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 <title>Pop en Stock - Fiction</title>
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 <title>L&#039;oeuvre de Kim Stanley Robinson</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de cet épisode, Elaine Després reçoit Julien Wacquez, Ivan Burel, Jean-François Chassay et Marceau Forêt pour parler de l&#039;oeuvre de Kim Stanley Robinson, auteur célèbre de hard science-fiction de gauche. Ils discutent notamment de la trilogie martienne, &lt;em&gt;Galileo&#039;s Dream&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;The Years of Rice and Salt&lt;/em&gt;, de la trilogie &lt;em&gt;Science in the Capital &lt;/em&gt;et de la réception des romans de l&#039;auteur américain particulièrement transdisciplinaire parmi les chercheurs en sciences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;102px&quot; scrolling=&quot;no&quot; src=&quot;https://podcasters.spotify.com/pod/show/balados-oic/embed/episodes/81---Kim-Stanley-Robinson--Imaginaire--culture-pop-e23rkjl&quot; width=&quot;550px&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Tue, 23 May 2023 21:05:29 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Elaine Després</dc:creator>
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 <title>Méridien de sang et La route, symptôme d’une perte d’humanité</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-dossier field-type-entityreference field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier-th%C3%A9matique/laventure-cest-laventure&quot;&gt;L&amp;#039;aventure, c&amp;#039;est l&amp;#039;aventure!&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Méridien de sang et La route, symptôme d’une perte d’humanité&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/lauriane-lafortune&quot;&gt;Lauriane Lafortune&lt;/a&gt; le 08/10/2015&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/dystopie&quot;&gt;Dystopie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature/fiction&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/dystopies&quot;&gt;Dystopies&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/anticipation-sociale&quot;&gt;Anticipation sociale&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/post-apocalypse&quot;&gt;Post-apocalypse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;In my hands, I hold the ashes/ In my veins, black pitch drums /In my chest, if I can catch this/ In my way, the setting sun/ Dark clouds gather &#039;round me/ Due northwest, the soul is bound /And I will go on ahead, free /There&#039;s a light yet to be found /The last pale light in the west /The last pale light in the west»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_4z6anoa&quot; title=&quot; Ben Nichols, dans son album inspiré de Méridien de sang&quot; href=&quot;#footnote1_4z6anoa&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un monde actuel où toute violence est occultée, irrecevable, la violence inaugurale des populations primitives est impressionnante et empreinte de ce que nous concevons comme étant une cruauté pure. Il est alors inconcevable que le monde américain, s’étant autoblanchi aujourd’hui de toute violence, ait pu fonder son pays dans une cruauté considérable. Cormac McCarthy, avec son œuvre &lt;em&gt;Méridien de sang &lt;/em&gt;(McCarthy, 1985), démolit le mythe de la conquête véhiculé à travers les imageries western du courageux cowboy et du «bon sauvage». L’œuvre met en scène une grande recherche historique et du même coup, une série de massacres qui eurent bel et bien lieu d’une petite troupe sous les ordres du Lieutenant Glanton, personnage historique repris dans le récit. Son style met en place toute une poétique de la violence, qui sera articulée de la même façon dans son roman dystopique  &lt;em&gt;La route&lt;/em&gt;, publié en 2006, qui traite d’un sujet connexe, la quête du sud, dans un décor spatio-temporel différent, soit celui  d’un monde postapocalyptique. Les deux œuvres posent les mêmes questions sur la violence, l’ordre, l’humanité, la cruauté, et comment ces catégories sont moins étanches que ce que l’on pourrait oser croire, les deux romans se répondant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sous-titre «rougeoiement du soir dans l’Ouest»  du roman &lt;em&gt;Méridien de sang&lt;/em&gt; ne parle pas seulement du soleil couchant, image typique de tout western (passant de &lt;em&gt;La chevauchée fantastique&lt;/em&gt;, à &lt;em&gt;Il était une fois dans l’ouest&lt;/em&gt;, sans oublier &lt;em&gt;Lucky Luke&lt;/em&gt;)  mais du sang qui coule : celui des Mexicains, celui des Américains et celui des Amérindiens; Apaches, Comanches, Tiguas, etc. L’œuvre suivant les réels massacres (orchestré par Glanton) qui ont eu lieu, nous ramenant ainsi à une réalité oubliée, cachée, non assumée de la violence émergente de la conquête de l’Ouest. La citation de Paul Valéry mise en exergue nous indique justement la direction que prendra le texte : nous mettre en contact avec une mise en scène de l’Histoire avec une grande hache, comme la décrit toujours Foucault, qui nous apparaît cruelle parce que nous ne sommes plus aptes à la regarder en face : «Enfin vous craignez le sang, de plus en plus. Vous craignez le sang et le temps.(McCarthy, 1985: 7)»  Nous affrontons donc une œuvre qui mettra en scène beaucoup de sang, celui que les Américains ont fait couler lors de leur conquête de l’Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, il va sans dire que l’univers du Far West a toujours été le lieu de prédilection pour mettre en scène les batailles victorieuses des Américains contre les Indiens, ces tribus primitives. Toutefois,  le Far West permet aussi de montrer un lieu où les lois ne s’appliquent pas, jusqu’où aucune juridiction ne s’étend. Il suffit d’y être le plus fort, le plus menaçant, et non pas le plus rationnel et conciliant, qui seraient tous deux qualificatifs qui tendraient vers une imagerie plus humaine ou, pour dire autrement, civilisée. Pour se faire, les personnages de &lt;em&gt;Méridien de sang&lt;/em&gt;, sont engagés pour leurs qualités d’assassins :«Alors n’allez pas dire que vous êtes pas des vrais tueurs d’Indiens parce que j’ai affirmé qu’on est trois et des meilleurs. (104)». Ils font donc ce pour quoi ils sont embauchés et tuent, nous montrant des massacres aléatoires de Mexicains, Appaches, Tiguas, Comanches, bref, tous ceux qui se trouvent sur le passage de cette «horde sanglante (221)» :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Pendant cette première minute le carnage était devenu général. Des femmes hurlaient et des enfants nus et un vieillard titubant en agitant ses pantalons blancs bouffants. Les cavaliers allaient et venaient parmi eux et les tuaient avec leurs gourdins ou leurs couteaux. (197)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes massacrant alors tous sur leur passage, sans distinction de sexe ni de genre, le texte se fait alors symptôme d’une perte d’humanité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conquête de l’Ouest est à la base de ce qui fonda les États-Unis comme territoire. Or, le roman se sert de cette époque, à travers des magnifiques passages poétiques sur le paysage, pour non pas montrer le bon fondé des agissements américains, mais pour montrer la ressemblance entre les Américains et les autres groupes décrits comme primitifs qui, dans l’inconscient collectif, agissent par pulsions. Or, même le juge Holden, personnage décrit comme la mémoire collective du groupe par sa manie de tout prendre en note,  tuera un enfant après en avoir pris soin, sans que son geste ne soit explicable par une quelconque psychologie du personnage: «Toadvine le vit avec l’enfant en passant sur sa selle, mais quand il revint dix minutes plus tard en tirant son cheval par la bride l’enfant était mort et le juge l’avait scalpé (207)». Alors, «Si le«juge» est responsable de la Loi, celle-ci s&#039;avère aléatoire, avec pour seul fondement le pouvoir de celui qui l&#039;énonce. (Chassay, 2009: 11)» On arrive donc à une déconstruction du monde par cette perte d’humanité qui est observable par cette absence de rationalité. Donc, nous pouvons nous poser la question quant à savoir si la violence est inhérente à la nature humaine, ou si elle peut être évacuée, comme nous croyons si bien le faire dans le monde actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wolfgang Sosfky nous déploie dans son &lt;em&gt;Traité sur la violence &lt;/em&gt;(Sofsky, 1996) l’ampleur de la dynamique que la violence prend. D’abord, il nous introduit par un mythe des origines de la violence: les hommes, étant tous égaux, avaient peur les uns des autres. Ils arrivèrent donc à signer un contrat social, qui les contraignait au bien commun et qui les protégeait. Ce bien commun fut encadré par différentes lois et par différentes personnes qui se voyaient confier une tâche plus importante. Mais, les contraintes qui sévissaient finirent par agresser les gens, jusqu’à ce qu’un jour, ils se rebellent et brisent l’ordre établi. «À l’état de nature succèdent la domination, la torture et la persécution; l’ordre débouche sur la révolte et le massacre collectif (12)». Dans &lt;em&gt;Méridien de sang&lt;/em&gt;, c’est plus précisément la problématique des chasseurs d’hommes et de massacres qui est mise de l’avant par les personnages qui sont des êtres froids sur qui toutes lois semblent imperméables, n’obéissant qu’à leur instinct qui les guident vers les tueries, vers ses «massacres collectifs (12)», car «C’est l’expérience de la violence qui réunit les hommes (12)».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette cruauté est mise de l’avant par une froideur au niveau narratif, montrant une œuvre sans tristesse ni angoisse, comme nous le promettait le second exergue de &lt;em&gt;Méridien de sang&lt;/em&gt; : «Il n’y a pas d’angoisse. Car la tristesse est engloutie dans la mort, et la mort et l’agonie sont la vie des ténèbres. (McCarthy, 1985:7)» On pourrait ici y lire à la fois le leitmotiv des personnages, ainsi que ce qui se déploie en filigrane dans toute la poétique du texte. Une cruauté et  une violence au lecteur sont en effet lisibles à travers les différents choix formels : «Everything is tight, reduced, simple, and very violent&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_yntlatx&quot; title=&quot; James, «Red Planet», The New Yorker, 25 juillet 2005 (En ligne :  &amp;lt;http://www.newyorker.com/archive/2005/07/25/050725crbo_books&amp;gt; Page consulté le 21 septembre 2012) &quot; href=&quot;#footnote2_yntlatx&quot;&gt;2&lt;/a&gt;». Cette mise en forme va jusqu’à  banaliser les morts comme celle de Sproule, qui n’affecte rien ni personne :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Le gamin regarda Sproule. Il était couché, le visage tourné vers les planches de la charrette. Sa couverte le couvrait à peine et les mouches rampaient sur lui. Le gamin étendit le bras pour le secouer. Il était froid et raide. Les mouches s’envolèrent et elles revinrent. Le gamin pissait près de la charrette quand les soldats à cheval arrivèrent dans la cour. (90)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La superposition des deux dernières phrases laisse bien voir une absence d’émotions à travers la narration, et du même coup, à travers le personnage. Or, les morts sont bien plus souvent banalisées par leur nombre. Toutes tueries laissent derrière le groupe un flot considérable de morts : «Elles serraient dans leurs mains des louches, des enfants nus. À la première valve une douzaine d’entre elles s’affaissèrent et tombèrent (220)». Ici, une douzaine de femmes anonymes s’éteignent en même temps. Mais le temps ne s’arrête pas et le massacre continue : «Les autres s’étaient mis à courir, les vieux  jetant leurs mains en l’air, les enfants titubant  et battant des yeux dans la fusillade. (220)»  Le récit oppose la plupart du temps des groupes inégaux : les victimes sont alors prises au dépourvu et la meute semble mouvante et inattaquable, ramenant  le groupe à une activité de chasse à l’homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien certain que les personnages de McCarthy sont des êtres sans foi ni loi, qui voient cela comme un travail. Ils tâchent de bien prendre les scalps afin que tous massacres soient lucratifs : «Les cheveux, les gars, dit-il. Y a encore de l’avenir dans ce métier (228)». C’est un travail, et il faut suivre les ordres et ils l’effectuent avec cette neutralité qui est perceptible au niveau narratif. Hannah Arendt, à travers son œuvre sur «la terrible, l’indicible, l’impensable banalité du mal», qui prend place sous la forme du totalitarisme, travaillera justement sur cette absence de considérations sociales, «le fait que des individus ordinaires se soient mis à accomplir un travail qui lui ne l’était pas (Crignon, 2000: 127). […] [C]e phénomène, c’est celui du constat entre la monstruosité des crimes commis et la personnalité ordinaire de ceux qui les ont commis (127)». Cette dépersonnalisation des tueurs est traduisible chez McCarthy par une non-identification des personnages. Celui dont on suit le récit n’a aucun nom, il est seulement «le gamin».  Il est possible aussi de rattacher cette froideur, cette absence de culpabilité par le sentiment de force commune: «Des gens qui seuls n’oseraient jamais lever la main sur personne sont capables au sein d’une meute de se livrer soudain à des brutalités insoupçonnées. La meute vous emporte au-delà  de la peur. Prêter la main est sans danger aucun. Personne n’est responsable. La meute n’a pas de conscience, et elle affranchit des contraintes morales. (Sofsky:145)» Tout dialogue est toujours exempt d’information quant à l’énonciateur, les voix se mélangeant, les rendant indissociables les uns des autres. C’est ce que le massacre permet: «Dans ce meurtre collectif, les forces individuelles se concentrent en un seul point. Ils deviennent tous égaux et semblables. Chacun est comme l’autre. Le massacre est le théâtre d’une unité originelle. (169)» S’ils réussissent à former cette unité, c’est qu’ils ont atteint la liberté absolue collective. Ici, plus rien ne leur interdit « l’arbitraire et la violence (13)».  Les choix formels rendent alors bien compte du désir de dire le massacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s’agit aussi d’un récit de la déchéance totale, sans dieu, car la soif sanguinaire des chasseurs ne peut être rachetée, ni sauvée. Le juge Holden croit même que la volonté divine tend vers l’autodestruction de l’homme : «S’il avait été dans le dessein de Dieu d’arrêter la dégénérescence du genre humain, est-ce qu’il ne l’aurait pas déjà fait? (McCarthy, 1985:186)», dressant un bien sombre portrait pour la suite des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les êtres ne sont que des spectres, formant une meute qui détruit tout sur son passage:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;«car le sens de la destruction est la destruction en elle-même, et non la reconstruction, non la table rase pour un recommencement. Il ne doit rien rester, rien ne doit rappeler les hommes et leurs demeures. Tout est rasé, tout doit être effacé de la mémoire.  […]Culture et société sont réduites à néant. (Sofsky: 158)»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point en est un de convergence entre les deux œuvres de McCarthy. En effet, si l’on regarde les effets causés par &lt;em&gt;Méridien de sang&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;La route&lt;/em&gt; pourrait en être le résultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &lt;em&gt;Méridien de sang&lt;/em&gt; est une des œuvres qui met de l’avant un « imaginaire de la fin (Chassay: 111)», et ce, même s’il raconte les balbutiements d’un pays, &lt;em&gt;La route&lt;/em&gt; remet en scène les mêmes thèmes,  mais va jusqu’à en rapprocher le sujet de son livre, qui parle d’un monde postapocalyptique: une dystopie. Le même style y est assez vite reconnu, dans son unique bloc qui constitue le corps du texte et l’absence totale de marques de dialogues. Dans les deux romans, les personnages principaux se meuvent dans une quête du Sud. Dans &lt;em&gt;La route&lt;/em&gt;, le Sud est le lieu d’un possible salut, là où d’autres hommes portant la lumière, ce «feu»,  ce restant d’humanité, se trouvent. L’homme et son fils, toujours identifié avec seulement ce rapport l’un à l’autre,  se peinent à survivre à travers une poétique de la fin. Si les ancrages temporels sont aussi flous, les décors de deux œuvres se ressemblent, du Far West «la poussière soulevée par le détachement était vite dispersée et perdue dans l’immensité de ce paysage (McCarthy, 1985: 58)» au passage apocalyptique; «la cendre volante se déplaçant au-dessus de la route et dans le vent le grêle gémissement des fils morts tombant comme des mains flasques des poteaux électriques noircis (McCarthy, 2006: 13)».  Le sable et la chaleur sont transformés dans le plus récent opus en cendre et en froid. Dans ces deux univers, nous sommes en présence d’un monde dévasté: &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;«Le réel s&#039;abolit sans cesse dans la possibilité de sa destruction. Mais la puissance de ce[s]  roman[s]  tien[nen]t, en même temps, à l&#039;extrême lyrisme de son écriture qui donne à la faune, à la flore, à l&#039;univers minéral même, une densité, une force et une beauté que les humains, paradoxalement, peinent à atteindre. (Chassay: 111)»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question d’une humanité est intéressante lorsqu’on met les deux romans de ce même auteur en comparaison, puisque l’un roman semble ne pas l’avoir fondé et l’autre semble la regretter amèrement, devant se battre contre des cannibales, l’homme à son stade le plus primitif. La survie passe alors par la dévoration du semblable ou par la fuite : «Tôt ou tard ils nous attraperont et ils nous tueront. Ils me violeront. Ils le violeront. Ils vont nous violer et nous tuer et nous manger et tu ne veux pas regarder la vérité en face. (McCarthy, 2006: 55)» Une scène marquante du roman &lt;em&gt;La route&lt;/em&gt; est lorsque les peurs se concrétisent. Alors qu’ils entrent dans une maison pour y chercher de la nourriture, ils trouvent en effet ce dont les habitants de cette maison se nourrissent :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;«Tapis contre le mur du fond il y avait des gens tout nus, des hommes et des femmes, tous essayant de se cacher, protégeant leurs visages avec leurs mains. Sur le matelas gisait un homme amputé des jambes jusqu’aux hanches et aux moignons brûlés et noircis. L’odeur était atroce. (102)» &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les meutes d’hommes décrites par Sofsky ont plusieurs objectifs, dont ultimement celui de chasser l’homme pour le manger. «La lutte pour la survie est inévitable. Ce qui caractérise l’absence de loi,  ce n’est pas que chacun pratique constamment la violence, c’est qu’à chaque instant  il puisse frapper, avec ou sans fin précise. (Sofsky : 12)» Donc, il s’agit de la peur permanente d’un possible bain de sang, d’une totale absence de confiance en l’être humain autre que soi. Cette peur de son prochain est aussi reliée à l’état de fuite permanent  dans lequel les personnages sont inscrits. Ils sont alors dénaturés puisque sans racines, sans liens de filiation quelconque: l’homme en fuite, poursuivi «ne perd pas que son environnement habituel, il perd aussi son lieu propre, le théâtre de son histoire personnelle et la culture matérielle  qui en constituait le décor. Si jamais la fuite réussit et qu’il atteint quelque part un lieu sûr, c’est inévitablement un homme qui repartira de zéro. (148)»Dans le cas qui nous intéresse, cet état perpétuel de fuite pourrait couper le personnage de toutes filiations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la relation à son fils est à la fois ce qui le pousse à continuer. La figure du fils est alors son passé et son avenir, mais aussi, ce qui le ramène à une humanité, le retient de toute violence. Le contrat social du mythe de Sofsky est exactement cette filiation: il s’agit  d’un simple consensus entre le père et le fils qui délimite ce qu’il reste d’humain, de civilisé en eux : «Mais on ne mangerait personne? /Non. Personne. / Quoi qu’il arrive. / Jamais. Quoi qu’il arrive. / Parce qu’on est des gentils. / Oui. / Et qu’on porte le feu. / Et qu’on porte le feu. Oui. / D’accord. (McCarthy, 2006: 118)» Nous voyons ici le désir de prolonger un héritage, alors qu’il pourrait être facile de croire que dans un tel espace-temps, seule la barbarie peut exister. Néanmoins, la vie n’est pas possible, il s’agit avant tout de survie. Nous sommes en présence de personnage quasi mort-vivant. La destruction du monde dans &lt;em&gt;La route&lt;/em&gt; semble être une réponse à la déchéance de &lt;em&gt;Méridien de sang,&lt;/em&gt; car «Le massacre laisse des ruines, des cendres, des morts. Il détruit la vie, l’ordre, les choses de la culture (Sofsky: 169)». C’est précisément dans ce décor que le père et son fils évoluent : « À flanc de collines d’anciennes cultures couchées et mortes. (McCarthy, 2006: 24)»  Or, la question venait déjà dans &lt;em&gt;Méridien de sang&lt;/em&gt; : «Le vent salé du désert rongerait leurs ruines et il n’y aurait rien, ni fantômes ni scribe pour dire au voyageur sur son passage que des humains avaient vécu ici et comment ils y étaient morts. (McCarthy, 1985: 221)» Cette destruction totale du monde vient répondre au rêve de Holden, dans &lt;em&gt;Méridien de sang &lt;/em&gt;qui dessine et annote afin «d’effacer toutes ces choses de la mémoire des hommes (179)».  Alors, les pensées de père dans &lt;em&gt;La route&lt;/em&gt; surviennent en écho : « Le nom des choses suivant lentement ces choses dans l’oubli. Les couleurs. Le nom des oiseaux. Les choses à manger. (McCarthy, 1985: 83)» Cela suppose un réel intertexte, puisque les textes se répondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cormac McCarthy nous livre deux œuvres qui se répondent, en écho l’un à l’autre. L’un met en scène des barbares dans une réécriture de l&#039;histoire du continent, donnant lieu à multiples massacres, et l’autre nous montre la fin de ce même non-lieu qu’est les États-Unis, alors qu’un homme et son fils, des victimes, se sauvent justement de ces actes de barbarie, essayant de rejoindre une communauté espérée. Les deux œuvres nous montrent deux quêtes du Sud,  mais dans deux  expressions de la chasse à l‘homme: les victimes et les bourreaux; les Américains qui tuent tout sur leur passage, en tendant de se soustraire à toute éthique, toutes lois, se dégageant de l’ordre établi au Nord-Est d’un côté et les victimes père et fils qui tentent seulement de survivre sans se faire manger par les «sectes sanguinaires (21)». Cette superposition des deux œuvres recrée ainsi le même cycle que celui explicité par Sosfky: «la violence crée le chaos et l’ordre crée la violence (12)». Cette dialectique  tend à prouver que la violence s’engendre elle-même sans possibilités de l’exclure, toujours intrinsèquement liée à l’ordre, comme la fuite et la chasse le sont, l’une provoquant l’autre. Cormac McCarthy nous livre donc deux œuvres d’une grande beauté à travers une poétique de la dévastation et de la violence, tant sur le plan formel que dans leurs sujets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Œuvres littéraires&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MCCARTHY, Cormac, &lt;em&gt;Méridien de sang&lt;/em&gt;, Éditions de l’Olivier, Points,  1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MCCARTHY, Cormac, &lt;em&gt;La route&lt;/em&gt;, Éditions de l’Olivier, Points, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ouvrages théoriques&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHASSAY,  Jean-François, «L’imaginaire de la fin»,  &lt;em&gt;Spirale&lt;/em&gt;, n° 228, 2009, p. 110-111.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CRIGNON, Claire, &lt;em&gt;Le mal,&lt;/em&gt; Flammarion, GF Corpus, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOFSKY, Wolfgang,  &lt;em&gt;Traité de la violence&lt;/em&gt;, Gallimard, NRF essais, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WOOD, James, «Red Planet», &lt;em&gt;The New Yorker,&lt;/em&gt; 25 juillet 2005 (En ligne:  &amp;lt;&lt;a href=&quot;http://www.newyorker.com/archive/2005/07/25/050725crbo_books&quot;&gt;http://www.newyorker.com/archive/2005/07/25/050725crbo_books&lt;/a&gt; &amp;gt; Page consulté le 21 septembre 2012)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_4z6anoa&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_4z6anoa&quot;&gt;1.&lt;/a&gt;  Ben Nichols, dans son album inspiré de &lt;em&gt;Méridien de sang&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_yntlatx&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_yntlatx&quot;&gt;2.&lt;/a&gt;  James, «Red Planet», &lt;em&gt;The New Yorker,&lt;/em&gt; 25 juillet 2005 (En ligne :  &amp;lt;&lt;a href=&quot;http://www.newyorker.com/archive/2005/07/25/050725crbo_books&quot;&gt;http://www.newyorker.com/archive/2005/07/25/050725crbo_books&lt;/a&gt;&amp;gt; Page consulté le 21 septembre 2012) &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Thu, 08 Oct 2015 12:56:09 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Fanie Demeule</dc:creator>
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 <title>L’Histoire sans fin de Michael Ende: les contraintes imposées au personnage changeant de monde diégétique </title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-dossier field-type-entityreference field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/fronti%C3%A8res-et-conqu%C3%AAtes&quot;&gt;Frontières et conquêtes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;L’Histoire sans fin de Michael Ende: les contraintes imposées au personnage changeant de monde diégétique &lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/marie-%C3%A8ve-bolduc&quot;&gt;Marie-Ève Bolduc&lt;/a&gt; le 20/07/2015&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature/fiction&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema&quot;&gt;Cinéma&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/utopies&quot;&gt;Utopies&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/univers-paralleles&quot;&gt;Univers Parallèles&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;div data-loaded=&quot;true&quot; id=&quot;pageContainer7&quot; style=&quot;margin-left:auto;&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Dans &lt;em&gt;L’Histoire sans fin&lt;/em&gt; de Michael Ende, le jeune Bastien est aspiré dans le monde fictionnel alors qu’il lit les aventures d’Atréju, un guerrier chargé de trouver un remède à la maladie de la Petite Impératrice du Pays Fantastique. Bastien guérit la Souveraine et est récompensé par des qualités auxquelles il aspirait. Il réintègre son univers d’origine après avoir fait de nombreuses erreurs ayant failli lui coûter la raison. Ce roman présente deux mondes parallèles: un premier niveau diégétique  –considéré comme la réalité– et une métadiégèse –qui représente l’univers imaginaire. La relation entre ces deux mondes comporte des contraintes, auxquelles est exposé le personnage subissant un transfert d’univers. Ces restrictions sont en grande partie liées au décalage entre les propriétés des êtres de la diégèse et de la métadiégèse. Dans son chapitre «Structures de mondes»  de &lt;em&gt;Lector in fabula&lt;/em&gt;, Umberto Eco soutient que:&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left:40px;&quot;&gt;Pour définir un monde possible […] nous devons spécifier: (I) une famille d’individus actuels […]; (II) une famille de propriétés […] attribuées aux individus; (III) une «spécification d’essentialité» pour chaque propriété d’individu, d’après laquelle on peut établir si une propriété lui est essentielle ou pas; (IV) des relations entre propriétés (par exemple des relations d’implicitation). (Eco, 1985: 182)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Les quatre points que définit Eco me seront utiles pour établir les contraintes auxquelles est confronté Bastien. J’identifierai les individus dont le décalage des propriétés a un effet sur la relation entre les diégèses, et les propriétés en question. Je préciserai également le type de ces caractéristiques. Eco en reconnaît trois: accidentelles, nécessaires et essentielles. Alors que les propriétés accidentelles ont peu d’importance sur le déroulement de l’histoire, les structuralement nécessaires, aussi nommées «S-nécessaires», sont le moteur du récit; elles mènent d’un événement à l’autre et les faits seraient différents sans leur actualisation. Quant aux propriétés essentielles, elles sont stables, représentant la nature même de l’individu et sont sous-entendues par les caractéristiques S-nécessaires.&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_yx0kooz&quot; title=&quot;Pour simplifier les propos d’Umberto Eco, je me suis aidée du mémoire Analyse des niveaux de coopération textuelle dans La petite marchande de prose de Daniel Pennac de Geneviève Pronovost.&quot; href=&quot;#footnote1_yx0kooz&quot;&gt;1&lt;/a&gt; Nous traiterons aussi des relations entre les propriétés, ce qu’Umberto Eco considère comme la quatrième étape de la définition d’un monde possible. Nous commencerons par poser les bases du rapport entre les deux diégèses, pour ensuite identifier les contraintes qui découlent de ce rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Dans sa quête pour trouver un remède à la maladie de la Petite Impératrice, Atréju apprend d’un oracle deux propriétés essentielles aux individus de son monde fictionnel:&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left:40px;&quot;&gt;&lt;em&gt;Nous ne sommes que des personnages&lt;br /&gt;dans le livre où l’on nous a créés.&lt;br /&gt;Rien que des rêves, des spectres, des images,&lt;br /&gt;incapables de rien inventer.&lt;br /&gt;Créer du neuf, nul ne s’y entend&lt;br /&gt;parmi nous […].&lt;br /&gt;Mais hors des frontières de notre domaine&lt;br /&gt;vit un peuple, la race humaine,&lt;br /&gt;qui jouit justement de cette faveur.&lt;/em&gt;&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_mks1zgx&quot; title=&quot;Le passage est en italique dans le roman.&quot; href=&quot;#footnote2_mks1zgx&quot;&gt;2&lt;/a&gt;(Ende, 1979: 132)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Les êtres du Pays Fantastique ont donc la propriété d’être fictifs. Ils sont nés de l’imagination des humains, individus de la diégèse qui, eux, sont réels. L’opposition réel/fictif est étroitement liée aux capacités des gens habitant chaque monde. Les êtres réels sont dotés de la capacité d’imagination, alors que les personnages, étant le fruit de la créativité humaine, sont incapables de concevoir quelque chose de neuf. Ces caractéristiques ne sont pas nécessaires, car elles ne posent en elles-mêmes aucune problématique pouvant être résolue par des actions des personnages principaux. Toutefois, elles constituent le fondement des individus des deux diégèses et sont à l’origine des propriétés structuralement nécessaires qui instaureront une dépendance vitale entre ces univers. Elles sont donc essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Le Pays Fantastique est gouverné par la Petite Impératrice, un personnage existant depuis toujours et dont «[l]a mort aurait en même temps signifié l[a] fin [de] tous [les habitants de la métadiégèse]» (Ende, 1979: 43). Elle représente donc une propriété essentielle des êtres imaginaires. «Son existence ne se mesure pas en temps, […] mais en noms. […] [E]lle en a déjà eu beaucoup. Mais ils sont tous oubliés» (Ende, 1979: 75). Le début du récit nous apprend une caractéristique S-nécessaire de la Petite Impératrice: elle est malade et a besoin d’un nouveau nom pour retrouver la santé, car «[c]’est seulement leur nom véritable qui donne aux êtres et aux choses leur réalité» (Ende, 1979: 201). Le texte présente la désignation comme une propriété essentielle à tout être vivant et à tout objet. La Souveraine a besoin d’un nouveau nom lorsque tous les habitants de son monde ont oublié sa précédente désignation, ce qui l’en prive. Or, puisque les personnages sont incapables de créer, la Petite Impératrice doit s’en remettre aux humains. «&lt;em&gt;C’est à eux que fut consenti/ le pouvoir de donner des noms./ À la Petite Impératrice, ils ont/ de tout temps conféré la vie&lt;/em&gt;»&lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_nej2qd6&quot; title=&quot;Le passage est en italique dans le roman.&quot; href=&quot;#footnote2_mks1zgx&quot;&gt;2&lt;/a&gt; (Ende, 1979: 132). La Souveraine du Pays Fantastique est la personnification de la dépendance des individus de cette diégèse envers leurs créateurs. Si elle ne bénéficie pas d’une nouvelle désignation lorsqu’elle en a besoin, son monde se détruit et ses habitants également. L’oracle ajoute: «&lt;em&gt;Désormais pourtant nous vivons sans eux,/ ils ne savent plus trop comment nous sommes,/ le chemin vers nous, ils l’ont oublié.&lt;/em&gt;» (Ende, 1979: 132) Cette propriété des êtres humains est nécessaire. Ils doivent se rendre dans le monde imaginaire pour le renouveler, le recréer. Mais leur ignorance envers le Pays Fantastique et la manière de s’y rendre retarde le processus d’assignation du nouveau nom de la Petite Impératrice. Petit à petit apparaissent dans ce monde des portions de néant qui aspirent le paysage et tout personnage s’en tenant trop près. Cette dépendance à la créativité des humains et la méconnaissance de ces derniers de l’univers fictionnel sont des propriétés structuralement nécessaires, car elles sont à la base du récit de &lt;em&gt;L’Histoire sans fin&lt;/em&gt;, comme nous le verrons bientôt.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Les portions de néant ne représentent pas un danger uniquement pour le Pays Fantastique. Elles affaiblissent aussi graduellement le monde réel, dans un cercle vicieux risquant de conduire à la destruction des deux diégèses. Le néant est la porte d’entrée des êtres fictifs vers la réalité. Mais alors que les humains se rendant dans le monde imaginaire y gardent leur forme initiale, il n’en est pas de même pour les personnages faisant le voyage inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left:40px;&quot;&gt;Ils deviennent des idées folles dans les têtes des hommes, des idées qui font qu’ils ont peur, là où il n’y a en réalité rien à craindre, des idées qui leur font convoiter des choses qui les rendent malades, des idées qui les font désespérer alors qu’il n’y a aucune raison de le faire. (Ende, 1979: 170)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Puisqu’ils sont des êtres relevant du mental, les individus du deuxième niveau diégétique restent dans le domaine de l’imaginaire lors de leur transfert dans le monde réel; ils ne prennent pas de forme concrète. Mais ils ne sont pas à leur place, ne devraient pas franchir la frontière. Les humains ne peuvent les reconnaître et les désignent comme des mensonges. Les personnages deviennent des illusions qui briment la santé mentale des individus du monde réel et leur donnent la conviction que le Pays Fantastique n’existe pas. Il s’agit d’une propriété S-nécessaire, car elle est à l’origine de la problématique du récit. Plus les êtres fictifs sont engloutis par le néant, moins les humains croient en la métadiégèse et moins cette dernière a de chances d’être sauvée. Les deux mondes possibles sont donc dans une relation d&#039;interdépendance, car le premier doit veiller au renouvellement du second, sinon la destruction de ce dernier entraînera l’anéantissement de l’autre.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Bastien est choisi par le Pays Fantastique pour être son sauveur. Le garçon est plus compétent que la majorité des humains pour cette tâche. Ayant une imagination débordante, il passe beaucoup de temps à «[s]’invente[r] des histoires [et] [s]’imaginer des noms et des mots qui n’existent pas» (Ende, 1979: 12). Si n’importe quel individu du monde réel peut donner un nouveau nom à la Petite Impératrice, Bastien est surqualifié pour la tâche. Le personnage principal est aussi désigné parce qu’il est plus réceptif que de nombreux humains à l’acceptation de l’existence du Pays Fantastique. Le monde fictionnel a besoin de quelqu’un capable de croire en lui et d’admettre qu’il y est réclamé. Or, Bastien «n’avait jamais pu se faire à l’idée que la vie soit aussi grise et indifférente, aussi dépourvue de mystère et de féerie» (Ende, 1979: 173). La créativité de l’enfant est une propriété accidentelle, puisque le texte reconnaît que tout homme peut donner un nouveau nom à la Petite Impératrice. C’est plutôt la réceptivité du garçon envers le Pays Fantastique qui est nécessaire au récit, car elle permet le transfert d’univers.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Ayant choisi son sauveur, le monde fictionnel l’appelle à lui et le charme pour s’assurer d’être entendu. Dans la librairie où il se réfugie pour fuir les enfants de sa classe, Bastien remarque &lt;em&gt;L’Histoire Sans Fin&lt;/em&gt;, que consultait le propriétaire de l’établissement: «C’[est] comme si de ce livre émanait une sorte de force magnétique qui l’attirait irrésistiblement» (Ende, 1979: 13). Le garçon «touch[e] le livre  –et au même instant, il sent […] au fond de lui comme un déclic, comme si un piège venait de se refermer» (Ende, 1979: 13). Ne pouvant plus maintenant quitter le commerce sans le roman, il le subtilise et s’enfuit. Lorsqu’il repense à cet événement une fois caché avec son butin, il lui apparaît comme une évidence «qu’il était venu [dans la librairie] uniquement à cause de ce livre, qui l’avait en quelque sorte appelé, de quelque mystérieuse façon» (Ende, 1979: 15). Bastien est donc contraint de partir avec &lt;em&gt;L’Histoire Sans Fin&lt;/em&gt; pour en faire la lecture. Il est choisi pour venir en aide au Pays Fantastique. L’étau se referme graduellement sur lui alors qu’il découvre le récit et s’attache à Atréju. Lorsque ce dernier traverse un miroir perméable dans lequel il voit Bastien au lieu de son reflet, il prend l’enfant humain avec lui, le forçant à le suivre dans ses aventures. Atréju arrivé chez la Petite Impératrice, celle-ci lui révèle: «Qu’il le sache ou non, [Bastien] appartient déjà à l’Histoire Sans Fin. Maintenant, il n’a plus la possibilité ni le droit de se dédire.» (Ende, 1979: 203) Par le charme que le Pays Fantastique exerce volontairement sur lui et par son propre intérêt envers le roman qui lui est présenté, le héros se trouve obligé au transfert de monde pour sauver la métadiégèse.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Après que Bastien ait nommé la Petite Impératrice «Enfant-Lune», celle-ci lui demande de recréer son monde. Elle lui dit: « –Le Pays Fantastique renaîtra de tes désirs, mon Bastien. […]/ “À combien de désirs ai-je droit? [demande-t-il.]/  –Autant que tu voudras  –plus il y en aura, mieux cela vaudra, mon Bastien. Le Pays Fantastique s’en trouvera d’autant plus riche et varié.» (Ende, 1979: 228) Le deuxième niveau diégétique se renouvelle donc par les souhaits des humains qui lui rendent visite. En le quittant, la Petite Impératrice laisse au garçon «AURYN, […] [son collier et] emblème […], qui fai[t] de celui qui le port[e] son ambassadeur. L’Enfant-Lune lui […] laiss[e] son pouvoir sur tous les êtres et les choses du Pays Fantastique» (Ende, 1979: 234). Le héros se trouve doté de grandes possibilités et est obligé de recréer le Pays Fantastique par ses souhaits. Ces contraintes sont plutôt des privilèges, car Bastien peut obtenir tout ce qu’il désire.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Dès que le garçon conçoit mentalement un vœu, le processus menant à son accomplissement s’engage, le Pays Fantastique configurant une région ou une situation qui lui offrira ce qu’il veut. Bastien souhaitant voir la Petite Impératrice alors qu’ils sont tous deux plongés dans les ténèbres, une forêt phosphorescente commence à croître. Voulant ensuite obtenir la force, d’immenses arbres se mettent à pousser dans cette forêt; l’enfant doit se frayer un chemin et réussit à plier les énormes troncs sans aucune difficulté. Il est ici question d’une propriété de la métadiégèse, pas uniquement de ses individus. Cette caractéristique est structuralement nécessaire, car les situations auxquelles est confronté le protagoniste sont étroitement liées à ces transformations, qui ont une grande importance dans le développement du récit. Un autre désir amène Bastien dans le palais du lion Graograman. L’animal, répondant aux questions de l’enfant, dit exister et attendre sa venue depuis toujours. Le héros est perplexe:&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left:40px;&quot;&gt;Tout cela est si singulier, conclut-il, un désir me vient à l’esprit et chaque fois il se passe aussitôt quelque chose qui s’y rapporte et qui l’exauce. Ce n’est pas le fruit de mon imagination, tu sais. J’en serais incapable. Jamais je n’aurais pu inventer les différentes plantes nocturnes de Perelin. Ou les couleurs de Goab  –ou toi! […] Et pourtant, tout n’existe qu’à partir du moment où j’ai éprouvé un désir. (Ende, 1979: 263)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Au Pays Fantastique, «[u]ne histoire peut être récente et cependant parler d’époques très reculées. Le passé naît avec elle» (Ende, 1979: 264). Ainsi, ce que crée Bastien par ses désirs existe depuis toujours à partir du moment où il l’a créé. Cette propriété essentielle de l’univers fictionnel est présentée à plusieurs reprises dans le texte, mais a une importance moindre sur le déroulement de l’histoire. Elle contribue seulement à augmenter la reconnaissance que reçoit Bastien, lorsqu’il se retrouve dans une situation où il est attendu depuis des années.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Le héros désire obtenir la beauté, la force, le courage, etc. L’acquisition de ces nouvelles caractéristiques suit toujours le même modèle. Bastien conçoit d’abord le désir, puis vit une situation par laquelle il confirme son obtention du trait voulu. Après une période de satisfaction plutôt brève, le garçon souhaite être doté d’un autre trait. Il en est ainsi après qu’il ait obtenu une belle apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left:40px;&quot;&gt;[S]a joie d’être beau se métamorphos[e] en quelque chose de différent: c’[est] comme si sa beauté allait de soi. Non pas qu’il en [est] moins heureux, mais il a […] l’impression qu’il en a […] toujours été ainsi.Il y a […] à cela une raison que Bastien ne comprendra […] que plus tard, beaucoup plus tard, et dont il n’a […] pas encore la moindre idée. C’est qu’en échange de la beauté qui lui a […] été accordée, il a […] dû oublier peu à peu qu’il avait jadis été gros et qu’il avait eu les jambes torses. (Ende, 1979: 236)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Les pouvoirs accordés par la Petite Impératrice sont donc à double tranchant. Pour chaque souhait réalisé, le protagoniste perd un souvenir de son monde. Mais il doit suivre le chemin de ses désirs afin de trouver son «Vœu véritable», qui le ramènera dans le monde des hommes. Or, l’emblème de l’Enfant-Lune «donne [à Bastien] le chemin e[n] [lui] enl[evant] en même temps le but» (Ende, 1979: 236). Réaliser ses désirs l’un après l’autre conduit effectivement l’enfant vers son souhait le plus profond, donc vers la diégèse, mais lui enlève aussi l’intention de retrouver son ancienne vie, car il s’en souvient de moins en moins. Bastien est dans une situation délicate, car il est nécessaire qu’il exauce ses désirs pour retrouver son monde, mais qu’il perd en même temps ses souvenirs et son envie de retourner dans la diégèse. Les pertes de mémoire et la nécessité de découvrir son «Vœu véritable» sont des propriétés S-nécessaires. En acquérant des qualités et perdant son passé, Bastien devient autre et est de plus en plus imbu de lui-même, ce qui l’amène à causer plusieurs torts aux habitants du Pays Fantastique. Croyant que son souhait le plus important est de devenir Petit Empereur, il tente d’usurper le pouvoir de l’Enfant-Lune, ce qui cause la mort de plusieurs personnes et le rapproche de la folie.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Après qu’Atréju ait fait échouer sa cérémonie de couronnement, Bastien se retrouve dans la Ville des Anciens Empereurs, dont les habitants semblent tous atteints de folie. Là-bas, le héros fait la connaissance du gardien de la ville, qui l’informe que les gens autour de lui viennent tous du monde réel:&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left:40px;&quot;&gt;[…] De tout temps il y a eu des hommes qui n’ont pas retrouvé le chemin de leur monde, expliqu[e] Argax. Au début ils ne le voulaient pas, et maintenant… disons qu’ils ne le peuvent plus.”Bastien v[oit] une petite fille qui fai[t] les plus grands efforts pour pousser un landau de poupée qui a[…] des roues carrées.“Pourquoi ne le peuvent-ils plus? demand[e]-t-il.–Il faudrait qu’ils le désirent. Mais ils ne désirent plus rien. Ils ont appliqué leur dernier désir à quelque chose d’autre. […] Tu ne peux avoir de désirs qu’aussi longtemps que tu te souviens de ton monde. Ceux d’ici ont dépensé tous leurs souvenirs. Et qui n’a pas de passé n’a pas non plus d’avenir. […] (Ende, 1979: 426-427)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Bastien apprend aussi que tous les résidents de la ville ont voulu être empereurs du Pays Fantastique. Ceux qui ont réussi à être couronnés ont soudainement perdu tous leurs souvenirs. Argax dit qu’«on ne peut tout de même pas se servir du pouvoir de la Petite Impératrice justement pour lui prendre le pouvoir» (Ende, 1979: 428). La folie qui atteint les humains amnésiques est une propriété nécessaire, car c’est confronté à cette réalité que Bastien change radicalement la nature de ses désirs et atteint l’humilité nécessaire à son salut.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;La Souveraine de l’univers fictionnel a déjà dit à Atréju:&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;margin-left:40px;&quot;&gt;Tous ceux qui ont séjourné parmi nous ont vécu quelque chose qu’ils ne pouvaient vivre qu’ici et quand ils sont retournés chez eux ils n’étaient plus les mêmes. Ils avaient appris à voir, parce qu’ils nous avaient vus sous notre forme véritable. Si bien qu’ils étaient aussi capables de voir leur propre monde et leurs congénères avec d’autres yeux. Là où ils n’avaient aperçu autrefois que quotidienneté, ils découvraient maintenant merveilles et mystères. (Ende, 1979: 199)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Cependant, les gardiens de la frontière diégétique «interdisent que quoi que ce soit franchisse le seuil du Pays Fantastique. Aussi Bastien doit-il rendre tout ce que la Petite Impératrice lui a offert» (Ende, 1979: 484). Avant de réintégrer son monde, l’enfant perd donc tous les attributs lui ayant été donnés par AURYN. Mais il ramène quelque chose qu’il ne pouvait obtenir que dans la métadiégèse: la véritable capacité d’aimer, qui constitue son «Vœu véritable». Cette faculté change la perception du monde de Bastien. Elle teinte sa vision des autres, de lui-même et de la vie en général. Grâce à elle, il s’accepte enfin avec ses qualités et ses défauts et se rapproche de son père, avec qui il avait jadis peu de contact. Le protagoniste pourra communiquer aux gens autour de lui cette capacité d’émerveillement qui leur ouvrira la porte vers le Pays Fantastique, permettant aux deux univers de rester en santé. Cette propriété des personnages ayant subi un transfert de monde est accidentelle, car elle n’est actualisée que dans la situation finale du récit. Elle permet seulement d’expliciter l’interdépendance entre les deux univers. &lt;em&gt;L&#039;Histoire sans fin&lt;/em&gt; présente deux univers en relation de &lt;em&gt;co-dépendance&lt;/em&gt;. Bastien se voit obligé d&#039;intégrer le Pays Fantastique pour veiller au bien-être de celui-ci, mais s&#039;aventurer dans un monde étranger comporte d&#039;importants risques d&#039;aliénation. Sortir sain d&#039;esprit d&#039;une telle expérience rend toutefois le héros apte à voir le monde différemment du reste des être humains.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;ECO, Umberto. 1985. «8. Structures de mondes.» In &lt;em&gt;Lector in fabula: le rôle du lecteur, ou, la coopération interprétative dans les textes narratifs.&lt;/em&gt; Paris: Grasset, «Le livre de poche. Biblio ess­ais», n°4098, p.157-225.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;ENDE, Michael. 1979. &lt;em&gt;L’Histoire sans fin.&lt;/em&gt; Paris: Stock, «Le Livre de Poche». 497p.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;PRONOVOST, Geneviève. 2003. «Le problème des propriétés nécessaires.» In «Analyse des niveaux de coopération textuelle dans &lt;em&gt;La petite marchande de prose&lt;/em&gt; de Daniel Pennac», mémoire de maîtrise. Trois-Rivières: Département de lettres, Université du Québec à Trois-Rivières, p.35-38. En ligne. &lt;/p&gt;
&lt;div data-canvas-width=&quot;377.7128763166667&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_yx0kooz&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_yx0kooz&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Pour simplifier les propos d’Umberto Eco, je me suis aidée du mémoire&lt;em&gt; Analyse des niveaux de coopération textuelle dans &lt;/em&gt;La petite marchande de prose &lt;em&gt;de Daniel Pennac &lt;/em&gt;de Geneviève Pronovost.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_mks1zgx&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#footnoteref2_mks1zgx&quot; class=&quot;footnote-label&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; &lt;a class=&quot;footnote-multi&quot; href=&quot;#footnoteref2_mks1zgx&quot;&gt;a.&lt;/a&gt; &lt;a class=&quot;footnote-multi&quot; href=&quot;#footnoteref2_nej2qd6&quot;&gt;b.&lt;/a&gt; Le passage est en italique dans le roman.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 20 Jul 2015 21:16:29 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier-Millette</dc:creator>
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 <title>Voyage au bout de la route</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-dossier field-type-entityreference field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier-th%C3%A9matique/laventure-cest-laventure&quot;&gt;L&amp;#039;aventure, c&amp;#039;est l&amp;#039;aventure!&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Voyage au bout de la route&lt;/h1&gt;
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&lt;p&gt;La problématisation du roman d’aventures qui se dessine au tournant du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle ne crée pas une coupure nette avec les codes traditionnels de ce genre littéraire. Au contraire, le récit moderne réinvestit plutôt ceux-ci à la lumière des événements sociaux ayant troublé cette période historique: événements démontrant, par leur nature, le leurre que constitueraient une perception manichéenne du monde jouxtée à une fin harmonieuse où le «bon» serait récompensé et le «méchant» puni. &lt;em&gt;Le Voyage au bout de la nuit &lt;/em&gt;de Louis-Ferdinand Céline ainsi que &lt;em&gt;On the Road&lt;/em&gt; de Jack Kerouac s&#039;inscrivent dans cette catégorie de romans qui continuent de participer à l&#039;édifice du genre tout en en renversant les fondations. Alors que le premier est rédigé dans le contexte de crise économique suivant la Première Guerre mondiale, le roman du Beat Kerouac paraît, lui, pendant un moment de répit entre le second grand conflit mondial et la Guerre froide. Malgré l&#039;émancipation de la règle qu&#039;incarnent ces romans, ils se doivent tout de même de mettre en scène la plus petite unité commune aux modèles premiers afin de mériter leur classification dans le genre aventurier: leurs trames narratives sont donc menées par une aventure faisant soudainement irruption dans la vie des héros pour en détruire l’équilibre. Chez Bardamu, l&#039;antihéros de Céline, ce moment-clé se présentera sous la forme d&#039;un engagement irréfléchi dans l’armée française; pour Kerouac, ce sera l&#039;arrivée impromptue dans sa vie rangée de Neal Cassady et de sa folie du mouvement qui l&#039;entraînera dans une fuite en avant. De la même façon, la subordination des mésaventures vécues par les protagonistes à certaines formes de dépaysement – géographique, mais aussi social – participe de cette filiation aux codes fondamentaux du genre. Bien que le dépaysement géographique semble le plus fortement marqué au premier abord, c&#039;est toutefois l&#039;influence de la société de la marge, obscure et méconnue de la foule, qui sera la plus significative dans le parcours des aventuriers. Or, si les deux œuvres participent d’un même mouvement transgressif des codes de l’aventure classique, celui-ci n&#039;apparaît pas dans les mêmes termes de l’une à l’autre. C’est dans cette optique de double comparatisme que nous choisissons d&#039;aborder la problématisation du récit d’initiation sous trois de ses aspects principaux: la substitution du héros-type par l’antihéros marginal, l’expérience du rapport à autrui et, finalement, l&#039;essence de la quête qui dirige le voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bardamu et Kerouac: histoire d’une désertion sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu’à récemment le roman d’aventures se devait de rencontrer l’horizon d’attentes d’un public y recherchant la satisfaction d’un retour victorieux à la stabilité suite à une série de  mésaventures confrontant le héros à tous les dangers. À ce sujet, Jean-Yves Tadié déclarait que «[l]’aventure est le dialogue de la mort et de la liberté; sauf exception, un roman d’aventures n’est pas tragique: face à la provocation mortelle, les hommes trouvent une issue.» (Tadié, 12) Cette croyance en un monde des possibles où existerait une claire dichotomie entre les notions de «bien» et de «mal», qui se reflétait dans le genre aventurier aux XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècles, est mise à mal par la réalité de la Première Guerre mondiale. En effet, l’expérience de la Grande Guerre démontre au monde que l’aventure véritable ne souscrit à aucun code. De la consternation créée par l’intrusion technologique dans l’art de la guerre – portant le nombre de pertes humaines à un nombre jusqu’alors inimaginable – à laquelle se juxtaposent les espoirs déçus que semblait permettre la victoire française et la crise économique qui frappe le pays une dizaine d&#039;années plus tard s&#039;élève une atmosphère de désillusion et d’incompréhension se réfléchissant dans le &lt;em&gt;Voyage au bout de la nuit.&lt;/em&gt;. Après les horreurs de la guerre, l’illusion d&#039;un refuge de civilisation que semblait offrir la société s’écroule, rendant désuète la représentation manichéenne du monde auparavant dépeinte dans la littérature d’aventure. L’homme découvre sa part de sauvagerie et comprend surtout que celle-ci n&#039;existe pas qu&#039;en l’ennemi. Cet état de fait se retrouve dans la généralité des termes utilisé dans le discours de Bardamu pour décrire les attaques allemandes, par opposition à la connotation nettement négative qui teinte les références faites au caractère personnel et infondé de la violence dont font preuve les gradés de l’armée française envers leurs soldats:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Si on avait dit au commandant Pinçon qu’il n’était qu’un sale assassin lâche, on lui aurait fait un plaisir énorme, celui de nous faire fusiller, séance tenante, par le capitaine de gendarmerie, qui ne le quittait jamais d’une semelle et qui, lui, ne pensait précisément qu’à cela. C’est pas aux Allemands qu’il en voulait, le capitaine de gendarmerie. (Céline, 24)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#039;influence de cette expérience de l&#039;absurdité de la guerre – et de la désillusion face à l&#039;Homme qu&#039;elle entraîne – sur la personnalité du héros déserteur provoque la problématisation de la figure de l&#039;aventurier et une déviation de son rapport même à l&#039;aventure. Le personnage principal du roman n’est plus un héros, mais un être marginal; de même que l&#039;incitation au voyage ne prend plus l&#039;aspect d&#039;une quête matérielle, glorieuse ou pour le service du bien commun, mais bien le refus de l’aventure de la guerre en soi. Par ailleurs Bardamu, dans une critique acerbe de la fierté nationaliste et du patriotisme français déclarera: «La race, […] c’est seulement ce grand ramassis de miteux […], chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins du monde.» (Céline, 8) Cette vision du monde, caractéristique de l&#039;appartenance du déserteur à la classe sociale défavorisée et oubliée de la nation, faisant de la société non ce lieu de stabilité à opposer à l’univers violent de l’étranger, mais une prison aliénante et déshumanisée de laquelle l’homme doit sortir pour se retrouver, participe aussi de cette déconstruction du paradigme manichéiste du roman d’aventures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport à la société articulera aussi le roman de Kerouac quelque vingt ans plus tard; représentant une génération «beat» pour laquelle «[l]e conformisme de la société étatsunienne moderne, de plus en plus oppressant à mesure qu’elle s’industrialisait et développait, au travers de ses médias triomphants, l’image standardisée d’un citoyen modèle a conduit […] à chercher le salut dans l’exil» (Le Pellec, 48). Jason Spangler, dans une étude comparative de &lt;em&gt;Sur la route &lt;/em&gt;et du roman de John Steinbeck &lt;em&gt;Les raisins de la colère&lt;/em&gt;, maintient qu’une philosophie semblable préside aux deux œuvres et que celle-ci découlerait de l’influence d’un même paradigme d’hégémonie culturelle s’actualisant aux dépens de l’individu aux époques de la Grande Dépression et de l’entre-deux-guerres.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;The Great Depression and the Fabulous Fifties are historical points at which the accepted wisdom of modernity operates at an accelerated pace. Increased governmental control, a turn toward mass over individual welfare, and the growth model of capitalism as the antidote for hardship inform the dominant sociopolitical philosophy of both eras. (Spangler, 309)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La description que fait Kerouac de la ville de New York, centre américain de cette hégémonie culturelle, entérine d’ailleurs cette théorie tout en marquant l’opposition formelle qu’y offre la route:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;J’avais fait un aller-retour de douze mille bornes sur le continent américain, et je me retrouvais dans Times Square; et en pleine heure de pointe, en plus, si bien que mon regard innocent, mon regard de routard, m’a fait voir la folie, la frénésie absolue de cette foire d’empoigne, où des millions et des millions de New-Yorkais se disputent le moindre dollar, une vie à gratter, prendre, donner, soupirer, mourir, tout ça pour un enterrement de première classe dans ces abominables villes-mouroirs, au-delà de Long Island. (Kerouac, 311)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet extrait met en scène les grands &lt;em&gt;topo&lt;/em&gt;ï nés d’un legs socio-historico-culturel semblable que partagent les œuvres de Kerouac et de Céline: l’innocence et la lucidité du voyageur évoluant en marge de la collectivité; la folie de cette foire qui se nomme «modernité»; l’aveuglement des masses qui évoluent sous le joug des valeurs imposées par la Culture; la fin que chacun trouve au terme du voyage, sans distinction de conditions sociales. Ces thèmes communs permettent d&#039;inscrire les deux œuvres dans un même mouvement de transgression du récit d’aventures classique. C&#039;est toutefois à partir de la grande expérience qui les sépare, celle de la Première Guerre mondiale, que nous croyons devoir aborder leur principale distinction: le traitement de la problématisation du héros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’auto-exclusion sociale de Bardamu est intimement liée à l’épreuve de la guerre et à la naissance d’un sentiment d’incompréhension face au monde qu&#039;elle a révélé. Néanmoins, nous ne pouvons exclure la part jouée par sa condition sociale dans la lucidité dont il témoigne face à ses contemporains. La bourgeoisie, dans le &lt;em&gt;Voyage au bout de la nuit&lt;/em&gt;, est majoritairement épargnée par l’horreur des champs de bataille. De son élite achetant les faux diagnostiques qui tiennent les conscrits à l’écart du «champ d’honneur» aux bonnes-femmes enthousiasmées par la gloire du service de la patrie qu&#039;évoque la mère de Bardamu, la bourgeoisie forme une classe vivant dans l’illusion des discours patriotiques. La nécessité d’une dissociation de ce corps social abruti ne figure pas uniquement dans le discours de Ferdinand: il est aussi symbolisé par le déplacement physique de l’homme qui voyage, incapable de trouver un lieu d’appartenance où se fixer au milieu de ces hommes dissemblables. Bardamu devient, chez Céline, la figure de l’antihéros: «[p]erdu parmi deux millions de fous héroïques et déchainés et armés jusqu’aux cheveux» (Céline, 13), déserteur posant la question de la définition de l’héroïsme et de la lâcheté. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;La guerre en somme c’était tout ce qu’on ne comprenait pas. Ça ne pouvait pas continuer. […] J’avais comme envie malgré tout d’essayer de comprendre leur brutalité, mais plus encore j’avais envie de m’en aller, énormément, absolument, tellement tout cela m’apparaissait soudain comme l’effet d’une formidable erreur. «Dans une histoire pareille, il n’y a rien à faire, il n’y a qu’à foutre le camp», que je me disais, après tout… (Céline, 12)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S’élevant contre le héros au service de la patrie, le voyage qu’il entreprend constitue une quête existentielle ‒ la recherche d’une authenticité ne s’accordant pas avec la pantomime sociale. Ce faisant, Bardamu accomplit ce qu’il définit comme l’ultime tâche des pauvres: «essay[er] de perdre en route tout le mensonge et la peur et l’ignoble envie d’obéir qu’on leur a donnée en naissant. […] S’ils y sont parvenus avant de crever tout à fait alors ils peuvent se vanter de n’avoir par vécu pour rien» (Céline, 379). Au surhomme courageux guidé par un but ultime et ne déviant de sa route que pour y revenir triomphant, Bardamu oppose l’éloge de la lâcheté et la tâche suffisante de se débattre «autant contre la vie que contre la mort» (Céline, 374). Ainsi, «[t]oute possibilité de lâcheté devient une magnifique espérance à qui s’y connaît. […] Il ne faut jamais se montrer difficile sur le moyen de se sauver de l’étripade […] Y échapper suffit au sage» (Céline, 120).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La désaffiliation de Kerouac, suffocant sous le «cauchemar climatisé» qu’évoquait Henry Miller (Le Pellec, 48), succède à l&#039;incompréhension et à la désertion de Céline. Les membres de la «beat generation» dont &lt;em&gt;Sur la route&lt;/em&gt; fait l’éloge ressentent eux aussi la nécessité de pourchasser une vérité plus essentielle hors des contingences sociales, toutefois leur quête est davantage spirituelle que celle du héros célinien. John Clellon Holmes, dans un article du New York Times de 1952, définissait ce terme obscur de «beat generation» de la façon suivante:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;More than a mere weariness, it implies the feeling of having been used, of being raw. It involves a sort of nakedness of mind, and ultimately, of soul; a feeling of being reduced to the bedrock of consciousness. In short, it means being undramatically pushed up against the wall of oneself. […] The absence of personal and social values is to them, not a revelation shaking the ground beneath them, but a problem demanding a day-to-day solution. &lt;em&gt;How &lt;/em&gt;to live seems to them much more crucial than &lt;em&gt;why&lt;/em&gt;. (Clellon Holmes)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, au pessimisme de Ferdinand Bardamu et à la profondeur recherchée par celui-ci pourraient être opposés l’idéalisme qui pousse Kerouac au voyage et la quête Beat d&#039;une transcendance à trouver dans «la pureté de la route… la pureté du voyage, de la destination, quelle qu’elle soit, le plus vite possible, dans la jouissance de tous les possibles» (Kerouac, 36). Par ailleurs, Kerouac ne désavoue pas un désir flottant de stabilité et d’un certain conformisme qui le distingue au sein de sa sous-culture:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Mener une vie saine, être bien logé, bien se nourrir, prendre du bon temps, le travail, la foi, l’espérance, moi j’y croyais. J’y ai toujours cru. Et je n’étais pas peu surpris de découvrir que j’étais une des rares personnes à y croire sincèrement sans en faire pour autant une philosophie bourgeoise ennuyeuse. (Kerouac, 417)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette inclination porte certains échos d’une paix à laquelle aspirerait Bardamu, sans toutefois croire à ses possibilités de réalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autrui: la sagesse de la sauvagerie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en adoptant une posture de désengagement social, les deux protagonistes se réinscrivent malgré tout par la marge au sin d&#039;une communauté d’exclus. Bien que l&#039;alacrité des jugements de Bardamu camoufle  un certain désir d&#039;appartenance, sa présence latente se révèle dans ce qui semble être une ambivalence du personnage face au monde. Dans leur analyse de l&#039;oeuvre, A-C et J-P D&#039;Amour déclarent à ce sujet:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;Si le Réel est tragique, c’est finalement parce qu’il ôte à l’homme tout espoir d’harmonie avec les «semblables», qu’il démontre, &lt;em&gt;par la force des choses&lt;/em&gt;, l’échec des idéaux de l’humanisme; le narrateur devient alors le lieu de ce conflit tragique, où s’affrontent deux perceptions inconciliables de la réalité: une intuition de la vérité agressive et malfaisante des choses et de l’humanité, et le désir impraticable de communion humaine. (Damour, 57)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports que le médecin entretient avec les Henrouille exemplifient cette ambivalence face à une solidarité désirée et repoussée toute à la fois. L&#039;hôpital psychiatrique où se terminera son parcours deviendra lui aussi le lieu de formation d’une communauté contre-culturelle où s’instaureront des rôles et des rapports sociaux définis. Ce besoin d’appartenance intrinsèque à l’homme est plus frappant chez Kerouac, témoin de l’émergence d&#039;une culture «beat» rassemblant en communauté une nuée d’êtres marginaux qui s&#039;élèvent contre la &lt;em&gt;doxa&lt;/em&gt; tout en maintenant un rapport dialectique avec la société: «Brought up during the collective bad circumstances of a dreay depression, weaned during the collective uprooting of a global war, they distrust collectivity. But the never have been able to keep the world out of their dreams» (Clellon Holmes). En somme, cette caractéristique commune aux deux romans qui fait du contact avec autrui le lieu de l&#039;apprentissage du protagoniste contribue à les inscrire dans la poétique du roman initiatique telle que décrit par Matthieu Lettourneux:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[L]es scènes d’épreuves des limites (faim, soif, fatigue), sont chaque fois pour les personnages la découverte du ‘’sauvage’’ en eux-mêmes. Or, ces éléments sont à lier à la problématique de l’initiation: si le roman d’aventures prend la forme d’une quête initiatique et que celle-ci se fait à travers la confrontation avec le &lt;em&gt;wild&lt;/em&gt;, c’est que l’apprentissage est aussi un apprentissage de la sauvagerie […] Le guide (l’initiateur) est en général quelqu’un qui appartient à ce monde du &lt;em&gt;wild&lt;/em&gt;. Dans tous les récits, le héros ne sera devenu un homme à part entière que lorsqu’il aura été initié à la sauvagerie de l’autre, mais surtout en lui-même. (Lettourneux)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robinson et de Neal, personnages appartenant au monde de la route – cette &lt;em&gt;wildness&lt;/em&gt; contemporaine – de façon inhérente possèdent une folie et un désir d’action les &lt;strong&gt;poussant&lt;/strong&gt; aux actes extrêmes et délinquants connotés de cette sauvagerie première. Cette frénésie fait défaut aux deux héros, positionnés ici en contemplateurs et disciples de ces «initiateurs». Par conséquent, les premiers possèdent une valeur symbolique similaire à celle de la figure du guide évoquée par Lettourneux: celle d’attirer à leur suite les personnages ambivalents que sont Ferdinand et Jack. Sous cet aspect, la mise à distance des codes traditionnels s&#039;effectue plutôt au niveau de l’importance narrative accordée à ces compagnons de route dans l’ordre du récit: nulle question, dans le roman contemporain, un rôle subordonné de mise en valeur des prouesses du héros. Kerouac distingue l&#039;importance de Neal sur sa route, embrayeur de sa vie aventureuse: «Avec l’arrivée de Neal a commencé cette partie de ma vie qu’on pourrait appeler ma vie sur la route. Avant, j’avais toujours rêvé d’aller vers l’Ouest, de voir le pays, j’avais toujours fait de vagues projets, mais sans jamais démarrer, quoi, ce qui s’appelle démarrer» (Kerouac, 154). De même, si Robinson n’est pas à la source la quête de Bardamu, son influence est malgré tout indéniable sur la suite de ses pérégrinations:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[À] suivre Robinson comme ça, parmi ses aventures, j’avais pris du goût pour les machins louches. À New York déjà quand j’en pouvais plus dormir ça avait commencé à me tracasser de savoir si je pouvais pas accompagner plus loin encore, et plus loin, Robinson. On s’enfonce, on s’épouvante d’abord dans la nuit, mais on veut comprendre quand même et alors on ne quitte plus la profondeur. (Céline, 381)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d’ailleurs significatif que la mort de Robinson coïncide avec le constat de défaite de Bardamu et la fin décisive de son voyage. De la même façon, la fascination qu&#039;exerce la folie de Neal sur Kerouac poussera l&#039;auteur à reprendre la route à sa suite après chaque retour à un état de stabilité, jusqu’à la cassure mexicaine finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les lieux de l’initiation de Bardamu et de Kerouac sont ceux des rencontres faites parmi la population de la nuit qui se dessinent en creux dans la grande aventure de la route. Le coudoiement de ces existences singulières contribue à la formation du héros par la vérité leurs expériences et les valeurs singulières qu’elles véhiculent. Dans le contexte de problématisation de l’aventure, le caractère initiatique ne s’exprime plus par l&#039;acquisition de qualités de courage et de masculinité arrachées à l’adversité, mais par la découverte d’une quintessence authentique et d’un regard transcendant la matérialité du monde. À ce sujet, Yves Le Pellec déclare que le principal reproche porté contre les Beats par leurs contemporains fut «d’avoir trahi l’Ivy League pour chercher le sens dans des &lt;em&gt;sous-cultures&lt;/em&gt;, d’avoir renié les discours établis pour adopter la langue et les valeurs analphabètes des bas-fonds» (Le Pellec, 49). Ce blâme d&#039;une valorisation de l’expérience plébéienne pourrait aussi être attribué au discours célinien. Dans des registres différents, Burroughs et la fille Henrouille personnifient tous deux une sagesse atypique: la connaissance des choses de la vie acquise au contact des profondeurs de l’humanité dont Jack et Ferdinand sont vainement à la recherche. Ainsi William Burroughs, morphinomane notoire, est révéré en prophète par Neal et Kerouac; maître ayant&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;le droit d’enseigner puisqu’il passait sa vie à apprendre; ce qu’il apprenait, c’était précisément les choses de la vie, non par nécessité, mais par goût. Il avait traîné sa carcasse dans tous les États-Unis et l’Afrique du Nord à une époque, pour voir ce qui s’y passait. […] À présent, son dernier sujet d’étude était la toxicomanie. Il s’était installé à La Nouvelle-Orléans, où il se glissait dans les rues comme une ombre, fréquentant des personnages louches, hantant les bars où trouver ses contacts. (Kerouac, 363)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant à Bardamu, ses rapports à la fille Henrouille manigançant la mort de sa belle-mère à défaut de son internement, illustrent le rôle de catalyseur joué par la rencontre de l’autre dans l’aventure:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 40px;&quot;&gt;[T]out d’un coup, là, j’avais plus envie de la revoir. Je m’étais trompé en cherchant à la revoir. Là, devant chez elle, je découvrais soudain qu’elle n’avait plus rien à m’apprendre […] J’étais arrivé plus loin qu’elle dans la nuit à présent […] On s’était quittés pour de bon… Pas seulement par la mort, mais par la vie aussi… Ça s’était fait par la force des choses… Chacun pour soi! que je me disais… Et je suis reparti de mon côté, vers Vigny. (Céline, 462)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu’inscrit dans la perspective plus sombre qui caractérise le &lt;em&gt;Voyage au bout de la nuit&lt;/em&gt;, son rôle est somme toute similaire à celui joué par Burroughs. Pour Ferdinand, la valeur d’autrui se situe dans la possibilité de lui extorquer une connaissance exacerbée de la profondeur des choses. L’autre constitue un arrêt momentané dans l’aventure ‒ une mésaventure, pour ainsi dire ‒ de laquelle le héros tire un apprentissage qui le propulsera dans une nouvelle direction sur la route. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le voyage: tous les chemins mènent à la nuit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parallèlement à la déconstruction des personnages types, vue précédemment à travers ceux de Bardamu et de Kerouac, la désaffiliation sociale qu’ils préconisent permet corollairement de réinscrire leurs mésaventures dans les codes traditionnels de l’aventure. C’est en effet leur caractère marginal qui les pousse à franchir les frontières de leur environnement immédiat pour explorer des territoires étrangers. Bien entendu, le dépaysement géographique est le plus aisément associé au périple de la route. Néanmoins ce déplacement acquiert sa signification en rapprochant l’homme des marges physiques de la société dont la  rencontre avec leur faune particulière est le principal facteur d’influence sur le routard. Par la mise en place d’un dépaysement social en surimpression, Kerouac et Céline portent au regard une multitude de communautés existant en périphérie de l’hégémonie culturelle qu’ils dénoncent: ouvriers de San Francisco et travailleurs mexicains des champs de coton chez l’Américain; ouvriers de Detroit et pauvres campagnards sans éducation chez le Français; vagabonds de la route sans fin chez les deux auteurs. En somme, «[l]e désir de voyager n’est pas gratuit; on pense trouver sur un sol étranger l’évasion, on veut rompre avec une civilisation qui a prouvé qu’elle ne savait pas éviter la barbarie, on pense échapper à la monotonie d’une vie réglée» (Damour, 29). Bien que Kerouac, dans l’esprit beat qui le caractérise, tente de conserver un enthousiasme de la quête faisant défaut à Bardamu, leur désenchantement final sera le même: tous les endroits se ressemblent et la misère se vaut partout. Bardamu, déboulant à Rancy au retour de l’Amérique fera ce constat désolant: «La lumière du ciel à Rancy, c’est la même qu’à Détroit, du jus de fumée qui trempe la plaine depuis Levallois» (Céline, 238). De la même façon le grand rêve portant le voyage de Kerouac, «s’attend[ant] toujours à trouver une forme de magie au bout de la route» (Kerouac, 346), ne résistera pas à la confrontation à l’ampleur de l’échec du rêve américain ainsi qu’à la vision de sa jeunesse désabusée qui se déroule sous son regard d’un bout à l’autre du continent: «Quelqu’un avait incliné le flipper de l’Amérique, et tous les dingues dégringolaient comme des boules sur L.A. dans l’angle sud-ouest. J’ai pleuré sur nous tous. Tristesse de l’Amérique, folie de l’Amérique: sans fond» (Kerouac, 304). Cette &lt;strong&gt;défaite&lt;/strong&gt; des idéaux rencontrée à chaque arrêt repousse toujours plus loin – éthiquement et géographiquement – la quête existentielle. L’antihéros célinien cherche à pénétrer plus profondément au cœur des ténèbres; Kerouac cherche à repousser les frontières enfermant l’homme en parcourant l’Amérique en tous sens sur les traces des pères fondateurs. Cette désillusion porte, malgré tout, en elle la marque de l’apprentissage, de l’initiation du jeune homme au contact de la vie. Alors que Bardamu, au moment de quitter New York, déclare: «Je retournai tout seul en moi-même, bien content d’être encore plus malheureux qu’autrefois parce que j’avais rapporté dans ma solitude une nouvelle façon de détresse, et quelque chose qui ressemblait à du vrai sentiment» (Céline, 230), Kerouac, lui, conclut: «Derrière nous, le continent américain, et tout ce que Neal et moi on avait appris de la vie, et de la vie sur la route» (Kerouac, 564).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En définitive, la route de Kerouac et le voyage au bout de la nuit de Céline partagent beaucoup plus qu’une simple thématique commune. Connotée moins négativement que chez son confrère français, la nuit marque aussi l’expérience vagabonde de l’écrivain Beat. Elle évoque la culture ésotérique des communautés marginales évoluant dans les quartiers sombres des métropoles: populations nocturnes caractérisées par leur opposition à la société diurne, symbole d’une main-d’œuvre coincée dans la spirale capitaliste et perpétuant le cycle de l’inconscience. En ce sens, la nuit de Kerouac rejoint celle de Céline: la quête de la vérité révèle l’obscurité de la vie. La nuit américaine paraît moins opaque, illuminée de scintillements d’espoir. Kerouac expérimentera le bout de la route en ressentant l’absence de Neal dans le silence de sa mélancolie, de la même façon que Bardamu se sédentariser dans la défaite à la mort de Robinson. «[Q]u’on n’en parle plus» (Céline, 505), voilà le point final. Par cette conclusion démontrant que le retour à la stabilité n’est pas garante de bonheur, les deux auteurs brisent les codes du roman d’aventures une dernière fois. Leur problématisation dans ces deux œuvres marquées par leur époque se joue à tous les niveaux. Aucun &lt;em&gt;topos&lt;/em&gt; n’y est laissé sans remaniement, réactualisation ou redéfinition suite aux expériences troubles de la modernité. L’infiltration de la «sauvagerie» au sein de la civilisation pourrait aussi être abordée autrement – sous l’angle du rapport à autrui en tant qu’étranger, par exemple. En effet, si le contexte socio-historique du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle semble avoir influencé les deux œuvres de façon semblable, le thème de la colonisation paraît de prime abord être le point de rupture de cette filiation. Les influences divergentes de la fin de l’époque coloniale française contemporaine à Céline et de l’esprit républicain américain sont probablement inhérentes à ces variations. Bien que Céline s’inscrive plus directement dans une pensée colonialiste associée à l’aventure classique, la question – même renversée – surplombe les références itératives de Kerouac aux jazzmen afro-américains et aux felahins «pères et origine du genre humain», en faisant le culte d’une image mythique de l’homme dépossédé de sa réalité sociale, tout comme le sauvage l’est pour le colonisateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Œuvres littéraires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CÉLINE, Louis-Ferdinand. &lt;em&gt;Voyage au bout de la nuit&lt;/em&gt;, Paris, Gallimard, «Folio», 2012, [1952].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KEROUAC, Jack. &lt;em&gt;Sur la route: Le rouleau original&lt;/em&gt;, Paris, Gallimard, «Folio», 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouvrages critiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMOUR, A.-C. et J.-P. &lt;em&gt;Voyage au bout de la nuit&lt;/em&gt;, Paris, Presses Universitaires de France, «Études littéraires»,1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TADIÉ, Jean-Yves. &lt;em&gt;Le roman d’aventures, &lt;/em&gt;Paris, Gallimard, «Tel», 2013 [1982].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Références en ligne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CLELLON HOLMES, John. «This Is The Beat Generation», &lt;em&gt;The New York Times Magazine&lt;/em&gt;, November 16, 1952. En ligne au &lt;a href=&quot;http://faculty.mansfield.edu/julrich/holmes.htm&quot;&gt;http://faculty.mansfield.edu/julrich/holmes.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PELLEC, Yves. «Jack Kerouac, &lt;em&gt;picaro&lt;/em&gt; de l’âme», &lt;em&gt;Études littéraires&lt;/em&gt;, vol. 26., no 3, 1994. En ligne au &lt;a href=&quot;http://id.erudit.org/iderudit/501054ar&quot;&gt;http://id.erudit.org/iderudit/501054ar&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LETTOURNEUX, Matthieu. «Le roman d’aventures». En ligne au &lt;a href=&quot;http://roman-daventures.com&quot;&gt;http://roman-daventures.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SPANGLER, Jason. «We’re on a Road to Nowhere: Steinbeck, Kerouac, and the Legacy of the Great Depression», &lt;em&gt;Studies in the Novel&lt;/em&gt;, Vol. 40, No. 3, Automne 2008. En ligne au &lt;a href=&quot;http://muse.jhu.edu/journals/sdn/summary/v040/40.3.spangler.html&quot;&gt;http://muse.jhu.edu/journals/sdn/summary/v040/40.3.spangler.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 17 Nov 2014 23:11:29 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Jessica Guillemette</dc:creator>
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 <title>L&#039;aventure, c&#039;est l&#039;aventure!</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/dossier-th%C3%A9matique/laventure-cest-laventure</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;L&amp;#039;aventure, c&amp;#039;est l&amp;#039;aventure!&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Directeur: &lt;a href=&quot;/auteur/antonio-dominguez-leiva&quot;&gt;Antonio Dominguez Leiva&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/auteur/sarah-grenier-millette&quot;&gt;Sarah Grenier-Millette&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«Un roman d’aventures n’est pas seulement un roman où il y a des aventures; c’est un récit dont l’objectif premier est de raconter des aventures, et qui ne peut exister sans elles», écrivait J. Y. Tadié en ouverture à son étude fondatrice sur le roman d’aventures publiée, symptomatiquement, un an après la réinvention en format blockbuster de l’aventure classique dans &lt;em&gt;Les Aventuriers de l’Arche Perdue&lt;/em&gt; (1981).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omniprésente dès les origines de la fiction (au point qu’on a pu en faire la condition &lt;em&gt;sine qua non&lt;/em&gt; du romanesque même), l’aventure se cristallise en un hyper-genre qui domine la littérature dite populaire de la modernité, déclinée en une multiplicité foisonnante d’hypo-genres (romans d’aventures maritimes, exotiques, historiques –voire plus spécifiquement de cape et d’épée–, policières, western, fantastiques, d’anticipation ou guerrières pour ne citer que les plus en vogue). Transmédiatique comme toute paralittérature qui se respecte, le roman d’aventures colonise tous les supports naissants qui vont concurrencer, voire éclipser, la littérature populaire, de la bande dessinée au cinéma, en passant par la radio et plus tard la télévision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, alors qu’elle triomphe ainsi partout, l’aventure va voir ses formats traditionnels s’étioler (déclin de la fiction de cape et d’épée, des récits d’exploration et d’«aventures mystérieuses», spécialisation de nouveaux genres hégémoniques tels que le roman policier, d’espionnage ou la science-fiction). Deux voies semblent alors s’ouvrir alors à elle: sa transformation profonde (jusqu’à la subversion, voire la parodie, de ses poncifs) sous la plume d’écrivains aventuriers qui traversent le siècle (de Cendrars à McCandless en passant par Kerouac ou Malraux) ou la fétichisation de ses codes sur différents supports (de Tintin à Bob Morane, Indiana Jones ou &lt;em&gt;Pirates des Caraïbes&lt;/em&gt;). Entre dissolution crépusculaire (Alex Garland, Barry Gifford, Marc Behm, etc.) et super-héroïsation nostalgique (voire méta-nostalgique, alors qu’on annonce le remake de &lt;em&gt;Romancing the Stone&lt;/em&gt;), l’appel de l’aventure ne cesse de revivifier la pop culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#039;hésitez pas à nous envoyer vos textes. Les dossiers thématiques POP-EN-STOCK, comme les articles individuels, sont à soumission ouverte. Une fois un numéro thématique «lancé», il demeure ouvert, indéfiniment, à quiconque voudrait y soumettre une collaboration. Le(s) directeur(s) d’un dossier s&#039;engage(nt) à évaluer et éditer les nouvelles propositions à leur dossier pour une durée de deux ans, sous la supervision des directeurs de la revue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La longueur des articles est variable. POP-EN-STOCK accepte une limite inférieure équivalente à sept ou huit pages (3000 mots), afin de favoriser la publication rapide, mais peut aussi accepter des articles beaucoup plus longs selon l&#039;offre (n&#039;étant pas limitée par un impératif de préservation de la forêt boréale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;view view-article-vs-dossier view-id-article_vs_dossier view-display-id-entity_view_1 view-dom-id-67685265ee41400040d349f641818834&quot;&gt;
      
  
  
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&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/le-voyage-extraordinaire-dans-l%C2%B4histoire-de-pi&quot;&gt;Le voyage extraordinaire dans L´Histoire de Pi&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/hiba-bencheqroun&quot;&gt;HIBA BENCHEQROUN&lt;/a&gt; le 28/11/2023&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;div&gt;Au sein du vaste ensemble des récits d´aventures, les voyages extraordinaires seunissent dépaysement géographique et fantastique, désignant, comme l’affirme Matthieu Letourneux, « les récits fondés sur la narration d’un voyage hors du commun […] où la machine ou le projet inouïs passent l’épreuve du monde sauvage […] [et] rencontre l’exotisme géographique &lt;a href=&quot;#_ftn1&quot; name=&quot;_ftnref1&quot; title=&quot;&quot; id=&quot;_ftnref1&quot;&gt;[1]&lt;/a&gt;».&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/le-voyage-extraordinaire-dans-l%C2%B4histoire-de-pi&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier-th%C3%A9matique/laventure-cest-laventure&quot;&gt;L&amp;#039;aventure, c&amp;#039;est l&amp;#039;aventure!&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/l%E2%80%99impossible-r%C3%A9demption-t%C3%A9n%C3%A8bre-de-paul-kawczak&quot;&gt; L’impossible rédemption. Ténèbre de Paul Kawczak&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/johanne-tanguay&quot;&gt;Johanne Tanguay&lt;/a&gt; le 1/04/2023&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/le-palimpseste-des-t%C3%A9n%C3%A8bres&quot;&gt;LE PALIMPSESTE DES TÉNÈBRES&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/rita-khemmari&quot;&gt;Rita Khemmari &lt;/a&gt; le 1/04/2023&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/le-palimpseste-des-t%C3%A9n%C3%A8bres&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier-th%C3%A9matique/laventure-cest-laventure&quot;&gt;L&amp;#039;aventure, c&amp;#039;est l&amp;#039;aventure!&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/du-mythe-am%C3%A9ricain-%C3%A0-l%C3%A8re-de-la-modernit%C3%A9-le-r%C3%AAve-d%C3%A9senchant%C3%A9-de-%C2%ABsur-la-route%C2%BB&quot;&gt;Du mythe américain à l&amp;#039;ère de la modernité: le rêve désenchanté de «Sur la route»&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/valerie-savard&quot;&gt;Valérie Savard&lt;/a&gt; le 9/12/2015&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Littérature&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/autres/aventure&quot;&gt;Aventure&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;Le débat entourant l&#039;influence d&#039;un territoire ou d&#039;une nation sur l&#039;œuvre d&#039;un artiste semble indénouable. Le philosophe Georg Lukacs affirmait pour sa part que chaque écrivain, indépendamment de sa posture et de sa conscience du phénomène, produit des œuvres qui, «pourvues qu&#039;elles soient artistiquement  vraies, [...] sont le produit des tendances les plus profondes de leur époque».&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/du-mythe-am%C3%A9ricain-%C3%A0-l%C3%A8re-de-la-modernit%C3%A9-le-r%C3%AAve-d%C3%A9senchant%C3%A9-de-%C2%ABsur-la-route%C2%BB&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/m%C3%A9ridien-de-sang-et-la-route-sympt%C3%B4me-d%E2%80%99une-perte-d%E2%80%99humanit%C3%A9&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/road_0.jpg?itok=3ssFLTqb&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier-th%C3%A9matique/laventure-cest-laventure&quot;&gt;L&amp;#039;aventure, c&amp;#039;est l&amp;#039;aventure!&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/m%C3%A9ridien-de-sang-et-la-route-sympt%C3%B4me-d%E2%80%99une-perte-d%E2%80%99humanit%C3%A9&quot;&gt;Méridien de sang et La route, symptôme d’une perte d’humanité&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/lauriane-lafortune&quot;&gt;Lauriane Lafortune&lt;/a&gt; le 8/10/2015&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/dystopie&quot;&gt;Dystopie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature/fiction&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/dystopies&quot;&gt;Dystopies&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/anticipation-sociale&quot;&gt;Anticipation sociale&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/post-apocalypse&quot;&gt;Post-apocalypse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;Dans un monde actuel où toute violence est occultée, irrecevable, la violence inaugurale des populations primitives est impressionnante et empreinte de ce que nous concevons comme étant une cruauté pure. Il est alors inconcevable que le monde américain, s’étant autoblanchi aujourd’hui de toute violence, ait pu fonder son pays dans une cruauté considérable. Cormac McCarthy, avec son œuvre «Méridien de sang» (McCarthy, 1985), démolit le mythe de la conquête véhiculé à travers les imageries western du courageux cowboy et du «bon sauvage».&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/article/m%C3%A9ridien-de-sang-et-la-route-sympt%C3%B4me-d%E2%80%99une-perte-d%E2%80%99humanit%C3%A9&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
  &lt;div class=&quot;views-row views-row-6 views-row-even&quot;&gt;
      
  &lt;div class=&quot;views-field views-field-nothing-1&quot;&gt;        &lt;span class=&quot;field-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;leftcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article-dune-publication/port-tropique-d%C3%A9construction-de-laventure&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/gifford_port-tropique_1.jpg?itok=936nh5Il&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;rightcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier-th%C3%A9matique/laventure-cest-laventure&quot;&gt;L&amp;#039;aventure, c&amp;#039;est l&amp;#039;aventure!&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article-dune-publication/port-tropique-d%C3%A9construction-de-laventure&quot;&gt;Port Tropique: déconstruction de l&amp;#039;aventure&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/st%C3%A9phanie-faucher&quot;&gt;Stéphanie Faucher&lt;/a&gt; le 18/11/2014&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/sous-cultures&quot;&gt;Sous-cultures&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema/fiction&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/autres/aventure&quot;&gt;Aventure&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;Port Tropique fait écho à des romans et des récits d’aventures passés tout en ancrant son histoire dans un contexte moderne. Les récits d’aventures ont revêtus des formes différentes avec le temps et ont condamnés différemment les pensées et les rêves de ceux qui lui étaient soumis. En effet, comme le dit si bien Venayre, l’aventure est d’abord une représentation, une image de la réalité plutôt que la réalité elle-même.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article-dune-publication/port-tropique-d%C3%A9construction-de-laventure&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
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  &lt;div class=&quot;views-field views-field-nothing-1&quot;&gt;        &lt;span class=&quot;field-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;leftcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article-dune-publication/voyage-au-bout-de-la-route&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/1399057612-johnson_kerouac_0.jpg?itok=55PSNE1F&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;rightcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier-th%C3%A9matique/laventure-cest-laventure&quot;&gt;L&amp;#039;aventure, c&amp;#039;est l&amp;#039;aventure!&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article-dune-publication/voyage-au-bout-de-la-route&quot;&gt;Voyage au bout de la route&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/valerie-savard&quot;&gt;Valérie Savard&lt;/a&gt; le 17/11/2014&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/sous-cultures&quot;&gt;Sous-cultures&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature&quot;&gt;Littérature&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature/fiction&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/culte&quot;&gt;Culte&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/autres/aventure&quot;&gt;Aventure&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;La problématisation du roman d’aventures qui se dessine au tournant du XXe siècle ne crée pas une coupure nette avec les codes traditionnels de ce genre littéraire. Au contraire, le récit moderne réinvestit plutôt ceux-ci à la lumière des événements sociaux ayant troublé cette période historique: événements démontrant, par leur nature, le leurre que constitueraient une perception manichéenne du monde jouxtée à une fin harmonieuse où le «bon» serait récompensé et le «méchant» puni. &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article-dune-publication/voyage-au-bout-de-la-route&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
  &lt;div class=&quot;views-row views-row-8 views-row-even&quot;&gt;
      
  &lt;div class=&quot;views-field views-field-nothing-1&quot;&gt;        &lt;span class=&quot;field-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;leftcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article/requiem-pour-la-beat-generation&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/on_the_road_movie.jpg?itok=hpquxCWT&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;rightcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier-th%C3%A9matique/laventure-cest-laventure&quot;&gt;L&amp;#039;aventure, c&amp;#039;est l&amp;#039;aventure!&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article/requiem-pour-la-beat-generation&quot;&gt;Requiem pour la Beat Generation&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/antonio-dominguez-leiva&quot;&gt;Antonio Dominguez Leiva&lt;/a&gt; le 6/11/2014&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/sous-cultures&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Sous-cultures&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature&quot;&gt;Littérature&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema&quot;&gt;Cinéma&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/autres/aventure&quot;&gt;Aventure&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;L’adaptation par Walter Salles du cultissime roman On the Road (2012) vient parachever un processus de recyclage culturel de la génération Beat, «rebootée» pour la génération (néo)hipster (le film lui-même semble, plus qu’une adaptation, le reboot d’une franchise imaginaire). &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article/requiem-pour-la-beat-generation&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
  &lt;div class=&quot;views-row views-row-9 views-row-odd&quot;&gt;
      
  &lt;div class=&quot;views-field views-field-nothing-1&quot;&gt;        &lt;span class=&quot;field-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;leftcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article/d%C3%A9passement-des-fronti%C3%A8res-et-nostalgie-de-lespace-dans-wild&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/into-the-wild.jpg?itok=j65bUr_p&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;rightcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier-th%C3%A9matique/laventure-cest-laventure&quot;&gt;L&amp;#039;aventure, c&amp;#039;est l&amp;#039;aventure!&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article/d%C3%A9passement-des-fronti%C3%A8res-et-nostalgie-de-lespace-dans-wild&quot;&gt;Dépassement des frontières et nostalgie de l&amp;#039;espace dans Into The Wild&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/catherine-ouellet&quot;&gt;Catherine Ouellet&lt;/a&gt; le 6/11/2014&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/medias/cinema/fiction&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/autres/aventure&quot;&gt;Aventure&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;Récit à la frontière des genres, Voyage au bout de la solitude pérennise l’histoire de Christopher McCandless, ainsi que celle de plusieurs autres aventuriers dont le destin s’apparente à celui du jeune homme. Le livre de Jon Krakauer qui n’est pas un vraiment roman ni tout à fait une biographie ou un reportage  ̶  relate, à travers un morcellement du récit, une seule et grande aventure: celle de l’expérience des frontières. &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article/d%C3%A9passement-des-fronti%C3%A8res-et-nostalgie-de-lespace-dans-wild&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
  &lt;div class=&quot;views-row views-row-10 views-row-even views-row-last&quot;&gt;
      
  &lt;div class=&quot;views-field views-field-nothing-1&quot;&gt;        &lt;span class=&quot;field-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;leftcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-image-couverture&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article/breaking-bad-vs-blood-meridian-le-territoire-de-la-violence&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/sites/popenstock.ca/files/styles/miniature/public/article/breaking_bad_-_walter_white.jpg?itok=BJvS79gp&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;rightcolumn&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-field-dossier&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier-th%C3%A9matique/laventure-cest-laventure&quot;&gt;L&amp;#039;aventure, c&amp;#039;est l&amp;#039;aventure!&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article/breaking-bad-vs-blood-meridian-le-territoire-de-la-violence&quot;&gt;Breaking Bad vs Blood Meridian: le Territoire de la violence&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-created&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/auteur/roxanne-cote&quot;&gt;Roxanne Côté&lt;/a&gt; le 6/11/2014&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-term-node-tid&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/violence&quot;&gt;Violence&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature&quot;&gt;Littérature&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/television&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Télévision&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/autres/aventure&quot;&gt;Aventure&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/header&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-body&quot;&gt;&lt;p&gt;Dans l’imaginaire du Sud-Ouest américain, la violence constitue un élément identitaire crucial depuis les premiers westerns jusqu’à nos fictions les plus récentes. Dans Blood Meridian: or the evening redness in the west par Cormac McCarthy, les personnages qui évoluent dans le désert américain s’y ensauvagent et y rencontrent une violence inouïe, mais indispensable. Dans un contexte plus contemporain, la série télévisée Breaking Bad par Vince Gilligan présente le même genre de rapport au désert et à l’ensauvagement et invoque, à travers les codes du genre de l’aventure, un imaginaire de la fin. &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;views-field-view-node&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/article/breaking-bad-vs-blood-meridian-le-territoire-de-la-violence&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;
    &lt;/div&gt;
  
  
  
  
  
  
&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;field field-name-field-dossier-associe field-type-entityreference field-label-inline clearfix&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-label&quot;&gt;Dossier(s) associé(s):&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/le-couple-en-cavale&quot;&gt;Le couple en cavale&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Thu, 06 Nov 2014 18:58:45 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Sarah Grenier-Millette</dc:creator>
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 <title>Futurs queer</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/podcast/futurs-queer</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de cet épisode, Elaine Després reçoit Marion Gingras-Gagné, Lisa Haristoy et Hélène Machinal pour discuter de romans de science-fiction futuristes qui proposent des conceptions alternatives du genre féminin. Elles abordent notamment &lt;em&gt;Le Silence de la cité &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;Chroniques du pays des mères &lt;/em&gt;d&#039;Elisabeth Vonarburg, &lt;em&gt;The Stone Gods &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;Frankissstein&lt;/em&gt; de Jeannette Winterson, &lt;em&gt;Salt Fish Girl &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;The Tiger Flu &lt;/em&gt;de Larissa Lai, &lt;em&gt;L&#039;Ordre et la Doctrine &lt;/em&gt;de Marie-Josée Martin et &lt;em&gt;Wollstonecraft &lt;/em&gt;de Sarah Berthiaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;102px&quot; scrolling=&quot;no&quot; src=&quot;https://podcasters.spotify.com/pod/show/balados-oic/embed/episodes/80---Futurs-queer--Imaginaire-et-culture-pop-e23f2sh&quot; width=&quot;400px&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Tue, 09 May 2023 20:14:19 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Elaine Després</dc:creator>
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 <title>The Man in the High Castle, du roman à la série</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/podcast/man-high-castle-du-roman-%C3%A0-la-s%C3%A9rie</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de cet épisode, Elaine DESPRÉS reçoit Antonio Dominguez LEIVA, Hélène MACHINAL, Shannon WELLES-LASSAGNE et Louis-Paul WILLIS pour discuter du classique uchronique de Philip K. DICK THE MAN IN THE HIGH CASTLE publié en 1962 et de son adaptation télévisuelle par Amazon en 2015. Ils abordent en particulier les enjeux transmédiatiques de cette ADAPTATION particulièrement réussie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;102px&quot; scrolling=&quot;no&quot; src=&quot;https://podcasters.spotify.com/pod/show/balados-oic/embed/episodes/79---The-Man-in-The-High-Castle--du-roman--la-srie--Imaginaire-et-culture-pop-e2312c2/a-a4nfkoq&quot; width=&quot;400px&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 01 May 2023 19:17:10 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Antonio Dominguez Leiva</dc:creator>
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 <title>La bibliothèque des Littératures d&#039;Aventures</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/podcast/la-biblioth%C3%A8que-des-litt%C3%A9ratures-daventures</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Antonio Dominguez Leiva revient avec Stéphanie Balthazar et Nicolas Stefenfeld sur l&#039;histoire de la Bibliothèque des Littératures d&#039;Aventures (BiLA), situé à Beaufays en Belgique, et sa fondation par Jean-Marie Graitson dans les années 1970. À partir de 1987, ce dernier organisa des colloques de paralittérature et fonda, aux éditions du CEFAL, deux collections devenues célèbres : «Les cahiers des paralittératures» et «Paralittérature». Désormais, la bibliothèque fait partie du réseau des bibliothèques publiques de la Belgique francophone, avec une double fonction de préservation des ouvrages de fictions populaires de genre et de médiation culturelle pour le grand public. Consultez &lt;a href=&quot;https://www.bila.ink/&quot;&gt;le site de la bibliothèque&lt;/a&gt;, son catalogue et &lt;a href=&quot;https://www.bila.ink/podcasts/&quot;&gt;sa section de podcasts&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;102px&quot; scrolling=&quot;no&quot; src=&quot;https://anchor.fm/balados-oic/embed/episodes/21---La-bibliothque-des-Littratures-dAventures--Entretiens-Pop-en-stock-e14ncd5/a-a4np05k&quot; width=&quot;400px&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;Crédits&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image: Page Facebook de la Bibliothèque des Littératures d&#039;Aventures (BiLA)&lt;br /&gt;Voix d&#039;introduction: Alexandra Martin&lt;br /&gt;Musique d&#039;ouverture et de fermeture: &lt;em&gt;close your eyes&lt;/em&gt; by &lt;a href=&quot;https://soundcloud.com/rexlambo&quot;&gt;Rexlambo&lt;/a&gt;​&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 26 Jul 2021 16:02:51 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Elaine Després</dc:creator>
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 <title>Entre contrôle et protection: souffrance, sacrifice et effacement de l’humain dans The Giver de Lois Lowry</title>
 <link>https://popenstock.aegir.nt2.uqam.ca/dossier/article/entre-contr%C3%B4le-et-protection-souffrance-sacrifice-et-effacement-de-l%E2%80%99humain-dans</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-dossier field-type-entityreference field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/young-adult-fiction&quot;&gt;Young Adult Fiction&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Entre contrôle et protection: souffrance, sacrifice et effacement de l’humain dans The Giver de Lois Lowry&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/sylvie-vartian&quot;&gt;Sylvie Vartian&lt;/a&gt; le 30/10/2019&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/dystopie&quot;&gt;Dystopie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/ideologie&quot;&gt;Idéologie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature&quot;&gt;Littérature&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature/fiction&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction/dystopies&quot;&gt;Dystopies&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/science-fiction&quot;&gt;Science-fiction&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;En 1993, quinze ans avant la publication des Hunger Games et la vague de romans dystopiques des années 2000, l’américaine Lois Lowry publiait &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;The Giver&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, premier tome de sa tétralogie de science-fiction. Publié à plus de 10 millions d’exemplaires, &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;The Giver&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; sera suivi des romans &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Gathering Blue&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Messenger&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; et &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Son&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. Destiné à un jeune public, ce roman dystopique figure dans le corpus de lecture obligatoire de bon nombre d’écoles secondaires en Amérique du Nord. Située dans une communauté nommée l’Identique («&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Sameness&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;»), en apparence parfaite, l’intrigue suit le parcours du jeune Jonas qui, le jour de ses douze ans, se voit attribuer une fonction par les Anciens (les adultes formant le gouvernement) lors d’une cérémonie marquant la fin de l’enfance: il devient le futur Dépositaire de la mémoire («&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Receiver of Memory&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;»), fonction unique et honorifique, mais éprouvante. Jonas sera le seul à détenir les souvenirs du passé, sur d’innombrables générations, afin de conseiller sa communauté. Sous la tutelle du vieux Passeur («&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Giver&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;»), l’ancien Dépositaire de la mémoire de l’Identique, Jonas recevra une multitude de souvenirs et percera les secrets de sa communauté au terme d’un récit dont la fin demeure volontairement ambigüe.  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;En prenant appui sur les ouvrages de Foucault et Girard, nous verrons comment le texte s’interroge sur la fine frontière entre la protection et le contrôle. Nous postulerons que le maintien de l’ordre et du pouvoir implique une logique de surveillance, de répression et d’effacement de l’humain basée sur la souffrance et le sacrifice de l’individu au profit de la communauté.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Surveillance et répression&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;L’Identique a toutes les caractéristiques «une société idéale»: sécuritaire, bien organisée, le climat y est parfaitement contrôlé et les fléaux y ont été anéantis. Or, de redoutables mécanismes de contrôle social et de régulation de l’individu y sont implantés: entre autres, l’anéantissement programmé de la conscience ainsi que l’infantilisation des individus, notamment par le biais d’une drogue qui, en plus d’imposer une castration chimique, altère la qualité des perceptions et des émotions dès la puberté. Sous la surface de l’Identique se tisse un mécanisme visant à maintenir une discipline sociale, qui, à l’image de ce que Michel Foucault décrit dans &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Surveiller et punir&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, «fabrique des corps soumis et exercés, des corps dits ″dociles″» (Foucault, 1975: 166). Dans l’Identique, pas de terreur ni de système carcéral, pas de torture ni de peine capitale, du moins officiellement (l’élargissement, qui est en fait une exécution secrète par injection létale, n’est qu’un euphémisme qui n’a aucun sens pour la population). Ici, la surveillance s’exerce en amont, à travers l’utilisation des quatre techniques décrites par Foucault pour transformer l’individu en force économique viable, en étant régulé et contrôlé: la distribution spatiale des individus, le contrôle de l’activité des individus, la formation de la main d’œuvre et la préséance des intérêts de la collectivité sur ceux de l’individu.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Au plan spatial, chaque communauté vit en vase clos, dans un lieu «fermé sur lui-même, lieu de la monotonie disciplinaire» (Foucault, 1975: 166). La population est contrôlée par un processus de reproduction manufacturé, où des mères porteuses produisent trois bébés (par insémination artificielle), qu’elles ne connaîtront jamais et qui seront regroupés au Centre nourricier, puis placés dans des familles où ils vivront jusqu’à leur majorité. Le récit évoque la présence de résidences familiales, une Place Centrale, ainsi qu’un Centre nourricier, des terrains de jeux, une Maison des Anciens, des Usines, etc. Même si le récit demeure vague quant à la position géographique exacte de l’Identique, il est question d’une rivière qui marque la frontière entre la communauté et l’extérieur, nommé l’Ailleurs («&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Elsewhere&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;»). Toute personne qui disparaît est réputée s’être noyée dans cette rivière…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;L’Identique exerce aussi un contrôle serré des activités des individus de la communauté: elle encourage les activités socialement acceptables et décourage les activités contreproductives. À partir de huit ans, tous les enfants sont assujettis au bénévolat et disposent de peu de moments de jeu ou de liberté: l’emploi du temps des citoyens est régulé de manière à «contraindre [les gens] à des occupations déterminées et à régler les cycles de répétition» (Foucault, 1975: 175). Les adultes sont infantilisés, en plus d’être privés de la possibilité de décider de leur avenir (métier, couple, enfants) &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_0bfmfpd&quot; title=&quot;Or, le système permet des violations mineures des règles: ainsi, alors qu’il est interdit de faire du vélo avant l’âge de neuf ans, tous les enfants en font, en cachette. Les citoyens peuvent même se moquer gentiment de la lenteur du Comité des Sages à modifier les règlements: tout se passe comme si ces contraventions étaient nécessaires, car l’exercice du pouvoir dépend de l’existence de poches inoffensives d’insubordination contrôlée, qui opèrent comme des soupapes et ventilent les rares sursauts de révolte des citoyens.&quot; href=&quot;#footnote1_0bfmfpd&quot;&gt;1&lt;/a&gt; Ils subissent, dès la puberté, une castration chimique opérée par une pilule qui, prise tous les jours, supprime toute pulsion, bloque les émotions et même la perception visuelle des couleurs: comme des petits enfants, les citoyens sont protégés de toute souffrance. L’Identique est donc la société d’une enfance étirée, sans épreuves, ni recul, une société de robots sous sédatifs &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref2_xs0pi6q&quot; title=&quot;Notons qu’on assiste même à une régulation du langage dans l’Identique. L’expression verbale requiert la «précision de langage», qui n’est qu’une autre forme de contrôle de la pensée des citoyens. Avec l’éradication de mots tels que «amour» (considéré obsolète), cette «précision de langage» rappelle évidemment la novlangue d’Orwell.&quot; href=&quot;#footnote2_xs0pi6q&quot;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Le contrôle de l’activité passe également par une surveillance constante qui s’exerce à l’intérieur des frontières infranchissables de l’Identique, où rien n’échappe aux haut-parleurs et micros disposés un peu partout. On y retrouve des systèmes d’espionnage sournois qui rappellent ce que décrivait Foucault: dans l’Identique «la foule est absente au profit […] d’individualités séparées», une «multiplicité dénombrable et contrôlable» dont la trop rare solitude est systématiquement «séquestrée et regardée» (Foucault, 1975: 202). Toute faute est signalée, rappelant publiquement le contrevenant à l’ordre. Qui plus est, l’obligation de raconter ses rêves devant sa famille devient une sorte d’aveu qui facilite l’administration du contrôle social &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref3_wjrkycx&quot; title=&quot;On peut aussi voir dans ce rituel une sorte de confession ou d’aveu facilitant l’administration du contrôle social. En effet, le fait d’exiger un aveu n’est-il pas une autre façon d’exercer un pouvoir sur l’individu? Rappelons que l’aveu donne à celui qui le reçoit le pouvoir de punir, mais aussi celui de pardonner…&quot; href=&quot;#footnote3_wjrkycx&quot;&gt;3&lt;/a&gt;. Partout, la délation est encouragée: la logique de répression est alors internalisée, ce qui la rend d’autant plus implacable pour l’individu qui devient le principe de sa propre soumission, se surveillant et s’auto-punissant. De fait, l’Identique revêt une dimension oppressante, qui crée un effet  de «panoptique» symbolique, qui fait songer au modèle architectural fondé par le Britannique Jeremy Bentham, qui prévoyait un bâtiment en anneau muni d’une tour centrale de surveillance utilisé dans les prisons, les asiles et les pensionnats. Même si elle est opérée autrement que par une configuration architecturale, la surveillance par l’espionnage induit dans la population ce même «état conscient et permanent de visibilité qui assure le fonctionnement automatique du pouvoir» (Foucault, 1975: 202), réduisant l’individu à l’état de «détenu». &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Par ailleurs, le fonctionnement de l’Identique dépend de la formation de la main d’œuvre et de la préséance des intérêts collectifs sur ceux de l’individu. Dès lors, toutes les étapes du développement de l’enfant sont répertoriées et tout écart à la norme est sanctionné par l’élargissement («&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;release&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;»). Tous les enfants nés la même année célèbrent d’ailleurs leur anniversaire simultanément et portent un numéro: chaque individu «se définit par la place qu’il occupe dans une série, et par l’écart qui le sépare des autres» (Foucault, 1975: 171). Alors que les enfants doivent apprendre un métier socialement utile dès l’âge de 12 ans, le savoir leur reste inaccessible. En effet, comme il n’existe aucun livre sauf dans la demeure du Passeur, l’école est plus un lieu d’endoctrinement que d’apprentissage, et ce formatage permet une uniformisation de l’humain. Ce fonctionnement répond à une «exigence nouvelle à laquelle la discipline doit répondre: construire une machine dont l’effet sera maximalisé par l’articulation concertée des pièces élémentaires dont elle est composée. La discipline n’est plus simplement un art de répartir des corps […] mais de composer des forces pour obtenir un appareil efficace» (Foucault, 1975: 192). Force est de constater que l’Identique est un système «d’orthopédie sociale», qui redresse les travers de ceux qui s’écarte des règles, et consacre la création d’une non-vie dans un non-environnement. Dans cette société de l’euphémisme et du mensonge, c’est l’improbable rencontre entre trois personnes se situant en marge de la masse des adultes -en quelque sorte aux âges limites de l’existence- soit le vieux Passeur, le bébé Gabriel et l’adolescent Jonas, qui viendra perturber l’ordre établi.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Le Passeur comme réceptacle de souffrance et victime sacrificielle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;En devenant le «dépositaire de la mémoire» qui succédera au Passeur, Jonas reçoit un rôle à la fois prestigieux et horrible: celui d’un enfant-conseiller condamné à devenir le réceptacle de la souffrance humaine. Comme le dit le Passeur à Jonas: «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;They selected me -and you- to lift that burden from themselves&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;» (Lowry, 1993: 142). L’honneur d’être nommé Passeur se mue progressivement en punition et en torture. L’Identique fera de Jonas le «bouc émissaire social» dont parle René Girard, le porteur de tous les maux de la communauté qui cherche à «détourner vers une victime relativement indifférente, une victime ″sacrificielle″, une violence qui risque de frapper ses propres membres, ceux qu’elle entend à tout prix protéger» (Girard, 1972: 21-22). D’ailleurs, le prénom même du jeune sacrifié annonce son destin: rappelons que le Jonas de l’Ancien Testament est un prophète récalcitrant qui tente d’échapper à la mission que Dieu lui a confiée en s’enfuyant par bateau, mais qui sera jeté par-dessus bord par les marins cherchant à sauver leur navire, puis avalé par une baleine, avant d’être recraché sur le rivage. Pour Girard, le Jonas biblique serait «la victime collective» par excellence, mais aussi une incarnation du salut: «Jonas sortant du poisson, c’est l’homme quittant la matrice et naissant à une seconde vie» (Girard, 1982: 215), sa résurrection symbolique rappelle d’ailleurs celle du Christ. Par ailleurs, le fait que le personnage du roman soit une victime consentante rend son sacrifice d’autant plus signifiant, car s’il reçoit d’abord des souvenirs agréables, la souffrance fait partie de l’équation: c’est sur lui que se déverseront les pires souvenirs d’horreur et de désespoir, afin d’épargner les habitants de l’Identique. Ici, le «transfert collectif qui s’effectue aux dépens de la victime» prend une efficacité sacrificielle: «c’est l’harmonie de la communauté qu’il restaure, c’est l’unité sociale qu’il renforce» (Girard, 1972: 21-22). &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Plus concrètement, le roman décrit ainsi le rituel du transfert: lors de leur première rencontre, le Passeur dit à Jonas de s’approcher du lit, de s’y coucher sur le ventre après avoir retiré sa tunique, de fermer les yeux et de se détendre. Puis, le vieil homme pose ses mains sur le dos de Jonas. Ce geste de présenter son dos nu a quelque chose de perturbant, car il rappelle celui d’un condamné qui consent à recevoir des coups de fouet. Le geste rituel revêt aussi un double paradoxe: bien qu’il ressemble à un supplice (qui s’apparente à un acte visant à punir et humilier son récepteur), le savoir reçu sera plutôt  pour Jonas un marqueur d’honneur dans l’Identique. Cependant, en acceptant de recevoir ces souvenirs, même si ce savoir lui confère du pouvoir, Jonas se soumet en se mettant au service de l’État.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;La première vraie confrontation de Jonas à la souffrance consiste à voir ce qu’est devenu son prédécesseur et ce qu’il sera lui-même destiné à devenir: vieilli avant l’âge, seul, souffrant et inquiet. Parfois, le vieil homme est dans un si piètre état qu’il doit interrompre sa formation: &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height: 1.2; margin: 0pt -0.35pt 0pt 40px;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Jonas knew, on days when he arrived to find The Giver hunched over, rocking his body slightly back and forth, his face pale, that he would be sent away. ″Go″, The Giver would tell him tensely. ″I’m in pain today. Come back tomorrow″. (Lowry, 1993: 133) &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height: 1.2; margin: 0pt -0.35pt 0pt 40px;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Par compassion, Jonas lui offre de partager cette douleur: «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;If you gave some of it to me, maybe your pain would be less&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;». Le Passeur lui répond: «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;It’s time, I suppose. I can’t shield you forever. You have to take it all on eventually&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;» (Lowry, 1993: 135). C’est alors que commencera la transmission de souvenirs douloureux, qui passera en premier par celui d’une chute en luge, causant d’affreuses blessures: &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height: 1.2; margin: 0pt -0.35pt 0pt 40px;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;It was as a hatchet lay lodged in his leg, slicing through each nerve with a hot blade. In his agony, he […] felt flames licking at the torn bone and flesh. He tried to move, and could not. The pain grew. He screamed. […]   Sobbing, he turned his head and vomited onto the frozen snow. Blood dripped from his face into the vomit.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; (Lowry, 1993: 137).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height: 1.2; margin: 0pt -0.35pt 0pt 40px;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Suivront l’expérience de la faim et de l’abandon et bien d’autres épreuves douloureuses, notamment quand l’auteure se livrera à une description des sensations corporelles de l’adolescent semblables à celles d’un supplicié subissant la torture. Le Passeur semble choisir un crescendo de douleur bien précis à infliger à Jonas, comme des supplices variés qui impliquent chacun «une certaine quantité de souffrance qu’on peut apprécier, comparer et hiérarchiser» (Foucault, 1975: 37). De plus, il s’agit d’un rituel fixe, d’un geste cérémonial et presque liturgique qui revêt une dimension symbolique, car c’est sur le dos que Jonas reçoit cette marque, lui qui est justement destiné à porter métaphoriquement le poids et la responsabilité de la douleur du monde. Ainsi, son corps frêle devient le point d’ancrage d’une manifestation du pouvoir de l’Identique et le souvenir de la douleur laisse des traces en lui, comme une marque au fer rouge.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Enfin, viendra le souvenir de l’atroce carnage d’un champ de bataille. Jonas offre une nouvelle fois au Passeur de prendre un peu de sa douleur, et le vieil homme lui répond: «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Please, take some of the pain&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;» (Lowry, 1993: 149). Ce sera un épisode hautement traumatique:&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height: 1.2; margin: 0pt -0.35pt 0pt 40px;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;One of Jonas’s arms was immobilized with pain, and he could see through his own torn sleeve something that looked like ragged flesh and splintery bone. […] The noise continued all around: the cries of the wounded men, the cries begging for water and for Mother and for death. […] Overwhelmed by pain, he lay there in the fearsome stench for hours, listened to the men and animals die, and learned what warfare meant. Finally when he knew that he could bear it no longer and would welcome death himself, he opened his eyes […]. The Giver looked away, as if he could not bear what he had done to Jonas. ″Forgive me″, he said.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; (Lowry, 1993: 150-151)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height: 1.2; margin: 0pt -0.35pt 0pt 40px;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;On constate donc que, même si cela le soulage et qu’en théorie, il ne fait qu’accomplir son devoir, le Passeur se montre honteux d’avoir torturé un enfant innocent en lui transmettant des souvenirs aussi insupportables. Pour sa part, s’il est réticent à poursuivre sa formation après cet épisode, Jonas continue de s’y soumettre, jusqu’au moment où il découvrira ce qui se passe réellement –l’exécution par injection létale des personnes âgées, de certains bébés et des dissidents ou criminels. Cette révélation sera pour lui l’expérience ultime de l’horreur.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;C’est en visionnant la vidéo de «l’élargissement» d’un bébé par son propre père, qui travaille au Centre Nourricier, que Jonas découvre le sort réservé à certains nouveau-nés et aux personnes âgées. Il comprend alors que l’élargissement est, en réalité, un meurtre. La véritable expérience de l’horreur est de voir son père qui tue un bébé par une injection dans la fontanelle en disant d’une voix douce au petit: «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;I know, I know. It hurts, little guy […] but I have to use a vein and the veins in your arms are still to teeny-weeney&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;» (Lowry, 1993: 187). Jonas sera horrifié par le contraste entre la douceur de sa voix et le caractère glaçant de son propos. Quelques lignes plus loin, l’agonie de l’enfant devant un homme impassible qui ignore ce qu’est la mort est décrite ainsi par Jonas: «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;The newchild, no longer crying, moved his arms and legs in a jerking motion. Then he went limp. His head fell to the side, his eyes half open. Then he was still. He killed it! My father killed it!&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;» (Lowry, 1993: 187). Puis, comble de l’horreur, Jonas voit son père, ingénu, placer le cadavre du bébé dans une boite et le jeter dans un incinérateur à ordures en chantonnant: «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Bye-bye, little guy&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;» (Lowry, 1993: 188). Le récit de cet acte monstrueux constitue un des passages les plus angoissants du roman. Cette révélation est aggravée par la découverte du sort de Rosemary, la dernière Dépositaire de la mémoire qui, ne pouvant supporter les souvenirs transmis par le Passeur, a demandé à être élargie. L’atroce récit du suicide de l’adolescente déclenchera la révolte finale de Jonas.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Avec le Passeur, Jonas  prendra la décision de fuir la communauté, décision précipitée par l’imminente menace d’élargissement de Gabriel, un bébé du Centre Nourricier auquel il s’est attaché. Pour l’Identique, il était crucial que Jonas tienne bon et qu’il garde en lui tous ce que le Passeur lui avait transmis. Mais sa fuite libèrera ses souvenirs qui inonderont la communauté. Comme le souligne Girard dans Le bouc émissaire, «sans victime, le monde serait plongé dans l’obscurité et le chaos» (Girard, 1972: 92). Seul le soutien du vieux Passeur évitera à l’Identique de sombrer dans le chaos.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Conclusion&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Pour conclure, dans ce roman à la fois beau et perturbant, penser pour soi-même est l’acte ultime de résistance de l’individu contre la tyrannie du  pouvoir. La fuite de Jonas est à la fois un acte de défi et d’affirmation; un signe de l’éveil de la pensée critique de l’adolescent. Dans cette révolte de l’adolescent contre l’ordre établi se dessine une métaphore de l’entrée dans le monde adulte, un passage symbolique de l’enfance à la maturité &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref4_ywjeuw8&quot; title=&quot;On voit une esquisse de la validation de la désobéissance et de la transgression qui permettent souvent aux héros de s’en sortir, comme dans les récits de J.K. Rowling.&quot; href=&quot;#footnote4_ywjeuw8&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. Une chose est certaine: Lois Lowry nous indique que les jeunes ont leur mot à dire, qu’ils peuvent et doivent protester contre un système injuste, afin de devenir des agents positifs de changement social.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Toutefois, s’il véhicule un message d’espoir, ce roman comporte aussi un volet hautement perturbant, notamment à l’occasion de scènes parfois insoutenables où sont décrites des tortures aussi bien physiques que mentales. Il serait donc légitime de s’interroger sur la pertinence d’une telle lecture à un jeune âge. À partir de quel âge est-ce acceptable qu’un jeune lise &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Le Passeur&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;? À neuf ans? À douze ans? À quatorze ans? Mais en voulant baliser la lecture des enfants et des adolescents, ne deviendrions-nous pas coupables de chercher à les surprotéger? Par une habile mise en abyme, le récit fait résonner le désir de protéger l’enfant contre ce qui perturbe et le contrôle social qui préserve une société entière contre le souvenir de la souffrance. Cela nous renvoie à la question fondamentale que pose ce roman: que devrait-on dire aux jeunes de la souffrance, de la violence et de la cruauté? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Pour le mot de la fin, cédons la parole à Lois Lowry: en dédiant son roman aux enfants «à tous les enfants à qui nous léguons le futur», Lowry montre qu’elle ne sous-estime pas l’intelligence ni la force des jeunes humains. Il semblerait qu’elle ne cherche pas à prémunir les enfants de ce qui peut les blesser, qu’elle nous interdit la voie facile du déni et nous encourage à leur parler de réalités taboues ou difficiles. Comme elle l’a déclaré lors de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.loislowry.com/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=81&amp;amp;Itemid=200&quot;&gt;son discours d’acceptation de la Médaille Newbery&lt;/a&gt; : &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height: 1.2; margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt; margin-left: 40px;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Each time a child opens a book, he pushes open the gate that separates him from Elsewhere. It gives him choices. It gives him freedom. Those are magnificient, wonderfully unsafe things.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; color: rgb(35, 35, 35); font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;LOWRY, Lois (1993)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; color: rgb(35, 35, 35); font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;The Giver&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; color: rgb(35, 35, 35); font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, Boston: &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Houghton Mifflin Harcourt&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; color: rgb(35, 35, 35); font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, 225 p.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;BRITT, Ryan (2014) «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;You’ve got to Hide your Feelings Away: Why We Buy into Emotional Dystopias&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;», &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Tor.com&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;DAVIS, Rocio (2014) «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; color: rgb(17, 17, 17); font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Writing the Erasure of Emotions in Dystopian Young Adult Fiction: Reading Lois Lowry’s &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; color: rgb(17, 17, 17); font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;The Giver&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; color: rgb(17, 17, 17); font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; and Lauren Oliver’s &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; color: rgb(17, 17, 17); font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Delirium&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;»,&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; color: rgb(17, 17, 17); font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Narrative Works&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, vol. 4, n&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size:0.6em;vertical-align:super;&quot;&gt;o&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; 2, 14 p.  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;FOUCAULT, Michel (1975) &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Surveiller et punir: la naissance de la prison&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, Paris: Gallimard, 318 p.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;GIRARD, René (1972) &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;La violence et le sacré&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, Paris: Grasset, 456 p.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;GIRARD, René (1982) &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Le bouc-émissaire&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, Paris: Grasset, 298 p.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;HANSON, Carter F. (2009) «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;The Utopian Function of Memory in Lois Lowry’s &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;The Giver», &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Extrapolation&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, vol. 50, n&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size:0.6em;vertical-align:super;&quot;&gt;o&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; 1, University of Texas at Brownsville and Texas Southmost College, pp. 45-60.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;HINTZ, Carrie (2002) «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Monica Hughes, Lois Lowry, and Young Adult Dystopias&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;», &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;The Lion and The Unicorn&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;26&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, pp. 254-264.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;HINTZ Carrie et OSTREY Elaine (2003) &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Utopian and Dystopian Writing for Children and Young Adults&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, New York and London: Routledge.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;LATHAM, Don (2004) «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Discipline and its Discontent: A Foucaldian Reading of &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;The Giver», &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Children’s Literature&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, pp. 134-151.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;MARKLAND, Anah-Jayne Elenor (2013) &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Representations of Trauma in Contemporary Children’s and Young Adult Fiction&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, Calgary: University of Calgary Press, 137 p.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;McFARLAND, Kevin (2012) «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Lois Lowry’s &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;The Giver&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; was a YA Dystopia before they were cool –or violent&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; », &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;A.V. Club&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;TRIBUNELLA, Eric L. (2010) &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Melancholia and Maturation: The Use of Trauma in American Children&#039;s Literature&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, Knoxville: University of Tennessee Press, 161 p.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-19f398bd-7fff-bc7b-7a28-59d4048fe1fb&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;LOWRY, Lois. (1994) &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Newbury acceptation speech: &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;The Giver, en ligne, &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration-line: underline; font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; text-decoration-skip-ink: none; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.loislowry.com/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=81&amp;amp;Itemid=200&quot;&gt;http://www.loislowry.com/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=81&amp;amp;Itemid=200&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;ul class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_0bfmfpd&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_0bfmfpd&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Or, le système permet des violations mineures des règles: ainsi, alors qu’il est interdit de faire du vélo avant l’âge de neuf ans, tous les enfants en font, en cachette. Les citoyens peuvent même se moquer gentiment de la lenteur du Comité des Sages à modifier les règlements: tout se passe comme si ces contraventions étaient nécessaires, car l’exercice du pouvoir dépend de l’existence de poches inoffensives d’insubordination contrôlée, qui opèrent comme des soupapes et ventilent les rares sursauts de révolte des citoyens.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote2_xs0pi6q&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref2_xs0pi6q&quot;&gt;2.&lt;/a&gt; Notons qu’on assiste même à une régulation du langage dans l’Identique. L’expression verbale requiert la «précision de langage», qui n’est qu’une autre forme de contrôle de la pensée des citoyens. Avec l’éradication de mots tels que «amour» (considéré obsolète), cette «précision de langage» rappelle évidemment la novlangue d’Orwell.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote3_wjrkycx&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref3_wjrkycx&quot;&gt;3.&lt;/a&gt; On peut aussi voir dans ce rituel une sorte de confession ou d’aveu facilitant l’administration du contrôle social. En effet, le fait d’exiger un aveu n’est-il pas une autre façon d’exercer un pouvoir sur l’individu? Rappelons que l’aveu donne à celui qui le reçoit le pouvoir de punir, mais aussi celui de pardonner…&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote4_ywjeuw8&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref4_ywjeuw8&quot;&gt;4.&lt;/a&gt; On voit une esquisse de la validation de la désobéissance et de la transgression qui permettent souvent aux héros de s’en sortir, comme dans les récits de J.K. Rowling.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Wed, 30 Oct 2019 16:02:01 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Megan Bédard</dc:creator>
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 <title>Le slash, entre désir et politique: les fan fictions de la série Sherlock</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-dossier field-type-entityreference field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;a href=&quot;/dossier/young-adult-fiction&quot;&gt;Young Adult Fiction&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-title-field field-type-text field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;h1&gt;Le slash, entre désir et politique: les fan fictions de la série Sherlock&lt;/h1&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-soumis-par field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Soumis par &lt;a href=&quot;/individu/marion-caudebec&quot;&gt;Marion Caudebec&lt;/a&gt; le 30/10/2019&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-categories field-type-computed field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;Catégories: &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/cyberespace&quot;&gt;Cyberespace&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/erotisme&quot;&gt;Erotisme&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fandom&quot;&gt;Fandom&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/feminisme&quot;&gt;Féminisme&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/themes-et-concepts/fiction&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature&quot;&gt;Littérature&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/litterature/fiction&quot; class=&quot;active&quot;&gt;Fiction&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/medias/television&quot;&gt;Télévision&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/policier&quot;&gt;Policier&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;/categorie/genres/autres/romantique&quot;&gt;Romantique&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Sherlock Holmes est une fiction continue depuis 1887: on ne compte plus les adaptations et les œuvres que ce personnage a influencées. Née en 2010, la série anglaise &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Sherlock&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; s’inscrit dans cette longue filiation de produits culturels inspirés par le personnage de Conan Doyle. Elle met en scène le célèbre détective londonien dans notre monde contemporain, aidé des nouvelles technologies pour résoudre ses enquêtes. Les intrigues originelles sont reprises et réinvesties pour les adapter au nouveau cadre tout en ménageant un suspense, même pour le spectateur déjà connaisseur. En actualisant l’univers fictionnel, la série a su susciter un fort engouement auprès d’un public d’adolescents et de jeunes adultes. Du vivant de Doyle, &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Sherlock Holmes&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; avait déjà inspiré de multiples récits de fans et il est, encore aujourd’hui, une des plus grandes sources d’inspiration, notamment des auteurs de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan fictions&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. Selon une étude de Sébastien François, l’âge moyen des auteurs de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan fiction&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; serait de 18,7 ans, tandis que l’échantillon choisi pour son article s’étalerait de 13 à 29 ans (François, 2007 : 63). L’écriture et la lecture au sein de ces communautés de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; sont ainsi particulières à une certaine tranche d’âge comprenant les adolescents et les jeunes adultes. Nous proposons ici de nous intéresser à une sous-catégorie de ces récits de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;: les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; est une fiction qui met en scène une relation amoureuse qui n’existait pas dans l’œuvre originale. Le terme a connu un glissement sémantique et désigne aujourd’hui les relations homosexuelles, et plus précisément les relations homosexuelles masculines. C’est un genre qui intéresse presque exclusivement les femmes. Ce sont donc des textes qui, tout en parlant des hommes et de leur sexualité, sont écrits par et pour des femmes. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Mais de quelles manières les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; de la série &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Sherlock&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; jouent-ils avec le genre et la sexualité et comment le politique s’insinue-t-il dans ces textes ? Pourquoi cette catégorie de fictions est aussi populaire chez ces jeunes femmes qui sont à la fois spectatrices, autrices et lectrices ? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Notre corpus d’étude comprend différents textes anglophones et francophones, écrits entre 2010 et 2017, publiés sur les sites de références &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Fanfiction.net&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; et &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Archive of Our Own&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. Il existe une telle variété de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan fictions&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; que nous avons réduit le champ d’analyse aux fictions classées comme «explicites» et «matures» et mettant en scène les deux personnages principaux, Sherlock Holmes et John Watson (baptisées, dans le cadre du slash, les «Johnlocks»). &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Le masculin troublé&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Dans la très grande majorité des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, nous constatons que l’introspection est centrale dans le récit. L’intériorité des personnages qui prime à l’action dans la narration: les pensées, l’analyse des sentiments, la remise en question, les doutes, les peurs, le désir, etc., saturent les récits. Les personnages masculins sont dotés des qualités émotionnelles qu’on attribue traditionnellement aux femmes: l’introspection donc, mais aussi les larmes, l’empathie, l’expression de leurs émotions, l’éthique du &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;care&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; (notion comprenant un ensemble de qualités comme l’attention, le soin ou encore la prévenance et qui porte, selon Joan Tronto, un sens social et politique)(Tronto, 2009 [1993]). Le modèle «viriliste» (Gazalé, 2017: 15) ampute encore aujourd’hui les hommes d’une grande partie de leur vie psychique en les cantonnant à la Raison et à la contention des émotions. Mais, dans les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, Sherlock et John, eux, sont épargnés par ce sectionnement identitaire imposé par la virilité. Ils sont à l’affût de leurs émotions et vont les formuler explicitement. De ce point de vue, ils dérogent du modèle genré traditionnel en ne répondant pas aux injonctions sociales: «Un homme est, avant tout, un individu qui se distingue clairement de l’espèce inférieure des femmes par ses facultés d’autocontrôle : tandis que les femmes sont soumises à leur corps et à leurs émotions, l’homme, lui, en a la parfaite maîtrise.» (Gazalé, 2017: 203) &lt;a class=&quot;see-footnote&quot; id=&quot;footnoteref1_p0l3j6s&quot; title=&quot;Voir également sur ce point les trois tomes de L’Histoire de la virilité d’Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello&quot; href=&quot;#footnote1_p0l3j6s&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Cette palette plus étendue d’émotions et de moyens d’expression est un enrichissement pour l’identité de ces personnages qui ne sont pas soumis à la contention des émotions exigées par l’idéal de virilité .&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Il est évident que les autrices de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; ne peuvent pas prétendre refléter exactement la réalité puisqu’elles ne sont qu’en mesure d’imaginer une relation entre deux hommes et les pensées qui les habitent. Pour pallier ce manque, il semble qu’elles se substituent en partie aux personnages, leur prêtant leurs propres goûts et désirs, mais aussi en les façonnant selon l’image qu’elles se font du masculin et selon ce qu’elles souhaiteraient qu’il soit. Les protagonistes ne sont ainsi ni vraiment de genre masculin, ni vraiment de genre féminin. Ils sont, d’une certaine manière, un genre fantasmé qui cumulerait les traits socialement attribués aux deux sexes. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Le corps des héros&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Cette ambiguïté de genre se manifeste également dans la description des personnages. Les corps des acteurs de la série sont très souvent transformés par l’écriture des autrices. Ainsi, dans les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, Benedict Cumberbatch, l’acteur jouant Sherlock, voit la particularité de ses traits accentuée. Le détective est très souvent décrit comme «très mince» (parfois trop) mais «finement musclé», «très blanc», «délicat», «magnifique», «fascinant», «imberbe», «presque féminin», etc. Le corps de l’acteur devient, sous la plume des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, celui d’une figure androgyne, d’une étrange et magnifique créature aux traits féminisés. Son corps est transformé par le désir du narrateur (et de l’autrice) qui regarde.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Quant à Martin Freeman, l’acteur jouant John, il est généralement rajeuni dans les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; et se voit bénéficier d’une musculature plus marquée, d’un bronzage doré, d’une pilosité réduite et d’un corps «rassurant». &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Quand il s’agit de représenter les corps, les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan arts&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; (productions picturales des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; autour de l’objet culturel de prédilection) proposent généralement des représentations plus proches de la morphologie des acteurs. Dans les illustrations, il semble qu’il soit nécessaire que les corps restent un tant soit peu crédibles aux yeux du public tandis que l’imagination autorise presque tout à l’écriture. Le prisme du regard désirant est donc atténué dans les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan arts.  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;À la lecture de ces descriptions, nous pouvons supposer que la féminisation d’un des personnages (souvent Sherlock, mais pas toujours) est une manière de remettre de l’hétérosexualité dans l’homosexualité. Cela pourrait également être un procédé visant à favoriser l’identification des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. Mais ne pouvons-nous pas dire que l’identification dépasse les frontières du genre? Les romans perdraient une grande part de leur intérêt dans le cas contraire. D’autres problématiques semblent se nouer ici. Nous souhaitons ainsi soumettre l’hypothèse que ces corps lissés, embellis et presque irréalistes seraient finalement peu inquiétants pour ces jeunes femmes. En effet, en consultant les profils (des autrices et des lectrices, les deux statuts se recoupant souvent), nous constatons qu’elles ont en moyenne entre 18 et 24 ans. Une partie d’entre elles sont donc dans les premières années de leur vie sexuelle ou, du moins, s’en approchent. Les corps plus délicats et plus féminins des personnages masculins pourraient donc avoir, pour celles-ci, quelque chose de moins menaçant qu’une virilité exacerbée, tout en muscles et en poils. Le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; serait alors une manière d’appréhender plus sereinement leur sexualité en présentant l’Autre comme semblable à soi.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Néanmoins, il semble que la principale raison de cette sublimation des corps soit, tout simplement, le «plaisir des yeux». En effet, le plaisir de l’écriture d’un &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; réside en partie dans la possibilité de créer des personnages beaux et désirables. À la lecture de ces récits, force est de constater que, pour ces autrices, les attributs féminins rehaussent l’attractivité des hommes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Même s’il est possible de distinguer un personnage qui semble endosser le «rôle de la femme» dans le couple, il convient de relever néanmoins que les rôles sociaux et les qualités ne restent pas figés et varient selon les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. Ainsi, le personnage de John, souvent décrit comme plus viril sur le plan physique, est, dans certaines fictions, celui qui recherche le plus la présence «rassurante» et «virile» de Sherlock ; il est aussi celui qui prend généralement en charge le foyer domestique et les soins médicaux, des fonctions qui touchent donc au concept de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;care&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. Nous relevons également qu’au sein d’une même fiction, la dynamique de la relation et les caractères genrés peuvent très bien s’inverser d’une situation à l’autre. Les personnages jouissent donc d’une véritable fluidité dans leurs identités.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;L’Âge du &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;En étudiant les profils, nous remarquons que les autrices qui se sont essayées à la &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan fiction&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; dans leurs jeunes années ont souvent commencé par l’écriture d’histoires romantiques hétérosexuelles, pas toujours dans le même &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fandom&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; (contraction entre les mots «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;» et «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;domain&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;»; le terme désigne tout ce qui touche au domaine de prédilection des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;). Puis, au fil des années, elles se sont intéressées au &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. Nous constatons également une évolution dans l’écriture. Certaines &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; deviennent beaucoup plus aventureuses dans l’expérimentation avec le temps. Leurs premières fictions sont souvent chastes, parfois quelque peu candides voire très traditionnelles dans les représentations amoureuses. Puis, les années passant, elles s’intéressent à des thèmes et à des situations plus audacieux, moins conventionnels et surtout beaucoup plus explicites. Elles s’aventurent alors à parler d’asexualité, de travestissement, de sado-masochisme ou de polyamour, pour ne donner que quelques exemples. Mais elles touchent aussi à des problématiques plus graves et plus controversées comme la prostitution, la violence psychologique, le viol ou l’inceste. Une véritable exploration des marges et des tabous est à l’œuvre dans ces fictions. Le jeu avec le corps des hommes et l’expérimentation des pratiques sexuelles et des interdits peuvent être perçus comme une initiation pour les autrices et lectrices. Le langage est une expérience en soi qui permet d’éviter les apprentissages douloureux dans la réalité. La lecture et l’écriture fonctionneraient alors comme un rite de passage permettant de vivre des épreuves sans les souffrir véritablement dans son propre corps. Ces expériences littéraires permettraient ainsi d’acquérir un savoir conférant le statut d’initiée. Les jeunes femmes, à travers l’écriture et même la lecture de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan fictions&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, apprivoisent leur désir sexuel mais y désamorcent aussi des peurs comme le viol. Par ailleurs, ces fictions pourraient également avoir une fonction cathartique contribuant à surmonter des traumatismes réellement vécus. En utilisant le corps des hommes plutôt que celui des femmes, elles sont en mesure de arrivent ainsi à se mettre à distance et à de s’épargner des identifications ou des expériences trop douloureuses. Le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; serait alors un lieu exutoire, un moyen d’exorcisation autant qu’un lieu d’apprentissage et de fantasmes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Où sont les femmes?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Dans les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, nous constatons que les femmes sont généralement secondaires, voire complètement absentes. Quand elles existent, il est très rare qu’elles aient droit à un peu d’épaisseur romanesque. Les personnages de femmes créés par les autrices servent généralement soit à l’intrigue policière (elles sont coupables, témoins ou victimes), soit à l’intrigue amoureuse (représentées essentiellement comme rivales). Ces personnages pâtissent bien souvent de descriptions particulièrement négatives et parfois très caricaturales. Physiquement, elles sont généralement coupables d’être «trop féminines»: maquillées à outrance, odeur de parfum écœurante, vêtements considérés comme aguicheurs, etc. Elles sont souvent décrites comme bêtes, superficielles et même sournoises. Ces représentations rappellent le stéréotype de la femme fatale de la fin du XIX&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size:0.6em;vertical-align:super;&quot;&gt;e&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; siècle: sensuelle, extrêmement sexualisée, tentatrice, animale et, surtout, responsable de la chute ou de la mort des hommes. Cette filiation avec la femme fatale fin-de-siècle se confirme dans les différentes trames narratives des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan fictions&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;: tentatrices, ces femmes introduisent le chaos et menacent le couple homosexuel par leurs charmes. Ces personnages sont donc principalement utilisés pour offrir de l’adversité aux hommes et offrir ainsi des péripéties aux récits. Ce traitement négatif des femmes sert donc en partie à faire avancer l’intrigue. C’est un ressort dramatique classique du schéma narratif: l’histoire a besoin d’un élément perturbateur pour exister. Dans les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, ce sont donc très souvent des femmes qui endossent ce rôle: elles incarnent les coupables idéales. Les autrices ne font finalement que reproduire ce qu’elles ont l’habitude de voir ou de lire dans les produits proposés par l’industrie culturelle. La misogynie latente et les réminiscences de la femme fatale encore inscrites dans l’imaginaire social s’insinuent alors sans surprise dans leurs récits.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Néanmoins, nous ne pouvons écarter la probable part de responsabilité qui incombe à la série dans ce traitement des femmes. Les personnages féminins originaux sont en effet peu attractifs pour un public de jeunes femmes. Ainsi, le personnage de Mrs Hudson est une septuagénaire tenant lieu de figure maternelle; celui de Molly Hooper est continuellement manipulé par Sherlock qui profite de sa naïveté, de sa gentillesse et de ses sentiments pour lui; Irene Adler incarne la figure de femme fatale; Sarah rappelle le stéréotype de la princesse en danger, attendant d’être libérée par John; Sally Donovan fait preuve d’intolérance et d’insolence envers le héros, etc. On le voit, ces personnages de femmes inspirent difficilement le respect, l’empathie ou l’identification. Dans la série, ce sont les héros masculins qui sont les plus fascinants et les plus attachants (qualités d’autant plus renforcées par l’insuffisance des autres personnages). C’est probablement en partie pour cela qu’il est plus intéressant pour les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; de les mettre en couple ensemble plutôt qu’avec une femme du canon. Ce sont les hommes qui ont ici le plus grand potentiel romanesque (nuançons tout de même: dans leurs fictions, certaines &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; offrent parfois une plus grande épaisseur romanesque aux femmes du canon). &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;La sexualité des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Bien que les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; proposent une grande variété d’intrigues, il est néanmoins possible d’identifier des lieux communs autour de la sexualité. Dans la très large majorité des récits, nous retrouvons la même chorégraphie sexuelle, à quelques variations près. Sébastien François note déjà la particularité d’un &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fanon&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; qui «s’auto-aliment[e] et surtout suscit[e] chez certains fans un engouement au moins égal à celui né du canon» (François, 2009: 181). Le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fanon&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; peut comprendre par exemple des personnages n’existant pas dans le produit culturel d’origine, des objets devenus emblématiques ou encore des blagues récurrentes. Il semble que la représentation de la sexualité dans les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; présente elle aussi cette répétitivité qui fige des éléments et les font entrer dans le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fanon&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; de la communauté.  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Ainsi, les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; partagent le même vocabulaire, convoquent les mêmes métaphores et les mêmes termes pour décrire les corps masculins et leurs parties génitales: en français, outre les termes génériques de «sexe», «membre», «testicules», «anus» et tous leurs dérivés argotiques, on relève entre autres la périphrase «l’objet de ses désirs» ou encore l’image du «fondement»; en anglais, les mots crus semblent être plus aisément employés dont celui de «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fuck&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;» ainsi que tous les synonymes de «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;sex&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;» venus de l’argot. Les autrices travaillant le style littéraire de leurs fictions se démarquent parfois par l’utilisation plus marquée d’euphémismes, de termes imagés ou d’ellipses temporelles lors des rapports sexuels.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;La communauté partage également un modèle de rapport sexuel présentant les mêmes temporalités, organisation et pratiques qui donnent un caractère presque rituel aux scènes se conformant à cette norme. Lesdits «préliminaires» sont très souvent longuement développés. Chaque relation sexuelle ne donne pas lieu à une pénétration mais presque toutes les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan fictions&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; y amènent à un moment ou à un autre du récit (rappelons que notre corpus concerne les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; classés «explicites» et «matures»; de nombreux &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, en dehors de ces bornes, ne proposent pas de représentations de relations sexuelles). Pour beaucoup de fans, la pénétration semble être l’aboutissement de la relation amoureuse, son point culminant. Souvent différée pour être mieux appréciée par la suite et prendre toute sa puissance symbolique, elle se présente comme le but ultime à atteindre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Certains &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; s’intéressent uniquement à la dimension sexuelle de la relation. Ces textes sont classés sous l’acronyme &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;PWP&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, soit «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Plot, What Plot ?».&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; Autrement dit, ce sont des fictions sans véritable histoire. Elles démarrent la plupart du temps sur une scène triviale du quotidien mais qui va très rapidement (en moyenne, après moins de cinq lignes de texte) aboutir à une relation sexuelle, sans autre forme de préambule. Les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;PWP&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; n’ont pas pour objectif de parler de sentiments ou de valoriser l’introspection: le but affiché est de contenter une soudaine pulsion sexuelle et ce, grâce à des représentations très graphiques. En cela, ces &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; sont proches de la pornographie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;En étudiant les scènes sexuelles, nous notons que les émotions ressenties sont également décrites de façon semblable d’un texte à l’autre: c’est toujours un feu d’artifice de sensations présentées comme indescriptibles (mais les autrices s’y essayent malgré tout), un mélange de plaisir, de sentiment de proximité et, bien souvent, d’amour. Avec ou sans pénétration, chaque relation sexuelle aboutit à une éjaculation et à un orgasme. Les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; mettant en scène une relation sexuelle fade sont très anecdotiques. Nous relevons par ailleurs que le sentiment amoureux a une place prépondérante dans le récit de l’acte sexuel. Il semble même être la raison pour laquelle les sensations sont décuplées. Le couple est ainsi mis sur un piédestal: toutes les autres relations dépourvues de sentiments ou n’égalant pas ceux partagés entre les protagonistes, hétérosexuelles aussi bien qu’homosexuelles, ne peuvent égaler un tel bonheur. Les autrices reconduisent ainsi le stéréotype des âmes sœurs, la sexualité ne venant ici que confirmer leur étonnante compatibilité dans tous les pans de la vie. Ainsi, pour la majorité des récits, le but, quand il n’est pas déjà atteint, est la relation monogame de longue durée. Celle-ci est parfois entérinée par un mariage ou par la naissance d’un enfant. Une partie des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; reconduisent donc les modèles amoureux et familiaux traditionnels. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Cette écriture et ces lieux communs ont fait école au point d’être reconduits à l’excès au sein de la communauté. Il semble que la lecture de slashs construit un imaginaire commun qui fait office de savoir pour les autrices et dans lequel elles puisent leur inspiration. En somme, la sexualité-&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; est un &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;patchwork&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; de toutes les contributions faites par les autrices, que ce soit de leurs expériences personnelles, de leur culture, de leurs visions de la sexualité mais aussi de leurs fantasmes. Cet imaginaire de la sexualité est transmis et adopté par toutes. Certaines autrices vont réinvestir le modèle et proposer des variations. Les plus appréciées par la communauté inspirent d’autres fictions qui vont populariser ces distorsions. Peu à peu, celles-ci intègrent le modèle par propagation. Ce savoir hybride créé par la communauté, entre fantasmes et transpositions, va pallier l’ignorance des autrices quant aux formes et aux modalités de la sexualité entre hommes. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Certaines &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, conscientes de la récurrence des schémas sexuels et plutôt lassées de lire toujours les mêmes histoires, s’essayent à d’autres types de récits. Elles vont tenter d’ajouter un peu plus de réalisme dans les relations en parlant des premiers inconforts, des maladresses, des situations cocasses, des acrobaties ratées, etc. D’autres vont encore plus loin en expérimentant des pratiques sexuelles moins attendues: anulingus, jeux de travestissement, sado-masochisme, voyeurisme, club échangiste, &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;bondage&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, etc. Mais là encore, ces variations de l’imaginaire érotique sont reprises et intégrées petit à petit au modèle de la communauté, selon la popularité des textes. Ce qui apparaissait original et transgressif dans un premier temps semble finalement répondre également à des codes et des scenarios que se transmettent les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. Les pratiques marginales ont elles aussi leurs attendus et leurs lieux communs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Certaines fictions vont également parler de viol. Dans les Johnlocks (les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; entre John et Sherlock), les violences sexuelles ont généralement lieu hors du couple. Quand ces scènes sont racontées, il est évident que ce n’est pas, comme dans la pornographie masculine, dans le but de susciter l’excitation sexuelle. Au contraire, les scènes sont dépeintes à partir du regard de la victime et de ses émotions. Ce qui intéresse les autrices, ce n’est pas le viol en lui-même mais plutôt de quelle façon le personnage va se remettre de cette agression par la suite. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Les fans de slash à l’extérieur de la communauté&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;La &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan fiction&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; est par essence subversive: elle dé-hiérarchise et désacralise l’œuvre en redistribuant les positions artistiques entre auteur et public. À l’extérieur de la communauté, la &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan fiction&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; est ainsi perçue comme transgressive et illégitime. Elle est donc déjà déconsidérée sans que son contenu soit nécessairement pris à partie. Toutefois, les réalisateurs, scénaristes et acteurs de la série &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Sherlock&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; ont visiblement choisi d’accepter ces «braconnages» de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; (selon l’expression de Jenkins) et vont jusqu’à les encourager. Les acteurs, parfois interrogés au sujet des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, affirment connaître très bien l’existence de ces productions et saluent le talent des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. De leur côté, les scénaristes cultivent les ambiguïtés et les sous-entendus entre les héros dans la série dans le but de créer une relation forte avec les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. La série va même jusqu’à donner un rôle aux &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; dans un des épisodes. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Au tout début de la troisième saison, Sherlock est supposé mort et une communauté de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; se crée alors autour de l’idée que le détective aurait simulé son suicide. Les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; se retrouvent donc pour partager leurs théories sur comment Sherlock aurait pu survivre à sa chute. Un des scenarios proposés est un &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;: une jeune &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; émet l’hypothèse que Sherlock aurait berné John (par un stratagème assez grossier) pour convoler avec son pire ennemi, James Moriarty. La mise en scène de ce fantasme donne l’occasion de voir les deux acteurs se rapprocher explicitement pour un baiser, au plus grand plaisir des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; de la communauté. Cette idée est violemment rejetée par le personnage d’Anderson (un homme blanc hétérosexuel), créateur du groupe, qui, révulsé par ce scénario, reproche à la jeune femme de ne pas prendre leur travail au sérieux. Ce à quoi elle répond: «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;I don’t see why not. It’s just as plausible as some of your theories. […] I do take it seriously!&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;» (Gatiss et Moffat, &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Sherlock&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, s. 3, ép. 1). &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;La scène résume assez justement les tensions entre les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; et le reste de la communauté de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. À première vue, le personnage semble construit à partir du stéréotype de la &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;: en marge de la société (indiqué par son style vestimentaire «gothique»), elle ne correspond pas aux critères de beauté classique (elle est obèse). Cette première impression répond à l’idée selon laquelle la &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuse&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; serait frustrée sexuellement parce qu’elle n’est pas désirable (dans le cas où on considèrerait que les femmes obèses ne pourraient pas être désirables). Ce clin d’œil aux &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; est donc un peu terni par les clichés méprisants qui minent encore les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Il convient cependant de nuancer cette interprétation en s’intéressant au choix de l’actrice. Il s’agit de Sharon Rooney, connue en Angleterre pour être le personnage principal de la série &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;My Mad Fat Diary&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; (2013-2015). Elle y joue le rôle de Rae, une jeune fille qui, malgré ses troubles alimentaires et quelques épisodes dépressifs, a une adolescence ordinaire. Elle est notamment obnubilée par les garçons et la sexualité. Rae narre son histoire à travers son journal intime. Les personnages masculins de la série sont vus à travers le regard désirant de Rae et de ses commentaires grivois. Soulignons par ailleurs qu’elle-même suscite le désir de son compagnon, son poids n’étant pas pour lui une préoccupation. Cette actrice charrie donc avec elle cette identité; celle d’une voix de femme exprimant son désir sexuel, sans pudeur et de façon très explicite. À la lumière de cette intertextualité, ce choix d’actrice nous apparaît finalement comme particulièrement intéressant pour incarner une &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuse&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. Sharon Rooney apporte une nouvelle dimension, plus positive, qui enrichit l’image traditionnelle des fans de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Les effets (et bienfaits) du &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Comme nous l’avons déjà dit, le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; est un lieu propice aux premières initiations à la sexualité (et c’est là-même un des avantages de la littérature: faire des expériences de vie sans jamais prendre le risque de se mettre en danger se mettre réellement en danger) ou encore une forme de catharsis pour certaines jeunes filles. Mais les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; peuvent avoir d’autres effets sur leurs autrices et lectrices. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Dans un premier temps, ces fictions permettent la construction d’un groupe d’appartenance autour d’une identité valorisante. L’image que les Sherlockians ont d’elles-mêmes est positive. Ce que mettent en évidence les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan fictions&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan arts&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; et toutes les conversations de ces jeunes femmes sur &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Tumblr&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, ce sont leurs qualités et notamment celles qui sont, en général, plus facilement attribuées aux hommes: elles ont du talent et sont compétentes, que ce soit en techniques artistiques (les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan arts&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; en sont bien la preuve), en écriture ou en nouvelles technologies; elles font preuve de beaucoup d’humour, en usant souvent de mots et d’images crus, etc. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Très peu de productions médiatiques répondent aujourd’hui aux désirs des jeunes femmes: la plupart des textes et des images sont créés par et pour le regard masculin. En prenant en charge la production des supports, les autrices reprennent le pouvoir sur leur sexualité. Mais n’y aurait-il pas un paradoxe à ce que cette forme d’&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;empowerment&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; donne une fois encore la vedette aux hommes ? Ne serait-il pas plus intéressant de mettre en scène des personnages féminins plus forts et plus épanouis ? À ces questions légitimes, il convient de répondre en rappelant que les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; ne sont qu’une seule catégorie de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fan fictions&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; parmi bien d’autres. Nombreuses sont les autrices qui, dans d’autres types de fictions, réinvestissent les personnages féminins des canons orignaux ou en proposent de nouveaux afin de mettre en scène des femmes d’une plus grande complexité, capables de susciter l’intérêt et l’identification. Le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, lui, propose autre chose. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Nous l’avons compris, l’homosexualité n’est qu’un prétexte: les autrices ne parlent en réalité que d’elles et de leur désir. En soustrayant les corps féminins de l’équation amoureuse et sexuelle, les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; libèrent leurs fantasmes. Elles n’ont pas à se soucier de la vraisemblance de ce qu’elles écrivent puisque ce qui compte véritablement, c’est le plaisir (ici sensuel) d’écrire et de lire. Il est donc uniquement question d’elles. En mettant en scène une majorité d’hommes, les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; se libèrent des enjeux politiques qui entourent le corps des femmes: elles n’ont pas à se questionner si certaines scènes écrites sont sexistes ou si telle ou telle pratique pourrait être considérée comme réifiante. Le but n’est pas de représenter une réalité ou de proposer un discours politique sur les femmes. Et c’est probablement là que réside un des grands plaisirs du &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. L’homosexualité masculine étant une expérience qui exclue les femmes, le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; reste de fait cantonné au domaine de l’imaginaire et du fantasme où tout est possible: il désengage le genre de l’autrice. La sexualité entre hommes est, pour les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, une coquille vide à remplir de ce qu’elles veulent, sans restriction. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Force est de constater que le désir qui est mis en texte (et en image) est un désir qui refuse de correspondre aux attentes et aux représentations d’une société patriarcale qui voudrait que la sexualité féminine soit «fleur bleue». Les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slashs&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; sont au contraire peu pudiques, ils n’ont pas peur des mots et peuvent parfois porter une certaine violence. Alors, pourquoi le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; est-il généralement tant aimé par les femmes et si peu apprécié par les hommes? C’est probablement parce qu’il donne le pouvoir aux femmes. Leurs corps sont libérés et les rôles, inversés: les femmes deviennent créatrices et les hommes, dans une certaine mesure, créatures. Les hommes sont à leur tour objectifiés (notons tout de même que l’on peut être objet de désir tout en restant sujet et cela, le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; le démontre souvent assez bien avec ses personnages masculins). Les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; ne se contentent pas de protester contre les modalités et les représentations de la culture patriarcale et viriarcale, elles vont les réécrire. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Néanmoins, il convient d’apporter un peu de nuance à tout ce qui vient d’être avancé. La charge subversive du &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; a ses limites. Nous l’avons dit, un certain nombre de fictions reconduisent une norme hétérosexuelle et monogame et parfois même une véritable misogynie. L’écriture est donc influencée, voire même censurée par ces normes intégrées. L’intention politique des autrices n’est pas aussi forte que cette étude pourrait le laisser entendre: certaines cherchent délibérément à repenser les modèles et les représentations, mais pas toutes (Cornillon et Sébastien, 2017: 112). Henry Jenkins écrit à ce sujet: «Les lecteurs ne sont pas toujours résistants; toute lecture résistante n’est pas nécessairement progressiste» (Jenkins, 1992: 34). Il convient donc de rester prudent quant aux intentions qu’on prête à ces jeunes femmes. Elles ne forment pas un groupe aussi homogène qu’il peut le sembler au premier abord. Enfin, les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slasheuses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; sont, d’une certaine manière, isolées de la grande communauté des Sherlockians, et ce, précisément à cause de leur goût pour le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. Cette mise à l’écart au sein même du groupe limite doublement la portée que pourraient avoir leurs textes. Ce sont des discours qui, en restant enfermés dans les franges de la communauté, sont peu entendus. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Malgré tout, le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; se pose en contre-discours face à l’hégémonie culturelle. Le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;slash&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; dérange parce qu’il étale au grand jour des fantasmes féminins qui ne correspondent pas aux attentes de la société et parce qu’il façonne de nouveaux modèles de masculinité. Il est une forme d’&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;empowerment&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; parmi d’autres pour ces jeunes femmes qui vont se fédérer autour de leurs désirs sexuels. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-weight: 700; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Bibliographie&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;CORBIN, Alain, COURTINE, Jean-Jacques, VIGARELLO, Georges (dir.) (2011) &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Histoire de la virilité&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, 3 tomes, Paris: Seuil. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;CORNILLON, Claire et FRANÇOIS, Sébastien. (2017) «Transgresser ou renforcer les stéréotypes de genre? Les créations de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; aux prises avec leurs conventions dans le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fandom&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; de Supernatural», dans &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Fan studies, gender studies. La rencontre&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, Mélanie Bourdaa et Arnaud Alessandrin (dir.), Paris: Téraèdre, 183 p.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;FRANÇOIS, Sébastien (2007) «Les &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fanfictions&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, nouveau lieu d’expression de soi pour la jeunesse?», &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Agora, débats/jeunesses&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, n°46, pp. 58-68.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;FRANÇOIS, Sébastien (2009) «&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Fanf(r)ictions&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;. Tensions identitaires et relationnelles chez les auteurs de récits de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;fans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;», &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Réseaux&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, n°153, pp. 157-189.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;GATISS, Mark et MOFFAT, Steven (2010-2017), &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Sherlock&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, BBC One.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;GAZALÉ, Olivia (2017) &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Le Mythe de la virilité. Un piège pour les deux sexes&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, Paris: Robert Laffont, 416 p.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span id=&quot;docs-internal-guid-90cd0dd3-7fff-91ee-fa14-339b491691c2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;JENKINS, Henri (1992), &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Textual poachers: Television Fans &amp;amp; Participatory Culture&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;,  New York: Routledge, 343 p.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;line-height:1.2;margin-top:0pt;margin-bottom:0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;TRONTO, Joan (2009 [1993]) &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;Un monde vulnérable. Pour une politique du care&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;, Paris: La Découverte.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;li class=&quot;footnote&quot; id=&quot;footnote1_p0l3j6s&quot;&gt;&lt;a class=&quot;footnote-label&quot; href=&quot;#footnoteref1_p0l3j6s&quot;&gt;1.&lt;/a&gt; Voir également sur ce point les trois tomes de &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-style: italic; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;L’Histoire de la virilité&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; white-space: pre-wrap;&quot;&gt; d’Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Wed, 30 Oct 2019 15:54:12 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Megan Bédard</dc:creator>
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