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Recherche dans la bibliographie: études littéraires, motif mixte
Les procédés autogénérateurs qui régissent le roman de Robbe-Grillet sont ici considérés en terme ludique. L'enjeu du roman, pour le lecteur, serait de mettre à jour les règles qui déterminent le jeu des éléments romanesques. Délaissant l'illusion référentielle au profit du ludisme, l'auteur relève dans les romans de Robbe-Grillet le "game" et le "play" de Winnicott ; le lecteur ne pourrait découvrir un système de règles applicable à l'ensemble de l'œuvre. L'enjeu du texte serait donc de faire jouer les assisses du roman classique.
Wilson fait le point sur l'utilisation des concepts de "play" et de "game" et recense leur occurrence chez plusieurs théoriciens. Le jeu est considéré en fonction de son omniprésence dans le discours philosophique, au niveau de l'éducation ou du jeu des enfants en psychologie, son acception psychanalytique, l'analogie littérature-jeu, l'invention de la théorie du jeu en mathématique, etc. Cette dernière aurait incité la critique, selon Wilson, à tenter de saisir le phénomène littéraire en terme ludique.
Constatant l'importance acquise par la notion de jeu dans le discours de la critique littéraire, Wilson tente de cerner les similitudes et différences entre deux sous-concepts de la famille cognitive du jeu : le carnavalesque bakhtinien et la déconstruction telle que définie par Derrida. La transgression des conventions narratives est ici considérée comme un jeu avec les prédispositions du lecteur. Selon les points de vue, ce jeu est amorcé par l'auteur ou démontre tout simplement le jeu inévitable du langage lui-même, acception typiquement post structuraliste.
Approche psychanalytique de la lecture. L'auteur se propose d'étudier cette activité en l'assimilant au jeu. À contre-courant de la quasi-totalité des études sur le sujet, il s'engage à démontrer que le jeu n'est en rien gratuit. Pour ce faire il évoque le fort / da théorisé par Freud, qui désigne le mouvement d'éloignement / rapprochement mis en place par l'enfant avec ses jouets et qui symboliserait une sublimation de la peur d'être abandonné par sa mère.
Analyse du jeu avec la textualité entrepris par Allais, caractérisé notamment par la parodie des règles discursives et autres codes littéraires. Ses jeux de mots, souligne Defays, deviendraient pour le lecteur une énigme à résoudre. Si certains procédés sont hermétiques et excluent quelques lecteurs, Allais aurait cherché avant tout à développer une complicité avec ces derniers, dépaysés sous le mode ludique par la transgression des normes, le bricolage générique, etc.
Hutchinson, considérant la réflexion sur la notion de jeu entreprise depuis Schiller, constate l'indifférence manifeste des grands théoriciens en regard d'un aspect ludique de la littérature, aspect qu'il se propose ici de catégoriser. Sans étudier en profondeur ses nombreux exemples, il dégage quatre principales catégories où se recoupent divers moyens, mis en œuvre par un auteur, afin de susciter chez son lecteur une activité ludique : l'énigme, le parallèle, les dispositifs narratifs, et le signalement d'un jeu.
Chaque article de ce recueil aborde la question ludique d'un angle très différent ; certains se rattachent difficilement à cette problématique (Axelos). Fink s'intéresse aux différentes modalités d'interaction entre l'illusion et le réel dans le jeu. Ehrmann souligne l'aspect téléologique de la thèse de Caillois, qui alimente selon lui les antinomies classiques (jeu/sérieux ; jeu/travail) forgées depuis la révolution industrielle. Il repère cet aspect même chez Huizinga, et expose plusieurs autres paradoxes des deux ouvrages canoniques de la théorie du jeu.
Approche phénoménologique de la lecture. L'objet esthétique, pour Iser, n'est pas le texte mais le résultat d'une interaction entre le texte et le lecteur.
Recueil d'articles qui se réclame de la païdia, dans la mesure où il ne propose pas de ligne directrice ou de bases théoriques solides sur le jeu. Les articles ont cependant été regroupés sous certaines catégories : jeux des auteurs avec l'audience, avec les canons littéraires, avec leur statut d'auteur ; jeux de plaisir, de rôle, et jeu existentiel de la littérature. Shattuck s'intéresse à la pataphysique. Hurley recense quelques techniques pour séduire l'auditoire. Esslin explique de quelle façon Brecht voulait réconcilier ludisme et didactisme dans son théâtre.
Cet ouvrage s’apparente en fait à un recueil d'articles du même auteur, tous liés par le même thème (le jeu et la littérature) mais sans organisation précise. Motte ne se lance donc pas dans une longue discussion sur le concept du jeu et prends pour acquis que l'écriture et la lecture convoquent une attitude ludique à différents niveaux.