qui demande un visa pour la France, cela tient du non-sens pour certains. Je reçois enfin une réponse du consul de France, qui me dit ne pas saisir comment Hazim peut préparer efficacement son rôle dans la précarité qui est la sienne en Irak. Il n’a pas compris que nous tentons de faire venir un témoin, qui avec nous au plateau, tentera de raconter sa détention sur l’île de Leros. Les semaines s’écoulent et rien ne se passe. Hazim sait qu’il ne viendra pas. De mon côté, je me demande comment nous allons pouvoir créer sans lui. Il faut qu’il soit là, que sa voix guide nos pas et résonne avec les chants de ses sœurs enregistrés à Leros. Hazim sera là, avec nous, sur le plateau, quoi qu’il en soit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un soir tard, au retour du théâtre, nous avons convenu que j’enregistrerai son témoignage. Le réseau est faible en Irak, et notre conversation vite entrecoupée. La veille, je lui ai envoyé des questions et il a préparé des réponses en anglais. L’enregistreur tourne, mais le bruit accompagne Hazim où qu’il soit dans l’appartement. Il commence à lire en anglais son récit et raconte son histoire depuis le génocide, la fuite sur le mont Sinjar, l’errance, les morts, jusqu’aux camps de réfugiés au Kurdistan et la détention sur l’île de Leros. Il lit, et je le sens loin des mots, loin de sa propre voix.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;em&gt;- Et si tu me racontais cela en kurmandji?&lt;br&gt;- Mais tu ne comprendras rien?&lt;br&gt;- Ne t’en fais pas, je comprendrai. J’essaie de trouver le chemin le plus libre pour toi dans ce témoignage. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il commence à parler en Kurmandji, et ses paroles coulent, son timbre se déploie. Il raconte depuis sa terre, le drame qui a fait basculer son existence et celle de tout son peuple. Le réseau met à mal la continuité de la parole, et nous faisons prise sur prise en espérant que l’une sera entière. Il enregistre lui-même depuis son téléphone plusieurs pistes qu’il m’envoie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au théâtre, les spectateurs commencent, par petits groupes, à franchir les portes de la salle, plongée dans l’obscurité. Ils doivent choisir d’aller à droite ou à gauche, et d’emprunter des sas qui les mèneront peut-être vers le plateau. Dans ces couloirs obscurs, où certains se perdent, la voix de Hazim les accompagne, et les conduit dans la traversée de Leros. Son timbre est lointain et voilé par les interférences, mais il est la voix-monde, bientôt rejointe par les autres voix de Leros, qui composent ensemble une cartographie sonore, mémorielle et politique de l’île, une polyphonie des possibles.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;66360&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h2&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/la-voix-actee-pour-une-nouvelle-ethnopoetique&quot; id=&quot;node-66621&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Calame, Claude,&amp;nbsp;Florence&amp;nbsp;Dupont,&amp;nbsp;Bernard&amp;nbsp;Lortat-Jacob&amp;nbsp;et&amp;nbsp;Maria&amp;nbsp;Manca. 2010.&amp;nbsp;&lt;em&gt;La voix actée. Pour une nouvelle ethnopoétiqu&lt;/em&gt;e. Paris : Kimé.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/voix-eperdues&quot; id=&quot;node-66622&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Gillie, Claire. 2014.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Voix éperdues&lt;/em&gt;. Limoges : Solipsy.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/la-xenitia-ronge-ma-vie&quot; id=&quot;node-66623&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Grodent, Michel. 1989.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;La xenitia ronge ma vie&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le Genre humain&lt;/em&gt;, 19, p. 111-128.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/de-leros-a-la-borde-1989-1992-posthume-recueil-de-textes&quot; id=&quot;node-66624&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Guattari, Félix. 2012.&amp;nbsp;&lt;em&gt;De Leros à La Borde, 1989-1992 (posthume, recueil de textes)&lt;/em&gt;. Paris : Lignes / IMEC.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/eclats-de-voix-une-anthropologie-des-voix&quot; id=&quot;node-66625&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Le Breton, David. 2011.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Éclats de voix. Une anthropologie des voix&lt;/em&gt;. Paris : Métailié, «&amp;nbsp;Traversées&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/dix-huit-chansons-de-la-patrie-amere&quot; id=&quot;node-66626&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Ritsos, Yannis. 1973.&lt;em&gt;&amp;nbsp;Dix-huit chansons de la patrie amère&lt;/em&gt;. Paris : Éditions Bruno Doucey.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/du-traumatisme-au-reve-le-travail-de-creation&quot; id=&quot;node-66627&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Sabot, Magalie. 2013.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Du traumatisme au rêve: le travail de création&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Cliniques&lt;/em&gt;, vol. 1, 5, p. 88-104.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/le-mirage-des-hotspots&quot; id=&quot;node-66628&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Tassin, Louise. 2016.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Le mirage des hotspots&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Savoir/Agir&lt;/em&gt;, 36, p. 39-45.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_g4p9s0g&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_g4p9s0g&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Préface de Bruno Doucey à l’édition des &lt;em&gt;Dix-huit petites chansons de la patrie amères, &lt;/em&gt;écrites par Yannis Ritsos.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_ojjqhdo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_ojjqhdo&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Les klephtes, à l’origine, sont des bandits des montagnes de Grèce. Rebelles à la domination ottomane, ils menèrent la guérilla contre les turcs, regroupés dans les montagnes, sous l’autorité d’un chef appelé Capétan. Ils jouèrent un grand rôle dans la préparation de la révolution grecque de 1821. Les chants klephtiques font partie du genre de la&amp;nbsp;musique folklorique grecque, qui inclut la poésie traditionnelle, et leurs thèmes habituels sont la mort d&#039;un klephte ou la vie des bandes de klephtes.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_g5ilp4w&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_g5ilp4w&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Traduit du grec par Anne Personnaz.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_tq4nads&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_tq4nads&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; L’île a été sous occupation italienne de 1913 à 1943 suite à la guerre italo-turque. L’armée italienne y a établi une base militaire stratégique, et construit de nombreux édifices ainsi qu’une base aéronavale et le port de Lakki.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_ssszm9x&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_ssszm9x&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; «Hotspots» et «processing centers»: Sensés être des camps d’accueil pour les réfugiés, ce sont les nouveaux modes opératoires de la politique européenne d’encampement, d’externalisation et de tri des exilés. Sur la genèse et les usages de l’emploi du terme &lt;em&gt;hotspot &lt;/em&gt;ainsi que son association au champ lexical de la guerre, voir les articles du réseau Migreurop (&lt;a href=&quot;http://www&quot;&gt;http://www&lt;/a&gt;. migreurop.org/), qui a été parmi les premiers à proposer une analyse critique du concept. Voir également l’article de Louise Tassin: Tassin, Louise, 2016b. «Le mirage des hotspots», Savoir/Agir, n 36, pp. 39–45.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_785khe3&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_785khe3&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Le terme grec &lt;em&gt;xenitia, &lt;/em&gt;dérivé de &lt;em&gt;xenos &lt;/em&gt;(étranger), est une notion complexe à traduire. C’est à la fois l’exil, le déracinement, l’expatriation, mais aussi l’arrachement aux siens, à la patrie et à soi-même par l’émigration. Il peut être aussi compris comme la nostalgie, la désolation et l’exil intérieur. Michel Grodent propose de le traduire par le néologisme &lt;em&gt;étrangéité. &lt;/em&gt;&amp;nbsp;Cet article permet d’éclairer la notion: Grodent, Michel, &lt;em&gt;La xenitia ronge ma vie&lt;/em&gt;, Le Genre humain 1989/1 (N° 19), p. 111-128.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_oigucp8&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_oigucp8&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; Le deuxième &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_sur_l%27ind%C3%A9pendance&quot; title=&quot;Référendum sur l&#039;indépendance&quot;&gt;référendum sur l&#039;indépendance&lt;/a&gt; du Kurdistan irakien a lieu le &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/25_septembre&quot; title=&quot;25 septembre&quot;&gt;25&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Septembre_2017&quot; title=&quot;Septembre 2017&quot;&gt;septembre&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/2017&quot; title=&quot;2017&quot;&gt;2017&lt;/a&gt; au &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kurdistan_irakien&quot; title=&quot;Kurdistan irakien&quot;&gt;Kurdistan irakien&lt;/a&gt; et dans les territoires irakiens qu&#039;il occupe afin que la population &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_d%27autod%C3%A9termination&quot; title=&quot;Référendum d&#039;autodétermination&quot;&gt;se prononce&lt;/a&gt; sur sa volonté ou non de mettre en œuvre l&#039;indépendance de cette région d&#039;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Irak&quot; title=&quot;Irak&quot;&gt;Irak&lt;/a&gt; majoritairement habitée par les &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kurdes&quot; title=&quot;Kurdes&quot;&gt;Kurdes&lt;/a&gt;. Organisé sans l&#039;accord du gouvernement irakien, il n&#039;est pas reconnu par ce dernier.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53402&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imaginaire de la création&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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 &lt;tr class=&quot;odd&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;span class=&quot;file&quot;&gt;&lt;img class=&quot;file-icon&quot; alt=&quot;PDF icon&quot; title=&quot;application/pdf&quot; src=&quot;/modules/file/icons/application-pdf.png&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/sites/oic.uqam.ca/files/kartowski_pdf.pdf&quot; type=&quot;application/pdf; length=15058518&quot; title=&quot;kartowski_pdf.pdf&quot;&gt;Version PDF de cet article&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;14.36 Mo&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Bibliographie: &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;La voix actée. Pour une nouvelle ethnopoétique&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Voix éperdues&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;La xenitia ronge ma vie&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;De Leros à La Borde, 1989-1992 (posthume, recueil de textes)&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Éclats de voix. Une anthropologie des voix&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Dix-huit chansons de la patrie amère&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Du traumatisme au rêve: le travail de création&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Le mirage des hotspots&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=4896&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Kartowski-Aïach, Miléna&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2018. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/polyphonie-des-possibles-une-ethnographie-sonore-des-sans-voix&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Polyphonie des possibles. Une ethnographie sonore des sans-voix&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». Dans &lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Les mises en scène du divers. Rencontre des écritures ethnographiques et artistiques&lt;/span&gt;. Cahier ReMix, n° 09 (11/2018). Montréal : Figura, le Centre de recherche sur le texte et l&#039;imaginaire. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/remix/polyphonie-des-possibles-une-ethnographie-sonore-des-sans-voix&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/remix/polyphonie-des-possibles-une-ethnographie-sonore-des-sans-voix&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023.&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Polyphonie+des+possibles.+Une+ethnographie+sonore+des+sans-voix&amp;amp;rft.date=2018&amp;amp;rft.aulast=Kartowski-A%C3%AFach&amp;amp;rft.aufirst=Mil%C3%A9na&amp;amp;rft.pub=Figura%2C+le+Centre+de+recherche+sur+le+texte+et+l%26%23039%3Bimaginaire&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Wed, 17 Oct 2018 19:04:14 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>La question sociale et les sons du contemporain (Benotman, Cosnay, de Kerangal)</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/communications/la-question-sociale-et-les-sons-du-contemporain-benotman-cosnay-de-kerangal</link>
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 <pubDate>Tue, 12 Dec 2017 14:47:38 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Jasmin Cormier</dc:creator>
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 <title>Entre la voix, le texte et l’écran: une dramaturgie des interstices</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/communications/entre-la-voix-le-texte-et-lecran-une-dramaturgie-des-interstices</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;u&gt;Présentation de la communication&lt;/u&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Le théâtre postdramatique, notamment dans ses formes immersives, cherche à se défaire de l’autorité, sinon de la présence, du texte écrit. Or, certaines pratiques actuelles, en privilégiant la projection de textes ou un usage singulier de la graphie comme matériau scénographique, participent d’une forme de réinscription du textuel au sein du régime spectaculaire. À partir d’observations tirées de Gloria, une création multimédia immersive élaborée par l’artiste interdisciplinaire Mykalle Bielinski (2015, 2017), cette communication s’attachera à la trajectoire du sens que déplie une représentation centrée sur un «pèlerinage de la voix» où diverses formes d’énonciation –chant, parole, écriture– alternent ou s’entremêlent. Nous nous intéresserons au dialogue établi entre cette énonciation plurielle et les autres systèmes de la représentation, tels l’environnement sonore et le dispositif scénographique. Nous observerons comment, à travers la dynamique oscillatoire convoquée par l’oeuvre immersive, entre pleine adhésion à l’univers théâtral et prise de conscience de son artificialité (Bouko, 2015), l’expérience spectatorielle s’établit dans un clignotement entre les vides, les pleins et les moments intervallaires de la représentation, déployant, dans la rencontre de la voix, du texte et de l’écran, et à travers leurs différents degrés de présence, de matérialité et de lisibilité, une dramaturgie des interstices.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;u&gt;Archive de la communication&lt;/u&gt;&lt;/h4&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;63251&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;

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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Période historique: &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Fri, 26 May 2017 18:25:08 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Performativité et ritualité du deuil dans l’art numérique: une formalisation de la temporalité</title>
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 <pubDate>Fri, 26 May 2017 13:48:10 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Dire ou effacer le texte? Les migrations sonores de «Ce Monde» sur la toile</title>
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=2413&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Baetens, Jan&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2017. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/dire-ou-effacer-le-texte-les-migrations-sonores-de-ce-monde-sur-la-toile&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Dire ou effacer le texte? Les migrations sonores de &quot;Ce Monde&quot; sur la toile&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». Dans le cadre de &lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Littérature et dispositifs médiatiques: pratiques d&#039;écriture et de lecture en contexte numérique&lt;/span&gt;. Colloque organisé par Chaire de recherche du Canada sur les arts et les littératures numériques / Belspo PAI LMI. Montréal, Université du Québec à Montréal, 25 mai 2017. Document audio. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/communications/dire-ou-effacer-le-texte-les-migrations-sonores-de-ce-monde-sur-la-toile&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/communications/dire-ou-effacer-le-texte-les-migrations-sonores-de-ce-monde-sur-la-toile&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023.&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Dire+ou+effacer+le+texte%3F+Les+migrations+sonores+de+%26quot%3BCe+Monde%26quot%3B+sur+la+toile&amp;amp;rft.date=2017&amp;amp;rft.aulast=Baetens&amp;amp;rft.aufirst=Jan&amp;amp;rft.pub=Chaire+de+recherche+du+Canada+sur+les+arts+et+les+litt%C3%A9ratures+num%C3%A9riques+%2F+Belspo+PAI+LMI&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al%2C+Universit%C3%A9+du+Qu%C3%A9bec+%C3%A0+Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Thu, 25 May 2017 14:47:06 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Otto Piene, «The Proliferation of the Sun» (1964-1969): la projection lumineuse dans l&#039;expanded cinema.</title>
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;p &gt;«Pendant les quelques mois d&#039;existence du Black Gate Theater de New York, salle ouverte dans le Lower Side en mars 1967, la performance multimédia &quot;&lt;em&gt;Proliferation of the Sun&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&quot;d&#039;Otto Piene fut donnée une vingtaine de fois. D&#039;une durée variable, elle consistait en un flux d&#039;images colorées, des diapositives peintes et projetées sur les parois d&#039;une pièce entièrement blanche à l&#039;aide de carrousels Kodak actionnés par Otto Piene et ses assistants.»&lt;/p&gt;

&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=2023&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Joly, Noémi&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2014. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/otto-piene-the-proliferation-of-the-sun-1964-1969-la-projection-lumineuse-dans-lexpanded&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Otto Piene, &quot;The Proliferation of the Sun&quot; (1964-1969): la projection lumineuse dans l&#039;expanded cinema.&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». Dans le cadre de &lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;L&#039;image en lumière: histoire, usages et enjeux de la projection. The Enlightened Image: History and Uses of Projection.&lt;/span&gt;. Colloque organisé par Figura, Centre de recherche sur le texte et l&#039;imaginaire. Montréal, Université du Québec à Montréal, 22 mai 2014. Document audio. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/communications/otto-piene-the-proliferation-of-the-sun-1964-1969-la-projection-lumineuse-dans&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/communications/otto-piene-the-proliferation-of-the-sun-1964-1969-la-projection-lumineuse-dans&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023.&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Otto+Piene%2C+%26quot%3BThe+Proliferation+of+the+Sun%26quot%3B+%281964-1969%29%3A+la+projection+lumineuse+dans+l%26%23039%3Bexpanded+cinema.&amp;amp;rft.date=2014&amp;amp;rft.aulast=Joly&amp;amp;rft.aufirst=No%C3%A9mi&amp;amp;rft.pub=Figura%2C+Centre+de+recherche+sur+le+texte+et+l%26%23039%3Bimaginaire&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al%2C+Universit%C3%A9+du+Qu%C3%A9bec+%C3%A0+Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 27 May 2014 14:43:50 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Rencontre avec Catherine Mavrikakis</title>
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Rencontre entre Julien Lefort-Favreau, étudiant au doctorat en études littéraires à l&amp;#039;UQAM et l&amp;#039;écrivaine Catherine Mavrikakis au sujet de son roman Les derniers jours de Smokey Nelson paru en 2011 chez Héliotrope.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 20 Dec 2011 19:00:06 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alice van der Klei</dc:creator>
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