D’aussi loin que je me souvienne

 

D’aussi loin que je me souvienne, la neige accompagne mes pas, la nuit, et l’air glacé des sentiers, et le blanc des mots enfouis sous des talus de glace, et l’oubli des choses pressantes, souvenirs contractés, grelottants.

Il faut fermer les yeux pour véritablement sentir la morsure du nord.

Les mots culbutent, alourdis par le froid, et s’écrasent dans les bancs pour ne plus reparaitre. Ce n’est pas un air qui est fredonné, c’est un silence. Le silence de la neige durcie par le vent. Des choses évanouies. Des secrets cristallisés.

Dans le froid, nous sommes toujours seuls. Nos esprits se replient, tandis que nos mains s’engourdissent. Et nous sommes déjà mordus.

Engelures et pensées. Le présent est un temps rongé par l’hiver.

Et juste là, sur ma joue, tout près de l’os, à quelques centimètres de l’œil, une faille. Je tâte la peau du bout du doigt, mais ne ressens rien. Ne ressens absolument rien.

L’hiver est un puissant narcotique.

Il n’y a pas d’autre distance que la portée d’un souvenir croisé au cœur de l’hiver.

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