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 <title>Pop en Stock - Idéologie</title>
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 <language>fr</language>
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 <title>L&#039;oeuvre de Kim Stanley Robinson</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de cet épisode, Elaine Després reçoit Julien Wacquez, Ivan Burel, Jean-François Chassay et Marceau Forêt pour parler de l&#039;oeuvre de Kim Stanley Robinson, auteur célèbre de hard science-fiction de gauche. Ils discutent notamment de la trilogie martienne, &lt;em&gt;Galileo&#039;s Dream&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;The Years of Rice and Salt&lt;/em&gt;, de la trilogie &lt;em&gt;Science in the Capital &lt;/em&gt;et de la réception des romans de l&#039;auteur américain particulièrement transdisciplinaire parmi les chercheurs en sciences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;102px&quot; scrolling=&quot;no&quot; src=&quot;https://podcasters.spotify.com/pod/show/balados-oic/embed/episodes/81---Kim-Stanley-Robinson--Imaginaire--culture-pop-e23rkjl&quot; width=&quot;550px&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Tue, 23 May 2023 21:05:29 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Elaine Després</dc:creator>
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 <title>Lovecraft Country</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/podcast/lovecraft-country</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Cette semaine, Antonio Dominguez Leiva réunit Jérémy Bouyer, Elaine Després, Sophie Horth, Denis Mellier et Jérémy Bouyer pour discuter de la série de HBO &lt;em&gt;Lovecraft Country &lt;/em&gt;créée par Misha Green et du roman éponyme de Matt Ruff qui en est à l&#039;origine. On y aborde l&#039;histoire du genre horrifique, celle des communautés noires aux États-Unis, le territoire américain, Lovecraft et son horreur cosmique, l&#039;intersectionnalité et bien d&#039;autres choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;102px&quot; scrolling=&quot;no&quot; src=&quot;https://anchor.fm/balados-oic/embed/episodes/5---Lovecraft-Country--Pop-en-stock-transatlantique-etb5an/a-a4nfkoq&quot; width=&quot;400px&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;font-size: 13.008px;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crédit image: HBO&lt;br /&gt;Voix d&#039;introduction: Alexandra Martin&lt;br /&gt;Musique d&#039;ouverture et de fermeture: close your eyes by &lt;a href=&quot;https://soundcloud.com/rexlambo​&quot;&gt;Rexlambo&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Creative Commons — Attribution 3.0 Unported — CC BY 3.0&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 29 Mar 2021 15:58:57 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Elaine Després</dc:creator>
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 <title>Épidémie et posthumanisme</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/dossier/article/%C3%A9pid%C3%A9mie-et-posthumanisme</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-dossier field-type-entityreference field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/pand%C3%A9mies&quot;&gt;Pandémies&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Épidémie et posthumanisme&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/jean-paul-eng%C3%A9libert&quot;&gt;Jean-Paul Engélibert&lt;/a&gt; le 25/05/2020&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/dystopie&quot;&gt;Dystopie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/ideologie&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Idéologie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction&quot;&gt;Science-fiction&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 avril 2020, au moment où l’épidémie de la COVID-19 atteignait son pic en France, &lt;em&gt;Mediapart&lt;/em&gt; publiait un entretien avec l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau dans lequel ce dernier caractérisait ainsi cet événement:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[N]os sociétés subissent aujourd’hui un choc anthropologique de tout premier ordre. Elles ont tout fait pour bannir la mort de leurs horizons d’attente, elles se fondaient de manière croissante sur la puissance du numérique et les promesses de l’intelligence artificielle. Mais nous sommes rappelés à notre animalité fondamentale […]. Nous restons des &lt;em&gt;homo sapiens&lt;/em&gt; appartenant au monde animal, attaquables par des maladies contre lesquelles les moyens de lutte demeurent rustiques en regard de notre puissance technologique supposée: rester chez soi, sans médicament, sans vaccin… (Audoin-Rouzeau, 2020)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette description de ce qui fut indéniablement un «choc» frappe par un vocabulaire qui recoupe très largement les discours sur le posthumain. D’un côté, la portée anthropologique de l’événement, le souhait de «bannir la mort», l’étayage par le numérique et la foi dans un avenir porté par l’intelligence artificielle rappellent l’eschatologie transhumaniste. De l’autre, le rappel de notre animalité et la simplicité des moyens de lutte contre la maladie renvoient à la critique posthumaniste qui conteste l’idée d’une exception humaine aussi bien que celle du pouvoir de la technique de nous rendre maîtres et possesseurs de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette convergence entre le langage de l’historien, spécialiste de la Première Guerre mondiale, et celui d’un débat philosophique &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; éloigné de ses préoccupations suggère que l’épidémie et le confinement accélèrent des évolutions qui s’observaient depuis environ deux ou trois décennies. Ces derniers produisent certainement autre chose, et il faudrait se garder d’aller trop vite, mais au moins on peut y voir la confirmation que le posthumanisme est devenu une problématique centrale du monde contemporain, qu’on l’appelle posthumanisme, «cyborg philosophie» (Hoquet, 2011), «trouble dans le chthulucène» (Haraway, 2016) ou «critique de la modernité en vue de savoir où atterrir» (Latour, 2017). Les conditions de la vie humaine, comme non humaine, changent à une vitesse inimaginable autrefois et l’avenir est sans doute plus incertain que jamais. On en est réduit aux conjectures et à l’observation. Pour la théorie, c’est un moment extraordinaire: rien n’est sûr, si ce n’est que demain ne ressemblera à rien de ce que nous avons connu. Pour la littérature et les arts, le moment n’est pas moins extraordinaire: observer la vie quotidienne n’est jamais aussi intéressant que dans ces moments de mutation accélérée, quand l’observation, la collecte de données, l’empiricité redeviennent des valeurs cardinales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’épidémie invite à penser la tension entre pouvoirs du numérique et puissance des corps, c’est-à-dire deux tensions en rapport l’une avec l’autre. D’un côté, il y a l’ambivalence du numérique: celui-ci est susceptible de protéger et d’aider, comme de contrôler et de surveiller. C’est tout le problème mis en scène par les polémiques sur «Stop-Covid», une application qui permettrait le traçage des personnes contaminées pour le meilleur (arrêter la contagion), mais aussi pour le pire (recueil de données personnelles, fichage, atteinte à la vie privée…). De l’autre, il y a la complexité des corps. On sait que tout corps se compose de corps multiples et hétérogènes, ce qui fait sa puissance et sa fragilité: la vie humaine ne se conçoit pas sans les bactéries et les virus; on ne peut pas vivre dans une bulle d’immunité, elles n’existent pas, et nous devons vivre, pour le meilleur et pour le pire, avec quantité d’êtres vivants qui peuvent nous rendre malades ou nous tuer. On sait tout cela: c’est la tension entre condition numérique, celle à laquelle la mondialisation néolibérale nous voue, et condition terrestre, que la destruction des écosystèmes nous oblige à considérer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l’épidémie est un formidable accélérateur des contradictions en cours, il faut interroger le rapport du numérique au corps. Le confinement nous met tous devant une contradiction qui n’est pas non plus tout à fait nouvelle, mais qu’on ressent beaucoup plus qu’avant. Notre corps se rappelle violemment à nous au moment où l’on essaie de s’en passer. Pendant le confinement, il faut bien confier encore plus qu’avant ses fonctions corporelles à des prothèses. Nous ne nous sommes jamais autant servis d’Internet, qui est devenu notre prothèse géante commune, ou peut-être un réservoir inépuisable de prothèses en partage: pour nous téléporter auprès de nos parents et de nos amis, pour aller chercher des textes ou des morceaux de musique, pour voir des films.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre dépendance à ce gigantesque dispositif est décuplée. Or plus nous dépendons de la prothèse, plus elle nous rappelle notre corporéité. Le corps se rappelle comme manque. D’où l’effet essentiel de l’épidémie à l’ère du numérique: non pas nous créer des corps numériques, mais nous rappeler le réel des corps. Ce qui est peut-être une des raisons de la fascination pour les décomptes macabres que tout le monde regarde ou écoute tous les soirs: il faut rappeler, sur le mode abstrait du comptage, une mortalité devenue invisible, de corps devenus abstraits eux-mêmes, du fait d’être toujours représentés sur des écrans (on ne peut plus aller dans les Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), on ne peut plus assister aux enterrements, mais on compte religieusement les morts tous les soirs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Slavoj Žižek avait déjà remarqué dans un article célèbre («No sex, please, we’re post-human!» [Žižek, 2000: n.p.]) que nous ne quittons jamais notre corps et qu’Internet nous le rappelle. L’opinion commune, écrit Žižek, veut que la pornographie &lt;em&gt;hardcore&lt;/em&gt; soit l’usage dominant du cyberespace: c’est la vengeance du corps. L’usager peut bien surfer sur le net avec un corps angélique, spectral, métamorphosé, accordé à ses fantasmes, mais ce n’est que pour mieux lui rappeler la réalité de son corps devant son écran: corps terrestre, avec ses imperfections, mais aussi corps marchandise, promis à l’évaluation sur les marchés déterritorialisés de la chair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du côté de la condition terrestre, les appels à inventer le monde d’après se multiplient. Comme si la boutade de Fredric Jameson, «il est plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme» (Jameson, 2007: 98), était tout à coup dépassée: le capitalisme a tout d’un coup cessé d’être l’unique horizon et nous avons eu un avant-goût de l’effondrement annoncé par les collapsologues. De cette interruption des affaires courantes, il restera quelque chose, comme de toutes les catastrophes du passé est advenu un monde que personne n’avait anticipé. Bien sûr, on ne sait pas de quoi demain sera fait, mais on ne pourra pas oublier la révélation de la puissance et de la fragilité des corps qui fait notre condition terrestre. Bruno Latour a publié le 30 mars 2020 sur &lt;em&gt;AOC.media&lt;/em&gt; un questionnaire qui a beaucoup circulé depuis: «Imaginer les gestes barrières contre le retour à la production d’avant-crise» (Latour, 2020), qui nous demande de nous poser six questions pour nous aider à devenir des «interrupteurs de globalisation»: j’en cite deux: «Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas?» et «Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement?» Essayer de répondre à ces questions, c’est se donner une chance pour une sortie posthumaniste, ou peut-être simplement humaine, mais –on l’espère– pas inhumaine, du confinement et de la COVID-19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;Références&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Audoin-Rouzeau, Stéphane. «Nous ne reverrons jamais le monde que nous avons quitté il y a un mois», entretien avec Joseph Confavreux, &lt;em&gt;Mediapart&lt;/em&gt;, 12 avril 2020.&lt;br /&gt;Haraway, Donna. &lt;em&gt;Staying with the Trouble. Making Kin in the Chthulucene&lt;/em&gt;. Durham, Duke University Press, 2016.&lt;br /&gt;Hoquet, Thierry. &lt;em&gt;Cyborg philosophie. Penser contre les dualismes&lt;/em&gt;. Paris, Le Seuil, 2011.&lt;br /&gt;Jameson, Fredric. &lt;em&gt;Archéologies du futur. Volume 1: Le désir nommé utopie&lt;/em&gt;. Paris, Max Milo, coll. «L’inconnu», 2007.&lt;br /&gt;Latour, Bruno. «Imaginer les gestes barrières contre le retour à la production d’avant-crise», &lt;em&gt;AOC.media&lt;/em&gt;, 30 mars 2020.&lt;br /&gt;Latour, Bruno. &lt;em&gt;Où atterrir? Comment s’orienter en politique&lt;/em&gt;. Paris, La Découverte, 2017.&lt;br /&gt;Žižek, Slavoj. «No sex, please, we’re post-human!», &lt;em&gt;Lacan.com&lt;/em&gt;, 2000, &lt;a href=&quot;https://www.lacan.com/nosex.htm&quot;&gt;https://www.lacan.com/nosex.htm&lt;/a&gt;, consulté le 21 mai 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est issu d&#039;une présentation lors du speed-colloque &lt;em&gt;Contagion et confinement&lt;/em&gt; (29 avril 2020). L&#039;archive vidéo est disponible &lt;a href=&quot;http://oic.uqam.ca/fr/communications/epidemie-et-posthumanisme&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 25 May 2020 18:13:45 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier-Millette</dc:creator>
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 <title>Guerrières: figurations contemporaines de la femme armée</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/dossier/guerri%C3%A8res-figurations-contemporaines-de-la-femme-arm%C3%A9e</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Guerrières: figurations contemporaines de la femme armée&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Directeur: &lt;a href=&quot;/individu/joyce-baker&quot;&gt;Joyce Baker&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/individu/fanie-demeule&quot;&gt;Fanie Demeule&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur fond de sempiternels personnages féminins filmiques passifs, le docteur Ellen Ripley créée par Ridley Scott ouvre une marche martiale en 1979. Depuis, l’imaginaire populaire n’a de cesse de se bonifier de femmes d’action. Qu’elles soient tireuses d’élite ou &lt;em&gt;shieldmaiden&lt;/em&gt;, justicières ou sanguinaires, offensives ou défensives, ces figures de combattantes, qui étaient autrefois plutôt marginales, sont aujourd’hui omniprésentes. S’inscrivant dans un horizon déjà bien garni, elles se soudent pour former un nouvel imaginaire collectif se manifestant sur toutes les plateformes médiatiques; littéraire, cinématographique, télévisuelle, vidéo-ludique, etc. L’invasion de ces guerrières à l’heure actuelle souligne le désir de présenter et de voir des femmes au combat, et par le fait même, reflète une volonté de progression, sinon de renouvellement, dans la conception des normes de genres et dans l’imaginaire de la femme violente à l’écrit comme à l’écran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Buffy Summers à Lagertha Lothbrok, en passant par Katniss Everdeen, ces guerrières sont majoritairement acclamées par le public et possèdent de vastes fans club nichant dans les forums et réseaux sociaux. Se voyant fréquemment coiffées du titre de «personnages féministes», elles sont lues en parallèle aux revendications actuelles. Cette bannière féministe, souvent remise en cause par la critique, n’en témoigne pas moins d’un ébranlement au sein des représentations du ou des féminins. Or, si l’on observe la persistance mythique de la guerrière, il apparaît que de tout temps la femme est étroitement affiliée à la guerre à travers une réitération allégorique unissant mort et érotisme, et ce dans une fantasmagorie plutôt machiste. Qu’en est-il lorsque cette allégorie s’incarne sous nos yeux, se bat, se blesse, se retourne contre le patriarcat qui l’a conçue? Que penser de l’iconographie des guerrières actuelles, naviguant entre travestissement et stéréotypie? Ce dossier, dont l’objectif ultime est de constituer une véritable armée d’amazones, nous permettra de réunir, d’observer et de d’interroger les articulations contemporaines de la violence au(x) féminin(s) à travers ses figurations les plus diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#039;hésitez pas à nous envoyer vos textes. Les dossiers thématiques POP-EN-STOCK, comme les articles individuels, sont à soumission ouverte. Une fois un numéro thématique «lancé», il demeure ouvert, indéfiniment, à quiconque voudrait y soumettre une collaboration. Le(s) directeur(s) d’un dossier s&#039;engage(nt) à évaluer et éditer les nouvelles propositions à leur dossier pour une durée de deux ans, sous la supervision des directeurs de la revue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La longueur des articles est variable. POP-EN-STOCK accepte une limite inférieure équivalente à sept ou huit pages (3000 mots), afin de favoriser la publication rapide, mais peut aussi accepter des articles beaucoup plus longs selon l&#039;offre (n&#039;étant pas limitée par un impératif de préservation de la forêt boréale).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;view view-article-vs-dossier view-id-article_vs_dossier view-display-id-entity_view_1 view-dom-id-02f19dfe871b61d40803dcdae1fc3ad4&quot;&gt;
      
  
  
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&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/gunnm-la-m%C3%A9moire-dans-le-corps-0&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/781373f_egw4_yopy5izaksinimnpyzb.png?itok=Xe4ZcHQK&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/guerri%C3%A8res-figurations-contemporaines-de-la-femme-arm%C3%A9e&quot;&gt;Guerrières: figurations contemporaines de la femme armée&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/gunnm-la-m%C3%A9moire-dans-le-corps-0&quot;&gt;Gunnm, la mémoire dans le corps&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/luce-nor%C3%A9lia&quot;&gt;Luce Norélia&lt;/a&gt; le 23/07/2019&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/dystopie&quot;&gt;Dystopie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/feminisme&quot;&gt;Féminisme&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/bande-dessinee&quot;&gt;Bande dessinée&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction&quot;&gt;Science-fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/dystopies&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Dystopies&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/cyberpunk&quot;&gt;Cyberpunk&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/post-apocalypse&quot;&gt;Post-apocalypse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/gunnm-la-m%C3%A9moire-dans-le-corps-0&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
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  &lt;div class=&quot;views-field views-field-nothing-1&quot;&gt;        &lt;span class=&quot;field-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;leftcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/lexperience-liminale-de-la-fille-soldate-dans-rebelle-2012&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/rebelle.jpg?itok=9apsB3T2&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/guerri%C3%A8res-figurations-contemporaines-de-la-femme-arm%C3%A9e&quot;&gt;Guerrières: figurations contemporaines de la femme armée&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/lexperience-liminale-de-la-fille-soldate-dans-rebelle-2012&quot;&gt;L&amp;#039;expérience liminale de la fille-soldate dans Rebelle (2012)&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/julie-levasseur&quot;&gt;Julie Levasseur&lt;/a&gt; le 21/04/2018&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;Si les premiers films sur les enfants-soldats voient le jour en Europe à la suite de la Seconde Guerre mondiale, comme L&#039;enfance d&#039;Ivan (Andreï Tarkovski, 1962) ou Requiem pour un massacre (Elem Klimov, 1985), il faut attendre l&#039;année 2012 pour qu&#039;un cinéaste tourne sa caméra sur la perspective féminine du phénomène. Ainsi, Kim Nguyen «intentionally [sets] out into almost unexplored cinematic territory» (Gilbert et Green: 509) en se penchant sur la réalité des filles-soldates dans son long métrage Rebelle. Tourné en République démocratique du Congo, mais se déroulant dans un pays d&#039;Afrique subsaharienne non nommé, le film présente le point de vue de la jeune Komona, enlevée par des guérilleros à l&#039;âge de 12 ans et forcée à rejoindre leurs rangs comme «sorcière de guerre».&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/lexperience-liminale-de-la-fille-soldate-dans-rebelle-2012&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
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  &lt;div class=&quot;views-field views-field-nothing-1&quot;&gt;        &lt;span class=&quot;field-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;leftcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/buffy-vampire-slayer-une-sexualite-punitive&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/landscape-1469202024-buffy-summers-the-freshmen-2.jpg?itok=IaWoBb_H&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;rightcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/guerri%C3%A8res-figurations-contemporaines-de-la-femme-arm%C3%A9e&quot;&gt;Guerrières: figurations contemporaines de la femme armée&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/buffy-vampire-slayer-une-sexualite-punitive&quot;&gt;«Buffy the Vampire Slayer»: une sexualité punitive &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/marie-%C3%A8ve-groulx&quot;&gt;Marie-Ève Groulx&lt;/a&gt; le 26/01/2018&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;Buffy the Vampire Slayer (BtVS) est une série télévisée créée par Joss Whedon, diffusée aux États-Unis sur la chaîne Warner Bros Television Network (The WB) de 1997 à 2003. La série comprend sept saisons d&#039;une vingtaine d&#039;épisodes de 45 minutes. Elle met en scène Buffy Summers, une jeune étudiante californienne «choisie» pour combattre vampires et démons (elle est la Chosen One, la nouvelle élue, d&#039;une longue lignée de Slayers).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/buffy-vampire-slayer-une-sexualite-punitive&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
  &lt;div class=&quot;views-row views-row-6 views-row-even&quot;&gt;
      
  &lt;div class=&quot;views-field views-field-nothing-1&quot;&gt;        &lt;span class=&quot;field-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;leftcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/image-de-femme-image-de-guerri%C3%A8re-dans-%C2%ABdune%C2%BB-de-frank-herbert&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/dune_desert_planet_by_mortainius88-d4cjfd3.jpg?itok=apj2QGhn&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;rightcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/guerri%C3%A8res-figurations-contemporaines-de-la-femme-arm%C3%A9e&quot;&gt;Guerrières: figurations contemporaines de la femme armée&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/image-de-femme-image-de-guerri%C3%A8re-dans-%C2%ABdune%C2%BB-de-frank-herbert&quot;&gt;Image de femme, image de guerrière dans «Dune» de Frank Herbert&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/tristan-bera&quot;&gt;Tristan Bera&lt;/a&gt; le 7/03/2016&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema&quot;&gt;Cinéma&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature&quot;&gt;Littérature&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction&quot;&gt;Science-fiction&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;Les qualités du Cycle de Dune de Frank Herbert sont difficilement dénombrables tant est dense cet univers, tant sont complexes ses ramifications dans de nombreux domaines du savoir et de la pensée, tant sont actuelles ses réflexions sur l’humanité, l’écologie et l’histoire, sur le temps, l’identité de l’être, la politique, et j’en passe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/image-de-femme-image-de-guerri%C3%A8re-dans-%C2%ABdune%C2%BB-de-frank-herbert&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
  &lt;div class=&quot;views-row views-row-7 views-row-odd&quot;&gt;
      
  &lt;div class=&quot;views-field views-field-nothing-1&quot;&gt;        &lt;span class=&quot;field-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;leftcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/brienne-tarth-le-genre-chevaleresque&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/brienne1_copie.png?itok=tLCKH2ij&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;rightcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/guerri%C3%A8res-figurations-contemporaines-de-la-femme-arm%C3%A9e&quot;&gt;Guerrières: figurations contemporaines de la femme armée&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/brienne-tarth-le-genre-chevaleresque&quot;&gt;Brienne of Tarth, le genre chevaleresque&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/fanie-demeule&quot;&gt;Fanie Demeule&lt;/a&gt; le 9/11/2015&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature&quot;&gt;Littérature&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/television&quot;&gt;Télévision&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/fantasy&quot;&gt;Fantasy&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;Le cycle de Westeros n’est pas une œuvre de fantasy comme les autres. Ainsi que l’ont remarqué plusieurs critiques et fans, George R.R. Martin, auteur de la saga A Song of Ice and Fire qui donnera naissance chez HBO à la série télévisée Game of Thrones, s’amuse à reprendre les grands idéaux littéraires du Moyen-Âge pour les déconstruire, voire les annihiler.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/brienne-tarth-le-genre-chevaleresque&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
  &lt;div class=&quot;views-row views-row-8 views-row-even&quot;&gt;
      
  &lt;div class=&quot;views-field views-field-nothing-1&quot;&gt;        &lt;span class=&quot;field-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;leftcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/questions-autour-de-la-femme-arm%C3%A9e-dans-l%C5%93uvre-de-quentin-tarantino&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/image2_baker.png?itok=In7KkQPE&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;rightcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/guerri%C3%A8res-figurations-contemporaines-de-la-femme-arm%C3%A9e&quot;&gt;Guerrières: figurations contemporaines de la femme armée&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/questions-autour-de-la-femme-arm%C3%A9e-dans-l%C5%93uvre-de-quentin-tarantino&quot;&gt;Questions autour de la femme armée dans l&amp;#039;œuvre de Quentin Tarantino&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/joyce-baker&quot;&gt;Joyce Baker&lt;/a&gt; le 22/07/2015&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/violence&quot;&gt;Violence&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema&quot;&gt;Cinéma&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/culte&quot;&gt;Culte&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;Cet article repose sur un questionnement général sur la représentation des femmes en arts. En effet, au gré de mon parcours en études féministes, il devint évident que la réappropriation d&#039;attributs traditionnellement masculins par les femmes comme stratégie de révolte contre l&#039;asservissement patriarcal devenait, à mes yeux, problématique. Je propose que la violence soit l&#039;un de ces attributs soulevant le plus de questions. En effet, qu&#039;est-ce que cela implique pour une femme d&#039;utiliser la violence? Dans les films de Tarantino, le spectateur se retrouve devant des femmes violentes, des femmes armées qui ont le droit et la volonté de blesser, de tuer. &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/questions-autour-de-la-femme-arm%C3%A9e-dans-l%C5%93uvre-de-quentin-tarantino&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
  &lt;div class=&quot;views-row views-row-9 views-row-odd views-row-last&quot;&gt;
      
  &lt;div class=&quot;views-field views-field-nothing-1&quot;&gt;        &lt;span class=&quot;field-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;leftcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/vikings-lagertha-ou-la-r%C3%A9volution-de-la-vierge-au-bouclier&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/sans_titre.png?itok=yDkr2Hb2&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;rightcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/guerri%C3%A8res-figurations-contemporaines-de-la-femme-arm%C3%A9e&quot;&gt;Guerrières: figurations contemporaines de la femme armée&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/vikings-lagertha-ou-la-r%C3%A9volution-de-la-vierge-au-bouclier&quot;&gt;Vikings: Lagertha ou la (r)évolution de la vierge au bouclier&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/fanie-demeule&quot;&gt;Fanie Demeule&lt;/a&gt; le 22/07/2015&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/culture-geek&quot;&gt;Culture Geek&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fandom&quot;&gt;Fandom&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/feminisme&quot;&gt;Féminisme&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/violence&quot;&gt;Violence&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/television&quot;&gt;Télévision&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/historique&quot;&gt;Historique&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;L’archétype de la shieldmaiden consiste en un amalgame de figures féminines guerrières parcourant les mythes scandinaves et qui, récupéré en force par la culture populaire contemporaine, se conçoit comme un territoire d’exploration autour de l’idée de versatilité et de coprésence des genres. L’invasion médiatique de femmes guerrières à l’heure actuelle souligne l’obsolescence du point de vue de C.S. Lewis qui, dans ses Chroniques de Narnia, laissait entendre «battles are ugly when women fight» (Lewis: 108); plus que jamais il y a désir de présenter et de voir des femmes au combat, et par le fait même, reflet d’une volonté de progression, ou du moins de renouvellement, dans la conception des normes de genres et dans l’imaginaire du féminin actif, à l’écran comme dans la vie. Toujours est-il qu’il persiste encore une manière, une acceptabilité quant à la présentation de la violence et de l’agressivité féminine, témoignant de la présence fantomatique de frontières genrées.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/vikings-lagertha-ou-la-r%C3%A9volution-de-la-vierge-au-bouclier&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
    &lt;/div&gt;
  
  
  
  
  
  
&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;field field-name-field-dossier-associe field-type-entityreference field-label-inline clearfix&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Dossier(s) associé(s):&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/x-women&quot;&gt;X WOMEN&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Tue, 03 May 2016 16:08:30 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier-Millette</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">1485 at https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca</guid>
</item>
<item>
 <title>Le savant fou tel qu&#039;en ses oeuvres</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/dossier/le-savant-fou-tel-quen-ses-oeuvres</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Le savant fou tel qu&amp;#039;en ses oeuvres&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Directeur: &lt;a href=&quot;/individu/elaine-despr%C3%A9s&quot;&gt;Elaine Després&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/individu/philippe-st-germain&quot;&gt;Philippe St-Germain&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnage emblématique de la fiction anglaise du 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle –de Frankenstein à Moreau, en passant par Jekyll–, le savant fou est le creuset des tendances contrastées de la science en pleine métamorphose, sous l’impulsion de Darwin, Lavoisier et autre Pasteur. Il en incarne les fantasmes les plus délirants, mais aussi les dangers à travers ses projets radicalement inédits et transgressifs, qu’il mène en dehors de l’institution et de ses règles, œuvrant dans des lieux généralement isolés (laboratoire, villa ou château), en retrait de la société, au propre comme au figuré.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des cas, ses connaissances poussées en biologie et en chimie lui permettent de créer des êtres nouveaux, hybrides, se posant ainsi en véritable Prométhée &lt;em&gt;plasticator, &lt;/em&gt;remodelant la matière, qu’elle soit humaine, animale ou technologique. Or, les conséquences sont souvent désastreuses: pour lui, puisqu’il est le plus souvent rattrapé par la nature qu’il tente de déjouer; pour la société, qui n’est pas en mesure d’intégrer un Autre aussi radical; et pour l’humanité, dont la définition même est mise en danger par ce miroir déformant. Alors, pourquoi s’entêter si les conséquences sont aussi immanquablement funestes? Là se situe justement la folie du savant fou: dans sa &lt;em&gt;libido sciendi, &lt;/em&gt;cette pulsion incontrôlable et dévorante de la quête du savoir et de la technique, cette pulsion épistémique évoquée par les créateurs de la bombe nucléaire: «lorsque vous voyez quelque chose de techniquement réjouissant, vous allez de l’avant et vous l’accomplissez et vous vous demandez quoi en faire seulement après avoir obtenu votre succès technique» (J. Robert Oppenheimer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d’ailleurs constater à cette époque un changement radical dans la représentation du savant fou: l’ombre de Frankenstein plane toujours, mais, d’une part, la physique, la génétique et la cybernétique ont remplacé la biologie et la chimie, et, d’autre part, la &lt;em&gt;big science&lt;/em&gt; et le complexe militaro-industriel ont absorbé les savants fous solitaires pour en exploiter les talents de créateurs. Si l’on se concentre souvent sur la folie de ces personnages ou sur les questionnements éthiques résultant de leurs œuvres, il ne faudrait pas négliger les méandres d’une créativité si tortueuse qu’elle rapproche le scientifique de l’artiste et le laboratoire de l’atelier. Comme l’artiste, le savant fou souhaite laisser des traces et refuse d’accepter le monde tel qu’il est pour l’imaginer d’une manière radicalement différente; ce faisant, il dépasse de nombreuses limites. À la différence de l’artiste, le savant fou refuse d’être limité par l’imagination, il agit concrètement (et parfois brutalement) avec les outils qui sont les siens. Si le scientifique est en quête de connaissances, le savant fou et l’artiste sont des créateurs; comme les alchimistes d’autrefois, ils n’ambitionnent qu’à réaliser leur Grand Œuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est cette créativité des savants fous –qui peut également prendre une forme destructrice et prolixe, en particulier lorsqu’il s’agit de s’opposer à des superhéros– que le présent dossier entend aborder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#039;hésitez pas à nous envoyer vos textes. Les dossiers thématiques POP-EN-STOCK, comme les articles individuels, sont à soumission ouverte. Une fois un numéro thématique «lancé», il demeure ouvert, indéfiniment, à quiconque voudrait y soumettre une collaboration. Le(s) directeur(s) d’un dossier s&#039;engage(nt) à évaluer et éditer les nouvelles propositions à leur dossier pour une durée de deux ans, sous la supervision des directeurs de la revue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La longueur des articles est variable. POP-EN-STOCK accepte une limite inférieure équivalente à sept ou huit pages (3000 mots), afin de favoriser la publication rapide, mais peut aussi accepter des articles beaucoup plus longs selon l&#039;offre (n&#039;étant pas limitée par un impératif de préservation de la forêt boréale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Podcast associé: &lt;a href=&quot;http://popenstock.ca/podcast/frankenstein-du-prom%C3%A9th%C3%A9e-moderne-au-phallus-indestructible&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Frankenstein, du Prométhée moderne au phallus indestructible&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Billet de blogue associé: &lt;a href=&quot;http://popenstock.ca/blogue/frankenstein-ou-le-cauchemar-dune-jeune-fille-en-fleur&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Frankenstein, ou le cauchemar d&#039;une jeune fille en fleur&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;view view-article-vs-dossier view-id-article_vs_dossier view-display-id-entity_view_1 view-dom-id-0729ed57e74b63c9057a4e776a1a7d89&quot;&gt;
      
  
  
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&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/sympathie-pour-les-savants-fous-t%C3%A9l%C3%A9visuels-st%C3%A9r%C3%A9otypie-pathos-et-anarchisme&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/1tv_drhorrible1.jpg?itok=d8UXu-nZ&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/le-savant-fou-tel-quen-ses-oeuvres&quot;&gt;Le savant fou tel qu&amp;#039;en ses oeuvres&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/sympathie-pour-les-savants-fous-t%C3%A9l%C3%A9visuels-st%C3%A9r%C3%A9otypie-pathos-et-anarchisme&quot;&gt;Sympathie pour les savants fous télévisuels. Stéréotypie, pathos et anarchisme&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/elaine-despr%C3%A9s&quot;&gt;Elaine Després&lt;/a&gt; le 21/03/2016&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/culture-geek&quot;&gt;Culture Geek&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/freak&quot;&gt;Freak&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/ideologie&quot;&gt;Idéologie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/television&quot;&gt;Télévision&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction&quot;&gt;Science-fiction&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;Depuis son apparition dans la littérature britannique au XIXe siècle, la figure du savant fou a subi de nombreuses métamorphoses, en fonction des grandes découvertes scientifiques et des nouvelles formes de fiction investies. Ainsi, les savants fous littéraires, scéniques, cinématographiques, bédéistiques, puis télévisuels se sont développés indépendamment, construisant leurs propres codes, mais toujours en relation hypertextuelle avec leurs origines littéraires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/sympathie-pour-les-savants-fous-t%C3%A9l%C3%A9visuels-st%C3%A9r%C3%A9otypie-pathos-et-anarchisme&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/exercer-la-pseudom%C3%A9decine-sur-douze-g%C3%A9n%C3%A9rations-%C2%ABdoctor-olaf-van-schuler%E2%80%99s-brain%C2%BB-de&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/2menger_couverture.jpg?itok=6EzEnycT&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/le-savant-fou-tel-quen-ses-oeuvres&quot;&gt;Le savant fou tel qu&amp;#039;en ses oeuvres&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/exercer-la-pseudom%C3%A9decine-sur-douze-g%C3%A9n%C3%A9rations-%C2%ABdoctor-olaf-van-schuler%E2%80%99s-brain%C2%BB-de&quot;&gt;Exercer la (pseudo)médecine sur douze générations: «Doctor Olaf van Schuler’s Brain» de Kirsten Menger-Anderson&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/elaine-despr%C3%A9s&quot;&gt;Elaine Després&lt;/a&gt; le 21/03/2016&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/ideologie&quot;&gt;Idéologie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature&quot;&gt;Littérature&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;L’histoire de la médecine occidentale a parfois des tendances positivistes. À partir de la médecine d’aujourd’hui, elle relate le développement de savoirs et de techniques ou présente des médecins qui se sont avérés (l’histoire nous l’aura appris) particulièrement importants. Comme si l’évolution de la médecine avait été un long fleuve tranquille d’accumulations de savoirs nouveaux. Se trouve alors occulté tout un pan de l’histoire, celui de la médecine qui trébuche, qui s’accroche au passé, aux superstitions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/exercer-la-pseudom%C3%A9decine-sur-douze-g%C3%A9n%C3%A9rations-%C2%ABdoctor-olaf-van-schuler%E2%80%99s-brain%C2%BB-de&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
    &lt;/div&gt;
  
  
  
  
  
  
&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;field field-name-field-dossier-associe field-type-entityreference field-label-inline clearfix&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Dossier(s) associé(s):&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/les-sculpteurs-de-chair&quot;&gt;Les sculpteurs de chair&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Tue, 26 Apr 2016 17:31:16 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier-Millette</dc:creator>
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</item>
<item>
 <title>Through the Looking-Glass [2]</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/through-looking-glass-2</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Through the Looking-Glass [2]&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/christophe-becker&quot;&gt;Christophe Becker&lt;/a&gt; le 02/03/2016&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Continuité rétroactive et multiplication des points de vue: les attentats du 11 Septembre 2001 passés par le prisme de la série &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note:&lt;/strong&gt; afin de simplifier la lecture de l’article, les références entre crochets indiquent le numéro de la saison puis le numéro de l’épisode de la série. Pour des raisons de compréhension, l’article suit le déroulement chronologique de chaque saison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’univers miroir finit par ne plus paraître si étrange, ou du moins autant qu’il est «familier» comme le remarque Stan Hunter Krank&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_ya8n4e3&quot; title=&quot;«The alternate universe of Fringe—a world of airships and amber, of national identification cards and disasters almost mundane in their frequency, of staggering technological advances but also in which smallpox has not yet been eradicated—is uncanny precisely because it is familiar: every revelation is a novelty as well as what the contemporary Zeitgeist leads one to fear the world will become», The Multiple Worlds of Fringe / Essays on the J. J. Abrams Science Fiction Series, edited by Tanya R. Cochran, Sherry Gin &amp;amp; Paul Zinder, Jefferson, McFarland, 2014, p. 147.&quot; href=&quot;#footnote1_ya8n4e3&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Les personnages qui y évoluent ne sont plus filmés comme des antagonistes. Au contraire, la caractérisation effectuée jusqu’ici sert de base aux scénaristes. Ces personnages nouveaux n’ont droit à aucune véritable exposition, et le spectateur suit leurs aventures comme s’il s’agissait des personnages qu’il connaissait déjà. Rien dans la narration n’indique de brisure réelle entre la construction de ces personnages fictifs qui forment des réseaux comparables avec d’autres personnages et endossent les mêmes rôles thématiques. L’amitié entre Fauxlivia et Charlie est, par exemple, un fait acquis sur lequel le spectateur ne reviendra pas. Il a déjà pu la constater, dans un cadre différent, certes, mais écrite et filmée de manière tout à fait semblable. Il est entendu qu’ils ont une fonction narrative comparable. Aussi le retour de Charlie est-il une «bonne nouvelle» pour le public, les scénaristes lui ayant laissé davantage de temps à l’écran et ayant développé son histoire familiale avant de faire mourir son personnage dans notre univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est bien un procédé de &lt;em&gt;retcon&lt;/em&gt; ou de continuité rétroactive que le spectateur voit ici à l’œuvre. Ce procédé, typique des &lt;em&gt;comic books&lt;/em&gt;, permet de changer soudainement la caractérisation d’un personnage familier, de considérer comme nul et non avenu un épisode ou une suite d’épisodes qui obligent les scénaristes à tenir compte d’éléments qu’ils préféreraient laisser de côté. Le personnage de &lt;em&gt;comic book&lt;/em&gt; dont les &lt;em&gt;retcons&lt;/em&gt; sont les plus célèbres, et sans doute les plus polémiques, est Superman, qu’Umberto Eco lie à la tradition littéraire populaire du XIXe siècle; Superman dont l’origine, l’histoire comme les caractéristiques, évolue depuis sa création par Jerry Siegel et Joe Shuster en avril 1938. Le &lt;em&gt;retcon&lt;/em&gt; peut correspondre à une volonté artistique forte ou au mécontentement du public qui finit par influer sur le cours de la diégèse, de faire entrer le personnage dans son époque ou d’attirer une nouvelle génération de lecteurs… quitte à s’en aliéner une autre. Il engage une connivence avec le public qui accepte ou non de «faire comme» s’il ne savait pas que des changements avaient été effectués dans l’histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. J. Abrams connaît d’autant mieux ce procédé qu’il est lui-même lecteur de &lt;em&gt;comic books&lt;/em&gt;, qu’il en a écrit, et qu’il glisse plusieurs références à la bande dessinée américaine dans la série qui sera, par la suite, elle-même déclinée en &lt;em&gt;comic&lt;/em&gt; à partir de 2008 et scénarisée par Joshua Jackson pour DC Comics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt;, le &lt;em&gt;retcon&lt;/em&gt; a une fonction bien précise: celle de souligner que la continuité narrative n’est plus essentielle. Le cadre narratif est prêt à être bouleversé à tout moment. Des éléments de caractérisation sont susceptibles d’être modifiés, des personnages morts peuvent se retrouver en vie quelques épisodes plus tard – exemple typique de «comic book death&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_zgcmpb7&quot; title=&quot;Nom donné au fait de faire mourir des personnages de comic books avant de les ressusciter peu de temps après. Le lecteur de comic books sait que la mort de ses personnages préférés n’est que temporaire. Le personnage de Broyles du monde miroir meurt dans la saison 3 et revient dans la saison 4; David Robert Jones meurt dans la saison 1 pour réapparaître dans la saison 4; William Bell  se sacrifie dans la saison 2 et revient, également, dans la saison 4.&quot; href=&quot;#footnote2_zgcmpb7&quot;&gt;2&lt;/a&gt;». De même que les &lt;em&gt;retcons&lt;/em&gt; successifs ont permis aux scénaristes de &lt;em&gt;comic books&lt;/em&gt; de s’approprier le concept de «multivers» quantique où notre univers se décline en une infinité d’autres dont aucun n’est «le bon», mais une version parmi tant d’autres, l’ouverture de &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; sur de possibles mondes parallèles comparables au nôtre souligne l’obsolescence des concepts mêmes de protagonistes et d’antagonistes. De manière comparable, le scénariste écossais Grant Morrison écrit les aventures en miroir d’un Superman champion de la justice opposé à son double, Ultraman, super-criminel sans foi ni loi (&lt;em&gt;JLA: Earth 2&lt;/em&gt; publié en 2000 chez DC Comics), ou même d’un Superman héraut du IIIe Reich confronté à l’horreur de la Shoah (&lt;em&gt;The&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Multiversity: Mastermen&lt;/em&gt; #1, toujours publié chez DC Comics en 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attaques de la cellule ZFT étaient, depuis la première saison, une réponse directe à ce qui est considéré comme une agression de la part de notre univers et de ses habitants, cet «autre» enclin à la destruction. Le voyage de Walter d’une dimension à l’autre a eu pour conséquence de bouleverser l’ordre naturel. Cette première brèche est l’amorce de la destruction des deux univers désormais condamnés à entrer en collision&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_im4i7lz&quot; title=&quot;Cette idée sera reprise à son tour dans les comic books Marvel, voir The New Avengers: Illuminati (2006-2007).&quot; href=&quot;#footnote3_im4i7lz&quot;&gt;3&lt;/a&gt;. Des trous de vers ou vortex apparaissent dans l’univers parallèle, des failles colmatées au prix de très nombreuses victimes, des quartiers entiers, voire des villes sacrifiées et désormais en quarantaine. Difficile, dès lors, de fixer un compas moral. Un personnage cantonné au rôle de bourreau prend aisément en charge le rôle de victime, et inversement. Chaque incident dans un univers produit mécaniquement un incident comparable dans l’autre, ce que le spectateur apprendra en suivant l’action qui bascule du côté de la dimension parallèle «ennemie» et oblige à repenser le récit. Cet univers, tout comme le nôtre, est peuplé de civils innocents qui paient le prix d’une guerre dont ils ne peuvent eux-mêmes mesurer les proportions apocalyptiques, d’autant plus que la guerre et secrète et évacuée des médias. Les camps ne sont plus ici clairement identifiés et les trous de vers apparus dans l’univers parallèle finiront par également apparaître de notre côté, avec les mêmes conséquences tragiques, les mêmes cas de conscience qui poussent à sacrifier des individus pour en sauver d’autres, à substituer l’arithmétique à l’humain. À la différence du monde binaire auquel Bixby renvoyait dans «Mirror, Mirror», les scénaristes de &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; rendent compte de nos sociétés au lendemain des attentats du 11 Septembre, d’un monde qui, s’il semble identifier nettement le danger auquel il doit dorénavant faire face – terrorisme, fanatisme religieux –, est rendu difficilement lisible. Pensons aux compromissions politiques et au manquement au modèle moral érigé en bannière par l’Occident – les détenus privés de droits au camp de Guantánamo, les cas de tortures et de viols à la prison d’Abu Ghraib –; pensons aux alliances de circonstance et de courte vue – le soutien des Américains aux moudjahidines afghans après 1979 pour contrer l’expansion soviétique –; pensons aux retournements diplomatiques – soutien puis opposition des États-Unis au régime de Saddam Hussein ou de Bashar al-Assad –; pensons, pour finir, au recours au &lt;em&gt;story telling&lt;/em&gt; pour manipuler l’opinion publique puisque nous savons que «l’Irak n’avait pas de lien avec Al-Qaïda, contrairement à ce qu’affirmaient les États-Unis, et Saddam Hussein ne possédait pas d&#039;&quot;armes de destruction massive&quot; (ADM) – une expression terrifiante forgée par ses conseillers en communication» (Ramonet, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnages que le spectateur a appris à aimer tout au long de la première saison sont désormais associés au péril terroriste. Ils sont décrits par le biais du dialogue comme des «envahisseurs», pire encore, des «monstres».&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;SECRETARY BISHOP: I told you there would be invaders coming over from the other side, but I didn’t tell you they would be us.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;FAUXVILIA: No, you did not.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;SECRETARY BISHOP: They’re our doubles, alternate version of ourselves, but don’t be deceived, Olivia. They’re monsters in our skin. They’ll do anything, say anything to gain our trust, but they can’t be trusted. [s2e23]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte menée par cette division Fringe est présentée à l’écran comme juste; elle fait par ailleurs écho à la bataille sémantique à laquelle se livrent les forces qui s’opposent tout autour du monde et qui donnent le nom de «terroristes» à des opposants qui, quant à eux, se qualifient de «partisans», de «résistants» ou de «&lt;em&gt;freedom fighters&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_rya5ryh&quot; title=&quot;Ainsi des Tchétchènes, qualifiés sans nuance de «terroristes» par Vladimir Poutine, ou les militants ouïgours considérés de même par Pékin. Le quotidien Le Monde emploie des guillemets pour qualifier les «&amp;quot;terroristes&amp;quot; ouïgours» afin de souligner la difficulté à démêler le vrai du faux dans un pays qui contrôle ses informations et empêche de mener des investigations libres. Voir «La justice chinoise condamne à mort des &amp;quot;terroristes&amp;quot; ouïgours», Le Monde (08/12/14), article consultable sur le site: http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/12/08/la-justice-chinoise-condamne-a-mort-des-terroristes-ouigours_4536332_3216.html#zRyQHeRlduA0GboL.99&quot; href=&quot;#footnote4_rya5ryh&quot;&gt;4&lt;/a&gt;». Comme le souligne P. J. Salazar, la guerre est, aussi, question de langue, de rhétorique, ce qui contredit une lecture simplement manichéenne du monde. La multiplication des points de vue brouille effectivement toute possibilité d’une lecture univoque de la «guerre» au cœur de la série, et renvoie aux interrogations de Noam Chomsky, qui remet en cause le terme même de «terrorisme» qu’il associe à la fois à l’acte de terreur que le spectateur connaît bien, mais également à la «guerre de basse intensité» pratiquée par les États-Unis&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_9e2weya&quot; title=&quot;«Qu’est-ce que le terrorisme? Dans les manuels militaires américains, on définit comme terreur l’utilisation calculée, à des fins politiques ou religieuses, de la violence, de la menace de violence, de l’intimidation, de la coercition ou de la peur. Le problème d’une telle définition, c’est qu’elle recouvre assez exactement ce que les États-Unis ont appelé la guerre de basse intensité, en revendiquant ce genre de pratique». Noam CHOMSKY, «Terrorisme, l’arme des puissants», Le Monde Diplomatique, texte tiré d’une conférence prononcée au MIT le 18 octobre 2001 et consultable à l’adresse: http://www.monde-diplomatique.fr/2001/12/CHOMSKY/8234&quot; href=&quot;#footnote5_9e2weya&quot;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque camp ou faction est montré comme victime de cet «autre» qui ne revendique jamais et se réfugie dans le mutisme, considérant unilatéralement ses actions comme justifiées. S&#039;éloignant des personnages plats comme David Robert Jones ou Newton, les scénaristes se concentrent, en situant l’action de «l’autre côté», sur des personnages épais qui interrogent leurs propres actions, la validité morale de leurs décisions et leur capacité à sauver un monde au bord de la ruine. Autant de personnages auxquels le spectateur peut s’identifier d’autant plus que des personnages plats dans notre univers gagnent en complexité dans l’univers miroir où leurs histoires personnelles sont développées – c’est le cas du personnage de Broyles ou de Nina Sharp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s’agit donc pas ici de décrire le combat contre un ennemi malveillant, belliqueux ou même fanatique. Cet «autre côté» a vécu des traumatismes équivalents, comme la mort de Martin Luther King auquel est dédié un mémorial commun à New York avec Eldrige Cleaver (ancien dirigeant des Black Panthers dans notre univers) avec qui il écrivit le discours «We Have a Dream» [s3e1], et dont le visage orne les billets de vingt dollars (ou «Juniors») [s2e21]. Les scénaristes ne décrivent jamais de «guerre de civilisation», comme de nombreux commentateurs tendent à simplifier le monde d’après les Attentats – cette civilisation, à quelques détails près, est la nôtre. Entrer en conflit avec elle signifie batailler contre soi-même, dans une conflagration parfaitement schizophrène et suicidaire. Comme dans la nouvelle «William Wilson» d’Edgar Poe, le personnage voué à assassiner son ennemi, son double en réalité, est destiné à se tuer lui-même, à s’anéantir physiquement ou, en ce cas, à réduire à néant les fondements de son identité&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_943y06b&quot; title=&quot;Steven Spielberg reprend ce thème dans un épisode d’Amazing Stories réalisé par Martin Scorsese en 1986 et également intitulé «Mirror Mirror». L’épisode suit l’écrivain Jordan Manmoth (Sam Waterston) qui sombre dans la folie, poursuivi par une créature menaçante (Tim Robbins) qui apparait sur des surfaces réfléchissantes, des miroirs, principalement; cette créature, qui se révèlera être lui-même, le poussera au suicide.&quot; href=&quot;#footnote6_943y06b&quot;&gt;6&lt;/a&gt;: sa morale, son idéal, son humanisme, au risque de devenir «quelqu’un d’autre» au même titre que les États-Unis de l’après «Patriot Act» se dérobent à l’héritage intellectuel et philosophique des Pères Fondateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l’épisode «Subject 13» diffusé en février 2011 est-il construit selon le modèle du &lt;em&gt;flashback&lt;/em&gt; et suit-il de manière parallèle les souffrances des parents de Peter, victimes d’un rapt et condamnés, semble-t-il, à ne plus jamais revoir leur enfant, et les souffrances des «nouveaux» parents de Peter, interprétés par les mêmes acteurs John Noble et Orla Brady, qui tentent de faire croire à l’enfant qu’il est bien le leur et que ses souvenirs de sa dimension d’origine sont le résultat d’un traumatisme. Les scénaristes soulignent alors, par le biais du dialogue, le sentiment de culpabilité qui étreint chacun des personnages paradoxalement unis par un même déchirement – les vrais parents mortifiés par l’incompréhension du geste de Walter, comme par l’absence d’explication scientifique ou logique, ses parents adoptifs mortifiés par l’idée de devoir mentir sciemment à un enfant devenu le jouet de circonstances extraordinaires. Ici, aucun personnage n’endosse le rôle traditionnel du méchant, pas même Walternate, dont les projets de vengeance semblent valides aux yeux du spectateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dualité inédite renvoie au concept de «Mal» tel que l’analyse J. Baudrillard au sortir des Attentats, lorsque celui-ci écrit que nous ne pouvons aujourd’hui constater que son «éradication [est] de toute façon vouée à l’échec, puisque c’est de l’hégémonie grandissante des forces du Bien (l’axe antiterroriste, etc.) que résulte une terreur multipliée: la contre-terreur, cette &quot;terreur blanche&quot; qu’exercent les forces du Bien. Et c’est là la racine du Mal absolu: c’est que notre Mal à nous – et ceci est tout à fait nouveau – n’est plus celui qui s’opposait au Bien, c’est celui qui est produit par l’excès du Bien» (Baudrillard, 2005&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_p78yi18&quot; title=&quot;Article disponible à l’adresse: http://www.liberation.fr/tribune/2005/02/17/a-la-recherche-du-mal-absolu_509985&quot; href=&quot;#footnote7_p78yi18&quot;&gt;7&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce brouillage est accentué par de nouvelles révélations sur le passé de Walter Bishop qui, comme le spectateur l’apprendra au fur et à mesure des épisodes, a lui-même fait des expériences sur des enfants dans les années 1980, parmi lesquels Olivia, qui a occulté ces souvenirs traumatisants; ces enfants sont devenus un danger pour les autres comme pour eux-mêmes, certains sont devenus des assassins. Si des brutes existent dans le monde miroir, ils existent pareillement dans le nôtre. La justification de ces actes est présentée comme une nouvelle illustration du &lt;em&gt;story telling:&lt;/em&gt; tout sacrifice, toute cruauté trouvent une justification potentielle – si tant est que l’on se situe dans le camp du «Bien», notion parfaitement subjective que les scénaristes ne cessent de remettre en question et de déconstruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si les scénaristes reprennent le scénario comme les idées développées par Bixby, ce n’est que pour mieux jouer avec celles-ci et les pousser dans de nouvelles directions. Ces derniers brouillent un peu plus les cartes en écrivant des dialogues en miroir diffusés à des années de différence, dialogues qui indiquent bien que ces personnages venant d’univers différents ont une psychologie, des objectifs, des peurs comparables. Il n’y a ici ni bourreau ni victimes, rien qu’une inintelligence de la situation d’ensemble:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;CHARLIE FRANCIS: I’m sorry. Job isn’t what it was ten years ago. We’re supposed to protect the world, where one breath of the wrong air can incinerate you from the inside out. I mean, how do we protect people, when corporations have higher security clearances than we do? When we’re not fully briefed on half the things that we’re investigating. You know, when the truth, the truth is – we’re obsolete. [s1e1]&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;AGENT FRANCIS: I gotta tell you, Livvy, this job isn’t what it was ten years ago. You’ve got alternate universes. I mean, it just -- just wasn’t part of my training, you know? I mean, how are we supposed to fight these people? Truth is, Livvy, this makes me feel obsolete, you know? [s2e22]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viennent des situations en miroir – l’enlèvement et la fuite d’Olivia [s1e11] renvoient à l’enlèvement et à la fuite de son double [s3e18], la situation de [s4e16] reprend presque exactement celle de [s1e11] – qui rappellent constamment au spectateur que les deux univers fonctionnent effectivement en parallèle, comme la notion de «déjà vu», employée par le personnage de Walter pour expliquer le «multivers».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; est bien un «remake», comme a pu l’écrire Steven Gil, mais pas celui de séries plus anciennes (en l’occurrence &lt;em&gt;X-Files&lt;/em&gt; de Chris Carter). Les scénaristes ont en effet pensé &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; comme une série qui se prenait elle-même comme sujet de remake, rejouant les mêmes situations avec de légères modifications, reprenant volontairement les mêmes trames narratives, les mêmes intrigues traitées de façon différente tout en mettant en lumière le fait que, s’il existe non pas un, mais plusieurs remakes de situations connues, il n’existe aucun matériel original.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; confirmera cette direction à la fin de sa troisième saison (2010-2011) où l’action se déroule désormais dans une nouvelle dimension alternative située, cette fois-ci, dans le futur, dans une ville de New York en guerre où le premier symbole familier au spectateur est une plaque dédiée au souvenir des Attentats («We will never forget September 11, 2001. Dedicated to their memory, September 11, 2021», [s3e21]). On voit ensuite le One World Trade Center qui n’ouvrira en réalité au public qu’en novembre 2014, mais que les Américains connaissent par avance pour avoir vu de nombreuses fois les plans de l’architecte David Childs dans les médias. Dans ce nouvel univers, le point nodal demeure le fantôme des Tours. Ce monde a sa propre division &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; qu’Ella a rejointe et qu’Olivia dirige avant d’être assassinée; un nouvel univers avec ses alter-egos joués par les mêmes acteurs, avec sa propre menace terroriste incarnée par les personnages de Moreau – Brad Dourif – et de Walternate, dernier survivant de son univers. Le nouveau générique n’est ni bleu ni rouge, mais noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La saison 4, avec un générique jaune cette fois-ci, se déroule dans le même univers que dans la saison 1, à ceci près que le personnage de Peter a été effacé de la réalité. Les autres n’en gardent aucun souvenir. Sans Peter, Walter est décrit comme un personnage névrosé, agoraphobe, et qui, ne s’étant jamais remis de la mort de son fils, refuse de quitter son laboratoire à Harvard. Dans cette nouvelle réalité, Walter a également tenté de sauver le fils de Walternate en traversant d’un univers à un autre, mais l’enfant s’est  noyé accidentellement. Le retour de Peter [s4e4] se solde par un sentiment de frustration du spectateur. Au lieu de retrouvailles, les liens décrits dans les saisons précédentes sont effacés. Olivia ne reconnaît pas Peter. Leur histoire d’amour n’est plus qu’un souvenir dans la mémoire du jeune homme qui ne peut renouer avec les autres personnages. «Clearly I’m the wrong place», explique-t-il, «All the people that I know and love are… somewhere else. I just have to figure out how to get home.» [s4e6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La caractérisation de certains personnages change une fois de plus; parfois de manière anecdotique (la sœur d’Olivia toujours mariée, elle a non pas un, mais deux enfants); parfois de manière radicale (Nina Sharp est ici une mère de substitution pour Olivia, l’ayant prise en charge après le décès de sa mère). L’histoire de personnages secondaires jusqu’ici relativement plats est développée, particulièrement le personnage d’Astrid, qui rencontre son double atteint du syndrome d’Asperger – dont souffre la propre sœur de la comédienne Jasika Nicole –, rencontre qui permet aux scénaristes d’étoffer ses relations familiales [s4e11]. Philip Broyles s’éloigne du stéréotype de l’agent inflexible pour embrasser celui de traître, travaillant désormais sous les ordres d’un David Robert Jones revenu d’entre les morts. Le personnage de Walternate s’éloigne du personnage stéréotypique du «surhomme» nietzschéen pour gagner en épaisseur, jusqu’à permettre l’attachement du spectateur au personnage qui finit par pardonner à Walter de lui avoir pris son fils des années auparavant. John Noble joue Walternate différemment dans cette saison, et l’humanise sensiblement&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_fbwx1xr&quot; title=&quot;«[O]bviously [Walternate] was painted as the baddie, initially. But I never personally took it that way. I took it as a man with a job to do and a huge burden and very good reason to be incredibly angry and vengeful should he choose to go that way. But he never did take that these actions; he just wanted to save his world.  And then I got the chance—I think it was maybe last season—to humanize him a bit.», Sandra GONZALEZ, «Emmy Watch: &#039;Fringe&#039; star John Noble on slapping Joshua Jackson», 20 juin 2012, article consultable à l’adresse: http://www.ew.com/article/2012/06/20/emmy-watch-fringe-john-noble&quot; href=&quot;#footnote8_fbwx1xr&quot;&gt;8&lt;/a&gt;. Le changement le plus décisif étant celui qui affecte le personnage de William Bell, qui embrasse désormais la figure du savant fou et est désigné comme agent du «Mal» prêt à sacrifier deux mondes afin d’assouvir sa soif de puissance et de créer son propre univers  [s4e21/22].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les scénaristes opèrent ici un recyclage, une redistribution des stéréotypes difficile à anticiper de la part du spectateur habitué, avec la saison 1, à des situations ou séquences types auxquelles il ne peut plus se référer, jusqu’à Olivia, qui finit par se rapprocher de son double et déclarer que la «guerre» entre les deux univers n’est qu’une vue de l’esprit: «I’ve been over there. I’ve worked with the Other Side and they are not our enemy» [s4e20].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La saison 5 se déroule en 2036, vint ans après l’invasion des &lt;em&gt;observers&lt;/em&gt;, que les scénaristes révèlent être des humains venus du futur. L’humanité est réduite à la collaboration afin de ne pas être exterminée. Parmi ces collaborateurs, les loyalistes vêtus d’uniformes qui rappellent de manière explicite les uniformes nazis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La division Fringe existe toujours. Son objectif n’est plus de combattre le «terrorisme», mais de s’assurer que les humains, et plus particulièrement la résistance, reste «sous contrôle». Ici, c’est la population civile que la division Fringe protégeait dans les saisons précédentes qui est considérée, sans discernement, comme un réservoir de terroristes potentiels. Les rôles sont  inversés. Le terroriste anonyme et sans visage endosse ici le rôle du héros ou du &lt;em&gt;freedom fighter&lt;/em&gt; décidé à mettre à bas les forces d’occupation. L’image des déflagrations provoquées par ceux-ci, l’image des cendres qui couvrent progressivement la rue, des vêtements qui volent dans les airs avant de tomber au sol, est, toutefois, toujours filmée comme un écho patent des images des Attentats diffusées en direct [s5e7]. Les terroristes emploient des «armes de destruction massive» contre les &lt;em&gt;observers&lt;/em&gt; qui les considèrent comme «barbares» [s5e4] et affichent le visage de leurs «martyrs» sur les murs de la ville [s5e5]. En outre, l’équipe d’Olivia emploie les armes qu’elle a à sa disposition, autrement dit l’arsenal accumulé depuis les quatre saisons précédentes: les «virus inconnus, créatures monstrueuses» et autres «armes futuristes» employées par la cellule terroriste ZFT contre laquelle elle se battait jusqu’ici, et que Walter trouve «cools» [s5e13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectateur retrouve les personnages qu’il connaît bien, Olivia, Peter, Walter et Astrid s’étant eux-mêmes emprisonnés dans l’ambre et n’ayant pas vieilli. Etta, la fille qu’Olivia s’apprêtait à avoir, est ici adulte; en ce cas, le spectateur trouve, une fois de plus, un élément scénaristique tout à fait courant, voire banal, dans les &lt;em&gt;comic books&lt;/em&gt; où des personnages d’enfants grandissent dans un temps narratif court pour atteindre, ou dépasser, l’âge de leurs parents&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_hk1foq3&quot; title=&quot;C’est le cas de Nathan Summers (ou Cable), fils de Scott Summers (Cyclops) qui envoie celui-ci dans le futur afin de le sauver d’une mort certaine, et qui le retrouve quelques années plus tard, de retour dans le présent visiblement plus vieux que son propre père. C’est également le cas des personnages de Franklin Richards, fils de Reed Richards et Susan Storm des Fantastic Four ou de Skaar, fils de Bruce Banner (Hulk), tous chez Marvel Comics.&quot; href=&quot;#footnote9_hk1foq3&quot;&gt;9&lt;/a&gt;. Cette stratégie a pour objectif de ne pas bouleverser la répartition des rôles thématiques. Le fait qu’Olivia et Peter soient parents ne doit pas influer sur le déroulement du scénario et le personnage d’Etta adulte peut aisément endosser un rôle de partenaire, d’amis ou de compagnons tels qu’on a pu le voir avec Charlie ou Astrid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la morale et du sacrifice des idéaux est tout autant au cœur du scénario. Ainsi, le sujet de la «justification» de la torture qui taraude les États-Unis depuis les Attentats jusque sur le petit écran, sujet qui n’était jusqu’ici qu’évoqué dans la série, n’est plus éludé par les scénaristes. Le personnage d’Etta, qui représentait l’espoir d’une vie apaisée, pacifiée puisqu’enfant de deux mondes en miroir qui auparavant se faisaient la guerre, défend l’idée d’une torture «légitime» à l’endroit des loyalistes jusqu’à ce qu’Olivia, filmée comme étant heurtée par le manque de compassion de sa propre fille, ne la pousse à ne pas abandonner son humanité, comme a pu faire l’ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Henrietta: Loyalists sell out their own kind like rats. I know you just woke up, but look around you, Mom. Can’t you see what the Observers have brought? This is war. And we’re losing.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Olivia: I don&#039;t know your world. But I had hoped for you that, wherever you were, you weren’t hardened by what had happened to you. And it’s not that I don&#039;t see what the Observers have brought, I do. But what concerns me more is what they’ve taken away. [s5e2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons ici la distinction stoïcienne entre, d’un côté, &lt;em&gt;katorthoma&lt;/em&gt;, une «action droite rigoureusement correcte», de l’autre &lt;em&gt;kathekon&lt;/em&gt;, une «action qu’il convient à la nature de l’agent d’accomplir» (Gramsci, 2012: 38), en d’autres termes une action en accord avec la déontologie à la morale, opposée à une action entièrement affranchie de ces considérations et ramenée à un ordre «naturel», égotiste, et qui, par conséquent, évacue tout rapport à la société voire à l’humanité dans son fonctionnement. Ce n’est donc plus en se référant à des camps définis que l’action peut progresser; les ennemis d’hier sont les alliés d’aujourd’hui, et Olivia parviendra à contrer l’invasion avec l’aide de la dimension miroir, plus particulièrement de Fauxlivia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En renversant progressivement des schémas narratifs classiques largement employés à la télévision comme au cinéma, les scénaristes de &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; interrogent les certitudes du spectateur, spécialement américain, confronté à une banalisation d’images de violence et d’actes de terrorisme depuis les Attentats du 11 septembre 2001. Ils multiplient les pistes et fausses pistes narratives, rendant caduque toute assurance quant à la caractérisation des personnages, et sondent, par le biais d’une structure narrative constamment déconstruite, des notions de «Bien» et de «Mal»  remises en cause par les philosophes et la sociologie des catastrophes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En brisant le tabou d’une inclusion des Tours au sein de la diégèse, les scénaristes font du World Trade Center, à la fois symbole patriotique, voire mythologique, désormais indépassable, un «mystère», une «énigme» qui questionne le sort d’une Amérique qui peine à donner sens aux récits, à la «posture permanente de sécurité» justifiée &lt;em&gt;via&lt;/em&gt; les médias ou les thèses conspirationnistes les plus irrecevables, mais aussi &lt;em&gt;via&lt;/em&gt; un emploi de plus en plus systématique du &lt;em&gt;story telling&lt;/em&gt; par la classe politique étatsunienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; oppose-t-il au scénario apocalyptique diffusé par les &lt;em&gt;mass medias&lt;/em&gt; une lecture sotériologique qui prend racine dans un Âge d’Or rêvé de l’Amérique depuis les Transcendentalistes – R. W. Emerson, H. D. Thoreau – jusqu’aux mouvements pacifistes, progressistes et humanistes de la seconde moitié du XXe siècle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Attentats sont finalement intégrés à une réflexion artistique à même de contrer les images d’horreur surreprésentées sur les écrans en leur opposant une multitude de mondes jusqu’ici insoupçonnés. En filmant le World Trade Center intact, les scénaristes optent non pour une «réécriture de l’histoire» qui pourrait signaler un désir de vengeance ou de châtiment, mais pour une réappropriation de l’Histoire américaine par l’ensemble des spectateurs. Ils font du symbole des Tours l’affirmation de la volonté d’un retour à une société prélapsarienne, non plus va-t-en-guerre, hyper-sécurisée au risque de renoncer aux principes fondamentaux de Liberté, mais sûre de ses idéaux universalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La multiplication des points de vue, l’usage systématique du &lt;em&gt;retcon&lt;/em&gt; caractéristique du &lt;em&gt;comic book&lt;/em&gt; cette fois-ci au cœur du dispositif diégétique, permet, par un renversement inédit, de faire des bâtiments imaginés par l’architecte américain &lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/Minoru_Yamasaki&quot;&gt;Minoru Yamasaki&lt;/a&gt; et ouverts au public en juin 1973, le symbole audacieux d’une nouvelle Unité populaire et philosophique qui reste à confirmer par le biais de l’écriture et de l’image, mais aussi par la reconstruction et la réappropriation d’une mémoire collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie sélective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ouvrages critiques&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles DELEUZE et Félix GUATTARI, &lt;em&gt;Mille Plateaux / Capitalisme et Schizophrénie 2&lt;/em&gt;, Paris, Les Editions de Minuit, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles DELEUZE et Félix GUATTARI, &lt;em&gt;Qu’est-ce que la Philosophie?&lt;/em&gt;, Paris, Les Editions de Minuit, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles DELEUZE, &lt;em&gt;Cinéma 2 / L’Image-Temps&lt;/em&gt;, Paris, Editions de Minuit, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Umberto ECO, &lt;em&gt;De Superman au Surhomme&lt;/em&gt;, Paris, Grasset / Le Livre de Poche, 1993 [1978].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel FOUCAULT, &lt;em&gt;Surveiller et Punir: naissance de la prison&lt;/em&gt;, Paris, Gallimard, 1975.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antonio GRAMSCI, &lt;em&gt;Pourquoi je hais l’indifférence&lt;/em&gt;, Paris, Rivages, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adam ROBERTS, &lt;em&gt;Science Fiction&lt;/em&gt;, London, Routledge, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ouvrages critiques collectifs&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oswald DUCROT et Jean-Marie SCHAEFFER, avec la collaboration de Marielle ABRIOUX, Dominique BASSANO, Georges BOULAKIA, Michel de FORNEL, Philippe ROUSSIN et Tzvetan TODOROV, &lt;em&gt;Nouveau Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage&lt;/em&gt;, Paris, Seuil, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ouvrages historiques, autres&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Don DELILLO, &lt;em&gt;Falling Man&lt;/em&gt;, New York, Scribner, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ralph Waldo EMERSON, &lt;em&gt;Self-Reliance and Other Essays&lt;/em&gt;, USA, CreateSpace Independent Publishing Platform.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;William GIBSON, &lt;em&gt;Pattern Recognition&lt;/em&gt;, New York, G. P. Putnam&#039;s Sons, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naomi KLEIN, &lt;em&gt;The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism&lt;/em&gt;, Toronto, Knopf Canada, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John D. MARKS, &lt;em&gt;The Search for the &quot;Manchurian Candidate&quot;: The CIA and Mind Control: The Secret History of the Behavioral Sciences&lt;/em&gt;, New York, W. W. Norton &amp;amp; Company, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Baptiste THORET, &lt;em&gt;26 secondes: L&#039;Amérique éclaboussée&lt;/em&gt;, Pertuis, Rouge Profond, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul VIRILIO, &lt;em&gt;La Pensée Exposée&lt;/em&gt;, Arles, Actes Sud / Fondation Cartier pour l’art contemporain, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grant MORRISON, &lt;em&gt;Supergods: What Masked Vigilantes, Miraculous Mutants, and a Sun God from Smallville Can Teach Us About Being Human&lt;/em&gt;, New York, Spiegel &amp;amp; Grau / Random House, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.amazon.com/Neil-Postman/e/B000AQ1U26/ref=dp_byline_cont_book_1&quot;&gt;Neil POSTMAN&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Technopoly: The Surrender of Culture to Technology&lt;/em&gt;, New York, Vintage, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neil POSTMAN, &lt;em&gt;Building a Bridge to the 18th Century: How the Past Can Improve Our Future&lt;/em&gt;, Vintage, Amazon Digital Services, Inc. [1999].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ouvrages collectifs historiques, autres&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Gene Roddenberry’s Star Trek: The Original Cast Adventures&lt;/em&gt;, edited by &lt;a href=&quot;http://www.amazon.com/s/ref=dp_byline_sr_book_1?ie=UTF8&amp;amp;text=Douglas+Brode&amp;amp;search-alias=books&amp;amp;field-author=Douglas+Brode&amp;amp;sort=relevancerank&quot;&gt;Douglas Brode&lt;/a&gt; &amp;amp; &lt;a href=&quot;http://www.amazon.com/s/ref=dp_byline_sr_book_2?ie=UTF8&amp;amp;text=Shea+T.+Brode&amp;amp;search-alias=books&amp;amp;field-author=Shea+T.+Brode&amp;amp;sort=relevancerank&quot;&gt;Shea T. Brode&lt;/a&gt;, London, Rowman &amp;amp; Littlefield Publishers, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;The Multiple Worlds of Fringe / Essays on the J. J. Abrams Science Fiction Series&lt;/em&gt;, edited by Tanya R. Cochran, Sherry Gin &amp;amp; Paul Zinder, Jefferson, McFarland, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Remake Television: Reboot, Reuse, Recycle&lt;/em&gt;, edited by Carlen Lavigne &amp;amp; William Proctor, Plymouth, Lexington Books, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Travaux universitaires&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe BECKER, «Heroes and Villains (1): La naissance du comic book contemporain», paru en ligne dans la revue électronique &lt;em&gt;POP-EN-STOCK&lt;/em&gt; (le 12 février 2015). Article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://popenstock.ca/dossier/article/heroes-and-villains-1-la-naissance-du-comic-book-contemporain-0#sthash.qEKP1Krr.dpuf&quot;&gt;http://popenstock.ca/dossier/article/heroes-and-villains-1-la-naissance-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neli DOBREVA, «Esthétisation du politique, œuvre d’art et expérience du Sublime VS 9/11», in &lt;em&gt;La Fonction Critique de l’Art, Dynamiques et Ambiguïtés&lt;/em&gt; (sous la direction d’Evelyne Toussaint), Bruxelles, La Lettre Volée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franco MARINEO, «&lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt;, fringe science and the evolution of human mind: the disappearance of the Self and the multiplication of realities», article tiré de l&#039;intervention «Consciousness Reframed 12» , The Planetary Collegium’s 12&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt; Annual international Research Conference, consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://artshare.com.pt/cr12&quot;&gt;http://artshare.com.pt/cr12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Articles&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy ASTIC et Christian TARTING, «Montage des ruines / Conversation avec Georges Didi-Huberman», in &lt;em&gt;Simulacres &lt;/em&gt;n°5, Septembre-Décembre 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Filmographie sélective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Séries télévisées&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; – L’intégrale de la série: Saisons 1 à 5, Warner Bros. (2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;The Americans&lt;/em&gt; – L’intégrale des Saisons 1 &amp;amp; 2, 20th Century Fox (2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Star Trek&lt;/em&gt; – Saison 1, CBS (2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Steven Spielberg Presents Amazing Stories&lt;/em&gt;, The Complete First Season, Universal Studios (2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;The X-Files&lt;/em&gt; – L’intégrale des 9 saisons, 20th Century Fox (2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Films&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dylan AVERY, &lt;em&gt;Loose Change&lt;/em&gt; (2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edward BURNS,&lt;em&gt; Sidewalks of New York&lt;/em&gt; (2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rob BOWMAN, &lt;em&gt;The X-Files: Fight the Future &lt;/em&gt;(1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. C. CHANDOR, &lt;em&gt;A Most Violent Year&lt;/em&gt; (2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor FLEMING, &lt;em&gt;The Wizard of Oz &lt;/em&gt;(1939).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alan J. PAKULA, &lt;em&gt;The Parallax View &lt;/em&gt;(1974).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri VERNEUIL, &lt;em&gt;I... comme Icare &lt;/em&gt;(1979).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philip KAUFMAN, &lt;em&gt;Invasion of the Body Snatchers&lt;/em&gt; (1978).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ken RUSSELL, &lt;em&gt;Altered States&lt;/em&gt; (1980).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martin SCORSESE, &lt;em&gt;Gangs of New York&lt;/em&gt; (2002)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zack SNYDER, &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt; (2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.imdb.com/name/nm0000682/?ref_=tt_ov_dr&quot;&gt;Paul VERHOEVEN&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Robocop&lt;/em&gt; (1987).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.imdb.com/name/nm0000709/?ref_=tt_ov_dr&quot;&gt;Robert ZEMECKIS&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Back to the Future&lt;/em&gt; (1985).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert ZEMECKIS, &lt;em&gt;The Walk&lt;/em&gt; (2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Documents Internet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/auteur/2525-jean-baudrillard&quot;&gt;Jean BAUDRILLARD&lt;/a&gt;, «A la recherche du Mal absolu», &lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt; (17 février 2005), article disponible à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/tribune/2005/02/17/a-la-recherche-du-mal-absolu_509985&quot;&gt;http://www.liberation.fr/tribune/2005/02/17/a-la-recherche-du-mal-absolu...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Noam CHOMSKY, «Terrorisme, l’arme des puissants», &lt;em&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/em&gt;, texte est tiré d’une conférence prononcée au MIT le 18 octobre 2001 et consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2001/12/CHOMSKY/8234&quot;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2001/12/CHOMSKY/8234&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ew.com/author/sandra-gonzalez&quot;&gt;Sandra GONZALEZ&lt;/a&gt;, «Emmy Watch: &#039;Fringe&#039; star John Noble on slapping Joshua Jackson», 20 juin 2012, article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ew.com/article/2012/06/20/emmy-watch-fringe-john-noble&quot;&gt;http://www.ew.com/article/2012/06/20/emmy-watch-fringe-john-noble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://kinja.com/AnnaleeNewitz&quot;&gt;Annalee NEWITZ&lt;/a&gt;, «&lt;a href=&quot;http://io9.com/360044/chris-carter-says-911-killed-x-files-but-america-is-ready-for-it-again&quot;&gt;Chris Carter Says 9/11 Killed X-Files, But America is Ready for It Again&lt;/a&gt;», article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://io9.com/360044/chris-carter-says-911-killed-x-files-but-america-is-ready-for-it-again&quot;&gt;http://io9.com/360044/chris-carter-says-911-killed-x-files-but-america-is-ready-for-it-again&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ignacio RAMONET, «Mensonges d’État»,  &lt;em&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/em&gt;, juillet 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193&quot;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre SERISIER, «Fringe (Saison 1) – Réécrire l’Histoire», 14 mai 2009, article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://seriestv.blog.lemonde.fr/2009/05/14/fringe-saison-1-reecrire-lhistoire/&quot;&gt;http://seriestv.blog.lemonde.fr/2009/05/14/fringe-saison-1-reecrire-lhistoire/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faustine VINCENT, «Les Américains se divisent sur la notion d’acte &quot;terroriste&quot;», &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;, 2 décembre 2015, article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/12/02/fusillade-dans-un-planning-familial-les-americains-se-divisent-sur-la-notion-d-acte-terroriste»&quot;&gt;http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/12/02/fusillade-dans-un-pla...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«Fringe: Showrunner JH Wyman On the Show’s Key Moments», 22 novembre 2012, article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.gamesradar.com/fringe-showrunner-jh-wyman-on-the-shows-key-moments/&quot;&gt;http://www.gamesradar.com/fringe-showrunner-jh-wyman-on-the-shows-key-mo...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«La justice chinoise condamne à mort des &quot;terroristes&quot; ouïgours», &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; (08/12/14), article consultable sur le site:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/12/08/la-justice-chinoise-condamne-a-mort-des-terroristes-ouigours_4536332_3216.html#zRyQHeRlduA0GboL.99&quot;&gt;http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/12/08/la-justice-chinoise-condamne-a-mort-des-terroristes-ouigours_4536332_3216.html#zRyQHeRlduA0GboL.99&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Remerciements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Noëlle Batt, Véronique Ferret, Nathalie Montoya, Jonathan Boutemy, Géraldine Cauly, Gilles Volle, Jean-Michel Wingertsman pour leur amitié indéfectible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce travail est dédié avec la plus grande affection à mon ami Aurélien Gleize qui n’aime pas &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt;, et à mon père, ancien chercheur au MIT, qui, malgré tous ses efforts, n’a pas encore trouvé de dimension parallèle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_ya8n4e3&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_ya8n4e3&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; «The alternate universe of &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt;—a world of airships and amber, of national identification cards and disasters almost mundane in their frequency, of staggering technological advances but also in which smallpox has not yet been eradicated—is uncanny precisely because it is familiar: every revelation is a novelty as well as what the contemporary Z&lt;em&gt;eitgeist&lt;/em&gt; leads one to fear the world will become», &lt;em&gt;The Multiple Worlds of Fringe / Essays on the J. J. Abrams Science Fiction Series&lt;/em&gt;, edited by Tanya R. Cochran, Sherry Gin &amp;amp; Paul Zinder, Jefferson, McFarland, 2014, p. 147.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_zgcmpb7&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_zgcmpb7&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Nom donné au fait de faire mourir des personnages de &lt;em&gt;comic books&lt;/em&gt; avant de les ressusciter peu de temps après. Le lecteur de &lt;em&gt;comic books&lt;/em&gt; sait que la mort de ses personnages préférés n’est que temporaire. Le personnage de Broyles du monde miroir meurt dans la saison 3 et revient dans la saison 4; David Robert Jones meurt dans la saison 1 pour réapparaître dans la saison 4; William Bell  se sacrifie dans la saison 2 et revient, également, dans la saison 4.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_im4i7lz&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_im4i7lz&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Cette idée sera reprise à son tour dans les &lt;em&gt;comic books&lt;/em&gt; Marvel, voir &lt;em&gt;The New Avengers: Illuminati&lt;/em&gt; (2006-2007).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_rya5ryh&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_rya5ryh&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Ainsi des Tchétchènes, qualifiés sans nuance de «terroristes» par Vladimir Poutine, ou les militants ouïgours considérés de même par Pékin. Le quotidien &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; emploie des guillemets pour qualifier les «&quot;terroristes&quot; ouïgours» afin de souligner la difficulté à démêler le vrai du faux dans un pays qui contrôle ses informations et empêche de mener des investigations libres. Voir «La justice chinoise condamne à mort des &quot;terroristes&quot; ouïgours», &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; (08/12/14), article consultable sur le site: &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/12/08/la-justice-chinoise-condamne-a-mort-des-terroristes-ouigours_4536332_3216.html#zRyQHeRlduA0GboL.99&quot;&gt;http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/12/08/la-justice-chino...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_9e2weya&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_9e2weya&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; «Qu’est-ce que le terrorisme? Dans les manuels militaires américains, on définit comme terreur l’utilisation calculée, à des fins politiques ou religieuses, de la violence, de la menace de violence, de l’intimidation, de la coercition ou de la peur. Le problème d’une telle définition, c’est qu’elle recouvre assez exactement ce que les États-Unis ont appelé la guerre de basse intensité, en revendiquant ce genre de pratique». Noam CHOMSKY, «Terrorisme, l’arme des puissants», &lt;em&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/em&gt;, texte tiré d’une conférence prononcée au MIT le 18 octobre 2001 et consultable à l’adresse: &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2001/12/CHOMSKY/8234&quot;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2001/12/CHOMSKY/8234&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_943y06b&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_943y06b&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Steven Spielberg reprend ce thème dans un épisode d’&lt;em&gt;Amazing Stories &lt;/em&gt;réalisé par Martin Scorsese en 1986 et également intitulé «Mirror Mirror». L’épisode suit l’écrivain Jordan Manmoth (&lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/Sam_Waterston&quot;&gt;Sam Waterston&lt;/a&gt;) qui sombre dans la folie, poursuivi par une créature menaçante (&lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/Tim_Robbins&quot;&gt;Tim Robbins&lt;/a&gt;) qui apparait sur des surfaces réfléchissantes, des miroirs, principalement; cette créature, qui se révèlera être lui-même, le poussera au suicide.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_p78yi18&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_p78yi18&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; Article disponible à l’adresse: &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/tribune/2005/02/17/a-la-recherche-du-mal-absolu_509985&quot;&gt;http://www.liberation.fr/tribune/2005/02/17/a-la-recherche-du-mal-absolu...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_fbwx1xr&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_fbwx1xr&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; «[O]bviously [Walternate] was painted as the baddie, initially. But I never personally took it that way. I took it as a man with a job to do and a huge burden and very good reason to be incredibly angry and vengeful should he choose to go that way. But he never did take that these actions; he just wanted to save his world.  And then I got the chance—I think it was maybe last season—to humanize him a bit.», &lt;a href=&quot;http://www.ew.com/author/sandra-gonzalez&quot;&gt;Sandra GONZALEZ&lt;/a&gt;, «Emmy Watch: &#039;Fringe&#039; star John Noble on slapping Joshua Jackson», 20 juin 2012, article consultable à l’adresse: &lt;a href=&quot;http://www.ew.com/article/2012/06/20/emmy-watch-fringe-john-noble&quot;&gt;http://www.ew.com/article/2012/06/20/emmy-watch-fringe-john-noble&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_hk1foq3&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_hk1foq3&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; C’est le cas de Nathan Summers (ou Cable), fils de Scott Summers (Cyclops) qui envoie celui-ci dans le futur afin de le sauver d’une mort certaine, et qui le retrouve quelques années plus tard, de retour dans le présent visiblement plus vieux que son propre père. C’est également le cas des personnages de Franklin Richards, fils de Reed Richards et Susan Storm des Fantastic Four ou de Skaar, fils de Bruce Banner (Hulk), tous chez Marvel Comics.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-institution field-type-text field-label-inline clearfix&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Institution:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/culture-geek&quot;&gt;Culture Geek&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/ideologie&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Idéologie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Thu, 03 Mar 2016 03:24:29 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier-Millette</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">1577 at https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca</guid>
</item>
<item>
 <title>Through the Looking-Glass [1] </title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/through-looking-glass-1</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Through the Looking-Glass [1] &lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/christophe-becker&quot;&gt;Christophe Becker&lt;/a&gt; le 02/03/2016&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;strong&gt;Continuité rétroactive et multiplication des points de vue: les attentats du 11 Septembre 2001 passés par le prisme de la série &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-left: 320px;&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-left: 320px;&quot;&gt;In me didst thou exist—and, in my death, see by this image, which is thine own,&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-left: 320px;&quot;&gt;how utterly thou hast murdered thyself. (Edgar Allan Poe, &lt;em&gt;William Wilson&lt;/em&gt;, 1839)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-left: 320px;&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-left: 320px;&quot;&gt;I am he as you are he as you are me&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-left: 320px;&quot;&gt;and we are all together. (The Beatles, &lt;em&gt;I Am the Walrus&lt;/em&gt;, 1967)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note:&lt;/strong&gt; afin de simplifier la lecture de l’article, les références entre crochets indiquent le numéro de la saison puis le numéro de l’épisode de la série. Pour des raisons de compréhension, l’article suit le déroulement chronologique de chaque saison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Créée par J. J. Abrams, Alex Kurtzman et Roberto Orci et diffusée sur la chaîne américaine Fox de 2008 à 2013&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_kb2hn9y&quot; title=&quot;Jeff Pinkner et J. H. Wyman sont les showrunners de la série. Ils travaillent ensemble sur les saisons 2, 3 et 4. Pinkner travaille seul à la saison 1, Wyman sur la saison 5.&quot; href=&quot;#footnote1_kb2hn9y&quot;&gt;1&lt;/a&gt;, la série &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; suit un groupe d’enquêteurs du FBI confronté à des actes de terrorisme hors du commun. Virus inconnus, créatures monstrueuses ou armes futuristes: la cellule terroriste baptisée ZFT&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_3cj5tnd&quot; title=&quot;Pour «Zerstörung durch Fortschritte der Technologie» ou «Destruction par l’avancement technologique».&quot; href=&quot;#footnote2_3cj5tnd&quot;&gt;2&lt;/a&gt; semble maîtriser une technologie qui échappe aux spécialistes de la police comme à la communauté scientifique; elle démontre également, au fil des épisodes, disposer d’agents infiltrés au sein même du Homeland Office comme du gouvernement. Les motivations de ZFT ne sont jamais éclaircies, pas même lorsque les héros en découvrent le manifeste avec son scénario eschatologique qui annonce une guerre imminente contre un «autre» sans dénomination propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les enquêteurs chargés de lutter contre cette menace, l’agent Olivia Dunham (Anna Torv) prend la tête d’une équipe d’agents du FBI dépendant du Homeland Office et de consultants civils dont l’expertise scientifique et l’ouverture d’esprit  aux «pseudosciences» – les &lt;em&gt;fringe sciences&lt;/em&gt; auxquelles le titre de la série fait référence – les rend à même de démêler le &lt;em&gt;modus operandi&lt;/em&gt; des agents de ZFT&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_kkiyg9a&quot; title=&quot;Ces «pseudosciences» jugées farfelues renvoient à de véritables expériences menées aux États-Unis ou en Union soviétique pendant la Guerre Froide: télépathie, télékinésie, hypnose, étude des applications militaires de drogues hallucinogènes, dont on peut avoir un aperçu dans le livre de John D. MARKS, The Search for the &amp;quot;Manchurian Candidate&amp;quot;: The CIA and Mind Control: The Secret History of the Behavioral Sciences, New York, W. W. Norton &amp;amp; Company, 1991. Le personnage de Walter Bishop expliquera dans [s2e5] avoir participé au projet MKUltra auquel Marks consacre de nombreuses pages.&quot; href=&quot;#footnote3_kkiyg9a&quot;&gt;3&lt;/a&gt;. Olivia recrute ainsi le Dr Walter Bishop (John Noble), enfermé dans une institution psychiatrique depuis dix-sept ans, figure stéréotypique du savant fou, ainsi que son fils Peter (Joshua Jackson), ancien étudiant du MIT devenu escroc professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’équipe obtient l’assistance technique de la toute-puissante multinationale Massive Dynamic, qui maintient un contact privilégié avec le Ministère de la Défense et influe le pouvoir politique, mais dont le spectateur ne sait, encore, si ses responsables, dont son président et ancien collaborateur de Walter, William Bell (Leonard Nimoy), comptent appuyer ou, au contraire, contrarier l’enquête du FBI. Ici les grandes corporations occupent la place attribuée au gouvernement dépeint couramment au cinéma et la télévision jusque dans les années 1980 comme le siège de toutes les manipulations – de manière significative dans &lt;em&gt;X-Files. &lt;/em&gt;La place ambiguë qu’occupe Massive Dynamic dans la série rappelle dans un même temps au public américain la mise en garde du président Dwight Eisenhower au cours du discours prononcé le 17 janvier 1961, au moment où il s’apprête à laisser son siège à John F. Kennedy, discours où il évoque les assauts invisibles d’un «complexe militaro-industriel» décidé à saper les fondements de la démocratie, à confisquer les lieux de décision et à privilégier ses intérêts financiers au détriment du législateur&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_ai5w8ng&quot; title=&quot;«This conjunction of an immense military establishment and a large arms industry is new in the American experience. The total influence—economic, political, even spiritual—is felt in every city, every State house, every office of the Federal government. We recognize the imperative need for this development. Yet we must not fail to comprehend its grave implications. Our toil, resources and livelihood are all involved; so is the very structure of our society. In the councils of government, we must guard against the acquisition of unwarranted influence, whether sought or unsought, by the militaryindustrial complex. The potential for the disastrous rise of misplaced power exists and will persist.», allocution disponible à l’adresse: http://coursesa.matrix.msu.edu/~hst306/documents/indust.html&quot; href=&quot;#footnote4_ai5w8ng&quot;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les enquêtes de la division Fringe se déroulent sous les yeux de personnages baptisés du nom d’«observateurs» ou &lt;em&gt;observers&lt;/em&gt;, d’origine et d’allégeance inconnue jusqu’à la fin de la saison 4, présents à chaque moment clef de notre histoire et inspirés de &lt;em&gt;comic books&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_w6p88he&quot; title=&quot;Des personnages d’observateurs chauves qui étudient les moments clefs de notre histoire sont présents dans l’univers Marvel sous le nom de «watchers», créés par Stan Lee et Jack Kirby en 1963 dans Fantastic Four #13. C’est le nom que leur donnent les personnages venus de l’univers miroir que nous mentionnerons plus avant. L’observateur le plus proéminent dans la série se nomme «September», référence probable aux Attentats. Dans le comic book What if publié pour la première fois par Marvel en 1977, le watcher Uatu  narre l’histoire des univers parallèles qui ne font pas partie du canon Marvel, ce qui permet aux scénaristes tous les retcons possibles et imaginables. Dans l’épisode [s2e23], des comic books DC sont affichés sur les murs d’un appartement de l’univers miroir. Des différences visibles, manifestes aux yeux des lecteurs de comic books, y apparaissent nettement. On distingue ainsi Superman: The Man of Steel Returns de Frank Miller en lieu et place de Batman: The Dark Knight Returns, pilier du renouveau du comic book avec Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons (DC comics, septembre 1986 à octobre 1987), et Maus d’Art Spiegelman (Raw / Pantheon Books, 1980-1986).&quot; href=&quot;#footnote5_w6p88he&quot;&gt;5&lt;/a&gt;. Tout juste peut-on constater que ces «observateurs» portent le même costume dont la coupe rappelle les années 1940, un clin d’œil «retrofutur» caractéristique du mouvement cyberpunk&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_kg4djd8&quot; title=&quot;Le terme est forgé par l’écrivain américain William Gibson dans sa nouvelle «The Gernsback Continuum» (1981).&quot; href=&quot;#footnote6_kg4djd8&quot;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des thèmes récurrents émaillent la série, qui multiplient les clins d’oeil aux classiques de la science-fiction&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_4rbe3j4&quot; title=&quot;De H. G. Wells à Philip K. Dick en passant par Star Trek et Star Wars. Le choix de certains acteurs ou actrices comme Leonard Nimoy, Blair Brown, Peter Weller [s2e18] ou Christopher Lloyd [s3e10] renvoie à leurs rôles respectifs (la série Star Trek de Gene Roddenberry et Philip Kaufman, Invasion of the Body Snatchers, 1978; Ken Russell, Altered States, 1980; Paul Verhoeven, Robocop, 1987; Robert Zemeckis, Back to the Future, 1985) qui ont tous influencé la série de manière plus ou moins notable.&quot; href=&quot;#footnote7_4rbe3j4&quot;&gt;7&lt;/a&gt;: la perte d’un enfant, le coût moral de choisir de sacrifier de nombreuses vies afin de sauver la personne aimée, le thème de la rédemption, enfin celui d’une «science sans conscience» et ses conséquences sur l’humanité dans son ensemble, confirmant l’axiome du romancier et psychothérapeute américain Paul Goodman pour qui la technologie est une «branche de la philosophie morale, et non pas de la science&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_9i50qyw&quot; title=&quot;«Whether or not it draws on new scientific research, technology is a branch of moral philosophy, not of science», Paul GOODMAN, New Reformation [1970], cité dans Neil POSTMAN, Technopoly: The Surrender of Culture to Technology, New York, Vintage, 1993, p. xiii. Tout au long de la série, des références sont faites par le biais des dialogues à J. Robert Oppenheimer (1904-1967), l’un des inventeurs de la bombe atomique.&quot; href=&quot;#footnote8_9i50qyw&quot;&gt;8&lt;/a&gt;». Ainsi sont surreprésentés des scientifiques, docteurs, médecins, psychiatres, incapables de donner du sens à un monde qu’ils estiment, à tort, saisir&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_ob3b8i9&quot; title=&quot;Neil Postman note: «Philipp Frank, one of Einstein’s early biographers, observed that the theory of relativity was as much a revelation in language as in physics», une réflexion qui peut servir de grille de lecture valide à l’ensemble de la série. Cf. Neil POSTMAN, Building a Bridge to the 18th Century: How the Past Can Improve Our Future, Vintage, Amazon Digital Services, Inc., p. 70.&quot; href=&quot;#footnote9_ob3b8i9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pilote de la série, écrit par Abrams, Kurtzman et Orci, est diffusé presque sept ans jour pour jour après les attentats du 11 Septembre – le 9 septembre 2008. Le spectateur y suit l’investigation ouverte sur le décès de l&#039;équipage et des passagers d’un avion de ligne à la suite d’une attaque chimique, référence non seulement aux Attentats, mais également à la paranoïa qui saisit l’Amérique après la découverte de lettres piégées à l’anthrax une semaine après et attribuées – à tort – à des terroristes d’Al Qaïda. Rappelons que c’est cet «Amerithrax», comme on l’appellera rapidement en Amérique, qui servira de prétexte au Secrétaire d’État Colin Powell pour justifier une intervention américaine en Irak auprès des Nations unies lors d’une séquence télévisée désormais passée à la postérité comme, pour citer une représentante démocrate de Californie, «la plus grande manœuvre d’intoxication de tous les temps» (Harman citée dans Ramonet, 2003&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_5qdfx7j&quot; title=&quot;Article consultable à l’adresse: http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193&quot; href=&quot;#footnote10_5qdfx7j&quot;&gt;10&lt;/a&gt;), mais également de &lt;em&gt;story telling&lt;/em&gt;, autrement dit de transformation de faits en récit susceptible de réécritures successives en vue d’une manipulation de l’opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s’agit pas, de la part des scénaristes, d’un simple renvoi à une période traumatique, tout comme le fait que la première rencontre entre Olivia et Peter ait lieu à Bagdad avant que l’enquêtrice lui demande d’intégrer son équipe plutôt que de «partir le plus loin possible [de Boston], en Irak ou en Afghanistan» [s1e1]: c’est cette première investigation qui aboutira à la création de la division Fringe basée sur le campus d’Harvard – confirmant que les attentats, et plus largement la situation au Proche-Orient, ont un statut volontairement ambivalent dans la diégèse: à la fois fausse piste et &lt;em&gt;Ur&lt;/em&gt;&lt;em&gt;-text&lt;/em&gt; incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin du premier épisode de &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; voit le responsable de l’attaque sur le vol 627 inculpé d’«acte de terrorisme» et d’avoir employé des «armes de destruction massive», autant de charges désormais familières au public, mais qui ne renvoient plus au terrorisme islamique, qualifié ici de «simple terrorisme» [s1e1]. À partir de cette exposition des personnages, les scénaristes feront intervenir régulièrement le Homeland Office ou la NSA sans jamais les relier à la menace des islamistes radicaux, à un moment où ceux-ci sont surreprésentés sur les écrans américains par le biais des &lt;em&gt;mass medias&lt;/em&gt; – dont Fox News, filiale de Fox Entertainment Group, connue pour ses commentaires largement biaisés en faveur du camp républicain va-t-en-guerre – comme dans les séries télévisées ou au cinéma. Les ellipses, tant des noms propres, savamment évacués de la narration&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_7ah1ri6&quot; title=&quot;Ni Al Qaïda ni Ben Laden ne sont évoqués dans des situations relevant clairement du terrorisme international. Le nom de Saddam Hussein n’est mentionné que très brièvement [s2e3].&quot; href=&quot;#footnote11_7ah1ri6&quot;&gt;11&lt;/a&gt;, que de la situation de crise que vit l’Amérique alors que les événements décrits, comme les renvois incessants à la menace terroriste, collent à l’actualité. Ce parti pris est d’autant plus déroutant que, comme le rappelle Neli Dobreva, la chute du World Trade Center à New York a été retransmise en direct «sur les écrans du monde entier, &lt;em&gt;via&lt;/em&gt; la &lt;em&gt;webcam&lt;/em&gt; de CNN fixée à l’horizon de Manhattan» (Dobreva, 2009: 197). Les images omniprésentes du désastre, images rediffusées quotidiennement par les &lt;em&gt;mass medias&lt;/em&gt;, sont d’autant plus déstabilisantes qu’elle mettent en scène un débordement de documents audiovisuels qui rejouent une catastrophe filmée sous tous les angles, avec ses détails, ses témoignages pris sur le vif, ses images montées, censurées ou livrées telles quelles au téléspectateur, qui n’apportent finalement aucune véritable réponse, aucune «solution» à la sauvagerie des événements. Tout comme pour le film que tourne Abraham Zapruder de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 à Dallas, l’image ne parvient plus à «rendre compte», mais épaissit le mystère qui devient «comme une fiction de plus, une fiction dépassant la réalité» (Baudrillard cité dans Thoret, 2003: 188), tout en interrogeant le spectateur sur son propre rapport à l’image, entre écœurement et pulsion scopique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas faire mention des Attentats ne rend pas ceux-ci moins présents puisqu’ils sont ancrés dans la mémoire collective, et &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; est bel et bien un portrait en creux d’une Amérique post-11 Septembre qui a analysé, questionné ces images horrifiques depuis des années par le biais des informations, de documentaires plus ou moins approfondis ou partiaux&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref12_jsyi3rh&quot; title=&quot;En particulier le documentaire Loose Change de Dylan Avery (2005), largement critiqué par une série de documentaires de la BBC.&quot; href=&quot;#footnote12_jsyi3rh&quot;&gt;12&lt;/a&gt;, mais également par le truchement de leur assimilation par la culture «officielle» et «populaire» &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref13_ig4yhw1&quot; title=&quot;En littérature, les romans Pattern Recognition de William Gibson (2003) ou Falling Man de Don DeLillo (2007) qui interrogent les Attentats autant que leur mise en images, mais également les comic books comme New X-Men de Grant Morrison (Marvel, 2001-2004) ou The Boys de Garth Ennis et Darick Robertson (Wildstorm / Dynamite Entertainment, 2006-2012).&quot; href=&quot;#footnote13_ig4yhw1&quot;&gt;13&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace réelle, avec laquelle la communauté internationale a désormais appris à vivre, est finalement secondaire ici puisque «familière&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref14_f5yal2f&quot; title=&quot;Broyles: «I have a job. The same job I’ve had in three administrations and six wars: to defend our national security and I assure you we are not secure. Yes, sometimes the threat is familiar, but I’ve come to learn that sometimes it is far worse.» [s2e1]&quot; href=&quot;#footnote14_f5yal2f&quot;&gt;14&lt;/a&gt;» à la différence de celle brandie par ZFT, en tous points inintelligible puisque sans revendication ou sommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’accueil fait par la critique à la première saison est mitigé. De nombreux critiques, dont Gillian Flynn, Misha Davenport ou Ellen Gray&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref15_9yp6yxw&quot; title=&quot;Respectivement de Entertainment Weekly, Chicago Sun-Times et Philadelphia Daily News. Les exemples sont trop nombreux pour être tous consignés ici.&quot; href=&quot;#footnote15_9yp6yxw&quot;&gt;15&lt;/a&gt;, mettent en parallèle son intrigue et celle de &lt;em&gt;X-Files&lt;/em&gt;, série également diffusée sur la Fox de 1993 à 2002. En somme, &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; ne serait rien d’autre qu’une pâle copie ou &lt;em&gt;remake&lt;/em&gt; d’une série déjà culte, et se contenterait de recycler non seulement une intrigue générale, mais également des stéréotypes, des situations ou séquences types. Glenn Garvin, du &lt;a href=&quot;http://www.metacritic.com/publication/miami-herald?filter=tvshows&quot;&gt;&lt;em&gt;Miami Herald&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, note, quant à lui, la nouveauté d’une fiction post 11-Septembre. &lt;em&gt;X-Files&lt;/em&gt; s’était arrêté en 2002 et n’avait pu intégrer les Attentats à sa mythologie; son &lt;em&gt;spin-off&lt;/em&gt; &lt;em&gt;The Lone Gunmen&lt;/em&gt; avait créé la polémique en mars 2001 en anticipant, par un malheureux hasard, la destruction des Tours par des avions de ligne, laissant craindre, un temps, au scénariste Frank Spotnitz, que son script ait pu influencer les terroristes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref16_f7qpoey&quot; title=&quot;Un épisode de la série spin-off The Lone Gunmen diffusé en mars 2001 traite de la destruction des tours du World Trade Center par le gouvernement américain pour justifier une entrée en guerre contre des pays du Golfe. Ce hasard a nourri les thèses conspirationnistes les plus farfelues. Voir Annalee NEWITZ, «Chris Carter Says 9/11 Killed X-Files, But America is Ready for It Again», article consultable à l’adresse: http://io9.com/360044/chris-carter-says-911-killed-x-files-but-america-is-ready-for-it-again&quot; href=&quot;#footnote16_f7qpoey&quot;&gt;16&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers épisodes de &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; n’offrent, il est vrai, que peu de surprises. Le téléspectateur suit des trames narratives déjà connues, voire épuisées. Il n’est pas difficile de deviner la tournure que prendront les événements: au fil des épisodes, Walter prendra la place du père absent d’Olivia, ses travaux dans le domaine des «pseudo-sciences» l’amèneront à devenir un pilier de l’équipe, l’éloignant progressivement du stéréotype traditionnellement négatif du savant fou tout en faisant de son inadaptation à la vie quotidienne et de son attitude par moments puérile un ressort comique. La relation entre Peter et Walter s’apaisera, Peter cherchant à rattraper le temps perdu avec un père trop absorbé par la science pour le voir grandir [s2e2]. Olivia apprendra à surmonter la mort de John Scott (Mark Valley), son ancien partenaire et amant, comme les traumatismes de son enfance, en particulier la violence de son beau-père, et tombera éperdument amoureuse de Peter. En outre, chaque personnage verra ses liens familiaux développés, avec l’apparition de personnages secondaires soit à l’écran, ce qui permettra de mettre en lumière de nouvelles interactions entre les personnages – les liens entre Olivia, sa sœur Rachel et sa nièce Ella étoffés sur plusieurs épisodes [s1e11 à 13; 15 à 18] –, soit par le biais du dialogue – les références à la mort de l’assistante de Walter avant son placement, le renvoi à la mère absente de Peter que le spectateur devine relever d’un lourd secret. Autant d’éléments qui ajoutent encore à la profondeur psychologique des personnages réunis par des souffrances que les scénaristes dévoileront progressivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce schéma est classique: il s’agit, du moins en apparence, du modèle aristotélicien tel que rappelé par Umberto Eco. Ici, «l’histoire, en résolvant ses propres nœuds, se console et nous console», la fin étant «celle que l’on attendait» (Eco, 1978: 17). Olivia, Peter et Walter forment une famille davantage qu’une équipe («So this thing that we have, you, me, Walter, this... this... uh, little family unit that we’ve got going... I don’t want to do anything to jeopardize that.» [s2e17]). Les scénaristes s’attacheront à développer le passé de chacun des personnages, leurs antécédents familiaux, mais également les secrets et les parts d’ombre qui participent à l’établissement d’un premier lien empathique et d’une continuité narrative, à l’attachement du spectateur aux personnages plus complexes qu’il apprend à connaître et à comprendre. Les personnages secondaires, dont Astrid Farnsworth (Jasika Nicole) ou l’agent Charlie Francis (Kirk Acevedo), passent davantage de temps à l’écran et gagnent en épaisseur, et la narration se résoudra, des années plus tard, avec la naissance de l’enfant de Peter et Olivia qui vient confirmer un nouveau départ, une naissance à la fois littérale et allégorique. Chaque personnage finira par trouver sa place sur l’échiquier social et les scénaristes se garderont bien de bousculer un cadre traditionnel d’autant plus exempt de surprise que de très nombreuses séries, poursuivant une longue tradition de romans populaires, ont déjà emprunté cette voie, dont &lt;em&gt;Felicity&lt;/em&gt; (The WB Television Network, 1998-2002), &lt;em&gt;Alias&lt;/em&gt; (ABC, 2001-2006) et &lt;em&gt;Lost&lt;/em&gt; (ABC, 2004- 2010), également conçues ou co-développées par J. J. Abrams.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l’inverse, les membres de ZFT, dont David Robert Jones (Jared Harris), qui qualifie son personnage de «sociopathe&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref17_gx7p41e&quot; title=&quot;Voir l’entretien avec Jared Harris disponible sur le site Fringe Television, consultable à l’adresse: http://www.fringetelevision.com/2009/03/exclusive-jared-harris-interview.html&quot; href=&quot;#footnote17_gx7p41e&quot;&gt;17&lt;/a&gt;» ou Thomas Jerome Newton (Sebastian Roché), apparaissent sous les traits de personnages manipulateurs, de tueurs de sang-froid prêts à tous les sacrifices pour atteindre leur objectif: semer le chaos tout autour du globe. Les scénaristes construisent ces antagonistes en éludant toute espèce de détail qui pourrait provoquer un lien empathique avec le téléspectateur. Sans histoire personnelle, ni amours, ni famille, ceux-ci embrassent le rôle d’agents dormants ou de cinquième colonne qui dissimulent leurs véritables motivations. Ces personnages sont eux-mêmes des stéréotypes issus de la littérature populaire et évoquent le personnage classique du génie du mal qui perpètre ses crimes avec un plaisir évident tout en jouant avec les forces de l’ordre. Nous retrouvons ici les personnages du Professeur Moriarty ou de Fantômas, dont la fonction narrative est autant de justifier l’intrigue que de faire apparaître une ligne morale claire et sans ambiguïté entre les forces du Bien et celles du Mal. En effet, à chaque antagoniste ou &lt;em&gt;nemesis&lt;/em&gt; correspond un protagoniste ou héros, une opposition fixe&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref18_bl5hgsh&quot; title=&quot;Ici Sherlock Holmes dans les romans d’Arthur Conan Doyle et le couple Fandor / Commissaire Juve dans ceux de Marcel Allain et de Pierre Souvestre.&quot; href=&quot;#footnote18_bl5hgsh&quot;&gt;18&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux soldats ou &lt;em&gt;shapeshifters&lt;/em&gt; infiltrés par ZFT, ceux-ci peuvent prendre n’importe quelle apparence afin de gagner la confiance d’agences gouvernementales ou de se fondre dans une foule anonyme, renvoi explicite au terroriste sans visage, impossible à détecter, qui utilise «la banalité de la vie quotidienne américaine comme masque et double jeu. Dormant dans leurs banlieues, lisant et étudiant en famille, avant de se réveiller d’un jour à l’autre comme des bombes à retardement», soulignant enfin «une forme inconsciente de criminalité potentielle, masquée, et soigneusement refoulée, mais toujours susceptible, sinon de resurgir, du moins de vibrer secrètement au spectacle du Mal» qu’analysait le philosophe Jean Baudrillard au sortir des Attentats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouveauté du scénario de &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; ne se situe donc, ni dans son exposition, ni dans sa résolution, mais dans le tour que prend le scénario dès la fin de la première saison et qui marque, de façon brutale, un changement de direction narrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenant que la technologie employée par ZFT repose sur les expériences réalisées trente ans plus tôt par Walter et William Bell, Olivia obtient un rendez-vous avec ce dernier à New York. L’ascenseur que prend Olivia depuis le lobby la transporte dans une autre dimension dont nous avons un premier aperçu par un plan sur la une du &lt;em&gt;New York Post:&lt;/em&gt; «Obamas set to move into new White House» et «Former Pres. Kennedy to Address UN». Dans cette dimension, JFK est toujours vivant, et la Maison Blanche a dû être reconstruite après les Attentats. Ces deux titres rappellent deux traumatismes inoubliables pour le peuple américain,   «deux évènements symboliquement jumeaux» (Thoret, &lt;em&gt;op. cit.&lt;/em&gt;: 182), deux sources pratiquement inépuisables de théories complotistes farfelues ou propagandistes, autrement dit de récits parallèles qui se déversent depuis des années déjà au cinéma et à la télévision en opposant l’histoire et le récit&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref19_rknq94l&quot; title=&quot;Par exemple The Parallax View d’Alan J. Pakula (1974), I... comme Icare d’Henri Verneuil (1979), qui déconstruisent l’assassinat du président Kennedy tout en le mythifiant.&quot; href=&quot;#footnote19_rknq94l&quot;&gt;19&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivia se trouve désormais au sommet d’une des Twin Towers qui ne s’est – donc – jamais effondrée dans cette réalité. Cette révélation est d’autant plus troublante que, comme le souligne Pierre Sérisier:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Il nous est difficile de nous rendre compte du traumatisme que les attentats contre les tours du World Trade Center ont pu provoquer dans l’opinion américaine. On évalue mal leur persistance au fil du temps, même si l&#039;on ne peut que s’indigner des événements qui se déroulèrent ce jour-là. &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; a été écrite et conçue pour un public dont nous ne faisons pas immédiatement partie. Remettre debout les tours jumelles a une signification dont nous pouvons avoir du mal à appréhender la portée symbolique. (Sérisier, 2009&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref20_xq84mnj&quot; title=&quot;Article consultable à l’adresse:http://seriestv.blog.lemonde.fr/2009/05/14/fringe-saison-1-reecrire-lhistoire/&quot; href=&quot;#footnote20_xq84mnj&quot;&gt;20&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les attentats du 11 Septembre ont bien eu lieu dans cette réalité, les événements ne sont pas déroulés comme dans notre univers, où le vol UA93 qui se dirigeait vers Washington s’est écrasé près de Pittsburgh, Pennsylvanie, suite à l’intervention des passagers; dans l’univers miroir, le vol a atteint son objectif initial en s’écrasant sur la Maison Blanche. Cette divergence est l’indice que les différences entre les deux mondes ne relèvent pas d’une simple «réécriture de l’histoire», comme l’avance Pierre Sérisier, mais d’une multiplication des points de vue. «This building is still standing because different choices were made», expliquera ainsi William Bell à Olivia à propos des Tours Jumelles [s2e4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La révélation de cette fin de saison, due au scénariste Andrew Kreisberg, et qui s’impose aux &lt;em&gt;showrunners&lt;/em&gt; de la série après un temps de réflexion, mais aussi d’appréhension, a, sans doute possible, une portée «emblématique» («&lt;em&gt;iconic&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref21_2s99g5o&quot; title=&quot;JH Wyman: «One of our writers in the first season, Andrew Kreisberg—and I always want to give him credit for this iconic image because it was really his—we were sitting around talking about needing an iconic image for when we go over to (William) Bell. He said, ‘What if it’s the Twin Towers?’ For a second, I was like, ‘That’s the greatest idea in the world,’ and then I thought maybe it’s not because I didn’t want to sensationalize it. But then, when we started thinking about it, we thought collectively America really understood 9/11 is such a monumental moment so we felt it wasn’t exploited but indicative of the times we’re living in right now. We used it and that was the end of the first season and then we were all really thrilled with where it was going.», «Fringe: Showrunner JH Wyman On the Show’s Key Moments», 22 novembre 2012, article consultable à l’adresse: http://www.gamesradar.com/fringe-showrunner-jh-wyman-on-the-shows-key-moments/&quot; href=&quot;#footnote21_2s99g5o&quot;&gt;21&lt;/a&gt;») et symbolique puissante. L’Amérique a, depuis les Attentats, une attitude ambivalente quant à la mise en image des Tours. Certains films qui devaient sortir à cette époque ont été altérés au montage pour «effacer» les tours&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref22_attc7nj&quot; title=&quot;Zoolander, Ben Stiller, 2001, Serendipity, Peter Chelsom, 2001, City by the Sea, Michael Caton-Jones, 2002, The Time Machine, Simon Wells, 2002, qui contenaient tous des plans du World Trade Center. La liste n’est pas exhaustive.&quot; href=&quot;#footnote22_attc7nj&quot;&gt;22&lt;/a&gt;, des affiches comme celle de &lt;em&gt;Sidewalks of New York&lt;/em&gt; d’Edward Burns (2001) ont, de même, été redessinées pour ne pas heurter la sensibilité du public. D’autres films, comme &lt;em&gt;Escape from New York&lt;/em&gt; de John Carpenter (1981), où les Tours font partie intégrante du décor, ne sont plus montrés pendant plus d’un an à la télévision et sont censurés de fait. Au contraire, Martin Scorsese décide de les inclure dans &lt;em&gt;Gangs of New York&lt;/em&gt; (2002) alors que son récit se déroule au XIXe siècle. Dans le même temps, Robert DeNiro et Jane Rosenthal créaient le Festival de Tribeca au cœur même de New York afin de réaffirmer le dynamisme et la générosité culturelle de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des films comme &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt; de Zack Snyder (2009), &lt;em&gt;A Most Violent Year&lt;/em&gt; de J. C. Chandor (2014), ou &lt;em&gt;The Walk &lt;/em&gt;de Robert Zemeckis (2015) dont l’action se déroule avant les Attentats, peuvent aujourd’hui, de nouveau, montrer des images du World Trade Center reconstitué en images de synthèse, la présence d’Olivia à l’intérieur du bâtiment – employé non plus comme ligne d’horizon, mais comme décor à part entière dans lequel elle évolue et interagit avec les personnages – correspond à la levée d’un tabou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces Tours qui dominent un Manhattan fictif font écho à la volonté des scénaristes d’escamoter toute référence à Al-Qaïda: leur démarche est bel et bien l’inverse de celle de la censure sans pour autant s’inscrire dans une approche au mieux maladroite et au pire profondément malsaine «d’exaltation des sentiments patriotiques américains» (Sérisier, &lt;em&gt;op. cit.&lt;/em&gt;). Ces Tours Jumelles qui s’élèvent comme si rien ne s’était passé rendent plus visible encore leur disparition dans notre univers. Loin de substituer le plein au vide, la présence à l’absence, celles-ci rappellent le concept de «ruines» développé par le philosophe Georges Didi-Huberman. Car &lt;em&gt;Ground Zero&lt;/em&gt; «ne se &quot;résout&quot; pas comme un simple puzzle, pour la raison que les pièces manquantes sont véritablement manquantes. [...] Il ne faut pas reconfigurer ce qui manque, il faut configurer le manque lui-même» et, finalement, «penser ces brisures» (Astic et Tarting, 2001: 13). &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; invite dès lors le spectateur à faire des Tours Jumelles, objet architectural, esthétique, historique, un objet de réflexion, d’interprétation allégorique et, finalement, une énigme à résoudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En frappant le World Trade Center, les terroristes comptaient, certes, faire le plus de victimes possible et créer une panique à l’échelle planétaire, mais également abattre un symbole de la puissance économique étatsunienne. Ce symbole de succès et d’ouverture sur le monde pour les uns, d’impérialisme voire d’oppression pour les autres, est, par essence, ambivalent; il offre une multiplicité de lectures, jusqu’à celle du compositeur allemand Karlheinz Stockhausen, qui parlera de l’effondrement des Tours comme de «la plus grande œuvre d’art jamais vue» (Dobreva, &lt;em&gt;op. cit.&lt;/em&gt;: 203). Parallèlement à ces lectures foisonnantes, tantôt sérieuses ou provocantes, tantôt absurdes, les scénaristes de &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; interrogent l’histoire de l’Amérique, plus particulièrement celle des années 1960-70, période à laquelle le script revient systématiquement par l’intermédiaire du personnage de Walter Bishop, de ses vêtements démodés, de ses références culturelles, particulièrement musicales, ou de ses souvenirs narrés de façon humoristique – par exemple, ses conversations avec Timothy Leary, lui-même renvoyé d’Harvard en 1963 pour avoir distribué du LSD sans réel protocole de recherche, ou sa nuit passée avec Yoko Ono&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref23_c8quh5b&quot; title=&quot; WALTER: I didn’t realize until later. I woke up, and there she was in my bed. Yoko.KEVIN: What did he say?WALTER: It was the ’70s. What could he say? [s3e16].&quot; href=&quot;#footnote23_c8quh5b&quot;&gt;23&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette période prélapsarienne est, en effet, charnière pour les États-Unis; elle marque, dans un même élan, la naissance d’une contreculture qui n’hésite plus à remettre en cause un rêve américain jugé superficiel – de la Beat Generation aux films de Robert Downey Sr., Kenneth Anger ou John Waters –, de mouvements qui défendent une tolérance, une ouverture inédite sur l’Amérique, mais aussi sur le monde – la Marche de Washington pour les droits civiques en 1963 –, mais aussi la montée en puissance d’une politique interventionniste brutale – Guerre du Vietnam pendant toutes les années 1960 –, de tensions raciales et de symboles finalement foulés aux pieds – assassinat de Kennedy en 1963, de Martin Luther King en avril 1968. Cette Amérique, c’est celle de Ralph Waldo Emerson (1803-1882), une Amérique qui ne craint pas de «se contredire», une Amérique double qui pense contre elle-même&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref24_gym4ekx&quot; title=&quot;«Speak what you think today in hard words and tomorrow speak what tomorrow thinks in hard words again, though it contradicts every thing you said today.», Ralph Waldo EMERSON, Self-Reliance and Other Essays, USA, CreateSpace Independent Publishing Platform, p. 34.&quot; href=&quot;#footnote24_gym4ekx&quot;&gt;24&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les scénaristes ne cachent pas leur source d’inspiration pour ce qui deviendra la nouvelle direction de &lt;em&gt;Fringe;&lt;/em&gt; si la théorie du «multivers» est ancienne, puisqu’elle remonte aux concepts d’«incompossibilité» et de «futurs contingents» de Leibniz&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref25_qz7ii5h&quot; title=&quot;«[C]’est la forme ou plutôt la force pure du temps qui met en crise la vérité. Cette crise éclate dès l’Antiquité, dans le paradoxe des “futurs contingents”. S’il est vrai qu’une bataille navale peut avoir lieu demain, comment éviter l’une des deux conséquences suivantes: ou bien l’impossible procède du possible (puisque, si la bataille a lieu, il ne se peut plus qu’elle n’ait pas lieu), ou bien le passé n’est pas nécessairement vrai (puisqu’elle pouvait ne pas avoir lieu). [...] Il faudra attendre Leibniz pour avoir de ce paradoxe la solution la plus ingénieuse, mais aussi la plus étrange et la plus contournée. Leibniz dit que la bataille navale peut avoir lieu ou ne pas avoir lieu, mais que ce n’est pas dans le même monde: elle a lieu dans un monde, n’a pas lieu dans un autre monde, et ces deux mondes sont possibles, mais ne sont pas «compossibles» entre eux. Il doit donc forger la belle notion d’incompossibilité (très différente de la contradiction) pour résoudre le paradoxe en sauvant la vérité: selon lui, ce n’est pas l’impossible, c’est seulement l’incompossible qui procède du possible; et le passé peut être vrai sans être nécessairement vrai», Gilles DELEUZE, Cinéma 2 / L’Image-Temps, Paris, Editions de Minuit, 1998, p. 170-171.&quot; href=&quot;#footnote25_qz7ii5h&quot;&gt;25&lt;/a&gt;, les scénaristes l’empruntent, d’abord, à la littérature de science-fiction et aux théories développées par la physique quantique; ils renvoient, en outre, à l’épisode de &lt;em&gt;Star Trek&lt;/em&gt; intitulé «Mirror, Mirror» écrit par Jerome Bixby et diffusé en 1967, série à laquelle elle se réfère volontiers en offrant, par exemple, le rôle de William Bell à Leonard Nimoy tout en multipliant les références plus ou moins transparentes au rôle de Spock qui l’a rendu célèbre. Dans «Mirror, Mirror», l’équipage du vaisseau Enterprise était projeté dans un univers parallèle où les traits psychologiques de chaque personnage étaient inversés. Chaque acteur, dont Leonard Nimoy, y interprétait deux personnages: l’un bienveillant, guidé par un désir d’avoir une meilleure intellection de l’univers; l’autre, son opposé, belliqueux et cruel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La référence de Bixby au conte de «Sneewittchen» ou «Blanche Neige» («Spieglein, Spieglein an der Wand, / Wer ist die Schönste im ganzen Land?», traduit en anglais «Mirror, mirror, on the wall, who’s the fairest of them all?») a son importance. Elle souligne que son scénario, et par conséquent celui de &lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt;, a un lien avec les contes, avec leurs thématiques comme avec leurs structures narratives. Bruno Bettelheim a souligné dans &lt;em&gt;Psychanalyse des contes de fées&lt;/em&gt; (1976) l’importance, pour l’enfant, de saisir, à la lecture de ces contes, le caractère duel de chaque individu, de sa mère, en premier lieu, «une bonne mère et une méchante marâtre», mais aussi de lui-même qui «peut se diviser en deux êtres, tout bon et tout méchant sans pouvoir intégrer ces deux aspects en une intégrité» (Coulacoglou, 2006&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref26_oyxpigr&quot; title=&quot;Article consultable à l&#039;adresse: http://www.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2006-6-page-31.htm&quot; href=&quot;#footnote26_oyxpigr&quot;&gt;26&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnage d’Olivia Dunham doit autant au conte des Frères Grimm comme «Blanche Neige» ou «La Belle au Bois Dormant&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref27_fu2iri4&quot; title=&quot;Dans la saison 5, Olivia est maintenue prisonnière dans une gangue d’ambre où elle semble attendre, endormie. Le personnage d’Edward Markham, qui s’est approprié le «cercueil» translucide déclare: «I love her... from the first time she came into my bookstore. I never meant her any harm.  [...] It’s not supposed to happen this way. She’s supposed to wake up and see me as her savior, when I figure out exactly how to wake her up.  [...] She’s supposed to overlook my height issue and realize that I’m really good for her and that I love her. I have gone into substantial debt over this.» [s5e1].&quot; href=&quot;#footnote27_fu2iri4&quot;&gt;27&lt;/a&gt;», avec leur agrégation d’éléments merveilleux et terrifiants, qu’au personnage d’Alice de Lewis Carroll qui se retrouve projeté dans un «pays des merveilles» où les lois de la physique sont bouleversées, voire renversées. Aussi n’est-il pas surprenant que les scénaristes se réapproprient le titre de la suite des aventures d’Alice pour forger le titre d’un épisode de la saison finale – &lt;em&gt;Through the Looking-Glass, and What Alice Found There&lt;/em&gt; devenant «Through the Looking- Glass and What Walter Found There» [e5s6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres références plus ou moins transparentes émailleront également la saison 5. Ainsi, Walter voit des fées lorsqu’il est sous acide, comme il voit le château du magicien d’Oz tel qu’il apparaît dans le film  de Victor Fleming &lt;em&gt;The Wizard of Oz&lt;/em&gt; en 1939. Le renvoi au conte de fées est double de la part des scénaristes: sérieuse, d’une part, dans ses références structurales, mais aussi humoristique: ce monde merveilleux, extraordinaire, correspond bien à l’espace mental de Walter habituellement sous l’influence de la drogue, Walter dont le comportement le rapproche de l’enfant certes fragile, mais aussi bien capable de se laisser guider par son imagination qui lui permet, tout au long de la série, de révolutionner le cours du monde. Ajoutons le thème de la quête d’objets caractéristique des contes de fées, légendes ou textes mythographiques que les scénaristes détournent avec humour – dans la saison 5, les personnages devront retrouver une série de cassettes vidéos qui révèlent, une fois visionnées dans le bon ordre, un plan pour sauver le monde – le tout contre toute logique, toute cohérence ou vraisemblance narrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salut, tel que le présentent les scénaristes de Fringe, est indissociable d’une patiente mise en récit. Aussi les plans, les stratégies, ne sont jamais dévoilés sur-le-champ; ils sont dissimulés à l’intérieur de longs volumes, qu’il s’agisse de manifestes – celui de ZFT –, d’essais – le livre &lt;em&gt;The First People&lt;/em&gt; de Seamus Wiles et ses traductions – ou d’images à reconstituer. Autant de «mythes», qui ont pour origine Walter, et qui n’offrent une clef sur la «vérité» des événements qu’une fois que la part des mensonges, des affabulations et des trucages a été retranchée. Ces mythes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref28_zd562hz&quot; title=&quot;Notons que les membres de la division Fringe seront eux-mêmes «mythologisés» dans le futur sous forme de personnages de comic books [s2e21].&quot; href=&quot;#footnote28_zd562hz&quot;&gt;28&lt;/a&gt;, qui fonctionnent en noyant une information simple dans un enchevêtrement de fictions correspondent, certes, au génie de Walter qui émerge au beau milieu d’un discours décousu, voire délirant, mais surtout au discours méta-référentiel que comptent diffuser les scénaristes de la série à l’attention du téléspectateur américain après les Attentats, discours politique, aussi sur le travail de deuil ou &lt;em&gt;trauerarbeit&lt;/em&gt; qui semblerait naïf s’il n’était «perdu» dans un univers de science-fiction non seulement complexe, mais constamment redéfini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bixby imagine des personnages en miroir au sommet de la Guerre froide entre deux camps clairement identifiés, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et les pays ayant signé le Pacte de Varsovie quelques années seulement après la Crise des missiles à Cuba et la montée brutale de la tension entre l’Administration Kennedy et Nikita Khrouchtchev du 14 au 28 octobre 1962, précipitant le monde au bord d’une guerre thermonucléaire. Le recul historique nous permet, aujourd’hui, de saisir que cette opposition n’était pas aussi schématique que la propagande l’avançait d’un côté comme de l’autre, et des séries comme &lt;em&gt;The Americans&lt;/em&gt; de Joe Weisberg soulignent efficacement la complexité macropolitique et humaine de cette période, complexité qui ne pouvait qu’échapper, à l’époque, à bon nombre d’Américains et de Soviétiques abreuvés d’un discours politique volontairement fruste et manichéen. Bixby n’est pas dupe de cette dualité, et fait partie de ces écrivains, avec Harlan Ellison ou Norman Spinrad, qui signent un texte opposé à l’intervention américaine au Vietnam (Brode, 2015: 21). Son propos est sarcastique et le scénariste utilise la science-fiction et le support télévisuel pour interroger les certitudes de ses contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce monde où les Tours ne se sont jamais effondrées n’est pas un monde idéal. Bien au contraire, le parti pris des scénaristes est de ne pas effectuer de renversement, comme Jerome Bixby avait pu le faire en 1967. Un monde qui aurait su déjouer d’une manière ou d’une autre les attaques serait-il l’image en miroir de ce paysage chaotique dépeint par Paul Virilio, libéré de la menace, toujours présente, du «sabotage de la quotidienneté, dans les transports en commun, dans les entreprises comme à domicile» (Virilio, 2012: 91)? Rien ne le laisse croire, puisque les images d’horreur, de victimes calcinées et d’explosions y sont tout autant présentes, effaçant tout espoir d’actualité heureuse, et que l’État, sacrifiant à la liberté individuelle par une surveillance continue de ses citoyens correspond clairement aux États-Unis d’après le «Patriot Act» adopté en 2001 par le Congrès Américain&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref29_7slmhiw&quot; title=&quot;Ensemble de lois qui renforcent le renseignement aux États-Unis tout en empiétant sur les libertés individuelles en opposition totale avec l’idéal des Pères Fondateurs comme le rappelle la phrase, célèbre, Benjamin Franklin: «Those who sacrifice liberty for security deserve neither.»&quot; href=&quot;#footnote29_7slmhiw&quot;&gt;29&lt;/a&gt; et à ce que le philosophe et rhétoricien français Philippe-Joseph Salazar nomme une «posture permanente de sécurité&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref30_pc562qk&quot; title=&quot;Termes employés dans l’émission «Paroles armées: Comprendre et combattre la propagande terroriste avec Philippe-Joseph Salazar», France Inter, le lundi 28 septembre 2015.&quot; href=&quot;#footnote30_pc562qk&quot;&gt;30&lt;/a&gt;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n’est qu’à partir de la deuxième saison que les scénaristes vont apporter une explication à la guerre que se livrent ces deux univers, et procéder à un nouveau basculement scénaristique qui va répondre aux interrogations répétées d’Olivia quant aux motivations des terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre n’a pas été provoquée par ZFT, comme le récit le laissait jusqu’ici supposer, mais par l’action inconsidérée de Walter qui, dans les années 1980, découvre l’existence de l’univers miroir plus avancé et que les «&lt;em&gt;nova»&lt;/em&gt;, pour reprendre le terme forgé par Darko Suvin&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref31_ax4fhtn&quot; title=&quot;«Novum, Darko Suvin’s coinage for the ‘new thing’ or (plural, ‘nova’) ‘new things’ that distinguishes the SF tale from a conventional literature. This ‘point of difference’ might be a material object, like a spaceship, a time-machine or a matter-transportation beam», Adam ROBERTS, Science Fiction, London, Routledge, 2002, p. 190.&quot; href=&quot;#footnote31_ax4fhtn&quot;&gt;31&lt;/a&gt;, situent du côté de la science-fiction. Un univers qu’il espionne avec William Bell par le truchement d’une fenêtre d’observation afin de dupliquer sa technologie. Le personnage de Walter présenté dans les &lt;em&gt;flashbacks&lt;/em&gt; est bien différent de celui que le spectateur connaissait jusqu’ici. Il est plus jeune, riche, puissant, sûr de lui, et refuse l’idée de laisser la morale brider ses travaux. Il est l’incarnation du libre penseur emersonien, «prêt à alle[r] là où il n’y a pas de chemin» et à «laisse[r] une trace» à la fois allégorique et physique&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref32_z4ho7bj&quot; title=&quot;C’est l’une des citations les plus célèbres d’Emerson: «Do not go where the path may lead, go instead where there is no path and leave a trail».&quot; href=&quot;#footnote32_z4ho7bj&quot;&gt;32&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cherchant en vain à trouver le remède à la maladie de son fils Peter, Walter épie les recherches de son double ou &lt;em&gt;doppelgänger&lt;/em&gt; baptisé «Walternate» dans l’espoir que celui-ci aura davantage de succès. Les deux personnages traversent les mêmes épreuves en parallèle et subissent les mêmes affres: voir leur fils unique lentement dépérir. Mais Peter meurt dans les bras de Walter. Ses connaissances, son savoir, n’auront pas suffi à sauver son enfant, du moins pas assez rapidement, car, ironie du sort, il parvient, trop tard, à trouver le remède qui aurait dû le sauver. L’enfant de Walternate est, lui, toujours en vie, mais son père ignore qu’il a lui-même trouvé le remède. Walter décide de passer d’un univers à l’autre, et de sauver le fils de son double en dépit des avertissements prophétiques de sa collaboratrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Walter se résout finalement à enlever l’enfant et à l’emmener dans son propre univers où il l’élèvera comme son fils tout en l’arrachant à ses véritables parents. La narration a ici de nombreuses conséquences sur l’intrigue générale de la série, comme sur les éléments, particulièrement de caractérisation, que le spectateur pouvait estimer acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’opposition à première vue fixe entre protagoniste et antagoniste se trouve inversée dans les épisodes qui vont dorénavant se dérouler «de l’autre côté», le générique passant alors du bleu au rouge pour marquer une distinction. La division Fringe que le spectateur suit désormais dans l’univers miroir est, finalement, assez peu différente de celle que le spectateur connaît déjà: elle s’assure que les actions terroristes d’un adversaire invisible ne feront pas de victimes et évite, potentiellement, des milliers de morts. L’équipe est composée d’alter-egos de personnages familiers: Charlie – mort dans notre univers –, Olivia, baptisée «Fauxlivia», Broyles, Astrid, tous joués par les mêmes acteurs. Le combat mené par ces enquêteurs, qui ici dépendent du Ministère de la Défense, se juxtapose à une situation connue. Les différences entre alter-egos sont minimes. Fauxlivia s’habille différemment, délaissant ses couleurs de prédilection: noir, blanc et gris, pour des couleurs plus vives. Son allure est différente, ses mouvements plus lâches, ses expressions sont différentes et Anna Torv joue volontairement ce personnage comme étant moins «froid» que celui d’Olivia&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref33_xj0s3k7&quot; title=&quot;Entretien avec la comédienne Anna Torv disponible sur le site Serie Fringe, consultable à l’adresse: seriefringe.com/question-a-anna-torv-etes-vous-plus-olivia-ou-fauxlivia&quot; href=&quot;#footnote33_xj0s3k7&quot;&gt;33&lt;/a&gt;. Les doubles suivent un autre développement psychologique, développé au fur et à mesure de la troisième saison: Fauxlivia a encore sa mère tandis que sa sœur, Rachel, est morte; Walternate, rongé par l’enlèvement de son fils, est devenu ministre de la Défense de l’Administration Obama, il est un personnage grave et calculateur, proche du stéréotype du «surhomme» nietzschéen qu’Antonio Gramsci relève dans les romans d’Alexandre Dumas&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref34_0sspwml&quot; title=&quot;«Quoi qu’il en soit, on peut affirmer que beaucoup de la prétendue &amp;quot;surhumanité&amp;quot; nietzschéenne a comme origine et modèle et modèle doctrinal non pas Zarathoustra mais le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas», Antonio GRAMSCI, Letteratura e vita nazionale, III, «Letteratura popolare», cité dans Umberto ECO, De Superman au Surhomme, op.cit., p. 7.&quot; href=&quot;#footnote34_0sspwml&quot;&gt;34&lt;/a&gt;. Les scénaristes se gardent de filmer le Président américain alternatif; le récit se déroule comme s’il n’y participait pas, ce qui ajoute à l’impression d’engourdissement voire d’impuissance politique. Le double discours ou «schizophrénie» de Barack Obama est aujourd’hui un truisme que les journaux américains ne manquent pas de mettre en avant en soulignant le paradoxe d’attribuer un Prix Nobel de la Paix en 2009 à un président qui, en réalité, poursuit – du moins en partie – la politique martiale de son prédécesseur, en poste au moment des Attentats, prédécesseur presque entièrement évacué de la narration (seul l’épisode [s4e16] mentionne le nom de Bush en rapport avec le durcissement des lois anti-terroristes) &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref35_m4xmqps&quot; title=&quot;A noter que J. J. Abrams a toujours manifesté son soutien public à Barack Obama, comme il a toujours montré sa solidarité avec les soldats envoyés combattre au Moyen Orient après les Attentats.&quot; href=&quot;#footnote35_m4xmqps&quot;&gt;35&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour lire la suite: &lt;a href=&quot;http://popenstock.ca/through-looking-glass-2&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;«Through the Looking-Glass [2]»&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie sélective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ouvrages critiques&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles DELEUZE et Félix GUATTARI, &lt;em&gt;Mille Plateaux / Capitalisme et Schizophrénie 2&lt;/em&gt;, Paris, Les Editions de Minuit, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles DELEUZE et Félix GUATTARI, &lt;em&gt;Qu’est-ce que la Philosophie?&lt;/em&gt;, Paris, Les Editions de Minuit, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles DELEUZE, &lt;em&gt;Cinéma 2 / L’Image-Temps&lt;/em&gt;, Paris, Editions de Minuit, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Umberto ECO, &lt;em&gt;De Superman au Surhomme&lt;/em&gt;, Paris, Grasset / Le Livre de Poche, 1993 [1978].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel FOUCAULT, &lt;em&gt;Surveiller et Punir: naissance de la prison&lt;/em&gt;, Paris, Gallimard, 1975.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antonio GRAMSCI, &lt;em&gt;Pourquoi je hais l’indifférence&lt;/em&gt;, Paris, Rivages, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adam ROBERTS, &lt;em&gt;Science Fiction&lt;/em&gt;, London, Routledge, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ouvrages critiques collectifs&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oswald DUCROT et Jean-Marie SCHAEFFER, avec la collaboration de Marielle ABRIOUX, Dominique BASSANO, Georges BOULAKIA, Michel de FORNEL, Philippe ROUSSIN et Tzvetan TODOROV, &lt;em&gt;Nouveau Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage&lt;/em&gt;, Paris, Seuil, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ouvrages historiques, autres&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Don DELILLO, &lt;em&gt;Falling Man&lt;/em&gt;, New York, Scribner, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ralph Waldo EMERSON, &lt;em&gt;Self-Reliance and Other Essays&lt;/em&gt;, USA, CreateSpace Independent Publishing Platform.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;William GIBSON, &lt;em&gt;Pattern Recognition&lt;/em&gt;, New York, G. P. Putnam&#039;s Sons, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naomi KLEIN, &lt;em&gt;The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism&lt;/em&gt;, Toronto, Knopf Canada, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John D. MARKS, &lt;em&gt;The Search for the &quot;Manchurian Candidate&quot;: The CIA and Mind Control: The Secret History of the Behavioral Sciences&lt;/em&gt;, New York, W. W. Norton &amp;amp; Company, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Baptiste THORET, &lt;em&gt;26 secondes: L&#039;Amérique éclaboussée&lt;/em&gt;, Pertuis, Rouge Profond, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul VIRILIO, &lt;em&gt;La Pensée Exposée&lt;/em&gt;, Arles, Actes Sud / Fondation Cartier pour l’art contemporain, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grant MORRISON, &lt;em&gt;Supergods: What Masked Vigilantes, Miraculous Mutants, and a Sun God from Smallville Can Teach Us About Being Human&lt;/em&gt;, New York, Spiegel &amp;amp; Grau / Random House, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.amazon.com/Neil-Postman/e/B000AQ1U26/ref=dp_byline_cont_book_1&quot;&gt;Neil POSTMAN&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Technopoly: The Surrender of Culture to Technology&lt;/em&gt;, New York, Vintage, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neil POSTMAN, &lt;em&gt;Building a Bridge to the 18th Century: How the Past Can Improve Our Future&lt;/em&gt;, Vintage, Amazon Digital Services, Inc. [1999].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ouvrages collectifs historiques, autres&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Gene Roddenberry’s Star Trek: The Original Cast Adventures&lt;/em&gt;, edited by &lt;a href=&quot;http://www.amazon.com/s/ref=dp_byline_sr_book_1?ie=UTF8&amp;amp;text=Douglas+Brode&amp;amp;search-alias=books&amp;amp;field-author=Douglas+Brode&amp;amp;sort=relevancerank&quot;&gt;Douglas Brode&lt;/a&gt; &amp;amp; &lt;a href=&quot;http://www.amazon.com/s/ref=dp_byline_sr_book_2?ie=UTF8&amp;amp;text=Shea+T.+Brode&amp;amp;search-alias=books&amp;amp;field-author=Shea+T.+Brode&amp;amp;sort=relevancerank&quot;&gt;Shea T. Brode&lt;/a&gt;, London, Rowman &amp;amp; Littlefield Publishers, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;The Multiple Worlds of Fringe / Essays on the J. J. Abrams Science Fiction Series&lt;/em&gt;, edited by Tanya R. Cochran, Sherry Gin &amp;amp; Paul Zinder, Jefferson, McFarland, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Remake Television: Reboot, Reuse, Recycle&lt;/em&gt;, edited by Carlen Lavigne &amp;amp; William Proctor, Plymouth, Lexington Books, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Travaux universitaires&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe BECKER, «Heroes and Villains (1): La naissance du comic book contemporain», paru en ligne dans la revue électronique &lt;em&gt;POP-EN-STOCK&lt;/em&gt; (le 12 février 2015). Article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://popenstock.ca/dossier/article/heroes-and-villains-1-la-naissance-du-comic-book-contemporain-0#sthash.qEKP1Krr.dpuf&quot;&gt;http://popenstock.ca/dossier/article/heroes-and-villains-1-la-naissance-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neli DOBREVA, «Esthétisation du politique, œuvre d’art et expérience du Sublime VS 9/11», in &lt;em&gt;La Fonction Critique de l’Art, Dynamiques et Ambiguïtés&lt;/em&gt; (sous la direction d’Evelyne Toussaint), Bruxelles, La Lettre Volée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franco MARINEO, «&lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt;, fringe science and the evolution of human mind: the disappearance of the Self and the multiplication of realities», article tiré de l&#039;intervention «Consciousness Reframed 12» , The Planetary Collegium’s 12&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt; Annual international Research Conference, consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://artshare.com.pt/cr12&quot;&gt;http://artshare.com.pt/cr12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Articles&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy ASTIC et Christian TARTING, «Montage des ruines / Conversation avec Georges Didi-Huberman», in &lt;em&gt;Simulacres &lt;/em&gt;n°5, Septembre-Décembre 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Filmographie sélective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Séries télévisées&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Fringe&lt;/em&gt; – L’intégrale de la série: Saisons 1 à 5, Warner Bros. (2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;The Americans&lt;/em&gt; – L’intégrale des Saisons 1 &amp;amp; 2, 20th Century Fox (2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Star Trek&lt;/em&gt; – Saison 1, CBS (2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Steven Spielberg Presents Amazing Stories&lt;/em&gt;, The Complete First Season, Universal Studios (2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;The X-Files&lt;/em&gt; – L’intégrale des 9 saisons, 20th Century Fox (2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Films&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dylan AVERY, &lt;em&gt;Loose Change&lt;/em&gt; (2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edward BURNS,&lt;em&gt; Sidewalks of New York&lt;/em&gt; (2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rob BOWMAN, &lt;em&gt;The X-Files: Fight the Future &lt;/em&gt;(1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. C. CHANDOR, &lt;em&gt;A Most Violent Year&lt;/em&gt; (2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor FLEMING, &lt;em&gt;The Wizard of Oz &lt;/em&gt;(1939).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alan J. PAKULA, &lt;em&gt;The Parallax View &lt;/em&gt;(1974).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri VERNEUIL, &lt;em&gt;I... comme Icare &lt;/em&gt;(1979).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philip KAUFMAN, &lt;em&gt;Invasion of the Body Snatchers&lt;/em&gt; (1978).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ken RUSSELL, &lt;em&gt;Altered States&lt;/em&gt; (1980).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martin SCORSESE, &lt;em&gt;Gangs of New York&lt;/em&gt; (2002)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zack SNYDER, &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt; (2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.imdb.com/name/nm0000682/?ref_=tt_ov_dr&quot;&gt;Paul VERHOEVEN&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Robocop&lt;/em&gt; (1987).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.imdb.com/name/nm0000709/?ref_=tt_ov_dr&quot;&gt;Robert ZEMECKIS&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Back to the Future&lt;/em&gt; (1985).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert ZEMECKIS, &lt;em&gt;The Walk&lt;/em&gt; (2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Documents Internet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/auteur/2525-jean-baudrillard&quot;&gt;Jean BAUDRILLARD&lt;/a&gt;, «A la recherche du Mal absolu», &lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt; (17 février 2005), article disponible à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/tribune/2005/02/17/a-la-recherche-du-mal-absolu_509985&quot;&gt;http://www.liberation.fr/tribune/2005/02/17/a-la-recherche-du-mal-absolu...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Noam CHOMSKY, «Terrorisme, l’arme des puissants», &lt;em&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/em&gt;, texte est tiré d’une conférence prononcée au MIT le 18 octobre 2001 et consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2001/12/CHOMSKY/8234&quot;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2001/12/CHOMSKY/8234&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ew.com/author/sandra-gonzalez&quot;&gt;Sandra GONZALEZ&lt;/a&gt;, «Emmy Watch: &#039;Fringe&#039; star John Noble on slapping Joshua Jackson», 20 juin 2012, article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ew.com/article/2012/06/20/emmy-watch-fringe-john-noble&quot;&gt;http://www.ew.com/article/2012/06/20/emmy-watch-fringe-john-noble&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://kinja.com/AnnaleeNewitz&quot;&gt;Annalee NEWITZ&lt;/a&gt;, «&lt;a href=&quot;http://io9.com/360044/chris-carter-says-911-killed-x-files-but-america-is-ready-for-it-again&quot;&gt;Chris Carter Says 9/11 Killed X-Files, But America is Ready for It Again&lt;/a&gt;», article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://io9.com/360044/chris-carter-says-911-killed-x-files-but-america-is-ready-for-it-again&quot;&gt;http://io9.com/360044/chris-carter-says-911-killed-x-files-but-america-is-ready-for-it-again&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ignacio RAMONET, «Mensonges d’État»,  &lt;em&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/em&gt;, juillet 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193&quot;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre SERISIER, «Fringe (Saison 1) – Réécrire l’Histoire», 14 mai 2009, article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://seriestv.blog.lemonde.fr/2009/05/14/fringe-saison-1-reecrire-lhistoire/&quot;&gt;http://seriestv.blog.lemonde.fr/2009/05/14/fringe-saison-1-reecrire-lhistoire/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faustine VINCENT, «Les Américains se divisent sur la notion d’acte &quot;terroriste&quot;», &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;, 2 décembre 2015, article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/12/02/fusillade-dans-un-planning-familial-les-americains-se-divisent-sur-la-notion-d-acte-terroriste»&quot;&gt;http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/12/02/fusillade-dans-un-pla...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«Fringe: Showrunner JH Wyman On the Show’s Key Moments», 22 novembre 2012, article consultable à l’adresse:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.gamesradar.com/fringe-showrunner-jh-wyman-on-the-shows-key-moments/&quot;&gt;http://www.gamesradar.com/fringe-showrunner-jh-wyman-on-the-shows-key-mo...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«La justice chinoise condamne à mort des &quot;terroristes&quot; ouïgours», &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; (08/12/14), article consultable sur le site:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/12/08/la-justice-chinoise-condamne-a-mort-des-terroristes-ouigours_4536332_3216.html#zRyQHeRlduA0GboL.99&quot;&gt;http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/12/08/la-justice-chinoise-condamne-a-mort-des-terroristes-ouigours_4536332_3216.html#zRyQHeRlduA0GboL.99&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_kb2hn9y&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_kb2hn9y&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Jeff Pinkner et J. H. Wyman sont les &lt;em&gt;showrunners&lt;/em&gt; de la série. Ils travaillent ensemble sur les saisons 2, 3 et 4. Pinkner travaille seul à la saison 1, Wyman sur la saison 5.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_3cj5tnd&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_3cj5tnd&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Pour «Zerstörung durch Fortschritte der Technologie» ou «Destruction par l’avancement technologique».&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_kkiyg9a&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_kkiyg9a&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; Ces «pseudosciences» jugées farfelues renvoient à de véritables expériences menées aux États-Unis ou en Union soviétique pendant la Guerre Froide: télépathie, télékinésie, hypnose, étude des applications militaires de drogues hallucinogènes, dont on peut avoir un aperçu dans le livre de John D. MARKS, &lt;em&gt;The Search for the &quot;Manchurian Candidate&quot;: The CIA and Mind Control: The Secret History of the Behavioral Sciences&lt;/em&gt;, New York, W. W. Norton &amp;amp; Company, 1991. Le personnage de Walter Bishop expliquera dans [s2e5] avoir participé au projet MKUltra auquel Marks consacre de nombreuses pages.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_ai5w8ng&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_ai5w8ng&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; «This conjunction of an immense military establishment and a large arms industry is new in the American experience. The total influence—economic, political, even spiritual—is felt in every city, every State house, every office of the Federal government. We recognize the imperative need for this development. Yet we must not fail to comprehend its grave implications. Our toil, resources and livelihood are all involved; so is the very structure of our society. In the councils of government, we must guard against the acquisition of unwarranted influence, whether sought or unsought, by the militaryindustrial complex. The potential for the disastrous rise of misplaced power exists and will persist.», allocution disponible à l’adresse: &lt;a href=&quot;http://coursesa.matrix.msu.edu/~hst306/documents/indust.html&quot;&gt;http://coursesa.matrix.msu.edu/~hst306/documents/indust.html&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_w6p88he&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_w6p88he&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Des personnages d’observateurs chauves qui étudient les moments clefs de notre histoire sont présents dans l’univers Marvel sous le nom de «&lt;em&gt;watchers»&lt;/em&gt;, créés par Stan Lee et Jack Kirby en 1963 dans &lt;em&gt;Fantastic Four &lt;/em&gt;#13. C’est le nom que leur donnent les personnages venus de l’univers miroir que nous mentionnerons plus avant. L’observateur le plus proéminent dans la série se nomme «September», référence probable aux Attentats. Dans le &lt;em&gt;comic book&lt;/em&gt; &lt;em&gt;What if&lt;/em&gt; publié pour la première fois par Marvel en 1977, le &lt;em&gt;watcher&lt;/em&gt; Uatu  narre l’histoire des univers parallèles qui ne font pas partie du canon Marvel, ce qui permet aux scénaristes tous les &lt;em&gt;retcons&lt;/em&gt; possibles et imaginables. Dans l’épisode [s2e23], des &lt;em&gt;comic books&lt;/em&gt; DC sont affichés sur les murs d’un appartement de l’univers miroir. Des différences visibles, manifestes aux yeux des lecteurs de &lt;em&gt;comic books&lt;/em&gt;, y apparaissent nettement. On distingue ainsi &lt;em&gt;Superman:&lt;/em&gt; &lt;em&gt;The Man of Steel Returns&lt;/em&gt; de Frank Miller en lieu et place de &lt;em&gt;Batman:&lt;/em&gt; &lt;em&gt;The Dark Knight Returns&lt;/em&gt;, pilier du renouveau du &lt;em&gt;comic book&lt;/em&gt; avec &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt; d’Alan Moore et Dave Gibbons (DC comics, septembre 1986 à octobre 1987), et &lt;em&gt;Maus&lt;/em&gt; d’Art Spiegelman (Raw / Pantheon Books, 1980-1986).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_kg4djd8&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_kg4djd8&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; Le terme est forgé par l’écrivain américain William Gibson dans sa nouvelle «The Gernsback Continuum» (1981).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_4rbe3j4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_4rbe3j4&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; De H. G. Wells à Philip K. Dick en passant par &lt;em&gt;Star Trek&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Star Wars&lt;/em&gt;. Le choix de certains acteurs ou actrices comme Leonard Nimoy, Blair Brown, Peter Weller [s2e18] ou Christopher Lloyd [s3e10] renvoie à leurs rôles respectifs (la série &lt;em&gt;Star Trek&lt;/em&gt; de Gene Roddenberry et Philip Kaufman, &lt;em&gt;Invasion of the Body Snatchers&lt;/em&gt;, 1978; Ken Russell, &lt;em&gt;Altered States&lt;/em&gt;, 1980; &lt;a href=&quot;http://www.imdb.com/name/nm0000682/?ref_=tt_ov_dr&quot;&gt;Paul Verhoeven&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Robocop&lt;/em&gt;, 1987; &lt;a href=&quot;http://www.imdb.com/name/nm0000709/?ref_=tt_ov_dr&quot;&gt;Robert Zemeckis&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Back to the Future&lt;/em&gt;, 1985) qui ont tous influencé la série de manière plus ou moins notable.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_9i50qyw&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_9i50qyw&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; «Whether or not it draws on new scientific research, technology is a branch of moral philosophy, not of science», Paul GOODMAN, &lt;em&gt;New Reformation&lt;/em&gt; [1970], cité dans &lt;a href=&quot;http://www.amazon.com/Neil-Postman/e/B000AQ1U26/ref=dp_byline_cont_book_1&quot;&gt;Neil POSTMAN&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Technopoly: The Surrender of Culture to Technology&lt;/em&gt;, New York, Vintage, 1993, p. xiii. Tout au long de la série, des références sont faites par le biais des dialogues à &lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/J._Robert_Oppenheimer&quot;&gt;J. Robert Oppenheimer&lt;/a&gt; (1904-1967), l’un des inventeurs de la bombe atomique.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_ob3b8i9&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_ob3b8i9&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; Neil Postman note: «Philipp Frank, one of Einstein’s early biographers, observed that the theory of relativity was as much a revelation in language as in physics», une réflexion qui peut servir de grille de lecture valide à l’ensemble de la série. Cf. Neil POSTMAN, &lt;em&gt;Building a Bridge to the 18th Century: How the Past Can Improve Our Future&lt;/em&gt;, Vintage, Amazon Digital Services, Inc., p. 70.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_5qdfx7j&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_5qdfx7j&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; Article consultable à l’adresse: &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193&quot;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_7ah1ri6&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_7ah1ri6&quot;&gt;11.&lt;/a&gt; Ni Al Qaïda ni Ben Laden ne sont évoqués dans des situations relevant clairement du terrorisme international. Le nom de Saddam Hussein n’est mentionné que très brièvement [s2e3].&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote12_jsyi3rh&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref12_jsyi3rh&quot;&gt;12.&lt;/a&gt; En particulier le documentaire &lt;em&gt;Loose Change&lt;/em&gt; de Dylan Avery (2005), largement critiqué par une série de documentaires de la BBC.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote13_ig4yhw1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref13_ig4yhw1&quot;&gt;13.&lt;/a&gt; En littérature, les romans &lt;em&gt;Pattern Recognition&lt;/em&gt; de William Gibson (2003) ou &lt;em&gt;Falling Man&lt;/em&gt; de Don DeLillo (2007) qui interrogent les Attentats autant que leur mise en images, mais également les &lt;em&gt;comic books&lt;/em&gt; comme &lt;em&gt;New X-Men&lt;/em&gt; de Grant Morrison (Marvel, 2001-2004) ou &lt;em&gt;The Boys&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/Garth_Ennis&quot;&gt;Garth Ennis&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/Darick_Robertson&quot;&gt;Darick Robertson&lt;/a&gt; (&lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/Wildstorm&quot;&gt;Wildstorm&lt;/a&gt; / &lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/Dynamite_Entertainment&quot;&gt;Dynamite Entertainment&lt;/a&gt;, 2006-2012).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote14_f5yal2f&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref14_f5yal2f&quot;&gt;14.&lt;/a&gt; Broyles: «I have a job. The same job I’ve had in three administrations and six wars: to defend our national security and I assure you we are not secure. Yes, sometimes the threat is familiar, but I’ve come to learn that sometimes it is far worse.» [s2e1]&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote15_9yp6yxw&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref15_9yp6yxw&quot;&gt;15.&lt;/a&gt; Respectivement de &lt;a href=&quot;http://www.metacritic.com/publication/entertainment-weekly?filter=tvshows&quot;&gt;&lt;em&gt;Entertainment Weekly&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.metacritic.com/publication/chicago-sun-times?filter=tvshows&quot;&gt;&lt;em&gt;Chicago Sun-Times&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.metacritic.com/publication/philadelphia-daily-news?filter=tvshows&quot;&gt;&lt;em&gt;Philadelphia Daily News&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. Les exemples sont trop nombreux pour être tous consignés ici.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote16_f7qpoey&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref16_f7qpoey&quot;&gt;16.&lt;/a&gt; Un épisode de la série spin-off &lt;em&gt;The Lone Gunmen&lt;/em&gt; diffusé en mars 2001 traite de la destruction des tours du World Trade Center par le gouvernement américain pour justifier une entrée en guerre contre des pays du Golfe. Ce hasard a nourri les thèses conspirationnistes les plus farfelues. Voir &lt;a href=&quot;http://kinja.com/AnnaleeNewitz&quot;&gt;Annalee NEWITZ&lt;/a&gt;, «&lt;a href=&quot;http://io9.com/360044/chris-carter-says-911-killed-x-files-but-america-is-ready-for-it-again&quot;&gt;Chris Carter Says 9/11 Killed X-Files, But America is Ready for It Again&lt;/a&gt;», article consultable à l’adresse: &lt;a href=&quot;http://io9.com/360044/chris-carter-says-911-killed-x-files-but-america-is-ready-for-it-again&quot;&gt;http://io9.com/360044/chris-carter-says-911-killed-x-files-but-america-i...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote17_gx7p41e&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref17_gx7p41e&quot;&gt;17.&lt;/a&gt; Voir l’entretien avec Jared Harris disponible sur le site Fringe Television, consultable à l’adresse: &lt;a href=&quot;http://www.fringetelevision.com/2009/03/exclusive-jared-harris-interview.html&quot;&gt;http://www.fringetelevision.com/2009/03/exclusive-jared-harris-interview...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote18_bl5hgsh&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref18_bl5hgsh&quot;&gt;18.&lt;/a&gt; Ici Sherlock Holmes dans les romans d’Arthur Conan Doyle et le couple Fandor / Commissaire Juve dans ceux de &lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/Marcel_Allain&quot;&gt;Marcel Allain&lt;/a&gt; et de &lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/Pierre_Souvestre&quot;&gt;Pierre Souvestre&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote19_rknq94l&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref19_rknq94l&quot;&gt;19.&lt;/a&gt; Par exemple &lt;em&gt;The Parallax View &lt;/em&gt;d’Alan J. Pakula (1974), &lt;em&gt;I... comme Icare &lt;/em&gt;d’Henri Verneuil (1979), qui déconstruisent l’assassinat du président Kennedy tout en le mythifiant.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote20_xq84mnj&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref20_xq84mnj&quot;&gt;20.&lt;/a&gt; Article consultable à l’adresse:&lt;a href=&quot;http://seriestv.blog.lemonde.fr/2009/05/14/fringe-saison-1-reecrire-lhistoire/&quot;&gt;http://seriestv.blog.lemonde.fr/2009/05/14/fringe-saison-1-reecrire-lhis...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote21_2s99g5o&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref21_2s99g5o&quot;&gt;21.&lt;/a&gt; JH Wyman: «One of our writers in the first season, Andrew Kreisberg—and I always want to give him credit for this iconic image because it was really his—we were sitting around talking about needing an iconic image for when we go over to (William) Bell. He said, ‘What if it’s the Twin Towers?’ For a second, I was like, ‘That’s the greatest idea in the world,’ and then I thought maybe it’s not because I didn’t want to sensationalize it. But then, when we started thinking about it, we thought collectively America really understood 9/11 is such a monumental moment so we felt it wasn’t exploited but indicative of the times we’re living in right now. We used it and that was the end of the first season and then we were all really thrilled with where it was going.», «Fringe: Showrunner JH Wyman On the Show’s Key Moments», 22 novembre 2012, article consultable à l’adresse: &lt;a href=&quot;http://www.gamesradar.com/fringe-showrunner-jh-wyman-on-the-shows-key-moments/&quot;&gt;http://www.gamesradar.com/fringe-showrunner-jh-wyman-on-the-shows-key-mo...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote22_attc7nj&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref22_attc7nj&quot;&gt;22.&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Zoolander&lt;/em&gt;, Ben Stiller, 2001, &lt;em&gt;Serendipity&lt;/em&gt;, Peter Chelsom, 2001, &lt;em&gt;City by the Sea&lt;/em&gt;, Michael Caton-Jones, 2002, &lt;em&gt;The Time Machine&lt;/em&gt;, Simon Wells, 2002, qui contenaient tous des plans du World Trade Center. La liste n’est pas exhaustive.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote23_c8quh5b&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref23_c8quh5b&quot;&gt;23.&lt;/a&gt;  WALTER: I didn’t realize until later. I woke up, and there she was in my bed. Yoko.
&lt;p&gt;KEVIN: What did he say?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WALTER: It was the ’70s. What could he say? [s3e16].&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote24_gym4ekx&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref24_gym4ekx&quot;&gt;24.&lt;/a&gt; «Speak what you think today in hard words and tomorrow speak what tomorrow thinks in hard words again, though it contradicts every thing you said today.», Ralph Waldo EMERSON, &lt;em&gt;Self-Reliance and Other Essays&lt;/em&gt;, USA, CreateSpace Independent Publishing Platform, p. 34.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote25_qz7ii5h&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref25_qz7ii5h&quot;&gt;25.&lt;/a&gt; «[C]’est la forme ou plutôt la force pure du temps qui met en crise la vérité. Cette crise éclate dès l’Antiquité, dans le paradoxe des “futurs contingents”. S’il est vrai qu’une bataille navale &lt;em&gt;peut&lt;/em&gt; avoir lieu demain, comment éviter l’une des deux conséquences suivantes: ou bien l’impossible procède du possible (puisque, si la bataille a lieu, il ne se peut plus qu’elle n’ait pas lieu), ou bien le passé n’est pas nécessairement vrai (puisqu’elle pouvait ne pas avoir lieu). [...] Il faudra attendre Leibniz pour avoir de ce paradoxe la solution la plus ingénieuse, mais aussi la plus étrange et la plus contournée. Leibniz dit que la bataille navale peut avoir lieu ou ne pas avoir lieu, mais que ce n’est pas dans le même monde: elle a lieu dans un monde, n’a pas lieu dans un autre monde, et ces deux mondes sont possibles, mais ne sont pas «compossibles» entre eux. Il doit donc forger la belle notion d’&lt;em&gt;incompossibilité&lt;/em&gt; (très différente de la contradiction) pour résoudre le paradoxe en sauvant la vérité: selon lui, ce n’est pas l’impossible, c’est seulement l’incompossible qui procède du possible; et le passé peut être vrai sans être nécessairement vrai», Gilles DELEUZE, &lt;em&gt;Cinéma 2 / L’Image-Temps&lt;/em&gt;, Paris, Editions de Minuit, 1998, p. 170-171.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote26_oyxpigr&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref26_oyxpigr&quot;&gt;26.&lt;/a&gt; Article consultable à l&#039;adresse: &lt;a href=&quot;http://www.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2006-6-page-31.htm&quot;&gt;http://www.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2006-6-page-31.htm&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote27_fu2iri4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref27_fu2iri4&quot;&gt;27.&lt;/a&gt; Dans la saison 5, Olivia est maintenue prisonnière dans une gangue d’ambre où elle semble attendre, endormie. Le personnage d’Edward Markham, qui s’est approprié le «cercueil» translucide déclare: «I love her... from the first time she came into my bookstore. I never meant her any harm.  [...] It’s not supposed to happen this way. She’s supposed to wake up and see me as her savior, when I figure out exactly how to wake her up.  [...] She’s supposed to overlook my height issue and realize that I’m really good for her and that I love her. I have gone into substantial debt over this.» [s5e1].&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote28_zd562hz&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref28_zd562hz&quot;&gt;28.&lt;/a&gt; Notons que les membres de la division Fringe seront eux-mêmes «mythologisés» dans le futur sous forme de personnages de &lt;em&gt;comic books &lt;/em&gt;[s2e21].&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote29_7slmhiw&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref29_7slmhiw&quot;&gt;29.&lt;/a&gt; Ensemble de lois qui renforcent le renseignement aux États-Unis tout en empiétant sur les libertés individuelles en opposition totale avec l’idéal des Pères Fondateurs comme le rappelle la phrase, célèbre, Benjamin Franklin: «Those who sacrifice liberty for security deserve neither.»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote30_pc562qk&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref30_pc562qk&quot;&gt;30.&lt;/a&gt; Termes employés dans l’émission «Paroles armées: Comprendre et combattre la propagande terroriste avec Philippe-Joseph Salazar», &lt;em&gt;France Inter&lt;/em&gt;, le lundi 28 septembre 2015.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote31_ax4fhtn&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref31_ax4fhtn&quot;&gt;31.&lt;/a&gt; «Novum, Darko Suvin’s coinage for the ‘new thing’ or (plural, ‘nova’) ‘new things’ that distinguishes the SF tale from a conventional literature. This ‘point of difference’ might be a material object, like a spaceship, a time-machine or a matter-transportation beam», Adam ROBERTS, &lt;em&gt;Science Fiction&lt;/em&gt;, London, Routledge, 2002, p. 190.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote32_z4ho7bj&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref32_z4ho7bj&quot;&gt;32.&lt;/a&gt; C’est l’une des citations les plus célèbres d’Emerson: «Do not go where the path may lead, go instead where there is no path and leave a trail».&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote33_xj0s3k7&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref33_xj0s3k7&quot;&gt;33.&lt;/a&gt; Entretien avec la comédienne Anna Torv disponible sur le site Serie Fringe, consultable à l’adresse: seriefringe.com/question-a-anna-torv-etes-vous-plus-olivia-ou-fauxlivia&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote34_0sspwml&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref34_0sspwml&quot;&gt;34.&lt;/a&gt; «Quoi qu’il en soit, on peut affirmer que beaucoup de la prétendue &quot;surhumanité&quot; nietzschéenne a comme origine et modèle et modèle doctrinal non pas Zarathoustra mais le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas», Antonio GRAMSCI, &lt;em&gt;Letteratura e vita nazionale&lt;/em&gt;, III, «Letteratura popolare», cité dans Umberto ECO, &lt;em&gt;De Superman au Surhomme&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;op.cit.&lt;/em&gt;, p. 7.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote35_m4xmqps&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref35_m4xmqps&quot;&gt;35.&lt;/a&gt; A noter que J. J. Abrams a toujours manifesté son soutien public à Barack Obama, comme il a toujours montré sa solidarité avec les soldats envoyés combattre au Moyen Orient après les Attentats.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-institution field-type-text field-label-inline clearfix&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Institution:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/culture-geek&quot;&gt;Culture Geek&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/ideologie&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Idéologie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Thu, 03 Mar 2016 03:08:08 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier-Millette</dc:creator>
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 <title>L&#039;effet de la banlieue américaine sur les intellectuels dans «Revolutionary Road»</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;L&amp;#039;effet de la banlieue américaine sur les intellectuels dans «Revolutionary Road»&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/roxanne-cote&quot;&gt;Roxanne Côté&lt;/a&gt; le 23/02/2015&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines œuvres sont marquées par leur contexte de production beaucoup plus fortement que d’autres. Les transgressions entre la culture d’élite et la culture populaire ont permis à différents auteurs de traiter de réalités populaires dans des œuvres marquantes pour l’art et la culture. &lt;em&gt;Revolutionary Road&lt;/em&gt;, écrit en 1961 par Richard Yates, relate les effets de la vie banlieusarde et de ses idéologies sur le quotidien d’êtres anticonformistes. L’adaptation cinématographique de Samuel Mendes, faite en 2008, reprend le fil conducteur de l’histoire, mais amincit le propos en élaguant certains éléments primordiaux de l’œuvre littéraire. Les deux œuvres présentent tout de même la banlieue comme un lieu aliénant pour les figures d’intellectuels. En effet, il sera possible de constater que les rôles sexuels traditionnels sont fortement invoqués par la banlieue, qui enferme l’homme et la femme dans des sphères d’actions spécifiques. Les personnages ayant des idées réactionnaires, qui ne vont pas dans la même direction que les valeurs véhiculées par la banlieue américaine des années 1950, permettent alors d’établir une dichotomie commune à l’œuvre et à son adaptation, où l’anticonformisme se lie à la folie et à la sphère du malsain. Symboliquement, la fenêtre panoramique permet de comprendre toute la portée et l’influence de la banlieue sur les personnages. Il sera ainsi possible de voir, en se basant sur les réflexions de Micheal P. Moreno et Boris Ibric sur les œuvres, en quoi elles dépeignent un milieu social populaire, la banlieue américaine, qui agit sur les personnages en désémantisant leur milieu et en aplatissant toutes les idées qui les entourent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont avant tout les pressions sociales, qui se trouvent confirmées et renforcées par le mode de vie qui accompagne les banlieues, qui agissent comme élément aliénant pour les figures d’intellectuels dans le roman &lt;em&gt;Revolutionary Road&lt;/em&gt;. La banlieue s’associe à un mode de vie bien précis, où la vie se resserre autour de la cellule familiale, et où les rôles sociaux et sexuels sont clairement définis. C’est une banlieue très précise qui est présentée dans les deux œuvres ici étudiées, soit la banlieue américaine de la démobilisation des militaires. Il s’agit de la banlieue de l’après-guerre, mais aussi de celle de la Guerre froide. Comme l’explique Micheal P. Moreno, «Revolutionary Road &lt;em&gt;denotes a moment in American society when the United States was re-designing itself into a “new and improved” culture based upon material consumption of leisure products and lifestyle amenities&lt;/em&gt;» (Moreno: 84). La banlieue est alors un lieu marqué par la consommation et propose un nouveau mode de vie aux couples, qui doivent acheter et consommer, ce qui mêle la vente à la sphère familiale: «&lt;em&gt;Yate’s novel demonstrates this transformation firmly reifies, rather than revolutionizes, gender roles in the domestic sphere and, in the process, re-manufactures the suburban male from the “GI Joe” image of masculinity to an emasculated body- an anonymous, gray-flaned consumer&lt;/em&gt;» (Moreno: 85). Bien que le personnage de Frank soit en crise identitaire et qu’il cherche à affirmer sa masculinité, il est possible de comprendre que le fait que certains personnages anticonformistes remettent en question les rôles sociaux véhiculés par la banlieue est la source d’une certaine perte de masculinité chez lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La banlieue qui est présentée dans le roman et son adaptation cinématographique est en effet un lieu où les stéréotypes sociaux, familiaux et domestiques sont tous fortement invoqués. L’homme est confronté à un nouveau modèle: l’homme organisationnel. Moreno théorise cette nouvelle identité masculine en expliquant: «&lt;em&gt;the organization man was to become a domesticated cog in the corporate wheel who dwelled in the suburbs and consumed products from the burgeoning mass market economy&lt;/em&gt;» (Moreno: 86). Dans ce sens, l’homme est responsable de la vie économique de sa famille. Il contrôle les achats et décide de ce qui sera consommé à l’intérieur du foyer. C’est effectivement le rôle principal que joue Frank Wheeler, dans le roman tout comme dans le film, puisqu’il est la source de revenu de sa famille. Son statut d’homme d’affaires lui offre un pouvoir et une autonomie qui lui permettent d’aller et de venir à sa guise et qui justifient ses actions. Frank se dit même à lui-même, alors qu’il revient d’une aventure extraconjugale, qu’il a tous les droits puisqu’il est un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;em&gt;The way for a man to ride was erect and out in the open, out in the loud iron passageway where the wind whipped his necktie, standing with his feet set wide apart on the shuddering, clangoring floorplates, taking deep pulls from a pinched cigarette until its burning end was a needle of fire and quivering paper ash and then snapping it straight as a bullet into the roaring speed of the roadbed, while the suburban towns wheeled slowly along the pink and gray dust of seven o’clock. &lt;/em&gt;(Yates: 107)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’homme est ainsi manifestement associé, dans l’univers diégétique de &lt;em&gt;Revolutionary Road&lt;/em&gt;,  à la sphère de l’action, de la liberté, du danger et de la puissance. La femme, quant à elle, est totalement restreinte à la sphère familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;em&gt;Relegated to child care, Tupperware parties, and other small scale endeavors that promoted Euro-American cultural awareness within the community, educated, white, middle-classed women, like April, were removed from the larger sectors of the work force after the war and discouraged, even prevented, from pursuing career opportunities in light of their new role as suburban homemaker. &lt;/em&gt;(Moreno: 88)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rôle de la femme est effectivement uniquement lié à la vie intime et familiale, et elle n’a de pouvoir dans aucun autre domaine. Hors des marchés et des opportunités d’affaires, la femme est présentée comme étant subordonnée à l’homme. Il est très facile de comprendre en quoi la banlieue se lie à la passivité supposée de la femme dans les nombreuses scènes, dans le roman tout comme dans le film, où les autres banlieusards s’opposent au mode de vie des Wheelers, sous prétexte qu’il est inconvenant qu’une femme travaille pour faire vivre sa famille. Une scène en particulier, qui a été adaptée du roman au film avec très peu de différences, est celle où le couple Campbell discute du mode de vie des Wheelers après leur soirée ensemble: «&lt;em&gt;[W]hat kind of half-assed idea is that about her supporting him? I mean what kind of man is going to be able to take  a thing like that&lt;/em&gt;» (Yates: 159) Il est également possible de voir le personnage de Mrs Givings, dans le roman beaucoup plus que dans le film, comme un exemple du tabou social entourant la femme dans le milieu du travail. Alors qu’elle tient à travailler pour s’occuper, elle doit constamment se justifier aux yeux de son mari, qui trouve cela inutile et qui lui répète qu’ils n’ont pas besoin de l’argent qu’elle gagne. Ce qui lui permet cependant de travailler est le fait qu’elle ne souhaite pas en tirer de liberté ou d’autonomie. Elle veut travailler simplement pour occuper son temps; le travail devient alors, pour elle, le simple passe-temps d’une banlieusarde ennuyée: «&lt;em&gt;[S]he’d never been able to explain or even understand that what she loved was not the job – it could have been any job- or even the independence it gave her […]. Deep down, what she’d loved and needed was work itself&lt;/em&gt;» (Yates: 164). Elle travaille pour se désennuyer, et cela est acceptable pour la société de l’époque puisque cela n’interfère pas avec les sphères d’action masculines, et ne les remet pas en question. Ainsi, en évoluant à l’intérieur du barème créé par la vie banlieusarde, et les rôles sexuels qu’elle impose, Mrs Givings peut trouver dans le travail un rempart contre ses obligations en tant que femme. Comme l’écrit Yates, «&lt;em&gt;[I]t was all that fortified her against the pressures of marriage and parenthood. Without it, as she often said, she would have gone out of her mind.&lt;/em&gt;» (Yates: 164).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnages présentés  comme des intellectuels dans le roman &lt;em&gt;Revolutionary Road&lt;/em&gt;, notamment John Givings et le couple Wheeler, ne sont pas d’accord avec les idéologies véhiculées par ce milieu. Le caractère arrêté de la banlieue et ses idéaux conservateurs sur les rôles sexuels réduisent le monde aux apparences et à la matérialité. Barthes explique à propos de la figure de l’intellectuel:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Comme tout être mythique, l’intellectuel participe d’un thème général, d’une substance: l’&lt;em&gt;air&lt;/em&gt;, c&#039;est-à-dire (bien que ce soit là une identité peu scientifique) le &lt;em&gt;vide&lt;/em&gt;. Supérieur, l’intellectuel plane, il ne &quot;colle&quot; pas à la réalité (la réalité, c’est évidement la terre, mythe ambigu qui signifie à la fois la race, la ruralité, la province, le bon sens, l’obscur innombrable, etc.).  (Barthes: 200)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intellectuels de Yates sont en effet des êtres qui ne s’attachent pas à la matérialité de la vie, mais plutôt à son potentiel idéal. Ils idéalisent le monde et interagissent avec ce monde idéalisé. Les Wheelers, tout comme les Campbells, qui se prétendent eux aussi intellectuels, affirment à de nombreux moments dans le récit qu’ils ne vivraient pas en banlieue s’ils avaient le choix. «&lt;em&gt;Economic conditions might force you to live in this environment, but the important thing was to keep from being contaminated. The important thing, always, was to remember who you were&lt;/em&gt;», écrit Yates (21). De cette manière, les intellectuels, qui vivent au-dessus du monde matériel de la consommation, n’adhèrent pas au mode de vie de la banlieue, qui catégorise et aplatit les identités, désémantisant de ce fait le rapport au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le film, certaines oppositions très claires présentées dans l’&lt;em&gt;incipit&lt;/em&gt; permettent de comprendre les effets de la banlieue sur les personnages. Le film s’ouvre sur une scène qui se déroule dans une fête, où Frank et April se rencontrent. Ils se courtisent dans cet environnement chaleureux et urbain. Ensuite, un saut dans le temps présente Frank qui assiste à la pièce de théâtre dans laquelle April avait un rôle. Il semble déçu et mal à l’aise. Les personnages sont ensuite présentés plus en profondeur dans une querelle particulièrement violente qui prend place sur l’autoroute menant à leur maison. Tous les éléments qui avaient été présentés auparavant subissent, dans cette querelle, une forte chute, puisqu’il est possible de comprendre que la vie des deux personnages n’est pas du tout celle qu’ils auraient voulu avoir. Le rêve d’April, qui était de devenir une actrice, ne s’est pas réalisé. Leur vie s’est envenimée avec le temps. Un peu plus tard, dans une scène où April transporte les poubelles jusqu’à la rue et se remémore le moment où Frank et elle ont vu leur maison pour la première fois, l’opposition entre la légèreté du souvenir, qui présente une complicité entre les Wheelers, qui se sourient dans la voiture, s’oppose drastiquement à la querelle qui avait ouvert le film. En sachant ce que le couple Wheeler est devenu depuis qu’il a emménagé en banlieue, le spectateur comprend que la nouvelle vie des personnages principaux, qui se lie à la banlieue et au mode de vie qui lui est associé, incarne une chute de leurs idéaux. Comme l’explique Boris Ibric dans un article sur l’adaptation de Mendes, «&lt;em&gt;Frank and April’s relationship gradually deteriorates; the couple are arguing constantly. Anxious and depressed, April does not see the purpose in her passive, sultifying life of suburban conformity, while Frank looks for excitement in casual sex with a Knox secretary&lt;/em&gt;» (Ibric: 82). C’est donc de cette manière que la vie en banlieue est présentée comme aliénante pour les personnages principaux dans le film &lt;em&gt;Revolutionary Road&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame du récit, dans l’histoire de &lt;em&gt;Revolutionary Road&lt;/em&gt;, vient du fait qu’April Wheeler, contrairement aux autres femmes de son époque et à ce que la société la forçait à désirer, refuse de jouer le rôle social sexuel qui lui est imposé. Elle est dégoûtée par la banlieue dont la vie stagnante représente pour elle un enfermement. Elle blâme Frank en lui disant: «&lt;em&gt;Y&lt;/em&gt;&lt;em&gt;ou’ve got me safely in a trap&lt;/em&gt;» (Yates: 28). Sa première grossesse avait été une erreur, car elle était arrivée trop tôt. Dans le roman, elle affirme même avoir voulu l’avorter, pour pouvoir continuer à vivre librement. Cependant, dans le film de Mendes, le discours sur l’avortement qu’elle tient à Frank n’est présent qu’au moment où elle tombe enceinte pour la troisième fois. Son opinion sur l’avortement, comme celui sur les femmes dans les milieux de travail, dérange dans le roman, beaucoup plus clairement que dans le film, puisqu’il remet en question le pouvoir décisionnel de l’homme, qui est présenté comme une figure dominante selon les stéréotypes qui régissent la banlieue. Dans le roman, Frank Wheeler n’est pas contre l’idée de l’avortement, il est contre l’idée que sa femme ait pris une décision sans d’abord le consulter. «&lt;em&gt;[H]e knew it wasn’t the idea itself that repelled him – the idea itself, God knew, was more than a little attractive – it was that she had done all this on her own, in secret&lt;/em&gt;» (Yates: 51) se dit en effet Frank alors qu’April, à sa première grossesse, lui explique comment elle voudrait y mettre terme. L’impossibilité pour la femme de prendre des décisions importantes à l’intérieur de son foyer, qui est géré par l’homme, est alors beaucoup plus largement représentée dans le roman, du fait que l’avortement n’est pas la véritable raison du conflit. Frank Wheeler, dans le roman, et ce au moment de la première grossesse d’April comme à celui de sa dernière, tient à avoir le dernier mot et à prendre la décision. Ce n’est donc pas une question éthique, mais plutôt une question de rôles sexuels et de pouvoir de la masculinité qui organise le nœud du récit. Dans le film, le personnage est beaucoup plus &lt;em&gt;politically correct&lt;/em&gt; puisque son discours s’organise autour de l’opposition à l’avortement, qui est une question éthique qui transcende la simple hiérarchie des pouvoirs accordée par les rôles sexuels. Il s’écrie: «&lt;em&gt;How can it be for me when the thought of it makes my stomach turn?&lt;/em&gt;» De cette manière, puisque l’opposition de Frank à l’avortement d’April n’est pas motivée par les mêmes réflexions, le film de Mendes évacue une certaine dimension du conflit pour accorder au personnage de Frank des idéaux plus acceptables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l’avortement permet cependant d’établir une dichotomie qui oppose le sain au malsain dans l’œuvre de Yates, tout comme dans celle de Mendes. Très rapidement dans le roman, dans leur première querelle, Frank dit à April: «&lt;em&gt;[y]ou know what you are when you’re like this? You’re sick. I really mean that&lt;/em&gt;» (Yates: 28). Le caractère d’April, son entêtement, son refus de la famille et sa volonté d’indépendance sont tous des éléments qui s’opposent à l’image de la femme au foyer qui dominait à l’époque dans la banlieue. Ainsi, puisqu’elle n’est pas ce qu’elle devrait être selon les standards sociaux, elle est immédiatement classée du côté du malsain. Elle est malade. Dans les deux œuvres, Frank Wheeler dit à April qu’elle devra consulter un psychiatre, puisque son refus d’avoir des enfants fait d’elle une femme anormale. Ainsi, puisque les rôles sexuels sont très clairement définis dans la société américaine de 1955 et restreignent la femme à la sphère familiale et aux soins des enfants, April Wheeler, qui ne veut pas avoir l’enfant dont elle est enceinte, s’oppose au modèle féminin en incarnant un contre-exemple. Dans ce sens, les rôles sociaux cantonnent April Wheeler du côté de la maladie, de l’anormal et du malsain puisqu’elle ne désire pas ce que toutes les femmes de son époque devraient désirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnage de John Givings représente aussi une non-conformité qui dérange dans le milieu social dépeint par l’œuvre. Ses actions, qui sortent du cadre des actions acceptables selon les standards de société, sont excusées par sa maladie, alors qu’il ne s’agit que d’opinions avant-gardistes. Mathématicien et intellectuel, John Givings n’accepte pas la conformité et les stéréotypes de son époque. Après avoir reçu plus d’une trentaine d’électrochocs, et avoir passé un moment à Greenacres («&lt;em&gt;a really excellent place […], from the standpoint of-oh, of facilities and staff and so on; much better, for instance, than most of the private rest homes and whatnot in the area&lt;/em&gt;» (Yates: 171), se sent obligée d’expliquer Mrs Givings dans une banlieue dominée par les apparences), il rencontre les Wheelers dans une soirée organisée par sa mère. Dans le roman, le moment où il sourit pour la première fois constitue un spectacle assez troublant pour les gens qui l’entourent, et présente déjà le personnage comme un marginal. Ses gestes sont des parodies de banlieusards typiques.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;em&gt;[H]is face burst into an astonishing grin. His cheek drew back in vertical folds, two perfect rows of tobacco-stained teeth sprang out between his whitening lips, and his eyes seemed to lose their power of sight. For a few seconds it seemed that his face might be permanently locked in this monstrous parody of a friend-winning, people-influencing smile, but it dwindled as the party moved deferentially into the house.&lt;/em&gt; (Yates: 194)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sourire de John, qui ridiculise le charisme et la prestance que les gens qui l’entourent veulent se donner, n’est pas aussi ridicule dans le film. La scène se déroule très rapidement, et n’accorde pas beaucoup d’importance à cette caricature. Cependant, un autre élément présente John comme un personnage qui dérange les habitudes codifiées de la société dans laquelle il vit, dans le roman tout comme dans le film. Il s’agit du verre dans lequel il veut avoir son cocktail. «&lt;em&gt;Take a highball glass, put a couple-three ice cubes in it, and pour the sherry up to the brim. That’s the way I like it&lt;/em&gt;» (Yates: 196). Cette demande spéciale instaure l’anticonformisme du personnage et fait réagir sa mère, qui est le personnage de l’histoire le plus ancré dans les standards et la conformité de l’époque.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;em&gt;Mrs. Givings, sitting tense as a coiled snake on the edge of the sofa, gently closed her eyes and wanted to die. Sherry in a highball glass! His cap on the bookshelf - oh and those clothes. Week after week she brought him clothes of his own to wear – good shirts and trousers, his fine old tweed jacket with leather elbows, his cashmere sweater – and still he insisted on dressing up in these hospital things. He did it for spite.&lt;/em&gt; (Yates:196)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’extrait, qui présente les réflexions de Mrs. Givings sur son fils, met en lumière toutes ses actions qui s’opposent aux standards de bon goût et de civilité. Le fait qu’il insiste pour porter les vêtements que l’hôpital lui offre plutôt que ceux que sa mère lui donne permet de comprendre que John tient à s’éloigner des habitudes de celle-ci, qui est totalement enfermée dans la pensée banlieusarde de l’époque. Dans l’adaptation de Mendes, la demande de John crée également un malaise dans la pièce. Ainsi, le personnage de John Givings s’oppose aux standards de l’époque dans le roman tout comme dans le film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De manière encore plus concrète, c’est lors de la dernière rencontre entre les Wheelers et John Givings que son comportement se rattache le plus manifestement au malsain. Alors qu’il met les Wheelers devant l’échec de leurs plans et leur fait voir leur responsabilité dans leur malheur, ses propos sont très dérangeants pour l’époque et pour les gens qui l’entourent. La scène est presque identique, dans le film et dans le roman, ce qui démontre qu’elle garde une très grande importance dans l’histoire, même à travers  l’adaptation cinématographique. John Givings dit, entre autres, à April à propos de Frank: «&lt;em&gt;you must give him a pretty bad time, if making babies is the only way he can prove he’s got a pair of balls&lt;/em&gt;» (Yates: 302). Cette remarque touche en effet à une des problématiques majeures du récit, le fait que les décisions prises par April empiètent sur le champ d’action de Frank, qui devrait, en tant qu’homme, avoir le dernier mot sur tout. La personnalité d’April remet alors effectivement en question la masculinité de Frank. La réflexion de John est toutefois inacceptable pour Frank qui est lui-même, à ce moment du récit, ancré dans le modèle masculin de son époque et qui cherche à prouver son pouvoir et sa force en convainquant sa femme de poursuivre sa grossesse. La scène perd cependant de sa profondeur dans le film, puisque la question de la grossesse y est réduite à une question morale, alors qu’elle se doublait, dans le roman, de toutes les réflexions entourant les rôles sociaux de l’homme et de la femme. Lorsque la conversation dégénère, Mrs Givings souligne l’état de son fils. «&lt;em&gt;He’s not well, Frank&lt;/em&gt;»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_wzttyrj&quot; title=&quot;La réplique se retrouve aussi de manière identique dans le film de Mendes.&quot; href=&quot;#footnote1_wzttyrj&quot;&gt;1&lt;/a&gt;, insiste-t-elle, pour justifier ces propos dérangeants. Frank répond alors:  «&lt;em&gt;I don’t give a damn if he’s well or sick or dead or alive, I just wish he’d keep his God damn opinions in the God damn insane asylum where they belong&lt;/em&gt;» (Yates: 302). Ainsi, les opinions de John sont immédiatement liées à son état psychiatrique et présentées comme anormales et malsaines. Le deuil désespéré de Frank, à la toute fin, alors qu’il a appris la mort de sa femme, est aussi un élément incongru dans la conformité et le calme de la banlieue. «&lt;em&gt;A man running down these streets in desperate grief was indecently out of place&lt;/em&gt;» (Yates: 340). C’est donc en invoquant des personnages qui sont en réaction contre les standards sociaux de l’époque et qui détonnent avec le milieu que se développe l’opposition entre le sain et le malsain dans &lt;em&gt;Revolutionary Road&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matériellement, le mode de vie de la banlieue et tout ce qu’il représente de négatif pour les Wheelers est incarné par la fenêtre panoramique. Symbole de la vie banlieusarde, la fenêtre panoramique joue une très grande importance dans le roman de Yates, alors qu’elle n’est présente qu’à deux moments dans le film de Mendes. La traduction francophone du roman s’intitule &lt;em&gt;La fenêtre panoramique&lt;/em&gt;, alors que le film, dans sa version francophone, a opté pour &lt;em&gt;Les noces rebelles&lt;/em&gt;. Ce choix évacue en grande partie la métaphore filée qui accompagne cet élément du récit. Dans le roman, ce symbole de la conformité est abordé pour la première fois lorsque les Wheelers trouvent la maison qu’ils veulent acheter. «&lt;em&gt;[I]t’s outsized central window [was] staring like a big black mirror&lt;/em&gt;», écrit l’auteur à la page 31. Le rapprochement avec le miroir permet de comprendre que la fenêtre offrira un reflet de la vie des personnages. Comme un cadre, la fenêtre rend une portion de la vie à l’intérieur de la maison. Dans les deux œuvres, la scène où April est en hémorragie à la suite de son avortement se déroule devant cette fenêtre. Il s’agit cependant d’une des seules allusions symboliques à la fenêtre dans le film, qui sépare April du monde dont elle rêve. Dans le roman, les personnages voient le monde à travers cette fenêtre, qui le déforme. Bien que Frank ait cru que cette fenêtre ne changerait pas leur vie (Yates: 31), le roman laisse bien comprendre que le contraire se produit. Dans un extrait où ses enfants lui demandent de leur lire les &lt;em&gt;funnies&lt;/em&gt;, et insistent pour entendre aussi le &lt;em&gt;funny&lt;/em&gt; qui n’en est pas un, mais plutôt une publicité, Frank constate que le monde autour de lui, le monde de la banlieue, est désémantisé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;em&gt;He felt as if he were sinking helplessly into the cushions and the paper and the bodies of his children like a man in quicksand. When the funnies were finished at last he struggled to his feet […] and stood for several minutes in the middle of the carpet, making tight fists in his pockets to restrain himself from doing what suddenly seemed the only thing in the world he really and truly wanted to do: picking up a chair and throwing it through the picture window. What the hell kind of a life was this? What in god’s name was the point or the meaning or the purpose of a life like this?&lt;/em&gt; (Yates: 59)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se sent englouti par le mode de vie de la banlieue, mode de vie où rien n’a de sens, où tout dépend d’une technique de vente, même les histoires pour les enfants qui sont truffées de publicités, et qui se concrétise avec la fenêtre panoramique. Symbole de conformité, puisqu’elle est retrouvée sur toutes les maisons de la banlieue, elle travaille elle aussi à vendre un mode de vie, puisqu’elle fait partie de l’image publicitaire de la banlieue. Elle offre un reflet de lui-même au personnage de Frank, qui travaille dans la vente, mais qui tente aussi de vendre sa propre image et ses idées. «&lt;em&gt;[S]ometimes late at night […] when he hunched his shoulders and set his jaw and pulled his necktie loose and let it hang like a rope, he could glare at the window and see the brave beginnings of a personage&lt;/em&gt;» (Yates: 134). L’attitude de Frank est ainsi calculée, organisée, comme un discours de vente, et ses efforts lui servent à paraître intelligent, posé, réfléchi, alors qu’ils n’agissent que sur son image et son extérieur. Wheeler n’incarne alors pas vraiment la figure de l’intellectuel, puisqu’il se rattache à la matérialité des choses, aux apparences et à la persuasion plutôt qu’aux idées. Il est aussi possible de le comprendre dans le discours qu’il organise pour &lt;em&gt;vendre&lt;/em&gt; à April l’idée de continuer sa grossesse. Son discours est alimenté par les rôles sociaux, les stéréotypes et les clichés. Ainsi, il est possible d’affirmer que la fenêtre panoramique, dans le roman de Richard Yates, incarne les idéaux banlieusards basés sur les apparences et la matérialité du monde et contamine le personnage de Frank Wheeler. C’est pourquoi April, juste avant de provoquer sa fausse couche, laisse une note à son mari. «&lt;em&gt;Dear Frank, whathever happens please don’t blame yourself&lt;/em&gt;» (Yates: 326). La chute de leurs idéaux, l’envenimement de leurs vies et leur malheur n’est pas causé par les personnages eux-mêmes, mais plutôt par le contexte socio-économique particulier dans lequel ils évoluent, celui de la banlieue américaine, symboliquement représentée par la fenêtre panoramique. Le film appauvrit cependant encore le propos puisqu’il ne conserve pas cette grande métaphore et aplatit, un peu comme la banlieue elle-même, les enjeux du roman. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À la toute fin du roman, Frank Wheeler consulte un psychiatre, vit en ville et a laissé ses enfants à son frère. Il est devenu la figure marginale, le nouveau John Givings. Il s’est sorti du moule de la banlieue, s’est avoué à lui-même qu’il n’avait jamais vraiment voulu avoir d’enfants et que les questions d’être &lt;em&gt;sick&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;well&lt;/em&gt; étaient plus importantes que les apparences. Toutefois, dans le film, le personnage est dévoué à la garde de ses enfants. Bien que cela présente une certaine destruction des rôles sociaux, puisqu’il prend en charge le soin des enfants, l’évolution du personnage est très différente. À cet égard, comme à bien d’autres, le film présente une version aplatie des problématiques et des questionnements de l’œuvre originale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le milieu où évoluent les personnages principaux, dans le roman &lt;em&gt;Revolutionary Road &lt;/em&gt;de Richard Yates et l’adaptation cinématographique qu’en fait Samuel Mendes, joue un rôle très important puisqu’il influence leurs actions et leurs réflexions. Le personnage de Frank Wheeler est contaminé par les stéréotypes de la banlieue, qui accordent plus d’importance aux apparences et à la matérialité qu’aux idées. Les véritables figures d’intellectuels, qui sont April Wheeler et John Givings, sont des êtres qui n’acceptent pas le mode de vie imposé par la société américaine et par la banlieue, et qui posent des actions anticonformistes. Très rapidement, ces idées réactionnaires sont classées dans la sphère du malsain et une dichotomie opposant un mode de vie sain, incarné par la banlieue et ses clichés, aux idées inhabituelles ou choquantes, s’effectue dans l’œuvre. L’anticonformisme est lié à la folie dans les deux œuvres, comme il est possible de le voir par l’analyse de certaines scènes et certains extraits. Encore aujourd’hui, la banlieue est un lieu de conformité aux habitudes bien ancrées. Les intellectuels américains se regroupent dans les grandes villes, qui sont plus ouvertes aux idées nouvelles. Ainsi, en 2008, l’adaptation de Mendes était encore très d’actualité, et le restera tant que les opinions sur les rôles sexuels n’auront pas drastiquement changé dans l’imaginaire collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Médiagraphie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BARTHES Rolland, &lt;em&gt;Mythologies&lt;/em&gt;, Paris, Éditions du Seuil, coll. «Points, essai», 2014 [1957].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IBRIC Boris, «Social Values in &lt;em&gt;Mad Men&lt;/em&gt; and &lt;em&gt;Revolutionary Road&lt;/em&gt;: Conformity and Loss of the Dream in the Golden Era of American Ascendancy» dans &lt;em&gt;Screen Education&lt;/em&gt;, hiver 2009, iss.54.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MENDES Samuel (directeur), &lt;em&gt;Revolutionary Road&lt;/em&gt;, film, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MORENO, Micheal P., «Consuming the Frontier Illusion: The Construction of Suburban Masculinity in Richard Yates’s &lt;em&gt;Revolutionary Road»&lt;/em&gt; dans &lt;em&gt;Iowa Journal of Cultural Studies&lt;/em&gt;; automne 2003; iss.3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;YATES Richard, &lt;em&gt;Revolutionary Road&lt;/em&gt;, New York, Vintage Books, coll. «Vintage Contemporaries», 2008 [1961].&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_wzttyrj&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_wzttyrj&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; La réplique se retrouve aussi de manière identique dans le film de Mendes.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-institution field-type-text field-label-inline clearfix&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Institution:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/dystopie&quot;&gt;Dystopie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/ideologie&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Idéologie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 23 Feb 2015 14:34:38 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier-Millette</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">1409 at https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca</guid>
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 <title>Mad office: l’emprise de l’idéologie sur nos identités personnelles et professionnelles </title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Mad office: l’emprise de l’idéologie sur nos identités personnelles et professionnelles &lt;/h1&gt;
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&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Adorno, c’est parce que la vie devient «tout à fait intolérable» que «l’idée que le monde [veuille] être trompé est devenue plus vraie qu’elle n’a sans doute jamais prétendu l’être» (1964: 12). En d’autres mots, ne pouvant supporter la réalité d’un sombre quotidien, les individus devenus essentiellement consommateurs se tournent vers les produits de l’industrie culturelle pour combler le vide perpétué par leur aliénation fondamentale. Adorno avançait cette idée qui lui semblait des plus tangible il y a près de soixante ans. Alors que les pratiques de l’industrie culturelle ont énormément évolué, surtout grâce à l’avènement des technologies de communication de masse, un malaise encore plus important se fait ressentir face à une telle réflexion. Le contexte pandémique a exacerbé les tensions de la dialectique de la consommation au cœur de l’industrie culturelle en mettant en relief certaines de nos pratiques de consommation. Au tout début de la pandémie, alors que, par millions, nous avons quitté nos bureaux et nos emplois pour nous confiner dans nos demeures, nos écrans sont devenus nos fenêtres sur le monde. Que ce soit pour tisser des liens avec d’autres sur Zoom ou pour suivre l’actualité, c’est par les médias que nous avons maintenu un contact avec le reste de l’humanité. C’est aussi vers les médias que nous nous sommes tous instinctivement tournés en quête d’échappatoire. Dès lors, comment expliquer ce fait curieux: la série états-unienne &lt;em&gt;Mad Men&lt;/em&gt;, cinq ans après la diffusion de son dernier épisode, a connu une réelle recrudescence de popularité pendant le confinement devenant une sorte de phénomène mondiale, alors que des milliers ont choisi ce moment pour (re)plonger dans cet univers bureaucratique (Alison Herman, 2020). Et, ce n’est pas un cas isolé. La série états-unienne &lt;em&gt;The Office&lt;/em&gt; a réussi à s’imposer comme pilier culturel indéniable en faisant «&lt;em&gt;the internet’s favorite show&lt;/em&gt;» &lt;em&gt;«in a crumbling world&lt;/em&gt;» (&lt;em&gt;idem.&lt;/em&gt;). Il apparait de plus en plus clair que le monde du travail a une place si prépondérante dans nos vies que, même lors de circonstances si exceptionnelles telles que pandémie, celui-ci a colonisé notre imaginaire. Dans cet ordre d’idées, nous proposons de réfléchir à la dialectique entre travail et identité dans la société de consommation occidentale par l’analyse du rapport que le protagoniste de chacune des séries, Don Draper pour &lt;em&gt;Mad Men&lt;/em&gt; dans l’épisode «&lt;em&gt;The Wheel&lt;/em&gt;» et Michael Scott pour &lt;em&gt;The Office &lt;/em&gt;dans l’épisode «&lt;em&gt;Garage Sale&lt;/em&gt;», entretient avec les notions de travail et de famille dans la perspective d’une définition identitaire personnelle. En ce sens, nous cherchons à expliciter les idéologies qui motivent le développement des personnages, ainsi que leur adhésion aux valeurs hégémoniques de la société américaine en fonction de leur contexte sociohistorique et économique afin d’élucider, peut-être, notre présent attachement à ces univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de plonger dans le vif du sujet, prenons le temps de faire un bref résumé de ces deux épisodes que nous allons faire valoir dans le cadre de notre réflexion. Commençons selon la chronologie diégétique par «&lt;em&gt;The Wheel&lt;/em&gt;»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_cecq4so&quot; title=&quot;Un résumé exhaustif est disponible dans le recueil d’accompagnement de Seitz Zoller, Matt, Mad Men Carousel, The Complete Critical Companion, New York, Abrams, 2015, 629 p.&quot; href=&quot;#footnote1_cecq4so&quot;&gt;1&lt;/a&gt; de &lt;em&gt;Mad Men &lt;/em&gt;mettant en scène les employés d’une firme publicitaire new-yorkaise&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; En premier plan, cet épisode nous raconte le brio avec lequel Don Draper use de son talent pour évoquer et exploiter les sentiments nostalgiques des consommateurs&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_as9p9oj&quot; title=&quot;Dans la logique d’une société de consommation marchande hégémonique, nous comprendrons que consommateurs et individus se veulent comme synonymes tant dans notre contexte que dans le contexte diégétique de la série Mad Men.&quot; href=&quot;#footnote2_as9p9oj&quot;&gt;2&lt;/a&gt; afin de commercialiser un projecteur Kodak qu’il transforme, par son génie créateur et son talent d’orateur, en un carrousel, une machine pour voyager dans le temps. Ce que vend donc Draper n’est plus le produit en tant que tel, mais l’idée qu’il évoque en nous et surtout la possibilité qu’il fasse naître, celle de (re)trouver, non pas plus d’argent ou de richesses matérielles, mais bien l’amour et le bien-être que nous apporte la présence de nos êtres chers. Ce &lt;em&gt;pitch &lt;/em&gt;est tout à fait symbolique, car de quoi est-il réellement question dans l’épisode «&lt;em&gt;The Wheel&lt;/em&gt;»? De marketing? De &lt;em&gt;business&lt;/em&gt;, de consommation, d’argent et de pouvoir ? Non. Le nœud diégétique de ce dernier épisode de la première saison est en fait la détérioration des relations familiales et intimes de l’ensemble des personnages, mais surtout celle du protagoniste dont le récit peut être interprété comme une allégorie de la mise en garde. Effectivement, à la veille de Thanksgiving, Draper perd symboliquement sa famille partie célébrée en banlieue, seule, car il n’a pas voulu la prioriser à son travail. Souffrant de la solitude et de la supercherie de son mariage, Betty Draper est tout autant à la déroute ne trouvant qu’un jeune garçon à qui se confier. Peter Campbell fait face à sa femme et ses beaux-parents saoul et dépité, car son succès au travail ne réussit pas à taire son sentiment d’insuffisance face à ces regards réquisitionnant. Harry Crane quitte une conférence en pleurs, car son mariage est au bord de la déroute. Ainsi, trois mariages battant de l’aile, trois familles en péril et au cœur de tout cela: la machine Sterling-Cooper, théâtre de cette tragédie, toujours bénéficiaire de l’exploitation de ces employés qui s’y dévouent aux dépens de leur épanouissement personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, dans le paradigme de Dunder-Mifflin dont la famille est explicitement au cœur, «&lt;em&gt;Garage Sale&lt;/em&gt;» amène la destitution d’une famille professionnelle au profit d’une famille personnelle pour Michael Scott. Alors que les employés organisent une vente de bric-à-brac pour collecter des fonds afin de pouvoir financer plus de célébrations entre eux, Scott concrétise son plus grand rêve, celui de fonder une famille, en demandant en mariage Holly Flax. Cette union, qui apportera la désunion de l’équipe de Dunder-Mifflin puisque Scott annonce son départ afin de suivre sa fiancée qui quitte l’état de Pennsylvanie, n’est possible que grâce à la mise en commun de tout un chacun. En tant qu’amis, en tant que membres d’une famille symbolique, tous –Jim, Pam, Ryan, Oscar, Andy– se mobilisent pour amener à bien le plus cher désir de Michael, à la fois patriarche et benjamin du groupe.  Ainsi, le lieu de travail est l’intersection entre la vie professionnelle et personnelle de ces individus qui s’amalgame dans un esprit de collectivité bienveillante.  &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cherchant à saisir ces deux personnages, nous pouvons conclure qu’ils sont les deux revers d’une même médaille, se complétant tout comme le yin et le yang se nécessitent pour former un tout. Draper et Scott s’inscrivent dans le même continuum de l’incarnation du paradigme du col blanc dans l’entreprise américaine (&lt;em&gt;white collar corporate america). &lt;/em&gt;Leur position dans ce champ de pouvoir est tout à fait intéressante: tous deux superviseurs d’une large équipe, ils disposent d’une grande marge de manœuvre leur permettant de vivre leurs excentricités au travail assez impunément pour des raisons, somme toute, similaires. Tel qu’explicité par Marx, dans le système capitaliste, la fonction fondamentale du manager est bien la gestion de l’ensemble des ressources dans le but de produire autant de profits que possible (J. Jeremy Wisnewski, 2008: p. 97). Draper bénéficie du prestige de son capital symbolique en tant que génie dans son domaine, mais si, alors qu’il n’est pas encore partenaire dans la première saison, on tolère ses aléas, c’est parce qu’il livre la marchandise. Bien que Scott ne bénéficie pas d’un aussi important capital du fait de ce que beaucoup considère chez lui comme de l’idiotie, tous ses superviseurs lui donnent carte blanche, car dans un contexte de récession, il a, systématiquement, la branche la plus profitable de la compagnie et est un excellent vendeur.  En ce sens, ces deux personnages sont des adhérents et des agents de l’hégémonie culturelle qui règne sur cet univers. Rappelons que «l’hégémonie sert à souligner les dimensions culturelle et morale de l’exercice du pouvoir politique […] le terrain privilégié –non seul sans doute– où l’hégémonie se construit, puis se défend activement, est l’&lt;em&gt;idéologie&lt;/em&gt;» (George Hoare et Nathan Sperber, 2013: 95; 102). En outre, le maintien du statu quo de la société de consommation capitaliste est possible «essentiellement grâce à son [l’hégémonie] emprise sur les représentations culturelles de la masse des travailleurs. Cette hégémonie culturelle amenant même les dominés à adopter la vision du monde des dominants et à l’accepter comme allant de soi» (Aurélien Berthier, 2011). Certes, bien des aspects rapprochent Draper et Scott, mais il apparait évident, au regard des ces notions qui permettent de penser les rapports de pouvoir et de représentation au sein de la société, que ce sont les attitudes divergentes qu’adoptent les deux personnages par rapport à l’idéologie américaine de leur époque qui constituent leur principale différence et qui explique pourquoi l’un est amené à perdre tout ce qui aurait pu le définir en dehors de son travail et l’autre, non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En employant l’idéologie comme cadre de pensée, nous sommes en mesure d’expliciter les systèmes de valeurs qui motivent ces personnages, ce qui éclairera les divergences dans leurs arcs diégétiques respectifs. Pour ce faire, nous proposons de porter un regard attentif aux maximes qu’évoquent les deux protagonistes, ainsi qu’à un moment clé des deux épisodes que nous analysons qui est curieusement similaire. Dans la quête hégémonique de la main mise sur les valeurs et les représentations sociales, «il faut, peu à peu, subvertir les esprits, installer les valeurs que l’on défend dans le domaine public» (&lt;em&gt;idem.&lt;/em&gt;) afin de s’assurer de la robustesse et de la longévité du système que l’on met en place. Tant &lt;em&gt;Mad Men &lt;/em&gt;que &lt;em&gt;The Office&lt;/em&gt; sont ancrés dans des époques charnières et belliqueuses de l’histoire des États-Unis: la Guerre froide&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_b3y3kc4&quot; title=&quot;«Cold War», Encyclopaedia Britannica, en ligne, https://www.britannica.com/event/Cold-War, consulté le 20 mars 2023.&quot; href=&quot;#footnote3_b3y3kc4&quot;&gt;3&lt;/a&gt;  et la Guerre contre le terrorisme &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_qusljq4&quot; title=&quot;«War on terrorism», Encyclopaedia Britannica, en ligne, https://www.britannica.com/topic/war-on-terrorism, consulté le 20 mars 2023.&quot; href=&quot;#footnote4_qusljq4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. Dans les deux cas, l’ensemble des discours et des productions culturelles de l’époque traduisent la menace qui plane sur le style de vie et les valeurs américaines qui se doivent d’être défendus corps et âme par l’ensemble du peuple. Ainsi, l’effort de guerre ne se résume pas qu’aux considérations militaires, mais a tendance à impliquer personnellement tout un chacun dans la défense des valeurs du mode de vie américain afin d’éviter la chute vers un nouvel ordre mondial (M. Keith Booker et Bob Batchelor, 2016: 39 – 59). En outre, ces périodes sont des terreaux fertiles pour l’élaboration d’une hégémonie culturelle qui bénéficie grandement de l’instabilité sociale, politique et économique pour enraciner ses fondements .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rêve américain, c’est cette idée que tout un chacun a la liberté de se tailler la place qu’il désire et mérite au sein de la société par son talent et son labeur. Le mode de vie américain, c’est la société marchande de consommation qui valorise et priorise la commodité. Dès lors, «&lt;em&gt;Mad Men&lt;/em&gt; &lt;em&gt;is a remarkable tool for examining the evolving American Dream &lt;/em&gt;[…]. &lt;em&gt;The juxtaposition of money versus happiness and responsibility versus freethinking is a by-product of Mad Men’s deliberate exploration of the nation’s values during the decade&lt;/em&gt;» (&lt;em&gt;ibid.&lt;/em&gt;: 41-42). En ce sens, Don Draper se présente comme l’épitome de l’idéologie américaine des années soixante, du moins en surface. Il est parti d’absolument rien, ayant volé le nom d’un homme mort au combat en Corée, et a réussi à se hisser jusqu’aux derniers étages d’une des plus grandes tours d’une des plus importantes villes au monde. Il a épousé la plus belle des femmes formant avec elle la famille idéale: deux enfants, une maison, un chien et une &lt;em&gt;Cadillac&lt;/em&gt;. Sur tous les plans du succès dans les États-Unis des années soixante, Draper est un exemple à émuler, ce que bon nombre de ses subalternes, Peter Campbell pour n’en citer qu’un, cherchent à faire. Le public même est amené à vouer un certain culte à ce héros qui nous rappelle les grandes vedettes de l’âge d’or hollywoodien, mais aussi ce mythe de la méritocratie américaine: Draper «&lt;em&gt;is representative but also unique&lt;/em&gt; […]. &lt;em&gt;Draper is a composite of ideas, actions, and impulses that audiences have proven to relish across American popular culture for decades&lt;/em&gt;» (&lt;em&gt;ibid&lt;/em&gt;., p. 23).  Toutefois, «&lt;em&gt;the duality in the character is significant –while Draper is the fulfillment of a successful life, it is a wholly inauthentic life&lt;/em&gt;» (&lt;em&gt;ibid&lt;/em&gt;., p. 42). Le ton de la série joue énormément sur cette dualité entre ce qui est en surface, l’idéal, et ce qui s’y cache en dessous, le réel abimé. De prime abord, Draper a l’air d’adhérer entièrement à l’idéologie états-unienne et le démontre par ses faits et gestes. S’adressant à ses employés, il émet ce qui est, vraisemblablement, une des maximes par lesquelles il vit: «&lt;em&gt;Bringing in business is the key to your salary, your status and your self-worth.&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_yjb1oeh&quot; title=&quot;«The Wheel», Mad Men, créé par Matthew Weiner, saison 1, episode 13, AMC, 2007.&quot; href=&quot;#footnote5_yjb1oeh&quot;&gt;5&lt;/a&gt;». Ceci démontre que, pour Draper, l’identité personnelle est intrinsèquement liée à la réussite matérielle dans la sphère professionnelle fusionnant ainsi la conception et la valorisation de soi avec la quantification de son apport, de sa plus-value, dans la logique d’une société capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa présentation sur le Carrousel, Draper utilise le concept de nostalgie à partir de sa définition grecque, «&lt;em&gt;the pain from an old wound&lt;/em&gt;» (&lt;em&gt;idem&lt;/em&gt;.), pour mettre en scène le subterfuge du bonheur du rêve américain, sa propre famille. Nous y voyons ses enfants jouant, lui qui s’amuse avec eux, sa femme enceinte puis jeune mère puis elle-même, encore, le jour de son mariage. Par le Carrousel, Draper défie les lois du temps et de la physique pour voyager au cœur de l’essentielle d’une chose qu’il cherche à instrumentaliser, soit la sensibilité du consommateur, son attachement à quelque chose de tout à fait antérieur (aux manigances de la société capitaliste) qui alimente sa nostalgie qui est à la fois désir et souffrance, pour générer du capital économique. Nous voyons qu’en dessous des valeurs mercantiles de l’idéologie américaine, ce qui prime est fondamentalement humain. Car, au cœur de cette idéologie, le succès et la réussite n’ont de sens que s’ils sont partagés. Nous l’avons vu, Draper est un double, si ce n’est un leurre. Aussi accompli puisse-t-il être, Don Draper est un homme profondément malheureux, non pas parce qu’il n’a pas assez de capital économique et symbolique, mais parce qu’il est pauvre en ce que nous pourrions désigner comme un capital relationnel ou ce que nous pourrions ramener à un autre terme grec, &lt;em&gt;agapè&lt;/em&gt;, cet amour divin, inconditionnel. Betty, son épouse, le plaint, car il n’a jamais eu de famille et ne sait pas comment en avoir une. En d’autres mots, il n’a jamais connu l’amour familial et ne sait ni comment réellement en donner ou en recevoir ce qui fait de lui un être essentiellement solitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenant aux racines mêmes du concept d’idéologie, il nous apparait que Don Draper, en tant qu’agent exécutif au cœur de l’hégémonie culturelle, souffre de l’idéologie qu’il entérine, car il la vit comme «une fausse conscience destinée à masquer la domination de classe» (Jean-Claude Ruano-Borbalan, 1998: 1). Draper n’adhère jamais réellement au rôle qu’il joue ce qui fait de cette vie inauthentique, une perpétuelle aliénation. On constate, alors, que le personnage est déchiré par des forces opposantes:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left:1.0cm;&quot;&gt; &lt;em&gt;As a talented ad man, Don creates words and images that play on the ideas that he also lives. He is both creator and consumer of culture […] yet [he] avoids the trappings of consumerism that drive his colleagues and competitors. His pursuit is more self-centered, hurtling toward some skewed vision of freedom […] In many instances, Draper is shown to have little care for money or its trappings&lt;/em&gt; (M. Keith Booker et Bob Batchelor, 2016: 44; 49).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ce personnage est déterminé par la tension entre le désir profond de liberté, des chaînes de la société capitaliste, et de la réussite, selon les conditions hégémoniques de ce monde qui permet un autre type de liberté, celle qui est économique. Cette lutte est d’autant plus symbolisée par la tension entre les deux egos de cet homme: Don Draper, l’important homme d’affaires et Dick Whitman, le déserteur. Dans la perspective de l’idéologie en tant que fausse conscience, comme l’entendait Marx, toute la complexité de ce personnage prend son sens. Marx conceptualise l’idéologie, entre autres, par rapport à «la distorsion de la réalité qui permet la légitimation de la domination» (Olivier Voirol, 2008: 63). Autrement dit, «&lt;em&gt;a man is whatever room he is in, and right now Donald Draper is in this room&lt;/em&gt;»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_hxwiguy&quot; title=&quot;«Nixon vs. Kennedy», Mad Men, créé par Matthew Weiner, saison 1, épisode 12, AMC, 2007.&quot; href=&quot;#footnote6_hxwiguy&quot;&gt;6&lt;/a&gt;.Draper, tel un caméléon, s’adapte à son milieu et fait de la réalité ce qu’il désire en faire comme si «l’idéologie est forcément le propre ‘des autres’, de ceux et celles qui ne savent pas et s’enferrent sous l’emprise de l’illusion» (Olivier Voirol, 2008: 65). Cette grande agilité qui lui a permis de concrétiser son rêve américain, l’empêche tout autant de s’y ancrer que dans s’en libérer, car en son cœur, il persiste quelque chose d’apocryphe, qu’elle chose qui ne s’alignera jamais à ce qui se cache en dessous de Draper ou de Whitman, reste à savoir &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_fa9g3w0&quot; title=&quot;L’épisode se termine sur la chanson Dont’ Think Twice, It’s All Right de Bob Dylan, alors que Don Draper imagine retrouver sa famille, mais est effectivement seul dans sa sombre demeure. La chanson est largement interprétée comme racontant l’histoire d’une rupture que le narrateur subit sans amertume. En ce sens, nous pourrions réfléchir à la rupture mise en scène par cette clôture. Est-ce Betty qui, au courant des infidélités de son mari, quitte Don ? Ou n’est-ce pas peut-être la partie de Dick Whitman en Don qui abandonne l’idée de ce rêve d’une vie de famille épanouissante ? Cette chanson est aussi associée au sentiment de désillusion qui a sévi dans les années soixante. En ce sens, il apparait évident que tous les membres de ce couple, Betty et Don/Dick, abandonnent leurs (faux) espoirs concernant la vitalité de leur union.&quot; href=&quot;#footnote7_fa9g3w0&quot;&gt;7&lt;/a&gt;…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept d’idéologie, en soi, a tout autant évolué que les circonstances sociales qu’il a permis de comprendre et d’expliquer. Sous la pensée de théoriciens tels que Ricoeur, Dumont ou Geertz, l’idéologie est réfléchie en fonction de «son rôle intégrateur et pourvoyeur d’identité symbolique pour la communauté» (Olivier Voirol, 2008: 67) plutôt que comme une fausse conscience désunifiant l’être de sa réalité. Le concept culturaliste de l’idéologie «se voit conférer un sens positif, celui de maintenir l’unité et d’assurer l’intégration sociale; elle rend possible le comportement collectif plus que l’aveuglement dans des illusions» (&lt;em&gt;idem.&lt;/em&gt;). C’est dans cette veine que s’inscrit le protagoniste de Michael Scott qui, bien qu’il fasse partie d’une structure capitaliste similaire à celle à laquelle appartient Draper, est défini par son incapacité à entériner la logique de ce système. «&lt;em&gt;The American Office presents a class that is ironically characterized by its disbelief in classes – a class whose self-image is grounded in the denial of a difference between them and the classes above. &lt;/em&gt;&lt;em&gt;The middle is everywhere.&lt;/em&gt;» Alors que Don est déchiré par deux versants opposés d’un même désir qui le forcent à fonctionner dans une logique de jeu à somme nulle – il perd quelque chose quel que soit ce qu’il choisisse – Michael Scott transpose son identité personnelle dans le cadre de son identité professionnelle procédant à la fusion des deux ce qui lui permet d’exprimer son individualité, mais aussi son agentivité dans le cadre de son travail en vivant celui-ci comme une expérience plus riche puisqu’il infuse à l’idéologie hégémonique ses propres convictions&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_cz3tjl7&quot; title=&quot;Cette disparité s’explique, entre autres, par l’écart générationnel entre les deux hommes. Les années soixante sont traversées par des chamboulements sociaux, culturels, économiques et politiques qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser à la lumière du mouvement hippie, a incité un certain conformisme au sein de la classe moyenne. Les années deux mille sont reconnues pour la culture de l’individualisme américain.&quot; href=&quot;#footnote8_cz3tjl7&quot;&gt;8&lt;/a&gt;.               &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un monde alors où rien n’est plus certain, «l’idéologie naît de la situation ouvertement conflictuelle propre à la modernité, elle répond à la menace de la perte d’identité et de la dissolution des référents symboliques» (&lt;em&gt;idem.&lt;/em&gt;). C’est dans une telle perspective que Michael Scott, mais ses collègues également, activent l’idéologie d’un sens qui leur est positif et utile, mais qui sert tout autant la machinerie capitaliste. Le rêve américain n’est plus ce qu’il était: l’endettement faramineux des foyers et la crise boursière font de l’image de la famille nucléaire à la maison de banlieue une illusion éphémère. La salvation n’est plus dans le travail depuis que le pays est en récession et que les idéaux d’une carrière enrichissante sont troqués pour un métier permettant de subsister et de survivre (Andrew Agopsowicz, 2019). «&lt;em&gt;Michael is &lt;/em&gt;[…]&lt;em&gt; a man trapped in the space between decaying ideals and the reality of his own work and life, where little is left to him but to pass down corporate directives, to implement cost-cutting schemes, and to make more or less desperate bids at self-determination.&lt;/em&gt;» (&lt;em&gt;ibid&lt;/em&gt;.: 99). En quelque sorte, bien que la société de consommation offre plus que jamais de commodités à ses consommateurs, les frontières de la vie, en soi, sont rétrécies par la crise qui sévit et qui limitent les individus dans leur mobilité socioéconomique. En réponse à cela, «&lt;em&gt;On The Office, whatever meaning there is for the workers lies almost solely in interpersonal relationships, if it even lies there […] Despite themselves, workers become little more than ‘appendages’ of the machines they serve&lt;/em&gt;» (J. Jeremy Wisnewski, 2008: 98-99). Pour Michael qui n’a pas les moyens de s’épanouir dans sa vie personnelle &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_t41hc39&quot; title=&quot;Réitéré à plusieurs reprises, son plus grand rêve et de trouver le grand amour, se marier et fonder une famille. Or, Scott essuie plusieurs échecs amoureux et accumule les mauvaises décisions financières caractéristiques de la facilité d’accès et du rapport au crédit dans les États-Unis du début des années 2000 qui l’éloignent toujours davantage de son rêve.&quot; href=&quot;#footnote9_t41hc39&quot;&gt;9&lt;/a&gt;, l’espace de sa vie professionnelle devient le lieu où il cherche à mettre en pratique son système de valeurs personnelles, afin de donner un sens à sa vie et échapper à son aliénation. Aussi futile et immature qu’il puisse paraître aux premiers abords, Michael Scott est conscient qu’en dessous de la surface idéologique américaine capitaliste, ce qui prime avant tout, ce sont les gens. «&lt;em&gt;A good manager doesn’t fire people. He hires people and inspires people. &lt;/em&gt;&lt;em&gt;People, Ryan. And people will never go out of business.&lt;/em&gt; &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_r7fzt39&quot; title=&quot;«Business School», The Office, créé par Greg Daniels, saison 3, épisode 16, NBC, 2007.&quot; href=&quot;#footnote10_r7fzt39&quot;&gt;10&lt;/a&gt;», dit-il alors que son subalterne cherche à le confronter à l’inévitable faillite de leur compagnie, Dunder-Mifflin. «&lt;em&gt;The people that you work with are, when you get down to it, your very best friends&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref11_2mx7mud&quot; title=&quot;«Michael’s Last Dundies», The Office, créé par Greg Daniels, saison 7, episode 21, NBC, 2011.&quot; href=&quot;#footnote11_2mx7mud&quot;&gt;11&lt;/a&gt;.» C’est la valorisation personnelle et sentimentale du cadre de travail et des gens qui s’y trouvent qui permet à Michael de vivre cette idéologie qui, à bien y penser, les maintient de manière non seulement volontaire, mais enthousiaste dans un système qui ne bénéficie pas à leur bien-être. «&lt;em&gt;People don’t realize how lucky they are. The office is the American dream&lt;/em&gt; &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref12_fhdi764&quot; title=&quot;«The Merger», The Office, créé par Greg Daniels, saison 3, episode 8, NBC, 2006.&quot; href=&quot;#footnote12_fhdi764&quot;&gt;12&lt;/a&gt;[…]», affirme-t-il. Pour ainsi dire, l’idéologie, aux yeux de Scott, «joue un rôle de justification du pouvoir en remplissant l’écart entre les présentations élevées de ceux qui commandent et les croyances de ceux qui obéissent» (Olivier Voirol, 2008: 69).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l’épisode en question, tout comme Draper, Scott fait le récit des moments les plus significatifs de sa vie. Nous sommes alors témoins de la complexité fusionnelle entre les sphères du privé et du professionnel dans la vie du protagoniste qui, en fait, ne forme qu’un: l’entrée de l’immeuble est son endroit le plus heureux au monde et symbolise aussi le jour le plus heureux de sa vie, les escaliers sont le lieu de son premier baiser avec sa future épouse, l’annexe est le lieu où il est tombé amoureux, où il fait sa demande en mariage, même les rideaux ont une importance à ses yeux, car c’est à travers eux qu’il a vu Holly Flax pour la première fois. Tout comme la présentation de Draper dévoile le point nodal au cœur de l’idéologie qui est en fait un espace de tension entre des désirs contradictoires, le discours de Scott met en lumière comment «l’adhésion active des sujets sociaux à des schémas idéologiques peut être motivée par des raisons valables–l’idéologie est ‘vraie’ et ‘fausse’ en même temps.» (&lt;em&gt;ibid.&lt;/em&gt;: 72). Il est indéniable que les sentiments qui lient Scott à ses collègues sont réels: ils sont perceptibles dans la joie qu’ils ressentent à l’annonce de ses fiançailles, dans les efforts qu’ils mettent pour assurer le succès de sa demande. C’est une communion familiale qui les unit dans la salle de conférence lorsque Pam souligne qu’ils forment tous et toutes une famille. En ce sens, l’importance du travail dans la définition identitaire et idéologique se confirme. Le travail est réellement un lieu de développement et d’épanouissement personnel qui permet l’effervescence d’une vie riche et pleine. Mais, il est tout aussi vrai que Scott doit se libérer de ce travail, doit scinder son identité personnelle de celle qu’il a tant que superviseur de branche afin de vivre une expérience authentique de la vie en permettant à son identité de dépasser les limites de son bureau.  C’est pourquoi l’épisode se conclut par la perte symbolique de la famille symbolique de Michael Scott. Tout comme pour Draper, Scott est confronté à un choix: adhérer entièrement à l’hégémonie culturelle, à l’idéologie qui fait du travail le socle de la vie et donc, l’aliénation, les paramètres de celle-ci et rester avec sa ‘famille’ à Dunder-Mifflin où renoncer à tout cela pour embrasser l’idée d’une vie vécue selon sa propre doctrine et alignée à ses propres valeurs.  &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est à souligner que cette divergence entre Don Draper et Michael Scott dans leur rapport à l’idéologie se voit transposée, en quelque sorte, dans la structure formelle de leurs émissions télévisées respectives, ainsi que dans le rapport que le public peut entretenir avec celles-ci. L’époque reculée qui est portraite de manière tout à fait exceptionnelle dans &lt;em&gt;Mad Men&lt;/em&gt;, bien qu’elle puisse attiser les cordes nostalgiques de l’affect du public, il n’en est pas moins que le cadre temporel de la série crée une distance entre la fiction qui y est racontée et le public qui la reçoit en faisant une «fausse réalité» qui, certes, atteste de faits réels, mais qui est modulée par les filtres de la transposition de la réalité vers le médium télévisuel pour créer une pièce de fiction. Au contraire, &lt;em&gt;The Office &lt;/em&gt;est une des séries phares du genre de la sitcome mockumentaire qui «donne l’impression de présenter la réalité sans médiation […] s’adress[ant] directement au public» (Vanessa Compère, 2016: 6). Tous les dispositifs de la construction d’un épisode de la série, que ce soient les différents plans, l’utilisation de la caméra épaule ou encore les regards furtifs des personnages qui brisent le quatrième mur, «donnn[ent] une impression d’immédiateté aux images» (&lt;em&gt;idem.&lt;/em&gt;) faisant de l’expérience de visionnement une expérience immersive pour le spectateur. «La fonction ultime du mockumentaire est un ‘appel à jouer’ [et] participe à la déconstruction du mythe de la télévision comme objet purement mercantile» (&lt;em&gt;ibid.&lt;/em&gt;: 11-12). Dès lors, le rapport que le public entretient avec une telle série s’inscrit dans une dialectique plutôt différente que pour une série plus traditionnelle dans sa forme que &lt;em&gt;Mad Men. &lt;/em&gt;Cet appel à jouer, c’est un appel à l’intégration dans une communauté qui, sur la base d’une série culte, converge, tout compte fait, autour d’une idéologie spécifique. À l’instar des personnages de la série, un spectateur limité par les rouages du système dans lequel nous vivons trouve dans une série comme &lt;em&gt;The Office &lt;/em&gt;la projection d’une image de la réalité qui est assez concrète pour ne pas être illusoire, mais assez magnifiée pour susciter, non seulement le divertissement, mais la reconnaissance de soi, l’appartenance à un endogroupe qui naissent de désirs similaires à ceux qui motivent les personnages. Ces désirs, tels que nous l’avons vu, se conjuguent autour du besoin de transcender le rôle/métier auquel nos identités sont confinées par la tangibilité du bien-être que nous apportent nos relations interpersonnelles.   &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, il nous apparait évident que Don Draper et Michael Scott sont aux prises avec le même combat, celui qui leur impose de se situer, en tant qu’agent de l’hégémonie culturelle à laquelle ils participent, par rapport à l’idéologie qui est sa force motrice. Dans cette lutte symbolique, les deux protagonistes sont motivés par des désirs que l’on peut rattacher aux effusions du rêve américain qui promet succès, richesse et bonheur aux plus vénérables. Toutefois, il apparait clair que la réalité que l’on tente de leur faire accepter et qu’eux-mêmes perpétuent par leurs pratiques professionnelles et les discours socioculturels qu’ils ratifient n&#039;est en fait qu’une illusion qui vise à bénéficier une poignée de fortunées seulement. Nos deux protagonistes, considérant leur statut socioéconomique, devraient faire partie de ce groupe de privilégiés et en font partie en un sens. Toutefois, ils y restent en marge à cause de sa supercherie identitaire pour Draper et de son excentricité pour Scott. Nous pourrions les qualifier de dominants-dominés, du moins à ce stade de leur vie. Ainsi, ces deux hommes sont aux prises avec la tension qui les traverse, entre adhésion et désaffiliation par rapport à l’idéologie qui motive et justifie leur posture sociale. Don Draper vit son rapport à cette idéologie comme la déchirure d’une fausse conscience qui l’empêche d’adopter pleinement la posture adhérente ou la posture dissidente entre lesquelles il va tergiverser pendant toute la série. Michael Scott vit son rapport à cette même idéologie de manière beaucoup plus positive, choisissant plutôt d’investir en son agentivité dans le cadre de ce paradigme tout en préservant son système de valeurs ce qui lui permet de se dissocier, finalement, de l’aliénation ultime qu’aurait été la fusion de son être à son travail pour la perte de sa fiancée. Tout compte fait, nous constatons que dans cet univers corporatif capitaliste, les valeurs humaines de l’amour, de la famille et de la collectivité priment en tant que moteur d’action chez les protagonistes plus que l’argent, la réussite matérielle et la renommée, valeurs privilégiées par la classe dominante.  L’analyse de ces deux objets culturels sous l’angle de l’idéologie nous «rend compte de la manière dont ces derniers fournissent des ressources symboliques orientant les pratiques sociales et structurant un monde de sens par des médiations symboliques» (Olivier Voirol, 2008: 69). En ce sens, nous pouvons postuler que si des séries comme &lt;em&gt;Mad Men &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;The Office&lt;/em&gt; connaissent un tel succès, c’est aussi parce que, dans l’hégémonie culturelle dans laquelle nous baignons, l’identité personnelle est largement colonisée par le monde du travail qui, depuis la pandémie, a pénétré jusque dans les confins de nos demeures en plus d’être au centre de nos divertissements  (Angela Henshall, 2021). L’intérêt de telles séries, tout compte fait, repose peut-être dans la fictionnalisation d’un quotidien qui, derrière l’écran, nous permet de retrouver un univers tout autant familier que rehaussé par le cachet hollywoodien donnant une allure plus séduisante à nos vies…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«Business School», &lt;em&gt;The Office&lt;/em&gt;, créé par Greg Daniels, saison 3, épisode 16, NBC, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«Cold War», &lt;em&gt;Encyclopaedia Britannica&lt;/em&gt;, en ligne, &lt;a href=&quot;https://www.britannica.com/event/Cold-War&quot;&gt;https://www.britannica.com/event/Cold-War&lt;/a&gt;, consulté le 20 mars 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«Garage Sale», &lt;em&gt;The Office&lt;/em&gt;, créé par Greg Daniels, saison 7, épisode 19, NBC, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«Michael’s Last Dundies», &lt;em&gt;The Office&lt;/em&gt;, créé par Greg Daniels, saison 7, episode 21, NBC, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«Nixon vs. Kennedy», &lt;em&gt;Mad Men, &lt;/em&gt;créé par Matthew Weiner, saison 1, épisode 12, AMC, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«The Merger», &lt;em&gt;The Office&lt;/em&gt;, créé par Greg Daniels, saison 3, episode 8, NBC, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«The Wheel», &lt;em&gt;Mad Men, &lt;/em&gt;créé par Matthew Weiner, saison 1, épisode 13, AMC, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«War on terrorism», &lt;em&gt;Encyclopaedia Britannica&lt;/em&gt;, en ligne, &lt;a href=&quot;https://www.britannica.com/topic/war-on-terrorism&quot;&gt;https://www.britannica.com/topic/war-on-terrorism&lt;/a&gt;, consulté le 20 mars 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adorno, Theodor, «L’industrie Culturelle», &lt;em&gt;Communications&lt;/em&gt;, vol. 1, no. 3, 1964, p. 12–18.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agopsowicz, Andrew, «The Recession Roadblock: The Long-term Career Consequences of Graduating into a Downturn», dans &lt;em&gt;Economics&lt;/em&gt;, 20 novembre 2019, &lt;a href=&quot;https://thoughtleadership.rbc.com/the-recession-roadblock-the-long-term-career-consequences-of-graduating-into-a-downturn/&quot;&gt;https://thoughtleadership.rbc.com/the-recession-roadblock-the-long-term-career-consequences-of-graduating-into-a-downturn/&lt;/a&gt;, consulté le 6 avril 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berthier, Aurélien, «L’hégémonie culturelle selon Gramsci», dans &lt;em&gt;Agir par la culture&lt;/em&gt;, 4 avril 2011, en ligne, &lt;a href=&quot;https://www.agirparlaculture.be/lhegemonie-culturelle-selon-gramsci/&quot;&gt;https://www.agirparlaculture.be/lhegemonie-culturelle-selon-gramsci/&lt;/a&gt;, consulté le 20 mars 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Booker, M. Keith et Batchelor, Bob, &lt;em&gt;Mad Men, A Cultural History&lt;/em&gt;, New York, Rowman &amp;amp; Littlefield, 2016, 334p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compère, Vanessa, «La sitcom mockumentaire, une fiction pas comme les autres», mémoire de maîtrise, Département de communication, Université du Québec à Montréal, 2016, 101f.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henshall, Angela, «Third places: The way losing our local haunts hurts us», dans &lt;em&gt;BBC&lt;/em&gt;, 29 avril 2021, en ligne, &lt;a href=&quot;https://www.bbc.com/worklife/article/20210428-third-places-how-losing-responsibility-free-zones-hurts-us&quot;&gt;https://www.bbc.com/worklife/article/20210428-third-places-how-losing-responsibility-free-zones-hurts-us&lt;/a&gt;, consulté le 6 avril 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herman, Alison, «How ‘Mad Men’ Became the Perfect Show for the Pandemic», dans &lt;em&gt;The Ringer&lt;/em&gt;, 7 mai 2020, en ligne, &lt;a href=&quot;https://www.theringer.com/tv/2020/5/7/21249781/mad-men-rewatch-coronavirus-quaratine&quot;&gt;https://www.theringer.com/tv/2020/5/7/21249781/mad-men-rewatch-coronavirus-quaratine&lt;/a&gt;, consulté le 23 mars 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herman, Alison, «How ‘The Office’ Became the Internet’s Favorite Show», dans &lt;em&gt;The Ringer&lt;/em&gt;, 24 mars 2020, en ligne, &lt;a href=&quot;https://www.theringer.com/tv/2020/3/24/21191677/the-office-netflix-nbc-peacock-streaming-favorite&quot;&gt;https://www.theringer.com/tv/2020/3/24/21191677/the-office-netflix-nbc-peacock-streaming-favorite&lt;/a&gt;, consulté le 23 mars 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hoare, George et Sperber, Nathan, &lt;em&gt;Introduction à Antonio Gramsci&lt;/em&gt;, Paris, La Découverte, coll. «Repères», 2013, 128p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magis, Christophe, «Industrie culturelle ou idéologie», &lt;em&gt;Variations&lt;/em&gt;, vol. 24, 2021, p. 1–26.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ruano-Borbalan, Jean-Claude, «L’idéologie. Fausse conscience ou système de valeurs?», &lt;em&gt;La vie des idées&lt;/em&gt;, no 21, juin-juillet 1998, p. 1–2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seitz Zoller, Matt, &lt;em&gt;Mad Men Carousel, The Complete Critical Companion&lt;/em&gt;, New York, Abrams, 2015, 629p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St. James, Emily, «The enfuring appeal of The Office in a crumbling world», dans &lt;em&gt;Vox&lt;/em&gt;, 22 juillet 2020, en ligne, &lt;a href=&quot;https://www.vox.com/the-highlight/20707420/the-office-netflix-nbc-workplace-fantasy&quot;&gt;https://www.vox.com/the-highlight/20707420/the-office-netflix-nbc-workplace-fantasy&lt;/a&gt;, consulté le 23 mars 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voirol, Olivier, «Idéologie: concept culturaliste et concept critique», &lt;em&gt;Actuel Marx, &lt;/em&gt;vol. 1, no 43, 2008, p.62–78.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wisnewski, J. Jeremy (éd.),&lt;em&gt; The Office and Philosophy: scenes from the unexamined life&lt;/em&gt;, Hoboken, Blackwell Publishing, 2008, 232p.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_cecq4so&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_cecq4so&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Un résumé exhaustif est disponible dans le recueil d’accompagnement de Seitz Zoller, Matt, &lt;em&gt;Mad Men Carousel, The Complete Critical Companion&lt;/em&gt;, New York, Abrams, 2015, 629 p.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_as9p9oj&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_as9p9oj&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Dans la logique d’une société de consommation marchande hégémonique, nous comprendrons que consommateurs et individus se veulent comme synonymes tant dans notre contexte que dans le contexte diégétique de la série &lt;em&gt;Mad Men&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_b3y3kc4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_b3y3kc4&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; «Cold War», &lt;em&gt;Encyclopaedia Britannica&lt;/em&gt;, en ligne, &lt;a href=&quot;https://www.britannica.com/event/Cold-War&quot;&gt;https://www.britannica.com/event/Cold-War&lt;/a&gt;, consulté le 20 mars 2023.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_qusljq4&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_qusljq4&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; «War on terrorism», &lt;em&gt;Encyclopaedia Britannica&lt;/em&gt;, en ligne, &lt;a href=&quot;https://www.britannica.com/topic/war-on-terrorism&quot;&gt;https://www.britannica.com/topic/war-on-terrorism&lt;/a&gt;, consulté le 20 mars 2023.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_yjb1oeh&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_yjb1oeh&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; «The Wheel», &lt;em&gt;Mad Men, &lt;/em&gt;créé par Matthew Weiner, saison 1, episode 13, AMC, 2007.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_hxwiguy&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_hxwiguy&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; «Nixon vs. Kennedy», &lt;em&gt;Mad Men, &lt;/em&gt;créé par Matthew Weiner, saison 1, épisode 12, AMC, 2007.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_fa9g3w0&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_fa9g3w0&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; L’épisode se termine sur la chanson &lt;em&gt;Dont’ Think Twice, It’s All Right &lt;/em&gt;de Bob Dylan, alors que Don Draper imagine retrouver sa famille, mais est effectivement seul dans sa sombre demeure. La chanson est largement interprétée comme racontant l’histoire d’une rupture que le narrateur subit sans amertume. En ce sens, nous pourrions réfléchir à la rupture mise en scène par cette clôture. Est-ce Betty qui, au courant des infidélités de son mari, quitte Don ? Ou n’est-ce pas peut-être la partie de Dick Whitman en Don qui abandonne l’idée de ce rêve d’une vie de famille épanouissante ? Cette chanson est aussi associée au sentiment de désillusion qui a sévi dans les années soixante. En ce sens, il apparait évident que tous les membres de ce couple, Betty et Don/Dick, abandonnent leurs (faux) espoirs concernant la vitalité de leur union.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_cz3tjl7&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_cz3tjl7&quot;&gt;8.&lt;/a&gt; Cette disparité s’explique, entre autres, par l’écart générationnel entre les deux hommes. Les années soixante sont traversées par des chamboulements sociaux, culturels, économiques et politiques qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser à la lumière du mouvement hippie, a incité un certain conformisme au sein de la classe moyenne. Les années deux mille sont reconnues pour la culture de l’individualisme américain.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_t41hc39&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_t41hc39&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; Réitéré à plusieurs reprises, son plus grand rêve et de trouver le grand amour, se marier et fonder une famille. Or, Scott essuie plusieurs échecs amoureux et accumule les mauvaises décisions financières caractéristiques de la facilité d’accès et du rapport au crédit dans les États-Unis du début des années 2000 qui l’éloignent toujours davantage de son rêve.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_r7fzt39&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_r7fzt39&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; «Business School», &lt;em&gt;The Office&lt;/em&gt;, créé par Greg Daniels, saison 3, épisode 16, NBC, 2007.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote11_2mx7mud&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref11_2mx7mud&quot;&gt;11.&lt;/a&gt; «Michael’s Last Dundies», &lt;em&gt;The Office&lt;/em&gt;, créé par Greg Daniels, saison 7, episode 21, NBC, 2011.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote12_fhdi764&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref12_fhdi764&quot;&gt;12.&lt;/a&gt; «The Merger», &lt;em&gt;The Office&lt;/em&gt;, créé par Greg Daniels, saison 3, episode 8, NBC, 2006.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-institution field-type-text field-label-inline clearfix&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Institution:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Université du Québec à Montréal&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/ideologie&quot;&gt;Idéologie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Fri, 09 Jun 2023 16:54:14 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Megan Bédard</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">2235 at https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca</guid>
</item>
<item>
 <title>The Man in the High Castle, du roman à la série</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/podcast/man-high-castle-du-roman-%C3%A0-la-s%C3%A9rie</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de cet épisode, Elaine DESPRÉS reçoit Antonio Dominguez LEIVA, Hélène MACHINAL, Shannon WELLES-LASSAGNE et Louis-Paul WILLIS pour discuter du classique uchronique de Philip K. DICK THE MAN IN THE HIGH CASTLE publié en 1962 et de son adaptation télévisuelle par Amazon en 2015. Ils abordent en particulier les enjeux transmédiatiques de cette ADAPTATION particulièrement réussie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;102px&quot; scrolling=&quot;no&quot; src=&quot;https://podcasters.spotify.com/pod/show/balados-oic/embed/episodes/79---The-Man-in-The-High-Castle--du-roman--la-srie--Imaginaire-et-culture-pop-e2312c2/a-a4nfkoq&quot; width=&quot;400px&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
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 <pubDate>Mon, 01 May 2023 19:17:10 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Antonio Dominguez Leiva</dc:creator>
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