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 <title>Pop en Stock - Animation</title>
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 <title>Bip Bip et le Coyote</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;L&#039;éternelle chasse du Roadrunner (Bip Bip) par Wild E. Coyote est-elle une métaphore sexuelle, prédatrice, zoologique, anticapitaliste ou pacifiste? La célèbre série de cartoons de Chuck Jones est-elle une simple parodie des courses poursuites qui dominaient le cinéma de l&#039;époque, une comédie sur les lois de la physique détournées ou la complainte du consommateur jamais rassasié? Antonio Dominguez Leiva, Sylvain David, Wendy Perrin, Anne-Élisabeth Halpern, Clément Pelissier et Sébastien Hubier proposent une analyse sociocritique, psychanalytique, historique et formaliste de la série de votre enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;102px&quot; scrolling=&quot;no&quot; src=&quot;https://anchor.fm/balados-oic/embed/episodes/17-Bip-Bip-et-le-Coyote--Pop-en-stock-transatlantique-e12v9g1&quot; width=&quot;400px&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;Crédits&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image: &lt;a href=&quot;http://www.seuilcritiques.com/article-coyote-82274116.html&quot;&gt;Blog Seuil critique(s)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Voix d&#039;introduction: Alexandra Martin&lt;br /&gt;Musique d&#039;ouverture et de fermeture: close your eyes by &lt;a href=&quot;https://soundcloud.com/rexlambo&quot;&gt;Rexlambo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 21 Jun 2021 14:40:27 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Elaine Després</dc:creator>
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 <title>Des cosmo-pirates dans l’animation japonaise: l’ouverture d’un nouveau champ de la piraterie</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-dossier field-type-entityreference field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/pirates-%C2%ABthis-it%C2%BB&quot;&gt;Pirates: «this is it!»&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Des cosmo-pirates dans l’animation japonaise: l’ouverture d’un nouveau champ de la piraterie&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/gatien-gambin&quot;&gt;Gatien Gambin&lt;/a&gt; le 27/02/2020&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/medias/bande-dessinee&quot;&gt;Bande dessinée&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema/animation&quot;&gt;Animation&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature&quot;&gt;Littérature&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction&quot;&gt;Science-fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/autres/aventure&quot;&gt;Aventure&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;«Thieves and beggars, never shall we die!» chantent les pirates, sur la potence (Verbinski, 2007: 2 min. 43). Ce chant du cygne, composé pour le dernier opus de la saga &lt;em&gt;Pirates of the carribean&lt;/em&gt; par Hans Zimmer, est prophétique à bien des égards. Le pirate ne meurt jamais, tant il est présent dans les productions culturelles. D’abord figure historique présente depuis l’antiquité, le pirate est devenu une figure fictionnelle au succès colossal: il «a quitté ses limbes secrets pour rejoindre la lumière des projecteurs, accumulant les succès populaires» (Freyheit, 2013: 132). C’est aujourd’hui un symbole: l’aventure, la liberté mais aussi la transgression et la violence. Mais si d’aventures pirates nous ne retenons que les plus romanesques –qu’elles soient fabulées ou non–, c’est parce que les flibustiers, corsaires et autres forbans nourrissent nos récits plutôt que nos livres d’histoires. De Long John Silver (Robert Louis Stevenson, 1883) à Jack Sparrow (Gore Verbinski, 2003), en passant par Luffy (Eiichiro Oda, 1997) et Guybrush Threepwood (Ron Gilbert et Tim Schaeffer, 1990), tous les médiums ont eu le droit à leur pirate. Ces derniers ont même investi plusieurs genres fictionnels à travers des récits tantôt réalistes, tantôt fantastiques, jusqu’à atteindre les sphères de la science-fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;La transposition du pirate dans un avenir de voyages interstellaires est plus qu’aisée. L’espace est à l’Homme contemporain ce que l’océan était pour Magellan, Cartier ou Colomb: un lieu de découvertes, d’aventures, un nouveau territoire dangereux, hostile. Un ailleurs qui devient une formidable source de récits. La caravelle devient fusée, le voyage prend une dimension galactique et les armadas s’envolent hors de l’atmosphère&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_gsclaph&quot; title=&quot;Donald Trump a créé la première force militaire spatiale en 2018, l’US Space Force.&quot; href=&quot;#footnote1_gsclaph&quot;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Cependant, à chaque itération, le pirate traîne avec lui les poncifs narratifs qui ont fait son succès populaire. Robert Bonaccorsi, remarque que ces &lt;em&gt;topoï &lt;/em&gt;feraient des fictions –de littérature populaire– dans lesquelles le pirate intervenait des «mille-feuilles» où s’entremêlent «fragments de mythes romantiques», «morceaux de romans larmoyant» ou «tranches épaisses d’aventures extravagantes» (Bonaccorsi: 344). Pour lui, les pirates jouent des rôles dans ces fictions. Ces rôles se retrouvent chez les cosmo-pirates issus de l’animation japonaise qui mobilisent, nous le verrons, aussi bien le pathos romantique que l’aventure héroïque. Le cosmos dès lors, pourrait n’être qu’un décor supplémentaire à ce pirate de roman populaire. C’est ce que considère Jean-Luc Buard en balayant, d’un revers de note de bas de page, la possibilité d’un pirate de science-fiction intéressant:&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Nous ne nous attarderons pas dans ce domaine trop vaste, où la variété et l’intérêt ne sont pas toujours sans doute au rendez-vous, la science-fiction ne faisant que transposer les pirates maritimes dans les étoiles, à bord des vaisseaux spatiaux du Space Opera, partant à l’abordage des planètes, arraisonnant les cargos commerçant entre les systèmes solaires, etc. (Buard: 364)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Le cosmo-pirate est une figure évacuée de la critique sur la piraterie, pourtant abondante. Dans la recherche sur la science-fiction: la vedette est volée par le pirate informatique, bien plus ancré dans le réel que le fantasque cosmo-pirate. Toutes ces nouvelles itérations de la piraterie sont pourtant différentes facettes d’une même figure. Son absence éborgne le pirate; il s’agira ici de combler en partie ce vide et d’enlever ainsi ce bandeau sur l’œil trop longtemps caché.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;En effet, un bref regard sur la production animée japonaise suffit à constater l’essor des fictions cosmo-piratesques. Avec l’arrivée d’Harlock, d’abord dans son manga &lt;em&gt;Dai-Kaizoku Captain Harlock&lt;/em&gt; en 1969, puis par son adaptation en &lt;em&gt;anime&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Uchuu Kaizoku Captain Harlock&lt;/em&gt; 1978 par Rintarō&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_8omtpb0&quot; title=&quot;En France, Harlock est connu sous le nom d’Albator. Il est d’abord arrivé par le petit écran avec la série Albator, le corsaire de l’espace en 1980 (autrement appelée Albator 78 par les fans). La traduction du manga Uchuu Kaizoku Captain Harlock de 1977 –dont est tiré l’anime– est parue entre 2002 et 2003 sous le titre Capitaine Albator, le pirate de l’espace. Dans cette traduction, le terme «kaizoku» est remplacé par «pirate». Harlock conserve ainsi la part d’illégalité euphémisée par l’épithète «corsaire» des années 80. Le capitaine ne possède aucune lettre de marque et est ouvertement opposé au gouvernement terrien. Du point de vue légal, il n’est en rien un corsaire.&quot; href=&quot;#footnote2_8omtpb0&quot;&gt;2&lt;/a&gt;, Leiji Matsumoto renouvelle la figure et ouvre la voie à de nouveaux héros. Finies les transpositions pures et simples du pirate comme celles de Jack Vance (&lt;em&gt;The Space Pirate&lt;/em&gt;, 1953), place au cosmo-pirate! En 1982, c’est &lt;em&gt;Space Cobra&lt;/em&gt;, série d’animation réalisée par Osamu Dezaki et Yodio Takeuchi –adaptation du manga éponyme de Buichi Terasawa (1978)– qui propose sa version plus débauchée et plus aventurière du cosmo-pirate. En 1990 c’est par le biais de l’&lt;em&gt;original animation video&lt;/em&gt; que la figure connait une nouvelle itération avec l’équipage pirate entièrement féminin de &lt;em&gt;Sol Bianca&lt;/em&gt;, dans une œuvre à destination d’un public plus âgé. Outre les suites de ces œuvres&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_g9e6eay&quot; title=&quot;Mugen kidō SSX (Albator 84 en France) et le film Waga Seishun no Arcadia (L’Atlantis de ma jeunesse en France) en 1982, Sol Bianca: The legacy en 1999, Captain Herlock: The Endless Odyssey en 2002, Cobra, the Animation en 2010 et le film d’animation en images de synthèse Uchuu Kaizoku Captain Harlock de 2013 (Albator, corsaire de l’espace).&quot; href=&quot;#footnote3_g9e6eay&quot;&gt;3&lt;/a&gt; la dernière itération notable tourne la figure du cosmo-pirate en dérision. &lt;em&gt;Mouretsu Uchuu Kaizoku, &lt;/em&gt;l’adaptation en &lt;em&gt;anime &lt;/em&gt;du&lt;em&gt; light novel&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Miniskirt Space Pirates &lt;/em&gt;de Yuichi Sasamoto par Tetsuo Sato en 2012, met en scène une lycéenne devenue du jour au lendemain capitaine d’un vaisseau pirate sur un ton léger et décalé.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;L’affiliation de ces personnages à la piraterie est évidente et revendiquée. Ils mobilisent des éléments caractéristiques du pirate, et particulièrement du pirate romanesque et populaire. Ils ne sont pourtant pas de pâles copies des pirates maritimes, mais plutôt des cousins. Le cosmo-pirate a gagné en autonomie et n’a rien à envier à son homologue marin. Aujourd’hui, il a quitté les sphères de l’animation japonaise. On trouve des cosmo-pirates dans une série française pour la jeunesse comme &lt;em&gt;Galactik Football&lt;/em&gt; (Barrez, Vandelli, 2006), dans un jeu de rôle papier français comme &lt;em&gt;Metal Adventures &lt;/em&gt;(Cuidet, 2009) ou dans un film d’animation américain comme &lt;em&gt;Treasure Planet &lt;/em&gt;(Clements, Muskers, 2002). Si ces œuvres alimentent le champ de la cosmo-piraterie, il convient d’en analyser les fondations. Nous verrons ainsi que l’animation japonaise a su se faire héritière des traditions piratesques pour proposer un nouvel héritage, essentiellement par le biais d’Harlock qui a cristallisé les modalités de la cosmo-piraterie. Restreindre cette étude à l’animation japonaise permettra de soulever les attributs esthétiques et discursifs qui forment ces modalités et d’observer dans quelle mesure le cosmo-pirate est une figure autonome. Si cela ne permettra pas de proposer une étude comparative exhaustive de la figure, les hypothèses proposées ici pourront néanmoins alimenter une réflexion ultérieure plus large sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouveau look pour une nouvelle vie?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pirate des mers est aujourd’hui une figure stéréotypée. Elle repose sur des références véhiculées au fur et à mesure de ses itérations: caches-œil, jambes de bois, perroquets et autres drapeaux noirs marqués d’un crâne blanc sont autant de référents qui renvoient au forban. Si bien que son homologue spatial peut se reposer sur de solides représentations visuelles pour exister dans les œuvres de science-fiction. Cela a permis à Harlock de devenir une icône grâce à son costume qui l’a fixé en une image reconnaissable entre mille. Ce costume lui confère «un air de grand seigneur» (Barrie: 46) semblable au Capitaine Crochet décrit par James Matthew Barrie. Il récupère de l’illustre pirate –lui-même devenu un référent esthétique grâce à l’adaptation de &lt;em&gt;Peter Pan&lt;/em&gt; par Walt Disney en 1953– la longue cape qui souligne sa silhouette élancée.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Chez Matsumoto, les capitaines pirates doivent porter une cape mais aussi une cicatrice. Emeraldas, l’homologue féminin d’Harlock, n’y échappe pas. Dans son article «Pirates™. Stigmates littéraires: de la marque de fabrique à la fabrique des marques», Matthieu Freyheit explique que&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[…] la figure de pirate se caractérise précisément par le port d’un stigmate: bandeau sur l’œil, jambe de bois, perroquet sur l’épaule … Conséquence de la marque qu’il porte au corps, le personnage de pirate devient un personnage-cicatrice, sa propre balafre portant haut, par métonymie, son propre état cicatriciel. (Freyheit, 2014: 23)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Les deux capitaines obtiennent effectivement cette cicatrice métonymique en tentant de sauver, dans &lt;em&gt;Waga Seishun no Arcadia&lt;/em&gt;, Maya, la femme aimée d’Harlock (Katsumata, 1982). Pour lui, la marque prend une dimension supplémentaire lorsque Maya meurt. Sa cicatrice est un signe de son appartenance à la tradition romanesque du pirate, tout autant qu’elle représente son exil et son deuil.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Ce film de Tomoharu Katsumata relate la genèse du personnage. Il présente l’entrée d’Harlock dans la piraterie. Alors qu’ils s’apprêtent à fuir la Terre à bord d’un gigantesque vaisseau orné d’un crâne à la proue, Harlock et son ami Toshiro –l’ingénieur qui a fabriqué le vaisseau– découvrent la combinaison sombre du capitaine puis le drapeau noir emblématique de la piraterie au son des cuivres triomphants. Il troque son uniforme de pilote pour le costume et la cape de pirate puis se présente à la barre de l’Arcadia. Les moteurs du vaisseau s’allument et brisent le cocon de pierre qui l’enfermait depuis des années. Harlock n’est pas encore présenté en pied, seules ses bottes et le bas du costume sont présentés au spectateur. Il n’en faut pas plus pour représenter le capitaine, déjà connu pour l’&lt;em&gt;anime&lt;/em&gt; de 1978 et le manga avant lui. Ce n’est qu’après l’envol complet du vaisseau, après sa longue éclosion passant par la destruction de toutes les couches de pierre qui le retiennent au sous-sol, que le capitaine est représenté en entier. Avec son regard fixe, sa cape, ses bras croisés, Katsumata offre aux spectateurs l’image emblématique du célèbre capitaine.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Par sa filiation aux médias picturaux, Harlock est avant tout une image. Il appartient à la représentation graphique des «pirates en majesté» définis par Freyheit (2013: 107).  Représenté campé sur ses deux jambes, droit, la cape au vent, contemplant l’horizon, il est semblable au Billy Bones de N.C Wyeth (&lt;em&gt;Treasure Island, &lt;/em&gt;édition, de 1911). Cette posture tout à fait adaptée aux images fixes inhérentes au &lt;em&gt;manga&lt;/em&gt; s’est vue amplifiée dans la version animée du personnage. Les impératifs de production industrielle des &lt;em&gt;anime &lt;/em&gt;à cette époque imposaient le recours à la &lt;em&gt;limited animation&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_tb0k3pg&quot; title=&quot;Un ensemble de techniques d’animation simplifiées comme un nombre d’images limitées à 8 par seconde contre 24 en full animation ou la réutilisation de plans d’un épisode à l’autre pour augmenter le rythme de production et réussir à livrer à temps un épisode par semaine.&quot; href=&quot;#footnote4_tb0k3pg&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. Rintarô fait donc souvent appel à des séquences fixes qui présentent Harlock immobile, avec, parfois, un mouvement de la cape (Rintarō: épisode 1, 4min.30). Le capitaine devient grâce à cela un «personnage acquis» (Freyheit, 2013: 107) au point qu’une simple ombre permet de le montrer aux yeux du spectateur. Pour Freyheit,&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Dans l’usage de la pose, figé, et du portrait en pied, les illustrateurs livrent un personnage saisissable, entier, inscrit dans un réalisme qui le situe dans le champ du connu, de l’acquis collectif, ainsi que dans la tradition dix-neuvièmiste d’un personnage-individu saisi dans son entièreté et dans celle d’un surhomme mis face aux éléments. (2013: 108)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; height=&quot;570&quot; src=&quot;http://popenstock.ca/sites/popenstock.ca/files/thumbnails/image/figure_1_billy_bones_par_nc_wyeth.png&quot; typeof=&quot;foaf:Image&quot; width=&quot;447&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;dnd-legend-wrapper&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;meta&quot;&gt;&lt;strong&gt;Figure 1: Billy Bones par N.C. Wyeth (in R. L. Stevenson, 1911, Treasure Island, &lt;a href=&quot;http://www.awyethgallery.com/billy_bones_wyeth.jpg&quot;&gt;http://www.awyethgallery.com/billy_bones_wyeth.jpg&lt;/a&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;meta&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Ces mots s’appliquent à Harlock: l’élément contre lequel il doit lutter n’est autre que le vide intersidéral et son inscription dans un registre connu fait de lui un pirate exemplaire et légitime, selon ces critères, dans son apparence. C’est parce qu’il a acquis cette légitimité qu’il peut revendiquer sa nouvelle iconicité: il n’est plus un «pirate en majesté» mais un cosmo-pirate «en majesté».&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Ce qui fixe Harlock en une image, c’est aussi son costume. Pierre Pigot qualifie l’habit du capitaine d’«uniforme» dont la «rigueur militaire […] prend à cœur d’incarner la rigueur morale» (Pigot: 185). Pourtant c’est bien plus aux super-héros américains qu’Harlock semble tirer son appartenance&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref5_rfqzysb&quot; title=&quot;Son costume est d’ailleurs étrangement similaire à celui d’un super-héros quelque peu oublié nommé Black Terror créé par Richard E. Hughes en 1941 dans Exciting Comics #9. Matsumoto, pourtant toujours prompt à revendiquer ses influences, ne l’a jamais déclaré comme une source d’inspiration.&quot; href=&quot;#footnote5_rfqzysb&quot;&gt;5&lt;/a&gt;. Comme eux, il porte une cape et affiche son symbole sur son torse. En se réappropriant ainsi le Jolly Roger, le symbole conserve sa tradition signalétique et l’utilisation d’un attribut esthétique traditionnel rattache Harlock à un pseudo-réalisme historique. Comme n’importe quel super-héros, son costume le fige dans ue esthétique qui accompagne son statut de «personnage mythique» (Eco: 117), un personnage qui «doit […] nécessairement se figer en une fixité emblématique qui le rende facilement reconnaissable» (Eco: 117). Ajouté à l’universalité de son costume (Pigot: 192), son statut de mythe assure au personnage une réactualisation constante. C’est ce qu’a saisi Shinji Aramaki en 2013 en proposant la transmission symbolique du costume du capitaine, fatigué d’une existence damnée à cause de la matière noire qui entoure son vaisseau, à un jeune prétendant du nom de Yama (1h41min.). Harlock lui précise que son «mythe» doit persister aux yeux de l’humanité. Le capitaine de Matsumoto n’est plus un personnage, il n’est plus qu’un costume axiologique.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Curieusement, pour la passation de pouvoir, Harlock ne tend pas la cape. Yama hérite du cache-œil, élément qui vient parachever le trio d’attributs définitoires du capitaine chez Matsumoto, les trois C harlockiens: cape, cicatrice, cache-œil. Ils sont harlockiens parce qu’ils n’englobent précisément pas tout le champ des fictions cosmo-piratesques. Bien qu’Harlock ait eu un impact indéniable sur la production, ce n’est pas tant d’un point de vue esthétique. Si Marika de &lt;em&gt;Mouretsu Uchuu Kaizoku&lt;/em&gt; porte un costume dont le noir et la cape rappellent celui du capitaine, la présence d’un tricorne atteste plutôt d’une appartenance plus générale à l’esthétique pirate. Marika porte aussi une mini-jupe – l’uniforme scolaire féminin au Japon – pour signaler son statut de lycéenne; cette double affiliation aux pirates et aux lycéennes s’affiche par des attributs-clichés. Ils sont des référents faciles qui renvoient à deux univers en principe opposés mais qui facilitent la projection dans la fiction par leur simplicité. Le pirate de l’espace a ce principal intérêt qu’il apporte un confort fictionnel en exploitant les images à grand succès des pirates historiques et imaginaires. En s’attachant à des attributs acquis du forban, les cosmo-pirates confirment la théorie de Freyheit d’une «panoplie pirate [qui], plus qu’habiller le personnage, devient le personnage à part entière» (2014: 25).&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt;
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&lt;!-- scald=535:sdl_editor_representation --&gt;&lt;div class=&quot;image&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; height=&quot;421&quot; src=&quot;http://popenstock.ca/sites/popenstock.ca/files/thumbnails/image/figure_2_0.png&quot; typeof=&quot;foaf:Image&quot; width=&quot;560&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;image&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;image&quot;&gt;&lt;strong&gt;Figure 2 : Harlock, cosmo-pirate en majesté (in Rintarō, 1978, épisode 1, 4min.30)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;image&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Néanmoins, sans un costume iconique, sans ces codes visuels, la piraterie stellaire reste possible. Cobra, avec sa combinaison rouge et son cigare à la bouche s’affranchit de l’image habituelle du pirate. Même le motif de la jambe de bois, ô combien représentatif du flibustier, est ici détourné pour devenir un bras armé. Dans &lt;em&gt;Sol Bianca&lt;/em&gt;, l’équipage ne porte pas d’uniforme particulier, si ce n’est des armures de combat lors des abordages. Rien ne transparaît dans ces personnages de leur appartenance au monde de la piraterie, mais ils sont qualifiés comme tels, agissent comme tels, et le revendiquent. S’ils peuvent se permettre cette incartade c’est parce que la piraterie elle-même est victime de son histoire. Les textes fondateurs de la figure de la piraterie s’attacheraient bien plus à proposer une «notion de la piraterie puisée dans sa capacité narrative» (Freyheit, 2013: 51) qu’une histoire factuelle du pirate. Dès lors, son intemporalité et sa fictionnalité autorisent tous les écarts.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Le seul écart impossible réside dans l’analogie à la piraterie maritime. Héritage de fait, la piraterie maritime est une image de marque autour de laquelle se distinguent deux pôles chez le cosmo-pirate. Il y a ceux qui, dans leur esthétique renvoient au costume pirate traditionnel, comme Marika; et ceux dont seuls les actes et les discours témoignent de leur appartenance à la piraterie, comme Cobra. Les premiers peuvent être qualifiés de cosmo-pirates par analogie directe; les deuxièmes peuvent être qualifiés de cosmo-pirates par analogie indirecte. L’iconographie est la modalité qui distingue le lien direct ou indirect aux forbans: plus la ressemblance visuelle est claire, plus la qualification de cosmo-pirate est limpide. En revanche, se passer de cette ressemblance visuelle impose de revendiquer clairement son statut en paroles et/ou en actes, sans quoi l’analogie serait rompue. Mais il s’agit d’un spectre et non d’une dichotomie, aussi, un personnage comme Harlock oscille entre les deux pôles. Il n’est ni tout à fait iconique, ni tout à fait cupide, il ne porte pas de tricorne et ses actes sont loin de rechercher le simple profit: Harlock est ambivalent. Une ambivalence rendue possible par la combinaison des genres et des inspirations qui caractérisent la figure.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Tradition littéraire et émergence d&#039;un nouveau modèle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Reposant sur un modèle littéraire passé, le cosmo-pirate s’accompagne d’une tradition littéraire marquée par la figure du forban (Freyheit, 2014: 39). Des récits pirates traditionnels, il conserve en premier lieu la notion de récit viatique. Qu’ils abordent d’autres vaisseaux comme Marika ou qu’ils soient à la recherche d’un trésor comme Cobra, leurs activités rendent le déplacement obligatoire: le pirate de l’espace est un personnage en mouvement et, sans avoir recours à des contraintes cinétiques artificielles, il permet au récit de profiter pleinement de l’immensité cosmique. Mais ce voyage n’en est pas réellement un puisqu’il n’inclut pas de retour. Il ne forme donc pas une «trajectoire circulaire» reposant sur «la triade aller-retour-séjour» (Requemora: 258) et s’éloigne de la structure classique d’un récit viatique. La trajectoire n’est pas pour autant linéaire, il n’y a, en fait, pas de destination à atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Les cosmo-pirates sont plus en errance qu’en voyage. Harlock est en exil, Cobra est poursuivi, le &lt;em&gt;Sol Bianca&lt;/em&gt; est la maison de Janny, June et les autres; une vie de pirate dans l’espace, c’est une vie en marge du système, une vie d’errants, de &lt;em&gt;wanderer&lt;/em&gt;. Seul &lt;em&gt;Mouretsu Uchuu Kaizoku&lt;/em&gt; propose une existence plus radieuse et moins errante à ses personnages. Ces cosmo-pirates sont en réalité des corsaires puisque, dans cet univers, la piraterie est légale. Chaque capitaine possède une lettre de marque lui conférant le droit d’exercer son activité. Selon le raisonnement de Dominique Fernandez, le respect de la loi n’en ferait que de piètres aventuriers:&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Il n’y aura plus qu’un seul moyen désormais, de célébrer l’audace aventurière d’un individu: en le faisant évader de la société avilie, trop uniformisée, où ses dons ne trouvent pas de champ à leur mesure. (Fernandez: 134)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Il faut effectivement que Marika contourne la loi pour que son «audace aventurière» soit totale. C’est lorsqu’elle se retrouve à empêcher un mariage forcé aux répercussions politiques –avec son équipage, elle révèle au grand jour les activités illégales d’une grande compagnie ainsi qu’un complot révolutionnaire (Sato: épisodes 17-18)– que son aventure gagne en hardiesse. En défendant un idéal de justice, elle renoue avec la part d’aventure perdue dans une piraterie devenue un travail redondant.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Dans le même temps, elle renoue avec une tradition de la bonté cosmo-piratesque défendue par Harlock. Cette bonté se retrouve chez Cobra qui souhaite s’en détacher mais ne cesse d’aider les autres. Elle se trouve tout autant dans &lt;em&gt;Sol Bianca&lt;/em&gt; où l’égoïsme apparent de l’équipage est mis de côté pour aller affronter une dictature sur la planète du garçon qu’elles ont recueilli (Akiyama, 1990). Les actes de tous ces personnages sont moralement bons parce qu’ils s’opposent à des opposants identifiés comme moralement mauvais (ennemis sanguinaires, dictateurs, extraterrestres envahisseurs, etc.). Néanmoins, leur illégalité permet de se soustraire, légèrement, au manichéisme. Leurs intentions sont salvatrices, protectrices et justes, mais leurs actions restent condamnables et leurs méthodes questionnables. Ils s’inspirent en ce sens du pirate du roman-feuilleton caractérisé comme un surhomme par Bonaccorsi (340). Pour Eco, ce surhomme n’a rien de nietzschéen, il serait plutôt «un personnage aux qualités exceptionnelles qui dévoile les injustices du monde et tente de les réparer par des actes de justice privée» (104). La définition s’applique à Harlock, bien que celui-ci soit une invention japonaise quand le surhomme présenté par Eco et Bonaccorsi est une invention française.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Difficile de savoir si le Comte de Monte-Cristo et les autres ont eu une réelle influence sur l’écriture du capitaine. Il est sûr en tout cas que la culture européenne et la culture française ont eu un impact sur l’imaginaire de Matsumoto: l’auteur évoque volontiers l’influence des opéras Wagnériens sur son œuvre et raconte régulièrement que l’esthétique longiligne et la blondeur de ses personnages féminins lui ont été inspirées par le film franco-allemand &lt;em&gt;Marianne de ma jeunesse&lt;/em&gt; de Julien Duvivier (1955) (Chery, 2019). Matsumoto et la France ont une longue histoire d’amour&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref6_z9ixnwh&quot; title=&quot;La première création du mangaka (Sexaroid, 1968) s’inspire de Barbarella (1964) de Jean-Claud Forest. L’impact des ses univers n’a pas seulement marqué la télévision française: en 2003 il collabore avec Daft Punk pour créer Interstella 5555, il a été fait Chevaliers des Arts et des Lettres en 2012 et il a été l’invité d’honneur de la Japan Expo 2019, notamment pour parler de divers projets bédéistiques français dans l’univers d’Harlock auxquels il collabore (une BD de Didier et Lyse Tarquin sur l’univers d’Harlock devrait voir le jour en 2020).&quot; href=&quot;#footnote6_z9ixnwh&quot;&gt;6&lt;/a&gt; et la réception d’&lt;em&gt;Albator 78 &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;Uchuu Kaizoku Captain Harlock&lt;/em&gt;) et d’&lt;em&gt;Albator 84&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Mugen kidō SSX&lt;/em&gt;) dans l’Hexagone a été telle que l’on a donné son nom à une émission rétrospective sur les dessins-animés –en majorité japonais– d’avant les années 90: &lt;em&gt;Génération Albator &lt;/em&gt;(Poulain et al., 1998-2000)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref7_4yh0wl6&quot; title=&quot;Céline Epalle a cependant montré –en s’appuyant sur les travaux de Julien Simonpieri– que, tant pour la chronologie que pour la réception, il serait plus juste de parler d’une génération Goldorak. (Diffusion et réception du manga en France–L’exemple de Goldorak, de 1978 à nos jours, 2017: 127)&quot; href=&quot;#footnote7_4yh0wl6&quot;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Toutes ces influences attestent de la correspondance d’Harlock à des schémas occidentaux. A ce titre, Olivier Paquet, dans son article sur Matsumoto dans le hors-série consacré au manga de &lt;em&gt;Beaux-Arts Magazine,&lt;/em&gt; considère qu’«en France, Harlock incarne le héros byronien dans toute sa splendeur» (Paquet: 98). Avec tout le relativisme culturel et géographique qu’il se doit, Paquet renvoie Harlock à l’image de Conrad, le corsaire de Byron. L’hypothèse supporte la comparaison: les deux sont des pirates mélancoliques et passionnels, valeureux et courageux, des hommes de principes –l’un refuse de tuer le pacha, l’autre les mazones– exclus de la société, forcés de quitter leur bien-aimée. Ils se retrouvent jusque dans l’image du «pirate en majesté» proposée par Byron:&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;From crag to cliff they mount – Near yonder cave,&lt;br /&gt;What lonely straggler looks along the wave?&lt;br /&gt;In pensive posture leaning on the brand,&lt;br /&gt;Not oft a resting-staff to that red hand?&lt;br /&gt;“’Tis he – ‘tis Conrad – here – as wont – alone; (Byron: 25)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref8_1mtknsu&quot; title=&quot; Traduction de Lucien Méchin: «De rocher en rocher ils montent … Sur la pente/Où s’entrouve le roc, un homme seul, muet, /Promène sur la vague un regard inquiet, /Pensif, et s’appuyant sur l’épée étonnée /D’être un jour dans sa main au repos condamnée. /C’est lui, c’est Conrad seul, toujours seul … […]»&quot; href=&quot;#footnote8_1mtknsu&quot;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Face au cosmos, Harlock prend lui aussi, souvent, cette posture solitaire, muette, contemplative et tourmentée (Rintarō: épisode 1, 10 min. 19). Le héros byronien est empreint d’un romantisme qui se retrouve dans le personnage de Matsumoto.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;dnd-drop-wrapper&quot;&gt;&lt;!-- scald=536:sdl_editor_representation --&gt;&lt;div class=&#039;image&#039;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/thumbnails/image/figure_3_1.png&quot; width=&quot;584&quot; height=&quot;438&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;!-- END scald=536 --&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;dnd-legend-wrapper&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;meta&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;meta&quot;&gt;&lt;strong&gt;Figure 3 : Harlock, contemplative (in Rintarō, 1978, épisode 1, 10 min.19)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;meta&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Qu’elles soient revendiquées ou non, la diversité de ses influences et de ses origines –forbans, superhéros, surhommes de feuilleton, héros byronien, etc.– en font le porte-étendard des cosmo-pirates. Il n’est pas l’exemple type du cosmo-pirate parce qu’il est le premier à être créé mais parce qu’il est le premier à être aussi complexe, à renouveler cet imaginaire et, par conséquent, à cristalliser la figure. Le capitaine ouvre le champ des possibles à ceux qui, d’aventure, souhaiteraient pirater dans les étoiles.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;A star is born&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Ce dont héritent en premier lieu les cosmo-pirates qui suivent Harlock, c’est sa morale. Toute la bonté salvatrice et juste qu’il tire du surhomme, Pigot la résume en utilisant le terme de «morale harlockienne» (Pigot: 233)&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref9_f03yfjm&quot; title=&quot;Pour lui cette morale est aussi la conséquence de la rigueur militaire du personnage.&quot; href=&quot;#footnote9_f03yfjm&quot;&gt;9&lt;/a&gt;. Si celle-ci plane au-dessus des autres cosmo-pirates qui ne sont jamais foncièrement mauvais, chacun fait malgré tout ce qui lui plaît. Ainsi Cobra vit une vie bien moins vertueuse qu’Harlock. Fumeur de cigares et homme à femmes, Cobra assume la liberté anarchique des pirates là où Harlock porte le poids de leur errance. Cet &lt;em&gt;anime &lt;/em&gt;convoque dans son esthétique –et cela est d’autant plus prégnant dans les couvertures des mangas de Terasawa– les iconographies à la fois de la science-fiction et de la &lt;em&gt;sword and sorcery&lt;/em&gt;: un héros musclé et belliqueux entouré de femmes quasiment nues, soit pour se battre, soit en tant qu’intérêt romantique. Ce fantasme visuel masculin éculé présente Cobra, comme Conan avant lui, tel le héros guerrier au charme ravageur à qui tout réussit.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Il est l’exemple, poussé à son paroxysme fantasmatique, que le cosmo-pirate échappe à l’anonymat dans le vaste cosmos. Pour Pierre Mac Orlan, le pirate est par nature quelqu’un de fascinant. Ce ne seraient pas ses aventures qui le rendraient intéressant mais plutôt sa nature même: sa «qualité d’homme d’exception, la perfection de [ses] vices et ce naturel dans l’horrible dont, par une perversion d’esprit assez commune chez les honnêtes gens, on finit par s’éprendre» (Mac Orlan cité dans Freyheit, 2013: 67). Feb, Janny, Rami et les autres membres du &lt;em&gt;Sol Bianca&lt;/em&gt; appliquent presqu’à la lettre cette exceptionnalité ontologique proposée par Mac Orlan. De tout ce corpus, &lt;em&gt;Sol Bianca &lt;/em&gt;est l’œuvre la plus mature dans ses représentations graphiques et les actes de ses personnages. Janny n’hésite pas à tuer. Rami est souvent dénudée. Feb sirote son vin nonchalamment. L’indifférence dans leurs actes peut s’apparenter à ce «naturel dans l’horrible». Mais la morale harlockienne faisant son effet, l’équipage du &lt;em&gt;Sol Bianca&lt;/em&gt; reste préservé de la «perversion d’esprit» en conservant une bonté salvatrice qui ne les rend pas totalement abjectes. Ce dont témoigne leur comportement, c’est surtout d’une liberté d’esprit et de corps qui enfreint les normes intra diégétiques.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Tous les cosmo-pirates sont des exceptions aux règles qui régissent leurs mondes fictionnels. Ils rompent la banalité, ils sortent de l’ordinaire. Partant, ils ne peuvent plus être anonymes et accèdent même à une certaine forme de célébrité. Cobra est connu de tous, Harlock est un symbole de liberté, Marika suit les traces de son père, un célèbre pirate, et même les douaniers vantent le caractère incroyable de l’équipage du &lt;em&gt;Sol Bianca&lt;/em&gt; (Akiyama, 1992: 23min. 06). Le cosmo-pirate, parce qu’il évolue hors des sentiers battus, fait rêver. On y projette une volonté d’émancipation, comme à la fin du premier épisode de &lt;em&gt;Sol Bianca&lt;/em&gt;. Le jeune garçon sauvé par l’équipage de cosmo-pirates annonce, les yeux tournés vers l’espace durant un travelling panoramique qui insiste sur la misère de son monde, qu’il deviendra plus tard un pirate de l’espace. Il précise: si ses parents refusent, il pilotera une frégate pour rencontrer l’équipage du &lt;em&gt;Sol Bianca&lt;/em&gt; à nouveau (Akiyama, 1990: 48min. 55). Cette admiration met en avant une extra-ordinarité que le cosmo-pirate hérite du pirate. Le garçon est semblable à un enfant récepteur de fictions pirates –et elles sont nombreuses– qui placerait dans ces récits le fantasme d’une vie d’aventures et d’exploration.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Cette extra-ordinarité pose question dans un lieu comme le cosmos, lui-même lieu d’exception: qu’apporte le cosmo-pirate au spectateur dans un territoire qui n’est le quotidien de personne, hormis quelques cosmonautes privilégiés? Pour Buard c’est précisément dans ces «récits échappant à un cadre référentiel connu» que l’«image de personnage hors du commun [du pirate] se trouve réactivée» (364). Et dans un monde où la course à l’espace de la guerre froide a pris fin, et où l’imaginaire spatial prêterait moins à la rêverie héroïque à cause de la &lt;em&gt;déshéroïsation&lt;/em&gt; progressive des cosmonautes&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref10_54ns3xg&quot; title=&quot;C’est l’hypothèse proposée par Alex Nikolavitch dans son ouvrage Cosmonautes! Les Conquérants de l’espace  (2014). On pourrait opposer à cette idée que Thomas Pesquet est devenu un héros national après son passage dans l’ISS, mais c’est bien sa nationalité qui en fait une exception. Thomas Pesquet n’a pas encore l’aura d’un Buzz Aldrin ou d’un Neil Armstrong à l’international. Cependant, les nouvelles stratégies de médiatisation dont il a été l’objet grâce aux réseaux sociaux laissent présager une célébrité nouvelle pour les futurs cosmonautes.&quot; href=&quot;#footnote10_54ns3xg&quot;&gt;10&lt;/a&gt;, le cosmo-pirate réactive le potentiel aventureux du cosmos. Dans cette figure, le spectateur trouve un être hors-du-commun, dans un lieu hors-du-commun pour projeter ses rêves d’aventures spatiales. Ce n’est évidemment pas la seule figure à se substituer aux cosmonautes pour incarner l’héroïsme spatial. Han Solo, le contrebandier de &lt;em&gt;Star Wars &lt;/em&gt;(Lucas, 1977)&lt;em&gt;, &lt;/em&gt;en est l’un des représentants les plus célèbres. Cependant, malgré son inspiration piratesque –et plus encore une inspiration de cow-boy– il reste qualifié de contrebandier. Il ne revendique pas ses origines historiques et fictionnelles, à l’inverse des cosmo-pirates, car quelle que soit l’analogie par laquelle un cosmo-pirate passe, il affiche toujours sa filiation. Il créé ainsi un horizon d’attente: le spectateur réactive, à la simple évocation de son statut, un imaginaire constitué par des siècles de récits.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Cet imaginaire de rapines et d’abordages fait la joie des riches vacanciers de &lt;em&gt;Mouretsu Uchuu Kaizoku&lt;/em&gt;. Dans ce récit, la piraterie spatiale ne repose que sur ces représentations réactivées pour la jubilation des passagers de vaisseaux-paquebots de croisière. Ces cosmo-pirates ne sont en fait qu’intermittents du spectacle: ils signent un contrat avec les commandants des vaisseaux-paquebots pour aller les piller et surprendre les passagers. Et c’est sous les applaudissements de riches touristes en mal d’aventures qu’ils font leur travail, c’est-à-dire qu’ils volent leurs bijoux et leur argent. Le cosmo-pirate de &lt;em&gt;Mouretsu Uchuu Kaizoku&lt;/em&gt; interrompt leur quotidien par l’aventure et le divertissement. Le mot pirate perd ainsi la «spécificité déshumanisante» (Freyheit, 2013: 76) que pouvait lui accorder Robert Louis Stevenson en n’employant pas le terme avant le chapitre XX de &lt;em&gt;Treasure Island&lt;/em&gt;. Dans l’espace, être pirate ne rogne plus l’humanité de ces personnages, être pirate ce n’est plus être «ennemi», «dans le fait ou dans le verbe» (Freyheit, 2013: 76). Être cosmo-pirate se revendique.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;L’évolution du cosmo-pirate de l’animation japonaise est semblable à celle de la construction culturelle du pirate présentée par Matthieu Freyheit: &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Le Romantisme Noir mis en œuvre par Byron dans &lt;em&gt;The Corsair &lt;/em&gt;en 1984 fait naître une tradition du pirate torturé, qui trouve son application dans les formes populaires du roman de la victime comme du roman du surhomme. Dès lors, la reprise fictionnelle du pirate s’écrit dans un réseau intertextuel qui met en scène des motifs similaires. […] Cette représentation fantasmée donne jour à un personnage fictionnel peu à peu éloigné de ce qu’a été la piraterie historique. L’influence populaire vient de cette manière contrecarrer l’histoire pour opposer aux faits une histoire des mentalités: le pirate devient une figure de résistance ou, au moins, d’opposition face à un pouvoir oppresseur. (Freyheit, 2013: 481)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;En choisissant comme décor l’espace plutôt que la mer, le cosmo-pirate ne peut s’inscrire dans cette opposition à l’histoire de la piraterie. Et le cosmos fictionnalisé où il intervient ne lui permet pas plus de contrecarrer l’histoire du cosmos. Il est une construction culturelle à part entière où Harlock opère un changement de traitement puisqu’avant lui, les pirates de &lt;em&gt;pulps&lt;/em&gt; –lieu privilégié du Space Opera– ne possédaient ni sa complexité, ni sa profondeur. Il faudrait dès lors distinguer les pirates de l’espace des cosmo-pirates: les premiers ne sont que des transpositions sans nouveauté (Buard: 364) tandis que les seconds s’inscrivent dans la tradition harlockienne du cosmo-pirate bon et juste. Au «modèle byronien […] alimenté de ces formes ajoutées du populaire» (Freyheit, 2013: 482) se substitue un modèle harlockien alimenté des motifs à succès de la pop culture japonaise: de l’exubérance, des écolières (&lt;em&gt;Mouretsu Uchuu Kaizoku&lt;/em&gt;), de l’&lt;em&gt;ecchi&lt;/em&gt; (érotisme léger propre aux mangas et aux &lt;em&gt;anime &lt;/em&gt;largement exploité dans &lt;em&gt;Cobra&lt;/em&gt;) ou encore un vaisseau en guise de &lt;em&gt;mecha&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Sol Bianca&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Son développement dans cette culture inciterait au premier abord à le considérer comme une figure japonaise, pourtant il conserve son lien avec la conception occidentale du pirate comme le «fantasme du seul contre tous, et l’idée rebattue d’une masse écrasée par un Etat» (Freyheit, 2013: 482). Sa transposition dans la pop culture japonaise le place comme témoin axiologique du pirate. Il permet d’observer quelles valeurs, quelles organisations, quels sens attribués à la figure du pirate circulent dans les œuvres et les genres non-occidentaux. L’autonomie du cosmo-pirate n’est donc pas liée en particulier à ses aventures dans l’espace, ni à sa distance avec le modèle historique du pirate, mais plutôt au regard délocalisé qu’il offre sur une construction culturelle occidentale. Tout l’enjeu du cosmo-pirate, c’est qu’il donne à voir la circulation médiatique et mondialisée de cette «destinée littéraire» (Freyheit, 2014: 39) imposée à tous ceux qui se revendiquent de la piraterie.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Son absence de modification du canon n’en ferait qu’un épiphénomène, néanmoins, la cosmo-piraterie japonaise ouvre la voie à un nouveau champ de la piraterie. Plus précisément, les cosmo-pirates japonais offrent un héritage nouveau à leurs successeurs. Ainsi, en 2009, Arnaud Cuidet publie en France son jeu de rôle &lt;em&gt;Metal Adventures&lt;/em&gt; dans lequel le maître du jeu propose à ses joueurs d’incarner des pirates de l’espace dans une galaxie en proie à des conflits militaires et commerciaux, où la liberté des individus est mise à mal par différentes nations qui se disputent l’hégémonie galactique. Les pirates sont loin d’être de simples antagonistes attirés par le profit. Ils sont mus par des valeurs grâce auxquelles ils renouent avec l’image de «chantres de liberté et d’insoumission» que leur prête Ramzig Keucheyan (462) –ce sont donc des cosmo-pirates. La légendaire Libertalia, colonie utopique des pirates sur l’île de Madagascar, est remplacée par la planète Havana où ils se retrouvent pour faire la fête et boire du rhum après quelque rapine interstellaire. Les illustrations présentent des visuels de ces pirates qui reprennent une iconographie évidente des forbans –l’analogie est directe. Le jeu intègre même un code des pirates qui impose des règles de conduite aux joueurs et s’inspire de la chasse-partie des pirates historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Après cet état des lieux, &lt;em&gt;Metal Adventures&lt;/em&gt; semble bien plus appartenir à un héritage historique et culturel de la piraterie qu’à l’héritage des cosmo-pirates. Arnaud Cuidet pourrait même n’avoir pas connaissance des cosmo-pirates de l’animation japonaise. Et pourtant, dès l’ouverture du &lt;em&gt;Manuel des Joueurs&lt;/em&gt;, il cite ses inspirations (Cuidet: 5). Parmi celles-ci, Harlock, Cobra et &lt;em&gt;Sol Bianca&lt;/em&gt; côtoient &lt;em&gt;Pirates of the Caribbean &lt;/em&gt;(Verbinski, 2007) ou &lt;em&gt;Cutthroat Island &lt;/em&gt;(Harlin, 1996) –et d’autres œuvres de science-fiction telles que &lt;em&gt;Dune &lt;/em&gt;(Herbert, 1965), &lt;em&gt;Riddick Chronicles&lt;/em&gt; (Twohy, 2004), la revue &lt;em&gt;Métal Hurlant&lt;/em&gt; (1975-1987), etc. Cette présence atteste de l’importance de l’héritage japonais dans le processus de création d’un tel univers. Et cette possibilité de l’auto-référencement achève de donner à la figure son autonomie. Désormais, il est tout aussi pertinent de convoquer Harlock comme référence dans une œuvre qui met en scène des cosmo-pirates que n’importe quel célèbre frère de la côte.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Mais si Cuidet cite ses références, pour d’autres il n’en est rien. Rien n’atteste officiellement par exemple que les cosmo-pirates de la série française &lt;em&gt;Galactik Football &lt;/em&gt;(Barrez et Vandelli, 2006) se réclament d’une filiation harlockienne, alors qu’ils correspondent à son modèle. Il y a ici une étude de la réception française d’&lt;em&gt;Uchuu Kaizoku Captain Harlock &lt;/em&gt;à effectuer. Sans doute y trouvera-t-on des formes d’intertextualité qui affirmeront que le personnage de Leiji Matsumoto, au-delà d’être un modèle cosmo-pirate, est une icône de la pop culture française.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Corpus primaire:&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;AKIYAMA, Katsuhito. 1990. &lt;em&gt;Sol Bianca, vol. 1&lt;/em&gt; [OAV]. Japon: AIC, 60min.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;AKIYAMA, Katsuhito. 1992. &lt;em&gt;Sol Bianca, vol. 2&lt;/em&gt; [OAV]. Japon: AIC, 40min.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;ARAMAKI, Shinji. 2013. &lt;em&gt;Uchuu Kaizoku Captain Harlock&lt;/em&gt; [&lt;em&gt;Albator, corsaire de l’espace&lt;/em&gt;] [film]. Japon: Toei animation, 115 min..&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;DEZAKI, Osamu et Yodio Takeuchi. 1982-1983. &lt;em&gt;Space Cobra&lt;/em&gt; [série TV]. Japon: Tokyo Movie Shinsha, 31 épisodes, 24 min.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;KATSUMATA, Tomoharu. 1982-1983. &lt;em&gt;Mugen kidō SSX&lt;/em&gt; [&lt;em&gt;Albator 84&lt;/em&gt;] [série TV]. Japon: TBS, 22 épisodes, 24 min.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;KATSUMATA, Tomoharu. 1982. &lt;em&gt;Waga Seishun no Arcadia&lt;/em&gt; [&lt;em&gt;Albator 84: L’Atlantis de ma jeunesse&lt;/em&gt;] [film]. Japon: Toei Animation, 120 min.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;RINTARO. 1978-1979. &lt;em&gt;Uchuu Kaizoku Captain Harlock&lt;/em&gt; [&lt;em&gt;Albator, le corsaire de l’espace / Albator 78&lt;/em&gt;] [série TV]. Japon: Toei Animation, 42 épisodes, 24 min.  &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;SATO, Tetsuo. 2012. &lt;em&gt;Mouretsu Uchuu Kaizoku&lt;/em&gt; [série TV]. Japon: Satelight, 26 épisodes, 24 min.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Œuvres citées:&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;BARREZ, Charles et Vincent Vandelli.2006. &lt;em&gt;Galactik Football &lt;/em&gt;[série TV]. France: Alphanim, saison 1, 26 épisodes, 23 min.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;BARRIE, James. 2013 [1911]. &lt;em&gt;Peter Pan &lt;/em&gt;[&lt;em&gt;Peter Pan and Wendy&lt;/em&gt;]. Paris: Flammarion, coll. «Librio Littérature», 143p.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;BYRON, Georges Gordon. 1994 [1814]. &lt;em&gt;Le Corsaire&lt;/em&gt; [&lt;em&gt;The Corsair&lt;/em&gt;]. Traduit de l’anglais par Lucien Méchin. Cœuvres-&amp;amp;-Valséry: Ressouvenances, 167p.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;CUIDET, Arnaud. 2009. &lt;em&gt;Metal Adventures: Manuel des joueurs&lt;/em&gt; [jeu de rôle]. Paris: Editions du Matagot, 224p.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;LUCAS, Georges. 1977. &lt;em&gt;Star Wars: Episode IV – A New Hope&lt;/em&gt; [film]. Etats-Unis: Lucasfilm, 121 min.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;MATSUMOTO, Leiji. 2014 [1977-1978]. &lt;em&gt;Capitaine Albator, Le pirate de l’espace&lt;/em&gt; [&lt;em&gt;Uchuu Kaizoku Captain Harlock&lt;/em&gt;]&lt;em&gt;. &lt;/em&gt;Bruxelles: Kana, coll. «sensei», 1082p.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;POULAIN, Richard et Samuel Neveu. 1998-2000. &lt;em&gt;Génération Albator&lt;/em&gt; [émission TV]. France: France 3, TABB Productions, 5 émissions.&lt;br /&gt;STEVENSON, Robert Louis. 2013 [1883]. &lt;em&gt;L’Île au Trésor &lt;/em&gt;[&lt;em&gt;Treasure Island&lt;/em&gt;]. Paris: GF Flammarion, 343p.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;VERBINSKI, Gore. 2007. &lt;em&gt;Pirates of the Caribbean: At World’s End&lt;/em&gt; [film]. Etats-Unis: Walt Disney Pictures, Jerry Bruckheimer Films, 169 min.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Essais, articles, documents et ouvrages critiques:&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;BONACCORSI, Robert. 1992. «Les rêveries du lecteur populaire. Esquisse d’une approche des rôles tenus par les aventuriers de la mer dans la littérature populaire.» In Gérard A. Jaeger (dir.) &lt;em&gt;Vues sur la piraterie. Des origines à nos jours. &lt;/em&gt;Paris: Taillandier, coll. «Approches», p.338-356.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;BUARD, Jean-Luc. 1992. «Les pirates dans les univers parallèles de la littérature fantastique» In Gérard A. Jaeger (dir.) &lt;em&gt;Vues sur la piraterie. Des origines à nos jours. &lt;/em&gt;Paris: Taillandier, coll. «Approches», p.357-366.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;CHERY, Lloyd. 11 mars 2019. «“Je me considère moi-même comme un guerrier”: rencontre avec Leiji Matsumoto, créateur d’Albator» &lt;em&gt;Les Inrocks&lt;/em&gt;. En ligne. &lt;a href=&quot;https://www.lesinrocks.com/2019/03/11/bd/bd/je-considere-moi-meme-comme-un-guerrier-rencontre-avec-leiji-matsumoto-createur-dalbator/&quot;&gt;https://www.lesinrocks.com/2019/03/11/bd/bd/je-considere-moi-meme-comme-un-guerrier-rencontre-avec-leiji-matsumoto-createur-dalbator/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;ECO, Umberto. 2005 [1993]. &lt;em&gt;De Superman au Surhomme. &lt;/em&gt;Paris: Le Livre de poche, 224p.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;FERNANDEZ, Dominique. 2006. &lt;em&gt;L’Art de raconter. &lt;/em&gt;Paris: Grasset, 601p.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;FREYHEIT, Matthieu. 2013. &lt;em&gt;The fame monster!: Revers et fortune du Pirate, du 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle à nos jours, des Mers jusqu’à la Toile. &lt;/em&gt;Thèse de doctorat d’université. Mulhouse: Université de Haute Alsace, 617p.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;FREYHEIT, Matthieu. 2014. «Pirates™. Stigmates littéraires: de la marque de fabrique à la fabrique des marques»&lt;em&gt; Tracés. Revue de Sciences humaines&lt;/em&gt;. N°26. En ligne. &lt;a href=&quot;https://journals.openedition.org/traces/5896&quot;&gt;https://journals.openedition.org/traces/5896&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;KEUCHEYAN, Ramzig. 2008. «Philosophie politique du pirate» In &lt;em&gt;Critique.&lt;/em&gt; N°733-734. Tome LXIV. Paris: Minuit, p.458-469.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;NIKOLAVITCH ,Alex. 2014. &lt;em&gt;Cosmonautes! Les Conquérants de l’espace.&lt;/em&gt; Montélimar: Les moutons électriques, coll. «Bibliothèque des miroirs», 170p.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;PAQUET, Olivier. 2008. «Le maître du temps». In &lt;em&gt;Beaux-Arts Magazine, hors-série &lt;/em&gt;«Qu’est-ce que le manga?&lt;em&gt;»&lt;/em&gt;. Paris: Beaux-Arts Editions, p.98.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;PIGOT, Pierre. 2013. &lt;em&gt;Apocalypse Manga. &lt;/em&gt;Paris: Presses Universitaires de France, 251p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;REQUEMORA, Sylvie. 2002. «L’espace dans la littérature de voyages». In&lt;em&gt; Etudes Littéraires&lt;/em&gt;, vol. 34, n°1-2. Québec: Département de littérature, théâtre et cinéma de l’Université Laval, p.249-276.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_gsclaph&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_gsclaph&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Donald Trump a créé la première force militaire spatiale en 2018, l’&lt;em&gt;US Space Force&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_8omtpb0&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_8omtpb0&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; En France, Harlock est connu sous le nom d’Albator. Il est d’abord arrivé par le petit écran avec la série &lt;em&gt;Albator, le corsaire de l’espace&lt;/em&gt; en 1980 (autrement appelée &lt;em&gt;Albator 78&lt;/em&gt; par les fans). La traduction du manga &lt;em&gt;Uchuu Kaizoku Captain Harlock&lt;/em&gt; de 1977 –dont est tiré l’&lt;em&gt;anime&lt;/em&gt;– est parue entre 2002 et 2003 sous le titre &lt;em&gt;Capitaine Albator, le pirate de l’espace&lt;/em&gt;. Dans cette traduction, le terme «kaizoku» est remplacé par «pirate». Harlock conserve ainsi la part d’illégalité euphémisée par l’épithète «corsaire» des années 80. Le capitaine ne possède aucune lettre de marque et est ouvertement opposé au gouvernement terrien. Du point de vue légal, il n’est en rien un corsaire.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_g9e6eay&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_g9e6eay&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Mugen kidō SSX &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;Albator 84 &lt;/em&gt;en France) et le film &lt;em&gt;Waga Seishun no Arcadia &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;L’Atlantis de ma jeunesse&lt;/em&gt; en France) en 1982, &lt;em&gt;Sol Bianca: The legacy&lt;/em&gt; en 1999, &lt;em&gt;Captain Herlock: The Endless Odyssey&lt;/em&gt; en 2002, &lt;em&gt;Cobra, the Animation&lt;/em&gt; en 2010 et le film d’animation en images de synthèse &lt;em&gt;Uchuu Kaizoku Captain Harlock &lt;/em&gt;de 2013 (&lt;em&gt;Albator, corsaire de l’espace&lt;/em&gt;).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_tb0k3pg&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_tb0k3pg&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; Un ensemble de techniques d’animation simplifiées comme un nombre d’images limitées à 8 par seconde contre 24 en &lt;em&gt;full animation&lt;/em&gt; ou la réutilisation de plans d’un épisode à l’autre pour augmenter le rythme de production et réussir à livrer à temps un épisode par semaine.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote5_rfqzysb&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref5_rfqzysb&quot;&gt;5.&lt;/a&gt; Son costume est d’ailleurs étrangement similaire à celui d’un super-héros quelque peu oublié nommé Black Terror créé par Richard E. Hughes en 1941 dans &lt;em&gt;Exciting Comics #9&lt;/em&gt;. Matsumoto, pourtant toujours prompt à revendiquer ses influences, ne l’a jamais déclaré comme une source d’inspiration.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote6_z9ixnwh&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref6_z9ixnwh&quot;&gt;6.&lt;/a&gt; La première création du mangaka (&lt;em&gt;Sexaroid&lt;/em&gt;, 1968) s’inspire de &lt;em&gt;Barbarella&lt;/em&gt; (1964) de Jean-Claud Forest. L’impact des ses univers n’a pas seulement marqué la télévision française: en 2003 il collabore avec Daft Punk pour créer &lt;em&gt;Interstella 5555&lt;/em&gt;, il a été fait Chevaliers des Arts et des Lettres en 2012 et il a été l’invité d’honneur de la Japan Expo 2019, notamment pour parler de divers projets bédéistiques français dans l’univers d’Harlock auxquels il collabore (une BD de Didier et Lyse Tarquin sur l’univers d’Harlock devrait voir le jour en 2020).&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote7_4yh0wl6&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref7_4yh0wl6&quot;&gt;7.&lt;/a&gt; Céline Epalle a cependant montré –en s’appuyant sur les travaux de Julien Simonpieri– que, tant pour la chronologie que pour la réception, il serait plus juste de parler d’une génération Goldorak. (&lt;em&gt;Diffusion et réception du manga en France–L’exemple de Goldorak, de 1978 à nos jours&lt;/em&gt;, 2017: 127)&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote8_1mtknsu&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref8_1mtknsu&quot;&gt;8.&lt;/a&gt;  Traduction de Lucien Méchin: «De rocher en rocher ils montent … Sur la pente/Où s’entrouve le roc, un homme seul, muet, /Promène sur la vague un regard inquiet, /Pensif, et s’appuyant sur l’épée étonnée /D’être un jour dans sa main au repos condamnée. /C’est lui, c’est Conrad seul, toujours seul … […]»&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote9_f03yfjm&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref9_f03yfjm&quot;&gt;9.&lt;/a&gt; Pour lui cette morale est aussi la conséquence de la rigueur militaire du personnage.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote10_54ns3xg&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref10_54ns3xg&quot;&gt;10.&lt;/a&gt; C’est l’hypothèse proposée par Alex Nikolavitch dans son ouvrage &lt;em&gt;Cosmonautes! Les Conquérants de l’espace  &lt;/em&gt;(2014). On pourrait opposer à cette idée que Thomas Pesquet est devenu un héros national après son passage dans l’ISS, mais c’est bien sa nationalité qui en fait une exception. Thomas Pesquet n’a pas encore l’aura d’un Buzz Aldrin ou d’un Neil Armstrong à l’international. Cependant, les nouvelles stratégies de médiatisation dont il a été l’objet grâce aux réseaux sociaux laissent présager une célébrité nouvelle pour les futurs cosmonautes.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Thu, 27 Feb 2020 20:58:34 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Megan Bédard</dc:creator>
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 <title>Un Noël Cathodique : penser le rituel Ciné-cadeau </title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/blogue/un-no%C3%ABl-cathodique-penser-le-rituel-cin%C3%A9-cadeau</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-type field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/categorie/type/page-web&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot; datatype=&quot;&quot;&gt;Entrevue radio&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Un Noël Cathodique : penser le rituel Ciné-cadeau &lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/stephanie-roussel&quot;&gt;Stéphanie Roussel&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/auteur/sandrine-galand&quot;&gt;Sandrine Galand&lt;/a&gt; le 06/12/2017&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fandom&quot;&gt;Fandom&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/feminisme&quot;&gt;Féminisme&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema&quot;&gt;Cinéma&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema/animation&quot;&gt;Animation&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/television&quot;&gt;Télévision&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/autres&quot;&gt;Autres&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l&#039;occasion de la parution récente de l&#039;ouvrage Un Noël Cathodique: La Magie de Ciné-cadeau déballée, Stéphanie Roussel, directrice et co-autrice du collectif, et Sandrine Galand, co-autrice, s&#039;interrogent sur les fondements de ce rituel télévisuel et son importance dans la société québécoise actuelle. Invitées à l&#039;émission « Médium Large » sur les ondes de ICI Radio-Canada, elles critiquent le manque de diversité de la programmation actuelle de Ciné-cadeau et envisagent la possibilité de créer des nouveaux classiques pour les générations à venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/medium-large/segments/entrevue/49799/cine-cadeaux-un-noel-cathodique-stephanie-roussel-sandrine-galand&quot;&gt;Vous pouvez écouter l&#039;entrevue de Stéphanie Roussel et Sandrine Galand à l&#039;émission &lt;span style=&quot;font-size: 13.008px;&quot;&gt;« Médium Large » sur les ondes de ICI Radio-Canada Première.&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Wed, 06 Dec 2017 15:58:12 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Megan Bédard</dc:creator>
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 <title>Appel à communications colloque Femmes ingouvernables: (re)penser l’irrévérence féminine dans l’imaginaire populaire contemporain</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/blogue/appel-%C3%A0-communications-colloque-femmes-ingouvernables-repenser-l%E2%80%99irr%C3%A9v%C3%A9rence-f%C3%A9minine-dans-l</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-type field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/categorie/type/evenement&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot; datatype=&quot;&quot;&gt;Événement&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Appel à communications colloque Femmes ingouvernables: (re)penser l’irrévérence féminine dans l’imaginaire populaire contemporain&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/fanie-demeule&quot;&gt;Fanie Demeule&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/individu/joyce-baker&quot;&gt;Joyce Baker&lt;/a&gt; le 18/02/2016&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/feminisme&quot;&gt;Féminisme&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/ideologie&quot;&gt;Idéologie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/bande-dessinee&quot;&gt;Bande dessinée&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema&quot;&gt;Cinéma&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema/animation&quot;&gt;Animation&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature&quot;&gt;Littérature&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/jeu-video&quot;&gt;Jeu vidéo&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/creation-transmediatique&quot;&gt;Création transmédiatique&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/musique&quot;&gt;Musique&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/scene&quot;&gt;Scène&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/television&quot;&gt;Télévision&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/fantasy&quot;&gt;Fantasy&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/autres/action&quot;&gt;Action&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/autres/aventure&quot;&gt;Aventure&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/policier&quot;&gt;Policier&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/gothiquehorreur&quot;&gt;Gothique/Horreur&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/chanson&quot;&gt;Chanson&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/comedie&quot;&gt;Comédie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/espionnage&quot;&gt;Espionnage&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/guerre&quot;&gt;Guerre&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/historique&quot;&gt;Historique&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/sports&quot;&gt;Sports&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/superheros&quot;&gt;Superhéros&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction&quot;&gt;Science-fiction&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;Appel à communications&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;COLLOQUE FEMMES INGOUVERNABLES: (RE)PENSER L&#039;IRRÉVÉRENCE FÉMININE DANS L&#039;IMAGINAIRE POPULAIRE CONTEMPORAIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;Figura, Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Université du Québec à Montréal&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Salle des Boiseries (J-2805)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;4 et 5 mai 2016&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tantôt crainte pour cause du pouvoir qu’elle incarne, tantôt admirée pour son aplomb, la femme irrévérencieuse hante les imaginaires collectifs et la culture populaire en s’incarnant sous une pluralité de visages. Pour Kathleen Rowe, la “Unruly Woman” (que nous traduisons librement par « femme ingouvernable ») est cette figure archétypale qui perturbe l’image traditionnelle de la féminité, notamment en manifestant des comportements en décalage avec ce que l’on attend du féminin. Selon Rowe, la femme ingouvernable peut présenter une forte corpulence, adopter des comportements dérangeants tels que de parler trop fort, de faire preuve d’un humour salace et assumé, ou encore d’exprimer sa colère en public et de faire preuve d’agressivité; à notre sens, elle peut aussi jouer la carte de la classe, de l&#039;auto promotion et de l’hyperféminité assumée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la figure féminine est habituellement celle qui se fait regarder, qui fait parler d’elle ou est la cible des blagues, la femme ingouvernable est celle qui regarde, parle et s’impose d’elle-même en spectacle. Laissant entendre haut et fort ses désirs comme sa rage, elle incarne l’archétype de femme en tant que sujet. Par cette attitude irrévérencieuse, elle se positionne elle-même au centre du discours et clame son droit à l’expression, mais aussi à son pouvoir dans l’espace public. Ce qui devient provocant chez la femme ingouvernable n’est pas tant son rejet de la féminité, qu’elle tend souvent, au contraire, à conserver sous plusieurs traits, que sa propension à faire cohabiter sans gêne des éléments féminins et masculins, car “elle ébranle l’une des distinctions fondamentales – celle entre le masculin et le féminin. ” (Rowe, p. 31, notre traduction) L’une des incarnations de la femme ingouvernable serait la figure de la Virago, cette «femme d’allure masculine, autoritaire et criarde». Il est intéressant d’observer que chez la femme, l’attitude colérique et la violence ont de tout temps été perçues comme des marques de virilité – d’où l’origine du terme Virago, constitué du latin &lt;em&gt;vir&lt;/em&gt;, désignant l’homme. En raison de sa reconfiguration libre des genres, elle laisse rarement indifférent; si elle se voit parfois s’attirer le mépris, elle n’en inspire pas moins l’admiration, et même l’identification auprès des auditoires. Quelle apparaisse sous une apparence androgyne ou hyperféminine, on la dénigre ou on l’admire en même temps et parce que l’on reconnaît chez elle le pouvoir féminin, et donc le renversement qu’elle initie, car la femme ingouvernable refuse massivement le rôle de victime et d’oppressée qu’on veut lui faire endosser. Ce faisant, celle-ci peut questionner les attentes que l’on cultive envers le féminin et proposer un décalage en utilisant ce qu’on attend d’elle (telles que le culte de l’apparence et la séduction) comme d’une arme, à ses propres fins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce colloque se propose de réfléchir sur la multiplicité des figurations de femmes ingouvernables au sein de la culture populaire contemporaine. Qu’elle soit guerrière (Xena, Hit Girl), sorcière (Maleficient, Melisandre), superhéroïne (Black Widow), détective (Jessica Jones), travailleuse du sexe (Ovidie), femme artiste (Gaga, Cyrus), lutteuse (Ronda, Chyna) ou encore criminelle (Aileen Wuornos), l’irrévérencieuse infiltre à l’heure actuelle tous les médiums et médias populaires; littérature, cinéma, télévision, bande dessinée, jeu vidéo, arts du spectacle et visuels. C’est donc à travers un prisme multidisciplinaire que nous invitons les éventuel.les participant.es à réfléchir aux implications idéologiques, aux questionnements et aux problématiques que soulèvent les représentations de femmes ingouvernables aujourd’hui. Par conséquent, les pistes de réflexion que nous vous proposons à titre de muses intellectuelles ne représentent qu’une infime parcelle des innombrables possibilités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pistes de réflexion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left:54.0pt;&quot;&gt;       &lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Théories et idéologies&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;- Est-il possible de conjuguer une volonté de repenser le genre féminin au sein même de la culture populaire, alors que si l’on en croit Charlene Tung: «[Une héroïne] n’est acceptable que parce qu’elle ne défie pas réellement les normes de genre.»? (Tung, p. 95, notre traduction).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;- En quoi l’irrévérencieuse présente-t-elle un potentiel modèle féministe? De quelles manières peut-on concevoir ces figurations en corrélation aux revendications du ou des mouvement(s) féministe(s), aux théories du genre ou &lt;em&gt;queer&lt;/em&gt;?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;- Quelles variations (ou réitérations) proposent-elles autour des tropes féminins traditionnels, tels que la cyclicité, le &lt;em&gt;care&lt;/em&gt; ou la maternité?&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p style=&quot;margin-left:54.0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;li value=&quot;2&quot;&gt;&lt;strong&gt;Archéologie et herméneutique&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;- Que pourrait être l’archéologie de la femme indomptable? De quelles figures mythiques ou légendaires découle-t-elle et que peut-on observer comme persistance, ou au contraire, comme distorsions par rapport à ces archétypes?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;- Quelles sont leurs fonctions au sein de l’univers narratif ou de l’horizon culturel dans lesquels elle se manifeste? Comment déjouent-elles les attentes liées &lt;em&gt;a priori &lt;/em&gt;à son rôle?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;- Comment représente-t-on visuellement la femme ingouvernable? Quelles sont ses iconographies ou ses mascarades, et comment celles-ci reconfigurent-elles les codes du genre sexuel?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;- De quelles façons se détourne-t-elle ou renverse-t-elle le régime ou le pouvoir patriarcal en place? Quelles sont ses armes, ses stratégies?&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;li value=&quot;3&quot;&gt;&lt;strong&gt;Réception et fandoms&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;- Comment se manifestent les figures d’irrévérencieuses lorsque celles-ci s’adressent plus spécifiquement à un public plus jeune ou adolescent, telles que Merida (&lt;em&gt;Brave&lt;/em&gt;), Katniss (&lt;em&gt;Hunger Games&lt;/em&gt;) ou encore Tris (&lt;em&gt;Divergent&lt;/em&gt;)?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;- Comment reçoit-on et perçoit-on la femme ingouvernable au sein des audiences? Quelle est sa réception, quelles sont ses interprétations et ses appropriations parmi les communautés de fans?&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p style=&quot;margin-left:54.0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet esprit d’interdisciplinarité, nous accueillons également chaleureusement toutes performances ou présentations de pratiques créatives s’apparentant au champ d’études du colloque, soit la culture populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communications seront en français ou en anglais et dureront au maximum vingt minutes. C’est avec une volonté de couvrir un vaste éventail de sujets que la sélection s’effectuera selon des critères de variété et d’originalité quant aux médiums et aux figures proposées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propositions de communication, de présentation ou de performance incluant un titre et un résumé (250 mots), des mots-clés, ainsi qu’une biobibliographie de lʼauteur.e (affiliation académique ou institutionnelle, principaux axes de recherche, publications majeures), doivent être envoyées aux organisatrices du colloque à l’adresse &lt;a href=&quot;mailto:femmes.ingouvernables@gmail.com&quot;&gt;femmes.ingouvernables@gmail.com&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;avant le 20 mars 2016 à 23h50.&lt;/strong&gt; Il est aussi à noter que les déplacements sont aux frais des participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Adresse &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;mailto:femmes.ingouvernables@gmail.com&quot;&gt;femmes.ingouvernables@gmail.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Responsables &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joyce Baker (doctorante, membre étudiant de Figura UQAM, &lt;a href=&quot;mailto:baker.joyce@courrier.uqam.ca&quot;&gt;baker.joyce@courrier.uqam.ca&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fanie Demeule (doctorante, membre étudiant de Figura UQAM, &lt;a href=&quot;mailto:demeule.fanie@courrier.uqam.ca&quot;&gt;demeule.fanie@courrier.uqam.ca&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources consultées &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;   INNESS, Sherrie, dirigé par. &lt;em&gt;Tough Girls: Women Warriors and Wonder Women in Popular Culture&lt;/em&gt;. Palgrave Macmillan, New York, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;   ROWE, Kathleen. &lt;em&gt;The Unruly Woman: Gender and the Genres of Laughter&lt;/em&gt;. University of Texas Press, Austin, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left:7.0pt;&quot;&gt;TASKER, Yvonne. &lt;em&gt;Working Girls: Gender and Sexuality in Popular Cinema&lt;/em&gt;. Routledge, New York, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left:7.0pt;&quot;&gt;TUNG, Charlene. «Embodying an Image : Gender, Race, and Sexuality in “La Femme Nikita» Dans &lt;em&gt;Action chicks. New Images of Tough Women in Popular Culture.&lt;/em&gt; Palgrave Macmillan, New York, 2004, p. 95-121.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left:7.0pt;&quot;&gt;WATERS, Melanie. &lt;em&gt;Women on Screen: Feminism and Femininity in Visual Culture.&lt;/em&gt; Basingstoke; New York: Palgrave Macmillan, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Thu, 18 Feb 2016 05:09:01 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Fanie Demeule</dc:creator>
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 <title>Anne... La Maison aux pignons verts</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Anne… La Maison aux Pignons Verts Cette semaine, nous parlons de la petite rouquine connue mondialement sous le prénom «Anne-avec-un-e». Au cours des huit (!) romans qui composent cette série écrite par Lucy Maud Montgomery, Anne vole le cœur de Gilbert Blythe, de lectrices et même de nombreux Japonais. Avec Rachel Hyppolite et Clara Brunet-Turcotte, nous abordons en rafale plusieurs sujets, dont le féminisme d&#039;Anne, ses gaffes mignonnes et ses influences américaines (!!). On voit presque les routes rouges de l&#039;Île-du-Prince-Édouard!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;iframe allow=&quot;autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture&quot; allowfullscreen=&quot;&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;352&quot; loading=&quot;lazy&quot; src=&quot;https://open.spotify.com/embed/episode/49TZefCnApmYhXRIiuPiX7?utm_source=generator&quot; style=&quot;border-radius:12px&quot; width=&quot;100%&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Thu, 28 Jan 2016 01:57:59 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier-Millette</dc:creator>
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 <title>The Simpsons, de la subversion à la réaffirmation des discours culturels fondateurs</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/blogue/simpsons-de-la-subversion-la-reaffirmation-des-discours-culturels-fondateurs</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-type field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/categorie/type/page-web&quot; typeof=&quot;skos:Concept&quot; property=&quot;rdfs:label skos:prefLabel&quot; datatype=&quot;&quot;&gt;Entrevue radio&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;The Simpsons, de la subversion à la réaffirmation des discours culturels fondateurs&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/antonio-dominguez-leiva&quot;&gt;Antonio Dominguez Leiva&lt;/a&gt; le 25/03/2012&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema/animation&quot;&gt;Animation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saluons la naissance d&#039;un magnifique blogue francophone consacré à l&#039;étude des &lt;em&gt;Simpsons&lt;/em&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«D&#039;un côté, &lt;em&gt;The Simpsons&lt;/em&gt; présente un comique &quot;traditionnel&quot; immédiat, qui tient tant à la réitération des gags et pitreries des personnages qu&#039;à la fixité de leurs caractères. Nulle surprise dans ces personnages qui agissent conformément à ce que l&#039;on attend d&#039;eux. D&#039;un autre côté, l&#039;ironie engendrée par les multiples références que présente le &lt;em&gt;cartoon&lt;/em&gt; est à ce point exacerbée qu&#039;elle devient une composante essentielle de son appréciation, tant du point de vue comique qu&#039;esthétique et théorique. Depuis les années 1970, voire 1960, les théoriciens de la fiction ont pris conscience que tout a déjà été dit, et qu&#039;il est impossible de &quot;faire du nouveau&quot;. Or cette dénonciation constitue un &lt;em&gt;leitmotiv&lt;/em&gt; sous-jacent de la série. Dans &lt;em&gt;The Day the Violence Died&lt;/em&gt;, Roger Meyers Jr, accusé de plagiat, se défend avec un argument évidemment métatextuel: &quot;&lt;em&gt;If it weren&#039;t for someone plagiarizing &lt;/em&gt;The Honeymooners&lt;em&gt;, we wouldn&#039;t have &lt;/em&gt;The Flintstones&lt;em&gt;. If someone hadn&#039;t ripped off &lt;/em&gt;Sgt. Bilko&lt;em&gt;, they&#039;d be no &lt;/em&gt;Top Cat. Huckleberry Hound, Chief Wiggum, Yogi Bear &lt;em&gt;[…]. Your honor, you take away our right to steal ideas, where are they gonna come from?&quot;&lt;/em&gt;. La notion d&#039;originalité est donc dissoute et la fiction ne semble plus pouvoir exister que dans la reprise ironique du passé. Une dimension ludique qui se trouve exprimée par le pastiche et la parodie, que des théoriciens comme Frederic Jameson ou Linda Hutcheon considèrent comme les procédés privilégiés du postmodernisme et que l&#039;on retrouve dans le &lt;em&gt;cartoon&lt;/em&gt; contemporain, et particulièrement dans &lt;em&gt;The Simpsons&lt;/em&gt;, dont la caractéristique essentielle réside certainement dans le vaste univers référentiel qu&#039;il présente, puisant indifféremment dans la culture de masse et dans la culture savante...»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://simpsons-studies.blogspot.fr/&quot;&gt;Plongez-vous y ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Sun, 25 Mar 2012 17:47:57 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Antonio Dominguez Leiva</dc:creator>
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