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 <title>Observatoire de l&#039;imaginaire contemporain - biographie</title>
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 <title>Les filles de Marie de l&#039;Incarnation: l&#039;éducation au couvent telle qu&#039;évoquée dans les écrits personnels de jeunes filles et de femmes au Québec</title>
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Pour les premières éducatrices du Québec, les Ursulines, leurs élèves amérindiennes étaient «les délices de leur cœur»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_ken5ai1&quot; title=&quot;La première constitution des Ursulines de Québec, rédigée par Marie de l’Incarnation pour tenir compte des conditions du Nouveau-Monde et adoptée en 1647, permettait aux religieuses, malgré la règle du silence, de parler brièvement et de montrer de l’affection pour leurs élèves, «particulièrement envers les séminaristes sauvages qui doivent être les délices de leur cœur».&quot; href=&quot;#footnote1_ken5ai1&quot;&gt;1&lt;/a&gt; (Gourdeau, 1994: 43), de petites filles païennes à ramener dans les bras du Christ, à laver, à dorloter et à instruire avec une dévotion toute maternelle. Avec le temps, toutefois, les religieuses en sont venues d’abord à reconnaître les immenses différences culturelles qui bloquaient leur projet de faire des conversions massives, ensuite à réorienter leur mission vers l’éducation des filles des colons français. Dès 1653, Marie de l’Incarnation affirme l’importance du travail des Ursulines tant auprès des filles des colons que des Amérindiennes: «les âmes des uns et des autres ont également coûté au Fils de Dieu. Sans l’éducation que nous donnons aux filles Françaises qui sont un peu grandes, […] elles seraient des brutes pires que les Sauvages» (Marie de l’Incarnation, 1971: 507). Onze ans plus tard, écrivant à une amie ursuline en France, elle revient à l’idée de la méchanceté des filles françaises: «si Dieu n’eût amené des Ursulines en ce pays, elles seraient aussi sauvages, et peut-être plus que les sauvages mêmes. Il n’y en a pas une qui ne passe par nos mains, et cela réforme toute la colonie, et fait régner la religion et la piété dans toutes les familles» (Marie de l’Incarnation, 1971: 735). Toutefois, à la fin de sa vie, ce sont ses élèves amérindiennes qu’elle considère comme sa plus grande joie et source de satisfaction: «Ce sont les délices de nos cœurs qui nous font trouver dans nos petits travaux des douceurs que nous ne changerions pas à des Empires» (Marie de l’Incarnation, 1971: 903).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«Délices de nos cœurs» ou filles méchantes à dresser? Deux attitudes pédagogiques, l’une fondée sur l’affirmation de la valeur innée de l’élève, l’autre conçue comme une discipline à imposer à des récalcitrantes. Si le remplacement de la première de ces pédagogies par la deuxième s’explique surtout par des circonstances historiques (notamment la réduction dramatique de la population autochtone), il vaut la peine de noter qu’il coïncide également avec l’émergence du jansénisme en France au mitan du 17e siècle. Spiritualité négative et culpabilisante qui craint avant tout le corps et la sexualité («occasions de péché» toujours associées à la femme), le jansénisme fut une force majeure dans l’enseignement religieux au Canada français, atteignant sa plus grande influence entre 1860 et 1960. À preuve, l’autobiographie de Claire Martin, &lt;em&gt;Dans un gant de fer&lt;/em&gt; (1965)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_8r8jz7o&quot; title=&quot;Les références à ce livre dans l’article qui suit sont tirées de l’édition critique. Voir Martin 2005.&quot; href=&quot;#footnote2_8r8jz7o&quot;&gt;2&lt;/a&gt;, qui peint le même couvent des Ursulines à Québec, où l’auteure fut pensionnaire dans les années 1920, comme un lieu de sadisme, d’ignorance et de snobisme, où l’on apprend aux jeunes filles à redouter leur corps et à fuir la connaissance, de crainte d’apprendre des choses dangereuses pour la foi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;S’il y a une expérience qui relie les femmes du Québec entre elles, de génération en génération, surtout pendant le siècle qui a précédé la Révolution tranquille, c’est bien celle de leur éducation au couvent. Filiation au féminin obligatoire et souvent négative, l’expérience du couvent se transmet de mère en fille par les effets durables qu’elle exerce sur les jeunes filles, préparées pendant leurs années d’études à assumer le rôle d’épouses parfaites et de mères dévouées. Rien d’étonnant donc à ce que, parmi les nombreuses lettres personnelles adressées à Claire Martin après la parution de ses mémoires&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_ayqx08y&quot; title=&quot;Conservées dans le Fonds Claire-Martin, 1956-1986, Bibliothèque et Archives Canada.&quot; href=&quot;#footnote3_ayqx08y&quot;&gt;3&lt;/a&gt;, on en trouve plusieurs qui, représentant chaque génération de femmes depuis le début du 20e siècle, corroborent son témoignage sur les couvents. Une correspondante née cinq ans avant Martin se rappelle «nos pensionnats aux péchés mortels, aux crimes et aux petites filles pas bonnes» où, comme l’auteure, elle a été traitée de «fille méchante». Une autre, plus jeune de dix ans, écrit: «&lt;em&gt;Dans un gant de fer&lt;/em&gt; a ravivé chez moi les cendres d&#039;un passé que je croyais à jamais éteint, car, à l&#039;instar des gens de ma génération (40 ans) j’ai connu et côtoyé les “sœurs” telles que vous les décrivez. Je les ai observées accusatrices, méchantes, sournoises». Une ancienne couventine des années 1940 constate ceci: «J&#039;ai commencé mes études primaires quelque vingt ans après l&#039;époque dont vous faites le réquisitoire, mais je vous assure que les choses n’avaient pas évolué; je crois même qu’elles avaient empiré». Enfin, une jeune femme de la décennie 1960 se dit bouleversée par la lecture de &lt;em&gt;Dans un gant de fer &lt;/em&gt;parce qu&#039;elle y a trouvé «le mystère et certaine réponse à la vie de ma propre mère, vie qui est demeurée, elle, inemployée, malheureuse, même dans son mariage».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En 1986, Micheline Dumont constate que l’expérience des couventines sombre dans l’oubli, malgré le fait qu’il s’agit d’«un univers inscrit dans notre mémoire collective» (Dumont, 1986: 15). Jusqu’aux réformes scolaires initiées par le rapport Parent en 1963-1964, affirme-t-elle, toutes les femmes du Québec ont connu les rigueurs d’un programme d’études et d’un mode de vie immuables, malgré les mutations dramatiques qui ont transformé la société québécoise: «En 1900, en 1925 et en 1950, trois générations de femmes avaient pu vivre selon le même horaire […] silence au dortoir pour offrir son âme à Dieu, silence au réfectoire pour les lectures pieuses, lever matinal pour assister à la messe, etc.» (Dumont, 1986: 15-17). Horaire que Claire Martin évoque avec humour dans ses mémoires: «On nous mettait au lit quand nous n’avions pas encore sommeil et l’on nous faisait lever bien avant que nous eussions assez dormi. […] Pensez-vous! les fillettes de 1660 avaient suivi ce règlement et les archives du monastère ne rapportaient pas qu’elles en eussent souffert. Évidemment, quand on a sans cesse les Iroquois aux trousses, à l’aube on n’en peut plus. On ne désire rien tant que la position verticale. Mais nous […] aurions bien aimé n’être pas sorties du lit à grand renfort de cloche» (Martin, 2005: 147).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais toutes les jeunes filles se sont-elles autant rebiffées contre l’expérience couventine? Dumont suggère qu’au contraire, «aussi rigide qu’elle puisse paraître aujourd’hui, la vie de pensionnaire a signifié pour de nombreuses adolescentes un univers calme, ordonné et enrichissant, […] un milieu de vie sévère mais accepté» (Dumont, 1986: 16-17). Les écrits personnels de jeunes filles et de femmes offrent une source de connaissance précieuse sur la façon dont celles-ci ont vécu cette expérience et sur l’influence qu’ont eue sur leur conception de la vie et du monde les croyances et les pratiques religieuses apprises au couvent. Toutes ces femmes –les religieuses, leurs élèves et les mères de leurs élèves, elles aussi formées au couvent– sont, en un sens très réel, des «filles de Marie de l’Incarnation». À l’aide de leurs journaux intimes et de leurs autobiographies, il s’agira d’une part de déterminer dans quelle mesure les religieuses du Canada français ont réussi à perpétuer l’amour et la confiance dans l’élève qui ont caractérisé la mission originelle des fondatrices, et d’autre part de voir dans quelle mesure elles sont tombées dans une conception janséniste de l’éducation, basée sur l’omniprésence du mal, renforcée par la punition et dédiée à produire les «reines du foyer» exaltées par l’idéologie dominante du 19e siècle et du début du 20e. Idéologie dont les porte-parole, comme nous le verrons, ont réussi à transformer l’image de Marie de l’Incarnation, faisant d’elle une femme conforme à l’idéal patriarcal de l’époque.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En effet, les nombreuses biographies de Marie de l’Incarnation publiées au 19e siècle la présentent comme un modèle pour les jeunes filles et les femmes de tous âges. Avant de devenir la religieuse exemplaire, elle est, successivement, la fille pieuse et obéissante, l’épouse dévouée à son mari, la mère d’un garçon à qui elle a donné une éducation chrétienne sans pareil, et la veuve courageuse qui consacre sa vie aux œuvres charitables. Dans &lt;em&gt;Marie de l’Incarnation: modèle de femme 1864–1966 (de Casgrain à Groulx)&lt;/em&gt;, Andrée Delachaux-Dorval montre comment ces biographies, écrites par des membres du clergé et destinées à une élite formée dans les écoles catholiques, transforment Marie peu à peu en un personnage abstrait: «elle s’élève, se détache de la nature et du charnel [et] devient la Mère [avec M majuscule]: Mère de la Patrie, Mère de la Nouvelle-France, Mère universelle» (Delachaux-Dorval, 1987: 17). La plus influente de ces biographies est alors celle de l’abbé Henri-Raymond Casgrain, rééditée plusieurs fois après sa parution en 1862. On imagine sans difficulté l’attrait qu’aurait exercé sur les éducatrices et les jeunes lectrices le style lyrique et exalté de cet ouvrage, ponctué comme il est de nombreux points d’exclamation et de «tableaux vivants» de Sauvages féroces et cruels vaincus par la douceur des héroïnes romantiques que sont les fondatrices. Par ailleurs, la biographie de Casgrain est savamment dosée de leçons idéologiques, toutes reliées à ce qu’il appelle «la grandeur et la puissance de la femme chrétienne» (Casgrain, 1873: 47). À la différence des religions amérindiennes, soutient-il, «le christianisme n’a pas arraché [la femme] au foyer domestique. D’esclave de la famille, il en a fait la reine» (Casgrain, 1873: 47). Et Marie de l’Incarnation offre une image parfaite de cette reine du foyer soumise et accomplie:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;sa piété éclairée était […] bien éloignée de cette dévotion mal entendue qui […] met le trouble dans les ménages […] Toujours prête à l’heure convenable, elle conduisait tout avec […] douceur et faisait régner dans sa maison une harmonie admirable. Depuis le jour où elle lui avait juré sa foi au pied des saints autels, elle avait consacré toute son affection à son mari […] Ainsi obéissait-elle au moindre signe de sa volonté, et cherchait-elle à lire dans ses regards ses plus légers désirs, qui devenaient des ordres pour elle (Casgrain, 1873: 81-82).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le monde tel que dépeint par Casgrain est un lieu de misère, aux dangers et aux tentations innombrables, une «voie semée de si dangereux précipices et qui cache sous des fleurs tant de ronces et d’épines» (Casgrain, 1873: 27). Une terminologie presque identique apparaît dans le journal intime de Marie-Louise Globensky, tenu entre 1862 et 1865, précisément les années où la biographie de Casgrain connaît du succès. Jeune montréalaise de bonne famille, Marie-Louise exhibe, à l’âge de quinze ans, toute l’innocence et la confiance d’une jeune bourgeoise catholique. Elle assiste à la messe des Enfants de Marie le premier lundi de chaque mois, va souvent aux Vêpres, fait des neuvaines et des retraites, et assiste aux quarante heures d’adoration pendant la semaine sainte. Son adhésion totale à l’univers protecteur et rassurant de la foi lui donne une confiance joyeuse qui s’exprime dans cette envolée lyrique du 1er mai 1865:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Quel beau jour, aujourd’hui, je voudrais crier bien fort pour que tout le monde entendit [sic], c’est le premier jour du mois de mai, du mois de Marie, ce mois est consacrée à la mémoire de ma bonne mère. Oh quelle douce joie rayonne sur mon front à cette seule pensée. Ce matin à huit heures nous eûmes la messe des enfants de Marie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Toutefois, plusieurs inscriptions dans le journal de Globensky révèlent à quel point ce monde douillet est entouré d’interdictions et entretenu par la peur. Pendant une retraite, elle entend une homélie sur «l’état affreux d’une âme en péché mortel», qu’elle résume en détail, ainsi que l’histoire de la mort atroce de Sainte Agnès, martyre de la chasteté (17 oct. 1864). Ailleurs, elle mentionne un sermon sur le danger de «danses telles que Polka, valse, etc. etc.» (26 déc. 1864). Toute la peur du monde suscitée par une telle éducation apparaît dans l’ébauche d’une lettre insérée entre les pages du journal, où elle s’exprime dans des images proches de celles de Casgrain:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Je crains de me laisser séduire par ce monde trompeur parce que les plus belles illusions se réduisent souvent en de cruelles déceptions. Nous allons cueillir les roses mais nous y trouvons beaucoup plus d’épines. Le vrai bonheur nous ne le trouvons qu’au pied des tabernacles c’est là que l’âme affligée va déposer ses peines c’est là aussi qu’elle se trouve consolée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’autres journaux témoignent du fait que, pour beaucoup de jeunes filles, l’éducation reçue dans les couvents était une expérience somme toute positive, comprenant une initiation aux choses culturelles et l’acquisition de talents littéraires ou artistiques. Un exemple datant des années 1920 est le journal de Ghislaine Perrault, la future épouse d’André Laurendeau. Les pratiques religieuses tiennent une large part dans la vie de la jeune Ghislaine, sans qu’elle s’adonne à une piété excessive, et elle les décrit avec une innocence naïve qui fait souvent sourire. Triduums, neuvaines et retraites l’encouragent à des tentatives d’amélioration de soi qui vont dans le sens d’une plus grande docilité. À douze ans, par exemple, elle décide de commencer un triduum dont le but sera d’améliorer son caractère: le premier jour sera voué à la volonté de conquérir sa paresse, le deuxième, son orgueil et son «idée de commandement», et le troisième, à «vaincre l’impatience et devenir plus docile». Mais ce qui importe le plus «c’est la paresse, dont il faut me corriger» (3 mars 1926). Une semaine plus tard, elle confie à son journal que la réussite du triduum n’a été que partielle: «J’ai fini mon triduum. Il y a une amélioration. Mais je crois que je vais faire une neuvaine à la Saint-Michel, pour le même but que mon triduum» (10 mars 1926).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Toutefois, certains des journaux, notamment celui de la jeune Henriette Dessaulles, rédigé entre 1874 et 1881 et publié un siècle plus tard, critiquent cette éducation axée sur la conformité et excluant toute possibilité de questionnement. Dessaulles fustige le formalisme de la religion transmise au couvent, qu’elle voit comme une série de règles et de rituels plutôt qu’un véritable enseignement de valeurs: «tout cet échafaudage de cérémonies, de gestes extérieurs, c’est vide, cela sonne dans les oreilles comme les vieilles cloches, mais cela ne dit rien à l’âme» (Dessaulles, 2001: 198). Après une promenade de pensionnaires où la religieuse surveillante punit des petites filles qui marchent à côté du trottoir en les mettant au silence, elle réfléchit: «Si elle les empêchait de mentir, cela vaudrait infiniment mieux! Non, ça, ce serait l’âme, le fond, et ici c’est le dehors qu’on soigne! L’idéal, ici, c’est de marcher guindée, empesée, les yeux à terre, les mains croisées sur le ventre et en parlant tout bas dans la rue comme dans une église. Bêtise!» (Dessaulles, 2001: 25). À quatorze ans, Henriette est fougueuse, sûre d’elle-même et capable d’être méprisante à l’égard de ses maîtresses et des autres élèves de sa classe. «On ne sait pas ce qu’elles savent, ces curieuses petites nonnes !», écrit-elle après que l’une des religieuses pose des questions indiscrètes sur sa vie privée (Dessaulles, 1999: 59). Très individualiste, elle se rebiffe devant la conformité imposée au couvent: «Je ne suis pas faite pour faire partie d’un troupeau… Je déteste le berger, la houlette, les moutons et le pâturage !» (Dessaulles, 2001: 24). À vingt ans, ayant entendu un sermon sur la dévotion au Sacré-Cœur, elle se rappelle les «étranges dévotions» du couvent, où il fallait planter des épines dans un cœur de velours rouge qui était censé représenter le cœur de Jésus: «Ce serait pourtant beau, aimer Jésus dans son cœur, mais les statues aux cœurs saignants et les cœurs de velours nuisent à ce sentiment spirituel!» (Dessaulles, 2001: 374).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est un univers très similaire –par le formalisme, la mesquinerie et l’étroitesse d’esprit qui y règnent– qu’évoquent la plupart des autobiographies de femmes parues après 1960. La première et la plus influente de celles-ci, surtout en ce qui concerne son portrait de l’éducation des filles, reste &lt;em&gt;Dans un gant de fer&lt;/em&gt; de Claire Martin. Dans des anecdotes souvent hilarantes malgré l’horreur des incidents qu’elles mettent en scène, Martin fustige l’ignorance et la cruauté de religieuses dotées d’une autorité absolue sur des petites filles craintives, désemparées par l’arbitraire de leurs règlements et interdictions. La plupart des religieuses exercent cette autorité par l’humiliation, administrant des punitions sadiques telles que la «torture minutieuse» de visages brossés au savon de ménage aux élèves qui n’ont pas eu une bonne note dans leurs classes (Martin, 2005: 121). Une petite fille accusée d’avoir jeté ses croûtes derrière le calorifère doit les manger, couvertes de poussière, devant les autres élèves. Une autre, à la jambe atrophiée, est systématiquement humiliée pendant toute une année scolaire lorsque les religieuses, ayant besoin d’un miracle pour aider la cause de la béatification de Marie de l’Incarnation, annoncent que toutes les prières et dévotions de l’année seront dirigées vers l’obtention de sa guérison par la fondatrice: «La petite rayonnait. Un matin elle s’éveillerait aux deux jambes égales, cela ne faisait pas de doute. Les prières commencèrent tout de suite» (Martin, 2005: 178). Or, à la fin de l’année, le miracle ne s’est pas produit:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Nous avions beau multiplier les prières et les promesses, rien n’y faisait. La vénérable fondatrice restait insensible et Jeanne perdait peu à peu son sourire. Juin la trouva comme septembre nous l’avait amenée. Tout ce qu’elle avait gagné c’était de n’avoir passé aucune journée sans entendre parler de son infirmité […] Chaque pas qu’elle faisait se trouvait être, pour elle et pour tout le pensionnat, une déception sans cesse renouvelée (Martin, 2005: 179).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme tous les pensionnats qui seront évoqués dans les autobiographies subséquentes, les couvents où Claire Martin passe son enfance et son adolescence font partie d’une société fortement hiérarchisée, ordonnée selon le principe de la domination masculine, le mari et le père représentant, au sein de la famille, l’autorité de Dieu le Père. France Théoret se rappelle que cette hiérarchie faisait partie de l’enseignement au couvent: «Les religieuses nous apprennent que notre père représente Dieu sur la terre, qu’à ce titre il détient des pouvoirs sur sa maison» (Théoret, 2006: 53). Dans un tel univers, comme le fera remarquer Janette Bertrand, «[c]’est le rôle des filles [d’] être invisibles, [de] se taire, [de] passer inaperçues» (Bertrand, 2004: 72). La formation des jeunes filles est un entraînement à l’obéissance, à la soumission et au sacrifice, les qualités fondamentales requises par leur rôle futur de «reines du foyer». Également marquante et nocive en ce qui concerne leur estime de soi est l’idée selon laquelle le corps féminin est un lieu de péché : sale, dégoûtant et dégradant. Claire Martin aborde la puberté sous la surveillance de religieuses obsédées et effarées par les transformations corporelles vécues par leurs élèves. Pour elles, les règles et les autres signes de la puberté sont une punition de Dieu: «Nous étions si habituées à avoir honte de notre corps, à penser que tout ce qui s’y passait était la punition de quelque crime inconnu que même la pousse d’un poil nous bouleversait. Quand je m’aperçus qu’il m’en venait aux aisselles et au pubis, je fus désespérée. Qu’est-ce que j’avais bien pu faire ?» (Martin, 2005: 214-215). Le seul but de l’éducation des filles à l’époque, selon la narratrice, était de «nous rendre serviles, dévotes, résignées, prudes» (Martin, 2005: 376).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’étroitesse d’esprit savamment maintenue par les institutions de l’époque s’étend évidemment aux matières étudiées, à la lecture et même au langage. Au deuxième couvent (celui des Dames de la Congrégation de Notre-Dame à Beauport) où Claire est pensionnaire après ses années chez les Ursulines, l’une de ses maîtresses l’accuse de «perdre son temps à lire» (225). L’Histoire de la France –«ce pays infâme qui avait chassé ses prêtres et ses religieuses»– étant bannie du programme scolaire, Claire cache son livre d’Histoire française derrière une couverture en papier brun sur laquelle elle a écrit «Histoire du Canada» (216). Le langage même constitue un terrain semé de dangers: on dit «que» pour désigner la lettre «Q»; on appelle le pape Pie VII «Pie, le septième du nom»; on remplace le nom du lac Titicaca par «Titicana» (217). «Que cherchez-vous dans le dictionnaire? Des mots sales?», demande une des religieuses à Claire. Non seulement une telle éducation néglige-t-elle de transmettre aux élèves des connaissances essentielles, mais, constate la narratrice, elle leur apprend systématiquement à ne pas penser: «La pensée! Pauvre de moi! […] Peu de temps après ma sortie du pensionnat, je m’aperçus que je ne savais rien, que je n’étais éveillée à rien, que je n’aurais pu nommer aucun grand écrivain plus jeune que Victor Hugo, que je ne savais pas comment m’y prendre pour découvrir ce qu’il fallait savoir» (375-376). À vingt-cinq ans, avoue-t-elle, elle était «fasciste et antisémite» (374), résultat presque inévitable d’une éducation qui ne l’avait pas dotée de la capacité de penser pour elle-même: «Nous étions plusieurs à ne pas bien savoir où nous allions. À droite, à gauche, dans tous les sens […] Moutons, le dernier qui nous appelait était celui qui avait raison» (374-375). État d’ignorance qui était dans la logique même d’un système de pensée axé sur l’au-delà au détriment de l’humain: «En marche vers l’éternité, face à Dieu, personne autour, petit objet en transit, je n’avais vraiment pas besoin de rien savoir, je n’avais besoin que d’être bigote» (377).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le sillage de cette première grande autobiographie au féminin, et grâce aussi à l’effervescence féministe de la décennie suivante, paraîtront deux autobiographies de femmes ayant grandi et fait leurs études plus ou moins à la même époque que Claire Martin —&lt;em&gt;Une mémoire déchirée&lt;/em&gt; de Thérèse Renaud (1978) et &lt;em&gt;Une vie défigurée &lt;/em&gt;de Paule Saint-Onge (1979)—, œuvres dont les titres mêmes laissent entrevoir un contenu relié à des préoccupations de déception et d’échec. Chacune des deux auteures explique ce qu’elle considère comme l’échec de sa vie, entraîné par le conditionnement dans les valeurs «féminines» de la servitude et du sacrifice qu’elle a reçu pendant l’enfance, à la maison aussi bien qu’au couvent. De petites rebelles qui auraient préféré être des garçons, Renaud et Saint-Onge se transforment vite en filles perçues comme «méchantes» et, plus tard, en adolescentes catholiques enflammées par une religiosité nourrie des notions de culpabilité, de sacrifice et de fusion mystique avec un Autre plus grand que soi, tandis qu’en-dessous couvent une rage et une haine de soi dont l’extirpation sera la tâche de toute une vie. «J’étais une &lt;em&gt;coupable de naissance&lt;/em&gt;», affirme Saint-Onge. «On finit par se révolter contre un si funeste héritage, mais pour les gens de ma génération, je crois que la révolte est venue trop tard, alors que les jeux étaient déjà faits» (Saint-Onge, 1979: 62-63). La plupart de ses lectures sont des livres édifiants qui font naître chez elle le désir d’être martyre ou de porter un cilice: «Mais où trouver un cilice de nos jours?» (Saint-Onge, 1979: 58-59). Plus tard, elle se demande «si ces lectures prétendument édifiantes n’avaient pas eu un effet sournoisement nocif en cultivant chez moi une tendance au masochisme. Ajoutez là-dessus les idées […] sur le prétendu altruisme féminin […] et vous voilà admirablement préparée à faire de votre mariage éventuel, un succès à tout prix dans l’abnégation, les privations et les maternités fréquentes» (Saint-Onge, 1979: 57). La jeune Thérèse Renaud rêve, elle aussi, de se sacrifier pour le Christ, tourmentée par la souffrance que lui infligent les êtres humains, mais ses aspirations mystiques sont mêlées à de «mauvaises pensées» inspirées par des homélies portant sur des horreurs telles que «le baiser sur la bouche» (Renaud, 1978: 62). Comme Saint-Onge, elle dénonce une éducation qui n’a préparé les jeunes filles à d’autre vocation que celle d’épouse et de mère: «Nous avons été élevées dans le plus pur bovarysme possible» (Renaud, 1978: 143). Son témoignage sur l’intériorisation des idéologies haineuses apprises au couvent rappelle les aveux de Claire Martin sur le même sujet. Avec ses compagnes de classe, elle s’adonne à des fantasmes ahurissants sur tous ceux qu’on leur a présentés comme une menace à leur système de valeurs: communistes, Juifs, francs-maçons et même les élèves d’une école anglaise avoisinante où filles et garçons sont éduqués sous le même toit. Elle affirme: «Nous étions littéralement environnées de mauvais éléments qui non seulement désiraient notre perte morale, mais aussi notre mutilation physique. Je me voyais, subissant le martyre jusqu’à la mort, plutôt que de céder à leurs injonctions et renier le Christ qui avait donné sa vie sur la croix pour sauver l’humanité» (Renaud, 1978: 60).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plusieurs ouvrages autobiographiques ou semi-autobiographiques parus depuis 1980 apportent une nouvelle perspective –celle de la classe sociale– aux souvenirs de la vie couventine. Parmi leurs auteures, toutes d’origine ouvrière ou petite-bourgeoise, on compte Denise Bombardier (&lt;em&gt;Une enfance à l’eau bénite&lt;/em&gt;, 1985), Lise Payette (&lt;em&gt;Des Femmes d’honneur: une vie privée 1931-1968&lt;/em&gt;, 1997), Marcelle Brisson (&lt;em&gt;Le Roman vrai&lt;/em&gt;, 2000), Janette Bertrand (&lt;em&gt;Ma Vie en trois actes&lt;/em&gt;, 2004), Francine Noël (&lt;em&gt;La Femme de ma vie&lt;/em&gt;, 2005) et France Théoret (&lt;em&gt;Journal pour mémoire&lt;/em&gt;, 1993; &lt;em&gt;Une belle éducation&lt;/em&gt;, 2006; &lt;em&gt;Hôtel des quatre chemins&lt;/em&gt;, 2011). Tout en témoignant de la stabilité de l’institution à travers les générations, ces ouvrages offrent une diversité de perspectives sur l’expérience du couvent telle que vécue par des jeunes filles issues des classes moins privilégiées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Presque toutes ces auteures évoquent, avec humour ou amertume, les valeurs de sacrifice et de soumission qui ont imprégné leur formation au couvent. Un des souvenirs les plus «horripilants» de Janette Bertrand à propos de ses années de couventine est celui du «chapelet des sacrifices» à dix grains que chaque élève devait épingler à son uniforme et réciter devant la classe tous les jours:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Il faut faire dix sacrifices dans la journée, sinon on est classée égoïste, méchante, on est méprisée par la religieuse et condamnée par le reste de la classe. Dix sacrifices par jour! Je renonce à la collation, je renonce à me gratter quand ça me pique, j’essaie de ne pas bailler quand je m’ennuie. Dix? Je fais comme pour les péchés véniels à confesser, j’invente (Bertrand, 2004: 93).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;France Théoret, quant à elle, revient souvent dans ses écrits au souvenir d’une éducation centrée sur les valeurs du sacrifice et de la soumission, bien résumée dans une scène d’&lt;em&gt;Une belle éducation&lt;/em&gt; où la narratrice, ayant obtenu un résultat impressionnant dans un test provincial, est appelée au bureau de la directrice pour entendre un discours sur le péché d’orgueil et le danger d’aspirer à un destin hors du commun. Comme Claire Martin, elle met en scène un monde où les plus forts règnent sur les faibles, justifiant leur louange de la soumission par l’exhortation biblique à «tendre l’autre joue». (Les deux tomes de &lt;em&gt;Dans un gant de fer &lt;/em&gt;de Martin s’intitulent &lt;em&gt;La Joue gauche&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La Joue droite&lt;/em&gt;, et une section de &lt;em&gt;L’Hôtel des quatre chemins&lt;/em&gt; de Théoret porte le titre «Je tends l’autre joue.») «Qui ne sait pas obéir ne sait pas commander», répètent les religieuses (Théoret, 2011: 29); «Le don de soi, le service aux autres, la lutte contre l’orgueil, la lutte contre l’esprit de révolte et l’obéissance aux autorités composent les fondements de la personnalité chrétienne […] Les religieuses nous dressent à devenir les futures femmes qui pensent et qui donnent aux autres. Nous sommes toutes appelées au sacrifice» (Théoret, 2006: 35-36).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La culpabilité et l’obsession du péché sont un autre refrain constant. «J’ai fait ma première communion en état de péché mortel», proclame fièrement l’incipit d’&lt;em&gt;Une enfance à l’eau bénite&lt;/em&gt; (Bombardier, 1985: 13). Pour Janette Bertrand aussi, les souvenirs de première communion sont associés à la «course aux péchés» de petites filles ne sachant pas de quoi elles pourraient être coupables: «Parce que avant d’avaler le corps du Christ –ouache!– il faut se nettoyer de toutes les saletés qu’on a dans le cœur […] Les religieuses nous suggèrent d’ailleurs une liste de péchés, il n’y a qu’à piger dans le tas» (Bertrand, 2004: 34). Comme à l’époque de Claire Martin (où la surveillante du dortoir menace une petite fille qui se peigne au lit en lui disant que les cheveux vont se transformer en serpents), les cheveux sont une partie du corps douteuse, associés au danger de la vanité: «Les religieuses […] entretenaient un rapport hystérique à tout ce qui était poilu – elles nous auraient préférées chauves» (Noël, 2005: 50). On maintient un silence malaisé autour des parties inférieures du corps, de sorte que presque toutes les jeunes filles abordent les changements corporels de la puberté dans une ignorance totale: «Je ne sais rien de rien sur mon corps […] Mon bas du corps s’appelle “là” […] Ce “là” est si mystérieux, si sale que je n’ose pas le regarder, ni même y toucher» (Bertrand, 2004: 50). À l’école de Denise Bombardier, les religieuses, après avoir fait visionner un film sur Maria Goretti, décident de faire de la jeune martyre italienne la patronne de l’école: «Nous devions la prier pour la conversion des garçons, tous susceptibles de se transformer en assassins si leurs bas instincts prenaient le dessus» (Bombardier, 1985: 77). Francine Noël se rappelle qu’il y avait une hiérarchie des sens, la vue et l’ouïe étant privilégiées et les trois autres rejetés avec dégoût:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Nos corps pouvaient être regardés et entendus. Ils ne devaient produire rien d’autre que des paroles et des chants. Le fait qu’il existât des choses sous la peau, glandes, viscères, fluides, humeurs et liquides, était, autant que possible, ignoré […] Pour les religieuses, le mot peau était obscène et le corps n’était que l’enveloppe de l’être humain. Ses parties se nommaient souliers, bas, robes, visage, béret et mains (Noël, 2005: 48-49).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Constamment rappelées à l’obéissance et à la soumission, et remplies d’aversion pour leur corps, bon nombre de jeunes filles, il n’y a pas lieu de s’en surprendre, ont traversé pendant l’adolescence une période de vague mysticisme, qui représente à la fois une évasion et une sublimation de leur sexualité naissante. À treize ans, tourmentée par des scrupules suscités par un sermon sur le&lt;em&gt; French kiss&lt;/em&gt;, Denise Bombardier se perd dans des dévotions à Thérèse d’Avila: «Je […] préférais [au &lt;em&gt;French kiss&lt;/em&gt;] les lévitations de sainte Thérèse d’Avila et je passai de longues périodes à la chapelle dans l’attente d’un miracle. J’espérais que ma foi fervente me permettrait enfin de m’élever au-dessus du commun, comme la grande mystique, mon modèle. Ainsi, les baisers et autres contacts physiques vulgaires ne seraient jamais mon lot» (Bombardier, 1985: 170-171). De toutes ces autobiographes, c’est France Théoret qui identifie avec le plus de précision les ravages exercés par cette formation sur l’estime de soi des jeunes filles: «J’avais le sentiment d’être née fatiguée, sans volonté, du côté de la saleté et de la culpabilité. J’avais si peu de valeur personnelle […]. Ma honte était continuelle» (Théoret, 2011: 30).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et pourtant, pour toutes ces jeunes filles des quartiers populaires, le couvent était bien l’«univers calme, ordonné et enrichissant» évoqué par Micheline Dumont, à la fois un refuge permettant d’échapper aux conditions souvent chaotiques qui régnaient à la maison et une porte d’accès à une vie nouvelle, grâce aux connaissances dont elles étaient friandes. Denise Bombardier se souvient que «l’école [lui] procurait beaucoup de joie. L’encadrement des élèves, comme le règlement interne, imposait des contraintes mais, en même temps, représentait une sécurité que la maison ne pouvait [lui] apporter» (Bombardier, 1985: 76). Et Francine Noël, pensionnaire pendant la semaine au beau couvent des sœurs de Sainte-Anne à Lachine, y découvre un monde d’harmonie et de beauté, tout à fait à l’opposé de la situation qu’elle retrouve en rentrant chez sa mère chaque fin de semaine:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Un parc aux allées boisées nous tenait lieu de cour de récréation et la lumière pénétrait à flots dans les salles de classe par de grandes fenêtres à la française. […][J]e découvris que certaines religieuses aimaient aussi la littérature, l’art, l’Histoire. Elles avaient tout leur temps pour nous transmettre leurs passions. Le goût d’apprendre s’empara de moi […] (Noël, 2005: 55).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme Noël, plusieurs des auteures ont trouvé leur élan dans des cours de littérature et d’art, mais la géographie (une ouverture au monde) et le latin (par sa rigueur, mais aussi peut-être par son «inutilité» même) jouent aussi un rôle important dans leur déviation du trajet vers un avenir de «reines du foyer». Enragé quand il voit sa fille faire ses devoirs de latin, le père de la narratrice de Théoret s’écrie: «le latin n’est pas pour toi, ce n’est pas pour nous […] À quoi ça va te servir le latin? Qu’est-ce que ça va te donner?» (Théoret, 2006: 53-54). Et quand Janette Bertrand, qui veut faire son cours classique comme ses frères avant elle, plaide sa cause auprès de son père, il répond: «Un cours classique ? Pour changer des couches ! Bâtard, ti-fille, t’as pas besoin de ça!» (Bertrand, 2004: 77). Dans tous ces récits, la lecture est un moteur puissant de transformation et de libération: elle permet aux protagonistes de rompre leur isolement et d’envisager d’autres façons de vivre et d’autres modèles que ceux qu’on leur a présentés à la maison et à l’école. «Je lisais, lisais jusqu’à tomber de sommeil», se souvient Marcelle Brisson, fille d’une famille très pauvre, qui, appuyée par la lettre d’une de ses enseignantes, obtient une carte d’abonnée à la section adulte de la bibliothèque municipale. Grâce à cette carte, elle se met à lire Corneille, Racine et Molière («dont nous étudiions en classe les pièces édifiantes […] ou les comédies purgées de leurs excès»), ainsi que Dostoïevski, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Péguy et Claudel et les romanciers de l’entre-deux guerres. Tout le drame et l’audace de cette rencontre entre la vie du peuple et la culture de l’élite est captée dans l’image de Brisson et son amie Jeannine lisant les classiques à haute voix dans le tramway:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Ah! je me rappelle le tramway 35 que je prenais avec Jeannine pour aller changer nos livres à la bibliothèque municipale. Bien assises à notre place, nous lisions à haute voix des scènes de &lt;em&gt;Roméo et Juliette&lt;/em&gt;, de &lt;em&gt;Phèdre&lt;/em&gt;, du &lt;em&gt;Malade imaginaire&lt;/em&gt;. Nos voisins, indulgents, nous prêtaient l’oreille (Brisson, 2000: 61).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour Lise Payette aussi, qui a grandi à Saint-Henri, l’encouragement donné par les religieuses est d’une importance capitale. À quatorze ans, traumatisée par la lecture de &lt;em&gt;Bonheur d’occasion &lt;/em&gt;et par sa vision de la pauvreté comme un cycle interminable, elle se confie à sa maîtresse de neuvième année, qui lui explique qu’il s’agit d’une œuvre de fiction, et qu’elle n’a pas besoin de suivre le même trajet que la protagoniste Florentine Lacasse: «elle me répéta que je pouvais aspirer à ce que je voulais, que les portes ne seraient pas fermées, qu’en 1945 une fille pouvait viser aussi haut qu’elle le désirait et qu’il n’y aurait rien pour m’empêcher de me réaliser […] Je sortis de sa classe en me disant que j’allais montrer à Gabrielle Roy de quoi nous étions capables, à Saint-Henri. Je me suis juré qu’un jour elle entendrait parler de moi» (Payette, 1997: 69). Avant la fin de ses études secondaires, Payette aura assisté à des événements théâtraux tels que &lt;em&gt;Les Fridolinades&lt;/em&gt; de Gratien Gélinas, écouté avec passion les radioromans de l’époque, dont les vedettes sont des acteurs comme Muriel Guilbault, Pierre Dagenais, Huguette Oligny et Guy Mauffette, découvert la musique classique et formulé avec ses amis le projet de fonder un centre culturel pour jeunes, «un lieu culturel bien à nous, où l’on pourrait écouter de la musique classique, de l’opéra, discuter des derniers livres parus, un lieu qui serait même doté d’un ciné-club» (Payette, 1997: 92-93). De plus, en tant que représentante de son école aux Jeunesses étudiantes catholiques, elle aura fait la connaissance de Gérard Pelletier, de Jeanne Sauvé et d’autres futurs dirigeants du Québec et du Canada. En somme, pour toutes ces auteures, le couvent, malgré ses restrictions, était la porte d’entrée à une vie autonome à une époque où l’on refusait ce droit aux femmes. Presque toutes, comme Lise Payette, font mention d’une religieuse qui leur a donné confiance en elles-mêmes à un moment décisif, et plusieurs notent le dévouement des religieuses à l’amélioration de la situation des filles de quartiers défavorisés. Lise Payette se souvient avec affection des sœurs de Saint-Anne, «qui ouvrent des horizons nouveaux pour les filles de familles ouvrières» (Payette, 1997: 73), et Marcelle Brisson rend hommage aux sœurs de Sainte-Croix, qui ont créé une situation tout à fait nouvelle pour les filles de familles pauvres pendant la Crise économique en ouvrant un externat dans lequel, au coût de 5 $ par mois, elles pouvaient faire les premières années du cours classique. En 1945, rappelle-t-elle, les sœurs de cette même communauté font encore une fois «acte de démocratie» en ouvrant les quatre dernières années du cours classique à des externes, et en permettant même aux étudiantes les plus fortes de sauter l’année de la Versification pour entrer directement en Belles-Lettres. Enfin, donc, «les filles de classe modeste pouvaient rêver d’aller à l’université» (Brisson, 2000: 72). Dans le même esprit, Denise Bombardier rend hommage aux communautés religieuses qui se sont engagées dans la lutte pour l’égalité des femmes à un moment crucial de l’évolution de la société québécoise:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Des religieuses aussi se battaient pour que les filles puissent avoir accès aux études classiques, chasse gardée presque exclusive aux garçons. Humiliées par les pouvoirs publics, qui ne leur accordaient aucune subvention, les dirigeantes de ces communautés religieuses enseignantes menaient le combat féministe, bien avant la lettre (Bombardier, 1985: 69).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Loin d’être monolithique, la vision de la vie couventine offerte par ces écrits capte, à partir d’expériences personnelles, les aspects positifs et négatifs d’une institution remarquablement solide, une institution qui, sans jamais perdre de vue sa mission de former des femmes chrétiennes pieuses et soumises, a pu offrir aux jeunes filles un amour de la connaissance et un encouragement à exceller qui allaient bien au-delà de cette mission conservatrice. Depuis l’époque de Marie de l’Incarnation, si l’on en juge par ces écrits, les communautés religieuses ont ouvert, à l’intérieur du cadre rigide de leurs croyances religieuses et idéologiques, un espace à certaines enseignantes capables d’aimer et d’inspirer leurs élèves et à des jeunes filles affamées des connaissances qu’elles seules pouvaient dispenser.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BERTRAND, Janette. 2004. &lt;em&gt;Ma vie en trois actes&lt;/em&gt;, Montréal: Libre Expression, 415 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BOMBARDIER, Denise. 1985. &lt;em&gt;Une enfance à l’eau bénite&lt;/em&gt;, Paris: Seuil, 223 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;BRISSON, Marcelle. 2000. &lt;em&gt;Le Roman vrai&lt;/em&gt;, Montréal: Québec/Amérique, 360 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CASGRAIN, Henri-Raymond. 1873. &lt;em&gt;Histoire de la Mère Marie de l’Incarnation, première supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France&lt;/em&gt;, Québec: C. Darveau, 114 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DELACHAUX-DORVAL, Andrée. 1987. &lt;em&gt;Marie de l’Incarnation: modèle de femme 1864–1966 (de Casgrain à Groulx)&lt;/em&gt;, Microforme 112 f.; 28cm.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DESSAULLES, Henriette. 2001. &lt;em&gt;Journal. Deuxième, troisième et quatrième cahiers 1876-1881 &lt;/em&gt;(texte établi, présenté et annoté par Jean-Louis Major), Montréal, Bibliothèque québécoise, 397 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1999. &lt;em&gt;Journal. Premier cahier 1874-1876&lt;/em&gt; (texte établi, présenté et annoté par Jean-Louis Major), Montréal, Bibliothèque québécoise, 213 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;DUMONT, Micheline, Nadia FAHMY-EID, et al. 1986. &lt;em&gt;Les couventines. L’éducation des filles au Québec dans les congrégations religieuses enseignantes, 1840-1960&lt;/em&gt;, Montréal: Boréal, 315 p.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GAUDREAU, Claire. 1994. &lt;em&gt;Les Délices de nos cœurs: Marie de l’Incarnation et ses pensionnaires amérindiennes 1639-1672&lt;/em&gt;, Sillery: Septentrion, 130 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;GLOBENSKY, Marie-Louise. &lt;em&gt;Journal &lt;/em&gt;(1862-1865). BAnQ, Fonds Alexandre-Lacoste, Boîte 6.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MARIE DE L’INCARNATION. 1971. &lt;em&gt;Correspondance&lt;/em&gt; (édition établie par Guy-Marie Oury), Solesmes : Abbaye Saint-Pierre, 1077 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MARTIN, Claire. 2005. &lt;em&gt;Dans un gant de fer&lt;/em&gt;, édition critique par Patricia Smart, Montréal: Presses de l’Université de Montréal, collection «Bibliothèque du Nouveau Monde», 667 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1965. &lt;em&gt;Dans un gant de fer&lt;/em&gt;, Montréal: Le Cercle du Livre de France, 235 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;NOËL, Francine. 2005. &lt;em&gt;La Femme de ma vie&lt;/em&gt;, Montréal: Leméac, 165 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PAYETTE, Lise. 1997. &lt;em&gt;Des femmes d’honneur. La vie privée 1931-1968&lt;/em&gt;, Montréal: Libre Expression, 279 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;PERRAULT, Ghislaine. &lt;em&gt;Journal &lt;/em&gt;(1922-1936), BAnQ, Fonds André-Laurendeau, Boîte 71 P2/B.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;RENAUD, Thérèse, 1978. &lt;em&gt;Une mémoire déchirée&lt;/em&gt;, Montréal: HMH, 163 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;SAINT-ONGE, Paule, 1979. &lt;em&gt;La Vie défigurée&lt;/em&gt;, Montréal: La Presse, 198 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;THÉORET, France. 2011. &lt;em&gt;Hôtel des quatre chemins&lt;/em&gt;, Lachine: Pleine Lune, 117 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 2006. &lt;em&gt;Une belle éducation&lt;/em&gt;, Montréal: Boréal, 148 p.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;________. 1993. &lt;em&gt;Journal pour mémoire&lt;/em&gt;, Montréal: L’Hexagone, 241 p.&lt;/p&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_ken5ai1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_ken5ai1&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; La première constitution des Ursulines de Québec, rédigée par Marie de l’Incarnation pour tenir compte des conditions du Nouveau-Monde et adoptée en 1647, permettait aux religieuses, malgré la règle du silence, de parler brièvement et de montrer de l’affection pour leurs élèves, «particulièrement envers les séminaristes sauvages qui doivent être les délices de leur cœur».&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_8r8jz7o&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_8r8jz7o&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Les références à ce livre dans l’article qui suit sont tirées de l’édition critique. Voir Martin 2005.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_ayqx08y&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_ayqx08y&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Conservées dans le Fonds Claire-Martin, 1956-1986, Bibliothèque et Archives Canada.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;S’il y a une expérience qui relie les femmes du Québec entre elles, de génération en génération, surtout pendant le siècle qui a précédé la Révolution tranquille, c’est bien celle de leur éducation au couvent. Filiation au féminin obligatoire et souvent négative, l’expérience du couvent se transmet de mère en fille par les effets durables qu’elle exerce sur les jeunes filles, préparées pendant leurs années d’études à assumer le rôle d’épouses parfaites et de mères dévouées. &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=7020&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Smart, Patricia&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2014. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/les-filles-de-marie-de-lincarnation-leducation-au-couvent-telle-quevoquee-dans-les-ecrits&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Les filles de Marie de l&#039;Incarnation: l&#039;éducation au couvent telle qu&#039;évoquée dans les écrits personnels de jeunes filles et de femmes au Québec&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/articles/les-filles-de-marie-de-lincarnation-leducation-au-couvent-telle-quevoquee-dans-les-ecrits&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/articles/les-filles-de-marie-de-lincarnation-leducation-au-couvent-telle-quevoquee-dans-les-ecrits&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023. Publication originale : (&lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Filiations du féminin&lt;/span&gt;. 2014. Montréal : Institut de recherches et d&#039;études féministes (IREF). coll. Agora, vol. Cahier de l&#039;IREF).&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Les+filles+de+Marie+de+l%26%23039%3BIncarnation%3A+l%26%23039%3B%C3%A9ducation+au+couvent+telle+qu%26%23039%3B%C3%A9voqu%C3%A9e+dans+les+%C3%A9crits+personnels+de+jeunes+filles+et+de+femmes+au+Qu%C3%A9bec&amp;amp;rft.isbn=978-2-920045-44-4&amp;amp;rft.date=2014&amp;amp;rft.volume=Cahier+de+l%26%23039%3BIREF&amp;amp;rft.aulast=Smart&amp;amp;rft.aufirst=Patricia&amp;amp;rft.pub=Institut+de+recherches+et+d%26%23039%3B%C3%A9tudes+f%C3%A9ministes+%28IREF%29&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Fri, 08 Apr 2022 12:00:20 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexia Giroux</dc:creator>
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 <title>«The Heroin Diaries» ou ressentir la douleur de Nikki Sixx</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/carnets/ecritures-sous-influence-presence-des-drogues-en-litterature-contemporaine/the-heroin</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-intro field-type-text-long field-label-hidden&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item clearfix even&quot;&gt;&lt;p&gt;Depuis une dizaine d&#039;années, les autobiographies de &lt;em&gt;rockstars&lt;/em&gt; se multiplient sur les rayons des librairies. Des musiciens à la vie abracadabrante, tels qu&#039;Ozzy Osbourne, Keith Richards, Slash, Lemmy Kilmister et Steven Tyler, comptent tous leur autobiographie (quoiqu&#039;elles sont co-écrites avec un auteur-fantôme), souvent de remarquables succès de vente. Les autobiographies de &lt;em&gt;rockstars&lt;/em&gt; traitent du «croustillant», de ce qui relève du «potinage»; les lecteurs (et les fans) ont accès à la vie «sexe, drogues et rock n&#039; roll» par les mots même du principal intéressé, ils peuvent interpréter les comportements de leurs musiciens préférés, savoir et expliquer la «vérité». Parmi les révélations des autobiographies, la consommation de drogues est un genre de mesure étalon de l&#039;attitude typique d&#039;une &lt;em&gt;rockstar&lt;/em&gt;. En ce sens, ces autobiographies regorgent de récits et d&#039;aveux concernant les drogues. Parfois même, elles tournent autour des drogues. C&#039;est le cas de &lt;em&gt;The Heroin Diaries: a year in the life of a shattered rock star&lt;/em&gt;, le journal intime de Nikki Sixx, le bassiste de Mötley Crüe, publié en 2007.&lt;/p&gt;

&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 03 Aug 2021 13:40:00 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexandra Boilard-Lefebvre</dc:creator>
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 <title>Nos fantômes et nos vies. Littérature et théâtre aux prises avec l’amnésie sociale (Didier Eribon et Edouard Louis)</title>
 <link>https://oic.uqam.ca/fr/communications/nos-fantomes-et-nos-vies-litterature-et-theatre-aux-prises-avec-lamnesie-sociale</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;h4&gt;&amp;nbsp;&lt;/h4&gt;&lt;h4&gt;&lt;u&gt;Présentation de la communication&lt;/u&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;En souscrivant à la proposition de Stanislas Nordey d’écrire pour le théâtre, Édouard Louis choisit de revenir à la figure paternelle, déjà au cœur de son premier roman &lt;em&gt;En finir avec Eddy Bellegueule&lt;/em&gt; (2014). Raconter sa nécessaire fuite du milieu de son enfance s’apparentait alors à une tentative de «faire mémoire» pour mieux comprendre les raisons de son départ. Quatre ans plus tard, l’auteur emprunte une voie à la fois complémentaire et paradoxale, puisque, dans &lt;em&gt;Qui a tué mon père&lt;/em&gt;, il prend le chemin du retour et cherche à retrouver son père en dépassant la simple relation filiale pour faire entendre la voix de ce «père [...] privé de la possibilité de raconter sa propre vie» (p.10). Édouard Louis devient à la fois le porte-voix de cette figure paternelle invisible et celui de la communauté des ouvriers du Nord de la France, réduits au silence et à l’oubli. En écrivant «l’histoire [du] corps» (p.84) de son père, il réussit à reconfigurer la mémoire collective en partant des oubliés, de ceux sur lesquels on n’écrit pas et engage un nécessaire combat politique et littéraire, celui de la «littérature de confrontation». Choisir de faire sortir de l’oubli ceux qui ont été abandonnés par les responsables politiques, c’est aussi s’inscrire dans la démarche engagée par Didier Eribon avec &lt;em&gt;Retour à Reims &lt;/em&gt;(2009): dépasser la simple chronique personnelle pour interroger les mécanismes de domination et d’oblitération conduisant à l’oubli.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h4&gt;&lt;u&gt;Archive vidéo de la communication&lt;/u&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;&lt;iframe allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen=&quot;&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/W6N-s1x2u1E&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; width=&quot;560&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;

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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;p&gt;En souscrivant à la proposition de Stanislas Nordey d’écrire pour le théâtre, Édouard Louis choisit de revenir à la figure paternelle, déjà au cœur de son premier roman&amp;nbsp;&lt;em&gt;En finir avec Eddy Bellegueule&lt;/em&gt;&amp;nbsp;(2014). Raconter sa nécessaire fuite du milieu de son enfance s’apparentait alors à une tentative de «faire mémoire» pour mieux comprendre les raisons de son départ. Quatre ans plus tard, l’auteur emprunte une voie à la fois complémentaire et paradoxale, puisque, dans&amp;nbsp;&lt;em&gt;Qui a tué mon père&lt;/em&gt;, il prend le chemin du retour et cherche à retrouver son père en dépassant la simple relation filiale pour faire entendre la voix de ce «père [...] privé de la possibilité de raconter sa propre vie» (p.10). Édouard Louis devient à la fois le porte-voix de cette figure paternelle invisible et celui de la communauté des ouvriers du Nord de la France, réduits au silence et à l’oubli. En écrivant «l’histoire [du] corps» (p.84) de son père, il réussit à reconfigurer la mémoire collective en partant des oubliés, de ceux sur lesquels on n’écrit pas et engage un nécessaire combat politique et littéraire, celui de la «littérature de confrontation». Choisir de faire sortir de l’oubli ceux qui ont été abandonnés par les responsables politiques, c’est aussi s’inscrire dans la démarche engagée par Didier Eribon avec&amp;nbsp;&lt;em&gt;Retour à Reims&amp;nbsp;&lt;/em&gt;(2009): dépasser la simple chronique personnelle pour interroger les mécanismes de domination et d’oblitération conduisant à l’oubli.&lt;/p&gt;

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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=6385&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Edy, Delphine&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2021. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/nos-fantomes-et-nos-vies-litterature-et-theatre-aux-prises-avec-lamnesie-sociale-didier&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Nos fantômes et nos vies. Littérature et théâtre aux prises avec l’amnésie sociale (Didier Eribon et Edouard Louis)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». Dans le cadre de &lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Des amnésies mémorables. La mise en texte et en images de l’oubli collectif&lt;/span&gt;. Colloque organisé par Université Paris 8/Université de Montréal/CRIST, Centre de recherche interuniversitaire en sociocritique des textes. En ligne, 2 juin 2021. Document vidéo. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/communications/nos-fantomes-et-nos-vies-litterature-et-theatre-aux-prises-avec-lamnesie-sociale&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/communications/nos-fantomes-et-nos-vies-litterature-et-theatre-aux-prises-avec-lamnesie-sociale&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023.&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Nos+fant%C3%B4mes+et+nos+vies.+Litt%C3%A9rature+et+th%C3%A9%C3%A2tre+aux+prises+avec+l%E2%80%99amn%C3%A9sie+sociale+%28Didier+Eribon+et+Edouard+Louis%29&amp;amp;rft.date=2021&amp;amp;rft.aulast=Edy&amp;amp;rft.aufirst=Delphine&amp;amp;rft.pub=Universit%C3%A9+Paris+8%2FUniversit%C3%A9+de+Montr%C3%A9al%2FCRIST%2C+Centre+de+recherche+interuniversitaire+en+sociocritique+des+textes&amp;amp;rft.place=En+ligne&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 08 Jun 2021 18:23:46 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexandra Boilard-Lefebvre</dc:creator>
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 <title>Enquêtes biographiques. Énigme et énigmatique dans le cadre des récits déceptifs (Russell Banks, Claudio Magris, Antonio Muñoz Molina, Jean-François Vilar)</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-cahier-remix field-type-entityreference field-label-above&quot;&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Portés disparus: précarités humaines dans le roman d&amp;#039;enquête contemporain &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Université du Québec à Chicoutimi&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/profils/mellier-denis&quot;&gt;Mellier, Denis&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item clearfix even&quot;&gt;&lt;p&gt;Les quatre romans dont il sera question ici ne composent pas un &lt;em&gt;corpus&lt;/em&gt; aux contours précisés: ce ne sont que les éléments d’un genre ou d’un sous-genre, que je pourrais désigner du nom d’&lt;em&gt;enquêtes biographiques&lt;/em&gt;. Ils ouvrent un champ possible, et particulièrement extensible, fait de fictions contemporaines dans lesquelles apparaissent comme déterminants la tentative et le souci de raconter l’autre: un autre disparu, mort, enfui, parti en laissant plus ou moins de traces; un autre dispendieux ou avare de signes laissés, de bribes de documents, d’écrits, de témoignages, de photos, de lettres, de mémoires lacunaires, de récits inachevés, de versions multiples et contradictoires de ce que fut le tissu et l’énigme de sa vie. Une vie minuscule, simple, mineure ou une vie entrant en pleine collision avec la grande Histoire, une vie aussi à l’héroïsme gigantesque au cœur du quotidien, ou au contraire, une vie recluse, perdue, gâchée en un seul instant -et dont toute la suite va constituer une sorte d’expiation secrète. J’appelle donc ces quatre romans, selon un ordre singulier, qui n’est pas celui de la chronologie de leur publication.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le premier, &lt;em&gt;Enquête sur Sabre&lt;/em&gt;, de Claudio Magris, (&lt;em&gt;Illazioni su una sciabola&lt;/em&gt;, Garzanti, 1985), raconte l’histoire d’un religieux érudit, à la fin de sa vie, qui écrit une longue lettre à un ami. Il y expose les résultats d’une enquête historique qu’il a menée sur le général Krasnov, mort dans des conditions encore mystérieuses en Carnie, une région située dans le Frioul, au nord-est de l’Italie. Son corps a été retrouvé enterré, un sabre brisé à ses côtés. Krasnov était à la tête d’un régiment de cosaques anti-bolchéviques qui combattit au côté des Allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Les nazis leur avaient promis un territoire en Carnie, où les cosaques pourraient fonder leur propre état. Les documents, le témoignage et les livres d’histoires multiplient les versions contradictoires des conditions de la mort de Krasnov, devenu une véritable figure de légende. Les contradictions de ces versions lacunaires, les discordances manifestes entre les souvenirs, les témoignages, les archives et les récits historiques amènent le narrateur à s’intéresser, comme il le formule lui-même, moins à la vérité elle-même qu’aux raisons d’une falsification de l’histoire. Butant sur l’opacité de l’Histoire et l’impossibilité de parvenir à une interprétation satisfaisante et concordante des traces et des versions, l’enquête est finalement déceptive.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le deuxième, &lt;em&gt;Hamilton Stark&lt;/em&gt;, est une métafiction américaine publiée par Russell Banks, en 1978. Le narrateur se propose d’écrire un roman sur son ami A., qu’il appellera Hamilton Stark. Celui-ci a disparu, laissant sa voiture avec trois impacts de balles dans la vitre côté conducteur. Si l’on ne suit pas la quête pour retrouver A., on suit en revanche l’enquête romanesque que le narrateur poursuit pour expliquer la singularité de son ami, un personnage hors norme, solitaire, radical, mutique et violent. Les témoignages de sa fille –qui elle-même écrit un roman sur son père, A., le nommant Alvin Stock (&lt;em&gt;stark&lt;/em&gt;: rigide, austère, &lt;em&gt;stark mad&lt;/em&gt;: fou furieux; &lt;em&gt;stock&lt;/em&gt;: banal, commun, cliché) –, les interviews de ses ex-épouses, au nombre de cinq, des propos glanés auprès des témoins de sa vie et les réflexions admiratives du narrateur à propos de la personnalité de son ami disparu constituent une double enquête: l’une portant sur le roman se faisant et les vicissitudes de l’élaboration d’une vie par l’écriture qui cherche à saisir le sens, l’autre sur cette existence même, ses étapes, ses ruptures, ses événements majeurs qui permettraient alors de saisir la personnalité exacte de A. Butant sur l’opacité d’une vie, les contradictions que révèlent les versions, l’enquête est déceptive.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le troisième roman, &lt;em&gt;Beatus Ille&lt;/em&gt;, de l’espagnol Antonio Muñoz Molina, est paru en 1986. Un jeune homme enquête sur la mort mystérieuse d’un poète républicain abattu en 1947 par les franquistes. Amené à s’éloigner de Madrid, il séjourne dans la ville où le poète Solana a été tué, qui est aussi la ville où réside son oncle. Les temporalités se mêlent et le lecteur glisse du récit de la vie de Solana à l’interprétation de ses écrits, et à l’enquête que mène le narrateur, sans toujours de solution de continuité marquée entre les voix, les époques, les versions d’un même événement selon les points de vue. Continûment se pose, dans le roman, la question de l’identité d’un je qui intervient dans le texte, assume la régie de l’ouverture et de la conclusion du récit. La levée de son identité offre une perspective qui redistribue ultimement l’ensemble des données du roman, les récits, les secrets, les identités, la solution aux morts successives en raison desquelles les vies des survivants se sont passées. Devant l’opacité de l’Histoire, de ses versions, des secrets qui perdurent et des incompréhensions du présent, l’enquête est déceptive.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;Nous Cheminons entourés de fantômes aux fronts troués&lt;/em&gt;, publié en 1993, Jean-François Vilar, retrouve un enquêteur photographe, Victor B., déjà connu de ses lecteurs. Resté otage trois années durant, Victor rentre à Paris à la veille de la chute du mur de Berlin, en 1989. Quelques jours après ce retour, son compagnon de détention, Alex Katz, meurt dans des conditions mystérieuses. Victor se lance dans une enquête historique complexe qui le conduit sur les fronts des avant-gardes surréalistes, des affrontements entre trotskystes et staliniens dans le Paris de 1938, puis des destins, exposés dans le journal du père d’Alex, Alfred Katz, qui attendent des personnages qui seront, selon les termes de l’un d’entre eux, «tous trahis et floués par l’Histoire, et qui ne savent pas dans quel camp ils seront dans deux ans» (p.96). Passé et présent s’entrelacent et conduisent Victor de Paris à Prague la nuit de l’élection de Václav Havel, dans un tissage virtuose de manuscrits, de voix, de témoignages, de superposition de discours sur la continuité du désir révolutionnaire et la déception et la mélancolie qui rendent poignant le combat démesuré des individus pris dans le flux de l’Histoire du XXème siècle et de ses totalitarismes. Au terme du trajet historique et politique qu’offre le roman, les solutions émergent, trop peut-être, les doubles jeux expliquent les attitudes et les choix, les sacrifices et les mises à mort, les exécutions et les comptes à rendre qui n’épargnent pas même les victimes (p.465). Mais, à mesure que ces explications viennent répondre à des questions soulevées par Victor au cours de son enquête historique, bien d’autres interrogations surgissent dont l’errance nocturne à Prague, dans les dernières pages du roman, fait prendre conscience: elles portent sur l’Histoire, la farce ou l’espoir du rêve révolutionnaire, la possibilité, selon le moto surréaliste, non seulement de changer le monde, mais également de vouloir «changer la vie»; des interrogations qui portent donc sur le champ intime de la fidélité aux principes, aux histoires, aux amours, aux amitiés, aux souvenirs, aux spectres intimes qui voyagent auprès de chacun de nous et que dit, magnifiquement, la phrase de Natalia Sedova, la seconde épouse de Trotsky, que Vilar a choisie pour titre. Au terme de l’enquête de Victor B., le récit apporte ses conclusions: loin d’être impossibles à entendre, les réponses sont tristes, injustes, effroyables, c’est alors tout autant les histoires que l’Histoire qui sont déceptives et décevantes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans ces résumés, que signifie le terme de «déceptif»? Contentons-nous pour l’instant de l’entendre comme l’antonyme de ce que serait un récit «conclusif», c’est-à-dire un récit qui clôt la séquence narrative qu’il a ouverte, qui répond à l’énigme qu’il a posée et sur laquelle il s’est construit, qui double donc son achèvement narratif d’une forme d’accomplissement herméneutique. Si ce caractère de complétude peut généralement qualifier bien des expériences narratives, il est un genre de la fiction narrative qui thématise fondamentalement l’enjeu de ce caractère conclusif. Ce genre se construit durablement, depuis les années 1830 jusqu’à aujourd’hui, quelles que ce soient les variations historiques de ses formulations, ou des modalités de la résolution des énigmes logiques, criminelles, herméneutiques qu’il pose comme son origine même, et à partir desquelles s’auto-engendre son développement en tant que texte et fiction.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si mon corpus est subjectif, il est aussi certain que, sur les mêmes motifs et sur les mêmes conclusions que j’ai soulignées dans la présentation des quatre textes, je pourrais aisément en convoquer des centaines d’autres dans le champ de la littérature moderne et contemporaine, et en les prenant dans toutes les aires linguistiques. On y trouverait ce que nous tenons comme le meilleur de la littérature du XXème siècle&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_4ggr9ro&quot; title=&quot;Il convient d’entendre par «meilleur de la littérature du XXe siècle» non pas l’expression d’une axiologie subjective, mais les expressions de conceptions exigeantes, complexes, réflexives d’un usage du roman et du récit qui s’est placé en son temps à la pointe des esthétiques romanesques.&quot; href=&quot;#footnote1_4ggr9ro&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. La liste est longue, de la modernité jusqu’à l’extrême contemporain: Gombrowicz, Perutz, Borges, Nabokov, Perec, Roubaud, Auster, De Lillo, Handke, Tabucchi, Ackroyd, Brautigan, Pynchon, Durrenmatt, Robbe-Grillet, Butor, Modiano, etc.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De tels romans ne composent pas un ensemble strictement générique mais partagent un ensemble de traits communs; j’en souligne quatre.&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;une commune structure d’enquête –partiellement reprise du récit policier, et cela dans des gestes de réécriture plus ou moins marqués de ses conventions génériques;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;une propension métalittéraire, réflexive et métafictionnelle;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;un commun souci de dire le passé (notamment historique) et/ou la vie d’autrui; ou encore, de dire l’un au moyen de l’autre, dire le tissage ou la résistance de l’un et de l’autre;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;une réflexion partagée sur la vanité de la rétrospection narrative dans son projet de parvenir à une connaissance du passé, et à comprendre finalement les motivations, la personnalité, le sens des choix et actions, bref, &lt;em&gt;la vie d’autrui&lt;/em&gt;; et cela indépendamment de la proximité que le narrateur (ou le personnage en position d’enquêteur) entretient avec cet autre, et quels que soient le soin et l’intelligence que ce narrateur et/ou personnage met à réunir preuves, traces et témoignages.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Mon propos est de nouer quatre romans partageant ces traits autour du motif narratif et herméneutique que je nomme les «enquêtes biographiques», car l’enquête –ce procédé interprétatif et cognitif que partagent policiers, médecins, sémiologues, magistrats, philologues, bibliographes, lexicographes, archéologues, contrôleurs fiscaux, psychanalystes, physiciens, et tant d’autres avec eux– porte sur la recomposition, le récit et l’interprétation de ce que fut une vie. L’enquête effectuée n’a donc d’autre projet au départ que de donner sens à l’énigme d’une mort ou d’une disparition dont le narrateur-enquêteur se propose de réordonner les éléments épars qui demeurent et qui sont le signe d’une présence, d’une inscription antérieure dans le monde, le langage, les actions caractérisant une subjectivité et, souvent aussi, les textes qu’elle a pu produire –en d’autres mots, les traces d’une existence et d’une présence qu’il s’agit de dire et de nommer afin de conjurer l’oubli.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces enquêteurs tentent alors d’opposer la continuité d’une chronologie, d’un texte &lt;em&gt;rétabli&lt;/em&gt; (comme on le dit de l’établissement d’un texte pour une édition critique) et d’une interprétation aux effets d’ellipses et de discontinuité qui trouent le tissu de l’existence d’autrui. Leurs enquêtes cherchent à dépasser tout ce qui perturbe également le texte même qu’ils cherchent à élaborer, le minant d’absence, promettant son échec, conduisant souvent ces enquêteurs au bord du renoncement. La relation constante, dans ces récits, entre le texte d’une vie et le texte second qui raconte cette vie les voue à une inévitable dimension métatextuelle et réflexive.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Réflexifs, ces textes ont une propension à l’être parce qu’à mesure que l’enquête avance et bute sur la résistance de la vie comme continuité interprétable, se pose sans cesse, au fil d’autocommentaires sur l’organisation même des données qu’il accumule, la question pour le narrateur de la mise en forme de son propre récit. Le narrateur de Banks a pour projet le roman qui raconte la vie de son ami, et celui de Muñoz Molina entend écrire une thèse permettant de résoudre l’énigme de la mort du poète républicain assassiné Solana. Ailleurs, c’est l’interprétation délicate de sources historiques abondantes et contradictoires pour comprendre la mort de Krasnov qui aboutit à une épître qui se fait réflexion à la fois sur l’histoire, sur l’âge et le rapport à la foi, et sur l’illusion qui a porté cette communauté cosaque aux marges de l’Europe en guerre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien que Victor B. ne se place pas en position de scripteur de son enquête, le roman de Vilar développe néanmoins d’incessantes transmédiations à visée réflexive. Elles invitent à lire les échanges métatextuels entre les photos, les enregistrements, les journaux, les archives, le cinéma, la poésie surréaliste, au-delà de leur thématisation dans l’intrigue, comme d’authentiques métadiscours sur la capacité des formes (artistiques, médiatiques, discursives) à exprimer et retenir le souvenir, l’inscription du passé et sa présence spectrale dans le présent&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_hail1m9&quot; title=&quot;Cela s’entend continûment, dans le roman, dans des passages de ce type: «Je m’étais d’abord attaché à remémorer mes photos, sélectionnant les meilleurs, celles surtout qui pouvaient stimuler une petite histoire, entraîner un enchaînement d’anecdotes. Ensuite, j’avais essayé de les classer par thèmes, par époques. Une vraie gymnastique, plutôt vaine et fatigante» (p.81); «C’est comme un soldat dont on a annoncé la mort et qui réapparait. On est content et plutôt embarrassé. La disparition avait un sens, pas le retour. Depuis que je suis là, à chaque fois que j’ai pensé à une photo, j’ai eu l’impression de vouloir fabriquer un souvenir, de combler un oubli d’avant mon enlèvement» (p.81-82).&quot; href=&quot;#footnote2_hail1m9&quot;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon propos n’est pas de lire en eux-mêmes la réflexivité de ces romans, leur discours métalittéraire, leurs autocommentaires sur leur forme et leur projet, les jeux spéculaires qu’ils dispensent sur le plan narratif ou, dans le cas de Russell Banks, l’inscription franche de son deuxième roman dans un moment métafictionnel caractéristique du roman américain des années 70, et dont il s’émancipera. Je penserai ces données réflexives dans la perspective spécifique de ces tentatives romanesques d’aboutir à un récit d’autrui, à une saisie biographique de l’autre, fût-ce au travers d’un projet de type littéraire&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_1y7haff&quot; title=&quot;À l’inverse, je l’ai dit, le geste réflexif est, chez Vilar, bien moins frontal pour se faire déplacer, analogique, relevant plutôt d’une construction critique ou lectorale qui en accentue alors, aux fins de sa lecture, le degré d’évidence. Ainsi est-il noté que c’est en réessayant sa vieille Underwood que Victor se remet à l’écriture (p.187).&quot; href=&quot;#footnote3_1y7haff&quot;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il s’agit donc d’envisager plutôt comment ces propriétés et caractéristiques des textes sont utilisées chez ces auteurs dans la perspective particulière des «enquêtes biographiques» Le projet des «enquêtes biographiques» se trouve au principe même de ces développements réflexifs. Le motif de la quête d’autrui, de son passé, d’une description possible de son existence, de ses motivations, de ses actions, qui atteignent à une forme de compréhension potentielle de ce qu’il est ou, la plupart du temps, de ce qu’il fut, est à l’origine de ce geste réflexif par lequel se mettent en crise les formes et les possibilités du geste biographique ainsi que les formes de l’écriture qui s’attachent à l’entreprise de cette reconstruction. Cette hypothèse touche à une idée différemment développée selon les critiques du roman policier et qui entend souligner la relation des formes policières et des dimensions métalittéraires, la part que l’une prend dans et/ou au moyen de l’autre. Autrement dit, les dimensions réflexives sont-elles un passager clandestin, une plus-value littéraire amenés par certains auteurs aux jeux formulaires, contraints et génériquement surdéterminés du récit policier? Ou les dimensions réflexives sont-elles consubstantielles à la forme policière, sa fiction sémiotique, ses imaginaires de l’enquête et de l’interprétation?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les descriptions formalistes du roman policier&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_c7exg7e&quot; title=&quot;Uri Eisenzweig, Le récit impossible, forme et sens du roman policier, Paris, Bourgois, 1986, 357 p.; Soshana Felman, «De Sophocle à Japrisot (via Freud) ou pourquoi le policier», Littérature, n°1, vol. 43, 1983, p. 23-42.&quot; href=&quot;#footnote4_c7exg7e&quot;&gt;4&lt;/a&gt;, les lectures fictionnalistes ou logiques, les relectures politiques, les manières d’essentialiser la tâche mémorielle du récit policier relativement aux crimes et aux fautes du passé laissés sans réponses ni soins&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_w98ped8&quot; title=&quot;En ce sens, du reste, la question de la Seconde Guerre mondiale est centrale dans les développements du polar européen.&quot; href=&quot;#footnote5_w98ped8&quot;&gt;5&lt;/a&gt;: toutes ces descriptions et ces approches offrent des manières de reconnaître, dans des romans qui ne sont pragmatiquement pas marqués sur le plan générique (leur auteurs récusant l’inscription dans la périphérie du genre, ou dans les paratextes toute relation au genre), des traits que l’on peut rattacher à l’imaginaire policier au moins pour trois raisons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À partir de la constante de l’énigme, et quelle qu’en soit la nature, ces récits reposent sur:&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;la rétrospection;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;l’investigation (l’enquête, la collection de données, leur interprétation), ce que Felman, appelle l’enjeu même du roman policier, qui est d’être une «question interprétative»;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;la résolution (qu’elle s’impose comme logique ou coup de théâtre); c’est en ce sens que l’on peut conclure, et relativement à cet idéal programmatique, au caractère conclusif ou déceptif du récit de l’enquête.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Nos quatre romans partagent tous, si ce n’est l’agencement formel et structural qui les inscrirait sans ambiguïté à l’intérieur du modèle policier, le jeu de conjoint de la rétrospection et de l’investigation; tous les quatre laissent attendre, comme leur horizon, celui de la résolution, un projet qu’affirment selon des degrés variables de motivation et d’obsession les personnages d’enquêteurs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, c’est un constat commun que de dire la réticence de la littérature contemporaine face au caractère conclusif, bouclé, achevé des formes et des récits, des intrigues et des arguments. On pourrait même faire de la subversion de ces dimensions des données sans cesse reprises au fil des ruptures successives sur lesquels se jouent, se rejouent, voire se &lt;em&gt;surjouent&lt;/em&gt;, les esthétiques contemporaines du récit et les innovations que celles-ci entendent opposer aux formes antérieures et jugées traditionnelles, communes ou démonétisées. De là, l’étonnante et constante relation du roman policier et des avant-gardes romanesques. Pourquoi la forme la plus contrainte par l’emprise de sa résolution et sa composition formelle, par la remise en ordre narrative mais aussi idéologique a-t-elle à ce point offert d’attraits pour les projets subversifs, novateurs et critiques, et continue-t-elle à le faire?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Robbe-Grillet parlait du caractère totalitaire du roman policier, non pas parce qu’il fallait y voir le roman de la police –de la remise en ordre politique et idéologique–, mais en raison de la clôture formelle qui préside à sa composition. Ces propos s’inscrivent dans une époque où Robbe-Grillet défendait les enjeux du «sens suspendu», selon ses propres termes. Dans un entretien avec Uri Eisenzweig, il mettait en garde contre la confusion entre les romans où le sens n’était suspendu qu’en l’attente de sa résolution et ceux dans lesquels la suspension du sens demeurait irréductible (&lt;em&gt;Littérature&lt;/em&gt;, n°49, 1983, pp.16-22). On voit bien que &lt;em&gt;Les Gommes&lt;/em&gt;(1953) ou &lt;em&gt;Souvenirs du triangle d’or&lt;/em&gt; (1978), dans leur proximité avec les imaginaires du roman policier et du roman d’espionnage, s’inscrivent nettement dans cette seconde catégorie. Pour bien comprendre ce qui se joue dans cette survalorisation moderne de la suspension du sens, revenons brièvement à Todorov&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_culkuuw&quot; title=&quot;«Typologie du roman policier», dans Poétique de la Prose, Paris, Seuil, 1978, p.55-65.&quot; href=&quot;#footnote6_culkuuw&quot;&gt;6&lt;/a&gt;, pour qui il ne saurait y avoir de chef-d’œuvre du roman policier. Il exprime moins un jugement de valeur qu’un imaginaire de la littérature dans lequel un chef-d’œuvre procède de la rupture d’avec les normes et impose une esthétique et une poétique radicalement neuves. Dans cette perspective, le meilleur roman policier ne peut-être que celui qui remplit le mieux les formes conventionnelles qui l’identifie. Chercher à les transcender, c’est alors quitter le roman policier pour la littérature, ou le subvertir radicalement, c’est-à-dire l’achever en tant que forme. Ainsi, l’antagonisme de la littérature et du roman policier serait celui de la forme fermée sur ses déterminations d’une part, et, de l’autre, de l’écriture émancipée, dans son propre projet, du poids de ces déterminations. Persister à vouloir les convoquer ne pourrait au mieux que permettre de constituer l&lt;em&gt;a toile de fond&lt;/em&gt; temporaire sur laquelle se produiraient les ruptures hétérodoxiques qui, dans l’imaginaire promu par l’analyse de Todorov, identifiaient alors la littérature. C’est pourquoi deux perspectives peuvent être envisageables dans la relation persistante entre la forme policière et les écritures modernes, postmodernes et contemporaines:&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;la première revient à dire que, dans de tels usages littéraires du matériau policier, ou devant un polar à la tenue littéraire hautement saluée par la critique, &lt;em&gt;c’est là bien plus que du roman policier&lt;/em&gt;. Le cas d’école semble être la &lt;em&gt;Trilogie New Yorkaise&lt;/em&gt; de Paul Auster, tant ce dépassement de la forme est orchestré par le métadiscours de son auteur lui-même, éventuellement au prix de réductions peu nuancées: «les romans policiers apportent des réponses, mes romans ne posent que des questions»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_l8ucwqk&quot; title=&quot;Paul Auster, L’Art de la faim, Arles, Actes Sud, 1992, p. 284;voir pour une lecture de la question policière dans l’œuvre de Paul Auster notre article «Double Policier et Trilogie New-Yorkaise: Paul Auster et la littérature policière», La Licorne, n°44, 1998, p.183-208.&quot; href=&quot;#footnote7_l8ucwqk&quot;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;la seconde postule que les développements que portent les textes de «l’enquête biographique» ne se produisent pas &lt;em&gt;en défaut&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;en dépit&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;au-delà&lt;/em&gt; de la forme policière, mais tout au contraire, en procèdent. Ces développements et possibilités sont alors le produit des formes de questionnements originaires du roman policier dont elles dépendent: la démonstration pourrait patiemment s’effectuer par une relecture serrée de l’intertexte poesque de la &lt;em&gt;Trilogie New Yorkaise&lt;/em&gt; par exemple.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Il s’agit donc de toiles de fond &lt;em&gt;sans lesquelles&lt;/em&gt; il serait impossible de faire émerger les enjeux singuliers de ces œuvres. Les questions des écritures modernes et contemporaines ne seraient donc ni &lt;em&gt;plus-values&lt;/em&gt; ni &lt;em&gt;passagers clandestins&lt;/em&gt; amenés par des intelligences joueuses et des écritures distanciées, mais elles ne pourraient se déployer qu’à partir du jeu de possibilités littéraires et métalittéraires inscrites dans la forme même et son potentiel de variations.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Edgar Poe illustre parfaitement cette perspective. En trois récits classiques, nous héritons de trois problèmes qui sont tout à la fois les conditions de possibilités du roman policier et ses apories.&lt;/p&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;«Le double assassinat de la Rue Morgue» ou l’aporétique du récit de chambre close. Il y a là une programmatique du roman policier tout entier ramené au paradoxe de son formalisme. La chambre close, et le paradoxe du meurtre qui s’y déroule, valent comme la métaphore d’un récit s’auto-engendrant à partir de la formulation de ses réponses (rétrospection de l’écriture) ou de ses questions (dynamique herméneutique des récits).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;«Le mystère de Marie Roget» ouvre, à travers le mythe du grand lecteur actif, le «&lt;em&gt;armchair detective&lt;/em&gt;», le champ d’une métatextualité obsessionnelle et d’un jeu d’analogie qui n’en finit plus d’être exploré, où l’enquête est la métaphore de le lecture, l’assassin, celle de l’auteur, l’enquêteur, celle du lecteur et le crime, celle d’un texte.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;«La lettre volée» fonde la tension de l’abstraction comme plaisir du texte et de la nécessité sémiotique de l’enquête. En effet, ce conte de Poe offre au roman policier sa figure majeure: la disparition. Perte, retrait ou absence sont bien davantage la grande question du récit policier que la mort violente qui en est l’hyperbole ou l’inscription la plus voyante, la plus dramatisée. L’énigme ou la mort sont des figures de la disparition, l’une en attente de sa solution ou de sa déception, l’autre comme figuration de la violence et de sa part dans la vie.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;p&gt;En reprenant ces caractéristiques natives, constitutives du récit policier et de ce qui constituera sa postérité littéraire et métalittéraire, on comprend mieux que la fiction de méthode inventée par Poe croise les doutes de la modernité et qu’il ait contribué tout autant à les écarter qu’à les exprimer, moins pour les conjurer que pour les inscrire dans l’horizon même du littéraire. Ce sont là les vertus modestes du roman policier selon Borges, qui y voyait la seule forme à avoir conservé, dans une époque de désordre (le modernisme) et de chaos, les vertus simples de l’ordre&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_wwpyrtl&quot; title=&quot;Jorge Luis Borges, «Le roman policier», Œuvres Complètes, Tome 2, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2010, p.771&quot; href=&quot;#footnote8_wwpyrtl&quot;&gt;8&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais attention à ne pas faire de Borges, ici, le chantre de la voie/voix totalitaire du roman policier dont parlait Robbe-Grillet: on voit précisément dans les nouvelles qu’il a écrites dans une relation explicitée au roman policier (selon l’introduction qu’il donne à la première section de &lt;em&gt;Fictions&lt;/em&gt;, «Le jardin aux sentiers qui bifurquent» ou «La Mort et la Boussole»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_zppkom2&quot; title=&quot;Jorge Luis Borges, «Le jardin aux sentiers qui bifurquent» et «La Mort et la Boussole», Fictions, dans Œuvres Complètes, Tome 2, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2010, p.449-508 et p.525-535.&quot; href=&quot;#footnote9_zppkom2&quot;&gt;9&lt;/a&gt;) la mise en tension du formalisme, de l’idéal structurel qu’il offre, et à partir de lui, de l’infini des solutions que l’intelligence des réécritures peut produire: on entre ici dans le jeu de la structure et de la variation, de l’exploration des potentiels s’auto-engendrant à partir des contraintes propres à une forme&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_sqywba7&quot; title=&quot;Ce qui est vrai ici de Borges, l’est également de l’emploi oulipien du roman policier, de Perec à Roubaud, et, bien sûr, jusqu’à l’OULIPOPO (OUvroir de LIttérature POtentiel POlicière).&quot; href=&quot;#footnote10_sqywba7&quot;&gt;10&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La question du lien du policier et de la littérature ne peut se limiter à celle d’une reprise (réécriture, intertextualité, parodie, pastiche) du matériau générique en une écriture qui se pense pragmatiquement hors de l’enclave des genres; ni davantage à une reprise de traits structuraux qui nous permettent d’identifier un type de récit, et que la critique du roman policier a parfaitement décrits&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_xus0sdb&quot; title=&quot;En matière de construction narrative, on pense à la thèse du double récit et récit impossible d’Eisenzweig; on peut également penser, en fait de lecture indiciaire et de paradigme de l’indice au texte fondateur de Carlo Ginzburg («Signes, traces, pistes. Racines d&#039;un paradigme de l&#039;indice», dans Le Débat, 1980, n° 6, p.3-44) et sa postérité sémiotique.&quot; href=&quot;#footnote11_xus0sdb&quot;&gt;11&lt;/a&gt;; ni non plus à la reprise d’un ensemble de traits stéréotypiques attachés aux décors, au personnel romanesque et aux imaginaires de la sexualité, de la violence, de la corruption, de la vengeance ou de la mort, ou tout autre élément thématique déterminant pour les arguments policiers.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les reprises du roman policier qu’opèrent les quatre romans à l’étude sont patentes et se vérifient sur différents plans&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref12_etl1f2o&quot; title=&quot;Ainsi, un travail de micro-lecture montrerait facilement les continuités et les déplacements qu’opèrent singulièrement les auteurs (l’érudition du armchair detective chez Magris, l’écho du thème religieux qui évoque un Father Brown à la Chersterton, en plus métaphysique et moins comique, ou à l’opposé l’univers méta-polar post-Manchette commun au polar français de gauche. Voir à ce propos Elfriede Müller et Alexandre Ruoff, Le polar français. Crime et histoire, Paris, La Fabrique, 2002,126 p.&quot; href=&quot;#footnote12_etl1f2o&quot;&gt;12&lt;/a&gt;. Je voudrais maintenant en accentuer certains aspects pour voir, à partir de la persistance du matériau policier, comment ces romans font surgir des approches singulières. Pour le dire autrement, j’aimerais examiner la façon dont la reprise d’un matériau ou d’un imaginaire commun, en tout cas suffisamment plastique pour que quiconque s’en saisisse ou soit à même de le lire, devient d’&lt;em&gt;autant plus&lt;/em&gt; le lieu d’une forte subjectivation des écritures et d’une singularité des fictions ici exposées dans ces quatre textes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On trouve sans peine dans ces romans de multiples mentions de l’aptitude des personnages d’enquêteur à noter des liens secrets entre les choses, à établir des tressages d’analogies entre des éléments disparates et singuliers, à produire des enchaînements de causalités –mais cela non pas sur le modèle de l’assurance positive d’un savoir antérieur et constitué ou de la génialité hautaine de Sherlock Holmes. Leur aptitude relève plutôt de la pathologie –la maladie de la littérature chez le romancier espagnol– ou d’une position orthogonale du personnage par rapport au flux courant de la vie sociale. Sur ce point, on reste au cœur d’un motif structural essentiel du roman policier: l’excentricité du détective, au sens de ses idiosyncrasies sûrement, mais surtout de sa position de décentrement nécessaire à la qualité singulière de son regard sur les choses. Mais cette excentricité est ici plutôt maladive, lié à marginalité défaillante, à l’inadaptation à son temps: c’est le cas du photographe de Vilar et ses idéaux politiques dépassés par le totalitarisme et le libéralisme. Son cap ne se tient qu’en fonction de fidélités au passé ou avec la reprise de telles valeurs dans le présent historique. C’est ce que semble vivre –ou vouloir vivre –le narrateur lors de la révolution de velours à laquelle il assiste, à Prague en 1989, dans les dernières pages du roman. L’aptitude de ces enquêteurs à établir des liens secrets entre les choses n’est pas le signe de toute la tradition d’interprétation qui, depuis l’article célèbre de Carlo Ginzburg, «Signes, traces et pistes, naissance d’un paradigme de l’indice» et la lecture néo-peircienne de Sebeok et Eco, caractérise la fiction sémiotique du récit policier&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref13_yl1m3gy&quot; title=&quot;Sur ces questions je renvoie à mes articles, «L’Illusion logique du récit policier», dans Philosophies du roman policier, Saint-Cloud, École normale supérieure de Fontenay Saint-Cloud, 1995, p.77-99 et «Réflexivité du détail: mises en scène meurtrières et interprétations policières», Études romanesques, no 7, 2002, p.15-26. Voir Carlo Ginzburg «Signes, traces, pistes. Racines d&#039;un paradigme de l&#039;indice», dans Le Débat, 1980, n°6, p.3-44; et Umberto Eco et Thomas Sebeok (dir.), Le Signe des trois. Dupin, Holmes, Peirce, Liège, Presses universitaires de Liège, 2015 [1984], 276 p.&quot; href=&quot;#footnote13_yl1m3gy&quot;&gt;13&lt;/a&gt;. Dans nos récits de l’enquête biographique, cette aptitude se manifeste plutôt sous l’espèce d’une pensée inquiète ou sensible aux discordances et aux hiatus, aux choses inachevées ou laissées comme en suspens, oubliées ou abîmées, non pas parce qu’en les ré-enchaînant sur le plan logique ou causal une interprétation serait envisageable, mais plutôt parce qu’il en va d’une sensibilité ou d’une perception apte à relever les fêlures et les discordances pour elles-mêmes. Ici, les enquêteurs sont réceptifs aux étrangetés non pas tant pour la téléologie narrative d’une résolution possible, mais plutôt selon une logique double: le conservatoire et la possibilité d’exister (d’occuper l’existence). Chez Vilar, cette double exigence se complète d’une perspective politique de réparation, face à la violence aveugle de l’Histoire&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref14_gso10dl&quot; title=&quot;On retrouve là un thème majeur de la fiction contemporaine: attester pour les vies mutilées, minuscules, oubliées.&quot; href=&quot;#footnote14_gso10dl&quot;&gt;14&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si l’on retrouve alors souvent dans ces romans le grand motif de l’ennui holmésien, le désœuvrement existentiel est vidé de sa singularité dandy et de son solipsisme héroïque: c’est un héros atone, fatigué, observateur et souvent dépassé par les enjeux et les complexités pratiques de l’enquête. Ainsi, chez Muñoz Molina:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;En ce temps-là, Minaya percevait les choses avec une clarté qui ressemblait beaucoup à de l’émerveillement, et il inventait sans cesse entre elles des liens mystérieux qui, s’ils ne lui expliquaient pas le monde, le peuplaient de fables et de menaces. (p.12)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Inadaptation à la chronologie historique et politique du temps présent, confie, chez Vilar, l’ami de Victor, Marc, directeur d’un journal anciennement gauchiste et dans lequel on peinerait à ne pas reconnaître Serge July et l’inflexion libérale de &lt;em&gt;Libération &lt;/em&gt;entreprise dès le début des années 1980. Victor est l’incarnation vivante de ce contre-temps nostalgique: il est l’homme dont les aiguilles de la montre tournent à l’envers (p.293). Ainsi chez Vilar ce type de remarques: «Lourcet se piquait au jeu, s’amusait du désordre de l’échantillonnage qu’il me livrait, de ses trous de mémoire, de la précision injustifiable de certains de ses souvenirs.» (p.198) Dans la bouche de Laurent, l’agent qui file Victor, depuis son retour, on trouve de tels propos: «Pourquoi cette chambre, la 13, était-elle la même que la vôtre? Pourquoi ces coïncidences gigognes, toute cette crasse analogique dans laquelle vous vous complaisez?» (p.290); «J’enregistre, je stocke. Je suis paranoïaque par méthode pas par conviction maladive» (p.292); «Nous nous sommes livrés à la logique des associations proliférantes» (p.449).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chez Magris, le narrateur âgé occupe une position de retrait qu’interrompt seulement un rituel d’amitié hebdomadaire. Autrement homme de promenades, de lectures et de méditation, son aptitude à noter les incohérences dans les recoupements de documents lui confère une lucidité surplombante, certainement, mais douloureuse: «Il y a, mon cher Mario, des révélations qui arrivent quand il est trop tard pour démêler les nœuds du piège que nous fabriquons à nos propres dépends» (p.53)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Deux là deux constats. Premièrement, les enquêteurs font le deuil de la méthode et constatent le désordre des signes, leur prolifération. On le voit chez Vilar:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Elle servit la vodka, s’assit devant le mur couvert de photos, de graphiques, de plans, de cartes postales, proposa que l’on trinque. Elle observa le puzzle-labyrinthe, les genoux repliés sous le menton. Je ne m’étais pas rendu compte de sa prolifération. (p.392)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Ce n’était pas tant de la colère que de la déception. Katz restait une énigme molle sans véritable consistance. Plus d’une fois j’avais cru saisir un indice, un point d’amarrage. Tout s’était toujours dérobé. Le mur était l’exact symptôme de cette confusion. Ses entrelacs ne menaient nulle part, ne faisaient qu’ajouter au ridicule de mon impasse. (p.393)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si nos récits notent tous la prolifération des informations, des recoupements possibles, celle-ci s’articule, chez Banks et Molina, comme on le verra plus avant, avec un caractère fictionnel et écrit de l’existence. Ce dernier opacifie les enchaînements possibles pour les enquêteurs, car fiction et écriture supposent une figure extérieure inaccessible, aux desseins impénétrables, dont les principes de composition et d’agencement opposent à l’interprétation policière une manière d’arbitraire autotélique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le second constat conduit à retrouver, dans sa continuité tout autant que dans ses distorsions, le paradigme de l’enquête réflexive et de la subjectivation critique, tel que Paul Auster l’exprime à l’ouverture de &lt;em&gt;Cité de Verre&lt;/em&gt; en faisant résonner l’expression &lt;em&gt;Private Eye &lt;/em&gt;en &lt;em&gt;Private I&lt;/em&gt;; on y entend l’articulation des dimensions de l’enquête, du regard, de l’introspection et de la subjectivation. Venue des consciences malheureuses du &lt;em&gt;Hard Boiled&lt;/em&gt; et du roman noir (d’où le signe noir sous lequel se place le roman de Vilar), l’enquête est donc réflexive à un autre titre: elle est subjectivement réflexive, produit un retour, un renvoi spéculaire sur celui qui la mène. L’enquête est auto-adressée, et dans la biographie d’autrui se logent des gestes autobiographiques manifestes pour les enquêteurs des romans en question: historiques chez Vilar, existentiels chez Molina, littéraires chez Banks. Réflexif, l’objet renvoie au sujet: les procédures déceptives de nos romans de l’enquête biographique retournent alors l’investigation sur l’objet, sur l’autre recherché en direction de celui qui mène l’enquête et qui se trouve alors auto-biographiquement exposé par le souci qu’il a de l’autre. Le trajet qu’il entreprend, l’attention qu’il consacre à l’objet de se recherche font apparaître dans son propre texte un récit de soi, peut-être involontaire mais hautement révélateur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chez Muñoz, cette fragilité ou ce caractère orthogonal de l’enquêteur s’exprime par un idéal aliéné à la littérature comme destin:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Je me suis souvenu et j’ai écrit, j’ai déchiré les pages où je n’avais écrit que le nom de Mariana, j’ai eu obstinément recours aux superstitions de la littérature et de la mémoire pour faire comme s’il y avait dans les actes de cette nuit-là un ordre nécessaire. (p.215)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Mais à l’époque où je l’ai connue et où je suis tombé amoureux d’elle, je vous parle de Mariana, j’étais comme vous je préférais le mystère, fut-ce au prix du mensonge, et je pensais que la littérature ne servait pas à éclairer la part obscure des choses, mais à les remplacer. (p.310)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Destins héroïques et idéaux qui affectent tout autant le personnage du jeune thésard de 1969 que celui du poète républicain de 1947. La dénonciation de la radicalité et de l’idéalité aveugle de cette perspective s’exprime chez Muñoz Molina sous l’expression de l’imposture, commune à Solana le poète et à Minaya son jeune commentateur.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Je pensais que grâce à Dieu, il était définitivement rayé du monde, et tu viens me dire que tu vas écrire un livre sur lui, comme si on pouvait écrire un livre sur rien, sur une imposture. (p.83)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette accusation de la littérature comme destin et comme configuration fallacieuse de la réalité, des amours et des engagements, est de fait chez Muñoz Molina une réaction à l’excès formaliste et autotélique du roman de la génération moderniste, du nouveau roman et d’un roman qui a oublié et déserté les realias, le romanesque, l’Histoire. Le débat est commun, et il s’inscrit dans son époque (1986). On trouve ce retour à l’Histoire et au dehors dans toutes les littératures qui ont connu ces moments que Vincent Kaufmann dans un récent essai, appelle l’aventure théorique (1960-1980) et qui correspond aux formes réflexives et à une pensée dépragmatisée de la fiction, du récit et de la littérature&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref15_bdizz2y&quot; title=&quot;Vincent Kaufmann, La faute à Mallarmé. L’Aventure de la théorie littéraire, Paris, Seuil, 2011, 336 p.&quot; href=&quot;#footnote15_bdizz2y&quot;&gt;15&lt;/a&gt;. Le coup de force du roman de Molina est d’utiliser un très haut niveau de jeu réflexif et métalittéraire –dans les emboitements et les mélanges des voix– précisément pour construire une démonstration critique sur le pouvoir fallacieux de la littérature à ourdir des pièges et des illusions qui détournent du présent et de la vie. Muñoz Molina donne, comme en passant, un indice décisif pour la compréhension de la structure d’ensemble du roman et de la question des identités narratives –bref, le piège qui attend non seulement Minaya, mais aussi le lecteur: «Parfois Solana écrivait à la première personne, et parfois à la troisième, comme s’il avait voulu occulter la voix qui racontait et devinait tout, pour donner ainsi le ton à la narration le ton d’une chronique impossible» (p.100).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme chez Nabokov ou Borges, le détail est noyé dans le flux du texte et difficile à projeter dans la structure qui se déploie. En ce sens, le jeu des détails montre que les dimensions métalittéraires induites par le travail d’enquête biographique ne sont pas là pour seulement explorer et célébrer les potentialités des renouvellements formelles&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref16_h61lobc&quot; title=&quot;Ce sera aussi le cas avec l’aveuglement obsessionnel du narrateur à projeter en Hamilton Stark une figure démiurgique, bigger than life, héroïque, sans vouloir voir, au nom du projet de livre qu’il porte, le portrait du salaud, égoïste, névropathe, violent et manipulateur (p.93).&quot; href=&quot;#footnote16_h61lobc&quot;&gt;16&lt;/a&gt;. Ces détails, sources de distorsions concrètes dans la lecture du texte, sont en tant que tels les modalités d’une mise en crise des relations de l’écriture, de la littérature et de la vie -&lt;em&gt;i.e.&lt;/em&gt; de l’autre investiguée, comme vie propre des enquêteurs-biographes, vie qui se donne à lire pour nous, dans le geste double de l’enquête et de l’écriture de l’enquête.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si les récits de l’enquête biographique étaient porteurs d’une dimension anthropologique –en ce que l’anthropologie est connaissance de et sur l’homme–, ce serait une anthropologie bloquée, lacunaire, suspendue, dont la leçon paradoxale est précisément l’incertitude qui en devient la leçon paradoxale. Un tel constat est évidemment une donnée anthropologique et culturelle en elle-même, qui doit être comprise comme inhérente au contemporain. Les enquêtes biographiques en sont une des formes de récits majeurs en opérant à l’interface d’une vie portée disparue et d’une autre s’attachant à agir dans la ressaisie de la disparition. Ce que j’appelais l’enquête «déceptive» est donc le signe non d’un échec, mais d’un déplacement; celui-ci postule moins un savoir ou sa possibilité comme terme de l’entreprise narrative qu’une prise en compte, un constat. C’est-à-dire l’intégration d’une série de données essentiellement significatives mais cependant difficiles ou impossibles à coordonner entre elles. Et il s’agit surtout des données dont la nature du savoir qu’elles produisent est douteux, incertain, associatif, analogique ou métaphorique: moins un contenu qu’une figure qui fait signe depuis le passé, la mémoire, le souvenir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Je m’étais d’abord attaché à remémorer mes photos, sélectionnant les meilleures, celles surtout qui pouvaient stimuler une petite histoire, entraîner un enchaînement d’anecdotes. Ensuite, j’avais essayé de les classer par thèmes, par époques. Une vraie gymnastique, plutôt vaine et fatigante. (p.81)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;C’est comme un soldat dont on a annoncé la mort et qui réapparait. On est content et plutôt embarrassé. La disparition avait un sens, pas le retour. Depuis que je suis là, à chaque fois que j’ai pensé à une photo, j’ai eu l’impression de vouloir fabriquer un souvenir, de combler un oubli d’avant mon enlèvement. (p.81-82)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces récits mettent donc en œuvre un savoir fondé sur l’hétérogène, un assemblage précaire d’éléments qui substituent aux figures de la continuité et de la causalité portées par l’idéal policier de l’enquête celles d’une &lt;em&gt;méthode mineure&lt;/em&gt; (entendre en contre-point, décalée), un &lt;em&gt;bricolage&lt;/em&gt; dont il n’est même pas certain qu’il finisse par proposer autre chose que la tentative même du récit qui le constitue: c’est, exemplairement, ce que dit la métafiction du roman de Banks. Le livre que je lis est-il celui que le narrateur a en projet décrire, ou bien ne suis-je pas plutôt en train de lire seulement l’archive préparatoire au livre, une enquête auto-génétique tout autant faite de la recherche de Hamilton Stark que de la constitution d’un roman &lt;em&gt;Hamilton Stark&lt;/em&gt;? À moins que la distinction de ces deux hypothèses n’ait finalement pas de sens véritable À moins que la métafiction ne soit bien moins le marquage d’un dedans et d’un dehors, perturbés par les jeux de montage et de métalepses, que le lieu même où de telles distinctions ont cessé d’être pertinentes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le roman de Banks, le narrateur décide d’écrire un roman sur son ami A, en utilisant un personnage nommé Hamilton Stark qui sera construit comme un double littéraire de A. Dans son roman, il intègre des passages d’un roman que Rochelle, la fille de A, écrit à propos de son père et dans lequel elle le nomme Alvin Stock. Le titre du roman de Banks souligne tout autant le nom du personnage et donc le projet hétérodiégétique de son narrateur (raconter la vie de l’autre), que l’inscription homodiégétique qui rapporte l’entreprise du livre se constituant, dans ses avancées et ses difficultés. C’est notamment le cas du chapitre qui oppose le narrateur à Rochelle alors qu’il vient tout simplement d’intégrer à son propre roman des passages de celui que la jeune femme lui avait donnés à lire. L’enquête adopte régulièrement une perspective autocentrée sur le narrateur permettant de parvenir à d’autres perceptions de A. à travers l’implication renouvelée du narrateur. Cette perspective est adoptée lors des passages mettant en scène la figure d’un lecteur et interprète intradiégétique en la personne d’un ami du narrateur, désigné comme C. A l’occasion d’échanges entre le narrateur et son ami C. à propos de l’évolution du manuscrit, on assiste à un désaccord croissant à propos de la personnalité de Hamilton Stark. Pour C., Stark est «un homme dangereux, à la passivité manipulatrice, aux instincts meurtriers» et affecté d’«un conflit œdipien non résolu» (p.357-358).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parce que le roman de Vilar est le plus ouvertement attaché à l’imaginaire policier, parce que l’histoire de Victor est elle-même au cœur de sa rétrospection des vies d’Alex et d’Alfred Katz, et parce qu’enfin, la relation de Victor avec Gaïl et, plus encore Solveig, est développée sur le plan dramatique, la dimension homodiégétique est la plus affirmée des trois romans. Ce développement permet précisément des projections analogiques entre le passé et le présent nourries de contenus empathiques, de compréhension à distance et de colères rétrospectives. Tout comme celui de Solana chez Muñoz, le personnage de Lourcet chez Vilar joue le rôle de grand ordonnateur, secret et silencieux, figure de l’Auteur masqué, se tenant au seuil de la mort. On lit chez Muñoz Molina: «Construisons-lui le labyrinthe qu’il souhaite, pensais-je, donnons-lui non la vérité mais ce qu’il suppose qui est arrivé, et les pas qui conduiront à trouver le roman et à découvrir le crime.» (p.307) Chez Vilar, cette fonction est celle l’enregistrement que Lourcet a fait parvenir à Victor et que ce dernier écoute lors d’une nuit d’errance alcoolisée à Prague.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si les narrateurs, ou certains personnages, se révèlent en position d’auteur, si certains auteurs que l’on croyait morts ou disparus s’avèrent être à la source même de la machination textuelle et historique que nous lisons, les quatre textes imposent un constat commun qui s’identifie alors à la question de la métafiction. Il ne s’agirait pas de la métafiction comme genre de la fiction contemporaine, &lt;em&gt;gimmick &lt;/em&gt;ou ensemble de procédés. Il conviendrait de l’envisager plutôt comme un déploiement de questions ou comme les conditions de possibilité de l’élaboration de certaines expériences de pensée relatives à la fictionnalité des existences.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un trait commun de ces romans réside dans leur manière de noter le caractère fictionnel de leurs personnages de disparus ou de ceux qui ont contribué à leur effacement: il s’agit non pas tant, dans cette fictionnalisation, d’une perte de consistance affectant les personnages que d’une manière d’être au monde qui fait part à la fiction, d’une qualité d’être particulière. Ainsi chez Magris&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref17_u4rjfiw&quot; title=&quot;On se reportera pour des notations analogues dans les deux autres romans à Molina (p.307) et Banks (p.370-371).&quot; href=&quot;#footnote17_u4rjfiw&quot;&gt;17&lt;/a&gt;:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Naturellement, je ne crois pas un mot de ces suppositions exaltantes. Mais ce qui me frappe, c’est que dans chaque élément et dans chaque variante de cette histoire, on trouve toujours le même motif, revenant de façon obsédante, on rencontre continuellement des personnages et des figures qui entrent dans une péripétie tout droit sortis d’un livre où ils ont déjà vécu ou raconté leur vie, et voilà qu’ils doivent répéter, comme des ombres de corps réels, des gestes déjà accomplis et déjà transmis à la mémoire» (p.60)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chez Vilar la formulation est cependant différente car planent l’urgence historique des combats, les trahisons, les liquidations, les luttes. Et, au final, c’est l’inconsistance qui s’impose: «J’avais suivi. J’avais été un Alfred Katz qui n’avait jamais existé. Pas même un personnage de fiction, un stupide fantôme fantoche à la défroque retaillée» (p.442). Voilà bien une caractéristique de l’objectif de Vilar, Il ne s’agit pas simplement recomposer le sens perdu dans les strates du passés et les contours incertains de ses acteurs; il ne s’agit pas non plus de seulement –dans la conscience du temps qu’expose le narrateur au fil de ses lectures et de son enquête, au moyen d’une obsession, nettement thématisée dans le roman, de la chronologie, de la topographie ou de la géographie politiques et littéraires des villes –permettre la communication des époques entre elles (Révolution française, période surréaliste, invasion de Prague, histoire du mouvement trotskyste, histoire de Katz et d’Abigaïl, du père de Katz, Albert, et de Mila, ou encore histoire du narrateur avec Solveig et Abigaïl). Le narrateur n’apparaît pas comme la conscience focale et centralisatrice de ces flux historiques et individuels que son récit permettrait d’organiser, de faire communiquer entre eux, au moyen d’une syntaxe, peut-être complexe, mais au final simplement lisible. Il y va d’une perte de la motivation historique et politique qui portait les engagements radicaux de la jeunesse de Victor, comme celle du jeune trotskyste Albert Katz: il persiste, chez Victor, une vision de l’avenir reposant sur un idéal qui a échoué dans le passé; cette vision ne peut alors faire retour que comme spectre (donc comme blessure, béance, trou, stigmates que manifestent les morts, ainsi que le dit au titre la formule de Natalia Sedova), dans un présent où le moindre matériau historique –c’est-à-dire, potentiellement, la moindre rue, pierre, monuments, adresses de Paris –se charge des signes de cette persistance. Au lecteur de juger alors ce dont est porteuse la voix des narrateurs: c’est en fait, ici, une voix commune, et que l’on trouve avec plus ou moins de talent dans la formulation, chez tous les écrivains policiers français, fils de Manchette, et venus de l’extrême-gauche radicale post-soixante-huit: Daeninckx, Topin, Benacquista, Pouy, Jonquet.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On a pu entendre, dans un passage cité plus haut (p.290-291), que Laurent, un enquêteur qui suit Victor depuis sa libération d’ex-otage, s’emporte contre la crasse analogique qui produit raccourcis, confusion et erreurs dans la perception des rapports entre les choses. La voix de Laurent, fidèle à la possibilité d’un ordre causal et rationnel, s’oppose aux arguments, relevés précédemment, quant à l’absence de sens et de justice portée par l’Histoire.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;- Vous croyez à ce que vous dites?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Je ne crois rien, je recoupe. J’établis des liens. Depuis le début, je pense qu’il n’y a pas de hasard dans cette affaire. Le hasard n’existe pas. Il n’y a que des liens de causalité encore obscurs (…). (p.291)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais à la certitude policière de Laurent ont répondu, plus haut dans le texte, les caractérisations de la déraison historique, dans les propos de Lourcet ou de Solveig:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Je suppose qu’il y a eu des débats, des textes, que certains avaient raison contre d’autres. À qui peut-on demander de le savoir? Tout cela est mort, enseveli. C’est peut-être injuste. L’Histoire n’est pas juste. Elle est insensée. (p.228)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Les vérités cachées ne vont pas tarder à devenir officielles, sans aucune conséquence sur le cours de choses. L’héroïsme des oppositionnels de jadis et d’hier sera salué, pour mieux être oublié. L’Histoire n’est pas juste, elle n’a pas de morale. Les réhabilitations ne sont qu’une farce anecdotique. (p.279)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le métadiscours dans le passage sur la méthode de l’enquête se fait alors encore plus précis sous la plume de Vilar au moyen d’un renvoi à la matière même de l’écriture et de la production de l’interprétation –ou au renoncement qu’en font les personnages. Nous avons déjà croisé, dans le roman, le personnage du veilleur de nuit, dans l’hôtel où Laurent et Victor débattent et boivent.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;A quelques mètres derrière son comptoir, le clone de Burroughs avait repoussé son clavier. Il coupait et découpait ses bandes de papier, les collait et les recollait avec une opiniâtreté inespérée. Lui aussi avait la conviction qu’un sens latent était prêt à jaillir de tous ces bouts de discours, qu’il suffisait de trouver le bon branchement, le raccordement jamais osé, pour que la lumière se fasse, pour que le grand récit s’impose, en dehors de la volonté hésitante de ses protagonistes. Je n’avais rien contre cette hypothèse. (p.291)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le personnage du veilleur de l’Hôtel Git-le-Cœur, dans le quartier de la rue de Bucci à Paris, est décrit comme un clone physique de Burroughs qui en reprend aussi la pratique littéraire du &lt;em&gt;cut up&lt;/em&gt;. Le veilleur apparaît alors comme la métaphore d’un idéal policier du sens avec lequel on n’en a pas nécessairement fini, y compris dans la forme littéraire que la collection «Fiction &amp;amp; Cie» promet à ses lecteurs. Quel lecteur, amateur du sens suspendu, ne désire pas aussi –au terme de l’enquête, après les tours et les détours qu’offrent effectivement bien le roman de Vilar, ses rebondissements, son intrigue– l’advenue du sens? Car le roman de Vilar, est bien un roman romanesque, qui n’a pas renoncé à la fabula, convoquant des dimensions politiques, éthiques, esthétiques comme l’univers romanesque de Vilar, se faisant roman historique avec l’évocation du Paris des luttes entre staliniens et trotskystes, et de l’amour fou surréaliste de Nadja et de Breton, rejoué par le personnage de Mila et de Gaïl?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La ruse de Villar, dans ce passage du veilleur de nuit, est de ne pas prêter directement cette analyse à Victor mais, au moyen du clone burlesque de Burroughs, d’identifier un désir d’ordre et de sens, celui du policier Laurent. On goûtera la ferveur de l’adhésion de Victor à ce programme: «Je n’avais rien contre cette hypothèse».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien sûr, dans cette analogie, veilleur de nuit et policier, font un contre-sens de lecture sur le procédé même du &lt;em&gt;cut-up&lt;/em&gt; burroughsien, qui n’a jamais signifié que, par lecture patiente de la contiguïté, un chiffre, une énigme, enclos dans le texte, permettraient heureusement, une fois percés, de remonter au sens. Tout au contraire, le procédé burroughsien est libération des contraintes de la conscience et du langage, et la liberté du collage associatif est la condition d’un sens littéralement inouï. À moins de cela, l’originalité du découpage ne serait que le nouveau manteau d’un jeu ancien au terme duquel le sens, la continuité et la causalité se verraient heureusement restaurés au prix de quelques tourments formalistes des agencements.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On l’a vu, il n’y a pas, ou plus, dans les romans de l’enquête biographique, d’illusion possible quant à la saisie rétrospective totale d’une vie, à la possibilité de comprendre par le récit la vie d’un autre, le sens assuré de ses histoires ou des motivations qui l’ont porté. Les récits continuent à être faits, mais ils reposent sur un renoncement qui est leur condition de possibilité. Les sensibilités des quatre écrivains, au-delà d’un commun rapport à l’histoire chez les trois Européens, disent différemment ce constat. Les quatre romans regorgent de passages où s’exprime le désespoir des narrateurs à saisir ce qui se dérobe: infra-ordinaire, notation du rien, de l’impossibilité de l’expression, confusion et contradiction insoluble des versions, lacunes des fragments, etc. Il ne faut pas nécessairement entendre, dans ces métadiscours romanesques, une déflation tragique ni la vanité d’une entreprise vouée, à défaut d’autre chose, à ses seules capacités d’auto-engendrement; il s’agit souvent, dans le détail des instants les plus métatextuels, d’une condition de l’écriture s’affirmant en une recherche orgueilleuse chez Molina: «ce qui compte ce n’est pas qu’une histoire soit vraie ou soit fausse mais que l’on sache la raconter» (p.292), ou plus incertaine, chez Vilar, à moins qu’elle ne soit plus violente également: «J’essayais d’être bref, précis. Je fus maladroit. Le récit m’excédait, mes mots venaient mal.» (p.178). «Qui m’excédait»: un récit qui dépasse celui qui le tente; un récit insupportable qui l’agace.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le récit de l’enquête biographique prend acte de l’absence de totalité, qu’elle soit biographique, psychologique ou historique. Il concède l’impermanence des contenus interprétables et opère le relevé des choses dans la nudité muette de leur présence: «seules durent les choses qui ont toujours appartenu à l’oubli, le stylo, le briquet, une paire de chaussures, une tache d’encre comme une trace sur le bois» (p.115)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De ces inscriptions de la trace, des marques, des résidus, le roman policier a tiré la question de l’énigme et de la résolution; de la reprise de ces mêmes inscriptions, les récits modernes de l’enquête –par exemple le modèle que Stefano Tani décrit comme &lt;em&gt;anti-detective novel&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref18_8ojd9z4&quot; title=&quot;Stefano Tani, The Doomed detective: The Contribution of the Detective Novel to Postmodern American and Italian Fiction, Carbondale, Southern Illinois University Press, 1984, 183 p.&quot; href=&quot;#footnote18_8ojd9z4&quot;&gt;18&lt;/a&gt; et qui correspond à la subversion déceptive de l’assurance policière– ont tiré, eux, la déceptivité et l’impermanence comme recharges du sens. Il y a une dynamique spéculaire de ce régime policier contemporain analogue au renversement fantastique: en régime fantastique, la mise en crise du sens n’est pas un manque ou un échec du sens mais bien au contraire, un effet de sens reposant sur son absence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais l’énigme n’est pas l’énigmatique. Et pas même si l’énigme n’est pas pleinement, entièrement résolue vaut-elle nécessairement pour une notation de l’énigmatique. Tout au plus, les romans, en thématisant cette irrésolution, peuvent-ils faire sentir une inscription de ce que l’on peut entendre par ce terme d’énigmatique. On doit la notion à Jean Bessière&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref19_93fa7nz&quot; title=&quot;Jean Bessière, Énigmaticité de la littérature. Pour une anatomie de la fiction au XXe siècle, Paris, Presses Universitaires de France, 1993, 239 p.&quot; href=&quot;#footnote19_93fa7nz&quot;&gt;19&lt;/a&gt; et on peut l’entendre comme l’idée d’une persistance, d’un résidu imprescriptible qui ne se confond pas avec les contenus sémantiques ou les descriptions des poétiques successives pour rendre compte des formes littéraires: cela par quoi le fait de la littérature, sa factualité, se désigne quelles que soient les formes et les significations de ses arguments.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment ces quatre romans inscrivent-ils la question anthropologique et éthique d’un geste qui ne s’interrompt pas alors que le constat de son efficacité pragmatique sur le monde est nul ou caduque dans le champ contemporain?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Revenons à Vilar et à la question des dates et des anniversaires, une habitude peut-être obsessionnelle pour Victor qui, au fil du récit, ne cesse de se livrer à une sorte de numérologie mémorielle qui fait surgir, du moindre nombre, des références oubliées ou des événements mémorables. Ainsi le livre s’achève-t-il, aux dernières lignes, sur la date du 21 août. Quelles en sont les résonances historiques? Le 21 août 1941, à Paris, un militant communiste de 22 ans, Pierre Georges, futur «c&lt;em&gt;olonel Fabien&lt;/em&gt;», se rend au métro Barbès et abat le premier Allemand qu&#039;il croise sur le quai, l&#039;aspirant Moser. Le 21 août 1968, les chars soviétiques entrent dans Prague. Le 21 août 1940, Trotsky est assassiné à Coyoacán. Sommes-nous simplement devant l’une de ces analogies fascinantes et fausses dans le piège desquelles Laurent reprochait à Victor de tomber? Est-ce là le chiffre –sottement secret– des lignes narratives et historiques tissées au cours du roman de Vilar et dont le signe &lt;em&gt;in extremis&lt;/em&gt; vient clore le roman? «Parmi les petites annonces, à quelques pas, je trouvai celle qui m’était destinée, toute nouvelle. Solveig me donnait rendez-vous, le 21 août. Sans plus de précisions. Heureusement». (476).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais la méthode de la convergence énigmatique des dates, le jeu vertigineux de l’anniversaire, avait été très tôt pointée dans le roman:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Nous avions été enlevés un 20 janvier. Ce qui nous permettait de fêter sans sectarisme, la condamnation de Louis Capet, la mort de Lénine, la naissance de Fellini et celle de Raymond Roussel, le départ de Lenz dans la montagne. (p.49)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La superposition des lignes temporelles et des événements arrive à une consistance de l’écriture qui ne trouve sa motivation que dans la coïncidence, la contiguïté comme source de la subjectivation, le montage comme processus d’élaboration. L’énigme est celle que le 21 août laisse entrevoir, ouvrant un mouvement vers le futur encore susceptible d’avoir lieu mais à condition que rien du passé ne soit effacé: c’est là la tâche proprement politique du roman de Vilar, et aussi, différemment, de ceux de Magris et de Muñoz Molina. L’énigmatique résiderait ici dans le fait que la coïncidence des dates résiste à une définition stricte de sa leçon, alors même qu’elle se manifeste dans le récit. La coïncidence montre le fait même de l’écriture qui la constitue comme l’effet de résistance et de persistance que les projets déceptifs des enquêtes contribuent non pas à annuler mais, tout au contraire, à rendre possible.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;h2&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/lart-de-la-faim&quot; id=&quot;node-70900&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Auster, Paul. 1992.&amp;nbsp;&lt;em&gt;L&#039;Art de la faim&lt;/em&gt;. Arles : Actes Sud.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/hamilton-stark&quot; id=&quot;node-70897&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Banks, Russell. 1978.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Hamilton Stark&lt;/em&gt;. Paris : Actes Sud, 352 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/enigmaticite-de-la-litterature-pour-une-anatomie-de-la-fiction-au-xxe-siecle&quot; id=&quot;node-70901&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Bessière, Jean. 1993.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Énigmaticité de la littérature. Pour une anatomie de la fiction au XXe siècle&lt;/em&gt;. Paris : Presses universitaires de France, 239 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/fictions&quot; id=&quot;node-70902&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Borges, Jorge Luis. 1944.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Fictions&lt;/em&gt;. Paris : Gallimard.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/le-signe-des-trois-dupin-holmes-peirce&quot; id=&quot;node-70903&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Eco, Umberto&amp;nbsp;et&amp;nbsp;Thomas&amp;nbsp;Sebeok. 1984.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le Signe des trois. Dupin, Holmes, Peirce&lt;/em&gt;. Liège : Presses universitaires de Liège, 276 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/le-recit-impossible-forme-et-sens-du-roman-policier&quot; id=&quot;node-53771&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Eisenweig, Uri. 1986.&lt;em&gt;&amp;nbsp;Le récit impossible. Forme et sens du roman policier.&lt;/em&gt; Paris : Christian Bourgeois.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/de-sophocle-a-japrisot-via-freud-ou-pourquoi-le-policier&quot; id=&quot;node-70904&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Felman, Soshana. 1983.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;De Sophocle à Japrisot (via Freud) ou pourquoi le policier&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Littérature&lt;/em&gt;, vol. 43, 1, p. 23-42.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/enquete-sur-sabre&quot; id=&quot;node-70896&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Magris, Claudio. 1985.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Enquête sur Sabre&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/double-policier-et-trilogie-new-yorkaise-paul-auster-et-la-litterature-policiere&quot; id=&quot;node-70905&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Mellier, Denis. 1998.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Double Policier et Trilogie New-Yorkaise: Paul Auster et la littérature policière&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;La Licorne&lt;/em&gt;, 44, p. 183-208.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/beatus-ille&quot; id=&quot;node-70898&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Molina, Antonio Muñoz. 1986.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Beatus Ille&lt;/em&gt;. Paris : Seuil, 352 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/double-assassinat-dans-la-rue-morgue&quot; id=&quot;node-64556&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Poe, Edgar Allen. 1841.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Double assassinat dans la rue Morgue&amp;nbsp;», dans&amp;nbsp;&lt;em&gt;Histoires extraordinaires&lt;/em&gt;. Paris : Le Livre de Poche, «&amp;nbsp;Classiques&amp;nbsp;», p. 287.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/signes-traces-pistes-racines-dun-paradigme-de-lindice&quot; id=&quot;node-70906&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Ginzburg, Carlo. 1980.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Signes, traces, pistes. Racines d&#039;un paradigme de l&#039;indice&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le Débat&lt;/em&gt;, 6, p. 3-44.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/les-gommes&quot; id=&quot;node-70907&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Robbe-Grillet, Alain. 1953.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Les Gommes&lt;/em&gt;. Paris : Minuit.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/souvenirs-du-triangle-dor&quot; id=&quot;node-70908&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Robbe-Grillet, Alain. 1978.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Souvenirs du triangle d&#039;or&lt;/em&gt;. Paris : Minuit.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/the-doomed-detective-the-contribution-of-the-detective-novel-to-postmodern-american-and&quot; id=&quot;node-70909&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Tani, Stefano. 1984.&amp;nbsp;&lt;em&gt;The Doomed Detective: The Contribution of the Detective Novel to Postmodern American and Italian Fiction&lt;/em&gt;. Carbondale : Southern Illinois University Press, 183 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/poetique-de-la-prose-choix-suivie-de-nouvelles-recherches-sur-le-recit&quot; id=&quot;node-53567&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Todorov, Tzvetan. 1971.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Poétique de la prose, choix, suivie de Nouvelles recherches sur le récit&lt;/em&gt;. Paris : Seuil, 192 p.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;&lt;article about=&quot;/fr/biblio/nous-cheminons-entoures-de-fantomes-aux-fronts-troues&quot; id=&quot;node-70899&quot; typeof=&quot;sioc:Item foaf:Document&quot;&gt;&lt;p&gt;Vilar, Jean-François. 1993.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués&lt;/em&gt;. Paris : Seuil.&lt;/p&gt;&lt;/article&gt;

&lt;section  class=&quot;footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed&quot; data-collapsible-show-label=&quot;Notes&quot; data-collapsible-hide-label=&quot;Notes&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;footnotes collapsible-content&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_4ggr9ro&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_4ggr9ro&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Il convient d’entendre par «meilleur de la littérature du XXe siècle» non pas l’expression d’une axiologie subjective, mais les expressions de conceptions exigeantes, complexes, réflexives d’un usage du roman et du récit qui s’est placé en son temps à la pointe des esthétiques romanesques.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_hail1m9&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_hail1m9&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Cela s’entend continûment, dans le roman, dans des passages de ce type: «Je m’étais d’abord attaché à remémorer mes photos, sélectionnant les meilleurs, celles surtout qui pouvaient stimuler une petite histoire, entraîner un enchaînement d’anecdotes. Ensuite, j’avais essayé de les classer par thèmes, par époques. Une vraie gymnastique, plutôt vaine et fatigante» (p.81); «C’est comme un soldat dont on a annoncé la mort et qui réapparait. On est content et plutôt embarrassé. La disparition avait un sens, pas le retour. Depuis que je suis là, à chaque fois que j’ai pensé à une photo, j’ai eu l’impression de vouloir fabriquer un souvenir, de combler un oubli d’avant mon enlèvement» (p.81-82).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_1y7haff&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_1y7haff&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; À l’inverse, je l’ai dit, le geste réflexif est, chez Vilar, bien moins frontal pour se faire déplacer, analogique, relevant plutôt d’une construction critique ou lectorale qui en accentue alors, aux fins de sa lecture, le degré d’évidence. Ainsi est-il noté que c’est en réessayant sa vieille Underwood que Victor se remet à l’écriture (p.187).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_c7exg7e&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_c7exg7e&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Uri Eisenzweig, &lt;em&gt;Le récit impossible, forme et sens du roman policier&lt;/em&gt;, Paris, Bourgois, 1986, 357 p.; Soshana Felman, «De Sophocle à Japrisot (via Freud) ou pourquoi le policier», &lt;em&gt;Littérature&lt;/em&gt;, n°1, vol. 43, 1983, p. 23-42.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_w98ped8&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_w98ped8&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; En ce sens, du reste, la question de la Seconde Guerre mondiale est centrale dans les développements du polar européen.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_culkuuw&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_culkuuw&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; «Typologie du roman policier», dans &lt;em&gt;Poétique de la Prose&lt;/em&gt;, Paris, Seuil, 1978, p.55-65.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_l8ucwqk&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_l8ucwqk&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; Paul Auster, &lt;em&gt;L’Art de la faim&lt;/em&gt;, Arles, Actes Sud, 1992, p. 284;voir pour une lecture de la question policière dans l’œuvre de Paul Auster notre article «Double Policier et Trilogie New-Yorkaise: Paul Auster et la littérature policière», &lt;em&gt;La Licorne&lt;/em&gt;, n°44, 1998, p.183-208.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_wwpyrtl&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_wwpyrtl&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; Jorge Luis Borges, «Le roman policier», &lt;em&gt;Œuvres Complètes&lt;/em&gt;, Tome 2, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2010, p.771&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_zppkom2&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_zppkom2&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; Jorge Luis Borges, «Le jardin aux sentiers qui bifurquent» et «La Mort et la Boussole», &lt;em&gt;Fictions&lt;/em&gt;, dans Œuvres Complètes, &lt;em&gt;Tome 2&lt;/em&gt;, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2010, p.449-508 et p.525-535.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_sqywba7&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_sqywba7&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; Ce qui est vrai ici de Borges, l’est également de l’emploi oulipien du roman policier, de Perec à Roubaud, et, bien sûr, jusqu’à l’OULIPOPO (OUvroir de LIttérature POtentiel POlicière).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_xus0sdb&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_xus0sdb&quot;&gt;11.&lt;/a&gt; En matière de construction narrative, on pense à la thèse du double récit et récit impossible d’Eisenzweig; on peut également penser, en fait de lecture indiciaire et de paradigme de l’indice au texte fondateur de Carlo Ginzburg («Signes, traces, pistes. Racines d&#039;un paradigme de l&#039;indice», dans &lt;em&gt;Le Débat&lt;/em&gt;, 1980, n° 6, p.3-44) et sa postérité sémiotique.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote12_etl1f2o&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref12_etl1f2o&quot;&gt;12.&lt;/a&gt; Ainsi, un travail de micro-lecture montrerait facilement les continuités et les déplacements qu’opèrent singulièrement les auteurs (l’érudition du &lt;em&gt;armchair detective&lt;/em&gt; chez Magris, l’écho du thème religieux qui évoque un Father Brown à la Chersterton, en plus métaphysique et moins comique, ou à l’opposé l’univers méta-polar post-Manchette commun au polar français de gauche. Voir à ce propos Elfriede Müller et Alexandre Ruoff, &lt;em&gt;Le polar français. Crime et histoire&lt;/em&gt;, Paris, La Fabrique, 2002,126 p.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote13_yl1m3gy&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref13_yl1m3gy&quot;&gt;13.&lt;/a&gt; Sur ces questions je renvoie à mes articles, «L’Illusion logique du récit policier», dans &lt;em&gt;Philosophies du roman policier&lt;/em&gt;, Saint-Cloud, École normale supérieure de Fontenay Saint-Cloud, 1995, p.77-99 et «Réflexivité du détail: mises en scène meurtrières et interprétations policières», Études romanesques, no 7, 2002, p.15-26. Voir Carlo Ginzburg «Signes, traces, pistes. Racines d&#039;un paradigme de l&#039;indice», dans &lt;em&gt;Le Débat&lt;/em&gt;, 1980, n°6, p.3-44; et Umberto Eco et Thomas Sebeok (dir.), &lt;em&gt;Le Signe des trois. Dupin, Holmes, Peirce, Liège&lt;/em&gt;, Presses universitaires de Liège, 2015 [1984], 276 p.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote14_gso10dl&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref14_gso10dl&quot;&gt;14.&lt;/a&gt; On retrouve là un thème majeur de la fiction contemporaine: attester pour les vies mutilées, minuscules, oubliées.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote15_bdizz2y&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref15_bdizz2y&quot;&gt;15.&lt;/a&gt; Vincent Kaufmann, &lt;em&gt;La faute à Mallarmé. L’Aventure de la théorie littéraire&lt;/em&gt;, Paris, Seuil, 2011, 336 p.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote16_h61lobc&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref16_h61lobc&quot;&gt;16.&lt;/a&gt; Ce sera aussi le cas avec l’aveuglement obsessionnel du narrateur à projeter en Hamilton Stark une figure démiurgique, &lt;em&gt;bigger than life&lt;/em&gt;, héroïque, sans vouloir voir, au nom du projet de livre qu’il porte, le portrait du salaud, égoïste, névropathe, violent et manipulateur (p.93).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote17_u4rjfiw&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref17_u4rjfiw&quot;&gt;17.&lt;/a&gt; On se reportera pour des notations analogues dans les deux autres romans à Molina (p.307) et Banks (p.370-371).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote18_8ojd9z4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref18_8ojd9z4&quot;&gt;18.&lt;/a&gt; Stefano Tani, &lt;em&gt;The Doomed detective: The Contribution of the Detective Novel to Postmodern American and Italian Fiction&lt;/em&gt;, Carbondale, Southern Illinois University Press, 1984, 183 p.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote19_93fa7nz&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref19_93fa7nz&quot;&gt;19.&lt;/a&gt; Jean Bessière, &lt;em&gt;Énigmaticité de la littérature. Pour une anatomie de la fiction au XXe siècle&lt;/em&gt;, Paris, Presses Universitaires de France, 1993, 239 p.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;De Sophocle à Japrisot (via Freud) ou pourquoi le policier&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Enquête sur Sabre&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Double Policier et Trilogie New-Yorkaise: Paul Auster et la littérature policière&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Beatus Ille&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Double assassinat dans la rue Morgue&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Signes, traces, pistes. Racines d&amp;#039;un paradigme de l&amp;#039;indice&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Les Gommes&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Souvenirs du triangle d&amp;#039;or&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;The Doomed Detective: The Contribution of the Detective Novel to Postmodern American and Italian Fiction&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;Poétique de la prose, choix, suivie de Nouvelles recherches sur le récit&lt;/div&gt;
          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=2048&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Mellier, Denis&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2021. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/enquetes-biographiques-enigme-et-enigmatique-dans-le-cadre-des-recits-deceptifs-russell-banks&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;Enquêtes biographiques. Énigme et énigmatique dans le cadre des récits déceptifs (Russell Banks, Claudio Magris, Antonio Muñoz Molina, Jean-François Vilar)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». Dans &lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Portés disparus: précarités humaines dans le roman d&#039;enquête contemporain&lt;/span&gt;. Cahier ReMix, n° 14 (04/2021). Chicoutimi, Université du Québec à Chicoutimi : Figura, Centre de recherche sur le texte et l&#039;imaginaire. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/remix/enquetes-biographiques-enigme-et-enigmatique-dans-le-cadre-des-recits-deceptifs-russell-banks&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/remix/enquetes-biographiques-enigme-et-enigmatique-dans-le-cadre-des-recits-deceptifs-russell-banks&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023.&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=Enqu%C3%AAtes+biographiques.+%C3%89nigme+et+%C3%A9nigmatique+dans+le+cadre+des+r%C3%A9cits+d%C3%A9ceptifs+%28Russell+Banks%2C+Claudio+Magris%2C+Antonio+Mu%C3%B1oz+Molina%2C+Jean-Fran%C3%A7ois+Vilar%29&amp;amp;rft.date=2021&amp;amp;rft.aulast=Mellier&amp;amp;rft.aufirst=Denis&amp;amp;rft.pub=Figura%2C+Centre+de+recherche+sur+le+texte+et+l%26%23039%3Bimaginaire&amp;amp;rft.place=Chicoutimi%2C+Universit%C3%A9+du+Qu%C3%A9bec+%C3%A0+Chicoutimi&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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 <pubDate>Fri, 19 Feb 2021 14:36:20 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Alexandra Boilard-Lefebvre</dc:creator>
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 <title>«La longue route» de Bernard Moitessier: quitter la terre pour habiter la mer</title>
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          &lt;div class=&quot;field-item clearfix even&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;em style=&quot;font-size: 0.8125rem;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je continue sans escale vers les îles du Pacifique parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme.&amp;nbsp;» (Moitessier, 2009&amp;nbsp;[1986]&amp;nbsp;:&amp;nbsp;312) C’est par ces quelques mots écrits le 18 mars 1969 que Bernard Moitessier abandonne officiellement le Golden Globe Challenge, course autour du monde à la voile dans laquelle il s’est lancé le 22 août et qu’il est en passe de remporter. En gagnant cette course, Moitessier deviendrait le premier navigateur à effectuer un tour du monde en solitaire sans escale; partant, il entrerait dans l’histoire.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

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 <pubDate>Tue, 02 Apr 2019 19:29:20 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Noémie Dubé</dc:creator>
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 <title>L’interprétation comme pratique autobiographique: «La Grande Tribu» de Victor-Lévy Beaulieu</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;h4&gt;&amp;nbsp;&lt;/h4&gt;&lt;h4&gt;&lt;u&gt;Présentation de la communication&lt;/u&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;«Je souhaite réfléchir aux façons dont la lecture actualisante intervient dans les essais de Victor Lévy Beaulieu. Les écrits qu&#039;il consacre aux écrivains qu&#039;il admire, par exemple Melville, Joyce et Nietzsche, montrent bien que la lecture façonne l&#039;individu, le transforme et lui permet grâce à l&#039;attention aux vies d&#039;autrui de situer la sienne aux suites des leurs.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si le texte est actualisé par la lecture qui lui donne une pertinence nouvelle, les écrits de Beaulieu suggèrent qu&#039;il existe aussi un mouvement inverse par lequel la fréquentation des textes anciens, la relecture de l&#039;histoire offre la possibilité au sujet de se situer et de s&#039;actualiser - au sens strict - en inscrivant son être dans la suite des mots, des événements et des humains qui le précèdent. En ce sens, on peut voir dans ses textes une entreprise autobiographique où l&#039;auteur se raconte et se définit en penchant sur la vie des autres mais aussi et surtout, sur leurs écrits.»&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;60637&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;

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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;div style=&quot;  text-indent: -25px; padding-left: 25px;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=219&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-variant: small-caps;&quot;&gt;Melville&lt;/span&gt;, Herman&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 1986 [1986]. &lt;a href=&quot;/fr/biblio/moby-dick-or-the-whale&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Moby-Dick or the Whale&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.  Londres : Penguin Books, 864 p. &lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/communications/linterpretation-comme-pratique-autobiographique-la-grande-tribu-de-victor-levy&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/communications/linterpretation-comme-pratique-autobiographique-la-grande-tribu-de-victor-levy&lt;/a&gt;&gt;. Consultée le 1 mai 2023.&lt;/div&gt;&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Abook&amp;amp;rft.title=Moby-Dick+or+the+Whale&amp;amp;rft.date=1986&amp;amp;rft.tpages=864&amp;amp;rft.aulast=Melville&amp;amp;rft.aufirst=Herman&amp;amp;rft.pub=Penguin+Books&amp;amp;rft.place=Londres&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/fr/taxonomy/term/53413&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot;&gt;Colloque&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;p&gt;Je souhaite réfléchir aux façons dont la lecture actualisante intervient dans les essais de Victor Lévy Beaulieu. Les écrits qu&#039;il consacre aux écrivains qu&#039;il admire, par exemple Melville, Joyce et Nietzsche, montrent bien que la lecture façonne l&#039;individu, le transforme et lui permet grâce à l&#039;attention aux vies d&#039;autrui de situer la sienne aux suites des leurs.&lt;/p&gt;

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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document: &lt;/div&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-authors&quot; &gt;&lt;a href=&quot;/fr/biblio?f%5Bauthor%5D=875&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;Brousseau, Simon&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. 2016. « &lt;a href=&quot;/fr/biblio/linterpretation-comme-pratique-autobiographique-la-grande-tribu-de-victor-levy-beaulieu&quot;&gt;&lt;span class=&quot;biblio-title&quot; &gt;L’interprétation comme pratique autobiographique: &quot;La Grande Tribu&quot; de Victor-Lévy Beaulieu&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ». Dans le cadre de &lt;span  style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;L’oeuvre dans l’actualité de sa lecture&lt;/span&gt;. Colloque organisé par Figura, le Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire. Montréal, Université du Québec à Montréal, 8 septembre 2016. Document audio. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. &amp;lt;&lt;a href=&quot;https://oic.uqam.ca/fr/communications/linterpretation-comme-pratique-autobiographique-la-grande-tribu-de-victor-levy&quot;&gt;https://oic.uqam.ca/fr/communications/linterpretation-comme-pratique-autobiographique-la-grande-tribu-de-victor-levy&lt;/a&gt;&amp;gt;. Consulté le 1 mai 2023.&lt;span class=&quot;Z3988&quot; title=&quot;ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Adc&amp;amp;rft.title=L%E2%80%99interpr%C3%A9tation+comme+pratique+autobiographique%3A+%26quot%3BLa+Grande+Tribu%26quot%3B+de+Victor-L%C3%A9vy+Beaulieu&amp;amp;rft.date=2016&amp;amp;rft.aulast=Brousseau&amp;amp;rft.aufirst=Simon&amp;amp;rft.pub=Figura%2C+le+Centre+de+recherche+sur+le+texte+et+l%E2%80%99imaginaire&amp;amp;rft.place=Montr%C3%A9al%2C+Universit%C3%A9+du+Qu%C3%A9bec+%C3%A0+Montr%C3%A9al&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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      &lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Pour citer ce document (Computed): &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Thu, 08 Sep 2016 14:00:57 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Jasmin Cormier</dc:creator>
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 <title>Le pistolet passé sous la ceinture. «Pura Vida. Vie et mort de William Walker» et «La tentation des armes à feu» de Patrick Deville</title>
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Avec «Pura Vida. Vie et mort de William Walker» et «La Tentation des armes à feu», Patrick Deville s’inscrit au nombre des écrivains français qui pratiquent aujourd’hui la fiction biographique.&lt;/div&gt;
      &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Tue, 28 Jun 2016 13:07:21 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier</dc:creator>
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 <title>Homobiographie et décentrement du sujet poétique chez Liliane Giraudon</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;
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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.0080003738403px; line-height: 1.538em;&quot;&gt;Liliane Giraudon est née en 1946, elle est d&#039;origine française et vit à Marseille. Active dans le champ de la poésie française depuis 35 ans, c&#039;est une auteure prolifique: elle a publié plus de 30 livres de poésie, quelques romans en plus d&#039;avoir participé à de nombreux ouvrages collectifs, collaboré régulièrement à des revues et avoir cofondé les revues&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;font-size: 13.0080003738403px; line-height: 1.538em;&quot;&gt;Banana split&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.0080003738403px; line-height: 1.538em;&quot;&gt; et&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;font-size: 13.0080003738403px; line-height: 1.538em;&quot;&gt;If&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.0080003738403px; line-height: 1.538em;&quot;&gt;. Elle écrit et met en scènes des pièces de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;théâtre&lt;span style=&quot;font-size: 13.0080003738403px; line-height: 1.538em;&quot;&gt;, prend part à des projets de traduction de poésie de langue étrangère et elle expose aussi ces travaux en tant que plasticienne.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.0080003738403px; line-height: 1.538em;&quot;&gt;Fidèle à une pratique poétique peu conventionnelle, Giraudon propose des livres de poésie qui se situent à la croisée de plusieurs formes. Il n&#039;est pas rare de voir au sein du même texte une prose poétique parfois plus narrative, d&#039;autres fois plus fragmentée, du vers libre, des indications de type&amp;nbsp;didascalique. Cette hybridité générique et formelle se lit dans l&#039;esthétique générale de Giraudon. Elle évite de s&#039;en tenir à une progression de la pensée linéaire, à des unités&amp;nbsp;&lt;/span&gt;baromètres&lt;span style=&quot;font-size: 13.0080003738403px; line-height: 1.538em;&quot;&gt;&amp;nbsp;claires ou a des voies dont l&#039;identité est fixe. Le lecteur est appelé à reconnaître les motifs thématiques des images récurrentes d&#039;un livre à l&#039;autre. Ainsi considérée l&#039;oeuvre est une mosaïque qui se construit progressivement. C&#039;est entre autres pour cette raison que la méthode de lecture privilégiée aujourd&#039;hui n&#039;est pas de proposer une démonstration avec une analyse détaillée par le biais d&#039;une micro-lecture d&#039;une des oeuvres de Giraudon mais de concerter plutôt des éléments renvoyant à l&#039;autobiographie dans divers textes génériquement définis par l&#039;auteure comme étant des «homobiographies».&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;drupal-embed&quot; embed_type=&quot;node&quot; nid=&quot;57990&quot; view_mode=&quot;embed_large&quot;&gt;a&lt;/div&gt;

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          &lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;p&gt;Liliane Giraudon est née en 1946, elle est d&#039;origine française et vit à Marseille. Active dans le champ de la poésie française depuis 35 ans, c&#039;est une auteure prolifique: elle a publié plus de 30 livres de poésie, quelques romans en plus d&#039;avoir participé à de nombreux ouvrages collectifs, collaboré régulièrement à des revues et avoir cofondé les revues&amp;nbsp;&lt;em&gt;Banana split&lt;/em&gt;&amp;nbsp;et&amp;nbsp;&lt;em&gt;If&lt;/em&gt;. Elle écrit et met en scènes des pièces de&amp;nbsp;théâtre, prend part à des projets de traduction de poésie de langue étrangère et elle expose aussi ces travaux en tant que plasticienne.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

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 <pubDate>Tue, 28 Jul 2015 15:57:33 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Jasmin Cormier</dc:creator>
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 <title>La stratégie de l&#039;effacement dans les récits de Jean Hatzfled</title>
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 <pubDate>Thu, 23 Jul 2015 17:50:51 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Jasmin Cormier</dc:creator>
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 <title>L’évocation de «Dora Bruder», posture aussi nécessaire qu’incomplète. Lecture de Modiano</title>
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 <pubDate>Tue, 21 Jul 2015 18:01:00 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Jasmin Cormier</dc:creator>
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