«La réalité de la simulation est insupportable –plus cruelle que le Théâtre de la Cruauté d'Artaud, qui était encore l'essai d'une dramaturgie de la vie, le dernier sursaut d'une idéalité du corps, du sang, de la violence dans un système qui déjà l'emportait, vers une résorption de tous les enjeux sans une trace de sang.» (Baudrillard: 66)
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Publié sous forme de roman en 1857, «Madame Bovary» de Gustave Flaubert a fait scandale. Le récit relate la vie d’Emma Bovary depuis sa rencontre avec son futur mari, le docteur Charles Bovary, jusqu’à sa mort quelques années plus tard. Emma adore lire des romans d’amour. Après son mariage, elle sombre dans un ennui profond et finit par tomber entre les mains de deux amants. Endettée et abandonnée par ses amoureux, elle se suicide. Flaubert sera acquitté à la suite de poursuites contre son roman «pour offense à la morale publique et religieuse, et outrage aux bonnes mœurs». Les conséquences sociales de ce texte sont énormes.
Avant de s’intéresser plus spécifiquement aux œuvres retenues, il apparaît nécessaire de souligner certains des procédés textuels qui permettent l’avènement de l’érotisme en littérature. En effet, pour que le contrat de lecture soit respecté et que le texte suscite l’excitation du lecteur, on use d’une panoplie de moyens relevant aussi bien du fond que de la forme. Or, comme chacun des récits choisis travaille des thèmes potentiellement excitants et dépeint des scènes sexuellement explicites, leur caractère antiérotique doit davantage relever du travail formel que du volet proprement thématique.
«No respectable gentleman is THAT respectable.» (The First Great Train Robbery, 1978)
Tout au long de Om Shanti Om est filée la métaphore de la vie comme film, d’un Grand Scénariste rédigeant notre destin, le tout en lien, bien évidemment, avec le récit de réincarnation et ses présupposés. Or, qu’est-ce que Om Shanti Om? C’est un film fantôme. Mort avant d’avoir pu naître, il disparaît en même temps que son actrice principale.
La relation du fan à la star, telle qu'elle a été précédemment soulevée en conclusion du premier volet de cette analyse, nous permet d’étudier un autre discours important du film, celui de la formation des icônes cultes et du fantasme de la culture de fans. La star de cinéma indien, depuis la naissance de celui-ci en 1913, a toujours été adulée et idolâtrée à l’image des dieux qu’elle incarnait dans les films mythologiques des balbutiements de l’industrie.
En 2007, Om Shanti Om, réalisé par Farah Khan, est projeté dans les salles de cinéma de l’Inde. Om Shanti Om raconte sa propre histoire. Celle d’un jeune homme fou d’amour pour une actrice, d’un jeune homme qui mourra en tentant de sauver sa belle des griffes de la mort, et qui, une fois réincarné, se jure de venger l’amour de sa vie.
Comme l’explique Thomas Pillard dans un article de la revue Transatlantica, les films noirs sont «des films où l’acte de tuer et le fait de mourir sont des événements narratifs à la fois probables, “sérieux” et décisifs, sur lesquels reposent véritablement les intrigues des films ainsi que leur ampleur dramatique» (Pillard, 2012). De plus, les personnages mis en scène dans ce type de cinéma se retrouvent victimes de leurs propres faiblesses.
«Don’t name it.» Voici ce qu’a dit le jeune Carl à ses cadets lorsque ces derniers donnaient des noms aux «zombies» qui se pressaient sur le grillage de la clôture, devant eux. «Don’t name it.» Bien sûr, le jeune protagoniste de la série télévisée The Walking Dead insinuait par cela que cette masse de morts-vivants était dépourvue d’individualité. Mais, à plus forte raison, cette réaction signale aussi une posture devant une catastrophe dont aucun indice ne permet de dévoiler l’origine ou la signification.
L’histoire commence avec l’image d’un château bien connu, mais différent. Il est suivi d’une ombre humanoïde, mais anguleuse et cornue. Dans la foule, les cornes se déplacent pour laisser apparaître la sorcière, souriante, parfaitement en contrôle de la situation alors que tout le monde la fixe, incrédule et effrayé, alors qu’elle fixe le roi, toujours tout sourire, s’exclamant «Well, well!»
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