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La théorie des jeux : une politique imaginaire -
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L’auteur trace un portrait rapide de la vénération qu’ont porté à la théorie des jeux quelques-uns des différents domaines d’études l’ayant appuyée, ceci à travers certains de leurs plus grands penseurs (Piaget en psychologie, Lévi-Strauss en anthropologie). Étonné de l’acceptation unanime de la théorie des jeux, l’auteur la justifie par le besoin de reconnaissance des sciences humaines dites inexactes : « un authentique mathématicien faisait aux « sciences » humaines cet honneur inouï de s’intéresser à elles » (p. 26). Il examine ensuite l’élément mathématique (inattaquable pour la majorité de ses utilisateurs) de la théorie des jeux et conclue que l’utilisation des mathématiques y est frauduleuse (une subversion épistémologique des mathématiques) et y joue un double rôle : celui d’instrument, mais également celui de masque de l’idéologie sous-jacente à la démarche. Et pour Plon, il est là l’objectif de la théorie des jeux (une évidence impensée parce qu’impensable) : l’évacuation et le recouvrement de la lutte des classes au moyen d’une politique imaginaire ayant recours aux faits (actes, décisions, anticipations, besoins, satisfaction des individus) et « autorisant le refoulement de questions réelles ayant trait à la dialectique de la pratique politique de la lutte des classes et à celle de pratiques sociales en dépendant » (p. 33). Aussi, il stipule que les théoriciens des jeux sont dans l’impossibilité de reconnaître le registre de la fiction et qu’ils y replongent malgré eux avec chacun de leurs exemples (qui sont soit eux-mêmes tirés de la littérature ou d’autres œuvres de fictions ou encore qui répondent à des situations idéalisées et donc échappant au réel).