«Les bandes dessinées, ces magazines que l’on n’osait pas lire sous peine de passer pour un illettré, sont maintenant l’objet de présentations luxueuses, trouvent une place d’honneur sur les rayons des bibliothèques.» Ainsi est présentée l’ouverture du livre La bande dessinée d’Annie Baron-Carvais, traitant de l’évolution du médium, relatant bien d’où vient la bande dessinée. Aux États-Unis, elle fut la grande lecture du melting-pot, ses illustrations permettant une universalité au-delà des langues.
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Tous genres, littéraires ou paralittéraires, arrivent un jour à une totale codification qui limite l’œuvre dans un carcan oppressant. S’ils veulent évoluer, ils doivent parvenir à poser un discours critique sur eux-mêmes, et ainsi se déconstruire, afin d’avancer de nouveau dans différentes avenues. C’est d’ailleurs le cas des superhéros de bande dessinée, qui ont connu une grande crise dans les années 1980, après plus de cinquante ans d’existence.
À travers les catégories du néobaroque dégagées par Calabrese dans son étude visionnaire et matérialisées par l’univers YouTube on a pu constater le long des précédents articles que les formes stables, ordonnées, régulières ou symétriques sont systématiquement inversées dans un vertige d’un type tout à fait nouveau. Cette folie qui a nom YouTube émerge précisément au moment où le système des valeurs est déstabilisé par des phénomènes de fluctuation et d'indétermination, la société globalisée de l'information éclipsant les catégories du capitalisme industriel, mais orchestrant un nouveau stade du néolibéralisme.
Il est relativement aisé de distinguer l’amateur ordinaire (casual fan) de Batman du mordu (hardcore fan). Il suffit de lui demander son opinion du personnage de Robin. Alors que l’amateur ira d’une moue de dégoût éloquente, le mordu vous demandera: «lequel parmi les cinq Robin?» Peu de personnages des comics books de superhéros américains ont été aussi négligés que Robin dans leurs représentations dans les médias de masse (télévision et cinéma). Par conséquent, la figure de Robin reste sans doute une des plus controversées de l’univers de DC Comics.
«L’idée que des personnages, des lieux ou même des univers fictifs puissent franchir les limites de l’œuvre où nous les avons d’abord découverts a quelque chose d’irrésistible et d’un peu suspect à la fois.» (Richard Saint-Gelais)
L’auteur de Lolita connaissait très précisément le treizième chapitre de Ulysses de Joyce, «Nausicaa», dont il avait donné le commentaire à ses étudiants de Cornell –commentaire ensuite publié dans le premier volume de ses essais,
Constellation de signes à la plus haute gloire de la société de consommation, James Bond est avant tout un mythe de l’érotisme triomphant. Si la presse française vacille pendant un temps autour de la question «007: de l’érotisme ou pas?» (V. Morin), c’est parce qu’on s’interroge si «l'amant parfait, l'homme capable, après une journée de chasse à l'espion, de passer une nuit d'amour digne de Casanova...» n’est pas, au fond, un Surmâle machinique. D’aucuns signalent qu’il « il tue sans plaisir, comme il doit faire l'amour... c'est un robot conquérant», ou se demandent même s'il le fait tout court. «Ce Casanova est-il capable d'amour? Ce Don Juan est-il viril?»
Il est difficile, tant la saga de James Bond a triomphé et essaimé à son tour quantité d’œuvres et de genres (du «Euro-espionnage» oscillant entre pastiche et parodie au blockbuster d’action présentement hégémonique dont les traits bondiens sont patents), d’imaginer à quel point les premiers romans de Ian Fleming furent surprenants (voire, à plus d’un titre, choquants).
De Bond nous savons avant tout les signes sociaux dont il se pare, concrétisés dans les objets dont il s’entoure et qui finissent par le définir. Il est littéralement, mythe ultime de la société de la consommation, ce qu’il consomme. D’où l’incursion des marques connues, bien avant le placement de produits dans les films (et dont les films risqueront, notamment à la période Brosnan, n’être plus qu’une simple extension).
Lolita se définit par son mouvement souple devant toutes situations; elle prend la forme que l’on attend d’elle pour ensuite, après avoir convaincu la figure d’autorité de son bon vouloir (surtout Humbert), agir à sa guise et s’enfuir. En surface, elle est lisse et malicieuse; en profondeur désespérée et vide, la distinction entre ces deux niveaux opérant par le mensonge.
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