C’est en mars 1977 que, à l’instigation de l’éditeur Pat Mills, le scénariste John Wagner et le dessinateur Carlos Ezquerra créèrent le personnage qui allait redéfinir les comics britanniques, l’inexorable Judge Dredd. Un an après le mythique Anarchy in the UK qui marqua «l’Année Zéro» du mouvement punk et deux ans avant l’élection de Margaret Thatcher comme première ministre tory, Judge Dredd allait symboliser ce complexe entre-deux qui changerait définitivement l’histoire du Royaume-Uni.
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Tarzan est aussi, et avant tout (il n’aurait pu, sans cela, survivre la jungle pulp des héros populaires) un mythe de l’Éros, et ce dès son rapport même à la Nature. Adopté par une femme singe d’abord, puis par la forêt entière, «Tarzan revenait toujours à la Nature, comme un amant à un rendez-vous longtemps différé».
Il y a tout juste 100 ans que Tarzan vint au monde dans le magazine The All-Story qui ouvrait la voie à l’âge d’or des pulps américains, inaugurant une saga de 26 romans qui couvre 30 décennies, publiés en 56 langues et vendus, du vivant même de l’auteur, à plus de trente millions d’exemplaires.
La réédition de grands classiques de la littérature, de très nombreuses années après leur publication originale, a eu pour résultat de largement occulter la question de l’auteur, de l’artiste qui prend en charge son œuvre.
«The existence of From Hell as a novel would thus be impossible without the presence of the city of London, which pervades the narrative like a proper character.»
La scène se situe à New York en 1955. Le jeune William Castle, producteur, réalisateur, se rend au cinéma en compagnie de son épouse. Il ne s’attend pas à voir, devant la salle, et sous une pluie battante, des centaines de jeunes gens faisant la queue pour voir un film français sous-titré: Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot. La salle est comble, les conversations fusent. Ce n’est ni la réputation de Clouzot ni même la présence d’une Simone Signoret bientôt oscarisée au générique qui permettent d’emporter un tel élan, mais la rumeur persistante qui fait des Diaboliques un film propre à vous glacer le sang.
De la première moitié du XXe siècle jusqu’à nos jours, les bandes dessinées de superhéros subissent une véritable évolution, non seulement au niveau de leur structure narrative, mais également au niveau de la caractérisation de leurs personnages. Si les chercheurs en littérature ou en sémiotique ne consacrent pas suffisamment leur temps à l’étude des comics c’est parce que l’analyse de ce genre de corpus reste encore marginale. La raison est simple: les bandes dessinées n’appartiennent pas aux axes traditionnels d’études académiques.
Anarchopanda est un hackeur. Pas parce qu’il fait partie d’Anonymous, pas parce qu’il répand des virus informatiques, et pas non plus parce qu’il pirate la musique de Britney Spears. Le professeur de philosophie, devenu la coqueluche du mouvement étudiant dans son costume de panda, est un hackeur parce qu’il manipule du code.
C’est précisément parce que les années Reagan réhabilitent le modèle masculin (Reagan lui-même est «le père perdu, l’homme retrouvé», «l’archétype masculin primordial des années 1980») que les femmes sont, en retour, présentées comme corrompues, maléfiques, voire mortifères —en tout cas violentes.
C’est sur cette esthétique que s’appuieront ensuite blockbusters et action movies, films reaganiens par excellence.
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