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 <title>Observatoire de l&#039;imaginaire contemporain - lesbiennes</title>
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 <title>Pour un imaginaire lesbophile</title>
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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre d’une réflexion sur la lutte à l’homophobie, je voudrais, en tant que littéraire, hétérosexuelle et alliée, plaider ici «pour un imaginaire lesbophile»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_m54nl0c&quot; title=&quot;Par ce déplacement de l’«homo-» vers le «lesbo-», je questionne le rapport du général au spécifique qui efface le féminin de la culture. Dans cet esprit, j’invite lecteurs et lectrices à opérer à rebours la métaphore du tout et de la partie, et d’inclure les gais dans cette mise en avant du lesbianisme.&quot; href=&quot;#footnote1_m54nl0c&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. J’insisterai, d’une part, sur l’importance de lire des écrivaines lesbiennes (essayistes comme romancières, théoriciennes comme poètes) et, d’autre part, sur l’importance de lire des récits mettant en scène des personnages lesbiens –ou queer– peu importe l’«orientation» de l’auteur-e (car bien sûr, ce n’est pas l’apanage des lesbiennes que de représenter des personnages lesbiens). Il va de soi que cette plaidoirie s’adresse surtout aux personnes étiquetées «hétéros», question de «nous» faire sortir des fictions dominantes de l’hétéronormativité. Car la mise en place de personnages lesbiens dans les textes littéraires&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_nqr4kj7&quot; title=&quot;«Texte littéraire» ayant ici une portée globale, étant entendu comme texte-source: aussi bien dans la chanson, le théâtre, le scénario de cinéma.&quot; href=&quot;#footnote2_nqr4kj7&quot;&gt;2&lt;/a&gt; est apte à reconfigurer l’imaginaire, et à défalquer les «résidus culturels» (Butler, dans Rubin, 2001: 16) lesbophobes qui traînent encore dans les représentations.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Littérature, force des représentations&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais comment la littérature peut-elle favoriser la «lesbophilie»? D’abord, elle peut multiplier les personnages hétérodoxes. Ne pas les présenter systématiquement comme négatifs, ne pas non plus les présenter systématiquement comme positifs (Hamon, 1995). Multiplier, et par là, banaliser et, par là, instruire. Surtout, instruire : mettre en jeu les subjectivités queer, les faire résonner dans l’espace social, là où on ne les entend pas, pour que puissent être saisies leur humanité, leur mêmeté: «Je suis humain, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger», écrivait Terence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, la fiction modélise l’imaginaire, fournit des modèles identificatoires. En témoigne indirectement l’appropriation, par le domaine de la publicité, du &lt;em&gt;storytelling&lt;/em&gt; (Salmon, 2007)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_74owi2z&quot; title=&quot;Selon l’auteur, «les technologies [du marketing] qui permettent d’écouler les marchandises se sont déplacées en une quinzaine d’années du produit au logo, puis des logos aux stories» (Salmon, 2007: 18).&quot; href=&quot;#footnote3_74owi2z&quot;&gt;3&lt;/a&gt;. Il est plutôt récent, ce phénomène d’appropriation du récit par les industries publicitaires qui, après avoir constaté les effets identificatoires des fictions, effets non prévus et non programmés, se sont approprié ce mode, ces «usages instrumentaux du récit» (Salmon, 2007: 17), ce que Salmon qualifie de «hold-up sur l’imaginaire» (20) et qu’on connaît pourtant depuis Aristote, selon le phénomène de l’«identification» devant mener à la catharsis. «Des personnages de fiction réussis deviennent des exemples primordiaux pour la condition humaine “réelle”» (Eco, 2010), ce qu’on appelle l’effet Werther&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_k2kxzoo&quot; title=&quot;De: Les Souffrances du Jeune Werther de Goethe, ayant entrainé une identification très forte à ses protagonistes, jusqu’à multiplier les suicides à l’instar du personnage.&quot; href=&quot;#footnote4_k2kxzoo&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. La littérature a donc bien à voir avec l’anthropologie des connaissances:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;En ces places émotionnelles [que constituent les textes littéraires], confluent, se concentrent, se transmuent, se créent et circulent des flux socio-culturels qui éclosent et se condensent en connaissances, en représentations, en entités de fiction, en histoires, en personnages, en sensations et émotions qui font leur œuvre et trouvent leur chemin vers l’expression collective et l’existence sociale qu’elles alimentent en sensations et émotions nouvelles. Ces nouveaux affects produits seront à leur tour éprouvés par les êtres sociaux réels. (Farrugia, 2010)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car en effet, «la culture donne forme à l’esprit» (Bruner, 1991). Les textes littéraires façonnent nos imaginaires. Ils ne sont pas de simples reflets du réel, comme on les a longtemps considérés. Ils sont partie prenante du trafic d’idées. Ils participent au discours social et sont, à ce titre, «productifs». C’est en ce sens que Stuart Hall nous invite à considérer «le rôle constitutif des représentations dans la production du champ social et des identités» (Cervulle, 2013: 16). Sur l’horizon des &lt;em&gt;Cultural Studies&lt;/em&gt;, «les productions culturelles constituent […] un lieu d’articulation entre des formations discursives et des formations sociales» (Cervulle, 2013: 16). Se développe ainsi une saisie anthropologique du texte littéraire: non plus comme un produit culturel ne concernant qu’un cénacle lettré, non plus un pur objet esthétique à saisir selon des critères de spécialistes, non plus simple objet de divertissement, mais bien objet à produire du sens. La littérature peut donc être vue comme un laboratoire où les identités peuvent être disséquées, démontées; puis ré-assemblées. En un mot: ré-imaginées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’après Claude Fintz, «la littérature vient placer nos croyances dans un champ plus vaste, selon une perspective où, prenant de l’altitude [moi je dirais de la distance], l’identité m’apparaît autre que celle que j’imaginais : moins territoriale que panoramique et inter-relationnelle, moins locale qu’éthique» (Fintz, 2010: 51). L’identité apparaît ainsi comme «un lieu de (re)création socio-imaginaire permanent, qui se trouve au principe même de [ce que Castoriadis appelle “l’imagination de la société” (Castoradis 1999)], et dont l’enjeu est la négociation permanente du lien social» (Fintz, 2010: 51). Selon cette perspective, c’est «le rôle de toute littérature que de nous initier à l’altérité et de requalifier en permanence l’humain» (Fintz, 2010: 51). Dans le même esprit, pour Jacques Rancière, le «partage du sensible» que permet la littérature est un «des liens de sociabilité les plus forts qui soient» (Fintz 2009). Ainsi, la littérature a ce pouvoir de renouveler l’imaginaire, de poser des questions au vivre-ensemble. Recadrer, resignifier, hors des stéréotypes, des boites à penser.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À ce titre, la littérature est, à l’instar de ce que De Lauretis considère pour le cinéma, une véritable technologie du genre. Même lorsqu’ils n’évoquent pas le genre comme «thème» ou motif de l’intrigue, voire: &lt;em&gt;a fortiori&lt;/em&gt;, lorsqu’ils ne problématisent pas l’identité et l’orientation sexuelle, même lorsqu’ils ne les «travaillent» pas donc, les textes constituent une technologie du genre qui relaie des modèles identitaires et les actualise, en les articulant avec les réalités contemporaines.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, un grand pan de la littérature s’est érigé sur la conception de l’amour romantique hétéronormatif, qu’elle a contribué à forger. &lt;em&gt;Tristan et Iseult&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Roméo et Juliette&lt;/em&gt;. Un grand texte d’amour romantique pourrait très bien s’intituler &lt;em&gt;Johanne et Sylvie&lt;/em&gt;. Johanne et Sylvie pourraient s’aimer et illustrer un rapport amoureux –un rapport humain. Oui: il y a &lt;em&gt;Thérèse et Isabelle &lt;/em&gt;de Violette Leduc (1954, puis édition non expurgée publiée en 2000). Il faudrait cependant en arriver à saisir &lt;em&gt;Thérèse et Isabelle&lt;/em&gt; (ou &lt;em&gt;Johanne et Sylvie&lt;/em&gt;) comme un roman d’amour, non pas comme un roman &lt;em&gt;lesbien&lt;/em&gt;. Que le sexe du partenaire sexuel qualifie le rapport amoureux tout entier, c’est là que le bât blesse. Pourtant, c’est bien sûr le sexe du partenaire sexuel que le rapport amoureux hétéro se définit, ce qui n’apparaît nulle part –on ne dit pas un roman&lt;em&gt; hétéro&lt;/em&gt; –, car il fonde la norme… Un jour, peut-être, lesbienne (pas davantage que gai ou hétéro), ne sera plus une identité: le mot pourrait ne plus désigner que le rapport sexuel, ce à quoi il renvoie dans les faits, mais dont il déborde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;«Je suis lesbienne»&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les écrivaines lesbiennes (dans la mesure où une telle catégorie a du sens), surtout celles qui écrivent au «je» mais pas uniquement, non seulement m’invitent à me distancier de moi-même, à faire abstraction de mon expérience, mais me font éprouver la leur, me font introjecter leur subjectivité. Lorsque le personnage qui s’exprime au «je» dit «je suis une lesbienne» et que je lis, le syntagme circule dans ma pensée; ou lorsque, s’étant exprimé au féminin dans un texte, il dit «je t’aime» à l’endroit d’un autre personnage féminin, il me fait affirmer cela, il force mon identification au personnage lesbien et me fait lesbienne. Et si je lis plusieurs livres où les personnages sont lesbiens, alors je deviens un peu plus lesbienne. Lecture performative donc, qui m’identifie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je sais bien: il ne suffit pas de prononcer «je suis lesbienne» pour le devenir. La condition et le traitement qui sont réservés aux lesbiennes dans l’espace social me sont épargnés. Tout de même, je ne pense plus les lesbiennes en tant qu’autres. Et il m’est possible de me lever à leurs côtés pour défendre leurs droits, nonobstant le fait que les miens ne sont nullement attaqués.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De la même façon que la littérature phallocentrée a participé à la fiction du féminin et qu’il m’assimile, quand je le lis, à la «femme», une œuvre lesbienne m’identifie au queer. Il est bien sûr possible de refuser l’identification, car le texte littéraire n’est pas une injonction; mais, au fil des fréquentations, je me familiarise, et avec la familiarisation tombent les résistances.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et la forme énonciative dont je viens de parler n’est qu’une possibilité, qui ne résume pas l’ensemble des possibilités de représentation de personnages lesbiens et de leur inscription dans l’imaginaire. On ne peut donc que souhaiter que les figures de gais et lesbiennes se multiplient –et elles se multiplient actuellement&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_xyj0rcn&quot; title=&quot;Même si la question «Où sont les lesbiennes?» se pose toujours, selon l’intitulé du 4e numéro de la revue Miroir/Miroirs (2014).&quot; href=&quot;#footnote5_xyj0rcn&quot;&gt;5&lt;/a&gt;, encore que relativement peu dans la chanson, notons-le, de même que dans la culture adolescente, deux lieux de reconduction des normes. Au sujet de sa websérie &lt;em&gt;Féminin/féminin&lt;/em&gt;, Chloé Robichaud va tout à fait dans cet esprit: «Je voulais faire en sorte qu’une jeune fille qui voit la websérie puisse se dire que non seulement ce n’est pas la fin du monde d’être lesbienne, mais que ça peut même être facile. Agréable. Et banal» (Lévesque, 2014).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et &lt;em&gt;certes&lt;/em&gt;, le seul fait de mettre en scène des personnages lesbiens ne garantit pas la subversion des normes ni ne garantit l’effet d’une identification, laquelle mène à une plus grande « acceptation »; une lesbophilie, justement. La représentation de personnages lesbiens peut même être mise au service de l’homophobie, si par exemple ceux-ci sont dépeints comme des «&lt;em&gt;failures&lt;/em&gt;» (je reprends les mots d’Halberstam). On se tournera plutôt vers des textes s’attachant à la démonstration du «&lt;em&gt;queer art of failure&lt;/em&gt;» (Halberstam, 2011), aux formes qui déjouent les normes décrétant les valeurs de défaite ou de réussite. Car il ne s’agit pas tant de transgresser des lois que de subvertir les formes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contribution des écrivaines lesbiennes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lire des fictions mettant en scène des personnages lesbiens donc, mais aussi: lire les écrivaines lesbiennes, et pas seulement les auteures de «romans lesbiens», pour sortir de la coupe du sujet phallologocentré&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_4cpht8a&quot; title=&quot;Mot-valise forgé par Derrida à partir de «phallocentrisme» et «logocentrisme», ici confondus, et signifiant le fait que la posture d’autorité discursive est pensée comme étant intrinsèquement masculine. La valorisation de la pensée phallologocentrée disqualifie tout ce qui relève de l’affect, associé au féminin.&quot; href=&quot;#footnote6_4cpht8a&quot;&gt;6&lt;/a&gt; et penser ailleurs, avec un sujet dominé, altérisé par la culture. Indubitablement, ce déplacement invite à adopter un autre point de vue, à mettre en doute les schémas normatifs. Intégrant le point de vue de l’autre, je dissous déjà un peu les différences. Je ne suis plus que moi, je suis un peu cet autre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À la parution de son roman &lt;em&gt;Annabel&lt;/em&gt;, qui met en scène un personnage intersexué, Kathleen Winter racontait: «J’ai noté récemment que tous les écrivains et artistes que j’admire sont gais. Jeanette Winterson, Ali Smith, aussi. Je ne sais pas trop quoi en conclure. Est-ce que, comme femme artiste, il vaut mieux ne pas se trouver à l’extrême du spectre de la féminité pour pouvoir vraiment remettre en question ce qu’il faut remettre en question pour produire de l’art puissant ?»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_5g81amm&quot; title=&quot;On tique sur la façon dont elle pose les lesbiennes comme «à l’extrême du spectre de la féminité», mais là n’est pas notre propos.&quot; href=&quot;#footnote7_5g81amm&quot;&gt;7&lt;/a&gt; (Lalonde, 2012). De la même façon, il faut prendre acte de la contribution majeure des penseuses lesbiennes à la pensée féministe, ce que je ne manque jamais de faire remarquer à mes étudiants-es: Butler, Causse, Delphy, Despentes, Millett, Wittig, et j’en passe… Ce que le féminisme contemporain doit à la pensée lesbienne, il faut le mesurer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car aussi bien la théorie que la fiction émanant du point de vue lesbien a cet effet de décentrer les fictions communes et de déployer un imaginaire lesbophile. Il y a une quinzaine d’années, quelques jours après avoir lu pour la première fois «La contrainte à l’hétérosexualité» d’Adrienne Rich, ma fille, alors âgée de 5 ou 6 ans, se projetant dans l’avenir, venait de réaliser qu’elle ne vivrait pas toujours avec nous, ses parents, sous notre toit –éventualité qui semblait alors catastrophique. Je lui ai alors répondu: «T’inquiète, ce sera comme quand nous allons rendre visite à mes parents ou à ceux de ton père. Tu viendras nous visiter, avec ton chum…». Là, en une fraction de seconde, quelque chose s’est inséré dans la pensée. Une semaine plus tôt, ma phrase se serait fort probablement terminée là: «tu viendras nous visiter, avec ton chum», point barre. Mais voilà qu’un élément nouveau faisait en sorte que la phrase se poursuivant d’elle-même: «avec ton chum, ou ta blonde». Ainsi, les imaginaires se transforment, de génération en génération&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_idct6ng&quot; title=&quot;Le film The Hours (2002), adapté par Stephen Daldry du roman éponyme de Michael Cunningham, figure cela de belle façon: chacune des trois périodes représentées comporte une scène où un enfant voit deux adultes du même sexe s’embrasser: la petite fille de Vanessa Bell voit Virginia et Vanessa s’embrasser sur le bouche; Richie, le fils de Laura Brown (interprété par Julianne Moore) voit sa mère et la voisine s’embrasser; c’est celui-ci que l’on voit adulte dans la troisième partie du film. Ainsi est illustrée l’évolution du statut de l’homosexualité, de sa marginalisation (Bloomsbury, dont faisaient partie les deux sœurs Bell, était un groupe d’artistes marginaux post-aristocratiques) jusqu’à sa relative démocratisation dans un New York contaminé par le sida (l’amie de Richie, Clarissa Vaughan l’éditrice incarnée par Meryl Streep, est elle aussi lesbienne), en passant par ce qu’on pourrait appeler un creux dépressionnaire dans l’Amérique maccarthyste. Où l’on voit l’œuvre du travail que la transmission de nouveaux possibles dans l’imaginaire peut accomplir au cours d’un siècle.&quot; href=&quot;#footnote8_idct6ng&quot;&gt;8&lt;/a&gt;. Les enfants d’aujourd’hui grandissent avec cette possibilité d’avoir des conjoints-es ou des partenaires de même sexe; possibilité qui a toujours existé, mais qui n’était pas nommée, qui restait cachée et qui, de ce fait, même lorsque découverte, conservait la marque du tabou.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;p&gt;«Technologie du genre» au même titre que les autres productions de la socioculture, la littérature peut reconduire les modèles identitaires normatifs et conforter le statu quo ou en produire de nouveaux et transformer les représentations –qui, à leur tour, transforment les schémas mentaux. Il s’agit donc de réimaginer les modèles identitaires de genre, et les rapports entre les sexes. Si je n’avais pas peur du ridicule, je parlerais même d’une «ré-ingénierie» de l’articulation entre sexe, genre et sexualité (comme on parle d’une «ré-ingénierie de l’État»). Il s’agit en effet de –je cite wiki, une fois n’est pas coutume– «réorganis[er] un système d&#039;information existant». Système d’information, «appareil sémiotique» (Navarro-Swain, 1998), c’est bien ce qu’est le «système de sexe/genre» (Rubin, 1998: 6), qui nous chacun des éléments se trouvant sur l’axe sexe/genre/désir (Butler, 2005). Et voilà que l’appareil traditionnel, construit sur la binarité, apparaît insuffisant pour traduire la complexité des identités contemporaines, des manières d’être au monde et des rapports humains que ces identités engagent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon Marie-Hélène Bourcier et Alice Molinier, l’un des principaux enjeux actuels du féminisme est précisément de «réduire ses effets excluants» (Bourcier et Molinier, 2012: 11). La lecture de l’autre-lesbienne permet de saper ces effets. Le féminisme a tout intérêt à dénouer les liens entre sexe, genre et désir, pour désenclaver chacune et chacun des contraintes que nous a imposées le patriarcat, et contrer l’homophobie. Et la littérature peut aider à faire ça. Écrire le personnage lesbien, lire le personnage lesbien, lire la penseuse lesbienne, et pas seulement dans nos cours de théories féministes, pas seulement dans nos cours d’écriture des femmes: c’est un activisme qui n’est pas vain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BOURCIER, Marie-Hélène et Alice MOLINIER. 2012. &lt;em&gt;Comprendre le féminisme&lt;/em&gt;, Paris: Max Milo.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BRUNER, Jérôme. &lt;em&gt;1991. … car la culture donne forme à l’esprit. De la révolution cognitive à la psychologie culturelle&lt;/em&gt;, Paris: Eshel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BUTLER, Judith. 2005 [1990]. &lt;em&gt;Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité&lt;/em&gt;, trad. de l’anglais par Cynthia Kraus, Paris: La Découverte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CASTORIADIS, Cornelius. 1999. &lt;em&gt;L’institution imaginaire de la société&lt;/em&gt;, Paris: Seuil.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CERVULLE, Maxime. 2013. «La politique des différences», dans Stuart Hall. &lt;em&gt;Identités et cultures 2. Politiques des différences&lt;/em&gt;, Paris: Amsterdam, 2013, p. 9-18.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CRAIN, Caleb. 2014. «How much Gay Sex should a Novel Have?», Newyorker.com, mis en ligne le 23 avril 2014, En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.newyorker.com/online/blogs/books/2014/04/how-much-gay-sex-should-a-novel-have.html?utm_source=tny&amp;amp;utm_campaign=&quot;&gt;http://www.newyorker.com/online/blogs/books/2014/04/how-much-gay-sex-sho...&lt;/a&gt; generalsocial&amp;amp;utm_medium= facebook&amp;amp;mbid=social_facebook&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ECO, Umberto. 2010. «Quelques commentaires sur les personnages de fiction», &lt;em&gt;SociologieS&lt;/em&gt;, Dossier «Émotions et sentiments, réalité et fiction», mis en ligne le 01 juin 2010, En ligne: &lt;a href=&quot;http://sociologies.revues.org/3141&quot;&gt;http://sociologies.revues.org/3141&lt;/a&gt;. Consulté le 26 septembre 2014.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FARRUGIA, Francis. 2010. «Socio-anthropologie de la connaissance», &lt;em&gt;SociologieS&lt;/em&gt; [En ligne], castroDossier «Émotions et sentiments, réalité et fiction», mis en ligne le 01 juin 2010, En ligne: &lt;a href=&quot;http://sociologies.revues.org/3140&quot;&gt;http://sociologies.revues.org/3140&lt;/a&gt;. Consulté le 26 septembre 2014.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FINTZ, Claude. 2009. «Les imaginaires des corps dans la relation littéraire», &lt;em&gt;Littérature&lt;/em&gt;, n° 153, p. 114-131. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.cairn.info/revue-litterature-2009-1-page-114.htm&quot;&gt;http://www.cairn.info/revue-litterature-2009-1-page-114.htm&lt;/a&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;FINTZ, Claude. 2010. «L’identité en procès. L’émergence d’un nous inédit –une “identité” en imagination», dans &lt;em&gt;Identités culturelles d’hier et d’aujourd’hui&lt;/em&gt;, sous la dir. de Mercedes MONTORO ARAQUE, Berne: Peter Lang, coll. «Currents in Comparative. Romance Languages and Literatures», p. 41-54.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HALBERSTAM, Judith. 2011. &lt;em&gt;The Queer Art of Failure&lt;/em&gt;, Durham: Duke University Press.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HAMON, Philippe. 1995. «L’épidictique: au carrefour de la textualité et de la socialité», &lt;em&gt;Discours social/Social discourse&lt;/em&gt;, vol. 7, n° 3-4, p. 85-90.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LALONDE, Catherine. 2012. «Ni homme, ni femme, ni monstre. Entretien avec Kathleen Winter»,&lt;em&gt; Le Devoir&lt;/em&gt;, 5 mai. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/culture/livres/349196/entretien-avec-kathleen-winter &quot;&gt;http://www.ledevoir.com/culture/livres/349196/entretien-avec-kathleen-wi...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LÉVESQUE, François. 2014. «Femmes, femmes: mode d’emploi. La cinéaste Chloé Robichaud explore l’univers lesbien dans une websérie ludique et dénuée de clichés», &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt;, 15 janvier. En ligne: &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/culture/television/397294/femmes-femmes-mode-d-emploi&quot;&gt;http://www.ledevoir.com/culture/television/397294/femmes-femmes-mode-d-e...&lt;/a&gt;&lt;br&gt;&amp;nbsp;Consulté le 11 mars 2016&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Miroir/Miroirs, «PLUS GOUINE LA VIE? Où sont les lesbiennes?», n° 4, 2014.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;NAVARRO SWAIN, Tania. 1998. «Au-delà du binaire: les queers et l’éclatement du genre», dans L&lt;em&gt;es limites de l’identité sexuelle&lt;/em&gt;, sous la dir. de Diane LAMOUREUX, Montréal, Remue-ménage, p. 135-149.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICH, Adrienne. 1981. «La contrainte à l’hétérosexualité et l’existence lesbienne», Nouvelles Questions Féministes, no 1, p. 15-43.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RUBIN, Gayle. 2001. «Penser le sexe. Pour une théorie radicale de la politique de la sexualité», dans &lt;em&gt;Marché au sexe&lt;/em&gt;, Gayle RUBIN et Judith BUTLER, trad. de l’anglais par Éliane Sokol et Flora Bolter, Paris : EPEL, coll. «Les grands classiques de l&#039;érotologie moderne», p.63-134.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 1998 [1975]. L&lt;em&gt;’économie politique du sexe. Transactions sur les femmes et systèmes de sexe/genre&lt;/em&gt;, trad. de l’anglais par Nicole-Claude Mathieu, Cahiers du Cedref, no.&amp;nbsp;7.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SALMON, Christian. 2007. &lt;em&gt;Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits&lt;/em&gt;, Paris: La Découverte, 239 p.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_m54nl0c&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_m54nl0c&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Par ce déplacement de l’«homo-» vers le «lesbo-», je questionne le rapport du général au spécifique qui efface le féminin de la culture. Dans cet esprit, j’invite lecteurs et lectrices à opérer à rebours la métaphore du tout et de la partie, et d’inclure les gais dans cette mise en avant du lesbianisme.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_nqr4kj7&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_nqr4kj7&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; «Texte littéraire» ayant ici une portée globale, étant entendu comme texte-source: aussi bien dans la chanson, le théâtre, le scénario de cinéma.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_74owi2z&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_74owi2z&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Selon l’auteur, «les technologies [du marketing] qui permettent d’écouler les marchandises se sont déplacées en une quinzaine d’années du produit au logo, puis des logos aux &lt;em&gt;stories&lt;/em&gt;» (Salmon, 2007: 18).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_k2kxzoo&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_k2kxzoo&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; De: &lt;em&gt;Les Souffrances du Jeune Werther&lt;/em&gt; de Goethe, ayant entrainé une identification très forte à ses protagonistes, jusqu’à multiplier les suicides à l’instar du personnage.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_xyj0rcn&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_xyj0rcn&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Même si la question «Où sont les lesbiennes?» se pose toujours, selon l’intitulé du 4e numéro de la revue &lt;em&gt;Miroir/Miroirs &lt;/em&gt;(2014).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_4cpht8a&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_4cpht8a&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Mot-valise forgé par Derrida à partir de «phallocentrisme» et «logocentrisme», ici confondus, et signifiant le fait que la posture d’autorité discursive est pensée comme étant intrinsèquement masculine. La valorisation de la pensée phallologocentrée disqualifie tout ce qui relève de l’affect, associé au féminin.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_5g81amm&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_5g81amm&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; On tique sur la façon dont elle pose les lesbiennes comme «à l’extrême du spectre de la féminité», mais là n’est pas notre propos.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_idct6ng&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_idct6ng&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; Le film &lt;em&gt;The Hours&lt;/em&gt; (2002), adapté par Stephen Daldry du roman éponyme de Michael Cunningham, figure cela de belle façon: chacune des trois périodes représentées comporte une scène où un enfant voit deux adultes du même sexe s’embrasser: la petite fille de Vanessa Bell voit Virginia et Vanessa s’embrasser sur le bouche; Richie, le fils de Laura Brown (interprété par Julianne Moore) voit sa mère et la voisine s’embrasser; c’est celui-ci que l’on voit adulte dans la troisième partie du film. Ainsi est illustrée l’évolution du statut de l’homosexualité, de sa marginalisation (Bloomsbury, dont faisaient partie les deux sœurs Bell, était un groupe d’artistes marginaux post-aristocratiques) jusqu’à sa relative démocratisation dans un New York contaminé par le sida (l’amie de Richie, Clarissa Vaughan l’éditrice incarnée par Meryl Streep, est elle aussi lesbienne), en passant par ce qu’on pourrait appeler un creux dépressionnaire dans l’Amérique maccarthyste. Où l’on voit l’œuvre du travail que la transmission de nouveaux possibles dans l’imaginaire peut accomplir au cours d’un siècle.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53401&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Imaginaire de la théorie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;J’insisterai, d’une part, sur l’importance de lire des écrivaines lesbiennes (essayistes comme romancières, théoriciennes comme poètes) et, d’autre part, sur l’importance de lire des récits mettant en scène des personnages lesbiens –ou queer– peu importe l’«orientation» de l’auteur-e (car bien sûr, ce n’est pas l’apanage des lesbiennes que de représenter des personnages lesbiens). Il va de soi que cette plaidoirie s’adresse surtout aux personnes étiquetées «hétéros», question de «nous» faire sortir des fictions dominantes de l’hétéronormativité. Car la mise en place de personnages lesbiens dans les textes littéraires est apte à reconfigurer l’imaginaire, et à défalquer les «résidus culturels» (Butler, dans Rubin, 2001: 16) lesbophobes qui traînent encore dans les représentations.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=1856&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Boisclair, Isabelle&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2016. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/pour-un-imaginaire-lesbophile&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Pour un imaginaire lesbophile&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/articles/pour-un-imaginaire-lesbophile&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/pour-un-imaginaire-lesbophile&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023. Publication originale : (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Féminismes et luttes contre l&#039;homophobie: de l&#039;apprentissage à la subversion des codes&lt;/span&gt;. 2016. Montréal : Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Pour+un+imaginaire+lesbophile&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-47-5&amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Boisclair&amp;amp;rft.aufirst=Isabelle&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;field field-name-field-field-citation-ref-compute field-type-computed field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 29 Mar 2022 12:34:17 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>Pour une approche matérialiste de l&#039;identité sexuelle: la formation identitaire des adolescentes lesbiennes québécoises</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/articles/pour-une-approche-materialiste-de-lidentite-sexuelle-la-formation-identitaire-des</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Rares sont les études qualitatives menées dans une perspective féministe matérialiste qui portent sur la question complexe de la sexualité des adolescentes. Peu de travaux scientifiques, y compris dans le champ des études féministes, ont été consacrés aux jeunes lesbiennes, à l’environnement socioculturel dans lequel elles évoluent ou aux possibilités qui leur sont offertes relativement à la sexualité et aux intérêts amoureux. Les nombreux travaux féministes sur la socialisation différentielle des sexes, notamment à l’adolescence, montrent pourtant que cette période est déterminante sur le plan de l’apprentissage des exigences normatives de la féminité et de la masculinité. Comme l’apprentissage de la sexualité s’inscrit dans ce processus de socialisation, ces études permettent de saisir comment les jeunes filles sont amenées à s’engager dans la sexualité hétérosexuelle et à développer une identité de sexe/genre féminine et hétérosexuelle. L’existence des lesbiennes démontre cependant que certaines jeunes filles échappent à l’effet de la socialisation différentielle des sexes sur le «choix sexuel».&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai donc cherché à découvrir comment l’environnement social et culturel des adolescentes lesbiennes facilite ou complexifie la formation de leur identité sexuelle. Les jeunes filles non hétérosexuelles disposent de peu de modèles d’identification et de référence susceptibles d’informer leur trajectoire en matière de sexualité. Le présent article est consacré au milieu scolaire, qui constitue un espace de socialisation significatif dans la formation identitaire des jeunes. La plus grande partie de l’adolescence coïncide avec les années d’éducation de niveau secondaire. Le contenu scolaire et, plus fondamentalement, les relations entre pairs sont autant d’occasions d’actualiser les attentes normatives reliées au genre et à la sexualité. Mes analyses rompent avec le modèle psychosocial de développement identitaire, généralement mobilisé pour rendre compte de la formation de l’identité homosexuelle. L’émergence de l’identité sexuelle lesbienne est examinée à partir d’une perspective théorique matérialiste, démontrant que celle-ci n’a rien perdu de sa capacité à saisir la complexité de l’expérience sociale. J’ai privilégié une interprétation interactionniste des concepts d’identité, de formation ou développement identitaire, interprétation qui ne suppose pas d’identité «naturelle» ou «essentielle» et qui, sans faire abstraction de la puissance des déterminismes sociaux, reconnaît aux individus une certaine latitude face à ces déterminismes. Le concept d’identité de sexe/genre se réfère ici à la conscience de soi relativement aux catégories de sexe et de genre, au fait de dire «je suis une femme», affirmation qui, dans les représentations sociales dominantes, équivaut à dire «je suis une femme hétérosexuelle». Le concept d’identité sexuelle renvoie à la conscience de soi relativement à la sexualité, c’est-à-dire l’orientation sexuelle.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après une brève description du cadre méthodologique de la recherche dont sont issus les résultats exposés ici, je présente les grandes lignes du cadre théorique retenu. La section suivante est consacrée aux résultats, analysés sous trois aspects: 1) l’invisibilité de l’homosexualité dans l’environnement des répondantes; 2) le rôle clé joué par les relations entre pairs au secondaire; et 3) le lien entre l’adhésion à la culture de la féminité et l’engagement dans la romance hétérosexuelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Méthodologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les analyses présentées dans le présent article sont le fruit d’une recherche qualitative dont l’objectif principal était de documenter et d’analyser le vécu des jeunes lesbiennes à l’adolescence pour découvrir les éléments qui participent à la formation de l’identité sexuelle lesbienne, soit en favorisant cette formation, soit en l’entravant. Les données analysées sont issues d’entretiens menés en 2011 et 2012 auprès de 20 jeunes lesbiennes québécoises âgées de 18 à 26 ans. L’échantillon est composé de jeunes lesbiennes appartenant au même milieu socioéconomique (classe moyenne faible à aisée), qui sont principalement de langue maternelle française (une répondante a été élevée en français et en anglais), majoritairement caucasiennes (une répondante est originaire de Chine et a été adoptée par un couple québécois en très bas âge). Le recrutement s’est déroulé sur une période de dix-huit mois. J’ai eu recours à plusieurs stratégies, la plus efficace étant la diffusion d’une invitation à témoigner dans les milieux communautaires, notamment les groupes de femmes, dans le milieu universitaire, ainsi que dans l’unique revue québécoise s’adressant spécifiquement aux lesbiennes, «Entre elles», qui a publié l’appel sur sa page Facebook. J’ai également eu recours à la méthode «boule de neige», qui consiste à solliciter les répondantes rencontrées afin qu’elles fassent circuler l’appel dans leur réseau. Le recrutement par le biais des organismes LGBT n’a donné aucun résultat. Cela peut s’expliquer en partie par le fait que les filles fréquentent moins ce type d’organismes que les garçons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les entretiens semi-directifs ont été conduits selon une approche compréhensive (Kaufmann, 1996). Cette approche offre beaucoup de liberté aux répondantes quant à la manière dont elles veulent aborder leur sexualité et leurs intérêts amoureux, et beaucoup de latitude également à la chercheure quant au rythme de l’entrevue et à l’opportunité ou non de creuser certains aspects spécifiques. Le déroulement des entrevues était soutenu par un guide dans lequel des questions de relance étaient formulées autour de trois thèmes principaux: l’environnement socioculturel, les expériences amoureuses —lesbiennes et hétérosexuelles—, les expériences sexuelles –lesbiennes et hétérosexuelles—, ainsi que la connaissance et la recherche éventuelle de modèles identitaires et le rapport à l’identité sexuelle (voir le schéma d’entrevue en annexe). Le guide d’entrevue a été développé avec le souci de reproduire les conditions nécessaires à la production d’un discours sur une expérience passée. Les questions étaient formulées de manière à favoriser «le processus de localisation d’un souvenir dans le passé», par le recours à des éléments qui jouent le rôle de points de repère, c’est-à-dire «des états de conscience qui, par leur intensité, luttent mieux que les autres contre l’oubli, ou par leur complexité, sont de nature à susciter beaucoup de rapports, à augmenter les chances de reviviscence» (Halbwachs, 1994: 37).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les entrevues ont été intégralement retranscrites, puis expurgées des éléments susceptibles de mener à l’identification des répondantes, auxquelles des prénoms fictifs ont été attribués. Les éléments de contenu de chaque entrevue ont été codés au moyen du logiciel Nvivo pour soutenir une analyse thématique. Par la suite, une analyse transversale des entrevues a permis de consolider les catégories thématiques et d’assurer la cohérence des catégories thématiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cadre théorique: contrainte à l’hétérosexualité et socialisation différentielle des sexes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Des auteures telles que Rich (1981) et Wittig (1980) ont montré que l’existence de l’homosexualité révèle que l’hétérosexualité est à la fois construite et constitutive des rapports sociaux de sexe. Rich conceptualise l’hétérosexualité en tant qu’institution au fondement des rapports de pouvoir entre les femmes et les hommes. Son concept central, «la contrainte à l’hétérosexualité», illustre que l’imposition de l’hétérosexualité aux femmes permet l’appropriation de leur corps et de leur travail par les hommes. Ce concept conduit Rich à invalider la «naturalité» de l’hétérosexualité. En effet, elle identifie les nombreux «moyens par lesquels le pouvoir masculin se manifeste et se maintient» (Rich, 1981: 23), chacun d’entre eux contribuant «au réseau des contraintes aboutissant à la conviction chez les femmes que le mariage et l’orientation sexuelle vers les hommes sont des composantes inévitables de leur existence» (1981: 23). Wittig voit dans l’hétérosexualité le contrat social qui organise les rapports sociaux de sexe, contrat qui représente une forme d’esclavage, conformément à la théorie du sexage de Guillaumin (1978).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour saisir comment s’opérationnalise la contrainte à l’hétérosexualité dans les trajectoires individuelles, je l’ai articulée au concept de socialisation différentielle des sexes. Ce concept rend compte de la production/reproduction sociale des différences entre hommes et femmes, nécessaire à la reproduction des rapports sociaux de sexe. Pour plusieurs auteures, ces théories s’inscrivent en contrepoids des discours courants, mais également scientifiques, qui prétendent que ces différences relèvent de la nature même des femmes et des hommes, c’est-à-dire qu’elles sont d’origine purement biologique (Descarries, 2006). La socialisation différentielle des sexes consiste en «le modelage d’une différence des sexes hiérarchisée par l’éducation et notamment le processus de production sociale des corps sexués dès la petite enfance» (Zaidman, 2000: 51-52). La socialisation consiste à faire coïncider le genre assigné socialement aux individus, qui sont catégorisés soit en tant qu’homme, soit en tant que femme, sur la base du sexe anatomique. Il s’agit d’un arbitraire culturel auquel le processus de socialisation contribue à donner forme, de manière à ce que les catégories femmes et hommes soient actualisées par les individus à travers le genre:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;La socialisation est le processus de transmission de l’arbitraire sexiste à travers lequel les femmes sont amenées à « choisir » comme allant de soi et logique le conformisme aux modèles culturels des sexes et leurs contraintes structurelles, alors même qu’elles sont forcées de le faire et amenées à concevoir comme différences individuelles ou essentielles des différences sociales et institutionnelles induites qui confortent une hiérarchie entre les sexes. (Descarries, 2006: 4)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le processus de socialisation se comprend ici comme mode de transmission de l’ensemble des représentations sociales dominantes, lesquelles font intervenir les stéréotypes sexuels et les pratiques sexuées, en tant que modèles d’identification pour chacun des deux sexes. L’identité de garçon ou de fille dépend par conséquent des rapports sociaux, à l’intérieur desquels elle se réactualise en permanence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La socialisation constitue aussi un processus de contrainte des conduites et d’imposition des représentations sociales dominantes. La socialisation est donc un processus à la fois positif et négatif, puisqu’elle exige dans le même mouvement reconnaissance et acceptation de certaines attentes normatives (celles correspondant à la catégorie de sexe de l’individu), et refus et mise à distance à l’égard d’autres attentes normatives (celles correspondant à l’autre catégorie de sexe). Construire une identité de femme, ce n’est donc pas seulement répondre positivement aux attentes normatives assignées au genre féminin, c’est aussi renoncer simultanément à y déroger en adoptant des comportements ou des attitudes qui font partie des attentes normatives assignées au genre masculin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai élargi la compréhension du processus de socialisation, pour le saisir comme processus coercitif, à l’instar de Descarries (2006). En restreignant les représentations sociales à celles qui ne remettent pas en cause les structures d’organisation du social, la socialisation en tant que processus d’imposition de ces représentations sociales adopte des formes parfois discrètes, mais également des formes dont la violence symbolique est grande et susceptible de se matérialiser dans les pratiques sociales, en violence psychologique et physique notamment. Dans cette perspective, les diverses formes de victimisation, dont la victimisation sexuelle (l’objectification sexuelle, l’usage d’insultes, la mise à l’écart, les rumeurs visant à nuire à la réputation sexuelle, le harcèlement psychologique et sexuel, les agressions physiques, etc.), constituent des mécanismes de socialisation. Ces dernières ne sont pas des dérives ou des ratés, mais bien des formes de contrainte à l’hétérosexualité. Par conséquent, les discriminations et le dénigrement des lesbiennes sont lus comme participant du processus de socialisation des filles en général, à la fois en tant que moyens de reproduction des représentations sociales dominantes des rapports sociaux de sexe et de la sexualité, et en tant que pratiques de socialisation coercitives. Ce cadre théorique permet la prise en compte et l’articulation des normes et des pratiques normatives (soit le social, ou le rapport à l’autre) et de la représentation de soi des individus socialisés, c’est-à-dire leur identité de sexe/genre et sexuelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Résultats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’invisibilité de l’homosexualité et du lesbianisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le silence prédomine autour de l’homosexualité et des réalités gaies et lesbiennes dans le cursus scolaire, qu’il s’agisse des manuels ou des interventions en classe. Seule une répondante sur vingt a mentionné les efforts faits par une enseignante afin de sensibiliser les élèves aux réalités gaies et lesbiennes. Elle fait partie des quatre répondantes ayant assisté à des interventions du GRIS-Montréal&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_1655zjp&quot; title=&quot;Organisme qui propose des interventions sous forme d’ateliers permettant de démystifier l’homosexualité en milieu scolaire au Québec.&quot; href=&quot;#footnote1_1655zjp&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Les seize autres rapportent que l’homosexualité n’a jamais été abordée dans le cadre des cours du secondaire. Les répondantes les plus âgées ayant assisté à des cours de FPS&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_3cgh3cx&quot; title=&quot;Cours de Formation personnelle et sociale, dans lequel était abordée l’éducation sexuelle.&quot; href=&quot;#footnote2_3cgh3cx&quot;&gt;2&lt;/a&gt; avant leur abolition soulignent que l’homosexualité n’y était pas traitée. La visibilité de personnes homosexuelles parmi le personnel scolaire apparaît marginale et est plus souvent le fait de doutes ou de rumeurs de la part des élèves que d’une divulgation volontaire. Du côté des élèves, les répondantes mentionnent deux types de situations : soit certains élèves sont étiquetés ou soupçonnés par des pairs d’être homosexuels, soit il s’agit de leurs propres amis-es, dont elles présument l’homosexualité. Seules deux répondantes rapportent avoir été à l’étape d’accepter leur identité lesbienne durant leurs études secondaires. Pour la majorité d’entre elles, donc, la question de la visibilité de leur orientation sexuelle ne se posait pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans la famille, l’invisibilité des personnes homosexuelles est la situation la plus fréquente exposée par les répondantes. La présence connue de personnes gaies ou lesbiennes dans l’entourage familial ou dans le réseau social des parents est marginale : seules quatre répondantes en ont signalé une, deux sont témoin de l’ouverture de leurs parents, mais deux autres au contraire de leur fermeture. Si cinq répondantes témoignent d’une ouverture plus grande de leur milieu familial, leur trajectoire n’en a pourtant pas été affectée positivement. Plusieurs répondantes indiquent que les parents tiennent des propos dénigrants à l’égard de l’homosexualité masculine, mais occultent le lesbianisme :&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Mes parents, tu sais maintenant, je sais qu’elle était lesbienne, mais mes parents ne me l’avaient pas dit. C’était juste: «ah! elle vit avec une femme, ah! c’est son amie, ce n’est pas un vrai couple». (Pauline, 22 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Homosexualité masculine et féminine font ainsi l’objet d’un traitement différencié qui aboutit cependant à un résultat similaire: la disqualification sociale. La différence significative qui apparaît ici dans le traitement respectif de l’homosexualité masculine et féminine est que seule la sexualité des hommes n’est pas niée. Or pour Rich, l’occultation de la possibilité lesbienne est un des moyens de contrainte utilisés pour reproduire le pouvoir masculin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’invisibilisation institutionnelle de l’homosexualité qui prévaut dans les écoles secondaires du Québec participe à renforcer la position dominante de l’hétérosexualité. Cette invisibilisation concourt au réseau des contraintes à l’hétérosexualité qui ont marqué la trajectoire des répondantes. Le statut accordé à l’homosexualité dans l’environnement scolaire constitue un obstacle à la formation de l’identité sexuelle lesbienne. Celle-ci n’est généralement pas nommée et ne bénéficie pas d’un traitement équivalent à l’hétérosexualité dans l’environnement social évoqué par les répondantes. Le statut de l’homosexualité y apparaît conforme à la logique hétérosexiste, soit une sexualité inférieure à l’hétérosexualité, et qui ne va toujours pas de soi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les relations entre pairs: espace clé de la socialisation à l’hétérosexualité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien qu’une des prémisses de base des études sur les adolescents-es soit que l’école constitue un lieu d’apprentissage essentiel de l’autonomie sociale, les analyses montrent que les réseaux sociaux y sont particulièrement opprimants au sens où les individus voient presque toutes les dimensions de leur existence et de leur personnalité soumises au jugement de leurs pairs. Certaines études appuient l’hypothèse selon laquelle l’école est le lieu par excellence où les filles apprennent à céder aux normes et aux rapports de pouvoir propres à l’ordre (hétéro)patriarcal. Selon Youdell (2005), les recherches portant sur les filles et l’école ont véritablement commencé à se développer dans les années 1980, se penchant pour la plupart sur la reproduction des rôles de sexe, qui assure la reproduction des inégalités entre les sexes. Ces travaux ont notamment montré non seulement que le système scolaire renforce les rôles sociaux de sexe, mais également que ces rôles y sont plus rigides qu’ils ne le sont de manière générale dans la société (Delamont, 1989).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’organisation des relations dans un établissement scolaire secondaire présente des conditions qui offrent à un groupe d’élèves spécifique la possibilité d’exercer un contrôle sur les comportements de l’ensemble des élèves. En effet, les groupes d’adolescentes et d’adolescents sont positionnés selon une hiérarchie propre aux écoles secondaires. Les données montrent que la logique qui préside au classement des différents groupes d’élèves est la suivante : les groupes d’élèves dits «populaires» occupent une position privilégiée, parfois enviée ou contestée par celles et ceux qui en sont exclus-es. Cependant, c’est essentiellement le fait de faire partie ou d’être exclu des groupes d’élèves populaires qui semble constituer le marqueur du statut social des élèves.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’organisation de ces groupes obéit également à une logique sexuée, les filles formant des groupes de leur côté, les garçons du leur. Seules deux répondantes mentionnent avoir fait partie des groupes de filles populaires. Au sein de ces groupes, la culture de la féminité est omniprésente. Cette culture exclut par définition toute sexualité autre que l’hétérosexualité. En concentrant les intérêts des femmes et des filles autour de la romance hétérosexuelle, elle joue un rôle majeur dans la reproduction du contrôle social de la sexualité des femmes (Lebreton, 2008). Les filles populaires apparaissent comme des modèles à suivre, et semblent représenter un idéal à atteindre, conforme au modèle véhiculé par la culture de la féminité. À ce titre, elles sont enviées par beaucoup d’adolescentes: «C’était des filles que tout le monde voulait être, qu’on disait vouloir être, c’était celles-là.» &amp;nbsp;(Jennifer, 23 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour décrire les filles populaires, les propos des répondantes articulent deux thèmes : l’adhésion à la féminité et l’investissement dans la séduction et la romance hétérosexuelle. L’expression d’une maturité et d’une disponibilité sexuelles orientées vers les garçons leur apparaît centrale dans le statut de fille populaire:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;C’était toutes les plus poupounes, les filles qui se montraient le plus aussi, qui étaient plus hypersexualisées, je dirais, dans leur manière de le montrer, pas nécessairement dans leurs… Bien dans les vêtements, dans le style, pas nécessairement dans la vraie vie, pas nécessairement les filles qui ont fait le plus d’expériences le plus jeunes, mais celles qui avaient l’air. Celles qui s’habillaient un peu plus «&lt;em&gt;slut&lt;/em&gt;» qu’on peut dire. Tu sais, qui avaient les jupes les plus courtes, qui avaient le style, tu sais, qui en montraient plus, qui se donnaient un air… (Deborah, 20 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les filles populaires semblent correspondre aux différentes caractéristiques qui déterminent l’idéal de la féminité, idéal blanc et de classe moyenne: beauté physique, vêtements féminins à la mode, mais pas trop provocants, apparence et comportements jugés séduisants par les garçons. L’intelligence pourrait même, selon quelques-unes des répondantes, constituer un désavantage pour une fille souhaitant accéder au statut de fille populaire. Selon ces répondantes, les filles populaires sont attentives à ne pas faire d’ombre aux garçons populaires, mais plutôt à leur plaire, quitte à rire de plaisanteries dénuées d’humour. Même si les perceptions des jeunes lesbiennes peuvent être influencées par leur position extérieure aux groupes d’élèves populaires, l’intégration sociale des filles semble toujours facilitée par leur adhésion aux exigences normatives de la féminité. Les filles populaires constituent l’idéal normatif auquel les jeunes femmes interrogées se réfèrent, sur des modes qui peuvent inclure l’admiration et l’envie sans exclure la distance critique, voire une certaine forme de rejet.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le terme «populaire» est révélateur des dynamiques reliées au pouvoir dans le milieu scolaire. La popularité fonctionne comme marqueur du statut social des adolescents-es. Une forte popularité dote ceux et celles qui en bénéficient du statut social le plus élevé dans la hiérarchie des individus. La popularité est fonction de plusieurs caractéristiques. En ce qui concerne les filles, la capacité de séduire des garçons est au fondement du statut de fille populaire. Cette capacité de séduction se traduit par le fait d’être à la mode, belle, d’apparence soignée et féminine. La popularité est accessible aux filles qui font la preuve d’une facilité de contact avec les garçons, sur le mode exclusif de la romance hétérosexuelle (flirt ou relation sérieuse):&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Il y en avait des miss populaires qu’on les appelait [rire]. Il y avait 4-5 filles qui étaient plus populaires, elles se tenaient toujours avec des gars, puis elles se tenaient avec les beaux gars de l’école. (Olivia, 22 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La culture de la féminité apparaît comme un moyen d’assurer le «contrôle des consciences» (Rich, 1981) des filles et des femmes, et de les conduire à oublier leurs propres besoins et intérêts pour détourner leurs préoccupations vers les hommes. Parvenir à obtenir l’intérêt de ces derniers constitue un marqueur important pour les adolescentes. Les aptitudes reliées à la séduction sont réputées attester de la maturité des filles, caractéristique importante pour qui souhaite accéder au statut de fille populaire. La maturité, telle que perçue par les adolescentes, est en effet étroitement liée à la démonstration de la capacité à entrer en relation avec les garçons sur le mode des relations sexuelles. La sexualité est donc non seulement centrale dans le développement identitaire des filles, mais elle est également au cœur de la distribution des statuts parmi les filles, dans la hiérarchie des écoles secondaires.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus généralement, la popularité, qu’elle concerne les filles ou les garçons, se révèle être une norme hétérosexiste et genrée, de telle sorte que les adolescentes ouvertement lesbiennes ne peuvent que se situer à la marge de la structure sociale des écoles secondaires (Payne, 2007). Les répondantes ont témoigné à la fois de l’invisibilité du lesbianisme et du dénigrement de l’homosexualité qui a cours dans les établissements scolaires secondaires. Plusieurs d’entre elles ont dit craindre que leurs pairs mettent en doute leur orientation sexuelle. En plus de participer à la mise en œuvre de stratégies de déni de la part des répondantes, ces inquiétudes traduisent également la conscience plus ou moins claire qu’être identifiée comme lesbienne entraîne le risque d’être exclue ou rejetée dans l’environnement scolaire. Ainsi, deux d’entre elles soulignent avoir préféré prendre leurs distances vis-à-vis d’une élève étiquetée comme lesbienne, afin de ne pas courir le risque de voir leur orientation sexuelle mise en doute par association.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ailleurs, les récits des jeunes femmes interrogées montrent que le statut de filles et de garçons populaires donne à ceux et celles qui le détiennent un pouvoir susceptible de s’exercer à l’encontre des autres filles. Les élèves populaires peuvent exercer un contrôle et des sanctions à l’égard des autres filles pour qu’elles se conforment à la féminité normative. C’est le plus souvent lors de la formulation d’une critique ou d’une anecdote que les répondantes ont abordé le rôle joué par les filles et garçons populaires dans l’imposition des attentes normatives reliées aux catégories de sexe. Quelques répondantes ont mentionné avoir subi le «rejet» de la part de leurs pairs, ou avoir connu des élèves qui l’avaient subi au cours de leurs études secondaires. Elles ont, pour la plupart, rapporté que les agressions étaient le plus souvent le fait d’élèves populaires, garçons ou filles, et que le rejet était fréquemment occasionné par une apparence physique dérogeant aux exigences normatives auxquelles les filles sont assignées:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Disons que je n’étais pas non plus dans les plus populaires en secondaire un et deux. Fait qu’ils me trouvaient toujours une insulte, tu sais, les plus hots entre guillemets, ceux qui sont les plus populaires. Tu vas passer dans les corridors, puis aujourd’hui ça lui tente de te lâcher un commentaire, il va te lâcher un commentaire, sur ce qui est physique souvent. (Ariane, 24 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les remarques désobligeantes peuvent concerner le corps, notamment le surpoids, et les choix vestimentaires. Ainsi, une répondante rapporte qu’elle a été amenée à modifier son style vestimentaire plutôt «masculin» (vêtements de type T-shirts, cotons ouatés, pantalons larges, absence de maquillage, etc.), afin de ne pas subir de nouveau des remarques dénigrantes ou recevoir l’étiquette de «lesbienne» de la part des filles populaires. En raison de la position privilégiée qu’ils occupent, les groupes d’élèves populaires peuvent exercer une régulation normative contraignante à l’endroit des autres élèves.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’adhésion à la culture de la féminité et l’engagement dans la romance hétérosexuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’idéal féminin personnifié par les filles populaires reflète la mise en valeur réussie du corps (beauté, vêtements, techniques d’embellissement physique) qui permet d’obtenir une reconnaissance de la part des garçons. L’embellissement physique et la romance hétérosexuelle sont par conséquent deux termes liés: pour les filles, le premier est nécessaire au second. Au sein des groupes de filles, les intérêts se concentrent alors principalement autour de ces deux termes. Tandis que l’embellissement physique est actualisé par le partage de rituels de féminité comme le magasinage ou les soirées de filles passées à se maquiller, la romance hétérosexuelle et les intérêts pour les garçons occupent pour leur part une place très importante dans les conversations entre filles. Les répondantes indiquent que ces conversations impliquent beaucoup de «potinage» autour des relations amoureuses se déroulant entre élèves plus ou moins proches de leur cercle d’amies, ou impliquant certaines d’entre elles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De façon générale, les répondantes adhèrent à ces exigences, selon des configurations variables cependant. Ainsi, il est possible d’apprécier les vêtements féminins, mais de ne pas avoir d’intérêt pour le maquillage ou les bijoux. Plus fondamentalement, les propos des répondantes illustrent que l’adoption de vêtements, comportements ou activités est rarement réfléchie en dehors des attentes normatives de genre. Les répondantes évoquent plusieurs motifs permettant d’expliquer leur adhésion: le plaisir qu’elles prennent dans les activités et rituels reliés à l’embellissement physique et dans des activités considérées comme féminines; l’approbation sociale, de la part des pairs et de la famille; le succès rencontré auprès des garçons, etc. Les propos des jeunes femmes interrogées indiquent de plus que ces éléments concourent à une intégration positive des adolescentes dans leur milieu scolaire, voire dans leur famille.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les groupes d’amies apparaissent jouer un rôle crucial dans le contrôle des filles sur les différents aspects reliés à la sexualité et, pour ce qui m’occupe, dans l’imposition de l’hétérosexualité normative. Ce contrôle s’exerce sur l’apparence et les comportements de manière à ce que ceux-ci soient en adéquation avec la féminité normative. Les groupes d’amies sont des lieux où se développe et s’actualise la culture de la féminité, qui concentre les intérêts des filles autour de la romance hétérosexuelle. De nombreuses conversations tournent autour de l’importance accordée au fait d’avoir un chum. La mise en couple apparaît être une exigence normative forte à l’adolescence, à laquelle les deux tiers des répondantes se sont conformées.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon analyse a permis de dégager deux éléments importants à l’œuvre dans ces engagements : leur initiation par les garçons et l’influence de la dynamique des rapports sociaux de sexe. Les analyses indiquent que les raisons qui ont motivé une réponse positive à des avances reçues d’un garçon relèvent de la pression à l’engagement hétérosexuel qui anime les groupes d’adolescentes. L’idéologie romantique et la poursuite d’un objectif de mise en couple sont très présentes dans ces groupes, à tel point qu’elles supplantent les intérêts et les désirs des filles. L’engagement de leurs amies dans des relations hétérosexuelles joue également un rôle. En effet, les amies en relation limitent leurs activités entre filles et ont tendance à avoir des activités sociales avec leur petit ami. Les filles qui n’ont pas de petit ami éprouvent alors un sentiment d’isolement, découlant du fait qu’elles ne prennent plus part à certaines activités. Plusieurs des jeunes femmes interrogées relatent s’être trouvées dans de telles situations et se sont engagées dans une relation hétérosexuelle de façon à mettre fin à ce sentiment d’isolement et être en mesure de partager des activités avec leurs amies.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Toutefois, quelques jeunes femmes parmi les interviewées rapportent avoir gardé une distance à l’égard de la romance hétérosexuelle. Les principales raisons avancées par les répondantes pour ne pas s’engager dans des relations «amoureuses» au secondaire relèvent de la dimension du développement personnel et social, souvent associé à l’investissement dans la réussite scolaire. Elles soulignent ainsi qu’elles étaient très occupées, participant à des activités parascolaires sportives, culturelles et, pour certaines, des activités d’engagement social par le biais du bénévolat. Ces répondantes n’expriment pas un désintérêt pour les relations amoureuses hétérosexuelles en soi, mais plutôt pour ces relations lorsqu’elles prennent place au secondaire, car elles ne les estiment pas suffisamment sérieuses:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;On voyait d’autres personnes obsédées par : se trouver un chum, se trouver une blonde, c’est important. Et puis les peines d’amour à plus finir avec des relations qui durent deux semaines. Tu sais, on en a vu autour de nous. Mais nous, je pense qu’on était un peu à l’extérieur de ça, on regardait ça et on trouvait ça très drôle. Je crois qu’on avait cette idée que c’était un peu trop tôt pour se lancer dans une relation sérieuse de toute façon, ça va mener à rien, donc ça sert à rien de perdre du temps avec ça pour le moment. (Emma, 21 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Leur non-engagement dans la romance hétérosexuelle ne peut donc pas être lu comme une absence d’intérêt à l’égard de celle-ci. Au contraire, l’idée d’engagement durable et de permanence des sentiments est un élément crucial de l’idéologie de la romance hétérosexuelle servie aux filles (Lebreton, 2008), et c’est cet élément qui, du fait de son absence, motive le non-engagement de ces répondantes dans les relations amoureuses hétérosexuelles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’engagement dans les relations hétérosexuelles semble accorder un certain prestige aux adolescentes. Ce résultat est cohérent avec l’analyse des facteurs qui favorisent l’accès à la popularité pour les filles. Parmi les caractéristiques centrales du statut populaire des filles figurent le succès rencontré auprès des garçons et la capacité à s’engager dans les relations hétérosexuelles. Ces aptitudes contribuent à la perception positive des filles par les pairs:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;C’est sûr que ça paraît bien dans le sens… tu sais, ça paraît bien, t’as un chum, tu sais, comme c’est plus les&lt;em&gt; cool &lt;/em&gt;qui avaient des chums. (Annie, 20 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le succès auprès des garçons se manifeste notamment par le fait d’être sollicitée par ceux-ci dans le contexte d’une relation «amoureuse». La plupart des jeunes femmes soulignent que le fait d’être choisie a joué dans leur décision de s’engager dans une relation hétérosexuelle. Dans quelques cas, le statut élevé du garçon, généralement plus âgé que la répondante, semble avoir placé les jeunes femmes dans l’impossibilité de refuser les avances:&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;C’était dans une danse. C’était un garçon beaucoup plus âgé, il avait 18 ans et moi 14. C’était un gars très populaire et très beau, je me sentais obligée de sortir avec lui parce qu’aucune fille ne refuserait de sortir avec lui. Donc je me sentais un peu pognée, je me disais: «je n’ai pas le choix, sinon je pourrais passer pour une lesbienne». (Amélie, 24 ans)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On voit plus précisément dans ce cas le rôle joué par l’hétérosexisme dans la décision de cette jeune femme de s’engager dans une relation hétérosexuelle. L’engagement des jeunes femmes de cette étude dans la romance hétérosexuelle et souvent dans la sexualité hétérosexuelle résulte de la contrainte à l’hétérosexualité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les résultats présentés montrent que le milieu socioculturel dans lequel les jeunes lesbiennes évoluent est hostile à la formation d’une identité sexuelle lesbienne: invisibilité et dénigrement du lesbianisme; prédominance d’une culture de la féminité centrée sur l’adhésion aux exigences normatives de la féminité et la romance hétérosexuelle; injonction à l’engagement dans la romance hétérosexuelle. Ces données illustrent le rapport que la construction sociale de l’identité des femmes, en tant que femmes, entretient avec la sexualité. Plutôt qu’un stade développemental, l’adolescence constitue un moment crucial de la construction identitaire des filles, un moment clé où la consolidation de l’identité de sexe/genre est étroitement reliée à la socialisation à l’hétérosexualité.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En effet, les relations entre pairs sont centrées sur la romance hétérosexuelle et constituent des espaces de construction des identités de sexe/genre. Autrement dit, la socialisation à l’hétérosexualité s’y trouve actualisée de façon importante. Ces résultats appuient la thèse de Rich, selon laquelle les contraintes à l’hétérosexualité «conduisent à la conviction chez les femmes que le mariage et l’orientation sexuelle vers les hommes sont des composantes inévitables de leur existence» (1981: 23). Cette thèse est tout aussi valable pour les adolescentes que pour les femmes adultes. Il faut toutefois souligner que la plupart des répondantes rapportent que cette conviction est déjà ancrée alors qu’elles entrent tout juste dans l’adolescence. La socialisation qui a lieu dans les relations entre pairs renforce l’obligation d’adhérer aux exigences normatives de la féminité, lesquelles sont liées à l’impératif de s’engager dans la romance hétérosexuelle.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il ressort des analyses que la contrainte à l’hétérosexualité agit simultanément en imposant et en interdisant. D’une part, au moyen de la socialisation, elle impose l’idée que l’hétérosexualité est le destin naturel des femmes afin que les filles se conforment aux exigences normatives de la féminité. D’autre part et dans le même mouvement, elle interdit l’exploration d’autres identités sexuelles en déclarant déviantes ou «anormales» les femmes qui expérimentent des sentiments ou des désirs invalidant l’idée de destin hétérosexuel naturel. Ce processus d’interdiction constitue à son tour un élément structurant des expériences relatées par les répondantes et permet d’expliquer les sentiments négatifs qui ont marqué la formation de leur identité sexuelle (Lebreton, 2014).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En examinant les modalités contemporaines de l’apprentissage de la sexualité par les adolescentes, dans une perspective critique à l’endroit des représentations et des pratiques dominantes, ces données illustrent le rôle structurant des rapports sociaux de sexe dans l’engagement des filles dans la romance hétérosexuelle. Il serait intéressant d’examiner la formation de l’identité sexuelle des filles hétérosexuelles à partir d’une perspective féministe matérialiste qui considère, comme dans cette recherche, que cette identité n’est pas donnée, mais construite et nécessaire à la reproduction des rapports sociaux de sexe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DELAMONT, Sara. 1989. &lt;em&gt;Knowledgeable Women: Structuralism and the Reproduction of Elites&lt;/em&gt;. Londres: Routledge.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DESCARRIES, Francine. 2006. &lt;em&gt;Vade-mecum pour mieux s’y comprendre dans l’univers des représentations sociales du féminin et du masculin et des stéréotypes sexuels&lt;/em&gt;. Document rédigé à l’occasion de la formation collective «Les stéréotypes sexuels et sexistes: hier et aujourd’hui». Québec: Conseil du statut de la femme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GUILLAUMIN, Colette. 1978. «Pratique du pouvoir et idée de Nature: 1. L’appropriation des femmes», &lt;em&gt;Questions féministes&lt;/em&gt;, 2, p. 5-30.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;HALBWACHS, Maurice. 1994.&lt;em&gt; Les cadres sociaux de la mémoire&lt;/em&gt;. Paris: Albin Michel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;KAUFMAN, Jean-Claude. 1996. &lt;em&gt;L’entretien compréhensif&lt;/em&gt;. Paris: Armand Colin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;LEBRETON, Christelle. 2014. &lt;em&gt;Rapports sociaux de sexe et sexualité dans le québec contemporain: les trajectoires adolescentes lesbiennes&lt;/em&gt;, Thèse de doctorat. Montréal: Université du Québec à Montréal.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;______. 2008. &lt;em&gt;Analyse sociologique de la presse québécoise pour adolescentes (2005/2006): entre hypersexualisation et consommation. &lt;/em&gt;Maîtrise en sociologie. Montréal: Université du Québec à Montréal.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PAYNE, Elizabeth C. 2007. «Heterosexism, Perfection, and Popularity: Young Lesbians&#039; Experiences of the High School Social Scene». &lt;em&gt;Educational Studies: Journal of the American Educational Studies Association&lt;/em&gt;, vol. 41, no 1, p. 60-79.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RICH, Adrienne. 1981. «La contrainte à l’hétérosexualité et l’existence lesbienne». trad. de l’anglais par Christine Delphy et Emmanuèle de Lesseps, &lt;em&gt;Nouvelles Questions Féministes&lt;/em&gt;, 1, p. 15-43.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;WITTIG, Monique. 1980. «La pensée straight», &lt;em&gt;Questions féministes&lt;/em&gt;, 7, p. 45-53.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;YOUDELL, Deborah 2005. «Sex-Gender-Sexuality: How Sex, Gender and Sexuality Constellations Are Constituted in Secondary Schools», &lt;em&gt;Gender and Education&lt;/em&gt;, vol. 17, no 3, p. 249-270.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ZAIDMAN, Claude. 2000. «Éducation et socialisation», in &lt;em&gt;Dictionnaire critique du féminisme&lt;/em&gt;, sous la dir. de Helena HIRATA, Françoise LABORIE, Hélène LE DOARÉ et Danièle SENOTIER, Paris, Presses Universitaires de France, p. 51-52.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_1655zjp&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_1655zjp&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Organisme qui propose des interventions sous forme d’ateliers permettant de démystifier l’homosexualité en milieu scolaire au Québec.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_3cgh3cx&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_3cgh3cx&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Cours de Formation personnelle et sociale, dans lequel était abordée l’éducation sexuelle.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Type de publication: &lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Teaser: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Le présent article est consacré au milieu scolaire, qui constitue un espace de socialisation significatif dans la formation identitaire des jeunes. La plus grande partie de l’adolescence coïncide avec les années d’éducation de niveau secondaire. Le contenu scolaire et, plus fondamentalement, les relations entre pairs sont autant d’occasions d’actualiser les attentes normatives reliées au genre et à la sexualité. Mes analyses rompent avec le modèle psychosocial de développement identitaire, généralement mobilisé pour rendre compte de la formation de l’identité homosexuelle.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-name-field-citation-ref field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=7004&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Lebreton, Christelle&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2016. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/pour-une-approche-materialiste-de-lidentite-sexuelle-la-formation-identitaire-des&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Pour une approche matérialiste de l&#039;identité sexuelle: la formation identitaire des adolescentes lesbiennes québécoises&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/articles/pour-une-approche-materialiste-de-lidentite-sexuelle-la-formation-identitaire-des&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/pour-une-approche-materialiste-de-lidentite-sexuelle-la-formation-identitaire-des&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023. Publication originale : (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Féminismes et luttes contre l&#039;homophobie: de l&#039;apprentissage à la subversion des codes&lt;/span&gt;. 2016. Montréal : Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Pour+une+approche+mat%C3%A9rialiste+de+l%26%23039%3Bidentit%C3%A9+sexuelle%3A+la+formation+identitaire+des+adolescentes+lesbiennes+qu%C3%A9b%C3%A9coises&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-47-5&amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Lebreton&amp;amp;rft.aufirst=Christelle&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-authors&amp;quot; &amp;gt;Lebreton, Christelle&amp;lt;/span&amp;gt;. 2016. « &amp;lt;span class=&amp;quot;biblio-title&amp;quot; &amp;gt;Pour une approche matérialiste de l&amp;#039;identité sexuelle: la formation identitaire des adolescentes lesbiennes québécoises&amp;lt;/span&amp;gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;amp;lt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/pour-une-approche-materialiste-de-lidentite-sexuelle-la-formation-identitaire-des&amp;amp;gt;.  Publication originale : (&amp;lt;span  style=&amp;quot;font-style: italic;&amp;quot;&amp;gt;Féminismes et luttes contre l&amp;#039;homophobie: de l&amp;#039;apprentissage à la subversion des codes&amp;lt;/span&amp;gt;. 2016. Montréal : Institut de recherches et d&amp;#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&amp;#039;IREF).&amp;lt;span class=&amp;quot;Z3988&amp;quot; title=&amp;quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;amp;rft.title=Pour+une+approche+mat%C3%A9rialiste+de+l%26%23039%3Bidentit%C3%A9+sexuelle%3A+la+formation+identitaire+des+adolescentes+lesbiennes+qu%C3%A9b%C3%A9coises&amp;amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-47-5&amp;amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;amp;rft.aulast=Lebreton&amp;amp;amp;rft.aufirst=Christelle&amp;amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Fri, 25 Mar 2022 14:44:21 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>Présentation: Féminismes et luttes contre l&#039;homophobie</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/articles/presentation-feminismes-et-luttes-contre-lhomophobie</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;En 1903, à Berlin, Anna Rueling appelait le mouvement homosexuel et le mouvement des femmes à s’entraider puisque tous deux luttaient pour la liberté et l’autodétermination individuelle. Plus d’un siècle plus tard, quelles convergences peut-on observer entre féminismes et luttes contre l’homophobie? Sur le plan de la pensée, quels rapprochements contemporains peut-on établir entre le champ des études féministes et celui de la diversité sexuelle et de genre? Comment s’articule l’intersection entre ces deux systèmes de différenciation hiérarchique que sont le sexisme et l’hétérosexisme ? Quels théories et concepts y circulent de manière transversale, et avec quelles redéfinitions?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces questions ont guidé l’organisation du colloque «Féminismes et luttes contre l’homophobie: zones de convergence» tenu dans le cadre du congrès de l’ACFAS 2014 à l’Université Concordia, Montréal, le 16 mai 2014.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La réflexion a aussi tenu compte du concept central de genre, défini tantôt comme système de domination des hommes sur les femmes, tantôt comme identité ou expression de soi. Nous souhaitions également donner une tribune pour présenter des études empiriques montrant l’imbrication des processus de (re)production des normes de genre et de celles établissant la supériorité de l’hétérosexualité, de même que nous voulions savoir comment les luttes féministes pour déconstruire les stéréotypes de genre et les interventions contre l’homophobie s’arriment, ou non, sur le terrain. D’autres questions nous menaient à ce thème: assiste-t-on à une vague féministe qui intègre la diversité sexuelle? La réciproque existe-t-elle du côté de la militance anti-homophobie (ou anti-LGBT-phobies)? Sur le plan historique et sur celui des luttes, la lesbophobie présente dans la société et dans les groupes de femmes constitue-t-elle une donnée incontournable ou un ressort important de réflexion? On n’a qu’à penser à l’imaginaire lesbophobe nourrissant les idées reçues sur les féministes comme leur décalage d’avec les normes esthétiques dominantes, leur comportement masculin, ou la violence «virile» de leurs protestations. Le colloque voulait stimuler les échanges autour de ces questions.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout en se constituant le plus souvent comme des champs spécifiques de recherche dans les cadres universitaires institutionnels, les études féministes et les études sur la diversité sexuelle et de genre se sont mutuellement alimentées sur le plan théorique. Alors que le dialogue entre les deux n’a pas toujours été exempt de tension, on voit aujourd’hui émerger des préoccupations communes. Ainsi d’un côté, la réflexion sur l’entrecroisement des systèmes d’oppression et des luttes contre les diverses discriminations sociales occupe une place centrale dans les théories féministes contemporaines. De l’autre, le domaine des études gaies s’est élargi pour englober la diversité des orientations sexuelles (gai, lesbienne, bisexuel-le, dénominations auxquelles s’ajoutent désormais de nouvelles identités telles que pansexuel-le ou asexuel-le) et la pluralité des genres (transexuel-le, transgenre, &lt;em&gt;genderqueer&lt;/em&gt;, etc.) —une transformation que résume bien sa désignation anglaise de &lt;em&gt;queer studies&lt;/em&gt;. Dans les deux cas, on assiste à une pluralisation du sujet et à sa complexification par la prise en compte des rapports sociaux autres que ceux définissant chacun des deux champs à l’origine (sexe/genre et sexualité). Les emprunts conceptuels sont de plus en plus nombreux, ce qui occasionne également des déplacements et glissements sémantiques. Des rapprochements sont observables aussi sur le terrain des luttes sociales. Des alliances se sont nouées autour de certains enjeux (p. ex. la défense de droits comme l’accès au mariage pour tous) et de certains terrains d’intervention (p. ex. à l’école ou en milieu de travail, où la non-conformité aux normes de genre est source de stigmatisation et de discrimination). De plus, certaines formes d’activisme des nouvelles générations militantes incarnent une volonté de lier ces luttes dans les mobilisations collectives, plutôt que de prioriser l’une aux dépens de l’autre. Bref, ces convergences théoriques et politiques méritent une attention particulière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La haine à deux têtes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour l’historienne Christine Bard, une convergence majeure entre féminisme et mouvement LGBT est celle d’avoir un ennemi commun: des adversaires qui se révèlent à la fois anti-féministes et lesbophobes/homophobes. Avant d’en décliner des exemples, Bard s’attarde sur les mots —anti-féminisme, lesbophobie, homophobie— pour en explorer les spécificités, mieux discerner leurs effets propres et conjugués lorsque l’un est instrumentalisé au service de l’autre. Ainsi en va-t-il du discours lesbophobe servant à dénigrer le féminisme et de la lesbophobie antiféministe! L’exercice prévient les raccourcis, les biais, les omissions qui pourraient découler d’une assimilation trop rapide d’un terme à l’autre: les combats (politiques, culturels) ne peuvent pas être confondus, les rapprochements se font sur la base d’alliances toujours potentiellement conflictuelles, tant au sein des mouvements de lutte qu’entre eux. L’analyse historique doit donc les positionner les uns à l’égard des autres, autant dans leurs solidarités que dans leurs oppositions ou leur ignorance réciproque, ainsi que dans l’hostilité qu’ils déclenchent et qui mutualise parfois leurs résistances en tant que cible des mêmes adversaires. Bard poursuit en relatant des illustrations de cette «haine à deux têtes» depuis la fin du XIXe siècle, tout en les contextualisant dans le cadre des luttes historiques en France, à travers les différentes vagues féministes, jusqu’à la récente opposition au «mariage pour tous», qui cristallise une virulente campagne anti-féministe et lgbt-phobe contre la soi-disant théorie du genre. Enfin, Bard décortique la rhétorique de ce discours de haine pour en relever les constantes ainsi que les convergences antiféministes et lesbophobes/homophobes: disqualification des militants-es, dénigrement des moyens d’action, accusation de communautarisme, allégation de prosélytisme auprès des enfants, reproche d’attiser la guerre des sexes et de dénaturaliser la complémentarité hommes-femmes, au risque de ruiner l’ordre social… sans compter l’injection de racisme et de xénophobie. S’il importe de considérer sérieusement ces discours de haine et la façon dont ils s’attisent mutuellement, le fait d’avoir un ennemi commun ne suffit pas pour fonder les alliances, conclut Bard, s’il n’y a pas aussi reconnaissance des différences qui sont sources potentielles de division à l’intérieur de et entre les mouvements féministes et LGBT.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À la suite du texte de Christine Bard, présenté à l’origine comme conférence d’ouverture au colloque, les contributions ont été regroupées autour de trois thèmes qui sont autant de sections: Apprentissage des codes et socialisation; Une solidarité à l’épreuve de la place publique; Subversion des codes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apprentissage des codes et socialisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La première section regroupe trois textes qui, chacun à leur manière, mettent en lumière le renforcement mutuel des normes de genre et de celles concernant la sexualité, apprises et intériorisées lors des processus de socialisation.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Janik Bastien Charlebois interroge la portée des épithètes péjoratives —telles que «gai», «tapette»— adressées aux garçons et aux hommes dont les comportements dérogent aux normes de la masculinité. À partir de ses propres travaux empiriques auprès de garçons adolescents, elle constate que ces termes sont sémantiquement associés à la faiblesse, aux comportements féminins, aux hommes gais et à la stupidité, et que leur usage social concourt à l’affirmation de la supériorité masculine, aux dépens des femmes et des hommes non hétérosexuels. L’auteure se livre également à une critique rigoureuse des thèses qui analysent les échanges de telles insultes entre pairs adolescents comme de simples mécanismes régulateurs du genre participant à la construction d’une masculinité normative, tout en niant ou en sous-estimant leurs implications homophobes et sexistes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les réflexions d’Amélie Charbonneau et Olivier Vallerand sur les pratiques d’intervention du GRIS-Montréal corroborent l’impossibilité concrète de délier expression de genre et homosexualité. S’appuyant à la fois sur les réactions des jeunes et des enseignants-es lors de témoignages livrés par des gais, lesbiennes, et bisexuels-les de tous âges devant des classes et sur une étude menée par l’organisme, les auteurs-es observent l’étroite imbrication des représentations du genre et de l’homosexualité: parmi les stéréotypes auxquels sont confrontés les intervenants-es, ceux qui assimilent l’homosexualité à une «inversion de genre» ressortent comme les plus fréquents chez les jeunes rencontrés, les plus tenaces et les plus déterminants sur le plan des attitudes homonégatives. D’où le défi de contrer les préjugés homophobes et rendre l’homosexualité plus acceptable sans pour autant renforcer les constructions normatives et sexistes du genre en projetant l’image rassurante d’un gai masculin, d’une lesbienne féminine, à l’exclusion de toute autre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Christelle Lebreton s’intéresse à la formation identitaire des adolescentes lesbiennes à partir d’une perspective théorique articulant féminisme matérialiste et socialisation différentielle des sexes. L’occultation de l’homosexualité en milieu scolaire, et plus encore celle du lesbianisme, ainsi que les différentes formes de victimisation des filles qui ne se plient pas aux attentes normatives font partie du réseau de contraintes à l’hétérosexualité qui pèsent sur ces adolescentes. Mais la socialisation n’est pas qu’un processus coercitif. La pression hétéronormative qui complique, voire entrave, le processus identitaire des jeunes lesbiennes, résulte également de la socialisation aux exigences normatives de la féminité à travers les relations avec les pairs. L’apprentissage d’une culture de la féminité centrée sur la séduction des garçons et l’impératif de s’engager dans la romance hétérosexuelle font apparaître l’hétérosexualité comme seul modèle d’identification et principale source de gratification sociale ou de popularité parmi les filles.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une solidarité à l’épreuve de la place publique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Contrairement à la précédente qui relevait des convergences, cette section met en relief les écarts, tensions et dissensions, passées et actuelles, au sein de et entre les champs féministes et LGBT/queer, sur les plans politique et théorique. Seul le premier texte fait exception.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;S’inspirant des théories féministes, notamment des travaux de Judith Butler sur la performativité du langage, Étienne Deshoulières propose une réflexion approfondie sur les dispositifs visant à pénaliser l’injure homophobe tout en respectant la liberté d’expression, et cela, dans le contexte de la législation française et européenne. Selon sa perspective, la répression des injures homophobes s’avère centrale dans la lutte contre l’homophobie, parce que celles-ci en constituent la manifestation la plus courante selon les rapports de l’organisme français SOS-Homohobie et parce qu’elles réaffirment constamment l’infériorité de l’homosexualité. À ses yeux, ce combat est d’emblée féministe puisque cette forme de stigmatisation homophobe reproduit la classification et la hiérarchisation des traits masculins et féminins, et concourt ainsi à l’infériorisation des femmes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À partir de son ancrage comme thérapeute, activiste et chercheure, Rosine Horincq se montre peu optimiste quant aux possibilités de définir des zones de convergence entre luttes féministes et luttes LGBT/queer dans le contexte belge actuel. Elle identifie de nombreux obstacles à des alliances à l’intérieur de et entre ces deux mouvements: désaccords de fond sur des principes organisationnels, tels que la non-mixité hommes-femmes, ou autour des revendications politiques comme la gestation pour autrui; sexisme et domination masculine, y compris dans les groupes LGBT/queer; dilution des enjeux concernant les rapports sociaux de sexe et effacement de l’oppression des femmes lesbiennes et bi; négation de certains acquis du féminisme tels que la critique de l’institution du mariage. Au-delà du discours de convenance sur l’intersectionnalité, est-il possible d’articuler les luttes des unes et des autres? Le dialogue est-il même possible entre les approches queer et féministe? L’auteure en doute.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nathalie Ricard s’interroge elle aussi sur la solidarité envers les femmes «allosexuelles» (lesbiennes, bi, trans) qui cherchent refuge au Canada. S’appuyant sur une démarche ethnographique auprès d’organismes d’accueil des réfugiés-es LGBTQ, elle formule divers constats concernant les difficultés accrues pour ces femmes de quitter leur pays, en raison des charges familiales ou des exigences onéreuses des passeurs, de faire valoir leurs motifs de demande de refuge auprès des autorités canadiennes à cause d’une moins solide documentation concernant la répression du lesbianisme, par rapport à celle de l’homosexualité masculine, dans leurs pays d’origine. Pourtant, les femmes qu’elle a interviewées ont été exposées à diverses violences en tant qu’allosexuelles mais aussi en tant que femmes. Tout en jugeant l’approche intersectionnelle heuristique pour comprendre leur situation, Ricard constate une relative absence du féminisme, de la lesbophobie et de la biphobie dans les discours des réfugiés-es LGBTQ.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout en retraçant l’émergence des oppositions entre les courants queer et féministe radical aux États-Unis, notamment la division, au sein des mouvements féministe et lesbianiste féministe, entre les camps pro-sexe et anti-sexe dans les années 1980, Bruno Laprade plaide en faveur d’un rapprochement théorique qui se fonderait sur une approche matérialiste queer. Certes, les tensions autour de l’enjeu de la reconnaissance du «sujet politique légitime du féminisme» sont inévitables, comme le montre l’histoire des querelles des dernières décennies. Mais plutôt que de s’enliser dans des polarisations réductrices, une telle approche offrirait une voie et des outils pour surmonter les clivages épistémologiques et théoriques entre les perspectives matérialistes et post-modernes. Laprade en illustre la potentialité en se référant à des travaux récents sur la pornographie et sur le BDSM en France et aux États-Unis.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Subversion des codes&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les textes de cette dernière section se penchent sur des pratiques de création et de réception d’œuvres photographiques, graphiques et littéraires lesbiennes qui déstructurent et déstabilisent les représentations hétéropatriarcales.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment représenter visuellement la sexualité lesbienne dans une culture où le regard masculin (hétérosexuel et objectivant) est hégémonique? Doit-on se résigner à ne pas le faire pour éviter toute récupération potentielle, au risque de perpétuer l’occultation du lesbianisme ou de priver le sujet lesbien de sa dimension sexuelle? Sabrina Maiorano analyse finement deux œuvres photographiques, créées par les artistes lesbiennes Catherine Opie et Tejal Shah, qui représentent le désir lesbien tout en bousculant les schèmes de la féminité et de la sexualité hétéronormative. Par leur puissance visuelle, dont elle décortique les ressorts, par leur caractère extrême assumé, ces deux œuvres, conclut-elle, montrent la diversité au sein des cultures lesbiennes tout en contribuant significativement à l’histoire de l’art féministe et lesbien.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après avoir passé en revue les rares études sur les représentations médiatiques des lesbiennes dans les dernières décennies, Dominique Bourque en déduit que celles-ci sont tantôt rendues conformes aux canons de la féminité, délestées de tout signe repérable qui les démarqueraient des modèles féminins, «délesbianisées», tantôt masculinisées, et conséquemment, marginalisées et dotées d’un statut social inférieur, lorsqu’elles résistent aux normes du régime hétérosexuel. Bourque qualifie ces représentations de «lesbicides», plutôt que lesbophobes, puisqu’elles participent à l’oblitération des lesbiennes, au même titre que d’autres mécanismes symboliques et matériels tels l’occultation du lesbianisme et le viol punitif. Dans un second temps, Bourque présente trois œuvres graphiques dont le fil narratif, d’inspiration autobiographique, donne à voir les affronts que subissent les lesbiennes, mais également leurs ressources (présence d’autres lesbiennes) et leurs résistances individuelles et collectives.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans son plaidoyer pour un imaginaire lesbophile, Isabelle Boisclair, après s’être positionnée comme «littéraire, hétérosexuelle et alliée», soutient que la lecture d’œuvres lesbiennes et de récits avec des personnages lesbiens est indispensable pour secouer les schèmes hétéronormatifs. Reprenant le concept de De Lauretis, Boisclair assimile la littérature à une technologie du genre, tout comme le cinéma et les autres productions culturelles, ayant le pouvoir de relayer ou de transformer les modèles identitaires de genre. Qu’il s’agisse de se mettre dans la peau de personnages «hétérodoxes», pour s’en rapprocher et les désengager ainsi de leur altérité, ou de se mettre à l’écoute des écrivaines lesbiennes, pour s’exposer à un autre point de vue, la démarche décentre, secoue, dénoue les liens imposés entre sexe/genre/désir, renouvelle l’imaginaire et par là, la représentation des possibles.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les textes rassemblés dans ce cahier, offerts par des chercheurs-es émergents-es et d’expérience, issus de plusieurs disciplines, proposent de stimulantes réflexions sur les convergences et divergences entre luttes féministes et luttes contre l’homophobie, sans évidemment épuiser un si vaste questionnement. Ainsi, on n’y retrouve pas d’analyse empirique des rapprochements et tensions entre ces deux mouvements sociaux dans le contexte québécois contemporain, ni de discussions théoriques autour de concepts litigieux, tels celui de genre, dont les fondements épistémologiques se décalent selon que son usage s’insère dans une perspective féministe ou dans les revendications de droits individuels pour les personnes trans. Néanmoins, ces écrits ouvrent le dialogue et en réaffirment la possibilité, y compris lorsqu’ils nomment les hiatus entre ces deux champs. Nous espérons que la publication de ce cahier suscitera un désir de poursuivre cette conversation. &amp;nbsp;&lt;br&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Tout en se constituant le plus souvent comme des champs spécifiques de recherche dans les cadres universitaires institutionnels, les études féministes et les études sur la diversité sexuelle et de genre se sont mutuellement alimentées sur le plan théorique. Alors que le dialogue entre les deux n’a pas toujours été exempt de tension, on voit aujourd’hui émerger des préoccupations communes. Ainsi d’un côté, la réflexion sur l’entrecroisement des systèmes d’oppression et des luttes contre les diverses discriminations sociales occupe une place centrale dans les théories féministes contemporaines. De l’autre, le domaine des études gaies s’est élargi pour englober la diversité des orientations sexuelles (gai, lesbienne, bisexuel-le, dénominations auxquelles s’ajoutent désormais de nouvelles identités telles que pansexuel-le ou asexuel-le) et la pluralité des genres (transexuel-le, transgenre, genderqueer, etc.) —une transformation que résume bien sa désignation anglaise de queer studies.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=6999&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Chamberland, Line&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=6991&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Caroline  Désy&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2016. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/presentation-feminismes-et-luttes-contre-lhomophobie&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Présentation: Féminismes et luttes contre l&#039;homophobie&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/articles/presentation-feminismes-et-luttes-contre-lhomophobie&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/presentation-feminismes-et-luttes-contre-lhomophobie&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023. Publication originale : (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Féminismes et luttes contre l&#039;homophobie: de l&#039;apprentissage à la subversion des codes&lt;/span&gt;. 2016. Montréal : Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Pr%C3%A9sentation%3A+F%C3%A9minismes+et+luttes+contre+l%26%23039%3Bhomophobie&amp;amp;rft.isbn=978-2-922045-47-5&amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Chamberland&amp;amp;rft.aufirst=Line&amp;amp;rft.au=D%C3%A9sy%2C+Caroline&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Fri, 18 Mar 2022 15:48:39 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>Féminismes et luttes contre l&#039;homophobie: de l&#039;apprentissage à la subversion des codes</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/publications/feminismes-et-luttes-contre-lhomophobie-de-lapprentissage-a-la-subversion-des-codes</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-resume field-type-text-long field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;En 1903, à Berlin, Anna Rueling appelait le mouvement homosexuel et le mouvement des femmes à s’entraider puisque tous deux luttaient pour la liberté et l’autodétermination individuelle. Plus d’un siècle plus tard, quelles convergences peut-on observer entre féminismes et luttes contre l’homophobie? Sur le plan de la pensée, quels rapprochements contemporains peut-on établir entre le champ des études féministes et celui de la diversité sexuelle et de genre? Comment s’articule l’intersection entre ces deux systèmes de différenciation hiérarchique que sont le sexisme et l’hétérosexisme? Quels théories et concepts y circulent de manière transversale, et avec quelles redéfinitions? 

Ces questions ont guidé l’organisation du colloque «Féminismes et luttes contre l’homophobie: zones de convergence» tenu dans le cadre du congrès de l’ACFAS 2014 à l’Université Concordia, Montréal, le 16 mai 2014. &lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Fri, 18 Mar 2022 14:49:47 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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